(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter;"

This is a digital copy of a book that was preserved for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 
to make the world's books discoverable online. 

It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 
to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 
are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that 's often difficult to discover. 

Marks, notations and other marginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book' s long journey from the 
publisher to a library and finally to y ou. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to 
prevent abuse by commercial parties, including placing technical restrictions on automated querying. 

We also ask that y ou: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for 
Personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain from automated querying Do not send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine 
translation, optical character récognition or other areas where access to a large amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. 

+ Maintain attribution The Google "watermark" you see on each file is essential for informing people about this project and helping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are responsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
countries. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can't offer guidance on whether any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
any where in the world. Copyright infringement liability can be quite severe. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps readers 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full text of this book on the web 



at |http : //books . google . corn/ 




A propos de ce livre 

Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec 
précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en 
ligne. 

Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression 
"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à 
expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont 
autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont 
trop souvent difficilement accessibles au public. 

Les notes de bas de page et autres annotations en marge du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir 
du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. 

Consignes d'utilisation 

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages appartenant au domaine public et de les rendre 
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. 
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les 
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des 
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. 

Nous vous demandons également de: 

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. 
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un 
quelconque but commercial. 

+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez 
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer 
d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter. Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des 
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. 

+ Ne pas supprimer r attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet 
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en 
aucun cas. 

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de 
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans 
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier 
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google 
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous 
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. 

À propos du service Google Recherche de Livres 

En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite 
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet 
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer 



des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse ] ht tp : //books .google . corn 



(F4^ 



«>7/(/'^ 




HARVARD 
COLLEGE 
LIBRARY 




NOUVELLE 

BIOGRAPHIE GÉNÉRALE 

DEPUIS 

L£S TEMPS LES PLUS RECULÉS 

JUSQU'A NOS JOURS. 



TOME DIX-HUITIÈME. 



Florus. — Fryxell. 



-Î : ^ : -i Î' % / i i 



PARIS. — TYPOGRAPHIE DE FIRMIN OIDOT FRÈRES, FILS ET C'«, RUE JACOB, 56. 



NOUVELLE 

BIOGRAPHIE GÉNÉRALE 

DEPUIS 

LES TEMPS LES PLUS RECULÉS 

JUSQU'A NOS JOURS, 

AVEC LES RENSEIGNEMENTS BIBLIOGRAPHIQUES 
RT l'indication dks soubcks a consultbb; 

PUBLIÉE PAR 

HH. FIRMIN DIDOT FRÈRES, 



sous LA UIRKCTION 



DE M. LE D' HOEFER. 



^omr IDijr^^mtimr. 



PARIS, 

FIRMIN DIDOT FRÈRES, FILS ET C», ÉDITEURS, 

UiPlllliBDBa-LnKAIBBS DB L'iHnmDT DB nUMCB, 

ROE JACOB, 56. 

M DCCC LVII. 
Vet Mtttean le rtaervent le droit de ttaducUon et de nproduction i l'étnnger. 






C Q L L E B E^ j 



i t '. 



'■^ 



NOUVELLE 

BIOGRAPHIE 

GÉNÉRALE 



DEPUIS LES TEIPS US PUIS BECIIl£S JOSQITi lOS JOURS. 



F 



«FLOEVS (C, Âquillhis), consul en 259 
avant J.-C. , la sixiëme année de la première 
guerre punique. La Sicile lui fut assignée pour 
province. Il surveilla les mouvements d'Hamil- 
car pendant les mois d'autonme et dlÛTer, et 
resta dans cette lie en qualité de proconsul jus- 
qu'à Tété de 258. Il bloqua Mytistratum, em- 
placement fortifié , qni, après une vigoureuse 
lésistauce, finit par se rendre aux légions réunies 
de Florus et de son successeur dans le consulat, 
Â. Atilins Galatinus. Florus triompha des Car- 
thaginois le 5 octobre 258. 

Tlte-Uve.EpU., XVII. -Zonaras.YIII. 11. — Polyb«,I, 
». — Orose, 1, S». — FasU triumphales. 

* FLORUS (Gessius), administrateur romain, 
né à Glazomènes, vivait dans le premier siècle 
de l'ère chrétienne. Il succéda à Albinus comme 
procurateur de la Judée en 64. n dut sa nomina- 
tion à l'influence qu'exerçait sa femme Cléopâtre 
sur rimpératrice Poppée. Si oppressif qu'eût 
été le gouvernement d' Albinus, Florus trouTa 
moyen de le faire regretter. Sans pitié et sans 
honte, aussi rapace que cruel, Florus pilla sys- 
tématiquement sa province. Aucun gain ne lui 
semblait illicite» aucune extorsion trop énorme; 
et il étendait ses ravages aussi bien sur des pro- 
vinces entières que sur des villes ori des particu- 
liers. Les bandits qui infestaient la Judée étaient 
sûrs de rhnpunité pourvu qu'ils partageassent le 
butin avec le gouverneur. Josèphe, dont le témoi- 
gnage est confirmé par Tacite, attribue expres- 
sément à Florus la dernière guerre des Juifs 
contre les Romains. Le gouverneur, dit-iJ , poussa' 
i dessein les Juifs à la révolte pour cacher les 
éDormités de son administration. A Gésarée. en 
66, les Juifs lui payèrent huit talents pour obSnir 
la libre entrée de leur synagogue; Florus reçut 
l'argent, et il partit aussitôt, les abandonnant aux 
insultes et à la fureur de la population grecque, 
les Juifs lui envoyèrent des députés à Sébaste 

IIOUT. BIOGR. GÉNÉR. -^ T. XVni. 



pour réclamer la protection promise; il les fit 
mettre en prison. Il n'épargna rien de ce qu'a- 
vaient respecté les plus détestables de ses pré- 
décesseurs, n demanda dix-sept talents du trésor 
du temple au nom de César. Deux fois, dans 
l'espace de quelques jours , il excita à Jérusalem 
de terribles séditions avec l'intention de profiter 
du tumulte pour piller le temple; son espoir 
fut déçu , mais il en coûta la vie à 3,600 per- 
sonnes. Des citoyens romains de rang équestre 
et Juifs de naissance lurent battus de verges et 
suppliciés, bien que Bérénice, de la race asmo- 
néenne et sœur d'Agrippa, fût voiue pieds nus 
et en habits de deuil implorer leur grâce. Lors- 
que Gestms Gallus, proconsul de Syrie, se rendit 
à Jérusalem iraur la fête des azymes au mois 
d'avril 05, trois millions d'hommes lui portèrent 
plainte contre la tyrannie de Florus. Le procor - 
sul se contenta de leur promettre qu'à l'avenir le 
procurateur se montrerait plus doux à leur 
égard, et tandis qu'il leur donnait des paroles 
d'espoir, Florus, assis à côté de lui, riait des sup- 
pliants. La haine des Juifs pour leur procurateur 
plutôt que pour Rome rendit inutiles tous les 
efforts que fit Agrippa dans le but de prévenir 
une insurrection générale. On ne sait si Florus 
périt dans cette révolte ou s'il parvint à s'é- 
chapper. Suétone dit qu'il y fut tué, mais le 
silence de Josèphe à cet ég»rd peut laisser des 
doutes. 

Tacite, ma.f V, 10. - Josèptae, Jnttq, Jud., XIT. 9: 
XVIII, 1 ; XX. •, llU Bel. Jud,, 11, 1*, 16. — Suétooe, 
Fespat,^ ♦. — OroM, VII, 9. — Salpice Sévère, Sacr. 
H<4e., ii,«s. 

FLORUS {Julius), rhéteur latin, vivait au 
commencement de Vère chrétienne. Horace lui 
adressa deux épttres. Nous y voyons que Julius 
Florus fut attaché à la suite de Glaudius Tibère 
Néron , qui allait replacer Tigrane sur le trône 
d'Arménie. D'après Porphyrion, ce rhéteur com- • 
posa des satires ; il est plus probable qu'il publia 

1 



8 FLORÙ^ 

des extraits des ouTrages satiriques ^*Ejiqius , 
de Lucile et de Varron. C'est peut-être le même 
Florus que Sénèque mentionne comme Télève de 
M. Porcins Latfo , q| dont il oite nn |NissagQ 
appartenant ^ une dé^amation IntitqléQ Flami- 
nius. Peut-être est-op le menue Juliut Florus 
que Quintilten place éans mi rang éleW parmi 
les orateurs de la Gaule. Enfin, il n'est pas im- 
possible que ces trois Florus soient identiques 
avec un Julius Florus qui, dans la tifitiè^ie an^» 
née du règne de Tibère , se mit à la tête d'une 
insurrection des Tréyires. Le complot fbt faci- 
lement réprimé, et Florus se tua po«r échapper 
aux soldats romains. 



Horace, Epist.j\y 3 -, II, S. — Sénèque, Contrùv., IV. ». 
- Qulotilien, X, 9. — Tacite, ^nn., III, M, 4S. — ^el- 
chert, Ifoet. laL retid. 

* FLORUS {JulitiS'Secundus),omiNa ro- 
main, vivait vers 70 de l'ère chrétienne. Il était 
contemporain et ami intime de Quintilien. Jnlius 
Florus, cité plus haut comme célèbre par son 
éloquence en Gaule, était l'oncle paternel de Ju- 
lius Florus Secundus. 

Quiotilien, X, 3. — Séoéque, Controv,, IV, St. 

FLOEUSi ( Ann,3ni&), historien romain, vivait 
dans le deuxièn>a siècle de l'ère chrétieoneu 
Nous avçm^ sous te aoçQ d'Ann^eu^ Florus u^ 
EpUome de l'histoire romain^ et quel(|ues poé- 
sies. Rien ne prouve que ces (voinpositions dd 
genres si différents apparti^onent au méjpae écri- 
vain. Vauteur de^ poésies était cûntempoAain 
d'Adrien. L'autewr de. XEpiJ^Qm^ setftble avoir 
vécu à la même éim^ V ^^^^^ '< ^'^ ^V^ ^ ^ 
moignages directs font dé$a\4« et Vopiwou ue 
peut se fonder que sur 4e rares rensei^emenU 
recueillis dans l'historien li\i>mêu9Le. Son ouvr^tge^ 
divisé en quatre Uvre$^ s'étend depuis ^ fonda- 
tion de Rojcne jusqu'à Vétat»Ii$semeut déliaitif 
de l'empire, sou;^ Augviste, ^a Van ^0 apv^s J.-C. 
Il est intitulé Rerum M(miamrum li/fi'i IV ^ ou 
Epitome de Gesti& Romanontm- hfi. prologue « 
en le supposant authentique, nous apprend qu'il 
fut composé sous le règne de Xraiaa ou d'Adrijea. 
Ce n'est pas un simi^le abrégé de Tite-Liv^ c'est 
une compilation faite d'a^rrès^ des^ a,Htorité& di- 
verses et offrant ^sm des limites très-restreintes. 
\m résumé intéressant des événements ac^]»- 
plis pendant une période de huit siècles^ Malgré 
quelques erreurs de chronologie et de géogra- 
phie, les faits sont en générai hiej;i cijioisù^ bien 
disposés et suffisamment exacte» Veosenabie» 
conçu dans un esprit philosophique , n'a que h^ 
tort de trop cesserahiec à un panégyriqiike flu 
peuple romain. Le style est la partie (léfectuewa 
de Tœuvre. Brillant, mais d'un éclat emprunté 
à la poésie, il abonde en mét^hores forcée&et 
tourne trop souvent à l'emphase déclamatoire. 
Si de Pouvrage on passe é, l'auteur, tout est doute 
et incertitude. Beaucoup de m^MViscnts l'appel* 
lent L. Annaeus Florus, d'autiçes le. nomment 
Lucius Julius Florus,. d,'ai^re& U. Anjoseus S^ 
neca; un seul, peui-ôft;« le. plus ancien dçito«A, 



I^i doni|B linyloment le nom de L. Annaeos. Ces 
variétés de dénomination ont fait naître autant 
de conjectures. Certains critiques ont identifié 
l'au^ur de VEpit(ym ^vec 4. Florua Secundus, 
àotj^ l^loqnencQ eit loq^ p|tr Q«inl9ien ( Inst. 
Omt . , X, 13 ). Yosiius 4 Sa^naiie la reconnais- 
sent avec plus de vrabsemblûice daK le poète 
Florus, contemporain d'Adrien, tandis que, selon 
\inet etSchott, il n'est autre que Sénèque, pré- 
O€i)t0nr daN^ran. Cette dernière opinion s'appuie 
principalement sur un passage de Lactance on 
il est dit que Sénèque divisait l'histoire romaine 
en quatre âgeis» correspondant à ceux de la vie 
hiMiiaine. Cette division sefpoav» en effet dans 
VEpitome de l'histoire romaine, mais avec des 
différences assez sensibles. Sénèque étend l'ado- 
leseencede Rome jusqu'à la de&truetionde Car- 
thage. Florus en marque le terme à la fin de la 
première guerre punique. Il nomme virilité de 
l'empire le règne d'Auguste, que Sénèque appelle 
commencement de sa vieillesse. Florus a pu 
prendre dans Sénèque l'idée de cette division, et 
son emprl:^^t ne doit pas (aire attribuer à l'un 
l'œuvrç de l'Wi'O* U faut noter aussi que cette 
identification de Sén^uie et de Florns est en 
contradiction avec la préface de VEpitome. Un 
récent éditeur de Floru&, M. Titze, a cru recon- 
naître dans l'Abrégé deux auteui*s» difTérents. Il 
suppose que le premier est le Julius Florus au- 
quel Horace aadress.é deux de scé» épitrçs; l'autre 
serait un interpolateur inconnu, appartenant au 
déclin delà littérature latine. Le pren^er, suivant 
cette théorie, peut revendiquer tout ce qui dans 
ce livre est diigne d^élo^^e^, soit (tour lefond^ soU 
pour la forme ^ tandis qu'il fiiut rejeter sur le 
second toutes le^ erreiirs de faits, toutes les 
fautes de goût. La supposition de M. Tit^e est 
purement gratuite , et on peut se dispenser de 
la réfuter. Ce serait aussi perdre son tamps que 
de discuter sur le pays natal et thistoire per- 
sonnellie d*un auteur dont te nom même ne peut 
pas être indiqué ayçc certitude. C'est pourquoi 
nous nous absti'endrona d'examiner les argu- 
ments que les critiques ont employés pour dé- 
montrer que Florus était Italien, Gaulois, Espa- 
gnol. Nqii^ rappellerons seulement les passages 
de l' Abrégé qjui peuvent servir à fixer la date de 
cet ouvrage: il est fait mention (l. I» t^) des 
feux du Vési^ve » <^wit la première érupiion n'eut 
lieu que sous Titus^^ en 79. après {.-C. Il est parlé 
(L UI, 2) des for^ delà Calédonie^où les Ro- 
mains ne pénétrèrent que sous le règne de Claude. 
Florus dit (L IV, i%) q,ae la conquête de la i 
ûacie fut remise k wie autre époqne , allusion 
évidente à. la conquête de ce pays par Trajan. ' 
£nûn« voici ce qu'on Ut dan% la préface même de j 
VEpitome : «^ Depuis César Auguste, jusqu'à nos 
jjDi:^» on net compte pas beaucoup moins del 
d/çux cents ans, pendant lesquels l'inertie des 
césars a (ait vieillir et décroître l'euipire; maisj 
sous le règne de Xr^aflk il retrouve seslbrces^j 
et,, cantre toute espérant» U est rendu à sa{ 



FLORUS 



jeuneiiè, et repread niiB ^rigoeur noiireUe. » 
Comme cette phrase est par£»itemeat claire, 
comme rien n^mAmm à en contester rauthenti- 
eité , et qu'aneon mmiisctit ne permet d'y &ûre 
des eorreetiaBS qui m modifient le sens^ on 
peut tenir paor avéfé que VBpitome fut composé 
sons le r^gne de l^raian. On regarde générale- 
ment comme Tédition primeps de Floins celle 
qui fut imiffimée à Paris, à la Sorbonne , vers 
1471 y in-4% par Getfing, Friterg et Cranta, sous 
la direction de Oagoim»^ avec ce titre : Jmeii 
Annsâ FUfri De tota JBuimia Titi lÀPii Epi- 
tome. Mais deux antrcd éditiensi sans indi<^ 
tioB de date ni de Keu d'impression ^ rune en 
caractère» gotbdqaei , Tautre en caractères ro* 
mains, ont, de Tafris de beanceop de bibliogra- 
phes, précédé celle de la Sorbonae. On connaît 
encore an moins six éditions antérienres au 
seizième siède, publiées par Béroalde l'am- 
cien, Antonins SabdUcns, Tluoneros et Baryn- 
thos on Barynos. Depuis cette époque les édi- 
tions de Ftotus se sont snccédé rapidcBienl; 
nous indiquerons seulement cette» qui ont co»- 
tribué à répuratim graduelle du texte, ttès-cer» 
rompu dans les manus^its. Ces éditioas inria- 
cipales sent celles de J. Camers, Yieme, 1518^ 
m-^"; Bàle, 1533 , in-lbl., ayec de savantes notes 
historiques; de£l. Yinet, Poitiers, 1553, in-4*^ 
1563, in-4°; deGroter, Gk^elberg, 1«09^ in-8°; 
deFreinshemius, Strasboitfjg, 1632, 1636, 1655, 
in-8°; de Graevius, Utrecht, 1680, in-8°, avec 
de nombreuses illustrations d'après les médailles 
et les moBoments anciens; de Duker, Leyde, 
1722, 1744; Ldpzig, 1832. Cest la mettleore 
éditi<m de Florus; elle donne un texte très-pur 
et des commentaires abondants et instructifs. On 
consultera aussi ayec profit les éditions de Xitae, 
Prague, 1819, ra-8^, et deSeebode, Leipzig, 
1821 , in-^. Spartm rapporte qu'un certain An- 
oaeos Florus adressa à Temperenr Adrien les 
vers suivants (dimètres troehaïques) : 

£«• nelo Caesar esse , 

Ambolare per Britannos, 

Scythicas pati pniJtias. 

Adrien répondit sur le même ^n : 

E({0 noto Floras esse, 
Anibulare per taberoas, 
Latitare per popioas , 
Caiiees pati rotnodoa. 

On ne peut douter qne ee ne soit le mémo ^at 
le Floms Annœas deux fois cité par CbariBius 
comme autonté pour FaMatif pôematis {Anh 
naeus Floras ad d^vum Haâriamm, po^mfiBèi^ 
delector). On tronve dans plusieurs manuscrits 
sous le nom de Fieras (le Cedex Thuan&m 
àoBoe Fioridus) huit courtes épigramines en 
vers troebaik|oes trimètres catalectiqttes. Saur 
maise en découvrit une neuviènie , en cinq hexa- 
mètres, et attrfi)ua le tout à l'historien itous. 
Wemsdorf vit même en lui l'auteur du Pervi- 
pHum Veneris ; mais il rétracte plus tard cette 
opinion, q n'a en efll^ aucun fondement Les 
poésies de Fbrus ont été reeueiUies dtins VAt^ 



thologia latina de Bnrmann, I^ 17^ 20, 110^ 
U5, 265, 291; 1, 97 (n° 212-221, éd.Meyer), 
et dans les Poetm Latini mimrei de Wems- 
dorf, vol. m, p. 425, vol. IV, part, n, p. 864. 
On a publié il y a quelques années un curieux 
fragment d'après un manuscrit de Bruxelles in- 
titulé : Pannii Flori (fienite de copiste pour 
P, Annii) Virgilim oratm' an poeta ineip^. 
Le fragment publié ne contient que Tintroduc* 
tion de ee traité : elle est en forme de dialogue^ 
supposé tenu vers 101, et nous apprend que l'au- 
teur était né en Afrique. S'étant rendu très- jeune 
à Rome , il concourut pour le prix de poésie aux 
jeux eapitolins célébrés par Domitien (vers 90). 
Les applaudissements du publie lui décernèrent 
le prix , mais l'empereur refusa de le lui donner. 
Révolté de cette injustice, Florus ne voulut pas 
revenir dans sa patrie, et se mit à voyager, n 
visita tour, à tour la Sicile, la Crète, Rhodes et 
l'Egypte, traversa les Alpes et les Pyrénées , e< 
finit par se fixer à Tarragone, où il devint sur- 
intendant de l'instruction des enfants. L'identité 
du nom et la concordance des dates nous auto- 
risent presqu'à ne voir dans ces trois Ânnaeus 
Florus qu'un seul et même personnage. Le poète 
voyageur put composer son JSpitomede l'histoire 
romaine dans sa studieuse retraite de Tarra- 
gone, vers la fin du règne de Trajan. II porta 
ensuite cet ouvrage à Rome, et fiit retenu dans 
cette capitale par les bienfaits d'Adrien. Vieux, 
il revint à ïa poésie, qu'il avait cultivée dans sa 
jeunesse , et qu'il avait toujours aimée, comme 
l'attestent le style poétique de son histoke et 
les nombreux souvenirs de Virgile et d'Horace 
qu'on peut y signaler. Il est facile de reconstruire 
ainsi par conjecture , ef sans invraisemblance, 
la biographie de Florus.; mais il y manquera tou- 
jours l'autorité des témoignages historiques. 

Léo ^OVBERT. 

Toaatns , De Historieis Latini», — Smith r Dictionary 
0/ Greek and Rowum fio^apAy.— Bitschl,dan8 le BhH' 
nisches Muséum, 1841, p. tM, 

FLORITS (Drepaniits), théologien gallo- 
romain , mort vers 860. Diacre de l'église de 
Lyon, il se mêla à la querelle du moine Got- 
tescalk et dHincmar, et attaqua aussi par ses 
écrits Érigène Scot, TalUé de l'archevêque de 
Reims. Il a laissé des poésies latines, où un sen- 
timent assez profond des misères de son époque 
se révèle par une déclamation un peu vague , 
mais quelquefois aussi par des traits précis et 
caractéristiques, Ces poésies, imprimées pour la 
première fois à Paris, 1550, ont été insérées 
dans les Poetm christiani de G. Fabridus, Bâle, 
1562, dans les Analecta deMabillon, et dans les 
Anecdota de D. Martène et Durand. André Hi- 
vin les a publiées séparément; Leipzig, 1653, 
m-8«». L'écrit de Florus, intitulé Liber de Prae- 
destinationey eontra Johanms Scoti erro- 
neas definitiones, est inséré dams toutes les ee^ 
lectîonsdes Pères, ainsi que son Commentarins 
sive E^po&Uio in eanonem Missœ. On a encore 



FLORUS — FLOTTE 



8 



de lui : Commentariius in omnes sancti Pauli 
Bpistolas. Cet ouvrage, extrait de saint Augustin, 
a été attribué à Bède, et se trouve parmi les œu- 
vres de. ce Père, B&le, 1553; Cologne, 1612. 
Mabillon a restitué le Commentarim à Florus. 
La bibliothèque d*Avranches possède en manus- 
crit ( in-folio, n° 2,428 ) (1) une Histoire uni- 
verselle par Florus. Elle comprend sept livres, 
depuis la création du monde jusqu'à Tère chré- 
tiome. Avec cette dernière époque commence 
une nouvelle série de livres , et cette seconde 
partie est dédiée à la fameuse impératrice Judith, 
mère de Charles le Chauve. L'auteur est donc 
vraisemblablement le même personnage que le 
Florus qui ftit adversaire d*Érigène Scot. 

Le Bas, DM, me^e. de la France. — Hi$tolre litté- 
raire de la France, t V. 

^FLOTTE ( Pierre) , homme d'État fîrançais, 
chancelier de Philippe le Bel, mort en 1304. H 
était fils d'un obscur gentilhomme d'Auvergne. 
Élevé à l'école des lé^stes,des chevaliers es 
lais y qui depuis Louis IX gouvernaient le pays 
et servaient l'autorité royale avec un zèle pas- 
sionné , il joua un rôle fort important dans la 
lutte qui s'éleva entre la papauté et la France, 
à la fin du treizième siècle. H fut envoyé à Rome 
en 1297, avec le duc de Bourgogne et le comte 
de Saint-Paul, pour la canonisation de saint 
Louis ; il fallait au roi un mandataire habile au- 
près d'un adversaire tel que Boniface. Enfin , 
quand l'explosion eut lieu , après TofTense faite 
au roi par le légat évèque de Pamiers , Pierre 
Flotte , devenu chanceUer, rédigea l'acte d'accu- 
sation contre ce prélat (voyez Saisset [Bernard 
de] ), et dès lors fit tout ce qui était en son pou- 
voir pour soulever le royaume contre Boniface. 
Ce fut lui qui se chargea de porter au pape la 
réponse de Philippe à la bulle Ausculta, fili, 
réponse qui n'était qu'une insulte. L'altercation 
entre Boniface et « ce petit avocat borgne » (2) fut 
violente, et le chancelier sortit de Rome avec une 
haine mortelle contre les prêtres et la ferme 
résolution de prévenir leurs entreprises. De re- 
tour à Paris, il se hâta de relever les proposi- 
tions choquantes noyées dans le doucereux ver- 
biage de la cour pontificale, et déclara bien haut 
que ce serait une lâcheté aux Français de sou- 
mettre au servage du pape un royaume qui avait 
toujours été indépendant. De son côté, Boniface, 
au milieu d'un consistoire tenu le 26 juin 1302, 
prit la parole pour expliquer sa bulle, et s'ex- 
prima ainsi : « Un nouvel Achitophel , Pierre 
« Flotte, homme aigre et plein de fiel , homme 
« qu'on doit croire hérétique ( car depuis qu'il 
« conseille son roi , il l'a précipité , lui et le 
« royaume, de mal en pire contre l'Église) ; cet 
« homme nous a accusé , etc., etc. » 

(1) Voy. Rapports ntr les bibl, de VOuest , par M. Ra- 
TalMon(l84i),p. ISO. 

(S) BélUU Ute Petrus Flote, semividens e0rpore, mea- 
teque totaliter excacatus ( Bulle de Boniface aux prélats 
de France), Dupny, HUt. Au Diff,, preaves^M. 



C'était en effet un adversaire redoutable que 
le chancelier. Prenant pour prétexte la longueur 
de la bulle, il n'en communiqua pas tout le 
contenu aux trois ordres du royaume; il jugea 
plus convenable d'en présenter un résumé ar- 
rangé par lui de manière à faire exprimer plus 
brutalement, plus crûment au pape toutes ses 
prétentions. Ce sommaire perfide est connu 
dans l'histoire sous le nom de la petiJte bulle. 
Pour achever de faire prendre feu à la nation. 
Flotte répandit en même temps une fausse r^ 
ponse du roi à la fausse bulle. Cette réponse 
commençait ainsi : « Philippe, par lagrâùse de 
« Dieu, roi des Français , à Boniface, prétendu 
« pape , peu ou point de salut. Que votre très- 
K grande fatuité sache que nous ne sommes sou^ 
K mis à personne pour le temporel, etc. » 

A l'assemblée des états , tenue dans l'église 
de Notre-Dame de Paris le 10 avril 1302 , le 
chancelier porta encore la parole pour exposer 
la question aux trois ordres, et s'y prit d'une 
manière aussi habile que hardie. Pendant l'été , 
de graves événements survenusfen Flandre fi- 
rent diveraion à cette quo^lle. Pierre Flotte 
suivit l'armée française qui marcha contre les 
Flamands, et périt à la désastreuse bataille de 
Courtray, en compagnie de toute la chevalerie 
de France. 

FUœ BonifacU, dans les ScHptares ItaL, t. III. - Con- 
tinuatio Chronici Nang. — Chronique de SainiDenys, 
— Slsmondi, Histoire des Français y t. IX. — Le Bas, 
tHet» encyc, de la France. 

;|; FLOTTE {Étienne'Gaston\ baron de), lit- 
térateur français,est né en 1805, àSamt-Jean-du- 
Désert, près de Marseille. Neveu de Lantier, il 
fut élevé auprès de son oncle, puis, de 1815 à 
1823 , à l'école militaire de La Flèche. Émule de 
l'auteur des Voyages d^Anténor^ il n'accepta 
pourtant pas son héritage philosophique, et resta 
toqjours attaché aux principes religieux et mo- 
narchiques, n débuta, en 1833, par un poème 
intitulé Dante exUé, suivi de Souvenirs, poé- 
sies ; Marseille, in-8°. Il publia ensuite un Essai 
sur Vétat de la littérature à Marseille de- 
puis le dix-septième siècle jusqu* à nos jours ; 
Marseille, 1836, in-8''. Cet ouvrage, qui com- 
mence à D'Urfé, finit à Méry et Barthélémy, en 
passant par d'Hozier, Ruffi , Mascaron , Bonne- 
corse, Pellegrin, Dumarsais, Barthe, l'abbé 
Barthélémy, Guys, Dorange , Lantier, Pastoret, 
Jauffiret, Capefigue, Thiera, Gozlan, etc. En 
1841, M. Gaston de Flotte fit paraître un poème 
religieux ayant pour titre Jésus-Christ, suivi 
de 5<mt)enir« , poésies ; Marseille, in-18. Enfin, 
il mit au jour un poème sur La Vendée; Paris, 
1845 ; 2* édition , Paris, 1848. Il a écrit en outre 
un grand nombre d'articles dans la Gazette du 
Midi. Collaborateur de La Mode, de plusieurs 
revues et de différents recueils, on lui doit aussi 
une Notice biographique et littéraire mise en j 
tête des Œuvres complètes de Lantier. Membre 
de l'Académie de Marseille, M. de Flotte a pré- 
sidé ce corps savant en 1852. L. Loutet. 



9 

Ix»aaAdreet Boarquelot, La LitiératurefrançaUe con- 
temporeUne. — Notice biographique , par M. Perraod de 
Thoury, dans le Panthéon biogr. universel. 

^wiATWTva {Jean-Baptiste- Marcel, abbé) (1), 
critique français, né à Montpellier (Hérault), 
le 16 janvier 1789. Il embrassa la carrière ecclé- 
siastique, et devint successivement professeur 
de philosophie à la Facidté des lettres et vicaire 
général à MontpeDier. On a Je cet écrivain : 
Introduction attx ouvrages de Voltaire, par 
un homme du monde qui a lu ses ouvrages 
immor^e^s ; Montpellier, 1816, in-12; — Er- 
rata du troisième volume de Z'Essai sur Tin- 
différence en matière de reUgion, ou obser- 
vations critiques adressées à M, Vabbé F. de 
La Mennais , par un ancien professeur de 
théologie; Montpeilier, 1823, in-8<> ; — M, Vabhé 
F. de La Mennais réfuté par les autorités 
mêmes quHl invoque, ou observations cri- 
tiques sur la défense de cet illustre écri- 
vain; Paris, 1824, in-8*; — M, l'abbé de La 
Mennais réfuté par les autorités mêmes 
quHl invoque, ou observations critiques sur 
le 3® et 4® volume de /'Essai , pour faire suite 
aux Observations critiques sur la Défense; 
Montpellier et Paris , 1826, in-8*»; — M, Pabbé 
F. de La Mennais réfuté par M. le comte de 
Maistre , ou supplément aux Observations 
critiques sur la Défense et sur le 3* et le 4" vo- 
lume de 2^ssai; Paris, 1826 , in-8"; — Apho» 
rismatibus in quatuor articulos declarationis 
anno 1682 éditai, ad junior es theologos, auc- 
tore F. D, £. M, (François de La Mennais), aUa 
opponuntur Aphorismata, auctore J,B, M. F,; 
Montpellier, 1826, in-8<*; — Exposition de la 
doctrine de Benoit XIV sur le prêt , sur 
Vusure et sur divers contrats par lesquels on 
fait valoir V argent; Montpellier, 1826, in-8'*; 
— Observations sur la brochure de M, Vabbé 
F. de La Mennais, intitulée : Des progrès de 
la révolution et de la guerre contre FÉgiise; 
Montpellier et Paris, 1829, in-S**; — Des atta- 
ques dirigées contre les études philosophi- 
ques, discours prononcé le 4 janvier 1839, à 
l'ouverture du cours de philosophie de la Faculté 
des lettres de Montpellier ; 1839, in-S*"; — De 
V esprit philosophique , antre discours; 1839, 
în-8* ; — Précis analytiqu e dés Leçons de Phi- 
losophie faites pendant Vannée 1843; Mont* 
pellier, 1843, in-^"; — Études sur Pascal; 
MontpeUier, 1846, in-8<'. L'abbé Flottes est l'un 
des piindpaux collaborateurs de la Revue du 
Midi , de V Encyclopédie moderne, et de Y En- 
cyclopédie du dix-neuvième siècle. Il a fourni 
des articles à divers Recueils périodiques , no- 
tamment aux Tablettes catholiques , et à /a 
France catholique, 

H. FisQUET (de Montpellier). 

(l)M. Qttérard l'a confonda avec J.-S. Flotte, profes- 
sear de philosophie et secrétaire de la Faculté des lettres 
d'Amiens, lequel a publié : Leçons élémentaires de Phi- 
losophie, destinées aux élèves de Vwiiversité gui aspirent 
au grade de bachelier éi-lettreif 1815, 8 vol. in-it. 



FLOTTE — FLODR 



10 



Bibliographie de la France, — DoemnenU particum 
tiers. 

FLOTWELL ( Célestin-Christian) , théolo- 
gien allemand, natif de Kœnigsberg, mort en 
1759. Il étudia dans sa viDe natale et à léna, où 
il fut reçu en 1733, après avoir soutenu une 
thèse ayant pour titre : Dissertatio exhibens 
annnam in œquilibrio liberam. En 1743 il 
obtint à Kœnigsberg le titre de professeur titu- 
laire de philosophie et d'éloquence. Depuis 1750 
jusqu'à sa mort, il remplit les fonctions de rec- 
teur de l'école cathédrale de la même ville. On 
a de lui : De Oratore romano philosopho ; 
1 739, in-4o ; — Dissertatio de prœscientia Dei ; 
— Dissertatio de Luthero, Teutonici Sermo- 
nis auctore, ex versione codids S. Germanica 
vindicata; 1743, in-4°. 

Adelaoff, Suppl. à Jdcher, jillç. Cel.iLex. — Meusel, 
Lex. der vom Jahre 1750-1800 verstorbenen teuîschen 
ScAri/Uteiler. 

*FiiOTWBLL (Edouard-Henri), homme 
d'État prussien, néàinsterburg, le 23 juillet 1786. 
Après avoir étudié le droit à Kœnigsberg, il entra 
dans la magistrature, et devint successivement au- 
diteur, assesseur, conseiller de régence à Kœ- 
nigsberg et à Dantzig. De 1825 à 1830 il fut pré- 
sident de la régence de Marienwerder ; en décem- 
bre 1830, lors de la révolution de Pologne, il fut 
appelé à la présidence suprême de la province 
de Posen. Il garda cette position jusqu'en 1841, 
époque où on lui confia la présidence suprême 
de la province de Saxe, à Magdebourg. Flotwell 
ayait été nommé conseiller intime quelque temps 
avant Tavénement de Frédéric-Guillaume IV. Il 
devint ministre d'État et des finances en 1844. 
Après avoir rempli pendant deux ans ces hautes 
fonctions, il demanda lui-même à reprendre, avec 
le titre de président suprême, l'administration 
d'une province. On lui confia celle de la West- 
phalie. En conséquence il s'établit à Munster, 
d'où U vint siéger comme représentant de la 
province de Saxe à l'assemblée nationale alle- 
mande. Nommé député de la seconde chambre 
de Berlin en 1849, il se retira quelque temps 
après de li^ carrière parlementaire, pour deyenir 
administrateur de la province de Prusse. 

Conversations-Lexikon. 

FLOUR (Saint), premier évêque de Lodève, 
mort le 1*' novembre 389. Il est regardé comme 
l'apôtre d'une grande partie du Languedoc. U ne 
se contenta pas de prêcher dans la Gaule Nar- 
bonnaise et l'Aquit^dne, U porta l'Évangile dans 
les Cévennes et dans l'Auvergne. Il séjourna 
quelque temps au lieu où Ton a depuis bâti la 
ville qui porte son nom, et qui s'appelait alors 
Indiac ou Indidac. On a prétendu que ce 
saint avait souffert le martyre , mais tout ce qui 
a été publié à ce sujet dans V Histoire et le Bré- 
viaire réformé de Lodève par Plantavit de La 
Pause , évêque du lieu , vient d'une légende sans 
autorité et composée longtemps après la mort 
du saint, a H est avéré, disent Richard et Giraud, 
que Flour mourut d'une mort tranquille et heu- 



11 



FLOUR — FLOURKNS 



12 



reuse^ vers la fin du règne de Théodose; et alors 
la paix était donnée à l'Église par les empereurs 
chrétiens. )j On bâtit une chapelle à Tendroit où 
il fut enterré. Saint Odilon y fonda une abbaye, 
qae içmi XXII érigea en évôçhé. Les reliques de 
saint Flour sont conservées dans la cathédrale 
de la ville qui a pris son nom. On célèbre sa fête 
le ônovenobre, et encore le 4*"" de juin, qui fut sans 
doute le jour de sa translation. 

BaiUet . Fi9S 4e$ Saints, III, 8 novembre. 

^Fl^ouRBJfs ( Marte- Jean-Pierre ) , célèbre 
physiologiste français, né en 1794, à Maureilhan, 
près de Béziers ( Hérault ). Il n'avait que dix- 
neuf ans lorsqu'on 1813 il fut reçu docteur en 
inédecine à Montpellier; il Tint à Paris Tannée 
suivante. Il s'y lia avec ce que la science pos- 
sédait alors de plus éminent : Ghaptal, Georges 
et Frédéric Onvier, Destutt de Tracy, Geoffroy 
Saint-Hilaire , etc., devinrent ses amis bien- 
veillants. En 1819, M. Flourens fit paraître ses 
premiers écrits scientifiques ; ils eurent un suc- 
cès mérité; en 1821, il donna à l'Athénée de 
Paris une suite de leçons sur la théorie physio- 
logique des sensations, et à la même époque il 
présenta à l'Académie des Sciences une série de 
mémoires qui attirèrent l'attention du monde sa- 
vant SUT ses belles recherches relatives à l'orga- 
nisation de l'homme et des animaux^ H écrivait 
en outre dans la Revue encyclopédique et le 
JHctionnaïre classique à^ Histoire naturelle. 
En 1828, il fut élu membre de TAcadémie des 
Sciences, dans la section d'économie rurale (en 
remplacement du naturaliste Bosc), et G. Cuvîer 
le chargea du cours d'histoire naturelle au Collège 
de France. Deux ans plus tard , l'illustre profes- 
seur lui confia le cours d'anatomie comparée du 
Jardin du Roi, En 1832, M. Flourens fût nommé 
professeur titulaire au Muséum. En 1833, il rem- 
plaça Dulong comme secrétaire perpétuel de l'A- 
cadémie des Sciences, et en 1840 il fut élu membre 
de l'Académie Française (en remplacement de 
M. Michaud). Comme directeur de cette assem- 
blée , il a fhit, le 20 janvier 1843 , le Rapport 
sur les prix de vertu. En 1838 , il avait été 
élu député de THérault. Nommé pair de France 
en 1846, il siégea jusqu'à la suppression de ce 
corps, en 1848. Depuis lors il a consacré tous ses 
instants à la science, et continue à remplir avec 
autant d'autorité que de talent la chaire de phy- 
siologie comparée du Muséum. On a de lui : 
Notice sur la Vénus hottentote; dans le Jour- 
nal complémentaire du Dictionnaire des 
Sciences médicales ; — ^ Analyse de la Philo- 
sophie anatmnique ; dans la Revue encyclopé- 
dique; — TJn grand travail expérimental, inti- 
tulé : Détermination des propriétés dxi Systems 
nerveux y ou recherches physiques sur Virri- 
taUlité et la sensibilité. Ce travail ftit l'objet 
d'un Rapport approfondi de G. Cuvier, adopté 
par l'Académie des Sciences, le 22 juillet 1822, 
dans lequel le savant rapporteur constatait l'im- 
portance des expériences faites par M. Flourens, 



expériences qui tendaient à prouver que le siège 
des sensations , des perceptions et des volitions 
est dans les lobes eérébraux, que la coordina- 
tion régulière des mouvements dépend du cer- 
velet, et que le jeu de l'iris et l'action de la 
rétine tiennent aux tubercules appelés , dans les 
mammifères, quadrijumeaux , ou mieux tuber- 
cules optiques f — Note sur la délimitation 
de V effet croisé dans le système nerveux; 
Paris , 1823, in-8'*; — Mémoire sur les fonc- 
tions spéciales des diverses parties qui com- 
posent la masse cérébrale , lu à l^Académie en 
1823; ^ Recherches sur le» propriétés et les 
fonctions du grand sympathique; 1823; — 
Recherches sur les effets de la coexistence 
de la réplétion de Vestomao avec les bles- 
sures de V encéphale; 1823; — Recherches 
physiques touchant Vaction déterminée ou 
spécifique de certaines substances sur cer- 
taines parties du cerveau; 1823 ; — Recher- 
ches sur les conditiotis fondamentales de 
l'audition et sur les diverses causes de sur- 
dité; dans les Mémoires de V Académie, 1824. 
L'auteur y fait connaître que la membrane du 
tympan peut être enlevée sans altérer l'ouïe ; 
que l'enlèvement de l'étrier hors du cadre que 
lui fournit la fenêtre ovale affaiblit la sensation; 
que la destruction de la pulpe intérieure du ves~ 
tibule l'anéantit; — Recherches expérimen- 
tales sur les propriétés et les fonctions du 
système nerveux dans les animaux verté- 
brés; Paris, 1824 et 1842, in-8»; traduites en 
allemand par le D*" G.-W. Becker, sous le titre 
de Versuehe und Untersuchungen uber die 
JSigenschaften und Verrichtungen des JSer- 
vensystems, etc., avec préface; Leipzig, 1824, 
m-S'*; — £siipériences sur le Systems nerveux, 
faisant suite aux Recherches expérimentales ; 
Paris, 1825, in-8*' ; trad. en allemand par Bec- 
ker; Leipzig, 1827, in-8" ; l'auteur, à l'aide d'une 
analyse expérimentale aussi neuve que rigou- 
reuse, est parvenu à isoler les divers phéno- 
mènes de l'intelligence, des sensations et des 
mouvements, et à rapporter chacun de ces phé- 
nomènes à l'organe dont il dérive. Voici com- 
ment se résument ses vues : le nerf excite les 
contractions des muscles; la moelle épinière lie 
ces contractions en premiers mouvements d'en- 
semble ; le cervelet coordonne ces mouvements en 
mouvements réglés et déterminés de locomotion ; 
enfin, par les lobes cérébraux ou hémisphères, 
l'iuiimal perçoit et veut; quant aux mouvements 
(Uts de conservation, l'auteur établit qu'il existe 
« dans la moelle allongée (c'est lui-même qui 
parle) un point très-ciroonscrit , lequel est tout 
à la fois et le point premier moteur du mécanisme 
respiratoire, et le point central et vital du sys- 
tème nerveux. J'ai déterminé, continue-t-il , les 
limites précises de ce point, et j'ai fait voir que 
dans les animaux de petite taille , dans le lapin , 
par exemple , il a trois lignes à peine d'étendue. 
Ainsi donc, c'est d'un point, d'un point unique. 



13 FLOUKfeWS 

et d*im j[K>int <}tii a ()Uël(]tkes' lignes à peine d'é- 
tendue f que la rest^ifâtfdn , l*etercioe de faction 
nerTetise, Vunlté de cette acttoii, la vie en- 
tière de Vaniteal , en un niot , dé|pendeht. Nul 
physiologiste encore n'âVait vu avant M. Flou- 
retis ce qu'il fallait feire pbur jwrter là précision 
dans les etperiences sai- l'encéphale. Otl n'isolait 
point les unes des antres les parties toomises à 
l'expérience. Onn*aVaitdoncy)ue des ext>ériences 
confUses, et par ces expériences boniyisés, (}ue 
des phénomènes bompletes, ^ ()ar ces ptiéno- 
mènes complexés, qne des bonclasions vagues et 
incertaines. Une autre catlsë d'eri*eur é&it de 
borner Texpérience à certaines parties dti sys- 
tème nerveux et d'àttHbUër ensuite à l'en^etnble 
du système des effets (pii presque tbùjout^ n'ap- 
partenaient qu'à telles ou telles de ces parties. 
C'est dans risolemènt des parties, qui lui a per- 
mis de dégager la ibnbtioh propre de ehacutie 
d'elles, que consisté le tarâctèrfe de la méthode 
expérimentale de M. Flourens; — Etpëritncts 
sur Vencéphate des pôUsôfiS^ datts les Mé- 
iHjoires dt VAcûdémiè des Sciences , année 
1825 ; — Métnùirê sur têi effets de la section 
des canaux se^i-eirt^lûires dans tei ûiseoui: 
et les mammifèrei ; méineS Mémoires , 185* ; 

— Observations pour sef^it à Vhiètûite natu- 
relle de ta taupe; dans les MémxAre^ du Mu- 
séum, ann. 1829 ; — Ëetherth^ Sur ta cica- 
trisation des plaies du cert>eau et sur la ré- 
génération de la peau et des os ;-^ Expériences 
sur Voreille des oiseaux et des mathmifires; 
dans les Mémoires de V Académie des Sciences, 
t. vllI-IX; — Observations iiur Vaction de 
Vémétiquesur les animaux ruminants ; 1832; 

— Cours sur la génération, Vovologie et Vem- 
bryologie, fait en 1836 au Muséum d'Histoire 
naturelle, recueilli par M. Descham^S, aide-natu- 
raliste au Muséum; Paris, 1836, avec 10 pi. — 
Recherches sur le dételopperiient des oS et 
des dents; 1 Vol. grand in-8% avec pi.; Paris, 
1842. — AnatofMe générale de ta peau (par- 
ticulièrement dans les racés humaines colorées) 
et des membranes tnuqtieuses; 1 vol. grand in-4*, 
a\ec pi.; Paris, 1843 : travail qui a eu ce grand 
résultat de démontrer, par l'anatomie même, 
Vunité physique del'homme; — Mémoires (^a- 
natomie et de physiologie^ comparées ( Études 
sur tes lois de la symétrie dans tè règne ani- 
mal; Èxpèriencéi sur te mécanisme de ta ru- 
mination; Expériences èUr té mécanisine de 
la respiration des poissons ; Parallèle des ex- 
trémités dans Vhommèf les Quadrupèdes et 
les oiseaux ) : 1 vol. graUd în-4**, avec pi.. Paria, 
1844. — Théorie expérimentale de la forma- 
tion des os; Paris, 1847 : c'est dans Ce beau 
travail que le célèbi'e savant a le premier expé- 
rimentalement démontré cette grande loi de la 
vie : La matière change' et se renouvelle saris 
cesse; la forme et la force restent. Les 
compteS-rendus de TAcadémie des Sciences (an- 
née 1847 ) contiennent plusieurs mémoires de 



- MLOYD 



14 



M. Flourens sur les effeta de l'inhalation de l'é- 
ther, alors tout nouvellement connus , et c*est 
lui qui le premier a fait connaître l'action du 
ehlorofbrme ; — Cours de Physiologie compa- 
rée : De rontologie ou étude des êtres ( re- 
fcUellh et rédigé par M, Ch. Rottx; Paris, 1855). 
A toes travaux scientifiques il fknt ajouter une suite 
de Voluines sur la philosophie des sciences, qui 
ont paru depuis 1841. M. Flourens s'est ainsi 
ouvert une voie nouvelle, qui agrandit chaque 
iour l'autorité de son nom : le premier de ces vo- 
lumes porte pour titre : Analyse raisonnée des 
travaux de Georges Cuvier ; Paris , 1841 , in-1 2 ; 
2^ édit., 1845; — Buffon, Histoire de ses 
idées et de ses travaux; Paris, 1844, in -12; 
2** édit. 1850; — De V Instinct et de Vintelli- 
gence des animaux, résumé des observations 
de Frédéric Cuvier; Paris» 1841; 2* édit., 
augrnentée, en i845,in-l2; — Examen de la 
Phrénologie; Paris, 1842 et 1845, in-12; — 
Pontenetle, où de ta philosophie moderne re- 
lativement aux sciences physiques; Paris, 
1847, în-12; — Histoire de la découverte de 
la Circulation du Sang; Paris, 1854, în-12; — 
i)e la Longévité humaine et de la quantité de 
bie sur le globe; Paris, 1854, in-12; 3* édit., 
1855 : cet ouvrage eut un grand retentissement et 
dU Succès très-mérité. î)e 1853 à 1855, M. Flou- 
rens a publié une édition des Œuvres de huf- 
fon avec la nomenclature Linnéenne et la 
classification de Cuvier, revue sur l'édition 
in-4° de llmprimerie royale et annotée avec un 
grand soin et une rare érudition. En qualité de 
secrétaire perpétuel de ^Académie des Sciences, 
M. Flourens a prononcé les Éloges histori- 
ques de Georges Cuvier, Chaptal, Lau- 
rent de Jussieu, louiche-Jbes fontaines , la 
Eitlardière, Prédéric Cuvier, De Candolle, 
Dupetit - Thouars , Blumenbach, Benjamin 
Deîessert, Geqffroy Saint -Maire, Blain- 
ville, téopold de Éuch; et chaque année il 
donne au Jourhal des Savants d'excellentes et 
consciencieuses analyses des ouvrages scienti- 
fiques qui sont confiés à son appréciation. 
M. Flourens a été nommé en 1855 professeur 
au Collège de France. A une science profonde il 
joint un TTtt talent d'écrivain : nul ne sait mieux 
que lui revêtir la science de tons les charmes 
d'un Style à la fois simple et élégant. L'illustre 
académiciêtt & retrouvé le se<iret que les savants 
semblaient atoir perdu depuis Buffon. 

Revue encydopédique, t. XVI, p. S29} XVIII, 706; 
ffouvetti Rét>. Énc. — Rgt)Ue des Dettx Monde* du 18 dé- 
cfllubM 1840. -M. qfaértrd , LA iPrane» Httétaît». 

PLÔITD {Sean)j controversiste anglais, né 
dans le Comté de Cambridge, Vivait dans la pre- 
mière partie du dix-septième siècle. II fit ses 
études sur le continent, entra dans la Compagnie 
de Jésus en 1593, et retourna en Angleterre 
comme missionnaire; mais il fut arrêté et tmnni. 
Ses supérieurs le nommèrent professeur de belles* 
lettres et de théologie à Saint-Omer et à Loiivain. 



15 



FLOTD — FLUDD 



16 



L'époque de sa mort est inconnue. Dans ses con- 
troyerses ayec divers docteurs protestants;, il 
prit les pseudonymes de Daniel a Jesu, Her- 
mannus Lœmelius, etc., et publia : Answer to 
William Crashaw; Saint-Omer, 1612, in-4»; 

— À Treatise of Purgatory, in answer to sir 
Edward Hobby ; Saint-Omer, 161 3 ; — Synopsis 
apostasix M, A. de Dotninis ; Anvers, 1617, 
in-8* ; — Detectio hypocrisis M. A. de Dominis; 
Anvers, 1619, in-8*. 

Alegambe, BiMiofheca Script SocUt» Jesu. 

FLOTBR (Jean), médecin anglais, né à 
Hintes (comté de Stafford), en 1649, mort à 
Lichtûeld, le i*" février 1734. H fit ses études 
médicales à l'université d'Oxford, obtint le grade 
de docteur le 8 juillet 1680, et fut plus tard créé 
chevalier. On a de lui : $ap(iaxo6àâavoc, or The 
touchstone o/medidnesy discovering thevir- 
tues of vegetables and animales , by their 
tasts and smelts ; Londres, 1687, in-8*» ; — the 
Preternatural state of animal humours, des- 
cribed by their sensible qualities, which dé- 
pend on différent degrees of their fermenta- 
tion : two appendices : i° about the nature of 
fevers; T concerning the effervescence of 
the several caeochymies , especially in the 
goût and asthma; Londres, l696,in-8°; — 
An Inquiry into the right use ofbaths; Lon- 
dres, 1697, in-8^. Partisan outré des bains froids, 
Floyer veut les appliquer au traitement de toutes 
les maladies; à côté dépareilles exagérations, le 
livre contient quelques bons conseils; — A 
Treatise ofthe Asthma; Londres, 1698, in-8*j; 

— The physicians pulse-watch^to explain the 
art ofseeling the puise and to impare it by 
the pulse-watch; honàre&, 1707, in-8'*; — 7%e 
Sibylline Oracles , iranslated from the greek 
and compared with the sacred prophéties; 
Londres ,1713, in-8'* ; — Medicina gerocomica 
ofpreserving old mens heatth, with an ap- 
pendix concerning the use ofoil and unction^ 
and a Utter on the regimen ofjounger years ; 
Londres, 1725, in-8° ; — Çommentaria onforty- 
two historiés described by Hippocrates in the 
J and III books ofthe Epidimies; Londres, 
1726, in-8». 

Vf ooû, Mhenee Ozonienset, t,U. — Eloy, Diction- 
naire Mitorique de la MéOêCinê. — ChiiiiierB, General 
Mographieal Dictionary, 
^ FLUGTiBUS (De), Voy. Fun>D (Robert). 

FLDDD (Robert), en latin db fluctibvs, 
médecin et théosophe* anglais, né à Milgate 
(comté de Kent), en 1574, mort à Londres, le 8 
septembre 1637. Fils de Thomas Fludd, trésorier 
de guerre de la reine Elisabeth, il fit son éduca- 
tion à Oxford, au ooUége Saint-Jean. H consacra 
ensuite s^t années à parcourir l'Europe. Ce fut 
probablement pendant ce voyage quil s'affilia à 
la secte des Roses-Croix, dont il adopta et déve- 
loppa les étranges doctrines. A son retour, il se 
fit recevoir docteur en médecine , s'établit à 
Londres, et devint membre du Collège des Méde- 
fsinsde cette yille. Fludd fut un des savants les 



plus extraordinaires de son temps. Malgré son 
culte aveugle pour. les chimères de la cabale, 
pour la sorcellerie, l'astrologie judiciaire, il 
fit preuve d'un rare esprit d'observation dans 
les sciences exactes. Nul ne montra des connais- 
sances plus variées. H fut tout à la fois philo- 
sophe, médecin, anatomiste, physicien, chi- 
miste, mathématicien et mécanicien. H cons- 
truisit des machines qui firent l'admiration des 
contemporains ; mais il dut surtout sa réputation 
à son grand système théosophiqne et cosmogo- 
nique. Amalgamant les opinions de Paracelse et 
de Coméhus Agrippa, les idées cabalistiques, 
les clmnères de l'alchimie , les traditions hé- 
braïques et néo-platonidennes de Mercure Tris- 
mégiste , les complétant par son érudition et ses 
observations, il en forma un vaste système, 
étonnant mélange de vrai savoir et de char- 
latanisme, de hardiesse philosophique et de 
mystagogie extravagante. Ce système est un 
panthéisme matérialiste. Avec le secours de l'in- 
terprétation allégorique, Fludd le donne comme 
le sens véritable du cliristianisme. En voici une 
courte exposition. Dieu est le principe , la fin et 
la somme de toutes choses. Tous les êtres dont 
l'univers est peuplé et l'univers lui-même sont 
sortis de son sem, sont formés de sa substance, 
et retourneront en lui. Il faut considérer Dieu 
à la fois dans son absence absolue , et dans l'u- 
nivers par lequel il s'est manifesté. Ce qu'on ap- 
pelle criéation, c'est la séparation, au sein de l'u- 
nité divine, du principe actif (voluntas divina) 
représenté par la lumière , et du principe passif 
( noluntas divina ) représenté par les ténèbres. 
De l'action simultanée et de la combinaison de 
ces deux principes sont nés tous les éléments, 
toutes les qualités dont l'univers se compose, c'est- 
à-dire le chaud , le froid , l'air invisible, l'éther, 
l'eau, la terre et le feu. L'univers se compose de 
quatre mondes étroitement unis et subordonnés 
l'un à l'antre :1e monde archétypique, où Dieu se 
révèle à lui-même ; le monde angélique, habité par 
les anges, agents immédiats delà volonté divine; 
le monde stellaire, formé par les étoiles, les 
planètes; le monde sublunaire, c'est-à-dire la 
terre et les créatures qui l'habitent. Ces quatre 
monde peuvent se réduire à trois , le monde ar- 
chétype, le macrocosme et le microcosme. 
Dieu , le monde , l'homme. Le monde archétype 
est formé de dix manifestations de Dieu, qui sont 
les conditions générales de l'existence et de la 
pensée. Ces dix formes de la nature divine 
peuvent se ramener à trois : 1® Dieu existe en 
puissance dans l'unité ineffable : c'est la première 
personne de la Trinité ou Dieu le Père ; 2^ il se 
manifeste à lui-même comme la pensée univer- 
selle : c'est la seconde personne de la Trinité 
ou le Fils ; 3** sa pensée se réalise hors de lui : 
c'est la troisième personne de la Trinité ou 
l'Esprit. Dieu dans ces trois états offre, selon 
Fludd, qui se sert d'une expression employée dans 
Mercure Trismégiste , l'image d'un cercle dont 



17 



FLUDD — 



le centre est partoat et la circonférence au 
delà de tout (cujus centrum est in omnUms, 
circum^erentia extra omnia). 

Le monde, oa le macrocosme, est une image 
et une émanation de Dieu. H se divise en trois 
r^ons correspondant aux trois personnes de la 
Trinité : la r^on canpyrée, ou la nature angé- 
lique ; la région éthérée , ou le del des étoiles 
fixes ; et la région élémentaire, occupée par la 
terre et les autres planètes. 

L'homme forme à lui seul un petit monde , 
appelé microcosme parce qu'il offre un abrégé de 
toutes les parties du macrocosme, ou grand 
monde. Ainsi, la tête répond à Tempyrée, la poi- 
trine au ciel éthéré , le rentre à la région élé- 
mentaire. Toutes les parties du grand et du pe- 
tit monde correspondent entre elles par la loi 
des sympathies , et agissent nécessairement les 
unes sur les autres; enân, l'homme, aussi bien 
que le minéral et la plante, peut subir, au 
moyen de Tart, une transformation merveilleuse 
et conquérir dès cette vie le don de l'immorta- 
lité. Selon Fludd, ce système révélé au premier 
homme par IHeu lui-même , transmis par la tra- 
dition aux patriarches et à Moïse , révélé une 
seconde fois par le Christ, constitue la véritable 
doctrine de l'Écriture Sainte, et fournît la seule 
explication du christianisme. Les trois grands 
philosophes de l'antiquité, Pythagore, Platon 
et Mercure Trismégiste, étudièrent ce système 
dans la Bible ; mais ils l'altérèrent en le repro- 
duisant. Âristote, ne connaissant pas les livres 
saints, prit pour guides la raison et l'expérience; 
ses livres sont un tissu de folies et d'erreurs, 
et lui-même peut être regardé comme la cause 
première de toutes les hérésies. 

Ces singuUères attaques contre le christia- 
nisme, Aristote et le sens commun, ne restèrent 
pas sans réponse : Gassendi les réfuta dans un 
excellent livre, intitulé : Exercitatio in Fludda- 
nam Philosophiam; Paris, 1630, in-12. Parmi 
les adversaires de Flndd , on compte aussi le 
P. Mersenne et Kepler. Les ouvrages de Fludd 
soQtnombreux et rares. On les trouve le plus sou- 
vent réunis en cinq ou six volumes in-fol. Cette 
collection se compose des dix-sept piècessuivantes: 
Vtriusque Cosmi^ majoris scilicet et minoris, 
metaphysica, physica atqtte technica Historia; 
Oppenheim , 1617 ; — Tractatus secundus de 
Nature Simia, seu technica macrocosmi his- 
toria; Oppenheim, 1618 : par singe de la na- 
ture, Fludd entend parler de l'art; — Tomtis 
secundus de supematurali , naturali, prx^ 
tematurali et contranaturali Microcosmi 
Historia; Oppenheim , 1619 ; — Tomi secundi 
Tractatus primi Sectie secunda de technica 
Microcosmi Historia (sans date ni lieu d'im- 
pression); — Tomi secundi Tractatus secun- 
dus de prœtematurali utriusque Mundi His- 
toria (sans date ni lieu d'impression) ; — Ve- 
ritatis Proscenium; Francfort, 1621 ;— Ana- 
tomix Amphitheatrum, ejfigie triplici, more 



FLUEGEL 19 

et conditione varia, designatum; Francfort, 
1633; — Monochordum Mundi symphonia- 
cum; Francfort, 1622-1624; — Philosophia 
sacra et vere christiana, seu meteorologia 
cosmica ; Francfort, 1626 ; —Medicina catha- 
lica, seu mysticum artis medicandi sacra- 
rium, in tomos divisum duos; Francfort, 1629; 
— Pulsus , seu nova et arcana pulsUum his- 
toria, h, e, portUmis tertix pars tertia; 
Francfort, 1629; — Sophiae cum Maria Cer* 
tamen; Francfort, 1629; — Summum Bonum, 
quod est verum Magiœ, Cabalœ et Alchymix 
ver 3e ac fratrum Boseai-Crucis subjectum; 
Francfort; 1629. Ces deux derniers ouvrages 
sont dirigés contre le P. Mersenne ; — Integrum 
Morborum Mysterium, seu medidnx catho^ 
licas tomi primi tractatus secundus; Franc- 
fort, 1631 ; — KaOoXixàv medicorum KdcTonxpov, 
seu tomi primi tractatus secundi sectio se* 
cuncfa; Francfort, 1631 ; — Clavis Philosophie 
et Alchymix Fluddanae; Francfort, 1633 : 
contre les critiques de Gassendi , Lanovius et 
yLenam^'y—PhilosophiaMosaica; Gouda, 1638. 
On trouve dans cet ouvrage la figure d'un ther- 
momètre. Fludd prétend l'avoir fait graver d'a- 
près une esquisse contenue dans un manuscrit 
qui datait au moins de cinq cents ans. C'est pro- 
bablement une imposture Imaginée pour enlever 
à Drebbel l'honneur de son invention ; — Bes - 
ponsum ad hoplocrisma spongum 3f. Fos- 
teri; Francfort, 1638. Outre les dix-sept traités 
contenus dans cette collection, on a de Fludd : 
Apologia compendiaria, fraternitatem de 
Bosea-Cruce abluens et abstergens ; Leyde, 
1616, in-8"; — Tractatus theologico-philoso- 
phicus, de Vita, Morte et Besurrectione ; 
Oppenheûn, 1617, in-4*; ^Pathologia dœmo- 
niaca; Gouda, 1640, in-fol. 

Wood, Athena Oxonienses. — Bracker, HUtoria cri- 
Uca PhUotùphiae. - Fulter, fTorthiet. — Cbêlmen^ Ge- 
nerql biograpkieal OMUmary. — Oetionnain dei 
Science» philosophiquei. — Biographie médicaie. — 
F. Hoefer. Histoire de la Chimie, t. II. 

; FLUEGEL (Jean-Godefroi), lexicographe 
allemand , né à Barby, le 22 novembre 1788. En- 
tré d'abord dans le commerce , il travailla chez 
plusieurs -négociants des principales places en 
Allemagne. En 1805, il se rendit dans l'Amérique 
du Nord , oCi il s'appliqua particulièrement à la 
langue anglaise. A son retour, il alla demeurera 
L<npzlg, y devint lecteur pour la langue anglaise 
à l'université, et en 1838 il succéda à List dans 
le consulat des États -Um's. Plusieurs insti- 
tuts scientifiques d'Amérique le choisirent pour 
leur correspondant dans les pays allemands et 
slaves. Il composa d'utiles ouvrages, dont les 
principaux sont : A Séries of commercial Let- 
ter s; Leipzig, 1822; — Vollstaendige engli- 
sche Sprachlehre ( Grammaire Anglaise com- 
plète); Leipzig, 1824-1826; — Triglotte oder 
Kau/maennisches Woerterbuch in drei Spra- 
chen, deutsch englisch und franzœsich 
( Triglotte, ou Dictionnaire du négociant en trois 



19 FLUEGEL 

langues , en aUetnend , en anglais et en fran- 
çais ) ; Leipzig^ 1840, 3 vol. ; - Kleines Kauf- 
maennisches Handwoerterbuck in drei Spra- 
cken (Petit Dictionnaire manuel, en trois 
langues) ; Leipzig, 1840 ;^PmktUtches Band- 
buch derengl. Biindelscofrespondenz (ManneX 
pratique de Correspondance cominerciale an- 
glaise);' Leipzig, 1827 et 1850, 5« édit.; — 
Practical Dictionarf ûf the JSnglish ûHd 
German langnage; Leipzig, 1847-1855. 

* FLVBGBL ( Gustave), orientaliste allemand, 
né*à Bautzen, le 18 février 1802. Après avoir 
étudié la théologie, la philologie et les langues 
orientales à Tunlversîté de Leipzig, il se rendit, 
aux frais du roi de Saxe, d'aboird à Vienne, en 
1827, puis à Paris , où il eut pour maître Sîl- 
Testre de Sacy. A son retour, en 1832, Il obtint 
à réciHe de Meissen une place de ptofes- 
seur, dont il se démit en 1850, à la suite d^une 
grave et longue maladie. On a de lui : Der ver- 
traute Gefàhrte in schlagfertigen Gegtnredên 
(Le Compagnon fidèle, ou Recueil de répliques 
et sentences), par Abu Manssur Abdu'tmetik 
ben Mohammed ben Ismail EtUealebi aui 
Nisabur , texte abrégé et traduction alle- 
mande; Vienne, 1829, m-4''. Le texte était 
trop corrompu et la traduction offrait itop 'de 
difficultés pour que ce travail fût exempt d*er- 
reurs; — Geschichte der Araber (Histoire 
des Arabes); Leipzig, 1832-1840, 3 fascicules; 

— Lexicon bibliographicum et encyclopx- 
dicum a Mustafa ben Abdallah hatib Jetebi 
dicto et nomine Baji Khalfa celebrato cont- 
positumy texte et traduction latine, publiés 
aux frais du comité des traductions orientales 
de la Grande-Bretagne; Leipzig et Londres, 
1835- 1854 , 1. 1 à VI. Un septième volume con- 
tiendra lin appendice et un index de tous les noms 
d'auteurs cités dans cette biographie arabe, 
persane, turque. A la fin du 6® volume on trouve 
un supplément à Hadji BLhalfa par Ahmed 
Hanifzadeh; la liste des écrits de Soyouthi, 
et le catalogue des ouvrages usités dans le 
nord de l'Afrique; — Corani textus arabicas; 
Leipzig, 1834, in-4**; 2« édition, en cours de pu- 
blication depuis 1842 ; — Concordantix Corani 
arabicx, ad litterarum ordinem etverborum 
radiées diligenter dispositœ; Leipzig, 1842, 
iii.40 . __ jHssertatio de Arabicis Scriptorum 
Grœcorum Interpretibtis ; Meissen, 1841. în-4*; 

— Definitiones viri meritissimi Sejjia sche- 
rif Dochordschani (Djordani), texte arabe; 
Leipzig, 1845, in-8**; — Geschichte der drei- 
hundertjàhrigen -Jubelfeier der Landschule 
Sancta-Afra zu Meissen ( Histoire de la troi- 
sième fête séculaire du gymnase de Sainte- Afra 
à Meissen ) ; Meissen , 1844. E. Beauvois. 

ConversationS'Lexikon. — Zenker, Bibl. Orient. — De 
Sacy, art. dans le Jourtial des Sav.y 1830, p. 69S ; 1836, 
p. 8M. 

FLURT (Jxmis-Noël), économiste français, 



— FOA 



20 



né à Versailles, le 20 novembre 1771, mort dans 
la même ville, le 7 avril 1836. Homme en 1803 
consul en Moldavie, il fut app^é Vannée sui- 
vante dans les bureaux du ministère des af- 
faires étrangères comme sous-dlrecteur. Il de- 
vint en 1814 directeur des consulats et du com- 
merte, et conseiller d^Êtat en 1 81 8. 11 profita de 
fta position pour rassembler une foule de ren- 
seignements Sur le Commerce et l'industrie , et 
publia le résultat de ses recherchée Sous ce titre : 
De la Richesse ; sa définition et sa génération, 
ou notion primordiale de Véconomie poli- 
tique; Versailles et Paris, 18^, ltt-8<». L'auteur 
attaque là doctrine d'Adam Smitll shr le rôle que 
jouent les métaux précieux dans l'économie po- 
litique. Il définit la richesse : produits médlate- 
ment 0(1 immédiatement consommables. Cet oa- 
vtage a peu d'importance. L'auteur a d'ailleurs 
la modestie de neréclamef « qu'une modique part 
dans l'honneur réservé aux fondateurs de l'éco- 
nomie politique ». i< H ne lui en retient en èftet 
qu'une très-modiqué, » ajoute le Dictionnaire 
de tÉconomle politique. 

Biographie de Seine-et-Olse. 

tOk ( ISugëriiê)f finnme auteur fi'an^ise, née à 
Bordeaux, vers la fin du dix-hiiitième siècle , 
morte à Paris, en avril 1853. lion père se nom- 
mait Rodrigoes Gradis. Sa fkmille était juive 
et d'origine espagnole. Mariée fort jeune à un 
homme qui la délaissa ou qu'elle abandonna, 
réduite, après cette séparation , aux ressources 
pécuniaires qu'elle trouvait dans la sollicitude 
de son père, et dëpehsant d'ailleurs très-insou- 
ciamment les secours qu'elle recevait de lui, 
M"* Foa prit la plume, non par vocation, mais 
par nécessité. Écrire ne Ait d'abord pour elle 
qu'une profession, ou plutôt un métier, dont 
elle se fit un amusement lorsqu'il devint plus 
lucratif. Elle composa et publia beaucoup de 
charmants ouvrages historiques et moraux pour 
les enfants et les jeunes personnes. Bans presque 
tous les livres de M*^^ Foa briUent une imagi- 
nation vive, une gaieté entraînante qui ne lui fit 
jamais défaut dans les circonstances même les 
plus tristes de sa vie, et une sensibilité commu- 
nicative dont cependant son caractère était dé- 
pourvu. La fondation successive du Journal des 
Enfants, du Journal des Demoiselles, en ÎH- 
manche des Enfants, publications périodiques 
atixquelles M** Foa a fourni un g^ând nombre 
d'articles , contribua à étendre sa réputation d'au- 
teur. Elle s'essaya aussi dans le roman, et quel- 
ques journaux quotidiens ont inséré dans leurs 
feuilletons des nouvelles qu'elle signait du pseu- 
donyme de Maria fit^-Clarence. 

M^*.Foa avait une physionomie masculine, 
en rapport avec ses manières. Pendant les der- 
nières années de sa vie, de cfuelles souffrances 
physiques, qu'aggravait une cécité complète, 
n'eurent pas le pouvoir d'altérer sa joyeuse hu- 
meur. Parmi les nombreuses productions de 



21 fOA^ 

M™* EogàiieFoa» noM ne citerons quê lesmoittB 
oubliées; savoir : Lb Ridûtuchm; Paris, 1830, 
4 ▼©!. in-12 ; — Za /tilt»e, hi»to¥^ eu, temp$ de 
fa Régence; Paris, 1835, 2 tel. in^o, _ £^ 
Mémoires d'un Polichifielle ; Paris, 1839, ili-8'; 
— Le Petit RobiMon de PatU; Paris, 1840, 
ln-18 ; — le riew* Parié, emt^ histnriques; 
Paris, 1840,fn-18. Camille LEuntm. 

Berueiçtwments particuliers, 

pocA ott PHOCÀs, grammairien latin, vivait 
probalilement dans le quatrième siède après 
J.-C. On a de lui une Vie de Virgile en vers 
lieKamètres. H nous en reste denx firagmenis, 
formant ensemble cent qttatr»-Tingt>dlft vers, et 
nne courte ode saphique servfloil d'Introduction 
à cet ouvrage , dont vold le titre ï Vi$à Virgilii 
a Foca, grammatieo urèU Rmus, ^>eti%lms 
édita. Quelques manuscrits donnent le même 
titre avec cette addition » ertUÊifmtiCe urhis 
Romae pêrspieaeisHino et citNHssimo, On peut 
conclure de cette qualification que V^N;a était 
un de ces pron»seurs payés par l'Étal qui 
sous les derniers empereurs ftiisaieut des cours 
publics à Rome; son nom aU contraire indique- 
rait un Grec. Peut-être aussi la ville dont il s'a- 
git ici n'est pas randenne Rome, mais la nou- 
velle Rome, Constantinople. On n*a aucun détail 
sur Foca; on sait seulement qu'il vivait avant 
Prisden et Cassiodore, puisqu'il est dté par 
l'on et par l'autre. Outre la Vie de Virgile^ on a 
de Foca trois distiques in jSnHdem Virgilii, 
et deux traités en prose, l'un De AêpiratioHe, 
et l'autre Ars. dé Nomine et Verbo, avec une 
préface en vers élégiaques. Les productions 
versifiées de cet éarivain se trouvent dans l'i4»- 
thologia Latina, U, 175, 185, 186, 266, édit. 
Burmann, ou n''28&-289, édit. Meycr. Les 
traités en prose ont été insérés dans les Gram- 
maticx Latinœ Scriptores antiqui. p. J687 et 
p. 1722. 

Wcnudort, Pùêt. UltW w4n.. vsk Ui, pp. w, MO. 

*FOCHERAIS ( ÂiêXiS DE ^AT-AYMÊRY, SiCtir 

De) , littérateur français, vivait à la fin du sei- 
zième siècle. Il est auteur d'un poème à la 
louange d'Henri fV, sous le titre de : le Roy 
triomphant, oit sont contenues les merveil- 
les du très-illustre , très-tniHndble prince 
Henri, pur la grâce de JtHeu roi de France et 
de Navarre; dédié au rog, etc.; Cambray,l594, 
Cette Henriade, qui tt*a pas moins de 2,000 vers 
ou lignes rimées, touche au burlesque par Tex- 
pressîon, mais non par les sentiments ; elle est 
d'une extrême rareté. J.-P. Faber, 

Mémoires de la Soc^ d'Émulation de Cam^am^ 
19-80, 1^58, 8« partie. ^^ 

FocKKNBiiooB ( Guillaume van ), poëte j 

hollandais, mort le 14 septembre 1694. Il se fit I 

remarquer dans le genre burlesque , ce qui lui ; 

valut le surnom de Scarron de la Hollande. Il I 



FODERË 22 

traduisit en vers la Gigantimachie de Técri- 
vain français et une partie du Virgile travesti. 
La plupart de ses ouvrages ont été recueillis 
«ous ce titre t W. van Fockenbroeh's Thalie 
(Thalle de W. van Fockenbroch ) ; Amsterdam, 
1685, 3¥l)l.in-li,et 1709, in-8«. 

Psq^ot,Mém. pour s»rvir à FhM. litt, des Papt- 

VOt^àmi (Jacques), cwitroversiste français, 
né à Bassan ( haute Alsnrienne ), vivait au com- 
meoc^nentdu dix-sepiième siècle. Il entra dans 
l'ordre des Cordeliers. On ignore l'époque de sa 
mort ; suivant Papillon, il vivait encore en 1619. 
On a de loi : Âvertissefnent aux archevêques et 
évéqws de France sur Varrét rendu en 1606 
contre les RécoUets; Lyon, 1607, in-S»; — 
lyaUé des Indulgences, et conjUrmation de 
telles de saint François; Lyon, 1611, in-S" ; 
•- Narration historique et topographique 
des couvents de l'ordre de Saint-François et 
des monastères de Sainte<!laire, érigés en la 
province de Bourgogne, ou de Sainte-Bona" 
lenturoi Lyon, 1619, in-4°. 

Wotkéqut 4es Auiowrs de Bourgofus. 

^ot^tot {François-Emmanuel), médecin 
Mvoisien, né à Saint-Jean 'de->Maurienne (Sa- 
voie), le 8 janvier 1764, mort à Strasbourg, le 
4 A$vrier 1835. îl était d'une famille pauvre, et 
«ou père était mort lorsqu'U vint au monde. 
Mais de bonne heure il se montra si studieux, 
qti'il intéressa M* de Saint-Réal, intendant de 
la Maurienne, qui obtint son entrée gratuite au 
Collège des Provinces ^ dans l'université de Tu- 
rin. 11 étudia ensuite la médecine à Turin, où 
fl ftit reçu docteur. Bientôt un ouvrage sur le 
cfétinismeattij-a sur lui Mittention. Étantencore 
étudiant, il avait osé déterrer clandestinement 
un crétin qui venait de mourir; l'autopsie qu'il 
en avait, faite avec soin lui avait fourni quel- 
ques observations neuves sur l'organisation 
de cette race humaine dégénérée. Le roi Victor- 
Àmédée IH lui donna une pension pour qu'il 
allât visiter les principales facultés de l'Europe. 
Le jeune Fodéré alla à Paris et à Londres, puis 
revint dans sa patrie en 1790, où, pour mettre à 
profit les études de médecine légale auxquelles 
il s'étaif surtout adonné^ on le nomma médecin 
juré du duché d'Aoste. Lorsque la Savoie fut 
réunie à lal^nce (1795), il entra dans le service 
de santé de l'armée d'Italie. Arrivé à Marseille 
avec le corps d'armée du général Cftrtaux , il 
épousa la fille du docteur Moulard, qui était cou- 
sine des deux mputs Glary, femmes de Joseph 
Bonaparte et dcf Bemadotte* Une telle alliance 
aurait pU le conduire h la fortune ; mais Fodéré 
n'avait d'autre ambition que le succès dans l'art 
de guérir et le progrès de la science. Il se contenta 
d'être nommé médecin de Fhospice des aUénés 
et de l'hôpital de Marseille, et, tout en remplis- 
sant ces fiNMUons, en faisant divers cours, 



38 

il réanissaitles matériaux d'un grand traité de 
médecine légale, science alors dans Tenfance et 
qu'il créa en cpiâque sorte. Lors de l'exil du roi 
d'Espagne Charles IV à Marseille, ce prince le 
choisit pour son médecin, et U fut chargé de soi- 
gner Ferdinand VU, malade, quand ce prince eut 
ététransiK)rté à Valençay . Après de longs travaux, 
tant comme professeur que comme médecin des 
hôpitaux de diverses Tilles , Fodéré concourut, 
vers 1812, à une chaire de médecine légale qui 
se trouvait vacante à la faculté de Strasbourg, et 
fut nommé à Tunanimité des suffrages. Il exerça 
ces fonctions jusqu'à la fin de sa vie, consacrant 
ses loisirs à des recherches et à des écrits nom- 
breux, pour lesquels il prenait souvent sur son 
sommeil. Dans ses dernières années, devenu 
aveugle , il n'en continuait pas moins se^travaux, 
aidé par sa fille aînée ; le jour même de sa mort, 
il lui dicta environ deux pages. Modeste, il 
n'alla point au-devant des récompenses, et il fut 
oublié; il mourut sans fortune, et ses filles fu- 
rent obligées de chercher des ressources dans 
un travail manuel. Cependant ses condtoyoïs 
lui élevèrent à Saint-Jean-de-Maurienne une 
statue en bronze, exécutée par Rochet. Voici la 
liste de ses principaux ouvrages : Traité du 
Goitre et du Crétinisme^ précédé d*un dis- 
cours sur Vinfluence de l'air humide sur 
l'entendement humain; Turin, 1789, in-s**, 
plusieurs fois réimprimé par le gouvernement 
sarde et traduit en allemand; — Opuscules 
de Médecine philosophique et de Chimie; 
Turin, 1789, in-S*"; — Mémoire sur une af- 
fection des gencives endémique à Varmée 
des Alpes; Embrun , 1795, in-S**. — Analyse 
des eaux du Plan-de-Saly, sous Mont- 
luçon; £mbmn, 1795, in>8<^; — Essai sur 
la phthisie pulmonaire quant à la préfé- 
rence qu'il convient de donner à un régime 
tonique ou à un régime relâchant ; MarseUle, 
1796, in-S**; — Les Lois éclairées par les 
Sciences physiques, ou traita de médecine 
légale et d'hygiène publique; Paris, 1798, 
3 vol. in-8*»; Bourg, 1812, 3 vol. in-8«; 3* édit, 
Paris, 1815, 6 vol. in-8<*, ne portant que la 
seconde partie du titre; — Sur le climat et 
les maladies des montagnards et sur Vépi" 
demie de Nice; Paris, 1800, in-8° ; — Essai 
de Physiologie positive appliquée à la méde- 
cine pratique; Avignon, 1806, in.8'*; — De 
ApopUxiay disquis^io theorico-practica; 1808, 
in-8<^; — Voyage aux Alpes maritimes; 
ou histoire naturelle du comté de Nice et 
lieux limitrophes; Paris, 1812, 2 vol. in-8''. : 
ouvrage estimé; — De Infantiddio; 1810, 
m-B,^ \ ^ Manuel des gard&malades ; Stras- 
bourg, 1815, in-12, et Paris, 1827, in-8*»; — 
Traité du Délire, avec application à la mé- 
decine, à la morale et à la législation ; Paris, 
1817, 2 vol. in-8*'; — Leçons sur les épidé^ 
mies et sur Phygiène publique, faites à la 
Faculté de Médecine de Strasbourg ; Stras- 



FODÉEÉ — FODHAIL 



S4 

bourg, 1822-24, 4 vol. in^; — Essai histo- 
rique et moral sur la pauvreté des nations, 
la population, la mendicité, les hôpitaux et 
les enfants trouvés; Paris, 1827, in-8'; — Mé- 
moire sur la petite vérole, vraie ou fausse, 
et sur la vaccine; Strasbourg, 1826,in-8°; — 
Essai sur la Pneumatologie humaine, ou sur 
la nature, les causes et la formation de di- 
vers cas d'aberration et de perversion de la 
sensibilité, tels que l'extase, le somnambu- 
lisme, la magie-manie et autres vésanies, et 
sur les effets qui s'ensuivent; Strasbourg, 
1829, in-8° ; •— Nouvel Examen des questions 
suivantes de police médicale : est-il des cas 
où, d'après l'expérience, l'accouchement pré- 
maturé artificiel est avantageux à la mère 
et à l'errant? e^.; Strasbourg, 1829, in*8'' ; 

— Recherches historiques et critiques sur 
le choléra-morbus; Strasbourg, 1831, ia-8''; 
—Essai médico-légal sur les diverses espèces 
defolie,vraie,simulée et raisonnée, sur leurs 
causes et les moyens de les distinguer, sur 
les effets excusants ou atténuants devant les 
tribunauxet sur leur association avec les pen- 
chants au crime, etc. ; Strasbourg, 1832, in-8° ; 

— Recherches toxicologiques sur la grande 
ciguë et expériences avec le produit immé- 
diat de cette plante^ appliquées à ce qu'on 
rapporte de la mort de Socrate; insérées 
dans les Mémoires de la Société royale aca- 
démique de Savoie, 1835. M. Fodéré a en 
outre donné des articles dans le Dictionnaire 
des Sciences médicales, 

Guyot DB Fè&E. 

Docros (de SUt}, Notice hUtoriquê tur iaFie etlet 
Travaux du Dr Fodéré ; Parts 1841. 

roDHAiL, ben^Aiadh at-temimi al-fon- 
dini at-talacani {Abou-Ali), saint et ascète 
musulman, né soit à Abiwerd ( Khorassan ) , 
soit à Samarkand, mort à La Mecque, en 187 de 
l'hégire (803 de J.-C.) Il commença par être 
voleur de grand chemin, puis il étudia les tra- 
ditions à Coufa, et alla se fixer à La Mecque, qui 
fut son dernier séjour. On dte de lui un grand 
nombre de sentences et de reparties, dont quel- 
ques-unes méritent d'être rapportées : « Dien^ 
disait il, augmente les afflictions de celui qu'd 
aime et la prospérité mondaine de celui qu'il dé- 
teste ; — les actes de piété que l'on fait par osten- 
tation sont des actes de païen ; — il vaut mieux 
être affectueux avec ses semblables et essayer 
de leur être .agréable, que de passer la nuit en 
prières et la journée en abstinences. » Fodhail 
avait un jour refusé des présents ;du khalife 
Haroun ar-Raschid; comme ses compagnons lui 
Élisaient observer qu'il aurait àd recevoir ces 
dons pour les distribuer aux pauvres : « si cet 
argent, répliqua-t-il, avait été légalement' ac- 
quis, il aurait été l^al de l'accepter. » Fodhail 
ne rit qu'une seule fois depuis sa conversion : 
c'est lorsqu'il apprit la mort de son fils; « car. 



25 



FODHAIL — FOE 



26 



dit-il, ce qui platt à Dieu meplalt anssi. » A propos 
de cette disposition chagrine , on fit ce broeard : 
La tristesse a quitté le monde en même temps 
que Fodhail. £. Bbauyois. 

IbD-KballikaD, Biogr. DktUmar^, trad. par M. Mae- 
Gockin de Slane, t. II, p. 478. — Abonlféda, ^nnalet, 
édiL de Reiske, t II, p. 87. - DJaml, Itefahat al-Ouns. 
- DUerbelot Bibl, orient, — De Hammer, Ltteratur- 
Gesckichte àsr Araber, t. III. p. 149. - WeUl» HUi. du 
KhaUfat, L II. p. 166-K7, 171. 

FOË (Daniel de), pnbliciste et romancier 
anglais, né h Londres, vers l'an 1663, mort le 
26 aTril 1731. Il était fils d'an boncher, nommé 
James Foë ; mais il prit le nom de De Foe, soit 
qu'il fût d'origine française , on qa*U voulût le 
paraître. Sa famille appartenait à la religion 
des protestants dissidents; et, élevé loi-même 
dans ses principes, il s'en montra toute sa vie 
le zélé et paissant défenseur. En 1687, il publia 
UD écrit où il signalait les mesnres inconstitu- 
tionneiles de Jacques II; et, avec les amis de la 
iii)erté, il salua la révolution à laquelle il avaii 
traTaillé de son épée et de sa plume. A cette 
époque, Foë dirigeait une maison de mercerie; 
mais, négligeant les affaires de son commerce, 
il fréquentait des sociétés où ses saillies vives 
et piquantes le faisaient accueillir avec joie , et 
consacrait au plaisir des banquets ou à la cul- 
ture des lettres les heures qu'il lui aurait fallu 
employer aax calculs du comptoir. Une faillite 
en fut la conséquence; cependant ses principaux 
créanciers acceptèrent, sur sa signature, un 
arrangement dont il remplit honorablement les 
conditions. Son intégrité scrupuleuse alla plus 
loin encore; car lorsque son sort eut été amé- 
lioré par les bienfaits du roi Cruillaume m, il 
satisfit pleinement ceux de ses créanciers qui 
étaient eux-mêmes tombés dans la détresse ; et, 
en outre de l'exécution des engagements qu'il 
avait pris, il réduisit toutes ses dettes , de 17,000 
livres sterling, à moins de 6,000, exemple de 
probité Inen louable dans un homme chargé 
d'une nombrense famille, et qui n'était soutenu 
que par son énergie, souvent paralysée par des 
malheurs indépendants de sa conduite. 

£n 1697, Foë publia un Bêsaff on Projects 
(Essai snr les Projets), qui prouve une vaste 
étendue de connaissances et le désir d'être utile 
à son pays. En 1701 parut le True bom En- 
^lishman (Le vrai Citoyen anglais) , écrit dirigé 
coBtre les détracteurs de Gnillaonie, qui lui re- 
prochaient sortout d'être étranger à la nation 
^se. « Nos ancêtres; répondait Foê, furent 
>Qssi des étrangers. Danois, Saxons , Normands : 
» Talons>nous moins pour' cela? » Ce premier 
^ de la muse satirique de Tanteur eut un 
(lâ)it prodigieux , et lui procura quelques entre- 
^es personnelles avec le roi , qui pourtant ne 
s'occapajt guère de poésie. Quand le grand jury 
de Kent présenta, en mai 1701, une pétition par 
laquelle les membres de la chambre des com- 
iiiones étaient priés en termes peu cérémonieux 
^ s'occuper davantage des affaires publiques 



et beaucoup moins de leurs querelles d'amour- 
propre, Foê fit paraître une remontrance si- 
gnée Légion contre la mise en accusation de 
Culpepper, de Polhill, de Hamiltonetde Champ- 
ney , qui avaient avoué cet écrit courageux. Vers 
ce temps, il donna au public un trsdté sur le 
pouvoir qui réside dans le peuple d'Angleterre 
pris collectivement. Les RaiMns qui s'opposent 
à une guerre contre la France 9 qu'il publia 
ensuite, sont, pour la vigueur du style et la 
sagesse des pensées , un des plus beaux morceaux 
qui aient été écrits en anglais. 

Au milieu des querelles de parti qui eurent 
lieu à l'avènement de la reine Anne, Foë fut 
en butte aux haines qu'il avait soulevées en 
suivant, sans en dévier, la ligne de l'intégrité, 
et en (Hrigeant constamment l'effort de ses ta- 
lents contre toutes les sortes de malversations 
ou de folies publiques. Il fut condamné au pilori, 
à une forte amende et à l'emprisonnement, et 
ftat ainsi ruiné une seconde fois. Ùans sa pri- 
son de Newgate, il s^amusa à composer The 
Hymn to the Pillory ( Hymne au Pilori), dans 
lequel des sentiments généreux sont mêlés à de 
piquantes satires contre ses persécuteurs. En 
1706, Foe,l mis en liberté, fut envoyé par le 
gouvernement anglais en Écoâse , où , par les 
renseignements qu'il fournit sur tontes les ques- 
tions de commerce , d'administration, etc., il ne 
contribua pas peu à la grande mesure de l'union 
entre les deux pays. De retour à Londres , il 
célébra fÉcosse dans un poème intitulé Cale- 
donia, et écrivit, sous le titre de History of 
ÀddresseSf l'Histoire de l'Union ; puis il s'occupa 
d'un recueil périodique, Review, dont il avait 
formé le plan dans sa prison, et qui ouvrit la 
voie de la popularité au Tatler^ au Spectator, au 
Guardian ; il abandonna pourtant bientôt cette 
entreprise pour écrire A gênerai History of 
Trade (Histoire générale du Commerce). De 
Foë, qui vivait alors retiré à quelques milles de 
Londres , observant l'insolence du parti jacobite, 
ne put demeurer passif spectateur des événe- 
ments, et publia divers écrits en faveur de la 
dynastie protestante. 

Cependant , à l'avènement de Georges I'", il 
fut mis cruellement de c6té par ceux même à 
qui ses efforts énergiques avaient le plus pro- 
fité. Ce traitement iiyuste lui dicta son Ap- 
peal to the honour and justice (1715). Une 
attaque d'apoplexie , causée par le vif chagrin 
qu'il ressentit à cette occasion , faillit l'emporter ; 
mais ce choc servit à le détacher de la politique 
et à tourner son esprit vers des compositions 
d'un autre genre, et ce fut à cette époque de sa 
vie qu'a écrivit (1719) l'œuvre qui devait l'im- 
mortaliser : L\fe and surprising Adventure 
o/Robinson Crusoei Les Aventures de Robinson 
Crusoé). Cet ouvrage eut immédiatement le suc- 
cès extraordinaire qu'il méritait. Il y règne en 
effet un air de réalité qui n'appartient point 
d'ordinaire aux écrits de pure fiction : de là vient 



27 



FOB -^ F0ER8TE& 



que, iuidis qnll captive Talteiitioii de l'enfanee, 
il fixe aussi celle de l'Age mâr. O'esl le livre de 
tons les pays, de tous les Ages, de toutes les 
classes; il fait les délices des gens sans éduca- 
tion , et amuse les personnes de l'esprit le plus 
cultivé. 11 contient en outre sinon un traité, an 
moins une espèce de système pratique d'édoca* 
tîon naturelle mis en jeu avec des détaib d'une 
vérité et d'une simplicité diarmantcs. Quant à 
la scqipositlon absurde que l'anlenr s'était appra« 
prié les papie» à\m marin écossais nommé 
Alexandre Selkirk, qui, à la suite d'un naufrage, 
avait vécu trois ou quatre ans dans l'Ile de Juan 
Femandez (vwf, ce nom), Chalmers, WUson etde* 
puis l'auteur de l'article publiédans lea Miscella^ 
neom de Vf. Scott, M. Bellantyne, en ont fait 
justice en prouvant que Selkirk n'avait ^int de 
papiers à perdre; et d'aillenrs, quand on adoost- 
trait que Foè eftt puisé à cette soniee quel* 
qnee idées, en qnoi cette cireMisAanee diminuiez 
rait-eUe le mérite de son génie, qui sut itoiiwi» 
la vie à ces ossemeals arides? De 1720 à t7M, 
Foê publia eneore phuienr» omfragn, doaft Isa 
principaux soHt : The Ufé and Piraeim •/ 
captakn Sèngletm; ^ À n»m Voyage rmmé 
the World; n2S;—IÊUtoryofI)mnotmCamp^ 
bell : 1720; -^ A JowmU oftke Hagt»; iim 
— A Plan ofthê BngHàk dmmêirte; V)%7^ 
Enfin, après me vie laborieuse el agitée, ¥eil 
mourut, à Fàge de soixante-bmt m^ Célaiè 
un homme d'un caractère bon et InttnèÉe , d'te 
génie plein de rignenr uni à un ji^ymenl cMr« 
▼oyant, brillant dans la cenversatien f d'un e»* 
prit entreprenant, mais dooé de pm de pMéence. 
La fertUité de l'invention , la netteté dea eencep* 
lions, la clarté du st^^e et une simplicité iniai»» 
table caractérisent ses psodoetians. Quoiqine 
le mérite de Foé^ seit comaae citoyen, sait 
comme écrivain, aHélé du. premior ordre ^ pe« 
d^hommes ont été trallé» ptas iqnfement par 
leurs contemporains. Ses éerita pnlifiqiM» sanC 
une mine qui offre de rieiies t w É i «i f »dféloqn«g^ 
de sagesse et de vérité^; cepeMlastf la lenonuBoéa 
de cet auteur s'appuie frinci p al tmcn it sut les 
ouvrages fruit de son imaginaitioft, et para» tout 
ce qui a été pid[>1ié dteu» ci^ génie, HsMfMon 
Crusoé occupera fetqottrs 1» premier rang, 
f L. GaulIS , Ene, ée» €r. 4u M,f avec add.) 

ChalMcrs, Gtn, 6i09> Dffft-' ^~ B90ffs> 9tw> ^ W» SdoWi 
UUceU, — Chastes, «M. êmé^'lmttUlm^^ Hirlpen Jm- 
fUUrté. 

PIBDMt. Foy. FÉMK. 

FOBLix (Jéa»'/ag^9ues-G€Ufmrâ}, juriscM- 
sulte français,, né à Obefsteinr ( anefen* dépar^ 
tement de la Sarre >, ftS juin 179*, mort hPm^ 
le 26 mai 1853. Son père était conseitfer k la 
cour royale de Cblbgjne. Après avoûrM; ses 
études à l'unîversîtér de Trêve», l^oefis fil* êoa 
droit à la feculté de* Coblèntz, où il Ibf fè^ 
licencié en 1812. H suirit ensuite le barreau, et 
devint avocat-avoué à Coblentz en 1814. Fse^ 
vit avec donVeur son pays séparé de la France. 



Il prit le parti de s'établir k Paris m 1826, 
se fit naturaliser Français en 1829, et fut 
admis en «ette même année au taUeau de 
l'ordre des avocats h la cour royale. Fcelii 
écrivit alors dans quelfpies journaux de juris- 
prudence, notamment dans la Gazettt des Tri- 
bunatt:jp et dans les Annales de législation. H 
pubUa aussi plusieurs ouvrages sur divers points 
de la législation française , parmi lesquels nous 
citerons i;6 Cède ForealierannoM; Paris, 1S27, 
in-S"* ; avee la coUabaration de M. De Vaulx, au- 
jourd'hoi président de la cour impériale d'Aliger, 
^ un Traiêédes Rentes foncUres; Paris, 1828, 
in-S* I en sodélé avec M. Henrion, -* no Corn- 
memiak-e sur la lai du i7 avril 1832 relative à 
la amstfakntepar eorpê ; Paris^ 1 832, in-S"*, etc. 
Dans le bal de Inra cannaitre à la France les 
principaux «mvrages de droit publiés à l'é- 
tranger et les dœumenls législatifs les plus im- 
portant* qui pourraient »y pxodufare, Fœlix 
eoneul et néaUai, en fi^^ le ptcjnt de sa Bemu 
éiran0ère de Léj^lation et d'Éeenamiê poli- 
tktMéf qu'il publia jusqu'en i%¥i. Il fot secondé 
dans eette vaale entreprise par un grand nombre 
de jurisceMulteafrançai» et étrangers. £n 1840, 
MM. Duvergier et Valette furent (^aeés avec 
FttKx à la tète de ea recueil périodique, dont le 
plan fut modifié et où une part plus considérafale 
fut réservée à laléf^tion ftançaâse^ llpritakars 
le titre de Heme étrangère eê/rmmçtdse de Lé- 
gislation, de JurUfradenee et d'Économie 
politi^ftêe. VoayfSi^ qiri a le pkis canAribtté à 
fysft eemialtre Vediti estson Traité dti I>rùit in- 
térnatkmalprfvéi t^ol^in-S*), dent la première 
édilfon parut en 1843. Elle lut traduite en ita- 
lien et pnMHpIement ^uiséa. L'auÉswr en pubKa 
une seeenéve» tM7, et M. Danangeat en donna 
une treîsièRMi; Pari», IMÎ^ » vol. in-S"". Enfin, 
suivant en eeia sa ptféféteoee peur l'étude du 
érotl pvAfic et du droit des gêna,. Feilix avait 
tradiâ et eantinné , a» mflien dea souKrasces 
qui aAirevfèrenf tes> d^vières aanéen de s» vie , 
le R^umâ êtt fH^BMre des Traitée de paix 
de MarteMU' <M envraga est resté inédit. 

Pseffft a paMMpé à la rédaction de plusieurs 
reeneil^ périMffîpeS' étrangers, s'ocaupaot de 
l^fiifién et d^éeonomie paliUqna, notamment 
à h Ktmseke Zeitêekriftf de IL MMermaier. 

Pekfht aval» raçn te dÉ^Mnaa de doctenr en 
dhyffdi» Ib ftKttlIééi^FiibeÎH^enBrisgan (gi»nd- 
dudié de Bade) le tl févriat tÂ38, et il fut 
ttommé efcc tiâ tf de In iiégion dnoonneur en 

1859. h. TiJUAHMER. 

Gaxette dès Trtâurunut ûit 17 juin istst( art. de M . 'Ml- 
lniadii^. ^ tf.^teëtll*« mmtemr FtOkt, en tétv du Cota- 
9mM dtrai'MMl «te WtM»s Vwls. 1^> ^S**- - La IM- 

FOBMTB» ieJtariêê)t poète rt traducteur 
alleiian^, né à Naumbourg, aur la Saale, le 
3 anril 1784, mait le 1 8 décembre 1 841 . Il fit ses 
éltodes*, d'abord à Féeole c^iédmle de sa viUe 
■Maie , ensuite k Leipoi^ A la mort de son 



29 



FOERSTëR — FOËS 



30 



père , il accepta une place de précepteur à Dresde. 
En 1807 il fut attaché à Técole des cadets comme 
professeur adjoint, puis comme professeur titu- 
laire. £nfiQ, il devint premier professeur en 
1828. Foerster employa ses loisirs à cultiver la 
poésie et à faire des travaux sur Tbisto^ie de 
Tart et de l'ancienne littérature allemande. Long- 
temps il fit paraître ses ouvrages sous le voile de 
Tanonyme, On a de lui ; (rCcficA^e (Poésies), 
traduites de Pétrarque j l^eipzig, 1818-1819; — 
Sammluug ausefksener Qedichte, etc. (Col- 
iectioa de Poésies choisies, etc.); Dresde, 1820; 
— AuserU^çne Ijfrische Credich(e (Choix de 
poésies lyriques); Zwickau, 1821; — une tra- 
duction de la Yita nuova de Dante; Leipzig, 
1841. Fperster donna aussi en 1828 le tome X^ 
de la iibliothek devtscher Dichter (Biblio- 
thèque de^ Poètes allemands), commencée par 
Guillaume Miiller. Ses compositions musicales 
ont été publiée^ ^p^ sa mort avec un Avant- 
propos de Lquîs peçk; Leipzig, 1842, 2 vol. 

|kogy<wN|fi>< v»4 Werarisci» SkUMOk 9m<ifm I^- 
ben 7md der ZeitK. Fôersters; Dresde, 18«6. — Conrer- 
sat.'Lexic, 

* FOBRSTBiK ( Frédéric), historien allemand , 
né à Muenchengosserstaedt, le 24 septembre 1792. 
Il reçut sa première instruclioa au gymnase 
(rAltenbomfg. çt étudia la théologie à léna ; puis 
il s'appliqua a )Vchéologie et à lliistoûre de l'art 
militaire. £a 1813 tt entra avec Théodore Koerner 
dans le corps franc de Lûtzow , et comme son 
ami n publia des chauts de guerre pour exciter 
l'enthousiasme patriotique des Allemands. Blessé 
dans les campagnes qui suivirent , il Ait nommé 
chevalier de 1^ Couronne de Fer, de'Saint-Georges 
de Russie, et élevé au grade de capitaine. Revenu 
de Paris, où il avait contribué à Penlèvementdes 
objets d'art revendiqués par les gouvernements 
étrangers, il devînt professeur à Técole d'artOle- 
rie et des mgénieurs de Berlin. Soupçonné d'o- 
pinions démocratiques^, il perdit cet emploi en 
1S17,. et fut inquiété dans les cours quil fhfsaft 
en qualité dç Privatdocent ( répétiteur univer- 
sitaire). A dater de 1821, îl rédigea la Neue 
Berliner MoncUschrtft (Nouvelle Gazette men- 
suelle de Berlin) ; de 1823 à 1827, il fut rédac- 
teur de la Voss' scbe politische Zeitung ( Ga- 
zette politique de Yoss), et de 1827 à 1830 de 
la Berliner Conversation s-Blatt (Feuille ber- 
linoise de Conversation) » en collaboration avec 
Alexis. Il fit ensuite le voyage dltalie avec son 
frère Ernest, et à son retour il fut employé au 
nmsée de Bcârlin. Ses principaux ouvragea sont : 
&chlachienr%J cm die êrwacJUen Deutschen 
(Appel su CoariNkt, adressé aux Allemands tirés 
du sommeil); 1813; — JB^itwaege zur neu^ 
Krie^sgeaekickte (fioeameiits pour servir à 
une nwivele histoire d» la guerre); 1&16; — 
Frieetrichs é. Qr. Jvtgendjahre , Rildung und 
G€is$ (JeunesHe, éâneation et esprit de Fré- 
déric le Gvané); Bery», 1822; — Mandbuch 
der eeschickte. Géographe» und Stati&iik 



des Preussischen Reichs (Manuel de l'histoire, 
de la géographie et de la statistique du royaume 
de Prusse) ; Berlin, 1820-1822 ; — Brie/e eines 
Lebenden (Lettres d'un Vivant); 1827 ; — Al- 
hrecht von Wallenstein ( Albert de Wallen- 
stein); 1834; — Wallens(ein*s Process, etc. 
(Procès de Wallenstem, etc.); Leipzig, 1844; 
— Gesçhichte Friedrich-WilhelnCs , Kœnig 
von Preussen (Histoire de Frédéric-Guillaume» 
roi de Prusse) ; 1834 ; — Gedichte ( Poésies ) ; 
1838; — Antigone; Berlin, 1842, en collabora- 
tion avec Boeckh et Toelken; — Leben und 
Thaten friedrich's d. Gr, (Vie et actes de 
Frédéric le Grand); 1840-1841; — Christoph 
Columbus; 1842-1843;— Preussens Helden 
in Krieg und Frieden ( Les Héros de la Prusse 
en temps de paix et de guerre); Berlin, 1850. 

CoffoerM(.-£e«. 

*^ FOERSTER (Emest-Joochim) , amateur 
d'art et artiste allemand, frère du précédent, 
né ^ Muenchengjosserstaedt, le 8 avril 1800. Il 
étudia d'abord à léna et à Berlin la théologie, et 
en 1822 il se livra ^ la peinture, pour laquelle il 
avait un penchant presque exclusif. Devenu en- 
suite élève de Cornélius à Munich, il fut em- 
ployé à Bonn aux fresques de VAula et à Mu- 
nich à celles de la Glyptothè<|ue et des Arcades. 
Puis il fit le voyage d'Italie, qui lui fournit l'occa- 
sion d'amasser des matériaux précieux pour 
l'histoire de l'art, par exemple sa découverte des 
fresques d'Avanzo dans la chapelle Saint-Georges 
de Padoue. Revenu en AUemagne, il s'occupa de 
la publication de plusieurs ouvrages, et collabora 
avec Schorn au Kunsblatt ( Feuille des Arts ). 
AUié par mariai à la famille de Jean-Paul Rich- 
ter, il contribua de 1826 à 1838 k une édition 
des oeuvres posthumes et de la correspondance de 
ce grand poëte. Qn a de Foerster : Wa/irheit 
aus Jean PauVs Leben (La Vérité tirée de la vie 
de Jean-Paul ) ; Breslau, i»27-18a3 ; — Beitraege 
zur neuerm Kunsigeschickte (Documents pour 
servir à fbistoire moderne de l'art) ; Leipzig, 
1835; — Brie/e ueber Malerei (Lettres sur la 
Peinture); Stottgard, 1838; ^ Mûnchen, ein 
Handlnuih fuer Fremde und Minheimische 
( Munich , Manuel pour les indigènes et les 
étrangers); Munich, 183^; — H^ndbuch fur 
Reisende kn Uaiien (Manuel des Voyageurs en 
Italie}; ia40>; — JUbeA der ausgezeichnetsten 
Mahefj Miidhauer w»d Buumeisier (Vie des 
Peintres, Sculpteurs et Architectes les plus dis- 
tingués); Stuttgard, 1843-184» : c'est une tra~ 
éoclio» de Vaawi; ^ iHmdbwb. fur Reisenée 
in JDeittsehiand (liaaaeli des Voyageurs en Al- 
lemagne); 1847; — Gésckichie der deuis- 
ehefèKunstiUisàân del'Arkallemaa4) ; Leipzig, 
f8St. 

Conrersat.'Lex. 

FORS (Anuce), en latin foesîus , célèbre 
helléniste et médecin français,, né à Metz, en 



81 



FOËS — FOGEL 



32 



1528, mort en 1595. Issu d'une famille peu for- 
tunée, qui était Tenue des enTirons de Trêves 
s'établir à Metz , il fit ses premières études dans 
cette dernière Tille. Il fut envoyé 4 Paris à l'âge 
de douze ans , et suiTit pendant huit années les 
cours de l'unÎTersité. Après s'être fait dès le 
collège la réputation d'un bon helléniste , il se 
décida pour la médecine. Sa profonde connais- 
sance des langues anciennes et son assiduité lui 
Talurent l'estime des deux principaux profes- 
seurs de la Faculté, Houiller et Goupil. Ces deux 
médecins lui procurèrent des Httcs et des ma- 

. nuscrits. Us obtinrent pour lui, par l'entremise 
de Femel, la permission de copier trois très- 
anciens manuscrits d'Hippocrate, conserTés à la 
bibliothèque de Fontainebleau. Hs lui procurè- 
rent aussi une copie de celui du Vatican. La mé- 
diocrité de fortune de Foës ne lui permit pas de 
rester à Paris. Se contentant de prendre le grade 
dit bachelier, il rcTint dans sa patrie en 1552, 
pour y pratiquer la médecine. Ses compatriotes 
le nommèrent médecin de la Tille. Sa réputation 
s'étendit au loin. Des princes étrangers lui 
firent des offres brillantes pour l'attirer à leur 
cour ; mais rien ne put vaincre son attachement 
à sa ville natale. ;Foës partageait son temps 
entre la pratique de la médecine et ses traTaux 
sur les œuvres d'Hippocrate. C'est en grande 
partie à ses efforts que l'on doit la chute de ce 
qu'il appelle Yarabismef c'est-à-dire les doc- 
trines de Galien mêlées aux subtilités des mé- 
decins arabes. Il contribua au rétablissement de 
la méthode d^observation , et fit tout pour re- 
mettre en honneur les écrits d'Hippocrate. On 
a de lui : Hippocratis Coi Liber secundtis de 
morbis vulgaribus , difficillimus et pulcher- 
rimus : olim a Galeno commentariis illustra- 
tus, qui temporis injuria interciderunt ; nunc 
vero pêne in iniegrum restitutus, commen- 
tariis sex etlatinitate donatus; Bâle, 1560, 
in-s**; — Pharmacopœa medicamentorum 
quae hodie ad publica medentium munia in 
officinis exstant , tractationem et itsum ex 
antiquorum medicorum prœscripto conti- 
nens; Bâle, 1561, in-8' : c'est une énumération 
des médicaments que les apothicaires de Metz 

* devaient avoir dans leurs officines avec les for- 
mules pour les préparer; — Œconomia Hip- 
pocratis, alphabeti série distincta^ in qua 
dictionum apud Hippocratem omnium, prx- 
sertim obscurarum, usus explicatur, et velut 
ex amplissimo penu depromitur, ita ut lexi- 
con Bippocrateum merito dicipossit; Franc- 
fort, 1588, in-fol.; Genève, 1662, in-fol. « Cet 
ouvrage, dit la Biographie médicale, fonda 
solidement la gloire de son auteur. C'était une 
grande idée que celle de réunir tous les termes 
obscurs ou équivoques qu'on rencontre dans les 
écrits d Hippocrate, et d'en éclairer le sens, non- 
seulement d'après les meilleurs manuscrits, mais 
encore avec le secours des ouvrages qui nous 
restent de tous les autres écrivains de l'ancienne 



Grèce. H fallait une aussi vaste érudition que la 
sienne pour ne pas échouer dans* cette entre- 
prise difficile. Le plus grand éloge qu'on puisse 
faire de son travail, c'est qu'encore aujourd'hui 
il est véritablement classique, et que celui qui 
veut lire Hippocrate dans la langue originale ne 
saurait se dispenser de le consulter à chaque 
instant; » ~ Magni Hippocratis, medicorum 
omnium facile principis. Opéra omnia qux 
exstant, in octo sectiones ex Erotiani mente 
distributa'; nunc recens latina interpréta- 
tione et annotationibtts illustrata; Francfort, 
1595; 1603-1624; 1657, in-fol.; Genève, 1675, 
2 vol. in-fol. L'édition de Genève contient en outre 
Y Œconomia, ainsi que les Glossaires d'Éro- 
tien, d'Hérodote et de Galien. Un texte pur, des 
variantes nombreuses et bien choisies, une cri- 
tique profonde, des commentaires savants et 
étendus,, tels sont les mérites qui recomman- 
dent ce grand travail, resté jusqu'à nos jours la 
meilleure édition d'HippocratCé Elle n'a été sur- 
passée que tout récemment, par rexcel!«ite édi- 
tion de M. Littré. 

Teissier, Éloget des hommet savants, tirés de VMS' 
taire de M. De Thou. — Huet, />e elaris Interpretibus, 
Uv. II.— Dom Calmet, Bibli^Jtique de Lorraine. — 
^égin. Biographie de la Moselle, t. II. 

^FOGARASST (Jean), jurisconsulte eQ phi- 
lologue hongrois, né à l£âsmàrk, en 1801. Du 
collège réformé de Sarospatak il entra dans la 
carrière du barreau, devînt avocat en 1829, et 
remplit ensuite diverses fonctions publiques. En 
1848 il fut nommé membre du conseil des fi- 
nances et de la Table supérieure de district de 
Pesth. D'importants travaux de jurisprudence et 
de lexicographie le firent élire membre de l'A- 
cadémie hongroise de 1848. Ses principaux ou- 
vrages sont : A' magyar nyeW m£taphysi- 
eâja (Métaphysique de la langue hongroise ) ; 
Pesth, 1834; — Diàkmagyar miiszékônyo 
a magyarhoni tôrveny-es orszàgtudomanybol 
(Lexique hongrois-latin pour l'étude du droit et 
de l'économie politique) ; Pesth, 1835 ; — Ma- 
gyarhoni magànos torvénytudomàny elemei 
(Principes du droit civil hongrois ) ; Pesth, 1839 ; 
— Potlék ( Supplément) à l'ouvrage précédent ; 
1841; — Magyar kereskedési es vàltojog 
(Droit commercial et de change de la Hongrie) ; 
Pesth, 1840;— A,m>agyar nyelo* szdleme (Es- 
prit de la langue hongroise) ; Pesth, 1845. 

ConversaUons-UxiKon* 

FO«EL {Martin), et non Vogel, comme 
quelques biographes l'écrivent par erreur, mé^ 
decin allemand, né à Hambourg, en 1632, 
mort dans la même ville, le 21 octobre 1675. 
Destiné à l'état ecclésiastique, il commença par 
étudier la théologie ; mais il l'abandonna pour 
la médecine, et alla se faû« recevoir docteur à 
Padoue, en 1663. Il revint ensuite dans sa ville 
natale pratiquer la médecine. En 1672 , il fut 
lue 



33 



FOGEL — FOGGmi 



34 



au gymnase de Hambourg. Une mort prématnrée 
Tempécha d'achever et de publier des ouvrages 
pour lesquels il avait rassemblé de nombreux 
matériaux. On a de lui : Joachini Jungii prx- 
cipux Opiniones physicw passim receptœ^ 
breviter quidem sed accuratissime examv- 
natx ; Hambourg^ 1679, in-4» ; — ObseryaHo de 
submenis non suffocatis; dans les Éphémé- 
rides de V Académie des Curieux de la Nature, 
n** 115. Bianehi, dans* son édition du Phytoba- 
sonos de Colonna en 1744, a donné un précis 
de YEistariaLyneeorum, laissée manuscrite 
parFogel. 

Morlior, JPolyMifor, L 1. — Éloy, DietUmnair« Ms- 
torique de la Médecine. — Biographie médicale, 

fogeIa ( Charles-Jean ), fils du précédent, 
jurisconsulte allemand, vivait dans la pre- 
mière moitié du dix-huitième siècle. Il se fit re* 
cevoir licencié en droit à Orléans, en 1702, et 
vint pratiquer dans sa patrie. On a de lui : 
Disputatio inaugéralis de emptione et ven- 
ditione; — WoMeingerichtetes Register ueber 
aile Woerter und Materien in dem Eambur' 
gischen Stadtbuche (Rostre soigneusement 
tenu des mots et sujets qui se trouvent dans le 
livre municipal de Hambourg). 

Môiler, Cimbr. UU, 

FOGBL ( Théodore-Jacques et Jean-Henri ), 
érudits allemands, fils du précédent, vivaient 
dans la première moitié du dix-huititoe siècle. 
On a d'eux : Ver%eichniss derer 300 hamburgiS' 
cher Stadtkinder (Indication sur 300 enfants de 
la ville de Hambourg) ; Hambourg, 1735, in>8* ; 
— Verzeiehniss derer Hamburger welche an 
fremden Orten zu geistlichen Ehrenstellen 
be/œrdert worden (Liste des Hambourgeois 
qui sont parvenus à des dignités ecclésiastiques 
dans les pays étrangers); ibid., 1738, in-4^ 
Théodore-Jacques a publié la Bibliotheca Ham- 
burgenstam eruditione et scriptis clarorum; 
ibid., 1738, in-fol. 
Tbiess , Hambttrg. gel. Geseh. 

FOGELBBRG et UOn FOGELBERT (^efl^), 

sculpteur suédois, né à Gottenborg, le 8 août 
1787, mort à Trieste, le 22 décembre 1854. Son 
père, qui était fondeur, voyant qu'il avait plus de 
goût pour les arts du dessin que pour son mé- 
tier,' l'envoya en 1801 à l'École des Beaux-Arts 
de Stockholm. Recommandé en même temps à un 
sculpteur de talent, nommé Serghel , le jeune 
Fogelberg puisa auprès de celui-ci son enthou- 
siasme pour les types antiques et son goût 
pour l'étude sévère de la nature. H désirait ar- 
demment aller visiter les chefs-d'œuvre de l'art 
et les grandes écoles; cependant, ce ne fut qu'en 
1818 qnll obtint de son gouvernement une pen- 
sion qui lui permit de voyager. Après un court 
séjour en Allemagne , il se rendit à Paris, resta 
dix-huit mois dans l'atelier de Guérin, et passa 
ensuite dans celui du sculpteur Bosio. Pressé 
d'jdier en Italie, il partit en 1820, et bientôt 
s'installa à Rome, qui devint sa patrie adoptive, 

NOUV. BIOGR. GÉNÉR. — T. XVHI. 



{ tant était vive son admiration poor les chefs- 
d'œuvre dont il y était entouré. Après divers 
travaux, un Mercure endormant Argus y qu'il 
envoya en Suède, attira sur lui la bienveillance de 
son souverain, qui lui commanda quelques ou- 
vrages destinés à orner son pays. Jusque là 11 
s'était inspiré des sujets de la mythologie antique ; 
il fallait maintenant concilier ses types clas- 
siques avec les légendes Scandinaves , et entrer 
dans une sphère nouvelle , encore étrangère à 
l'art, n y trouva de nouveaux succès : on lâmira 
ses statues d'Odiii,de Thoret^Baldery ces 
deux dernières surtout Son talent eut ensuite à 
s'exercer sur des figures historiques de sa nation, 
et il sut non-seulement rendre le caractère par- 
ticulier de chaque personnage, mais aussi conci- 
lier les exigences du costume avec les lois sévères 
de l'art. Enl 854,11 revint dans scm pays natal, qu'il 
n'avait depuis son premier voyage revu qu'une 
fois, en 1845 : un ordre du roi avait exigé ce 
nouveau voyage. Après avoir été l'objet d'un 
véritable triomphe, il retourna en Italie, lorsqu'il 
lut frappé d'apoplexie et termina subitement 
ses jours à Trieste. Outre les statues déjà citées, 
son œuvre se compose des morceaux suivants : 
Amour à la coquille; — Hébé ; — Baigneuse 
(c'est un de ses ouvrages les plus estimés) ; — 
— Vénus ; Apollon Citharède ; — Vénus à la 
pomme; — Psyché (cette statue est son mor- 
ceau capital); — Pdris se préparant à juger 
les trois déesses ; ^ Balder ; — Burger-Jall^ 
fondateur de Stockholm; — Gustave-Adol- 
phe; —Charles XII, esquisse en plâtre; -^ 
Charles XIII ;^ Charles- Jean XIV. La riche 
collection de médailles que Fogelberg avait ras- 
semblées fut achetée par le roi Louis de Bavière» 
et se trouve à Munich. GurorDEFÈRS 
et P. L. MÔLLER (de Ck>penhague ). 

G. Planche , Revue des Deux Mondes, «nn. 1886. — 
Journal des Arts, 18S8. — Jowmàl des Débats, da tf 
Janvier iSSB. 

FOGCINI {Pierre- François), archéologue 
italien, né à Florence, en 1713 , mort à Rome, 
le 31 mai 1783. D'abord destiné aux beaux- 
arts, il préféra la prêtrise, et se fit recevoir 
à Pise docteur &k théologie. Ses premiers ou- 
vrages sur l'histoire ecd&iastiquo. et surtout 
son édition du fameux manuscrit de Virgile 
conservé à la bibliothèque de Flor^ice, atti- 
rèrent l'attention des archéologues, et le firent 
admettre dans la plupart des académies de 
lltalie. En 1742, il refusa la place de profes- 
seur d'histoire ecclésiastique à Pise, et accepta 
celle de sous-bibliothécaire de la Yaticane 
à Rome. Benoit XIV, qui appréciait son mé- 
rite, le plaça dans l'académie de l'histoire pon- 
tificale. Mais, au lieu de se consacrer à cette his- 
toire , Foggini s'occupa de l'examen des manus- 
crits du Vatican , et en tira des ouvrages inédits. 
Pie VI, à son avènement au trône pontifical, 
le choisit pour camérier secret. En 1775, il suc- 
céda à Bottari comme bibliothécaire de la Vati- 



S5 FOGGINI — 

cane. Son grand Age et ses infirmités le firent 
dispenser de« charges de cette place, dont il n'eut 
que le titre et les émoluments. On a deFoggini : 
De primis Plorentinûrum Apo$tolis Exerci- 
tatio singularis; Florence, 1740, in-4<>; — De 
Romano D. Pétri Episcopatu ; Florence, 1741 , 
jn.40. ^ p. virgilii Maronis codex anii- 
quissimus a Rufio Turcio Aproniano distinc- 
tus et emendatus, qui nune Flùieniïx in 
bibliothecaMediceo-Laurentianaasservatur; 
1741, in-4° : c'est un fac-similé du corfea; Medi- 
ceus\m lequel Heînsius a écrit une savante 
dissertation insérée par Burmann dans son édi- 
tion de Virgile. Le manoscrit original paraît être 
plus ancien que celui môme du Vatican. Il semble 
avoir appartenu à Rodolphe Pius, cardinal du 
temps de Paul ffl. Rodolphe le légua à la Vati- 
cane, d'où tt passa, on ne sait oomment, a la 
Laurentiane; — La Vera istoria di S. /îo- 
molOy vescovo e protettore di Fiesole, libe- 
rata délie calunnie, ete.;Romc, 1742,in-4°; 
— S. Epipharm De XIl gemmés rationalis 
summi sacerdotis Bebrseorum, liber ad. Dio- 
dorum, ex antiqua versione latina; Rome, 
1743, in-4«; — S. Bp^hanii Salonu>nis, in 
Cypro episcopi, Commentariius in Canticum 
canticorum, ex antiqua versione latina; 
Rome, 1750, in-4*»; — Appendix Historiés By- 
zantinse ; Rome , 1777 ; — Fastorum anni Ro- 
mani a Verrio Flacco ordinati Reliquiae ex 
marmorearum tabularum fragmentis Prœ- 
nestm eff assis, una cum Verrii Flacci operum 
fragmentis omnibus, qux exstant, ac f astis 
romanis singulorum mensium; Rome, 1779, 

in-fol. 

Elogio di P. F. Foggin^ î Florence, 178*, ln-8». - Sax, 
Onomasticcn lUer., t. VU, p. s. 

FOCUANi ( Louis ) , écrivain sur la musique 
italien, né à Modène, vers la fin du quinzième 
siècle, mort vers 1540. Il était très-versé dans 
les langues anciennes. On a de lui ; Musica 
theorica, docte simul ac dilucide pertracta, 
in qua quamplures de harmonicis intertallis 
non prius tentatx continentur speculationes ; 
Venise, 1529, in-fol. C'est un traité des pro- 
portions et des consonnances musicales, et de la 
division du monocorde. Les principes dévelop- 
pés par Fogliani sont conformes à ceux de Pto- 
lémée. Tiraboschi cite de lui un autre traité sur 
la musique resté inédit et intitulé : Refugio di 

dubitanti, 

Tiraboschi, Biblioteca Modenese. — Fétls, Biographie 
universelle des Musiciens. 

FOtiLiANi (Louis), littérateur italien, né à 
Modène, en 1630, mort à Reggio, le 9 mars 
1680. 11 fut d'abord juge dans sa ville natale, 
puis il devint lieutenant à Reggio. On a de lui : 
In obitum S, principis Almerici Estensis et 
card. Juin Mazarini Elegia ; Reggio, 1661, 
in.4° ; — Saggio délie glorie del S, Alfonso IV, 
duca di Modena, orazione; Reggio, 1663, 

in-4*. 
Tiraboschi, Biblioteca ModeMie, 



FOGOLINO 36 

FOGLiETA { Uberto) , historien italiai , né à 
Gènes, en 1518, mort le 5 septembre 1581. Il 
était issu d'une famille noble et illustre. Il alla 
faire ses études à Rome et à Pérouse, et s'occupa 
particulièrement de jorisprudence. On a très-peu 
de détails sur sa vie. Quelques biographes ont 
prétendu qu'il était prêtre', mais ce £ût parait 
fort douteux. De retour dans sa patrie, il s'y fit 
connaître par des écrits presque tons consacrés 
à la gloire de Gênes. Il n'en Ait pas moins banni. 
La cause et la date de son exil sont inconnues. 
Il retourna à Rome, et trouva dans le cardinal 
Hippolyte d'Este un protecteur zélé, qui le mit à 
l'abri du besoin pour le reste de sa vie. On a de 
lui un grand nombre d'opuscules historiques pu- 
bliés d'abord séparément, puis réunis sous le 
titre de : Vberti FoUetœ Opéra subseciva , 
opuscula varia, de Linguœ Latinœ usu et 
prxstantia; elarorum Ligurum Elogia; 
Rome, 1579, in-V, On a encore de Foglieta : 
De Causis Magnitudinis Turcarum Imperii, 
ad M,'Antonium Columnam cardinalem, 
imprimé plusieurs fois en Italie et réimprimé par 
les soins de David Chytrœus, avec des addi- 
tions; Rostock, 1594,itt-8*;— />c Philosophiœ 
et Juris dvilis inier se Comparatione Libri 
très; Rome, 1586 , in-4'* ; — De sacro Fœdere 
in Selimwn Libri quatuor, necnm wtriœ ex- 
peditiones in Africam cum Melitaf obsidione; 
Gènes , 1587, itt-4* ; — OonjuratioJ.^L. Flisci; 
Tumultus Neapolitani;CœaêsP,-L. Farnesi, 
Placmtix duds; Naples, 1671; — Historiée 
Gcnuensium Libri XII, ad Joannem-Andream 
Aurtam, Melphix principem; Gènes, 1585, 
in-fol. Cette histoire, écrite dans un latin simple 
et élégant, est le mdlteur ouvrage de Foglieta. 
Elle a été traduite en italien par Serdonati; 
Gènes, 1597, in-fol. Grœvius l'a inaérée dans son 
Thésaurus Antiguit.tiHistor, Ital,, ainsi que 
tous les opuscules historiques de Foglieta. 

Teissier, Éloges des hommes savants, tirés de l'his- 
toire de M. De Thou. — Nicéron, Mémoiresjiour servir 
à l'histoire des hommes illustres, t. XXI. — Tiraboschi. 
Storia délia Tjetteraturaltaliana, t VII, part. Il, p. 545. 
^ FOGOLINO {Marcello ) , peintre et graveur 
de l'école vénitienne, né à Vicence, vivait en 
1530. Q^ielques biographes lui donnent à tort les 
noms A%Figolino eiFogalinoei les prénoms de 
Giovixnni'Battista ; une Vierge glorieuse du 
muséede Berlin est signée ÂfarcellusFogohnus, 
et deux de ses gravures existant au cabinet de 
Vienne portent les noms de JUarcello Fogolino, 
ainsi que deux de ses UUeanx à Vicence. Cet 
artiste déploya dans ses ouvrages un caractère 
très-original , beaucoup de variété dans «es cos- 
tumes et ses physionomies ; il avait une grande 
intelligence des effets de lumière et de perspec- 
tive; ses détails sont exécutés avec un fini pré- 
cieux. Il peignit avec un égal talent l'histoire , le 
paysage et l'ornement. On regarde comme son 
chef-d'oP!Uvre scm Adoration des Mages , grande 
composition, enrichie d'une splendide architec- 
ture et d'un très-beau paysage; sur une frise 



37 



FOGOLINO — FOIX 



8S 



dî'visée eii trois compârtimeiitâ Mot représentées 
Y Annonciation y V Adoration des Bergers et la 
Fuite en Egypte. Ce beao tableau est auinusée 
deVicenee. E. B — ^n. 

RMoIfl. yUe de' Pittori renetï. -> Orlandi, jébbeeéda- 
rio, ^ ZsaÈ, MateriaH per la storia 4eU' Indsicne. - 
Lanzi, Storia délia Pittura. — Ticozzl, DizUmari*, *- 
6.-B. Berfl, Nuovo Guida per Vicenza. 

FOHi. Voyez Fou-Hi. 

FOHLEN. Voyez FOLLEN. 

FoiGNT (Je4m DE ) , imprimeur et traduetenr 
français , né à Reims , iri?ait au seizième sièele. 
l>évoué aux princes de la maison de Lorraine, il 
publia beaucoup de libelles composés par les 
écQTains du parti de la Ligue. On a de lui : une 
Traduction françoise de V Oraison funèbre 
prononcée à Rome aux obsèques de François 
de Lorraine^ duc de Guise, par Jutes Poggius ; 
Reims, 1563, in-8"; — Le Sacre et couronr 
nement du roi de France (Henri m), avec 
les cérémonies et prières qui se font en Vé- 
glise de Rems; Reims, 1575. 

Un autre imprimeur de la même famille, Jac- 
quesDE FoiGNY, a publié un ouvrage intitulé : Les 
Merveilles delà vie, des combats et victoires 
d'Ermme, citoyenne de Reims ; Relma, 1648, 
in-8«. 

UlODff , BibliatM^ue MitoriQM» de la France^ I, UT»; 
II, S6M0;III, S3S98. 

F016NT (Gabriel), ou cognt, romancier 
français, né en Lorraine, vers 1640, mort vers 
1692. D'abord cordelier en Lorraine, il s'enfuit 
en Suisse vers 1667, embrassa le protestantisme, 
et devint chantre de Téglise de Morges. U en fut 
chassé pour cause dlnconduite, et passa à Ge- 
nève , où il vécut en donnant àe& leçons d'alle- 
mand. Ses Aventures de Jacques Sadeur fail- 
lirent l'en faire expulser, à cause des passages 
impies et licencieux qn^elles contenaient. On l'y 
toléra cependant encore plusieurs années; mais 
il finit par s'enfuir, « en laissant à sa servante, 
dit l'abbé Chaudon , des marques scandaleuses 
de leur commerce », H se retira en Savoie, et 
s'enferma dans un couvent, où il mourut. On a 
de loi : r Usage du jeu royal de la Langue 
Latine, avec la facilité et V élégance des lan- 
gues latine et française; Lyon, 1676, in-8»; 
— La Terre australe connue , c*est'à-dire la 
descr^tion de ce pays inconnu jusque ici , de 
ses mœurs et de ses coutumes , par M. Sa- 
deur, avec les aventurés qui le conduisirent 
sur ce continent, et les particularités du sé- 
jour qu*il y fit durant trente-cinq ans et 
plus; Vannes (Genève), 1676, in-12. Ce ro- 
man, plus scandaleux qu'intéressant, fut plu- 
sieurs fois réimprimé à la fm du dix-septième 
siècle ; il est aujourd'hui justement oublié. 

Bayle. Dictionn. hùt et cHt., à l'article Sadecr. — 
Barbier, Dictionn. des Anonymes ; Examen critique des 
Dietiùnn. hiitoriques. 

POINARD (Frédéric^Maurice), théologien 
français , né à Couches ( Normandie ) , vers 
)683 , mort le 19 mars 1743. Il était savant dans 



la théologie et la phihMopbie, et poMédait ptr- 
faitement, ontre plusieurs langues modernes, 
le latin, le grec et l*hébreu. H devint euré à Ca<^ 
lais, et mourut aous-prindpal du collège du 
Plessis à Paris. H fat enterré en l'église Sain^ 
Jaeques-^Q-flaot-Pils. Voici ses principaux <Mh 
tniges ; Projet éFun nouveau Srétfiaére, avec 
des observations àur les bréviaires anciens 
et nouveaux; Paris, 1720, fai-12i; -^Analgêc 
du Bréviaire ecclésiastique, dans laquelle an 
donne une idée précise et juste de cet ouvrage; 
Paris , 1726 , fe-12 ; — Breviarktm ecclesioâ- 
tieum, editi jamprospecttss executionem exM- 
bens, in gratiam ecclesiarum in qtUbuênôva 
faciendaerit breviariorum editio; Embrie»^ 
sumptibus Arnoldi Nicolas (sdHcet Ârnonl du 
Bois et Pha.-Nioolas Lot^ , le pranîer kupri- 
meor à Amsterdam, le second à Paris); 1770, 
2 vd. in^*" ; — La Genèse en latin et enftan^ 
çois , avec une explication du sens Uttérai 
et du sens spirituel, tirée de VÉerUure et 
de la tradition ; Paris , 1732, in-4° (trèe^fiwX 
et 2 vol. in-li « Cet onvre^e, dit Moréri, it 
du brurt et fut supprima, pmé que l'anlewr, 
après l'approbation donnée, avait inséré âm$ 
son Explication blendes idées hasaràée» et 
singulières, principalement par rapport an sens 
spirituel. Vsittoé Foinard futoMIgé de seeaeher 
pendant ^elqoe temps , et ce contre^tempe a 
empêché qu'il n'ait donné les antres livne delà 
Bible, sur lesquels il avait travaillé dans le même 
goût y>; — La Clef des Pseaumes , ou Vocca^ 
sion précise à laquelle ils ont été composée, 
avec les preuves sur lesquelles on ê*appuie, 
les objections que l'on peut faire, et les ré- 
ponses à ces objections; Parie, 1740^ in- 12. 
Cette brochure n'était que l'annonee de l'ouvrage 
suivant : Les Pseaumes,dans Vordre historique, 
nouvellement traduits de VhébfêU, et insé- 
rés dans l'histoire de David et dans les au* 
très histoires de V Écriture Sainte, auxquels 
ils ont rapport, avec des Arguments et des 
Sommaires qiU en marquent Voceasiùn pré- 
cise et le sujet, et des prières à la fin de 
chaque pseaume tirées d^andens manuscrits 
du Vatican , lesquels en renferment l'abrégé 
et en font recueillir le fruit; on y a joint 
une table historique et géographique où Pon 
explique le nom des lieux et des personnes 
dont il est parlé dans les Pseaumes et plu- 
sieurs autres tables quH peuvent rendre Vu* 
sage de ce livre plus commode et plus tttUe; 
Paris, 1742, in-12. 

Uotért, Grand tHHÎonnairé Mstoni^iè. — Rfobird et 
Giraad, Bibliothèque sacrée. — Quérard, la France 
littéraire. 

FOIX, en latin Fuxum (Comtes ns }, an- 
cienne famille française, qui remonte au onzième 
siècle (1). Parmi les principaux membres, on 
remarque : 

Roger, mort en 1064 , hérita en 1050 de son 

(1) La plus ancienne tnonnaie que l'on conMisae de ki 

2. 



89 



FOIX 



40 



oncle Pierre-Roger, comte de Carcassoime , la 
partie du Carcassez qui lui manquait (pays de 
Foix ) , et prit dès lors le titre de comte de Foix, 
Le premier il fixa sa résidence dans le château 
de Foix , autour duquel s'étendait la ville, son- 
mise à la puissance de Tabbaye de Saint- Volu- 
sien. Le trône des califes d'Espagne commençait 
alors à chanceler; Rog^r profita de leurs revers 
pour consolider son pouvoir au pied de l'immense 
boulevard qui le protégeait contre eux, et où il 
se tenait comme la sentinelle avancée de l'Eu- 
rope chrétienne. Il mourut en 1064 , sans laisser 
d'enfants de sa femme Amyca. 

Son frère Pierre lui succéda» et mourut en 
1070. 

Roger II ^ fils atné de Pierre et de Ledgarde, 
posséda le comté de 1070 à 1125. Après de longs 
démêlés avec Ermengarde, sa cousine , épouse 
de Raimond-Bemard, vicomte d'Albi et de Nt- 
mes, à laquelle il disputait le comté de Carcas- 
sonne, comme fief masculin, il renonça à ses pré- 
tentions en 1095, quand la voix de Pierre l'Er- 
mite invita les chrétiens à tourner leurs armes 
contre les infidèles, et se hâta de rejoindre 
parmi les princes qui marchaient à la tête de la 
croisade. Un puissant motif stimidait sa piété : 
le légat puis le pape Pascal IX l'avaient frappé 
d'excommunication, comme coupable d'avoir 
usurpé des; biens ecclésiastiques. U ne restitua 
une partie de sa proie qu'en 1108, et partit pour 
la guerre sainte sans avoir reçu l'absolution. A 
son retour, il fonda la ville de Pamiers , dont le 
nom était un souvenir de l'Ori^t , puisqu'il rap- 
pelait celui d'Apamé, capitale de la seconde 
Syrie. Roger mourut en 1125, après s'être, par 
de riches donations , réconcilié avec rÉgUse. Il 
laissa trois fils. 

' Roger III ^ fils atné du précédent, mort en 
1141. Il porta le titre de comte de Foix, et fit 
revivre les prétentions de sa maison sur la sei- 
meurie de Carcassonne. H posséda d'ailleurs 
rhéritage paternel par indivis avec ses frères. 

Roger-Bernard P^ , fils du précédent et de 
Ximène de Barcelone, succéda à son père, et 
mourut en 1188. En 1151 il reconnut la suzerai- 
neté du comte de Barcelone , quoique ses États 
fussent originairement dans la mouvance des 
comtes de Toulouse. En 1167, Raymond Y de 
Toulouse disposa en sa faveur de la ville de Car- 
cassonne, du Carcassez, du Rasez, et de tous 
les biens de son vassal Roger, fils de Raymond- 
Trencavel, qu'il voulait punir de l'hommage qu'il 
avait rendu au roi d'Aragon. Recevant de toutes 
les mains, Roger-Bernard se laissa, en 1185, 

▼Ute de Fotx remonte à Tépoqae méroTiogtenne : c'est 
an triens sur lequel on lit d'un côté , antour d'une croix, 
HANEPKRTO , et de l'autre . autour d'une tâle tournée à 
droite, CASTRO fvsxi. Il faut ensuite descendre Jusqu'au 
douzième siècle pour trouver une pièce frappée à Foix : 
c'est un denier de Roger III, fabriqué à limitation de 
ceux de Toulouse. On y voit, d'iAi côté, un astre avec la 
légende r. comes . et de l'autre une croix pommetée 
à cliaqiie extrémité de trois besants, et dépassant le 
cbamp. Autour, on lit le nom de 1« ville : wxu.' 



investir par Alphonse n, roi d'Aragon, du gou- 
vernement du marquisat de Provence. Enfin , 
dès Tannée 1168, il avait été appelé en paréage 
pour le haut domaine de la ville de Foix , par 
l'abbé de Saint-Yolusien. 

Rafmmd'Roger , fils unique du précédent et 
de Cécile de Carcassonne, leur succéda, et mou- 
rut en mars on avril 1223. Entreprenant et brave 
comme ses aïeux, il passa pour l'un des plus 
habiles capitaines de son siècle. U alla, en 1 190, 
foire ses premières armes en Terre Sainte , à la 
suite de Philippe-Auguste.. De retour en France, 
Il guerroya sans succès contre les comtes de 
Comminges et d'Urgel; pnis il se lia d'amitié 
avec Raymond YI, comte de Toulouse, son suze- 
rain , et cette union intime lui fit jouer un des 
principaux r61es dans les sanglantes poursuites 
exercées sur les albigeois. En 1209, sur les accu- 
sations d'hérésie et d'Impiété formulées par l'abbé 
de Saint-Antonin de Pamiers contre le comte de 
Foix , dont la mère et la sœur pratiquaient ouver- 
tement les nouvelles doctrines, Simon deMontfort 
entra sur son territoire. Dans la première ter- 
reur qu'inspirait alors le massacre de Béziers , le 
comte Raymond-Roger n'osa pas tenir la cam- 
pagne ,'et se retira dans la paictie la plus inac- 
cessible de ses États, tandis que le clergé ca- 
tholique de ses principales i^illes s^empressait 
autour du chef des croisés. Celui-ci fut reçu 
sans combat dans Pamiers et dans Albi. Le 
château de Mirepoix lui fut aussi livré, et Mont- 
fort en investît Gui de Lévis , son maréchal, à 
la postérité duquel ce fief est demeuré, avec le 
titre de comté. Raymond-Roger demanda enfin 
à traiter ; ses propositions forent d'abord agréées , 
mais Montfort, voyant arriver de nouveaux croi- 
sés, jeta bientôt le masque. Pendant qu'il re- 
commençait les hostilités contre le comte de Tou- 
louse, il déclara toute négociation rompue avec 
le comte de Foix, en l'accusant d'avoir assas- 
siné l'abbé d'Eaulnes , qui avait été le négocia- 
teur du traité entre eux. C'était Simon lui-même 
qui avait commis ce crime. 

En 1211, Raymond Yl renouvela son alliance 
avec le comte de Foix, qui, ainsi que son fils , 
lui fut un utile auxiliaire , surtout pendant les 
sièges de Lavaur et de Toulouse. Pour faire ou- 
blier son échec devant cette dernière ville, Simon 
de Montfort porta encore ses ravages dans le 
pays de Foix, qu'il mit à feu et à sang. Pendant 
ce temps , le comte Raymond-Roger parut avec 
Raymond YI devant Castelnaudary , et y battit 
et dispersa à deux reprises les chevaliers croi- 
sés (1212). Montfort se vengea, comme l'année 
précédente, en recommençant à désoler les terres 
de ce redoutable ennemi. En 1214, Raymond- 
Roger assista avec son fils aîné, Roger-Remard, 
au jugement que le consul des seigneurs langue- 
dociens prononça contre Baudouin, frère de 
Raymond YI, comte de Toulouse. Baudouin, 
arrêté en flagrant délit de trahison par le sire 
d'blme et convaincu de liaison avec les croisés i 



41 



FOIX 



43 



fut condamné à mort, et les deux comtes de Foix 
le pendirent immédiatement à un noyer. La 
même année, cependant, Baymond-Roger se 
réconcilia avec l'Église, de même que ses alliés, 
les comtes de Toulouse, de Comminges et dé 
Roussillon, en faisant sa soumission au légat 
Pierre de Bénévent , auquel il remit son château 
de Foix , comme caution de sa sincérité. Ensuite 
il se rendit au concile de Latran, pour demander 
la restitution de ses domaines usurpés par le chef 
de la croisade. On ne les lui rendit qu'à titre 
provisoire, et dès Tannée 1217 Montfort, qui 
se refusait aux restitutions ordonnées par le con- 
cile, déclara de nouveau la guerre à Raymond- 
Roger. Le chftteau de Montgrenier, défendu par 
le iils de ce dernier, fut emporté après six se- 
maines de résistance. Toutefois , pendant le siège 
de Toulouse et à la journée de Baâége, Raymond- 
Roger prit d'éclatantes revanches contre les 
croisés. En 1223 il fit en, hiver le siège de Mire- 
poix, dont il parvint à se rendre mattre; mais 
les fatigues qu'il avait endurées pendant cette 
expédition le menèrent au tombeau. Son nom 
se rencontre parmi ceux des poètes provençaux, 
dont il fut le protecteur et l'émule. 

Roger-Bernard II, dit le Grand, fils du 
précédent, mourut en 1241. Lorsqu'il succéda 
à son père, il s'était depuis longtemps signalé 
contre les croisés. Dès le printemps de 1223, il 
s'allia avec le successeur de Raymond YI , pour 
chasser Amaury de Montfort qui , enfermé dans 
Caroassonne, dut traiter, le 14 janvier 1224, 
avec ces deux seigneurs. Le jeune Trencavel , 
-vicomte de Béliers et de Caicassonne, placé 
sous la tutelle du comte de Foix, reprit alors 
possession de son patrimoine. En 1226, quand 
Raymond Yll vit s'avancer contre lui la formi- 
dable armée de Louis vni, roi de France, le 
comte de Foix, auquel il avait concédé de nou- 
veaux fiefs, était son unique allié ; ettous deux 
furent excommuniés au concile de Narbonne. Le 
comte de Toulouse, ayant acheté son pardon de 
l'Église et du roi par les |dns honteuses con- 
cessions (1229) , prit en outre l'engagement de 
tourner ses armes contre Roger-Bernard , et saisit 
sur lui, en qualité de suzerain, les terres de 
Foix, en deçà du Pas de la Barre. Mais, tout en 
lui faisant la guerre, il travailla et réussit à hii 
faire obtenir la paix à des conditions pareilles à 
celles que lui-même avait souscrites {16 juin). 
Roger-Bernard fut excommunié de nouveau en 
1237, pour avoir refusé de répondre à une assi- 
gnation des inquisiteurs , et n'obtint son abso- 
lution qu'en 1240, après avoir comparu devant 
leur tribunal. Il mourut l'année suivante, dans 
l'abbaye de Bolbone , où il avait pris l'habit mo- 
nastique. 

Roger /F, fils et successeur du précédent, 
mourut le 25 février 1265. Il fit hommage à Ray- 
mond vn pour la partie de ses domaines située 
en deçà du Pas de la Barre, et au roi de France 
pour les terres du Carcassez. Arrivé au pouvoir 



dans un moment où une vaste ligue se formait 
contre le roi dans les pays de la Langue d'Oc, 
il fut un des premiers à promettre son assis- 
tance au comte de Toulouse. Mais le combat 
de Tailleboorg frappa cette ligue d'un coup 
mortel; Boger, effrayé, ne tarda pas à faire sa 
paix avec Louis IX , et déclara qu'il voulait dé- 
pendre désormais du roi de France. Raymond 
protesta contre le traité qui fut conclu sur cette 
base, non-seulement comme suzerain, mais 
comme propriétaire d'une partie du pays de Foix, 
et somma, en 1245, son infidèle allié de lui res- 
tituer ses domaines. Mais l'al&ire en demeura 
là, parce que la force n'appuyait pas cette ré- 
clamation. Eu 1251 Roger guerroya , sans succès, 
contra le roi d'Aragon, et en 1256 contre son 
beau-frère le comte dlJrgel. 

Roger-Bernard III, fils et successeur du 
précédent , mourut le 3 mars 1302. H figura 
parmi les mâlleurs poètes du treizième siècle, 
et fut plus favorisé des muses que de la fortune ; 
de c<mcert avec Géraud V , comte d'Armagnac, 
son beau-frère, il brava à plusieurs reprises Phi- 
lippe le Hardi, qui marcha contre hn. Le roi d'A- 
ragon et le vicomte de Béam, beaurpère de 
Roger-Bernard, vinrent à la rencontre du roi 
de France, et dans une conférence ma convint 
que le comte viendrait se remettre à la discrétion 
du monarque. Dès qu'il parut, <m se saisit de 
sa personne, et il fut conduit à la tour de Carcas- 
sonne, pieds et poings liés. Il ne recouvra qu'en 
1273 sa liberté et ses États. En 1280 il entra dans 
la ligue des seigneurs catalans contre Pierre m 
d'Aragon^ qui le fit prisonnier. Dix ans après 
il commença la guerre avec la maison d'Arma- 
gnac , au sujet de la vicomte de Béam , que 
Gaston YII, scâgneur de ce pays, lui avait lé- 
guée ; il mourut mattre de la province en litige. 

Gaston P', fils du précédent et de Marguerite 
de Béam, mourat le 13 décembre 1315.^ En suc- 
cédant à son père, il hérita de sa querelle contre 
les Armagnac. Pour rétablir la paix entre les 
deux adversaires, il fallut successivement un 
arrêt de Philippe le Bel (23 janvier 1304), une 
sentence d'excommunication prononcée par le 
pape Clément Y contre Gaston (1308), et un arrêt 
du parlement de Paris, ass^nblé à Gachan (26 
avril 1309), à la suite duquel ce comte fut em- 
prisonné au Chfttelet. Élargi au prix de quelques 
soumissions, il suivit, en 1315, Louis X à la 
guerre de Flandre, et mourat au retour de cette 
expédition. Il avait épousé Jeanne d'Artois. 

Gaston II, fils aîné du précédent , auquel il 
succéda, mourut en septembre 1343. Ce fut 
sous son règne que se terminèr^t les différends 
des maisons de Foix et d'Armagnac (19 octobre 
1329). Gaston répondit ensuite à Fappel des Na- 
varrais, en lutte avec les Castillans, et il leur as- 
sura la victoire à la journée de Tudela ( 1335). 
Deux ans après, il rendit à la France , dans la 
guerre contre les Anglais, d'éminents services, 
que le roi récompensa par le don de la ntoitié 



43 



FOIX 



44 



de la Ticomté de Lantiee (27 oetofare 1337); 
enliD, en 1343, il alla secourir Alphonse XI, roi 
de CastiUe , qui assiégeait les Maures dans Al- 
géairas. Ia matt le frappa à 8é?ille, ao milieu 
de ses glorieux exploits. 

Goêton III, surnommé Phétw (à cause de 
sa beanté), fils du précédent, né en 1331, mort 
en août 1391. Il succéda à son père, sous la tu- 
telle d'Éléonore de Comminges, sa mère. Il fit ses 
premières armes contre les Anglais pendant l'in^ 
▼asion de 1345, et le roi sembla dès lors atta- 
cher un grand prix à son amitié ; car, après avoir 
congédié ses gens d'armes, il nomma Gaston 
et Bertrand de rUe-Joardam ses lieutenants spé- 
ciaux et généraux en Gascogne, Agenais, Bor- 
delais, et autres parties de la Langue d'Oc 
(lettres du 31 décembre 1347). £n 1349, il 
épousa Agnès, fille de Philippe m, roi de Na- 
varre, qu'il abandonna dans la suite. Soupçonné 
de conspirer contre la France avec Charles le 
Mauvais, son beau-l)rère, il fat, en 1356, en- 
fermé au Chàtelct de Paris. Rendu à la liberté 
un mois après, il alla courir les aventures avec 
le captai de Buch à la croisade de Tordre Teu- 
tonique, centre les Prussiens. De retour à Chft- 
lons en 1351, il délivra les princesses de la fa* 
mille royale, assiégées dans le marché deMeau% 
par les Jacques; et il tai forcé de partir en 
toute hftte combattre le comte d'Armagnac, avec 
lequel les étemelles dissensions des deux famil- 
les étaient ravivées au sujet du comté de Bigorre. 
La journée de Launac ( 5 décembre 1372 ) dé- 
cida entre les deux compétiteurs. Gastoirrem- 
porta une victoire complète, et fit prisonnier son 
rival, qui dut lui payer une hidemnite d'un mil- 
lion de livres. 

En 1 374, après s'être assez longtemps ménagé 
une prudente neutralité entre les Anglais^et les 
Français , Gaston se décida à donner un gage 
de dévouement au sénéchal, duc d'Anjou; et 
ce gage Ait un acte de perfide cruauté exercé 
sur Arnaud de Berne, son parent^ gouverneur du 
château de Lourdes pour les Anglais Charles V 
craignit cependant que l'antique haine des mai- 
sons de Poix et d'Armagnac ne finit par jeter 
la première dans le parti de l'Angleterre; il mit 
donc tous ses soins à les réconcilier, et il les 
engagea, en 1376, à prendre le duc d'Anjou pour 
arbitre. Le 12 novembre une trêve fut signée 
entre les deux oomtes, le 25 janvier Gaston 
s'engagea à servir le roi contre les Anglais 
moyennant une somme de 100,000 francs, et le 
3 février suivant la paix entre hii et Jean d'Ar- 
magnac fut publiée. Le fils du comte de Foix 
épousa la fille de Jean, Béatrix, dite la gaie 
Armagnanaise. Pour achever de pacifier les ea- 
prits, le roi nomma, en 1380, Gaston son lieute- 
nant général dans le Languedoc, malgré les te- 
rooignages manifestes du mécontente.ment des 
princes du sang, accoutumés à exploiter à leur 
profit ce riche gouvernement. Mais Charles V 
étant mort le 1 6 septembre de la même année, un 



des premiers actes de la régence du duc d'An- 
jou fut de remplacer Gaston par Jean, duc de 
Berry. En apprenant cet affront, l'impétueux 
Gaston prit sur ce qu'il avait à fkire l'avis des 
notables convoqués à Toulouse : la msgorité en- 
couragea le comte à résister, et mit à sa dispo- 
sition des troupes et de l'argent. Gaston Phébus 
marcha alors à la rencontre du duc Jean de 
Berry, et, l'ayant joint dans les plaines deRevel 
: ( 15ou 16 juillet 1361 ), le battit complètement. 
Un accord ménagé par le cardinal d'Amiens ter- 
mina ces malheureuses hostllites, et Gaston con- 
sentit à se retirer dans ses montagnes. Il ne 
songea pins qu'à se reposer dans sa oour, dont 
les splendeurs ont éte si bien décrites par Frois- 
sart. Ses instants s'écoulaient entre la chasse 
et la poésie, lorsqu'en 1382, égaré par les 
fausses dénonciations d'Yvain, un de ses bà- 
toids, le comte de Foix fit arrêter son fils 
unique, Gaston, comme coupable d'avoir voulu 
l'empoisonner, à l'instigation de Charles le Mau- 
vais, roi de Navarre. Le jeune prince , cruelle- 
ment maltraite par son père, se laissa mourir de 
faim dans sa prison. Plus tord son innocence 
fut reconnue. 

En 1390, Gaston reçut dans son château de 
Mazères Charles YI avec sa cour. Après plusieurs 
conférences secrètes, le comte et le roi signè- 
rent un acte (5 janvier 1390) dont les articles 
ne devaient être mis au jour qu'après la mort 
de Gaston. Le roi s'engagea à lui donner la 
jouissance viagère du comté de Bigorre et à 
lui payer la somme décent mille francs d'or ; à 
ces conditions, le comte fit donation à Charles, 
après sa mort, dn comte de Foix, des vicomtes 
de Béam, Marsan, Gavardan et Lautrec, et de 
tous ses autres domaines. Un an ne s'était pas 
écoulé d^uis ce traite, que Gaston mourut d'a- 
poplexie, dans l'hêpital de Riom ( près d'Or- 
thez ), au retour d'une chasse. 

Cet exercice était la passion ^favorite de Gas- 
ton ; ses équipages de chasse surpassaient en 
magnificence ceux des princes les plus riches; ses 
écuries ne nourrissaient pas moins de deux jents 
chevaux , la plupart destinés à cet usage et il 
avait de douze à seize cents chiens. Froissart 
lui amena d'Angleterre quatre lévriers, dont il 
nous a conservé les noms. Les oiseaux de fau- 
connerie étaient aussi élevés avec grand 8oin 
au château d'Orthez. Enfin, Gaston nous a laissé 
im monument intéressant de son profond savoir 
en vénerie : c'est un traite complet et méthodi- 
que , dans lequel le comte expose les préceptes 
de cet art. Cet ouvrage est connu sous le titre de : 
Miroir de Phébus , des déduicts de la chasse 
des bestes sauvaiges et des oyseaux de proie. 
On y lit <t qu'elle (la chasse ) sert à fuir les péchés 
mortels. Or, qui fuit les sept iiéchés mortels , 
selon notre foy , il doit estre saulve. Doncques 
bon veneur aura en ce monde joye, léesse et dé- 
duit, et après aura paradis encore. » La Biblio- 
thèque impériale de Paris en conserve un roanus- 



45 



fOIX 



46 



crit précieux, orné deminiatares, et une dîxaîiie 
d'autres qui n'offrent rien de remarquable , sauf 
un d'un format plus petit que celui du premier 
et des dessins d'une grande fîratcheiir de coloris. 
Cet oQTTage a été plusieurs fois imprimé. Son 
style emphatique et embrouillé a donné naissance 
au proTcrbe /aire du Phébus, 

Matthieu, comte de Castelbon et de Foix, 
mort en 1398. Tous les domaines des comtes 
de Foix devaient alors retourner au roi de 
France Charles VI, en vertu de la donation que 
Gaston Phébus lui en ayait faite (1390); mais 
ce monarque, on plutôt le duc Jean de Berry, 
qui gouyemait le royaume, les céda, par lettres 
datées de Tours, le 20 décembre 1391, moyen- 
nant une somme, à Matthieu, fils de Bernard II, 
vicomte de Castelbon et arrière-petit-fils de Ro- 
ger r', comte de Foii. Matthieu mourut sans 



Isabelle , sœur du précédent , femme dMr- 
c?umibault de Grailly^ captai de Bnch et séné- 
chal de Guienne pour Richard n, se porta comme 
héritière des biens de sa maison. Mais le maré- 
chal de Sancerre eut ordre de s'opposer à ce 
que cette belle succession passât dans une mai- 
son qui s'était toujours montrée hostile à la 
France. Il saisit donc la plus grande partie des 
domaines de Foix. Toutefois, le 10 mars 1401, 
Arehambauit ayant fait ses soumissions, le par- 
lement de Paiis lui accorda mainlevée ainsi qu'à 
la femme, et l'admit à faire hommage au roi, 
comme comte de Foix, après qu'il eut déclaré 
s'attacher à la fortune de la France. Archarohault 
mourut en 1412. 

Jean de Grailly, fils aîné des préoédents, mort 
le 4 mai i436. A peine en possession du comté, il 
fut nommé capitaine général du roi en Languedoc 
et 60 Guienne, et reçut ordre de faire la guerre 
au comte d'Armagnac, mission qu'il remplit avec 
plus d'empressement que de succès. En 1415, 
Ârmaignac, rival du duc de Bourgogne, se hâtant 
de retourner à Paris pour y rendre à son parti 
sa première vigueur, fit la paix avec Jean, au 
château de Mazères, le 6 décembre. En janvier 
1419, Charles Yl et le dauphin (depuis Char- 
les YII) nommèrent encore, chacun de. son côté, 
le comte de Foix, gouverneur général aux pays 
de Languedoc, d'Auvergne et de Guienne. La 
conduite équivoque qu'il tint entre le parti du 
duc de Bourgogne et celui du dauphin engagea 
bientôt ce^ dernier à lui enlever ces fonctions 
(1420). Le comte s'y maintint néanmoins, par un 
traité signé, le 3 mars 1422, avec les rois de 
France et d'Angleterre. Le dauphin étant monté 
sur le trône, Jean se réconcilia avec lui, en re* 
çot le commandement de l'armée et le comté 
de Bigprre ( lettres patentes datées de Mehun- 
en-Berry, 18 novenA>re 1425). Cependant ses 
fréquentes usurpations d'autorité troublèrent plus 
d'une fois cette bonne intelligence (1). 

(1) On lit dans les jinnales de Saint-Denis : Jean de 
GraUly, comte de Foit et de Bigorre, fit battre 6 Pa- 



Gaston IV, fils et snocesMor du précédent, 
mourut en juillet 1472. H ftit le premier des 
princes de Foix qui renonça, sur la demande du 
roi, à la qualification de eonUe par la grâce de 
Dieu. Le 26 décembre 1447, il acheta de Pierre 
de Tinnières le vicomte de Narbonne. Il rendit 
d'éminents services à Charles YII dans les guer-^ 
tes de Guienne. Son beau-père, Jean H, roi d'A- 
ragon et de Navarre, le déclara, en 1455, 
son successeur an trône de ce dernier royaume, 
après avoir déshérité l'mfortuné don Carlos 
( voy ce nom ), prince de Yiane , son fils aîné. 
En 1458, Charles YH conféra à Gaston lY la 
dignité de pair, et hii donna pour son fils aine 
Gaston, eomte de Castelbon, la main de Made- 
leine de France ( 7 mars 1461 ). Louis XI ajouta 
encore à ces faveurs. GastcHi était cependant 
un des ministres de Charles YII dont le nou« 
' veau roi avait le plus prouvé l'inimitié ; mais 
il faisait le plus grand cas de son habileté. 
Or, ce prince appelait habileté ce que le com- 
mun des hommes qualifie ordinairement du 
nom de crime. C'était en effet par une suite 
de forfaits que le comte espérait assurer à sa 
femme la couronne de Navarre. Pour les accom- 
plir, il avait besoin de l'appui de Louis. Le 
. voyage de ce prince dans les provinces du midi 
servit h resserrer leur alliance. Gaston fut l'in- 
termédiaire du traité d'alliance conclu, en 1462, 
entre son beau-père et le roi de France, et fut 
chargé de délivrer la reine d'Aragon, assiégée 
dans Girone. A peine était-il revenu de cette ex- 
pédition , que Louis , pour conserver l'affection 
du comte , lui donna, le 24 mai 1463, la sei- 
gneurie de Carcassonne. Louis XI nomma le 
comte de Foix capitaine général de ses troupes, 
qu'il envoya au secours du roi de Navarre. Gas- 
ton s'empara du Roussillon : le roi lui donna 
l'investiture de ce comté avec celui de Cerdagne. 
Gaston de Foix fut présent aux états de Tours 
en 1465. 

Malgré ces faveurs, Gastcm abandonna, en 
1471, le parti de Louis XI. Le duc de Bretagne, 
qui venait d'épouser une des filles du comte, le 
fit entrer dans la ligue formée par lui et Charles, 
duc de Guienne, contre le trône de France. Quand 
la mort du frère du roi (21 mai 1472) eut dé- 
sorganisé ce parti, Gaston passa en Navarre pour 
s'y mettre à la tôte des ennemis de son beau-père ; 
mais il mourut deux mois après. Gaston de Foix 
avait éponsé, en 1434, Éléonore de Navarre, qui 
lui apporta en dot la Navarre. Cette union fit 
monter les comtes de Foix sur un trône royal 
et la maison de Foix-^railly se confondit, à 
partir de cette époque, dans celle de Navarre. 

Son fils atné, Gaston , comte de Castelbon et 
prince de Yiane, ayait péri, deux ans avant 
lui , d'une blessure reçue dans un tournoi ; 

mlers, vers 1436, une moneaie appelée guilhem». Mais 
Je roi fut mécontent de cette entreprise, et ne la par- 
donna aa comte de Foix qa'en considéraUon de ses 
services. 



47 



FOIX 



48 



et le pnnce François-Phébus, fils de Made- 
leine, «œm* de Louis XI, était mineur. Made- 
leine fit hommage au roi , le 26 février 1473, 
comme régente, des oomtés de Foix et de Bi- 
gorre , au nom de son fils. D*un autre cAté, le 
KM ayait écrasé le pouvoir des d'Ârmagnac, 
que le mariage de Jean Y avec une fille de Gas- 
ton avait rapprochés de la maison de Foix. 
Ainsi se trouvèrent ou détruites ou soumises 
les puissantes familles qui jusque alors avaient 
mamtenu leur indépendance au pied des Pyré- 
nées. 

Éléonore, veuve de Gaston, mourut en 1479, 
Tannée même de son avènement à ce trône de 
Navarre qu'elle et son mari avaient acheté par 
tant de crimes (voyez Éléonore et Jean II). 
EOe avait choisi pour son successeur son petit- 
fils, François-Phébus , alors âgé de dix ans , 
qui fut couronné à Pampelune, en <1481, et mou- 
rut à Pau, le 30 janvier 1483. 

Jnnales de SaM-DmU.^ Gattia christiana nova, — 
Nangls. CAron. — Frotssart, Chrtm.; Répertoire et in- 
ventaire du trésor et des secreU de Gaston de Foix, 
7 décembre lUS. - Msa. Doat, vol. 184, pièce S; vol. US, 
!• IJO. — Mas. Dapay, n» 88». — Brëqaigny, n» 88. — 
Begiitre du trésor des chartes, 1. 1., 179, f« 88. — Da- 
niel, Histoire de France, avec les Otuervationt du P. 
Griffet , 17W, ln-4o, tome VII, pase 870. — Georges Cluu- 
teUiDfdans la Bibliothèque de F Ecole des Chartes , t. IV, 
page 75. — Barante , Dues de Bourgogne; à la Uble. — 
Oa Cbesne, Beeherehes des jéntiquités des villes de 
France. — La Perrière, jénnaUs de Poix. — Oltaagaray. 
BUt. de Foix. — De Tbou, Historia, t. XXXIX. - Le Bas, 
Bict. de la France. " Sisraondi, Histoire des Français, 
t. VI, 899-818 ; VIII, 881-808 ; IX. 8t-986 ; X ; 886-699 ; XII, 
880-604; Xlll, 16-556 ; XIV, 19-618. 

FOIX (Catherine de), reine de Navarre, née 
en 1470, morte en 1517. Elle était fille de Gas- 
ton de Foix, prince de Viane, et de Madeleine 
de France. En 1484, elle épousa Jean d*AIbret, 
fils du comte Alain, qui à Fâge de cinquante ans 
avait eu la prétention d'épouser la princesse 
Anne de Breti^e, laquelle entrait à peine alors 
dans sa quinzième année. 

La couronne de Navarre, que Catherine de 
•Foix avait apportée en dot à Jean d'Albret, était 
passée de la maison de Bigorre, qui l'avait pos- 
sédée pendant quatre cents ans, à la maison de 
Champagne, par le mariage de Thibaut V avec 
Blanche de Navarre, héritière de son frère 
Sanche le Fort. Jeanne de Navarre, fille unique 
de Henri j( petit-fils de Thibaut, apporta cette 
couronne à la maison royale de France en épou- 
sant Phili[H[>e le fiel. Louis le Hutin, leur fils, 
eut pour fille Jeanne n, mariée au comte d'É- 
vreux,et qui la fit porter dans cette maison. 
Blanche, héritière du dernier comte d'Évreux, 
la porta à son tour à Jean, roi d'Aragon, qui fut 
père d'Éléonore, auieule de Catherine de Foix 
et sœur de Ferdinand le Catholique. De là 
vinrent les prétentions de ce prince à la pos- 
session du royaume de Navarre, dont il s'em- 
para par ruse, en 1512. Ferdinand s'était d'a- 
bord borné à demander le passage pour les 
troupes avec lesquelles il voulait envahir la 
Provence. Catherine ^ femme d'un caractère 



éneigique, voulait que son mari résistât à cette 
demande; mais Jean, qui n'aimait que le repos et 
les plaisirs, céda, malgré les remontrances et 
les prières de la reine. Ce qu'elle prévoyait ar- 
riva. Ferdinand, aussitôt entré en Navarre, mit 
une garnison dans Pampelune et dans les pla- 
ces fortes, et y exerça tous les actes de la sou- 
veraineté. Les Français vinrent au secours du 
roi de Navarre; mais ils ne purent reconquérir 
Pampelune, sa capitale, et l'hiver les força de 
repasser les Pyrénées. Catherine, désolée d'avoir 
p^u un royaume qui lui s^partenait en propre 
et qu'elle aurait eu le courage de disputer vigou- 
reusement au roi d'Aragon, s'écria plus d'une 
fois d'un ton de douloureux reproche : « Don 
« Juan, mon ami, si nous fussions nés, vous Ca- 
« theriine, et moi don Juan, nous serions encore 
« rois de Navarre ». Et probaUement il en eût 
été ainsi. Catherine ne put se consoler de cette 
perte; elle mouriit de chagrin cinq ans après, à 
Mont-de-Marsan. Elle était mère de Henri d'Al- 
bret, qui dans la suite recouvra une partie de ses 
États, et fut l'iueul de Henri IV. Camille Lebrun. 

Histoire chronologique ûa. président Hénaùlt. — Mo- 
< réri. Grand Diet. hUtarique, -> Anquéttt, Histoire de 
j France. 

FOIX ( Germaine de ) , reine d'Aragon et de 
Naples, née vers 1488, morte le 18 octobre lô38. 
Elle était fille de Jean de Foix, comte d'Estampes 
et vicomte de Narbonne, et de Marie d'Orléans, 
sœur de Louis XU. Ce monarque avait beau- 
coup d'affection pour sa nièce, qui était d'ailleurs 
cousine de la reine Anne ; Marguerite de Foix, 
sœur du vicomte de Narbonne, ayant épousé le 
duc de Bretagne, François U, père d'Anne. En 
1 505, le vieux roi Ferdinand le Catholique (voy.), 
veuf d'Isabelle de Castilie, ayant eu de graves dif- 
férends avec son gendre Philippe d'Autriche , re- 
chercha l'alliance de Louis XH. L'espoir d'avoir 
d'un second mariage avec une jeune princesse 
des enfants auxquels il laisserait son royaume 
d'Aragon, au préjudice de sa fille, Jeanne la 
Folle et des héritiers de celle-ci, détermina 
Ferdinand à envoyer des ambassadeurs au roi 
de France pour négocier son mariage avec 
Germaine. H ne demandait poiAr la dot de cette 
princesse que l'abandon en sa faveur des droits 
ou prétentions de Louis XH à la couronne de Na- 
ples. Le roi d'Aragon s'engageait d'ailleurs à as- 
surer la succession de cette couronne aux en- 
fants qui naîtraient de son union avec Germaine, 
et, à défaut d^enfants, à la jeune reine elle-même, 
avec reversion à la couronne de France. Cette 
proposition parut avantageuse à Louis ; sa nièce 
en Ait enchantée. La grande disproportion d'âge 
qui existait entre elle et Ferdinand, non plus 
que son caractère sombre et dissimulé , ne la 
rendirent pas un instant indécise. Le traité d'al- 
liance entre les deux maisons de France et d'A- 
ragon fut donc signé, à Blois, en 1505. Mais le 
pape se fit longtemps prier avant d'accorder les 
dispenses nécessaires à l'accomplissement du 



49 FODL 

mariage de Ferdinand et de Germame. Le roi 
d* Aragon se trooTait étire le grand-oocle de sa 
future épouse (1): cette circonstance retarda 
les noces }n8qn*aa mois de mars de l'année 
suivante ; elles eurent lieu sans pompe, à Dénia, 
où la nièce de Louis XQ arriva, accompagnée 
de VamlMissadear de France, Pierre de Saint- 
André, du cardinal Louis d'Amboise, ainsi que 
de l'arcbevéque de Saragosse, qui était allé avec 
un grand cortège de seigneurs et de dames 
espagnoles recevoir à Fontarabie la nouvelle 
rdne. La cour se rendit ensuite à Valladohd, 
où Ferdinand et Germaine furent couronnés 
comme roi et reine de Naples. 

A Pépoque de s<m mariage, Germaine était, sui- 
vant Fleurange, (c une belle et bonne princesse » ; 
il est certain qu'elle avait des manières affables 
et gracieuses. Le vieux roi, qui n'ignorait pas 
que son caractère était fort peu sympathique à 
ses snjets napolitains, bâta la visite qu'il voulait 
leur Aire pour leur présenter sa jeune épouse. 
Le roi et la reine partirent ensemble d'Espagne 
pour Naples ; les vents contraires rendirent leur 
traversée longue; ils furent obligés derelAcher 
dans divers ports d'Espagne et de France. Au 
commencement de novembre, ils arrivèrent à 
Naples ; on leur fit un accueil splendide, dont les 
curieux détails ont fourni plusieurs pages aux 
historiens espagnols et italiens. Quelque flattée 
que dût être la reine des honneurs que lui ren- 
dirent les Napolitains, le point le plus important 
pour elle était la confinnation solennelle par 
les états généraux de l'article du traité avec 
Louis XU, stipulant que les enfants qui naî- 
traient de Ferdinand et de Germaine hériteraient 
da royaume de Naples. Néanmoins, dans l'as- 
semblée qui peu après leur arrivée fut convo- 
quée par le roi, le serment de fidélité que prê- 
tèrent tous les ordres du royaume s'adressa 
seulement à Ferdinand, à la reine de Castille, sa 
fille et aux enfants de cette princesse ; on ne fit 
nalle mention de la nouvelle rdne d'Aragon. 
Cette omission étonna et offensa Germaine; on 
répondit à ses plaintes en alléguant qu'elle avait 
déjà été proclamée reine de Naples à Valladolid. 
La princesse dissimula son mécontentement; 
peut-être l'astucieux Ferdinand sut l'apaiser par 
ses promesses; toujours est-il positif que, soit 
espoir de capter son époux, soit confiance en ses 
explicatilms , Germaine devint tout Espagnole. 
Lors de l'entrevue qu'elle eut avec son oncle à 
Savooe, en revenant de Naples avec Ferdinand, 
elle accueillit froidement et même indvilement 
son frère Gaston, duc de Nemours,lequel était allé 
de Milan, où il se trouvait, joindre en cette ville le 
roi Louis Xn. « De quoi M. de Nemours lui en 
« sut bien dire quelque chose, ajoute le chroni- 
« queur français; et après qu'fi eut aperçu sa 
« contenance, il ne tint grand compte d'elle, et 
« ils se séparèrent assez mal l'un de l'autre. » 



(1) Éléonore de Navarre, mère de Jean de Folx, était 
MBor de Ferdinand le GathoUqae. 



50 

n parait même que la reine d'Aragon, comblée, 
en cette occasion, de présents et d'amitié& par 
son oncle, le récompensa de ses bontés en tirant 
de lui, avec adresse, des confidences dont elle 
fit profiter Ferdinand. Cette entrevue de Savone, 
qui abonde en amusantes particularités , retint 
le roi et la rdne de Naples trois jours à Savone, 
puis ils remirent à la voile, malgré les vents, qui 
ne cessèrent pas de leur être contraires pendant 
tout leur voyage, en revenant comme en allant. 
La peste désolait alors la Catalogne ; au lien 
d'aborder dans un port de cette province, ils 
allient jusqu'à Valence , où ils débarquèrent, 
au mois de juillet 1506. 

Germaine jouit pendant onze années des hon- 
neurs souverains, auxquels elle attachait un haut 
prix; mais son ambition fut déçue à l'égard de 
la position qu'elle s'était imaginé pouvoir con- 
server après la mort de Ferdinand. Le seul fils 
qu'elle avait eu du roi, et qo^on avait nommé 
Juan, était' mort peu après sa naissance. Contrai- 
rement aux conventions faites avec le roi de 
France , Ferdinand fit successivement trois tes- 
taments en faveur de sa fille Jeanne la Folle. 
Seulement, un article exprès assurait à la reine 
d'Aragon trente mille ducats de pension, assi- 
gnés sur les revenus du royaume de Naples. 
Encore à ce sujet Germaine eut à subir des 
mortifications. Le régent Ximénès, appréhendant 
qu'dle n intriguât dans le royaume de Naples en 
faveur du prince de Tarente, retenu prisonnier 
en Espagne et qu'elle paraissait voir de bon 
œil, lui paya cette pension sur d'autres fonds ; 
la princesse en fut extrêmement piquée, quoique 
Ximenès lui donnât en dédommagement quatre 
villes, dont die prit possession. H en eut regret 
plus tard, en découvrant que la reine avait des 
mtelligences avec don Pedro de Guzman , gou- 
verneur de l'mfant Charles d'Autriche, et qui, 
lui aussi , étant mécontent de la régence de Xi- 
menès. Comme d'ailleurs Germaine avait de 
nombreux partisans, le régent, pour éviter que 
des factions se formassent , mit des garnisons 
dans les villes appartenant à la reme, ce qui ir- 
rita fortement cette dernière contre lui; mais sa 
colère resta impuissante. En 1519, deux ans 
après la mort de Ximenès, Germaine se remaria 
à Jean, marquis de Brandebourg et gouverneur 
de Valence. Celui-d étant mort, elle épousa en 
troisièmes noces Ferdinand d'Aragon, duc de 
Calabre. Ce fut à Valence qu'elle termina sa vie. 
Camille Lebrun. 

lyAatoD, HiUoirê de Louis XU, - Gnlcciardlnl, Hit- 
toire d'Italie. — Mariana, HMoire d^Espagne, — Flea- 
range, Mémoires. 



FOix (Paul ne), prélat français, né en 1528, 
mort à Rome, à la fin du mois de mai 1 584. Fils de 
Jean, comte de Carmain,et de Madeleine Caupène, 
il suivit d'abord la carrière de*" la magistrature, 
et fut nommé à dix-neuf ans conseiller au parle- 
ment. En avril 1 559, il fut impliqué dans imeaffaire 
qui exerça sur sa vie une influence considé- 



61 



FOIX — 



raMe. On délibérait an parlement de la conduite à 
tenir envers les luthériens : Henri H arrive tout 
à coup, et ordonne que la discussion continue 
sous ses yeux. Anne du Bourg et Paul de Foix 
firent appel à la tolérance. «Il faut, disait ce der- 
nier, se montrer bien moins sévère pour ceux 
i]ui ont des doutes sur la forme des sacrements 
de rÉglîse que pour ceux qui en nient la réalité. » 
La séance terminée , le roi, pour toute réponse, 
fit mettre à la Bastille les membres qui avaient 
opiné pour Tindulgence. Chacun sait le ti*iste 
sort du premier. Le second, jugé à deux re- 
prises, fut une fois condamné, et l'autre fois 
absous, n rentra dans les bonnes grftces de la 
cour, et fut de quelque poids dans les conseils 
de Catherine de Médicis (1). Sa première am- 
bassade auprès de Marie Stuart n'offre rien de 
saillant. Envoyé ensuite en Angleterre , il y pré- 
para avec Elisabeth le traité de Troyes ( 1 1 avril 
1564), qui a conservé Calais à la France. A son 
arrivée à Paris, Tannée suivante , il se démit de 
sa charge de conseiller au parlement, et obtint 
les fonctions de conseiller d*État et d'ambassa- 
deur à Venise : c'est lui qui conclut avec la ré- 
publique cet emprunt de cent mille écus à l'aide 
duquel Charles IX paya les retires et les con- 
traignit à repasser la frontière. 

En récompense des services rendus , de Foix 
fut nommé en 1570 conseiller d'honneur au par- 
lement , et chargé de demander à Elisabeth sa 
main pour le duc d'Anjou ; cette entreprise échoua 
comme une autre de même genre tentée deux 
ans plus tard pour le duc d'Alençon. Il avait 
à proposer un jeune prince catholique de dix- 
huit ans à une reine protestante de trente-neuf; 
outre la différence de religion, l'âge devait en- 
trer pour quelque chose dans la balance. Elisa- 
beth le fit observer ; de Foix tâcha de la vaincre 
par des exemples tirés de l'histoire, de la philo- 
sophie et de la médecine ; mais ce fut en vain. 
Après avoir, comme par miracle , échappé au 
massacre de la Saint-Barthélémy, de Foix dut 
quitter Paris et aller remercier tous les souve- 
rains d'Europe de leur empressement à recon- 
naître Henri d'Anjou pour roi de Pologne. En 
mai 1576, il fut député vers le roi de Navarre, 
pour l'engager à changer de religion , et reçut 
l'arcbevéché de Toulouse des mains du cardinal 
d'Armagnac, qui s'en démit en sa faveur. Enfin, 
reparti pour Rome en 1579, il y resta comme 
ambassadeur jusqu'à sa mort. Montaigne ftiisait 
un grand cas de Paul de Foix : après lui- avoir 
dédié durant sa vie un petit poème de son ami La 
Boëtie, dont il était l'éditeur, il écrivit les lignes 
suivantes dans ses Essais : « Ce sont, dit-il en 
parlant de l'archevêque de Toulouse et du con- 
seiller du Faur de Pibrac , pertes impoiiantes à 
notre couronne. Je ne sçay s'il reste à la France 
de quoy substituer une autre couple pareille à 

(1) H demeara toate sa vie attaché à cette princesse, 
car en 1575 noo« le voyons encore la suWre dans ses 
voyages. 



FOLARD 52 

ces deux garçons en sincérité et en suffisance 
pour le conseil de nos roys. C'estoient âmes di- 
versement belles , selon le siècle, chacune en sa 
forme. Mais qui les avoit logées en cest âge si 
desconvenables et si disproportionnées à nostre 
corruption et à nos tempestes?» En 1628, An- 
ger de Mauléon a fait imprimer Les Lettres de 
messire Paul de Foix, ai'chevesque de Toloze 
et atnbassadeur pour le roy auprès du pape 
Grégoire XIII, au roi Henry HT; ce sont 57 
missives, toutes diplomatiques, adressées au roi 
depuis le 29 mai 1581 jusq^i'au 4 novembre de 
Tannée suivante. On ie< a attribuées dopais, mais 
sans preuves, à Téditeur et à d'Ossat, qui fut 
longtemps secrétaire du cardinal. Louis Lacour. 
Saimc-Martbc. Opéra ; Paris. 16S9, lfi-«*. — Morcrt , 
Grand Dict. htst, — Telsster, Jdditions aux Éloges île 
M, De ThoUy p. 884. — Ant. Morct, Œuvres; Vérone, 
17f7. — Lclong, nUtliothéqne historiqve de la France, 
A» 80,804. — Lettret de Paul de Fois, éd. Naaitfon . 
Paris, ]618. — Secousse. Mémoires de V Académie des 
Insc, t. XVII, p. 620. — Montaii^ne , Essaùt, I, III, ch.9. 

FOIX ( Louis de), architecte et ingém*eur fran- 
çais, né à Paris, florissait vers la fin du seizième 
siècle. II habita longtemps l'Espagne, et on prétend 
qu'il bâtit une partie du palais de l'Escuiial, sur Tes 
dessius de Yignole. La France lui doit plusieurs 
travaux importants. En 1570 il combla l'ancien 
canal de l'Adour et en creusa un nouveau, abou- 
tissant au port de Bayoune. Son chef-d'oeuvre 
est la fameuse tour de Cordouaft, qu'il construi- 
sit sur un rocher à Tembouchure de la Garonne, 
à 24 kil. de Bordeaux. Commencé en 1584, ce 
beau monument fut achevé en 1610; il est de 
forme circulaire , et n'a pas moins de 56 mètres 
de hauteur ; il est décoré de trois oixires, toscan, 
dorique et corinthien ; il est percé de fenêtres 
surmontées de frontons, et se termine par une 
calotte. On regarde ce phare comme le plus ma- 
gnifique qui ait été élevé dans les temps mo- 
derne». E. 'B— N. 

Fonlenal, DtctUmnoire des Artistes. — Qnatreinérc 
de Qutucy, IHeti&nnaire d'Arehiteeture, \ 

POIX. Voy, CANbALE, CHATEAVBRIANB , I.AU- I 

TREC , Lescun , Lesparre , Nemours (-Gaston de 
Foix, duc de), Rabat , Ranoan et SAiRTE-Fore. 

FOLARD ( Chevalier /6an-C^W0S de), tac- < 
ticien français, né à Avignon, le 13 février 
1669, mort dans la même ville, le 33 mars 1752. i 
li appartenait à une famille noble, mais iknh- 
breuse et pauvre. Il montra dès l'enfance un 
goût décidé pour les armes , et la lecture de» 
Commentaires de César développa, dit-on, à tei 
point cette inclination précoce, qu'un beau jour 
de l'année suivante il s'échappa de la maison 
paternelle pour s'engager dans un régiment qui 
passait par Avignon. Arrêté sur la demande de 
son père, il s'évada deux ans après du couirent 
où il était enfermé, et s'enrôla comme cadet dan9 
le régiment de Berry. Sa naissance et sa oon^ 
duife lui valurent bientôt une sous-lientenance. 
Lors de sa première campagne (en 1688), i] foi- 
employé dans un corps de partisans, et eut ainsi 
une excellente occasion d'étudiei* les principes 



53 



FOLARD 



S4 



de son art, dont ce gmre de guerre est en quel- 
que sorte le rësunié. Promu quelques années 
plus tard au grade de lieutenant , il se rendait 
à Naples avec son corps : pendant la marche, 
il s'aperçut que Tennemi recevait ses vivres et 
ses munitioDS par mer, et imagina un moyen 
d'enlever le poste de la Mesola, qui protégeait 
le débarquement des convois. Il ronit à cet effet 
un plan au marquis de Guébriant, son colonel, 
qui l'envoyaàla cour. La cour l'approuva, mais le 
fit exécuter par un autre , et l'auteur en demeura 
ignoré. £n 1702, le duc de Vendôme, instruit de 
cette injustice, fit donner à Folaid le brevet de 
cafntaine, le nomma son aide de camp, et ne le 
céda qu'avec regret, en 1705, au grand-prieur, 
son frère, qui allait commander, en Lombardie. 
Folard , dans cette expédition , se distingua à la 
prise des postes de Rovère, d'Ostiglia, et prin- 
cipalement à la défense de la cassine de La Bou- 
line. On récompensa ses services par la croix de 
Saint-Louis; mais son talent, sa franchise, et 
aussi son extrême amour-propre, lui firent tant 
d'ennemis dans Fétat-major, qu'il fut contraint 
d'abandonner l'armée. Retournant alors auprès 
du doc de Vendôme, il l'aida beaucoup par sa 
présence d'esprit et ses conseils à la bataille de 
Cassano, ou il reçut trois coups de feu. Ce fut 
à la suite de cette bataille, remarquable par 
l'incertitude des résultats, et au milieu des 
souffrances que ses blessures lui causaient, 
qu'il conçut son fameux système des colonnes 
et de l'ordre profond , système que dès lors il 
s'efforça de mettre en pratique, et dont ses écrits 
ne sont guère que le développement. Vendôme, 
sur ces entrefaites, fut envoyé en Flandre ; Fo- 
lard eût désiré l'y suivre, mais il resta en Italie, 
d'après le vœu du duc d'Orléans , qui vint pren- 
dre le commandement des troupes. L'estime 
que ce prince lui marquait , mais surtout les 
brusques boutades et la vanité de Folard, lui 
suscitèrent de nombreux ennemis. Leurs insi- 
nuations furent bientôt cause qu'on lui donna 
l'ordre de s'enfermer ^dans Mcïdène, dont les 
I Impériaux se préparaient à fai^-e le siège, et 
où son honneur et sa vie coururent les plus 
grands risques. Grande ftitsajoie, après la 
capitulation , de pouvoir rejoindre en Flandre 
son protecteur. Il passa par Versailles, et se 
présenta an roi, qui, outre un fort bon ac- 
cueil, lui accorda une pension de quatre cents 
livres. En Flandre, le duc de Bourgogne, sous 
qui Vendôme commandait, agréa d'abord di* 
verses entreprises que Folard lui proposa contre 
le bourg de Chanmont, Hle de Cadsand, la place 
^d« Leffingue, et qui réussirent à souhait; puis 
vJ refusa de tenir compte de ses conseils. Vil- 
riars, BoufHers et Montesquieu, à qui dans la 
Jnême campagne Folard soumit des plans d'o- 
j.^^ratlons , les rejetèrent aussi ; non qu'ils fus- 
sent mauvais, l'événement îe prouva à diverses 
t («prises; mais l'indiscrétion de son zèle et 
Textrème importance qu'il attachait à la moin- 



dre de ses idées rendaient ses avis inaccepta- 
bles. A la bataille de Malplaquet, il fut blessé 
de nouveau et dangereusement. Envoyé quel- 
ques mois après à M. de Guébriant , qui était 
menacé d'un siège dans la place d'Aire, il fut 
pris en route par les Autrichiens ; mais rien ne 
put le décider à trahir ses instructions ni à pas- 
ser au service de l'empereur ; au contraire, U 
abusa îe prince Eugène sur les opérations de 
l'armée française. Échangé au bout de quelques, 
semâmes, il obtint le commandement de la place, 
de Bourbourg, dont il conserva le titre et les 
honoraires jusqu'à sa mort. 

Condamné au repos par la paix de 1713, il se . 
mit à écrire ses Commentaires; mais à la pre- 
mière occasion il quitta la plume pour reprendre 
l'épée : ce fut en 1714, lors de la tentative des 
Turcs contre l'Ile de Malte. Folard alla offrir 
ses services au grand-mattre de l'ordre, qui les 
accepta avec empressement ; mais il s'abandonna 
comme de coutume à son caractère, entier et 
présomptueux. Jaloux de voir que son opinion 
ne prévalait pas exclusivement sur celle des au- 
tres officiers français, il quitta bientôt File. De- 
meurer inactif ne lui fut pas longtemps possible. 
Le bruit des exploits de Charies XH retentis- 
sait alors dans toute l'Europe : il désira d'en être 
le témoh), et se rendit à Stockhohn. Le roi de 
Suède l'accueillit fort bien , l'écouta complai- 
samment exposer son système de tactique, et le , 
chargea bientôt d'une mission délicate : c'était 
d'aller en France négocier le rétablissement de 
Jacques III. Lorsque ce projet eut échoué, Fo- 
lard retouma à Stockholm, accompagna Char- 
les Xil dans son expédition de Morv^e, et se 
trouva au siège de Frédérikshall , où ce roi fut 
tué. U revint alors en France, fut nommé mestre 
de camp à la suite, et fit en cette qualité sa 
dernière campagne, dans la courte guerre de 
1719 contre les Espagnols. La paix, qui devint 
générale, le força ensuite au repos. II en profita 
pour se livrer à des travaux littéraires, et pu- 
blia en 1724 son Uvre des Nouvelles Découver- 
tes sur la Guerre, Cherchant ensuite un cadre 
où il pût réunir les résultats de ses longues ob- 
servations et faire entrer un exposé de ses nou- 
veaux systèmes, il donna une traduction de 
l'histoire de Polybe, et y plaça ses Commen- 
taires soit en notes , soit à la suite de chaque 
cliapitre. Cette œuvre de Folard contient, à côté 
des dissertations les plus dénuées d'intérêt, les 
plus curieux détails sur les divers événements 
dont il a été le témoin. Il en explique les causes 
et les effets avec sa franchise ordinaire, fran- 
chise dont l'histoire peut faire bon profit, mais 
qui, après l'avoir déjà empêché de parvenir aux 
premiers grades de l'armée, vint encore mettre 
obstacle à la publication de ses livres ; on lui 
fit en effet défense, lorsqu'il fut parvenu au 
sixième volume de son Polybe, de se livrer aux 
mêmes discussions que dans les précédents. 

On conçoit qu'un homme aussi ardemment 



56 



FOLARD — FOLCUIN 



56 



épris des inspirations de son propre génie dut fa- 
ci lement s'égarer , quand l'exaltation religieuse ac- 
crut, vers la fin de ses jours, sa bizarrerie naturelle. 
On le vit en effet, avec peine, affronter le ridicule 
en s'engageant dans la secte des couTulsionnai- 
res. U mourut dans sa yille natale, avec le titre 
de commandant de la place de Bourbourg, mo- 
deste retraite qu'on lui avait accordée quarante 
ans auparavant, pour payer de si nombreux, et 
de si éclatants services. L'histoire de Polybe, 
avec commentaires f a paru à Paris, en 1727- 
1730, 6 vol. in-i"» , et à Amsterdam, 1753, 7 vol. 
in-4** : cette dernière édition est la plus estimée ; 
elle contient la plupart des écrits de Folard, 
Les CommiefUaires sur Polybe ont été abrégés 
et publiés séparément par Chabot; Paris, 1757, 
3 vol. in-4^ 

Quant à la valeur des idées que Folard a sou- 
tenues dans ses écrits sur Tart militaire, le 
grand Frédéric (quel meilleur juge choisir?) 
les traite de visions dans plusieurs passages de 
sa Correspondance. Voici an reste un échantil- 
lon de son jugement : « Folard s'extasie sur les 
moyens que les peuples de l'antiquité avaient 
pour l'attaque et la défense des places, et n'hé- 
site pas à dire que s*il lui'était possible d'atta- 
quer avec les machines des anciens une place 
défendue par l'artillerie des modernes, il se fe- 
rait fort de la réduire à bref délai. Ses idées sur 
la stratégie ne sont pas moins singulières, et son 
, système de colonnes et de l'ordre profond sera 
jugé, si l'on pense que dans les nombreuses 
guerres qui ont eu lieu depuis sa publication , 
pas un souverain, pas un général n'a daigné le 
mettre en usage. » Tout en estimant peu Fo- 
lard , Frédéric fit cependant un extrait de ses 
ouvrages sous le titre de Esprit du chevalier 
Folard; 1761, in-S**. Voici comment, dans sa 
préface, il s'exprime sur l'auteur qu'il abrège : 
« Folarà, dit-il, avait enfoui des diamants au 
milieu du Aimier ; nous les avons retirés. On a 
lait main basse sur le système des cokmnes : 
on n'a conservé que les manœuvres de guerre, 
dont il donne une description juste, la critique 
sage qu'il emploie sur certains généraux fran- 
çais , certaines règles de tactique , des exem- 
ples de défenses smgulières et ingénieuses, et 
quelques projets qui fournissent matière à des 
réflexions plus utiles que ces projets mêmes. » 

Mémoires pour tenir à PhisMre de la vie du eke- 
vaUer Folardi RaOsbonne (Paris ), 1753, in-lt.i - Le 
Bas, Dict. enejfc. de la France. 

FOLCHBE (/eoii), théologien suédois^ natif 
de Calmar, mort en 1729. H étudia à Upsal et à 
Giessen , devint maître es arts en 1693, licencié 
en théologie en i696, professeur de pldlosophie 
à Calmar en 1698, enfin professeur de théo- 
logie à Pemau en 1701. Ses sympathies pour les 
doctrines piétistes l'engagèrent dans de vio- 
lentes controverses; obligé de fuir à Stockholm 
lors de la prise de la Livonie par les Russes, il 
dut quitter cette ville, à cause de la répulsion 



excitée par ses ten«iancc» religieiueB. Il se retira 
alors sur un bien qu'il possédait dans la Scanie. 
En 1 723 il revint à Stockholm, où il retrouva dans 
l'épiscopat la même opposition. On a de lui : 
IHsputatio de spiritu animali; Upsal , 1689 ; 
— Disputatio de Q. Fabio Cunetatore ; Giessen, 
1693, in-i"^; — Aoxi(taaia veri hominis chris- 
tiani , etc.; ibid, 1696, in-4'' ; — Streitschri/êen 
mit BrœmSf Geselins und Humble (Écrits po- 
lémiques engagés avec Bro^ms, Geselins et 
Humble). 

Gadebttteh, Uefl. MU. 

FOLCUIN (Saint) , mort le 14 décembre 855. 
n était fils de Jérôme, frère du roi Pépin. Il 
quitta les dignités dont il était comblé à la cour 
de Chariemagne , et vécut dans une pieuse re- 
traite, n en sortit en 817 pour occuper le siège épis- 
copal de Thérouanne. Les hagiographes vantent 
beaucoup la pureté de ses mceurs, sa cliarité, sa 
dévotion pour les reliques des saints , mais ils ne 
citent de lui aucun acte mémorable. 

Btillet, riee des Saints, t. III, U décembre. 

FOLcmiff, chroniqueur français, mort vers 
975. 11 descendait, comme le précédent, de Jé- 
rOme, fils de Charles Martel. Son père , appelé 
Folcuin, et sa mère, nommée Thiédale, le consa- 
crèrent à Dieu , en 948, dans le monastère de 
Saint-Bertin, dont Womar était abbé. Folcuin y 
fut élevé à l'ordre du diaconat. D'après la vo- 
lonté d'Adalulf, abbé de Saint-Bertin , il rangea 
par ordre chronologique tous les diplômes et les 
chartes de son monastère , et il en forma une 
espèce de chronique contenant la suite des abbés 
de Saint-Bertin depuis la fondation de cette ab- 
baye jusqu'en 961, avec des notices sur leur vie. 
Dom Mabillon a fiiit imprimer plusieurs frag- 
ments de cet ouvrage dans ses Acta Benedict,, ' 
t V, p. 587, et dans sa Diplomatique^ p. 605, 
606. On attribue encore à Folcuin l'épitaphe de ' 
saint Folcuin, évéque de Thérouanne, en six vers ! 
élégiaques, dans les Actes àt ce saint 

Dom RWet, Histoire littéraire de France, t. VI. ~ 1 
Dons CelUier, Histoire des Jlutatrs sacrés et eeeîésj 
U XIX. I 

FOLCUIN, hagiographe français, né <»i Lor» 
raine, mort en 990. Dès son enfiuice il fut placé 1 
dans le monastère de Saint-Bertin, et il y reçut i 
une instruction aussi complète qu'il était pos- 1 
sible au dixième siècle. « A Takle d'un esprit i 
vif et pénétrant, dit VHisUÀre littéraire ^ il fil| 
beaucoup de progrès dans les lettres divines el{ 
humaines. 11 acquit surtout une grande connais» 
sance des temps , et une manière d'écrire plus 
poliment qu'on né faisait pour l'ordinaire en son 
siècle. On voit par divers endroits de ses écrits 
qu'il avait tous les principes de la bonne théo« 
logie. » Aletran, abbé de Lobes dans le diocèstf 
de Liège, étant mort en 965, Éracle, évoque d$ 
Liège, choisit pour le remplacer Folcuin , très« 
jeune encore. Celui-ci fut sacré à Cologne , la 
jour de Noël de la même année. 11 eut avefi 
Rathier, ancien moine de Lobes, revenu dans 



57 FOLCUIN — FOLENGO 

son courent après avoir été évéque de Vérone, 



58 



des démêlés qui l'obligèrent à quitter le inonafi- 
tère. Un an plus tard il se réconcilia avec Ra- 
thier, qui se retira à Aine, et le laissa paisible 
possesseur de Tabbaye de Lobes. On a de lui 
uoe Vie de saint Folcuin, évèque de Thé- 
rooanne , publiée par dom Mabillon dans les 
Actes de Fordre de Saint-Benoit, t V;— une His- 
toire des Abbés de Lobes , dans le Spicilegium 
de dom Luc d'Acberi, t. Vf. C'est une deschro- 
niques les pins mtéressantes rédigées au dixième 
siècle. — On attribue à Folcuin des Vies de 
MintOmer, de saint Bertin, de saint Vinnoc et 
de saint Silvain. 

Trfthime , De Script, eeeles., e. Ml. — Foiipciis, M- 
bliotieea BeigiciM,^ Dom Calmet^ BmWMqwLwrtàMt, 
- HitMn lUtérairv de France, t. VI, p. M1.4U. — 
Don Cdlfier, HUMre des auteurs sacrés et eeeléê^ 
t. XIX. 

FOixZi Foy. FoiiZ. 

* FOLENGO (Nicodème), poëte italien, né 
à Maotoue, ylTait dans la seconde moitié du 
quinzième siècle; il a laissé beaucoup de 
poésies latines, qui restent inédites dans les 
grandes bibliothèques publiques ; on n'a, à ce 
que nous croyons, pnbKé de lui que quatre 
pièces de vers en Fhônneur de Cosme de Médi- 
cis ; elles sont insérées dans les Carmina Poe^ 
tarum UUinanm, t. IV, p. 419. 6. B. 

BawUol, CataloQus eodiewn UUinorum Wtltoth, Lash 
nrtkam, t lU, p. ttS. 

FOLEiffGO (Théophile)fp\v& connu sous le 
nom de Merliro Cogcajo ou Merlin Goccaïr. 
poète italien, frère du précédent, né à Mantoue ', 
le 8 noTembre 1491, mort près de Bassano, le 
9 décembre 1644. Issu d'une famille ancienne, il 
entra à l'âge de seize ans dans l'ordre de Saint- 
Benott, et quitta son premier prénom de Jé^ 
rôme pour prendre celui de Théophile. Après 
avoir observé tant bien que mal , pendant quel- 
ques années, ses vœux monastiques, il s'enftut 
avec mie femme nommée Girolama Dieda , et 
inena une vie errante de 1515 jusqu'à la fin de 
1 526. n publia pour vivre des poésies burlesques 
et Hoencieuses, auxquelles il donna le nom de 
^fiUKoroniques, Ces productions eurent du suc^ 
ces; mais sans enrichir Vauteur, qui à son pre- 
mier pseudonyme de Merlino joignit celui de 
fxtocco (mendiant). Enfin, las de cette vie mi- 
sérable , il rentra dans son ordre. Il se retira 
dans un monastère de bénédictins, situé sur le 
promontoire de Minerve (royaume de Naples). 
Pour réparer le mal que pouvait faire la lecture 
de ses poésies de jeunesse, il se mit à composer 
des œuvres pieuses, plus orthodoxes qu'amn» 
^tes. Du royaume de Naples, il passa en 
Sicile, vers 1533/ et dirigea d'abord, le petit mo- 
nastère, aujourd'hui abandonné, de Santa-Maria- 
della-Giambra. Il s'établit ensuite à Païenne, dans 
i'abbayede Saint-Martin. Quelques années avant 
^fflort, il revint de Sicile en Italie, et alla finir 
^ jours dans le couvent de Santa -Croce-di- 
^pese, près de Bassano. On a de Folengo : 



Opus Merlini CoeaU, poetm Mantuani, Ma- 
càronicomm; Venise, 1520, in-8^ Folengo 
est le premier qui ait coltiné avec succès la 
poésie macaroniqne, s'il n'en est pas l'inven* 
teur. Cette poésie est un mélange de mots la- 
tins et de mots italiens avec une terminaison 
latine. On l'a, dit-on, nommée macaronique parce 
qu'elle ressemble aux macaronis d'Italie, qui 
sont un mélange de farine, de fromage et de 
beurre. D'après Tomasini, « la Maearonée de 
Folengo est une pièce de fort bon goût, remplie 
d'agréments, qui cache des sentiments et des 
maximes fort sérieuses sous des termes facé- 
tieux et sous les railleries apparentes d'un rieur, 
et qui contient un mélange du plaisant et de l'u- 
tile fait avec beaucoup d'art ». Cet éloge est on 
peu exagéré; cependant, il faut reconnaître que si 
la Maearonée de Folengo offense trop souvent la 
délicatesse des sentiments, elle abonde en bouffon- 
neries originales, que Rabelais n'a pas dédaigné d'i- 
miter. Folengo après sa conversion corrigea son 
onivre, et en retrancha tout ce qui pouvait cho- 
quer les bonnes mœurs. C'est d'après cette sé- 
vère révision que Ait publiée l'édition de Venise, 
1561, in-12. Cet ouvrage a été traduit en fran- 
çais, sous le titre de Histoire macaronique de 
Merlin Coccaye , prototype de Rabelais ; plus, 
V horrible bataille des mouches et des/ourmis; 
Paiis, 1606, in-12; — Orlandino, perLimerno 
pitoceo da Mantova composto; Venise, 1526, 
ln-8**. Ce poème a pour sujet la naissance illégitime 
de Roland, les amours de son père Milon et de 
sa mère Berthe , la misère qui assaillit son en- 
fance et les premières preuves qu'il donna de 
force et de valeur. D'après Ginguené, « son plan 
fut de n'en faire aucun , de ne contraindre en 
rien sa verve , de traduire en burlesque un sujet 
jusque alors héroïque , et surtout de saisir toutes 
les occasions de lancer des traits satiriques 
contre les abus de la vie cléricale et mona- 
cale, qu'il avait vues de près » ; — Chaos dél 
tri per uno; Venise, 1527, in-8». « C'est, dit 
Tiraboschi , on ouvrage aussi obscur que sin- 
gulier, dans lequel , partie en vers et partie en 
prose , tantôt en italien, tantôt en latin, et quel- 
quefois dans son style macaronique, Folengo 
raconte les événements de sa propre vie , ses er- 
reurs et sa conversion »; ~ VVmanUà del 
Figliulo di IHo, in ottava rima, per TeoJUo 
Folengo Mantovano; Venise, 1533, in-8°; — 
JoannisBapt, Chrysogoni Folengii Mantuani, 
anachoretx,Dialogi, quos Pomiliones vocat; 
au promontoire de Minerve, 1533, in-8**. 

Tomasini, WumL rir. Kitm, L II, p. 71. - Nteéroo, 
Mémoires pour servir à Fhistoire des hommes illustres, 
t VIU et X. - TlralMMChl. Storta délia I^etteratura Ita- 
Uana, t. vu, i>art. III. p. sos. - GiDgaeoé, Histoire 
littéraire SItalie, t. V. p. «S. 

POLRNGO (Jean-Baptiste), théologien ita- 
lien, né à Mantoue, en 1490, mort à Rome, le 5 
octobre 1559. A l'âge de seize ans, il entra dans 
un monastère de l^nédictins à Mantoue. Il en 
devhit le prieur. H fut ensuite abbé de Sahite- 



59 



FOLENGO 



Marie dans la Marche Trévisane, et séjovima 
quelque temps au mont Cassia. 11 publia sur 
les Psaumes de David et sur les Epilres ca- 
noniques des Commentaires où les protes- 
tants signalèrent beaucoup de passages conformes 
aux opinions de Luther. Ces litres furent en 
conséquence mis à Tindex et prohibés. Cepen- 
dant Tauteur ne fut point inquiété sur sa foi. 
Paul IV, qui se nnontra si séirère à l'égard d'il- 
lustres prélats , ne mit pas en doute TorthodoTÛe 
de Folengo, et l'envoya même en Espagne en 
qualité de visiteur. Les Commentaires sur les 
Psaumes, publiés pour la première fois à Bâle 
jen 1557, furent réimprimés en 1585, par ordre 
de Grégoire XIQ, après avoir été revus et purgés 
de tous les passages suspects de protestantisme. 
ArmcUni, BiblioUteca Bened. Casin., p. II, v>. - 
Dupln, Bibliot. eccles. (seizième siècle). — Rlcnard 
Simon , Critique de la Bibliot. de Dupln, t. H. — Tlra- 
boschi , Storia délia Letterat. Itat. ,U VU, p. v, p. SM. 

roLET ( Sir Tfiomas), amiral anglais, né dans 
le Pembrokeshire, en 1757 , mort à Portsmouth, 
-le 3 janvier 1833. Il descendait d'une très-an- 
cienne famille, entra fort jeune au service, et 
devint lieutenant à bord du vaisseau Prince' 
Georges, de 98 canons, il servit soas les ordres 
de Rodney, et prit part aux nombreux combats 
qui eurent lieu de 1780 à 1782 entre les flottes 
françaises et anglaises. Le 21 septembre 1782 
Foley fut promu au grade de capitaine, et en 1793, 
lors de la reprise des hostilités entre l'Angleterre 
et la France, il obtint le commandement do 
Saint-Georges, portant le fiavUlon du contre* 
amiral Gell , appelé à diriger les opératioiis ma* 
rilimes dans la Méditerranée. Dans la traversée, 
Foley captura le Sant-Yago, bâtiment espagnol 
portant deux millions de dollars. Passant ensuite 
sous les ordres du vice-amiral Hotham, il se 
distingua dans plosiem*s rencontres avec la flotte 
sortie de Toulon. Le 14 février 1797, il coimnan* 
dait le Britannia à la bataille du cap Saint- 
Vincent, et contribua au dénoûment de cette 
sanglante affaire. Peu après il paiisa au comrnan* 
dément du Goliath (de 74 canont), et l'année 
suivante il rejoignit l'escadre de Nelson. Lors du 
combat du Nil (1*^ août 1798), Foley forma 
la tôte de la flotte anglaise ; il commença Tatlaqne 
et accomplit le premier l'audacieuse manœuvre 
4fai décida de la destruction de l'armée navale 
' française. Après le départ de Nelson , Foley fut 
chargé de la surveillance des côtes de l'Egypte. 
Le 30 août suivant, il rallia son amiral, etmt 
employé au blocus de Malte. Vers la fin de 1799, 
il rentra dans sa patrie, mais il n'y prit qu'un 
court repos. Il reçut le commandement de VÉ- 
léphant, vaisseau de 74 , employé à la croisière 
dans la Manche, et le 26 mars 1801 se rangea 
sous les ordres des amiraux Hyde Parker et 
Nelson, allant attaquer Copenhague. Dans le 
combat acharné qui eut lieu le 2 avril contre 
l'escadre danoise commandée par Olfart Fischer, 
Nelson mit son pavillon à bord de L'Éléphant. 
Hyde-Parker, voyant la ligne danoise forcée et 



- POLKES 60 

un grand nombre de vaisseaux anglais désem- 
parés ou échoués, résolut d'arrêter le carnage «t 
de tenter une démarche de conciliation 11 donna 
en conséquence le signal de cesser i'actioo. 
Foley fit part de cet ordre à Nelson , qui mani- 
festa une vive colère. « Foley, s'écria-t-il, faites 
cesser le feu ai vous voulez ; quant à moi, qui n'ai 
plus qu'un œil, j'ai quelque droit d'être parfois 
aveugle. » Et, appliquant sa lorgnette sur son ail 
fermé, il ajouta : « En vérité, je ne vois pas ce 
signal. » Foley fut nommé snccesÂtvement co- 
lonel des gardes marins royaux ( octobre 1 807 ]; 
contre-amiral (28 avril 1808); commandant en 
chef des Dunes ( printemps de 1811 ) ; vice-ami- 
ral (1812); chevalier {hnight œmpanion) de 
l'ordre du Bain (2 janvier 1815); grand'croii 
du même ordre (6 mai 1820); enfin gouver- 
neur de Portsmouth (mai 1830). A. de L. 
Rose, Biographieal Dictionary. 

FOLiAxrs. Voy. Foqu/lni. 

FOLIETA. roy. FOGUETA. 

FOLiONO (La bienheureuse Àngèle de), reli- 
gieuse italienne, née à Foligno (duché de Spo- 
lète), morte le 4 janvier 1309. Elle se fit remar- 
quer dès sa jeunesse par une piété exaltée; 
néanmoins, elle se maria avec un gentiihomine 
de sa ville natale, mais n'en continua pas moins 
ses pratiques religieuses. Restée veuve à la fleur 
de l'âge, elle fit profession dans on couvent da 
tiers ordre de Saint-François , et se lia étroite- 
ment avec Ubertino de Casai , moine du môme 
ordre et demeure célèbre par son mysticisme. 
Au rapport d'Ubertino, « ce fut la bienheureuse 
Àngjèle qui le guida dans la voie du salut , ra- 
nima ses forces, soutint sa constance et {)ar 
l'exemple et par les conseils. » Elle l'aida aussi 
dans la rédaction de 1*^4 r^or vitœ crucifixx 
Jesu, Venise, 1485, in-fol., livre aussi rare que 
singulier, dans lequel les deux auteurs avancent 
que Jésus lui-même fut le fondateur de leur 
ordre. Angèle se soumettait volontairement aux 
flagellatk)ns , aux macérations et aux épreuves 
les plus pénibles, répétant sans cesse que « la 
marque d'amour la plus sûre est de vouloir 
souffrir pour ce qu'on aime ». Elle a fait le récit 
des nombreuses tentations auxquelles elle a été en 
butte de la part de l'esprit malin et de ses pro- 
pres passions, dans divers opuscules réunis sous 
le titre de Theologia Cruds ; Paris, 1538 et 
1601. Cet ouvrage a été traduit en français; 
Cologne, 1696, in- 12. 

Le P. J. Blancone, Fie spirituelle d'Angélique de Fo- 
ligno, gentilfemme italienne; Psrfai. ifloi, ia-i>. ~ Les 
BollMtffafes, Aeîa Sancterum, k janvier. — Bossuet. 
Était» d'Oraison, Uv. IX. - François de Saies, Traité 
de r Amour de Dieu. 

FOUIS (De). Voy. Fouus. 

FOLIUS ou FOLLltrS. Voy, FOLU. 

FOLKES (Martin), archéologue et pbifo- 
sophe anglais , né à Londres, le 29 octobre 1690, 
mort à Londres, en 1754. Après avoir commencé 
SCS études sous la direction du savant Cappel, 
ancien professeur d'hébreu à Saumur, il entra 



61 



FOLKES 



en 1707 au collège de Clare-Hall, dans l'univer- 
sité de Cambridge. Ses progrès dans toutes les 
branches de connaissances, et particulièrement 
en mathématiques et en philosophie furent si 
rapides, qu'à Tâge de moins de vingt-quatre ans 
il devint membre de la Société royale. Il en fut 
ensuite nommé vice-président , et enfin il suc- 
céda à Sloane dans la présidence de cette com- 
pagnie. Il justifia ce choix par les nombreux 
mémoires qu'il lut à la Société royale et qu'il in- 
f;éra dans les Transactions philosophiques. 
En 1733, il partit pour l'Italie, et il ne revint en 
Angleterre qu'en 1735. Comme tous les cabinets 
d'antiquités de l'Italie lui furent ouverts , il en 
tira un grand profit pour ses études archéolo- 
giques. 11 lut à la Société des Antiquaires de 
Londres une Dissertation sur les poids et la 
valeur des monnaies chez les anciens; ce 
mémoire n'a pas été imprimé. £n 1736, Folkes 
fit part à la même Société de ses Observations 
sur les colonnes Trajane et Antonine à Rome ; 
mémoire inséré dans le 1*"^ volume de VArchœo- 
logia, publiée i^r la Société des Antiquaires. Au 
mois d'ayril de la même année, Folkes commu- 
niqua encore à la Société A Table of english 
gold coins, from the 18** of Edward ///, 
when gold was first coined in England, to the 
présent time, nnth their weights and in- 
trinsickvalties; Folkes le publia en 1736, et en 
1745, avec des additions. La Société des Anti- 
quaires en donna une nouvelle édition, sous le 
titre de Taèle of english silter et gold coins, 
new reprinted with explanatton; Londres, 
1763, 2 vol. in-4°. En 1739, il fit le voyage de 
Paris, et fot admis à l'Académie des Sciences; il 
offrit à cette compagnie un Mémoire sur la 
comparaison des mesures et des poids de 
France et d'Angleterre. Folkes possédait une 
nombreuse bibliothèque et un cabinet très-riche 
en belles médailles. On lui éleva, en 1792, un 
monument dans l'abbaye de Westminster. 

Bowycr, Anecdotes. — Chalmers, Général Mo^a- 
pUcal Dictionartf. 

l FOLLBN ( Auguste, on Adolphe-Lofuis), 
poète et polygraphe allemand-, né à Giessen, 
le 21 janvier 1794. Il étudia au gymnase de sa 
ville natale, fit deux années de théologie, 
et entra comme précepteur chez un seigneur 
fïeLow àStdnfurt, dans la Wettéravie. En 1814 
il fit avec les volontaires hessois la campagne 
contre la France, et à son retourll étudia le droit 
à Heidelberg. Plus tard, il prit à Blberfeld la 
rédaction de VAllgemeine Zeitung ( Gazette 
universelle) , publié dans cette localité. Recherché 
pour sa participation à des menées démagogi- 
ques, il fut détenu à Berlin de 1819 à 1821. Il 
passa alors en Suisse, remplit à Aarau un emploi 
tlans renseignement ; plus tard il vint demeurer 
àAItikost, à Zurich et aux environs de cette ville. 
fl [ut membre du grand conseil. Recherché en- 
suite comme impliqué dans des menées commn- 
nistes, il n'eut à subir qu'une courte détention. 



— FOLLI . 62 
I En 1845, il voulut s'établir à Heidelberg; mais le 
I gouvernement badois lui refusa un permis de 

séjour. On a de lui : Freie. Stimmen fris- 
cher Jugend (Libres Accents de la fraîche Jeu- 
nesse); léna, 1819; :— Bildersaal deutscher 
Dichtung (Musée de la Poésie allemande); 

' Winterthur, 1827; — Malegys und Viviane 
( roman de magie et de chevalerie ). Pollen tra- 

I vailla aussi à la publication de la première partie 

I dei IViebelungen. 
Conversat.-Lexik. 

1 follbville(De). Voy. Guyot. 

* FOLLI {Sebastiano) , peintre de l'école 
' siénnoise, né à Sienne, en 1568, mort en 1621, 
i élève d'Alessandro Casolani. On admire avec 
I raison l'élégance d'ornementation, la connais- 
sance de la perspective et la vive imagination 
qui brillent dans ses ouvrages ; malheureuse- 
ment il sacrifia au mauvais goût de son époque, 
et son style est maniéré. Malgré ce défaut, ses 
nombreuses peintures sont loin d'être sans mé- 
rite. Presque toutes sont restées dans sa patrie, 
parce qu'il a surtout peint à fresque. On doit 
citer parmi ses tableaux une Madeleine à l'é- 
glise Sainte-Marguerite de Sienne, un Saint Mi- 
chel à Saint-Dominique, et deux autres toiles 
au monastère de la Visitation; et aux environs 
de Sienne La Vierge avec le B. Franco, à l'é- 
glise de Fogliano, un Crucifiement à celle de 
PiUi, enfin La Vierge dite del Manto à Anca- 
.|ano. 

Parmi les fresques de Folli, le premier rang 
appartient aux gracieux camaïeux de la voûte 
de Saint-Sébastien, et au saint devant Diocté- 
tien , qui se trouve dans la même église. Les 
principaux peintres de l'époque concoururent \ 
la décoration <)e ce sanctuaire , et le seul Butilio 
Manetti pourrait se vanter de l'avoir emporté 
sur Folli. D'autres camaïeux d'une aussi par- 
faite illusion aussi bien que l'architecture et les 
stucs peints qui les accompagnent sont à la 
voûte de l'église de Sainte-Marthe, où le môme 
maître a peint également une lunette représen- 
tant la sainte portée au tombeau. Sur la porte 
de l'église des Sourds-Muets, ancien monastère 
de Sainte- Marguerite, FolU a peint une madone 
entre saint François et sainte Marguerite, 
fresque aujourd'hui très -endommagée. Citons 
encore à la Visitation trois petites compositions, 
L'Annonciation , Sainte Elisabeth et la Nais- 
sance du Christ , deux lunettes du Palais pu- 
blic retraçant chacune deux faits de l'histoire 
de l'empereur Charles IV, un Christ mort 
peint sur la façade de la Casa Mensini, enfin 
quelques autres fresques dans une loge de la 
villa S. Colomba hors la porte Gamollia, et 
dans une niche de la villa délie Volte, hors la 
porte Saint-Marc. E. B— n. 

Orlaodi, Jbbecedario. — Lanzl, Storia délia Pittura. 

— Baldinucci , Notizle. — TicozzI, Dizionario. — Cata- 
logo délia GallenadelP IstUuto di Belle- Jrti di Siena. 

— RomagnoU, Cenni ttùrico-(^rtisUci di Siena. 

roLLioaFBSOLi(C^i;6),médecinitaUen, né 



C3 

à Modène, en 1615 , mort vers 1660. Il fut élevé 
à Venise, chez son oncle maternel, qui était un 
des premiers médecins de cette ville. Après 
avoir fait ses études dans sa ville natale, il alla 
suivre les cours de médecine à Padoue, et s'y 
fit recevoir docteur. H revint ensuite à Venise, 
et y exerça la médecine avec assez de succès 
pour que le sénat lui conférât la dignité de che- 
valier et le nommât professeur d'anatomie. On 
ignore la date de la mort de Folli; on sait seu- 
lement qu'il vivait encore en 1653. On a de lui : 
Sangttinis a dextro in sinUtrum cordis ven- 
tricuhtm defiuentis faeUis reperta Via; cui 
non vulgaris in lacteas nuper patrfactas 
venas animadversio praeponitur; Venise, 
1639, in-4^; — Nova Auris internes Delinea- 
iio; Venise, 1645, in-4**. Cet opuscule, aujour- 
d'hui fort rare, se compose de six planches bien 
exécutées, avec l'expùcation des fignres. Folli 
y indique la longue apophyse du marteau, dcmt 
personne n'avait parlé avant lui. Les descrip- 
tions de Folli sont claires et concises. « C'est 
ainsi, dit Portai, que les esprits judicieux et 
clairvoyants savtait décrire en peu de mots les 
objets les plus compliqués, et finre part des dé- 
couvertes les plus intéressantes. Si l'on eût suivi 
la méthode de Folli, on eût eu moins de volumes, 
et non pas moins de connaissances positives » ; 
— Discorso anatoméco nel quale $i contiene 
una ntiova opinione sopra la generazione 
e Vuso délia pinguedine; Venise, 1644, in-4°. 
C'est une hypothèse inadmissible sur l'origine 
de la graisse. 

éloy . Met. Mit. de la Médecine. - Biogr, médicale. 

FOLLI ( François ), médecin et agronome ita- 
lien, né en Toscane, le 3 mai 1624, mort à Ci- 
terna, en 1685. Il pratiqua d'abord la médecine 
à Bibbiena, pois il devint, en 1665, médecin du 
grand -duc de Toscane. Il se dégoûta bientôt de 
la cour, et se retira dans la petite ville de Citema, 
où il passa ses dernières années. Folli s'occupa 
beaucoup d*agricoUure et de physique, n rendit 
le tliermomèfare plus commode pour les obser- 
vations météorologiques en y adaptant un hygro- 
mètre. On a de Folli : Recreatio physica^ in 
qua de sanguinis et omnium viventium uni- 
versali analogia drculatione disseritur; Flo- 
rence, 1665, in-8° ; — Stadera medica , nella 
quale, oltre la medieina infusoria ed (dire 
novUà^ si balanciano le ragionifavorevoli e 
le contrarie alla transfusione del sangue; 
Florence, 1680, ktS^i — Dialogo intamo alla 
coltura délia vite; Florence, 1670, in-8^ 
i. Biographe médicale, 

FOLLiB ( Louis-GiHlUmme ne Lk). Voy. La 

FOLUB. 

FOLUB (***), voyageur français, né à Paris, 
en 1761, vivait en 1792. H s'embarqua à Bor- 
deaux, à bord du navire de commerce Les Deux 
Amis, et fit naufirage sur la odie d'Afrique, le 17 
janvier 1784. Asseï heoreax pour gagner la 
terre, lui et ses compagnons forent pris par les 



FOLLI — FOLQUET 



64 

Maures et réduits en esclavage. Après plus d'un 
an de captivité et ayant éprouvé des soufFrances 
de tous genres, Follie revit sa patrie, et publia 
ses aventures, sous ce titre': Mémoires d'un 
Français qui sort de V esclavage; Amsterdam 
et Paris, 1785, in-S*"; plus tard il fit paraître : 
Voyage dans le désert de Sahara, Paris, 
1792, in-s**; trad. en allemand par J.-Reinhold 
Forster, Berlin, 1795, hi-8''. 

Belatitm de* rogagee de Sawgniêr à la côte A*AJr\' 
çue, à Maroc, au Sénégal, etc., pabllée par Jean-Ben- 
jamin de U Borde; Parb. I79i et 1799, in-s». 

roLLiN (fferman), médecin hollandais, né 
dans la Frise, vivait au dix-septième siècle. Il 
exerça avec distinction son art à Bois-le-Duc. n 
devint ensuite professeur de médecine à Cologne. 
Ses ouvrages ont très-peu dimportance ; en Toid 
les titres : Amuletkum Antonianum, seu luis 
pestiférée fuga ; cui accessit utilis libeUus de 
Catiteriis, ad Thomam Fienum /Anvers, 1618. 
m-8*; — Orationes dux : De natura feàris 
pedicularis e^usque curatione; De sttidiis 
chymicis conjungendis cum hippocratieis ; 
Cologne, 1622, in-8**; -^Spéculum Naturx 
humanx, sive mores et temperamenta homi- 
num usque ad intimas animorum seeessm 
eognoscendi modus, methodo Aristotelis iU 
lustratus; Cologne, 1649, in-12. Cet ouvrage 
avait été;d'abord écrit en hollandais. Jean Follin, 
fils de l'auteur, le traduisit en latin. 

Foppena, BiNiotkeca Belgica. — Éloy, Dictionnaire. 
hlitoHque de la Médecine. I 

POLLiN (Jean), médecin hollandais, fils du 
précédent, né à Bois-le-Duc, vivait au dix-sep- 
tième siècle. On a de lui : Synopsis tuendœ et 
eonservandxbonx Valetudinis; Bois-le-Duc, j 
1646, in-12; — Tyrocinium Medicinx prae- 
ticx, ex probatissimis auctoribus digestum; 
Cologne, 1648, in-12. | 

BiograplUe médicale. j 

FOLLisius. Voy. 'EoiQUA (Jacques). ' 

FOLQUBT on FOULQUES DB MABSBIL.LB, | 

en latin FUiiCO, en italien Folchetto, tronba» 
dour provençal et prélat français, né à Marseille» 
vers 1160, mort en décembre 1231. Son père, 
nommé Amphonx ou Alphonse, natif de Gênes 
mourut jeune, en lui laissant une fortune suffi- 
sante pour quH pOt vivre dans l'aisance. Fol^ 
quet fit ses débuts poétiques à la cour d'Alphon- 
se I^, comte de Provence, n fiit également biei 
accueilli par Barrai des Baux , vicomte de Mar^ 
seille. La femme de ce seigneur, Alazais ou Adé> 
kôde de Roqnemartine , était d'une rare beauté» 
Foiquet, à qui die inspira aussi une vive pas- 
sion, fit beaucoup de vers pour elle. Mais la 
dame, qui était vertueuse et qui aimait sincère- 
ment son mari, repoussa l'hommage du poêtei 
et lui fit défendre sa présence. Foiquet jura alon» 
dans son chagrin, qu'il ne ferait plus de vers. Il 
se rendit ensuite à la cour de Guillaume YHl^ 
vicomte de Montpellier. Eudoxie Comnène, pre^ 
mière femme de ce seigneur, obtint &cilemeDl 
que Foiquet renoncerait à son serment de ni 



65 FOLQUET — FOLZ 

plus rimer. Après son séjour à Montjfellier, il alla 



66 



Tisiter le roi Richard Cœur de Lion, Raimond V, 
comte de Toulouse, Alphonse U, roi d'Aragon, 
et Alphonse IX, roi de Castiile. Son séjour au- 
près de ce prince fut marqué par un grand éyé- 
nement. Les Castillans perdirent contre les Mau- 
res la bataille d'Alarcos, le i» juillet 1195. Fol- 
quet composa à ce sujet un énergique sirvente, 
dans lequel il reprochait aui princes , aux ba- 
rons et aux peuples leur léthargie, et les som- 
mait de venir au secours de la chrétienté. Ce 
sirvente , à la fois religieux et politique , forme 
la transiti(m entre la vie mondaine de Foiquet 
et sa vie apostolique. De retour à Marseille, vers 
1196 , il obligea sa femme à se foire religieuse 
dans l'ordre de Ctteaux; il y entra lui-même, 
et y consacra ses deux fils avec lui. Soa avan- 
cement ecclésiastique fut rapide : dès 1197 il 
était abbé de Thoronet. Peu de temps après com- 
mencèrent les troubles religieux qui amenèrent 
la guerre des albigeois. Foiquet, qui joignait une 
foi ardente à un caractère passionné, hautain, 
atrabilaire, parut propre à servir la cause de 
Torthodoxie. Aussi, en 1205, les légats du pape 
déposèrent Raimond de Rabastens , évèque de 
Toulouse, et firent élire Foiquet à sa place. Ce- 
lui-ci se montra digne de cette confiance, et fit 
de l'extermination des hérétiques le but de toutes 
ses actions. H commença par aller à Rome de- 
mander de nouveaux missionnaires ; puis, tandis 
que l'armée des croisés saccageait le Languedoc, 
il établit une confirérie appdée la. Blanche, à 
cause d'une croix blanche que les confrères por- 
taient sur leurs vêtements. £n 1211, le nombre 
des croisés étant dimmué, Foiquet alla solliciter 
en France des renforts. A son retour, il envoya 
cinq mille hommes de sa confrérie blanche dans 
le camp des croisés; il s'y rendit bientôt lui- 
même. £n 1215 Toulouse fut prise par les croi- 
sés. Foiquet voulait qu'on la réduisit en cendres, 
Montfort se ccmtenta d'en détruire les fortifica- 
tions. Les horribles cruautés commises par les 
bandes de Montfort, cruautés dont Foiquet fot 
non-seulemoit le complice, mais encore l'insti- 
gatenr, poussèr4»it les malheureux Toulousains à 
la révolte, et la guerre recommença avec plus 
de fureur que jamais. Le prélat repartit pour la 
France, et alla prêcher une nouvelle croisade. 
Montfort, pour récompenser tant de zèle, lui fit 
alors donaîion du château d'Urefeil et de vingt 
villages qui en dépendaient. Depuis cette époque 
jusqu'à la paix définitive , en 1229, Foiquet vécut 
dans les camps. Sa fortune était immense. Le roi 
LodsyUI étant venu à l'armée , l'évêque le dé- 
fraya ainsi qoe toute sa suite. La paix de 1229 
le ramena dans son évêché ; mais pendant les 
deax années qu'il vécut encore il ne cessa pas 
d'être en hostilité avec le comte de Toulouse , 
Raymond YI. De tous les actes de l'épiscopat de 
Foiquet, un des phis mémorables fot l'institution 
é» Frères Prêcheurs , fondée à Toulouse, par 
saint Dominique ( voy, cenom ), en 1215, sous la 

HOUV. BIOGR. GÉICÉR. — T. XVin. 



protection et par les soins de l'évêque. Cette ins- 
titution tut l'origine du tribunal de l'inquisition. 
« Tel fut Foiquet, dit VBistoire littéraire de 
France ; poète , homme de cour, moine, évêque , 
missionnaire, guerrier ; toiqours passionné, tur- 
bulent, ambitieux, fanatique , il oublia les devoirs 
de l'humanité , et il eut la faiblesse de s'enrichir, 
en croyant accomplir des devoirs qu'il jugeait 
apparemmentplus sacrés que la justice et la cha- 
rité. » Comme poète , Foiquet de Marseille ne 
fut le premier dans aucun des genres cultivés 
par les troubadours, et il dut à l'importance de 
son rôle religieux la plus grande partie de sa ré- 
putation littéraire. Pétrarque l'a loué dans son 
Trionfo d* Amure (cap. IV); Dante l'a placé 
dans le paradis. « Dans ma jeunesse, lui fait-il 
dire, j'ai été plus amoureux que la fille de 
Bélus, que Rhodope trahie par Démophon, 
(;^'Alcide quand il tenait lole renfermée dans 
son cœur. -Ici on ne pense plus à se repentir de 
ses fautes; elles ne reviennent pas dans la mé- 
moire.... Id on voit les effets admirables de la 
Providence , et l'amour qui règne sur la terre 
s'épure et se change en amour divin. » Il sub- 
siste en tout vingt-cinq pièces de Foiquet , dont 
quelques-unes sont attribuées à d'autres trouba- 
dours. Raynouard a publié onze de ces pièces^ 
dans son Choix des Poésies des Troubadours » 
t. IV. M. de Rochegude en a donné deux , dans 
^îk Parnasse Occitanien^ p. 62-64. On en trouve 
deux dans le recueil intitulé : Les Poètes j/rau' 
çais depuis le douzième siècle jusqu'à Mal- 
herbe^ publié par Auguis. 

Dom ValMettCjiRf foire génénO» du Languedoc, t. m. 
- Papon, Histoire de la Provence, -r Gattia ekriitiana, 
xni. — CrescimbeDi , DeW Istoria deOa voiçar Poeeia, 
t II. — Millot, Hittoire des Troubadours, L !•'. * His^ 
Mre littéraire de la France, t. XVIU. 

* FOLQUET DB LUNBL , troubadour, né vers 
1244 ; on ignore la date de sa mort. Il reste, 
dans divers manuscrits, onze pièces de sa com- 
position ; on y remarque un sirvente de plus de 
500 vers, dans lequel il critique les gens de tous 
les états, gais d'église, rois, dncs, etc., et six 
Hymnes à la Vierge, qui présentent une forme 
assez piquante. On croit qu'il s'agit d'une dame 
dont le poète a été bien traité ; ce n'est qn'à la fin 
de sa pièce qu'il détrompe le lecteur. G. B. 

MUlot, Hist. des Troubadours, t. II, p. its. — Bay- 
noaard. Choix des Poésies, t IV. — Hist, littéraire de 
la France, t. XX, p. <M. * De Hoebegude, Parnasse 
OedlUmien, p. iw. ~ Olez, Lében dor Troubadours, 

p. S91. 

* FOLZ ou FOLGZ (JEToiu), poëte allemand 
( Meistersànger ) , vivait dans la seconde moitié 
du quinzième siècle. Né à Woims, il vint de bonne 
heure s établir à Nuremberg, et y exerça la pro* 
fession de barbier. Ce fut dans cette ville qu'il 
composa ses contes (Schwànke ) , ses pièces de 
carnaval ( Fastnachtspiele), et ses poésies ly- 
riques {Meisterlieder). 

Ck>inme conteur, il est de la famille de oes 
malins trouvères que Boccace et plus tard La 
Fontaine ont mis si largement à contribution, et 

8 



67 



FOLZ 



68 



dont Legrand d^Atissy a publié les fabliaux, re* 
maniés et traduits dans la langue du dix-bui- 
tième siècle. Autant et peut-être plus encore que 
nos compatriotes, le barbier de Nuremberg pro- 
digue dans ses récits les détaUs graveleux et les 
expressions grivoises. Nous croyons cependant 
pouvoir donner ici le résumé d'un de ses contes, 
en l'expurgeant convenablement. Un chevalier 
est invité à la table du roi de France, qui, cbanné 
de sa valeur, veut en faire son gendre. Mais , 
moins fait aux usages de la coar qu'aux exer- 
cices militaires, il commet pendant le repas 
mille gaucheries. Au dessert on lui offre uncf 
poire : il la prend , la coupe en deux, et , sans 
la peler, en met une moitié tout entière dans sa 
bouche. La princesse, indignée, lui lance un t&- 
gard qui renverse toutes ses espérances , et le 
pauvre chevalier va conter sa disgrâce à son 
écuyer. Celui-ci lui donne alors le bizarre con- 
seU de prendre un costume de fou et de péné- 
trer, ainsi déguisé, dans l'appartement de la 
fille du roi. « Feignez, dit-il à son maître , d'avoir 
perdu la parole en même temps que la raison, et 
jouez bien votre rôle de muet. » — Le prétendu 
fou était bien tourné; son infirmité répondait de 
sa discrétion, et la princesse, qui le trouvait de 
son goût, crut pouvoir sans danger satisfaire son 

caprice Le lendemain matin il était mis à la 

porte sans cérémonie, et quelques heures après , 
ayant repris son costume ordinaire , il se présen- 
tait au palais pour s'entendre signifier devant 
toute la cour la décision royale. « Ah I s'écria la 
princesse en le voyant paraître, c'est ce rustre 
grossier qui avale une moitié de poire sans la 
peler I » Pour toute réponse, le chevalier se mit à 
redire à haute voit les termes de tendresse 
qu'elle lui avait prodigués durant la UUit précé- 
dente , et la dédaigneuse fille , s'apercevant alors 
du tour qu'on lui avait joué , se vît obligée, pour 
ne pas être publiquement déshonorée, de presser 
elle-même son père de conclure le mariage. 
En terminant c^ conte, qui est intitulé : La Moi* 
tié de poire ( Die halbe Birn ), l'auteur s'adresse 
aux femmes, et les engage à ne pas se montrer trop 
dédaigneuses ni trop promptes dans leurs juge- 
ments , de peur d'être obligées de changer d'o- 
pinion et d'accueillir avec etopressemcnt celui 
qu'elles avaient méprisé. <( Gardez-vous , dit-il, 
d'un pareil travers , et que la fille du roi vous 
serve de leçon ; ainsi parle Hans Folz le bar^ 
hier (also spricht Hans Folcz Barwîrer; 
impr. 1486). >» 

Les pièces de carhaval dé Hans Folz se com- 
posent d'une seule scène, dont la longueur varie 
de cent à deux cents vers : une discussion ou 
pour mieux dire une dispute sur quelque ques- 
tion féconde en grosses plaisanteries en fait géné- 
ralement le sujet, et dix ou douze jeunes gens, 
déguisés en paysans, en diablotins, et le plus 
souvent en bouffons, en sont Ifts acteurs ordi- 
naires. Ce sont des mascarades, et non de véri- 
tables œuvres dramatiques. Nous citerons seule- 



ment deux de ces petites pièces, imprimées toutes 
deux en 1483. Dans l'une c'est une bande de 
fons (Narren), qui sous la conduite d'une sorte 
de chorége ( der Hoffnarr ) pénètrent dans une 
taverne, et, après avoir salué les buveurs attablés 
et décliné leurs noms et qualités burlesques , se 
plaignent chacun à leur tour des mauvais pro- 
cédés que les ftimmes ont à leur égard. Dans la 
seconde, des amoureux (Puler ), au nombrs de 
neuf, conduits par un erieur (ein Sofcrcycr), 
parcourent la ville en voiture : ils s'arrêtent de- 
vant la porte d'un bourgeois de leur connaissance, 
et le crieur explique à l'auditoire improvisé 
pourquoi ses compagnons portent oreilles d'âne, 
marottes et bonnets ii grelots ; c'est que i'a- 
mour les a rendus fous. Ils ne veulent pas eo 
convenir, ajOlIte-^il, et se ilatlent que dame 
Vénus ( qui parait sans doute «n ce nMnnent ) Ta 
les absoudre et les déclarer sains d'esprit et de 
jugement. Chaque «mouiwt se met en efM à 
protester eontrel'iiipiritilsequaiifleatiaB, et nooâ 
faitconnaltre les motifs qui lelui ont attirée* L'uo 
s'est hilssé tromper par nne eo<|«elte qui a fini 
par se moquer de lui; l'autre s'est laissé ruiner 
par une femme qnl hil était Éifidèle^ etc. Bref, 
tous ont été d'une ftiçon on d'une autre dupes de 
leur sottise et de lertr vanité. Aussi dame Yénus 
les déclare-t-elle fima à lier, et se retire en fâH 
saut des vœux Ironiques pour leur phiepérité. Le 
crieur donne alors le signe du départ , et la voi- 
ture chargée de masqnes eentinue ea marche à 
travers les rues (iM (ie» a«f «ii^Mn «nd A«r). 
Par une shigniière méprise ( typogra|dikpie?) ta 
première de oes pièces est intitulée la /«ys- 
ment de Vénti» (Venus UrtheU),etla aeconde 
les Amoureux fouê { Die Weibemarren). 

Oommeon le pense bien , les gros mois et ks 
bouffonneries rabelaisiennes abondent dans les 
mascarades de Hans Poli, plus encore que dans 
ses contes. Mais il savait à l'ocoasion okianger 
de ton, comme le prouvent ses poésies lyriques, 
qui sont en général pleines d'éléTation, de grâce 
et de délicatesse. Nous signalerons en pertiealier 
le tied en l'honneur du mariage ( vam dem Lob 
der Eh) et une autre pièce intitulée : £in neu 
lÂeiiin Prenbêirçtrs Ton, Le joyeux barbier, qui 
rit de si bon oœur des maris trompés, parle avec 
un singulier respect de la femme vertueuse , 
couronne et sceptre de tout honneur; il exalte 
le bonheur de la paternité, et termine ce mor- 
ceau vraiment inspiré par une pieuse invocation : 
« O Seigneur et Créateur, quand deux êtres s'u- 
nissent par te mariage, soi» présent à leur union 
et guide leurs pas, afin qu'ils marchent dans la 
justice et dans la paix: also spricht Homs 
FOlcz Barwêrer, Une idée gracieuse, rendue 
phis gracieuse encore par les détails, fait le 
fond du lied composé par Hans Folz d'après 
une disposition métrique (Won) inventée parle 
minnessengerBrennenberget. S étant un jour en- 
dormi dans un vallon, au bord d'une claire fon- 
taine, il rêva qu'il se trouvait dans une salie 



69 



FOLZ — FONDOLO 



70 



magnifiqae , pleine de lamière et de yerdore et 
de petits oiseaux qui chantaient. Lors sa dame 
lui apparut, pins belle que la plus belle dame de 
la COUT da rot Ârtus ; et elle lui sourit avec bonté, 
l'embrassa tmdrement , et s'assit à côté de lui. 
Mais à peine eommençaMl à Jouir de son bonheur, 
qu'il se réveilla.... La belle dame avait disparu. 
Ainsi s'évanouissent, ajoote-t-il méiancolique- 
ment, toutes les joies de oe monde et la jeunesse 
et les beaux jours t au moment où le soleil 
brille avee le plus d'éclat , l'ora^^e fond tout à 
coup sur nos Ifttes. O homme, emploie de telle 
façon ta Jeunesse , qu'après qu'elle se sera éva^ 
nooie , il te reste le fruit de tes œuvres et dans 
le ciel un asile assuré. 

Tout ce qui nous reste des cenvres de Hans 
Folz se trouve dans un recueil , contemporain du 
poète, que possède la bibliothèqne de Wolfen* 
bâttel. A. Keller en a rééditéone partie, dans son 
livi*e intitulé : Altdeutsehe Gedichte * Tubingen , 
1M6. Alexandre Pet. 

C Gœdéke, Da$ Mitieiaiter, 1894, 6* HyraisM, pftMloi. 
FONCCMàfilIfi (Etienne LAVlttfAtLT SE), 

littérateur français , né à Orléans , le 9 mai 1694, 
mort à Paris, le Î6 septembre 1779. Il fit d'a- 
bord partie de la congrégation de l'Oratoire, puis 
it alla professer les humanités à Soissons. Sa 
mauvaise santé le fit rentrer dans la maison pa* 
temelle, où on le décida à renoncer aux ordres. 
Soos la protection du duc d'Antin , il vint se fixer 
à Paris. Son érudition le fit admettre à TAcadé^ 
mie des Inscriptions et Belles-Lettres (1722), ainsi 
qu'à l'Académie Française (1737). En 1752 il fut 
choisi pour être sous-gouverneur du duc de Char* 
très ; il n'accepta qu'après une longue résistance 
cet emploi, qu'il quitta en 1758, par suite de la 
Tive douleur que lui causa la perte de sa femme. 
II a publié les tomes XVI et XVTI des travaux de 
l'Académie des Inscriptions, et fait l'historique de 
ces travaux pour les années 1741, 1742, 1743. 
Les Mémoires de cette académie (tomes Vf, 
VIII et X) lui doivent des dissertations sur la 
première race des rois de France et sur la ques- 
tion de savoir si la couronne était alors élective 
ou liéréditaire. ïl pense qu'elle était réellement 
héréditan-e, et il étaHit que c'est par un faux 
préjugé qu'on a cru que les filles de France étaient 
exclues de la succession an trône par une dispo- 
sition expresse de la loi saliqne. De Fonce- 
niagne se distingua aussi dans une discussion 
littéraire qu'il eut avec Voltaire. Ce dernier avait 
prétendu, dans son livre intitulé : Les Mensonges 
imprimés , que l'ouvrage ayant pour titre Tes- 
tament politique du cardinal de Richelieu 
n'était point ni ne pouvait être de ce ministre. 
De Foncemagne soutint au contraire l'anthentî- 
fité de cet écrit , en répondant aux objections de 
son confrère dans une Lettre sur le Testament 
politique ' du cardinal de Richelieu , lettre 
qu'il publia enl750. Voltaire, en reconnaissant 
« que la réponse était pleine de sagesse et de po- 
litesse, M y répliqua dans ses Doutes ntmveaux 



de lûFrmce, -^m 
Mém. ëê CitfcaA. Ms i% 



sur le Teatammtt du cardinal de Richelieu, 
En 1704) de Fonoemagne, en puUiant une édi- 
tion de oe Testament politique ( a vol. in«8° ) ^ 
avec dee remarqués , donna aussi une nouvelle 
édition, augmentée de sa Lettre. Voltaire fit 
une nouvelle réplique; mais l'opinion sembto 
s'être définitivcmeat prononoée en iaveor de aoii 
antagoniste. Les lettres de Ponoemagne ae 
trouvent aussi dans les éditions du Têitament 
publiées en 1794 et 1829. Doué d'une grande 
érudition , d'un caractère doux et obligeant, oet 
académicien ftit unanimement regretté. 

GuTOT nfe FàBE. 

bathler. Lu TroU Sièoleê. 
criptkmi, 

poifcstnix (#ya]if0if DAvnr ra)» Foy. 
Davist. 

poiffDOLO ( Gabrin» ), seigneur de Crémooê , 
décapité à Milan, en 1425. C'était on soldat de ' 
fortune, dont Ugollno Cavaloabo, tyran de Cré« 
mone, avtdt fait son général et son premier 
ministre. Ugolino ayant été surpris et fait prison^ 
nier àManerbio par Astorre Vlscontl, chef gibelin 
du Milanais (14 décembre 1404), Fondolo continua 
la guerre pour délivrer ou venger son maître, et 
demeura en possession de la forteressede Grémone 
etdes principaux châteaux du pays. Oarlo Oavâl- 
cabo , cousin d'Ugolino, (ht déclaré seigneur de la 
ville pendant la captivité de son parent. OeluM 
ayant réussi à s'échapper de sa prison (14oe), 
accourut à Crémone pour reprendre le pouvoir ; 
mais il trouva Cltrio peu disposé à s'en des-» 
saisir. Une lotte paraissait Immhieiite : Fondolo 
s'offrit pour médiateur ; il invita les deux compé- 
titeurs à se rendre dans sa forteresse avec tous 
les membres de leur famille. Un grand repas fut 
préparé pour le 18 juillet 1406; le partage de la 
souveraineté devait être réglé entre les conviés. 
Lorsque Fondolo vit ainsi en sa pulssanea ceux 
qui prétendaient à la souveraineté, le» clieffe des 
deux partis et tous les hommes Influents qui 
pouvaient mettre obstacle à ses desseins. Il fit tm 
signal à ses satellites, qui envahirent la sâlle dn 
repas et la changèrent en une épouvantable bou- 
cherie; Ugolino et Carlo furent massacrés, et 
avec eux soixante-dix des premiers citoyens du 
pays. Gabrhio Fondolo , après ce massacre , (ut 
reconnu, sans opposition, seigneur de Crémone. 
Il fit la paix avec les Visconti , et les aida même 
à triompher d'Otto-Bono Terio, autre condot- 
tiere , qui lui aussi, par un mélange de bravoure 
et de perfidie, s'était emparé des seigneuries de 
ParmeetdeReggio.Cechef fut défait à Castetteto, 
le 19 juin 1408. En 14I3, t'empereur Sfgismond 
et le pape Jean XXlIt, convenant des arrangiez 
ments qui devaient précéder le concile de Cons- 
tance, visitèrent Fondolo. 11 les accueillît avec 
un grand faste; cependant, les deux monarques 
conçurent quelque soupçon sur la fidélité de leur 
hôte, et quittèrent Crémone avec précipitation. 
En 141 5, Fondolo entra dans la figue fomentée par 

8. 



71 



FONDOLO — FONFRÊDE 



72 



Filippo Aicelli, tyran de Plaisance, contre Fi- 
lippo-Maria Yisconti, duc de Milan. Quoique ce 
duc comptât en outre parmi ses ennemis Pan- 
dolfo Malatesta, tyran de Brescia; Lottiere 
Rusca, de Côme; Coleoni, de Bergame; Becca- 
ria de Pavie, et Tomaso de Campo-Fregoso, 
doge de Géoes , il triompha de ses adversaires 
par sa perfidie ou par la valeur de son général, le 
célèbre Francesoo Carmagnola {voy, ce nom). 
Après s'être défendu avec quelque succès , Fou- 
dolo vit, en 1421, ses possessions envahies. Ses 
châteaux de Pizzighetto et de Sondno se ren- 
dirent aux Milanais dès les premières attaques. 
Fondolo offrit aux Vénitiens de leur céder Cré- 
mone et ce qui lui restait de son territoire, mais 
ses propositions furent rejetées; il fut donc 
obligé de traiter avec Visconti, et lui r^nit sa prin- 
cipauté moyennant trente-cinq mille florins , se 
réservant seulement le château de CastigUone, où 
il se retira avec ses trésors. En 1425, Visconti, 
qui redoutait toi^yours Fondolo, corrompit 01- 
drado, ami de ce condottiere, et par sa trahison 
s'empara du seigneur de GastigUone. Sous di- 
vers prétextes, il le condanma aussitôt à perdre 
la tète. Monté sur Téchafaud et exhorté par son 
confesseur à se repentir, Fondolo s'écria : « Je 
me Tepens en effet, et d'une faute irréparable : 
j'ai tenu l'empereur et le pape au haut de mon 
clocher de Crémone ; je pouvais les précipiter 
tous deux en bas , j'en ai eu la pensée : j'accor- 
dais ainsi guelfes et gibelins et je rendais ma 
mémoire ûnpérissable. Mon seul remords est 
d avoir lâchement laissé échapper cette occasion. » 

Andréa BiUus, Historia MedManemis et Lambar- 
diea, liT. II, p. SS.et Ut. IU, p. 88. - Rediuiiu de Qiiero, 
Chron. Tarvin,f p. 805. — Campi« Cremona fedele, 1. III, 
p. 109. — Murator), jinnalt d'itaUa, t, XIX. — Stomondi» 
Hittoin des Républiques italiennes, t. VIII« cliap. lx, 
p. 184;LXI. ttS; LXIII, SU. 

FONFREDE ( Jean-Baptiste Boter ), homme 
politique français , né à Bordeaux, en 1766, exé- 
cuté à Paris^ le 31 octobre 1793. Issu d'une fa- 
mille qui tenait un des premiers rangs dans le 
commerce de cette ville , Fonfrède, s'étant ma- 
rié très-jeune, contre le gré de ses parents , se 
retira en Hollande, et y demeura plusieurs an- 
nées. La révolution ayant éclaté , fl revint à Bor- 
deaux , et à la fin de 1792 il fit partie de cette 
célèbre députation delà Gfronde dont l'influence, 
qui avait accéléré la marche du char révolution- 
naire, devint impuissante pour l'arrêter. Plus 
jeune que tous ses collègues de Bordeaux, Fon- 
frède, par son talent, se plaça immédiatement 
après les trois grands orateurs Vergniaud, 
Cvuadet et Gensonné. Une grande exaltation de 
sentiments et d'idées , qui chez lui n'excluait 
pas la droiture des intentions, une brillante fa- 
cilité d'élocution, donnaient à ses improvisa- 
tions un caractère ardent et passionné dont l'effet 
était irrésistible. A la suite de la discussion qui 
précéda le jugement du roi, Fonfrède fit adopter 
la rédaction des trois questions relatives à la 
culpabilité, à l'appel au peuple et à la nature 



de la peine, sur lesquelles devait voter l'assem- 
blée. Son vote personnel fut pour la peine de 
mort. Aveuglé par un fanatisme de haine contre 
la royauté, il déclara que si cet arrêt faisait 
gémir en lui l'humanité, il laissait sa conscience 
tranquille; mais adversaire non moins prononce 
de c^ tyrannie réelle qui se couvrait du mas- 
que du patriotisme , il défendit la liberté de la 
presse contre les attaques du montagnard I>n- 
hem. Dans la séance du 8 mars 1793 , cet aide 
de eamp politique de Marat ftvait demandé que 
tons ceux des députés qui prenaient part à la 
rédaction des journaux fussent expulsés de la 
Convention, et même que tous les joumalisteâ 
fussoit, en masse, chassés du lieu des séances : 
Fonfirède fit repousser ces violentes et illibérales 
propositions. La cx)n8piration du 10 mars, qui 
avait pour but de se déCaire par l'assassinat des 
chef» du c6té droit, ayant échoué, trois jours 
après Fonfrède fit décréter l'arrestation et la 
mise en jugement des membres du comité in- 
surrecteur. Dans les premiers jours d*avril , il 
dénonça le jeune duc de Chartres comme com- 
plice de Dumouriez , et demanda que tous les 
Bourbons qui se trouvaient encore en France 
fussent détenus comme otages et répondissent 
sur leur tête du salut des commissaires con- 
ventionnels livrés à l'ennemi par le général re- 
belle. Ces propositions furent adoptées et im- 
médiat^Daent mises à exécution. H n'en avait pas 
été ainsi de la mesure relative aux conspira- 
teurs anarchistes du 10 mars : impunis et libres, 
ils préparaient ouvertement une nouvelle insur- 
rection. Leur audace était redouMée par le triom- 
phe que Marat venait de remporter au tribunal 
révolutionnaire, où, sur la motion de Fonfrède, 
il avait été traduit le 12 avril par décret de la 
Convention nationale. Trois jours seulement 
après, la commune de Paris ayant demandé par 
l'organe du maire Pacheque vingt-deux députés 
fussent exclus de la Convention, Fonfrède, en 
s'étonnant de l'omission de son nom sur cette 
liste honorable, soutint que, présentée par une 
faible fraction du péhple français, cette demande 
de proscription contre une partie de la repré- 
sentation nationale signalait une tendance réelle 
au fédéralisme. Il proposa en même temps le 
renvoi de la pétition à la nation entière réunie 
en assemblées primaires. C'était placer la ques- 
tion sur son terrain véritable, et ce discours de 
Fonfrède, ainsi que celui que, cinq jours au- 
paravant , il avait prononcé sur une question 
analogue, offrent les plus éloquents modèles de 
la logique parlementaire. 

Nommé président de la Convention pour la 
première quinzaine de mai , dans la séaiice du 
18 mai, Fonfrède fut le premier éhi membre de 
la fameuse commission des douze, créée sur 
la proposition de Barrère pour rechercher les 
auteurs de la conspiration du 10 mars et décon- 
certer leurs nouvelles menées. Cette commission 
ayant (ait arrêter Hébert et trois autres déma* 



73 

gogaes /par une contradiction impossible à qua- 
lifier, Fonfrède s'opposa à cette mesure, et, aussi 
jiceiiain dans le conseil qu'il s'était montré ré- 
solu à la tribane , le 28 mai il arracha à la Gon- 
Tention on décret qui remettait provisoirement 
ces détenus en libâté. Cette concession faite à 
l'anarchie devint le gage de son triomphe. Si , 
malgré les efforts de Bourdon de l'Oise , (die valut 
à Foofrède une exception personnelle dans le dé- 
cret d'arrestation porté le 2 juin contre la com- 
mission des douze en masse et contre vingt-deux 
antres membres de la Convention, dès le 15 juil- 
let suivant, Billaud-Yarennes, infatigable pour- 
Toyenr de l'échafaud révolutionnaire, demanda 
la mise en accusation de Boyer Fonfrède. Celui- 
ci, qui pendant toute la durée du mois de juin 
n'avait cessé de presser le rapport qui devait 
être fait par le comité de salut public sur les 
députés incarcérés, voyant l'inutilité de ses ef- 
forts , s'était enfin voué au silence. H pouvait 
se croire oublié, lorsque, le 3 octobre, il fut, 
ainsi queDucos, demeuré.libre comme lui, com- 
pris dans le décret d'accusation rendu contre 
ces mêmes députés, sur le rapport d'Amar. 
Fonfrède ayant demandé la parole, le monta- 
gnard Albitte lui ferma la bouche par ces mots 
atroces : « Tu parleras au tribunal révolution- 
naire! » A ce tribunal de sang, le seul fait im- 
poté à Fonfrède fut d'avoir, après le 31 mai, 
provoqué l'insurrection bordelaise contre les 
dateurs de cette journée. Cela suffit pour te faire 
comprendre dans l'arrêt qui, le 31 octobre, en- 
voya à l'échafaud vingt-un députés , l'élite de la 
Convention. Ducos et Fonfrède, les plus jeunes 
parmi ces illustres victimes , jouissaient l'un et 
l'autre d'une grande fortune. Fonfrède périt à 
vingt-sept ans ; sa carrière fut courte et mémo- 
rable. La chalear et la sincérité de sesijopinions 
républicaines doivent couvrir d'un voile d'indul- 
gence des erreurs si cruellement expiées. [P. A. 
ViEiLLARu, dans rj^nc. des G. du M.] 

Thlen, Histoire de la Bévolution française. - La- 
vartiact' Histoire <^ Girondins. — Rabbe, Bol&)o- 
lin, etc.. Biographie tmio. des Contemporains. 

FONFBÈDE ( ^enri ) , pubticistc français, fils 
dn précédent, né à Bordeaux, le 21 février 1788, 
mort le 23 juillet 1841 . Élevé à l'école centrale de 
Bordeaux , Henri Fonfirède se destina à la pro- 
fession d'avocat. Il se rendit dans ce but à Paris, 
et il y prit ses premiers grades ; mais sa santé , 
fortement altérée , ne lui permit pas de réaliser 
âon projet; il fut contraint de regagner sa ville 
natale. Il entra alors dans une maison de com- 
merce, dont il dirigea loi^mps la correspon- 
dance, et phistard, s'associant à son onde, 
Armand Ducos , firère du girondin , il fonda la 
maison Fonfrède et A. Ducos. Ce ne fut qu'en 
1820 que Henri Fonfrède aborda la carrière 
d'écrivain politique. A cette époque il créa à 
Bordeaux le journal La Tribune, dont la durée 
fut limitée aux cent jours de la liberté de la 
presse. On a prétendu que Fonfrède avait pro- 



FONFRÈDE 74 

fessé dans ce jonmal des prîndpes républi- 
cains : le fait est inexact ; une opposition avancée, 
fondée sur les vrais principes du gouvernement 
représentatif, forme la base de toute la polémique 
de La Tribune , et la république y est, au con- 
traire , signalée connue antipathique au caractère 
national. 

Bordeaux était encore la viUe qui avait reçu 
a>ec enthousiasme le duc et la duchesse d'An- 
goulême, et le journal La Tribune fut brûlé en 
plein théAtre pour un article commémoratif de 
la journée du 12 mars. Henri Fonfrède avait été 
déjà l'objet des poursuites du parquet. Dans un 
procès pour déh't de presse, de Maitignac 
porta la parole contre lui au nom du ministère^ 
public, et, si nous en croyons les souvenirs des 
témoins de cette brillante lutte , le journaliste 
ne fut pas inférieur à son redoutable adversaire. 
Le tribunal sanctionna par un acquittement l'é- 
loquente plaidoirie de Henri Fonfrède; néan- 
moins, La Tribune fut enveloppée dans la ruine 
de toute la presse indépendante , et ce ne fut que 
six ans après que l'ardent tribun ressuscita dans 
les colonnes de L'Indicateur de Bordeaux. £n 
1830, sa polémique s'éleva à la hauteur des 
événements. A côté de la page qui contenait les 
fameuses ordonnances , il signa de son nom un 
appel à la résistance , et il en donna lui-même le 
signal en s'asseyant sur les presses de l'Indi- 
cateur, dont on voulait opérer la saisie, et 
eu arrêtant par sa contenance résolue les 
entreprises des agents de l'autorité. Autant 
Fonfrède avait été ardent dans le combat, au- 
tant il fut modéré après la victoire, et dès 
les premiers jours qui suivirent la révolution de 
Juillet il écrivait dans VIndicateur ces lignes 
remarquables : « La Charte a été notre cri de ral- 
liement pendant le combat, elle doit être notre 
cri de ralliementaprèsla victoire (8 août 1830 ). » 

Depuis, soit dans L'Indicateur, soit dans Le 
Mémorial,qm lui ouvrit ses colonnes en 1831 , 
soit dans La Paix et le Journal de Paris, 
auxquels il prêta son appui pendant le séjour 
qu'il fit dans la capitale (1836), soit enfin dans 
Le Courrier de Bordeaux, qu'à son retour il 
fonda lui-même, en 1837, Henri Fonfrède sou- 
tint les principes du parti conservateur, avec 
une énergie qui lui suscita des adversaires nom- 
breux et passionnés. Défenseur infatigable des 
intérêts méridionaux, il fit partie des divers 
comités vinicoles et commerciaux qui se for- 
mèrent successivement à Bordeaux. Nommé dé- 
puté en 1830 par le collège extra-muros de cette 
ville, il fournit lui-même à la chambre la preuve 
de son inéligibilité; depuis lors, il refusa cons- 
tamment la députation. Mais il fut nommé mem- 
bre du conseil général de la Gironde, qui le 
choisit pour secrétaire, et il montra un talent 
distingué dans les comptes-rendus qu'il rédigeait 
des délibérations de cette assemblée, à la fin de 
chaque séance. 

Comme publiciste, H. Fonfrède fit preuve 



76 FONFRÈDE 

d'esprit y de finMse et d'qoe grande fermeté d'ar- 
gumentatiop, La politique conservatrice n'eut 
pas de défenseur plus décidé et plus loyal. Seul 
parmi les écrivains provinciaux de son temps , 
il parvint k attirer sur lui les regards de la presse 
parisienne et à commencer, k force de bon sens, 
de verve et d'originalité , la décentralisation du 
journalisme. Outre les nombreux articles insérés 
dans les journaux mentionnés plus baut, Henri 
Fonlr^e publia : Réponse à la brochure de 
M. de Chateaubriand^ intitulée : De la now 
pelle proposition relative au bannissement 
de Charles X et de sa/amille; Paris, 1831, 
in-8° ; — Du gouvernement du roi et des li- 
mites constitutionnelles de la prérogative 
parlen^entaire;Vàmt 1839, in-8". Les Œuvres 
de Henri Fonfrède ont été recueillies par M, Cb.- 
Al. Campan} Bordeaux et Paris, 1844, lo vol. 
in^8*'. [F. SOLA&, dans VMncye* des Q, du M», 
avec additions. ] 

s. F«rbQ«, É\n99 dfi Henri fùt^fréde . couronné par 
rXcad. de Bordeao}^, — Euff. Bobin , dans la Bfvue nou' 
telle, février 18*6. — U)uls Lurlne, Train de Bordeaux. 

PONS (Jacques ni; La), poëte français, Voy, 
La Fons. 

; FQNS ( Victor )t jurisconsulte français, né 
vers la fin du dernier siècle. Après avoir été 
avocat à Toulouse, il devint juge au tribunal 
civil de Muret. Il a été aussi rédacteur en chef 
du Mémorial de Jurisprudence des Cours 
royales du midi. Ses principaux ouvrages sont: 
U Petit Code voiturin^ ou précis des lois 
réputées encore en vigueur de |789 k 1828 
exclîtsivemeMty etc.; Toulouse, 1828 ; ^ Juris- 
priuience inédite de la Cour royale de Tcm^ 
lause depuis 1800 jusqu'à 1820, etc.; Toulouse, 
1834, in-8°; — les Tarifs en matière civile 
annotés, etc.; Paris, 1842, in<«8'', en collabo- 
ration avec Niel ; -^Aphorismes de droit classés 
suivant Vordre des matières du Code Ci- 
vii, etc.; Paris, 1846, a* éd. 

LQunvdra et Bourquelot, Z4 UU^/r. contemft. 

VQfiSk^Qh (D. Juan-Rodriguez dei), prélat 
espagnol, né à Toro, en 14^1, mort à fiurgos, 
ie 4 mars 1524. Il fut successivement doyen 
de Séville , évèqua de Badajoz, de Cordoue, de 
Palencia, de Burgos, et arebevéque de Rosana. 
Il remplit diverses missions diplomatiques, et 
fut employé longtemps aux affaires des Indes 
oecidentaies. H était doyen de Séville lorsqu'il 
fut cbargé d'ordonner l'armement destiné à 
la découverte du Nouveau Mande. Consulté pré- 
cédemment sur le projet de Christophe Co- 
lomb, il avait traité le grand navigateur de vi- 
sionnaire. Il ne lui pardonna jamais d'avoir 
réussi , et ne laissa passer aucune occasion de 
lui nuire. Ce toi surtout après la mort d'Isabelle 
queFonseca, chargé de tout ie maniement des 
aifiaiires qui regardaient le Nouveau Monde, put 
poursuivre de sa haine la famille de Christophe 
Colomb. Il ne fut pas moins hostile à Fernand 
Certes et à Las Casas ( voy. ce nom), qui le ré- 



-r- FONSECA 



76 



cusèrent et obtinrent, en 1520, la dissolution do 
conseil dont le prélat était le président. Depuis 
ce temps Fonseca montra plus de complaisance 
pour Las Casas, qui avait su se concilier la fa- 
veur d'Adrien d'Utrecht (voy. ce nom). Homme 
dur, fanatique et passionné , Fonseca fut grand 
ami de Torquemada. V. Marty. 

Herrera , Wst' de los hechos de loi Coitellanos en las 
i$las y tierra finne del Oceano, 1'*, t* et 8* décades. - 
Le P. Charlevoli, Hist. de Saint'Domin9ue, t. I«r. — Glt 
Oonçaiez d'AvIla, Ttat, ecl. 

FONSBijCA soAHEfi {Antonio UA ), plus connu 
sous le nom d'ANTONio das Chagas, tbéologieo 
portugais célèbre, né à Vidigueira, le 25 juin 
1631, mort le 20 octobre 1682. Son père appar- 
tenait à la meilleure noblesse du pays ; sa mère 
était Irlandaise : elle s'était réfugiée en Portugal 
durant les guerres de religion. Il fit ses études 
à l'université d'Ëvora, et, après la mort de son 
père, s'engagea comme simple soldat. Il était 
poète, et plaisait par la vivacité de son esprit; 
mais il tua malheureusement un homme en duel, 
et il fut contraint de se réfugier au Brésil. Il 
mena à Bahia la vie licencieuse qu'il avait me- 
née à Moura, le lieu de sa garnison; mais un 
traité de F. Luiz da Granada lui étant tombé 
entre les mains, il rentra en lui-même, et réso- 
lut desefûre franciscain. Pour accomplir sa ré- 
solution, il repassa en Europe; néanmoins, les 
délices de Lisbonne lui firent oublier ses saintes 
résolutions. Une maladie violente les lui rappela ; 
un coup de sabre qui le blessa légèrement dans 
une rixe è Setuval fut aussi, dit-on, un sérieux 
avertissement pour qu'il changeât de vie; il alla 
trouver le provincial des franciscains de Saint- 
Paul des Algarves, et quelque temps après, le 18 
mai 1662 , il se trouva affilié à Tordre de Saint- 
François d'Ëvora. Après avoir donné des ga- 
ranties du changement absolu qui s*était opéré 
en loi, il prononça solennellement ses vœux le 
19 mai 1663. Ce fut alors seulement qu'il alla 
étudier la théologie à Coïmbre, Bientôt la répu- 
tation de frey Antonio das Chagas (c'était son 
nom de religion) se répandit dans toute la Pénin- 
sule ; il refusa l'évôché de Lamego, que le prince 
régent, D. Pedro , lui offrit en 1679. Il avait ins- 
titué l'année précédente un séminaire à Torres- 
Vedras; ce fut là qu'il mourut, en odeur de 
sainteté. Les populations du voisinage se dispu- 
tèrent ses cheveux, des parcelles de ses ongles, 
les plus minées fragments de sa robe, et il fut 
enterré dans la salle du chapitre. On a de lui 
les ouvrages posthumes suivants : Faisicas 
de amor divino e lagrimas da aima; Lis- 
bonne, 1683, in-8^; — Obras espirituaes, 
{'' parte; Lisbonne, Mig. Deslandes, 1684, 
in-a*» ; 2* parte , Lisbonne, 1687, in-8' ; — Pa- 
dre nosso commentado ; Lisbonne , 1688, 10-4"; 
— Espelho do JEspirito em que deve verse e 
compw'se a Aima, que quer cbeyar à uniâo 
de Deos t Lisbonne , 1683, in-8° ; — Escola da 
penitencia efiagello dos peccadores ; Lisbonne, 
1687, in-4'';— Sermoës Genuino.s, epractiçns 



77 



jfomEOk 



78 



espirituMs; Lisbûnae, 1690, iD-4''; — Cûrtas 
espirituaesy Imparte, oom poUs de D. JoSi> da 
Sylva ; Uaboone, itM^m-A"* \ 2* porte, Lidioiuie, 
15S7; ^ ««manu êanta etpttHual mt nudà- 
taçoem pia$ para puUfuer dia ëella; Us- 
bonne ; •*• MaimUkeiê espiritual eompoiiê com 
as floTêi dùutrinaes «m doMiB sermoens; lis- 
boime, 1722, iir4*. OnooMerre on grand nmbre 
d'autres oavra^ aflcéftiquM du P. Aat das 
Ciiagpfi HÊ$é& manoteiitt^ mait ou a rékapririié 
placeurs fbfs en 2 toI. la trad« françaite de aes 
dWers ouTrage». Ou 4ni|iTe quelqueft-UM» de 
ses poésies dana uu renieii intitulé : Â Itais 
r0na«eMa;Li8b(mne,172S,iii-8St.V. C'est à«on 
poëme de Fili» et Démopfumte , à ses cliMaons 
profenesy que s'applique une petite anecdote m- 
eonfée sans grand fondement c Le bon pèra, dit- 
on, jeûnait et se donnait la discipline pour le 
salut de tont individu qui (ul rapportait quelque 
copie de ses œu^iee profimes; il y a de Ini un 
opuscule poétique quV serait À souhaiter qu'on 
publiât : Deicripçê» da iHctoria fue aican- 
cardo em ÎA dé jamHrô de 1660 os Portu- 
guenes, na campanha ds Blvoi. Cet éariiain 
est mis au sombra des dassfques. 

Ferdinand Dow. 

Le P. MaDoel (l«tflikliO, Fidm, Iftr, it 17«, 1b-««. - 
F. Fernando 4i iotedM* ftifUtfia terw^Ua da wrwif^ 
da de Portuçai, parte S, Ut. S^ cap. i7. — CosU, Cùto- 
çraHa Portugueut. — Ponseca, Evora glortosa. — 
BarbosaMaehâdo, BibUotheca Luttttmm. 

FONSBCA ( Rûdrigo hk) , médeein portugais, 
né à Lisbonne, an seizième siècle, mort en 1642. 
Il ayatt acquis d^à une grande renommée dans la 
pratique de son art, lorsque le gouvernement de 
Venise lui fit des offres considérables pour venir 
professer k Pise. H se rendit en Italie au com- 
mencement de 1606. De Tuniveratté de Pise, il 
passa à celle de Padoue , où il expliqua surtout 
les aphorismes d'Hippocrate. H était Tinventeur 
d'une certiâne huile A*ÀpariciHS, qui opérait, 
disait-on, des merveilles et qui lui valut l'entrée 
de bien des palais. Philippe II lui-même l'aVSût 
en grande estime; il mourut à Rome, et il y est 
enterré, au milieu des merveiiles de l'art, dans 
Féglise de San-Lorenzo. Nons donnons ici sa 
bibliographie, incomplètement reproduite dans 
d'autres ouvrages : De ealcuhrum remedlis, 
gui in renibus et vesiea gignuntur, Libri duo ; 
Roraa, 1586, în-4*; — In Hippocratis Legem 
Commentarium, quo perfecH mediei natura 
explicatur ; Roma, 1586, in-4" ; — De Veneni9\ 
eorumque curatiûne; Roma, 1567; — Opus- 
culum qvo adolescentes ad medieinam facile 
eapessendam instruuntur, easus omnium 
febriummethodicediscutiuntur et eurantur, 
juxtanormam in punctis tentativis pro docto- 
ratu recitandis et post utilem medendi me- 
thodum in particularibus , si guis exercere 
possitj consultationes aliquot, et modus de- 
monstratur curandi capitis vulnera sine 
apertioneet peradmirabile Aparicii oleum, 
Florence, 1594, in-4*'; — Commeniaria in 



êêpiem iibros ApkarUmonm JBippocratis eo 
m-dine contexth quo doctoratus puncta ex- 
poni consuevereg Florence, lô91; Venise, 
1606(iiNd., 1608;~>/n fiippocratis Prognot- 
Haa CommentarUf quibus universa ^us doc- 
trimmin coneluMones dedueitur ; Padoue, i 597» 
in-é*'; ibid., ié7ë( — De tuenda valetudine 
et piwlucenda vUa Liber; FlMrence, 1602, 
■i-é*; Francfort, 1603, in4<'; bmd. en italien 
par Petioano Mancino, Florence» 1603; — De 
kotmnii ^tteremmtis; Pise, 1613, in-4''; — 
Tra€tatu$ de febrium acutarum et pesti- 
leutiam R$medii$ dimtetids, chirurgicis et 
phamrnoeuiig; Venise, 1621, in-i"*; ^ Coh- 
sultationes medicx singuléuribus remediis 
referta^ wm mùdo ex OHiiqua verwn etiam 
tx nova meéMfMf depnmptis ac selectis, 
fuarum ustu txaetissima methodo explicatur 
9t ^xperimentiê probaêur accessit : de eonêul- 
tanéi roHme brtm compendium et consul- 
tafia de piiea pêianicà ; Venise , îêiH, in-fol. ; 
Hnd., 1619, 1622, 1628; FnBOfoit, 162j»» 2 vol. 
in»8o. Ou fiouve dans le même vol. le petit 
Inité De Virguium ÂÊoràiâ qui itUra clauêu- 
ram eurari nequeunt, Feid. OcHik 

■«riMca Machado, BUMotkma Lmitama. 

mwsBCA {ÀnUmio na ), historien poHvi^, 
né eu 1617, mort après 1650. Son père, Antonio 
Conea, était fondateur du couvent de Santa-Anna. 
n ee fit douiniGain, et irint à Paris, où il reçut le 
grade dedootear en Sorbonne, le 6 janvier 1542. 
Il joif^iait à k oonnaissanœ des langues anciennes 
celle de l'héhnsn. Jean 10 le rappela bientôt 
pour professer à Coiirabre ; il commença ses cours 
en 1544, et les continua durant de longues an- 
nétt. Avant de venir à Paris, et comme il comp- 
tait À peine vingt-deux ans, il avait écrit en 
latipi l'ouvrage enivant : AnvkoUUiones ^margi- 
nales in Commeniaria Thûmœ de Viro car^ 
dinalis Caietani in Pentateucîmm; Paris, 
1539, in-fol. €omme prédicateur, il s'ékn- 
gna de la voie commune, et l'un des plus 
grands prosateurs de la langue portugaise, Frey 
Luiz de Souza, a pu dire de lui : «i II introduisit 
dans ce pays te sens littéral de TÉcriture, en 
rendant l'explication des sainte Évangiles ou plus 
fooHe ou moins ardue pour qui la veut suivre. » 
Il sépara ainsi eon etyte de l'aDcien style ora- 
toire, si embarrassé jadis de tropes, de figures et 
de fleurs de rbétcMique. Foaseca, contre Topinion 
générale, est un réformateur qui durant le sei- 
zième siècte fit école et rentra dans la simplicité. 
Ferd. Bseus. 

Svrteaa Macbado , £i»2i«tA0»a Imitma, 

FOHSBGA B EVOBA ( i>. Fr,-/ozé), théo- 
logien portugais, né le 3 décembre 1690, à Ëvora, 
mort te 14 avril 1760. Il s'appelait dans le siè- 
cle lozé Rifaeiro da Fonseca Figuelredo e Souza. 
Son père était militaire, et avait servi en AUe- 
magne, en Flandre et en Italie. Il fit étudier son 
fils à Evora d'abord, puis à Coïmbre. £n 1712, 
Jozé Fonseca se rendit à Rome, avec le marquis 



79 



FONSEGA 



80 



d'Abrantès , nommé ambassadeur extraordinaire 
près le saint-siége ; il s'y fit franciscain, et prit 
l'habit dans le couvent d'Ara-Cœli, le 8 décem- 
bre 1712. Il y professa bientôt la théologie et la 
philosophie y et parvint en peu de temps à tontes 
les dignités de Tordre, dont il fut par la suite le 
réformateur. C'est à lui qu'appartient l'honneur 
d'avoir introduit dans le Vatican la statue de 
saint François en habit de l'observance , et pour 
cela il lui fallut vaincre plus d'un obstacle. U 
ne se borna pas à ce genre de mérite, qui lui 
vahit du reste tous les honneurs que l'ordre ré- 
formé pouvait accorder à l'un de ses membres ; il 
fonda dans le couvent où il avait professé une im- 
mense bibliothèque , l'une des plus belles que 
l'on ait admirées dans Rome; il s'était réservé le 
droit d'en nommer le bibliothécaire et les divers 
employés, r^on -seulement il avait été déclaré 
publiquement l'honneur de la religion sera- 
phique, mais il n'y eut guère d'affaire religieuse 
ou même administrative à laquelle il ne participât, 
et Venise elle-même le : nomma patrice. Après 
avoir refusé plusieurs évèchés,. il se vit con- 
traint d'accepter celui de Porto, auquel l'avait 
nommé Jofto V. Il s'y fit aimer et estimer, et il 
y mourut. On a de lui : Jura Romanœ pro^ 
vineix et ordinis super ecclesiam Aracelita- 
nom, schakan, conventum et clausuram, 
contra exeellentissimum S. P. Q. R. discussa 
et vindieata; Rome, 1719, in-fol. ; >— Privi- 
légia terrx sanctx et facultas utendi panti^ 
ficalibus atque sacrum chrisma in sacra- 
mento confirmationis ; Roma, 1721; — JA- 
bellus contra Fratieellorum sectam falso 
aitribuitur B, Jacob de Marchia; Roma, 1724, 
in-fol. ; — P. Fr. Claudii Frassen Philosophia 
et Theologia correcta; Rome, 1626, 16 tom., 
jn-4®; — Excellencias y virtudes del apos- 
tol de las IndiaSy san Francisco Salano; 
1727, in-S*"; — Arcadia festiva peWinal&a- 
mento al trono del eminentissimo card. Cor- 
sini eol nome di Clémente XII ; Rome, 1730 , 
in-é**. F. Denis. 

BarbosaMacbado, BWliotheea Lutitona. 

FONSEGA ( Pedro dà), théologien philosophe 
portugais, néà Cortizada, dans le prieuré de Crato, 
en 1526, mort le 4 novembre 1599. Il fut admis 
dans laCkHnpagnie de Jésus en qualité de novice, 
le 17 mars 1548. Il résida d'abord à la maison de 
Coïmbre, dont les professeurs jouissaient d'une 
haute renommée. Le cardinal D. Henri venait de 
fonder en 1551 ^université d'Evora, où Clénard 
déployait tant de science et de zèle, lorsque 
Fonseca y>fut appelé; il y reçut les enseigne- 
ments théologiques de Bartholomeu dos Martyres. 
Fonseca finit par professer avec éclat où il avait 
été un élève studieux, et il fut reçu docteur de 
l'université d'Evora en 1570, devant le jeune roi 
!)• Sébastien, qu'assistaient son oncle D. Hen- 
rique et l'infant D. Duarte. En 1572, à l'époque 
où se réunit la congrégation provinciale , il fut 
éln pour voter au chapitre général^ où Éverard 



Mercuriano fut élu général de l'ordre. II passa 
avec lui à Rome; pendant sept ans il l'assista. 
Après la chute de Sébastien, Philippe II le 
choisit pour établir la réforme en Portugal ; il 
devint visiteur de la province. On lui dut l'éta- 
blissement de la maison des catéchumènes à Lis- 
bonne, et en outre celui de l'orphelinat qui fut 
établi dans l'ancienne forteresse de la capitale 
(O C)as1elbo).La maison des Converties, fut paie- 
ment l'une de ses fondations, ainsi que le collège 
des Irlandais et le couvent de Santa-Martha. 
Grégoîrrxin s'en rapportait à lui pour l'admi- 
nistration{des affaires les plus graves, pour celles 
même auxquelles l'Église tout entière était inté- 
ressée. Il)moiirut après dnquante^t-un ans de re- 
ligion, et après avoir donné la preuve des senti- 
ments les plus pieux. On a de Im : Institutio- 
num dialecticarum Libri VIII; Lisbonne, 1 564, 
in-4*; Cologne, 1567; Venise, 1575, in-8°; 
ibid., 1582; Lyon, 1622, inS*" ; — In Libros 
Metaphysicorum Àristotelis Stagifitae, tomus 
primus;Rome, 1572; 1591, in-4<*; tomus se- 
cundus, Rome, 1589, 1690; tomus tertius, Co- 
logne, 1604, in-4^; Lyon, 1605, in-4®; tomus 
quartus, Lyon, 1602 ; ibid., 1612. Tout l'ouvrage 
a été imprimé à Strasbourg, 1594, in-4^. Fonseca 
doit probablement à ce lii^re l'honneur d'avoir été 
appelé YAristote portugais. Il dispute à Molina 
l'avantage d'avoir inventé la science moyenne 
( sciencia média ), et la priorité lui demeure. 
Cette méthode nouvelle de concilier le libre ar- 
bitre avec la prédestination s'offrit, dit-il, un jour 
à son esprit comme une lumière nouvelle. 

F. D. 

Barbosa Machado, Bibliothêca Lusitana, 

* FONSEGA (Le P. Francisco BvkKTE), his- 
torien portugais, né à Evora, en 1668 , mort à 
Rome, en 1738. Il entra dans l'ordre des Jésuites, 
et enseigna les humanités à l'Ile de Madère. De re- 
tour en Portugal, il accompagna en 1708 , en 
qualité de confesseur, le comte de Villar-Maior, 
nbmmé ambassadeur extraordinaire pour assister 
aux noces de l'archiduchesse d'Autriche avec 
le roi Jean V. On a -de lui : Evora gloriosa , 
emboAxada do conde de Villar-Maior y Fer- 
nando Telles da Sylva de Lisboa a eorte de 
Vienna, e viagem da raynha dona Anna de 
Austria a corte de Lisboa, com uma somma- 
ria noticia dos lugares e provincias por onde 
se fez a Jornada em Vienna; Rome, 1717, 
in4». F. D. 

Plnto de Soaza , Biblioth. Mttùriea, 

*FO!i8ECiA(l) (Pedro-Jozé da), philologue 
portugais, mort le 8 juin 1816. Il était membre de 
l'Académie des Sciences de Lisbonne, et il conçut, 
dès l'année 1780, le plan du grand dictionnaire 
de la langue portugaise que devait élaborer 

(1) u ne fant pas confondre ce ietfcograpbe avec Se- 
bastifto de Fonseci, le premier président de l'Académie 
dos Siflgulares de Lisbonne, qui fut fondée au mois d'oc- 
tobre 166S, et finit compiétement ses travaux en 1668. La 
▼anité paérlle de ce personnage n'est égalée qae par la 
modestie de son bomonyme. 



81 



FONSECA — FONTAINE 



82 



ce corps sayant On Ini adjoignit deox antres 
membres, Agostinho Jozé da Costa de Macedo 
et Barth. Ignacio Gorge. 

Ce trayail a ponr titre : Diedoncaio da Un". 
gua Portuffueza, publicado pela Academia 
das Sciendas de Lisboa ; tomo P ; Lisbonne , 
na offidna da mesraa Academia , 1793, in-fol. 
On y tronye : Catalogo dos autares e obras 
que se lerdo e de que se tomardo as auto- 
ridades para a eomposicâo do Diceionario 
da Lingua Portugiieza formado pelo ordem 
das ahlnreciaiuras dos nomes e apelUdos dos 
mesmos autares, e dos titulos das obras 
anonymas. Cette snite de biographies concises 
pent édifier les nationaux et les étrangers sur le 
YTai mérite littéraire des auteurs portugais qui 
foQt autorité dans leur langue. On doit en outre 
à FoDseca un Dictionnaire Latin-Portugais et 
Poitug9is-Latin,réimprimé plusieurs fois et adopté 
par les établissements d'instruction publique du 
royaume ; — un Dictionnaire de la Fable ; — et 
plusieurs ouvrages élémentaires. 

Ferd. Denis. 

tfiitoHa « Memoriat da Academia reai das Seien- 
da» de LUboa ; Uab., 1817. t V, i»arte 1. et parte s ano. 
1818. - Balbi, .Swai ttaOtUçHô mr le royoMMM de Por- 
tuçal. 

FORSBGA (Éléonore Pihbntel, marquise 
de), née à Najiles, en 1758, morte en 1799. Elle 
appartenait à mie des Êunilles les plus illustres du 
royamne. Dès Fenfance, elle s'occupa d'études 
sérieiues, et eut pour maîtres Métastase et Spal- 
lanzani. Son naariage avec le marquis de Fou- 
seca fat suivi de sa présentation à la cour de 
Ferdinand IV et de Marie-Caroline. Mais elle 
s'éloigna bientôt de cette cour et d'une reine 
arec laquelle eQe ne pouyait sympathiser. Pen- 
dant la courte et désastreuse domination des 
lazzarom de ffaples, au moment où Chami»on- 
net s'avançait suc cette ville , on vit la marqqise 
de Fonseca, qui avait fait des efforts inutiles 
pour ouvrir les portes aux Français, traverser 
la foule irritée à la tête d'une troupe de dames 
nobles, ses compagnes, en imposer par son atti- 
inde fière à la multitude , et gagner ainsi le fort 
Saint-Elme, d'où elle ne sortit qu'après l'établis- 
sement de la République Parthénopéenne. Tant 
qne dora cette forme de gouvemenient, la mai- 
son de la marquise de Fonseca fut le rendez- 
Yons des patriotes napolitains et le foyer du 
libéralisme. Cette dame, belle et aimable, con* 
sacra sa fortune et son talent au triomphe de la 
réYolotion : eDe fonda le Moniteur napolitain, 
poor ai défendre et pour en propager les prin- 
cipes; elle travailla elle-même à ce journal, 
qoi ne devait pas survivre à la République Par- 
thénopéenne. La discorde des généraux français 
^ la destitution de Championnet amenèrent Pé- 
racoation de Naples et la restauration de Fer- 
dinand IV. En dépit des clauses formelles de la 
<^^^ati<Hi , Eléonore Fonseca , sur laquelle s'a- 
*amait la haine de Marie-Caroline (aigrie par 
^ propos tenus sur son compte au sujet de ses 



liaisons avec Acton), fiit traduite devant la 
giunta di Stato, et condamnée à mort pour 
avoir travaillé à la rédaction du Moniteur na* 
politain. 

Elle montra le cahne le plus héroïque au mo- 
ment où sa sentence fut prononcée , et, en mar- 
chant an, supplice , elle répétait ce vers célèbre : 
... Fonan et bse «>llin memlnliM JavablL 



Au moment où elle arriva au pied du gibet, la 
populace voulut la contraindre à crier : Vive 
Ferdinand! Elle demanda un instant de délai 
pour haranguer ce peuple qui avait naguère ap- 
plaudi aux accents de la liberté ; mais le bour- 
reau , craignant une émeute , ne lui en laissa pas 
le temps. Cet assassinat juridique fut le signal 
de massacres et de scènes d'horreur : en quel- 
ques jours cent dix tètes tombèrent, à Naples, 
par ordre de Ferdinand, et près de trente mille 
personnes furent emprisonnées. G. Vitali. 
Atto Vannaccl, / Martiri deUa Liberté ItaUana, — 
^tU^StoriaSItalia, - Colletta, Storia det Beame 
di Napoii. — . Vlnceozo Cuoeo, Saggio ttarieo iuUa M' 
vohuione napoUtana det 1799. 

FONTACIB ( Char les)', poète français , né à 
Paris, le 13 juillet 1513, înort vers 1587. Son 
père était marchand dans une 

Maison asstze Tto-à-^ 
..:! De Nostre-Dame et da parfit, 
Qui a la belle flear de France 
Poor son enseigne et demonstranee. 

Il eut pour onde Jean du Gué et pour cousin 
Le Coigneux , tous deux avocats au parlement ; 
mais la manière négligente dont Téleva à Cla- 
mart Jean Ticier lui donna de bonne heure 
ks goût de la dissipation. Tout jeune encore, 
il partit seul pour voyager, et parcourut la 
France. De retour à Paris , il se mit dans les 
bonnes grftces de Renée de France, duchesse de 
Ferrare , qui l'emmena avec elle en Italie; il vit 
ainsi Pavie , Turin , et de ce lieu se rendit à Ve- 
nise par le Pô. Ses parents et son frère étant 
morts, il resta seul avec une sœur du nom de 
Catherine, qui le précéda aussi dans le tombeau 
et sur laquelle il a fait une élégie où se lit ce 
jeu de mots : 

Poarquoy m'es-tu tant contraire, à lortnne ! 
Quand après tout ta m'en as fait perdre une. 
Une de corps qoi valolt dix de ccmr. 

Sa première femme s'appelait marguerite; elle 
mourut jeune. Il ne paraît pas l'avoir beaucoup 
regrettée, si l'on en croit la passion qui éclate 
dans ces vers adressés pen d'années après « A 
sa Flora » : 

J'ay déiabsé à Pirit mes parents 
Foor avee toy estre à Lyon lié < 
J'ay laissé loing mes amis apparens , 
J'ay mon pab et mon bien onbllé 
Font à toy seule estre seal desdié. 

Cette seconde union s'accomplit en 1544 : six 
enfants en forent les friiits; mais le cinquième , 
nommé René, mourut en naissant. Les vers sui- 
vants sur la naissance de Jean , son second fils» 



83 



FONTAINE 



nous foumiftsent quelques renseignements sur 
sa vie: 

Vien voir le monde où y a tant de maux, 
Vien voir ton père en procès et en peine : 
Vien voir ta mère en douleurs et travaux 
Pins grands que quand eile estolt de toy pleine t 
Vien voir ta mère à qui D'as laissé veine 
£n bon repos : vien voir top père aussi , 
Qui a passé sa Jeunesse soudaine 
Et à trente ana est en peine et souci. 

Ce grand souci était un procès qui appela Fon- 
taine à Paris en 1547 : on lui contestait quel- 
ques sommes d'argent, dont il avait grand be- 
soin: 

Ne puis, par faulte de monnoye. 

Livres avoir, soit en prose ou en vers ! 

Après avoir dépensé son patrimoine à faire des 
voyages, il se repentit de n'avoir pas voulu 
apprendre le droit tandis que son oncle du Gué 
mettait ses livres à sa disposition et lui disait : 

... mieux vaut galag que de pbilosoplier 
A gens qui ont leur ménage à conduire. 

Fontaine était d'un caractère généreux et ai- 
•mant à faire le bien , et il se plaisait à dire ; 

J'ay bien deux ou trois cens amis. 

Mais voire bien deux ou trois miiie. 

iCitonSy painû les plus célèbres, Cl. Marot, Tua 
de ses fréquents convives , Ronsard , du Bellay^ 
des Autels, Saint-Romat, J. Pierre de Mesme, 
Jacques Pelletier, B. Aneau, Fumée, Baïf, 
Amyot, Dorât, Gryphius, Fernel, Foumier, etc. 
Ce que l'on est autorisé à reprocher à Charles 
Fontaine, c'est un certain orgueil, que ne justifie 
pas à beaucoup près son talent poétique : il n'est 
pas de page où il ne retourne de cent façons cette 
phrase audacieuse : 

Je devanceray la carrière 
: Sur ceux qui vont eourant ploa vitte. 

A part trois ou quatre passages comme celui 
que nous allons citer, ne demandez à Fontaine 
qu'un témoignage très-ordinaire sur les hommes 
et les choses de son temps : 

Petit enfant, peux-tu le bien venu 
Estre sur terre, où tu n'apportes rien , 
Muis où tu viens comme un petit ver nu ? 
Tu n'as ne drap, ne linge qui soit tien, 
Or ny argent , n'aucun bien terrien : 
A père et mère apportes seulement 
Peine et souci : et voilà tout ton bien. 
Petit enfant, lu viens bien povrement. 

Quoi qu'il en soit, Fontaine n'a pas vécu sans 
gloire : il eut l'honneur de lire un ou deux dizains 
devant François V" et d'en présenter d'autres 
aux princes de sa cour, par lesquels il était fort 
bien vu. Voici la liste de ses ouvrages, par ordre 
chronologique : Estreines à certains seigneurs 
et dames de Lyon; Lyon, 1646; — La Con' 
tfamye de Court ; Lyon, 1 547, in-S* ( c'est un des 
Opuscules d'amour par Héroetf La Borderie 
et autres divins poètes) ; — Le Quintil Hora- 
tien; 1551, in-18 (critique de deux ouvrages 
de Du Bellay, où Fontaine se montre homme de 
goût, et qui a été réimprimée plusieurs fois de 
son vivant, entre autres dans VArt poétique de 
Sebillet, 1576, in-16); — S'ensuy vent les ruis- 



seaux de Fontaine, œuvre contenant Èpisim, 
Élégies, Chants divers, Épigrammes, Odes rf 
Estrenes pour cette présente année 1655, pox 
Charles Fontaine, Parisien, Plus y a un traité 
dupassetemps des amis, avec un translat (Tu» 
livre d'Ovide et de 28 énigmes de Symposium 
traduits par le dict Fontaine-, à Lyon, 1 555, i v. 
petit in-8° j — Les XXI épistres d'Ovide ; Lyon, 
1556, 2 vol, in-16. (Cette traduction, oùse 
trouvent quelquen remarques fiur la poétique 
française, qui ne manquent pas de justesse,} 
été faite en collaboration avec SaJnt-Romat et 
Saint- Gelais j à la fin se trouve Le Musm 
des amours de Léandre et de Uéro, pai 
Cl. Marot,); — Les Dicts des sept Sages, en- 
semble plusieurs autres sentences latines 
extraites de divers bons et anciens autheun, 
avec leur exposition française ; Lyon , 1557 , 
in-8° ; — Odes , énigmes et épigrammes ; 1557, 
inS°. — Fontaine dit en outre dans les Ruii- 
seaux qu'il avait écrit en prose un ouvrage iii- 
titulé Le Livre de medales, Louis Lacoda. 

Du Verdier, Bibiiothèque franc. — Morérl, Diction- 
naire. — Les œuvres mêmes de] Fontalfie^ qui abon- 
dent en renseignements sur sa vie. 

FONTAiNB (Jean mhh)» Voyez Là Fœi- 

TAINE. 

FONTAINE ( Jacques ) , médecin français , né 
à Aix (Provence), dans la seconde moitié dn 
seizième siècle, mort en 1611. H était consdlier- 
médecin de Louis Xm, et premier régent de la 
faculté de médecine à l'université d'Aix. On a 
de lui : Traité de la Thériaque ; ky^gnan, 160(, 
in-12; — Discours problématique de la na- 
ture, usage et action du diaphragme; Aix, 
1611, in-l2; — Deux paradoxes appartenant 
à la chirurgie : le premier contient la façon 
de tirer les enfants de leur m^e par la vio- 
lence extraordinaire; Vautre est de Vusage 
des ventricules du cerveau , contre Popinm 
la plus commune; Paris, 1611, in*12; — Dis- 
cours contenant la rénovation des bains de 
Gréoux, etc.; Aix, 1619, in-12. 

Histoire des hommes illustres de la Provence. — élof« 
Dictionnaire Mstorigue de la Médecine, 

FONTAINE ( Gabriel ) , médecin français, fils 
du précédent, «vivait au dii' septième siècle. li 
se distingua par son attachement aax doctrines 
d'Hippocrate et par ses attaques contre les par* 
tisans de Paracelse et de Van-Helmont. On a de 
lui : De Veritate Medicinas Hippocraticœ, fit' 
missimis ratione et experitnentorum mo- 
mentis stabilita^ seu medieina anti-herme- 
tica; Lyon, 1657,in-4°; — Epitome tractatus 
de Febribus, Tétras gravissimorum capitis 
adfectuum, vertiginis, epilepsia, eonvùlsionii 
et apoplexias; Lyon, 1657, in40. 

Dictionnaire des hommes illustres de la Provence. 
— Biographie médicale. 

FONTAINE (^Nicolas)y hâgiographc, historien 

et traducteur français, né à Paris, en 1625, mort 

à Melun, le 28 janvier 1709. Confié à l'^e de 

vingt ans aux solitaires de Port-Royal, il par- 



«5 



FONTAINE 



*6 



tagea leurs traTaux et leurs austérités, profiassa 
dans les écoles qu'ils avaient fondées, et consa- 
cra ses loisirs à transcrire lenrs écrits en '.atten- 
dant qu'il pût raconter leur vie à la postérité. 
Compagnon de captivité de M. de Sacy à la Bas- 
tille, Fontaine en sortit en 1368. Mais, sauf pen- 
dant Fintervalle de calme qu'on appela paix de 
l'Église» Fontaine, comme tous ses amis de 
Port-Royal, fut exposé h la persécution. Il dut 
pour sa sûreté souvent changer de a^our, et il 
vécut dans la plus grande retraite. Ses ouvrages 
nombreux , mais publiés sous le voile de l'ano- 
nyme ou sous des noms supposés , ne le dénon- 
çaient pas à l'attention publique, et il mourut obs- 
curément, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Son 
extrait mortuaire dit qu'il était « recommanda- 
ble par plusieurs ouvrages de piété qu'il a laissés 
au public , mais plus encore par sa grande piété 
et sainteté de vie », Il n'est connu aujourd'hui 
que par ses Mémoires pour servir à Vhistoire 
de Port-Royal i Cologne, 1736, 3 vol. in-12. Cet 
ouvrage contient de nombreux et intéressants 
détails sur les célèbres solitaires de Port-Royal. 
On y trouve trop de minuties \ le style en est 
diffus et languissant; mais il plaît par une cer- 
taine naïveté et une parfaite bonne foi. Ses autres 
ouvrages sont : Abrégé de saÀnt Jean Chry* 
sostonie sur le Nouveaw Testament; Paris, 
1670, in-8°; — Histoire du Vieiix et du A'om- 
vea^i Testament, représentée avec des figures 
et des explications tirées des saints Pères j 
Paris, 1723i in-fol. Fontaine parait ^e le prin«- 
cipal auteur de cet ouvrage, qui fut publié sous 
le nom de Royaumont. Il le composa à la Bas- 
tille, où il partageait la captivité de Lemaistre 
de Sacy, et probablement en collaboration avec 
celui-ci , à qui le livre a été généralement at- 
tribué; -^ Vies des saints de V Ancien Testa" 
ment; Paiis, 1679, 5 vol. in-8°} ^ les Vies 
des Saints pour tcvs les jours de Vannée; 
Paris, 1679, 5 vol. in-8"; — Traduction des 
homélies de saint Chrysostome sur les épi^ 
ires de saint Paul; Paris, 1682-1690, 7 vol, 
in-8°. On accusa l'auteur d'être tombé dans le 
nestorianisme; le jésuite Daniel le dénonça, et 
l'archevêque de Paris Harlay le condamna. On 
fit des cartons à certains endroits de cette Usr 
ductioB , et elle ne fut pas supprimée; — Œu* 
vres de saint Clémsnt d'Alexandrie traduite 
du grec, avec les opuscuiw deplusieurs Pères ; 
Paris, 1696, in-8**. 

Morért, Grtin4 Diciitmnairfi AûlPti^tM. 

FQNTA1IVE DR hk RocHK ( Jacqucs ) , oon- 
troversiste français, né à Fontenay-le-Comte, le 
d mai 1688, mort à Paris, le as mai 1761. Il m- 
tra dans les ordres, et fut pourvu d'une cure dans 
le diocèse de Tours. Son attachement au parti 
janséoiste loi ayant fait craindre des tracasseries, 
il quitta en 1728 les emplois ecclésiastiques, et 
se rendit à Paria. Il eut, depuis 1731, la prin- 
cipale part aux feuilles qui paraissaient toutea 
les semaines 80u« le titre de^ Nouvelles ecclé- 



siastiques, ou mémoires pour servir à Vhis- 
toire de la constitution Unigenitus. Ce jour- 
nal, inspiré par l'esprit de secte [le plus étroit et 
le plus opiniâtre, se déroba à toutes les poursuites 
de la police, et se continua jusqu'en 1803. La 
eoUection complète forme 25 vol. in-4''. 

Cbaitdon et DeUoëlne, OMUnmaimmiverêel. -» Dea- 
cMarto , Les SiéeletMt4rair$s. 

poHf AiNB ( Alexis), géomètre français, né 
à Çlaveison (Dauphiné), vers 1706, mort à Cui- 
seaux (Bourgogne), le 2i août 1771. Il avait 
environ vingt ans Iwsque son père mourut. 
Ses parents désiraient qu'il étudiât le droit, afin 
de pouvoir acheter une charge judiciaire ; mais 
le style barbare des commentateurs des lois ro- 
maines le dégoûta de cette étude. Pressé par ses 
parents de faire choix d'un état, il se rendit à 
Paris pour y cberdier de l'occupation. Le ha- 
sard lui offrit un livre 4e géométrie, et en le par- 
courant il fut saisi du désir d'approfondir une 
science qu'il avait apprise très-superficiellement 
dans son enfance. Après deux ans d'études dans 
oe but, il retourna en Dauphiné, et y resta jus- 
qu'à la mort de son frèrealné. Maître alors d'une 
terre d'environ 50,000 Uv., il la vendit, et revint 
à Paris, avec l'mtention de se consacrer entiè- 
rement à la science. Il se lia avec Claûraut et 
Maupertuis , et se montra digne de leur amitié, 
en donnant pour les problèmes de maximis 
une méthode plus générale que celle de Ber- 
noulli, dont il n'avait pas encore lu les ouvrages. 
Il trouva ensuite une nouvelle solution du pro- 
blème des tautœhrones, que les recherches de 
Jean Bemoulli avaient mis à la mode; il appli^ 
qua ce problème à des cas absolument nouveaux, 
et il montra qu'il était susceptible d'une très- 
grande généralité. Il s'occupa de la théorie géné- 
rale des équations différentielles , et embrassa le 
calcul intégral dans toute son étendue dès 1739. 
Ce calcul ne fut pas le seul objet des recherches 
de Fontaine. On trouve dans ses Mémoires une 
méthode d'approximation pour les équaticms dé- 
terminées oii l'on n'a pas besoin, comme dans celle 
de Newton, de connaître d^ailleurs une première 
valeur approchée de l'inconnue, et qui donne 
toutes les racines , soit réelles, soit imaginaires. 
Fontaine avait aussi sur la mécanique des idées 
nouvelles ; il les exposa dans un livre publié en 
1764. « Dans tous les mémoires de Fontaine, 
dit Oondorcet , on voit briller une manière ab- 
solument à lui ; c'est presque toujours un fil dé- 
lié qu'U saisit, et qui aurait échappé à la vue de 
tout autre , que souvent même on a de la peine 
à suivre avec lui. Toutes ses solutions sont dues 
àf ifles vues fugitives , pour ainsi dire , qui ont 
dirigé les procédés de ses calculs , mais que sou- 
vent il n'a pas jugé à propos de développer. Aussi 
n'a-t-on de lui que des essais. Le calcul int^al 
est le seul objet qui l'ait occupé longtemps , et 
peu de géomètres y ont fait d'aussi grands pas. 
Fontaine dédaignait les louanges , surtout celles 
qui tirent tout leur prix du rang de celui qui les. 



87 

donne ; il était même insensible aun honneurs 
littéraires. La seule chose qui parut le flatta' fut 
son entrée à T Académie des Sciences (1733); peut- 
^tre parce que cet événement ayant précédé ses 
plus belles recherches , il était alors mohks sûr 
de ce qu'il Talait. » Fontaine était d'un esprit 
caustique, un peu égoïste et envieux; il ne s'en 
cachait pas. n disait de Condorcet : « J'ai cru 
un moment qu'il valait mieux que moi ; j'en étais 
jaloux, mais il m'a rassuré depuis. » En 1764 
Fontaine vendit ses livres, et se retira à Cui- 
seaux, petite ville de Bourgogne, où il avait 
acheté une terre. Ses dernières années furent 
troublées par une cruelle maladie, qu'il supporta 
avec courage. Les mémoires insérés par Fontaine 
dans le recueil de l'Académie des Sciences sont : 
Solutions de divers problèmes ( 1732) ; — Sur 
les courbes tautochrones ( 1734) ; ~ Problème 
de géométrie : Une courbe étant donnée, 
trouver celle qui serait décrite par le som- 
met d'un angle dont les côtés toucheraient 
continuellement la courbe donnée ; et récipro- 
quement la courbe qui doit être décrite par 
le sommet de V angle , étant donnée, trouver 
celle qui sera touchée par les côtés ( id. ) ; — 
Réponse aux rembarques de M, Clairaut sur 
la solution du problème ci-dessus (id.); — 
Sur la résolution des équations (1747); — 
Mémoire sur le mouvement des absides de 
la Lune (1767); — Addition à la méthode 
pour la solution des problèmes de maximis 
et minimis (1767) ; — Addition au mémoire 
imprimé en 1734 Sur les courbes tautochrones 
( 1768 ). Une partie des mémoires de Fontaine 
avait paru sous le titre de Mémoires de mathé-- 
matiques, rectieUlis et publiés avec quelques 
pièces inédites; Paris, 1764, in-4<'. 

Caaéweet, Éloge dei Fontaine. — Qaérard, Franèe 
littéraire, 

FONTAiNB (Jean-Claude) f philosophe sa- 
voyard , né à TaU«ires, en 1715, mort en 1807. 
Il était professeur de philosophie au collège d'An- 
necy, et chanoine de la collégiale de la même 
ville. On a de lui : Dissertation latine sur 
Veaistence de Dieu, prouvée par le consen- 
tement unanime des peuples, couronnée par 
l'Académie de Leyde; 1775; — Réfutation de 
la nécessité et du fatalisme ; Annecy, 1783 , 
2 vol. in-8" ; — Méthode facile et simple pour 
calculer les intérêts; Paris, 17.., in-8°; — Le 
Véritable Système sur le mécanisme de Vuni- 
vers, ou démonstration de Vexistence du 
premier moteur ; Annecy, 1785, 2 vol. in-8°; 
^Discours sur Vamour de Dieu; Annecy y 1791. 

Rabbe. BoUJoHn^ etc., BiograpMe universelle et por- 
tative des Contemporains. 

FON TAiNB ( Pierre - François - Léonard ) , 
architecte français , né à Pontoise , le 20 septem- 
bre 1762, mort à Paris, le 10 octobre 1853. Il 
étudia de bonne heure l'architecture, et fut élève 
de Percier, dont il devint Tami et le collaborateur. 
La catastrophe de la rue Saint-Nicaise (24 dé- 



FONTAINE 58 

cembre 1800) fut favorable à Fontaine : en re- 
cherchant les conspirateurs , quelques soupçons 
furent élevés contre Lecomte, architecte des 
Tuileries; Bonaparte désigna aussitôt FontaiBe 
pour remplir ces fonctions, qui allaient devenir 
Importantes. Il parait que ce dernier chercha 
généreusement à justifier son confrère ; mais ce 
fut en vain, et il lui fallut se borner à demander 
que Percier restât son associé. Plus tard il fut 
chargé également des travaux de réparation aux 
palais de Saint-Gloud , de Fontaindileaa et des 
Tuileries, et d'y construire une chapelle. £a 
1802, Napoléon s'occupa du projet de réunion da 
Louvre et des Tuileries, que Fontaine et Per- 
cier rédigèrent. Leur idée de percer une rue 
qui aboutirait à ces deux palais fat d'abord exé- 
cutée : la rue de Rivoli, qui s'étendait parallè- 
lement au jardin jusqu'à la rue de l'Échelle , fut 
ouverte avec des bâtiments à arcades et fa- 
çades uniformes sur les dessins des deux archi- 
tectes. Vers cette époque. Fontaine manqua 
d'être frappé d'une disgrâce; Napoléon trouva 
très-exagérées les dépenses des bâtiments, sur- 
tout celles relatives à la restauration de la mai- 
son de TAssomptlon , destinée à servir d'hospice 
pour les gens de service du palais. Vainement 
Fontaine chercha-t-il à se justifier; Napoléon 
demanda à Ghaptal, alors ministre de Tinté- 
rieur, qu'il lui choisit un architecte qui fût à la 
fois le plus honnête et le plus habile. « Généra), 
répondit le ministre, je suis alors forcé de vous 
proposer Fontaine et Percier. » Duroc appuya 
ce témoignage, et Napoléon rendit sa confiance 
à ces deux architectes. L'empereur examina avec 
une grande attention les plans de l'achèvement 
du Louvre. Il décida d'abord que rien ne serait 
changé aux grosses constructions; mais Fon- 
taine ne se conforma pas exactement à cet ordroi: 
il fit disparaître les traces de la création de 
Pierre Lescot, dans les parties des deux façades 
nord et sud de la cour du Louvre , qui avaient 
été construites avant Claude Perrault, et les rac- 
corda avec le système adopté par le célèbre 
auteur de la colonnade pour la façade orientale 
et pour les parties attenantes des façades nord et 
sud. Ce travail était en pleine exécution, lors- 
que Napoléon, de retour à Paris, après la vic- 
toire d'AusterHt^, vint visiter le palais. H exa- 
mina les travaux avec une attention silen- 
cieuse; l'architecte, peu rassuré, s'apprêtait à 
justifier l'infraction aux ordres qu'il avait re- 
çus. Mais l'empereur ne prit la parole que pour 
parler d'autres projets. H adopta Tidée de dé- 
blayer l'espace entre le Louvre et les Tuileries. 
« On pourra, dit l'empereur, élever, à chaque 
« extrémité de l'espace du milieu, deux arcs de 
«c triomphe , l'un à la Paix, Pautre à la Gloire. » 
Bientôt, en effet, il dicta une note prescrivant 
la démolition des maisons qui obstruaient la 
place, l'érection d'un arc de triomphe entre les 
deux palais, le percement d'une rue devant la 
colonnade , avec une place circulaire pour la- 



89 



FONTAINE 



î)0 



quelle l'église Saint-Germain TAuiLerrois eût été 
démolie. Fontaine de?ait présenter dans le plus 
bref délai les projets en exécution de ces idées. 
Ils farent soamis à Femperenr * qui, sans Texa- 
men ordinaire du ministre et du conseil dfs 
bâtiments , décréta définitÎTement la construction 
d'an arc de triomphe consacré à la gloire de la 
grande armée. Cependant l'emplacement pour 
cet arc de triomphe fut disputé. Fontaine avait 
choisi le lieu où il a été élevé ; l'empereur disait : 
« Ne faot-il pas craindre que l'arc ne tue le châ- 
« teao , ou que le château n'écrase Tare ? » L'im- 
pératrice appuya l'avis de Fontaine, qui l'emporta. 
Ce monument fut terminé à la fin de l'année 
1807. L'empereur s'arrêta à le voir d'une fe- 
nêtre des Tuileries : il trouva la masse trop 
large : « Gela ressemble, dit-il, à un pavillon 
« plutôt qu'à une porte; la Porte Saint-Denis est 
< préférable par sa forme et par sa grandeur. » 
Cet arc de triomphe, du reste assez élégant, 
n'est gnère qu'une copie de l'Arc de Septiroe 
Sévère; mais malgré les critiques qu'il excita 
?ontûne fut désigné , dans le travail sur les prix 
décennaux , poor le grand prix d'architecture. 
n est vrai que c'était la seule œuvre d'architec- 
ture monumentale qui eût été exécutée dans les 
dix années. En 1806, Fontaine fut chargé de 
nniplacer par une salle de spectacle, aux Tui- 
leries, la salle où la Convention avait tenu ses 
séances. L'empereur témoigna sa satisfaction 
pour cette salle, qui fut terminée le 12 décembre 
1808; mais qoand, le 9 janvier suivant, on l'i- 
naagara par une représentation de CinnOy l'on 
s'aperçut, au froid qu'on y éprouvait, que l'ar- 
chitecte avait oublié d'y établir un système de 
chauffage; cet inconvénient, et quelques autres, 
valurent des reproches à Fontaine, qui s'empressa 
de faire élever sept poêles et d'opérer quelques 
changements. En 1808, Fontaine eut à restaurer 
les palais de Compiègne et de Rambouillet. A 
cette époque, on reprit le projet pour la réunion 
du Louvre et des Tuileries ; on discuta l'oppor- 
toaité d'une galerie transversale faisant face aux 
Tuileries, sur la place du Carrousel, galerie que 
l'architecte proposait, et qui, élevés jusqu'à la 
hauteur d'un premier étage seulement, serait 
coorerte en terrasse. La divergence des opinions 
décida l'empereur à ordonner une ex|k>sition pu- 
blique des divers projets que phisieurs architectes 
avaient aussi présentés. Dans une nouvelle 
>^€e, qui eut lien le 5 février 1810 aux Tuile- 
nes, où l'on discuta le projet de Fontaine, le roi 
d^Naples et le cardinal Fesch furent contraires à 
son idée de galerie transversale , et l'empereur 
^<!nnina la séance en disant : «c Ce qui est grand 
" est beau, et je ne saurais me décider à par- 
*tager en deux un espace dont le principal 
«avantage est la grandeur. » Fontaine finit 
PV vaincre momentanément l'opinion de Napo- 
^D) et le projet de la galerie fut alors adopté ; 
Biais en 1811 l'empereur déclara que définiti- 
vement il n'en voulait pas. Une idée que Fon- 



taine jeta par hasard , dans une de ses conférences 
aux Tuileries , fit naître le projet de bâtir sur le 
sommet de la montagne de Chaillot, à Paris, un 
palais consacré au roi de Rome. Fontaine donna 
le plan de ce palais ; vingt millions furent portés 
pour cette destination au budget des bâtiments; 
mais les événements désastreux de 1812 firent 
ajourner le projet, qui ne devait pas se réaliser. 
Le 9 mars 1812 Fontaine fot nommé membre 
de l'Académie des Beaux-Arts, et Tannée suivante 
il reçut le titre de premier architecte de l'empe- 
reur. La chute de Napoléon n'entraîna pas celle de 
l'architecte, qui devint celui du rolLouis XYin. 
Les travaux du Louvre, toutefois, furent inter- 
rompus. Us ont été repris en 1852, sous le rè- 
gne de Napoléon m, qui en les achevant fit 
en peu de temps ce que d'autres n'avaient pu 
exécuter pendant de longues années. 

Avant d'être roi , Louis-Philippe avait chargé 
Fontaine d'élever au Palais^Royal la galerie qui en 
termine le parallélogramme et qui reçut le nom de 
Galerie d'Orléans, H eut à faire des travaux aux 
châteaux de Neuilly et d'Eu, à exécuter ( de 1832 
à i 834) l'agrandissement du château des Tuileries 
par la fâcheuse suppression de la terrasse qui 
séparait le pavillon de l'horloge de la chapelle, en 
détruisant ainsi l'harmonie du plan primitif de 
Philibert de Lorme. Une oeuvre plus importante 
fut confiée à F<mtame, lorsque Louis-Philippe eut 
décidé la création du musée historique dans le 
palais de Versailles. Fontaine^en traça le plan, et 
conduisit avec autant de vigueur que d'habileté ce 
grand travail d'appropriation. Malgré son grand 
âge, il espérait encore, sous le nouvel empire, 
éti*e chargé de l'achèvement du Louvre; mais y 
après avoir atteint sa quatre-vingt-dixième année, 
il finît sa laborieuse carrière. Fontaine a publié 
avec Percier : Palais , maisons et autres édi- 
fiées modernes dessinés à Rome; 1798, in-fol., 
publiés de nouveau en 1810; — Description 
des Fêtes et Cérémonies du Mariage de Napo- 
léon et de Marie-Louise ; 1810, in-folio , avec 
planches; — Recueil de décorations inté- 
rieures pour tout ce qui concerne VameublC' 
ment; 1812, in-folio ; une nouvelle édit. en 1817. 
Cet ouvrage a exercé pendant assez longtemps 
une grande influence sur les modèles de l'indus- 
trie pour l'ameublement. Guyot nn Fère. 

Journal des Beaux- Arts, iSM, t« vol. — Annuaire sta- 
tistique des Artistes ; 1886. - Hôtes ^particulières, 

l FONTAINE (Émile)y auteur dramatique 
et publiciste français, né vers 1814, dans les 
environs de Bergerac (Dordogne). H fit ses 
études au collège de Périgueux , et vint à Paris 
en 1834 pour suivre les cours de la faculté de 
droi^, qu'il délaissa pour le théâtre. Il débuta 
par des pièces représentées sur les théâtres du 
quartier latin et du boulevard. Quelques-unes 
obtinrent des succès de vogue, entre autres 
Louisette , ou la chanteuse des fues^ en col- 
laboration avec Marc Michel, comédie- vaude- 
ville en denx actes, jouée à la Gatté ea 1840. 



91 FONTAINE — 

il s^adonna en même temps au joarnalistne, et 
écrivit successivement dans Le Globe, V Europe 
monarchique^ La France, V Union, et il est 
aujourd'hui l'un des principaux rédacteurs de ce 
dernier journal. A la fin du règne de Louis-Phi- 
lippe, il fut un des collaborateurs les plus assidu» 
dëà Nouvelles à la main , petites hrochures 
mensuelles dans le genre des Guêpes de M. Al- 
phonse Karr. On a en outre de M. E. Fontaine : 
Sara la Juive, drame, trois actes, avec prologue 
et épUogue (1838), avec H. Deschamps ; — Un 
Neveu du faubourg, comédie-vaudeville, un 
acte (1840); — Rifolard, épisode d'une vie 
agitée , trois actes mêlés de chant (1840), avec 
Marc Michel ; — Qui se ressemble se gêne 
(1842), comédie^vaudeville, un acte, avec le 
même et A. Peuphi; — Le Nourrisson, vau* 
deville, un acte (1842), avec Marc Michel; *— 
La Chasse du Roi, comédie-vaudeville, un acte 
(1843); — Abdrel'Kader à Paris, vaudeville 
épisodique, un acte (1843), avec Duraerean; -— 
L'Épicier de Chantilly , vaudeville, deux actes 
(1844). — D a aussi fait fouer au Théfttre-Fran- 
çais Les Spectateurs , drame en cinq actes, qui 
n*a pas été imprimé. M. Ch. 

Documents parttculien. — Biographie des Jmtrna- 
listes, -par Edmond Texter. -> La LUtéraiur4/Tunça^$e 
contanporaine, par Louandre et Bourqaeiot, 1. 111. 

FOHTAIN B ( De La ). Vop, La Fontaiikb* 
FONTAINE-MALHERBE (/«an), littérateur 
français , né près de Cootances , vers 1740, mort 
en 1780. Il fut pendant quelques années ins- 
pecteur de la librairie et censeur royal. Ses pièces 
dramatiques sont dénuées dMntérèt, mats se« 
poésies ne manquent pas d'un certain mérite. 
On a de lui : Calyjpso à Télémaque, héroide; 
1761, in-8'*; — Éloge historique de Carie 
Vanloo; àanale Nécrologe des hommes célèbres 
de 1766, et Paris, 1767, in-12; — Éloge de 
M. Deshayes; Paris, 1767, in-12, et dans le 
Nécrologe de la même année ; — La Rapidité 
de la vie , poème couronné par TAcadémie Fran- 
çaise; 1766, in-8*; — Discours (en vers) sur 
la philosophie; ibid.; — Épitre aux pauvres; 
couronnée par TAcadémle Française en 1768; 
Paris, même année, in-8" ; — Fables et Contes 
mxyraux ; Londres et Paris, 1769, in-12 ; — Ar- 
gillan, ou le fanatisme des croisades, tra- 
gédie en cinq actes en vers; Paris, 1769, in-8*», 
avec fig. ; — Les Noces d'un Fils de Roi, ou le 
gouverneur, drame, trois actes; Amsterdam, 
Paris, 1770, în-8°; — Le Cadet de famille, ou 
Vheureux retour, comédie en un acte; — 
V École des Pères , id. ; — Les Mariages as- 
sortis, comédie italienne mêlée d'ariettes. 
Fontaine-Malherbe a aussi publié un grand nom- 
bre de poésies dans divers recueils littéraires, 
principalement dans VAlmanach des Muses, 
H a en outre coopéré à la traduction des Œu- 
vres de Shakspeare avec le comte de Ca- 
tuélan et Letourneur; Paris, 1776-1783, 20 vol. 
in-s**. On estime cette traduction; cependant 



FONTAINES 



93 



elle ne fait connaître qu'Imparfaitement le génie 
de l'illustre auteur anglais ; il y est plus sou- 
vent imité que traduit. A. Jadin. 

Bnth, Lm France littéraire. 

f FONTAINE DE BESEECK { Adolphe- Char- 
leS'Théodose), polygraphe français, oé à Lille, 
le 3 avril 1813. Les prindpanx de ses nombreux 
ouvrages sont i Conseils à une femme chré- 
tienne sur ies devoirs de son état; Paris, 1 836, 
in-S"*; ^ V Enfant religieux, suivi de ï His- 
toire de V Église racontée aux enfants; ibid., 
1836, hi-12; — Ernest et Louis; ibid., 1836, 
in-18; -^ Adalbert, ou VAnacharsis chrétien 
au treizième êièele; iWd., 1836, 2 vol. ; — La 
Mer, nouvelle histoire des naufrages; ibid., 
1836, 3 vol. in*18 ; — Vies des saints racontées 
aux enfants; ibid., 1837, 2 vol. in-12; *- His- 
toire de la Religion avant et après Notre- 
Seigneur Jésus-Christ, racontée aux enfants; 
ibid., 1837, ln-18 ; — VAnacharsis des Ateliers, 
ou lettres à Célestin sur le choix d^un état; 
ibid., 1838, in-18; -* Vie de Jean-Baptiste de 
Lasalle; Ma., 1838, in«18 ; — Le FéneUm des 
écoles primaires, elc.;ibld., 1837 ; — Les Contes 
en voyage, ou une histoire par relais ; ibid., 
1838, in-32 ; — Les Mémoires du Petit- Poucet; 
ibid., 1838, ln-32; — Les Aventures de Poli- 
chinelle; ibid., 1838, in-32 ; — Les Souvenirs 
d'un Pantin; ibid., 1840; — Les Soirées du 
ieune Navigateur ; fiM., 1844, in-ld. 

Looandre et'Boarquelot, La Litt franc, conttmp. 
FONTAINES (Pierre de), magistrat et ju- 
risconsulte français , était origmatre du comté 
de Vermandois, et vivait dans le treinème siècle. 
Après avoir été bailli de Vermandois en 1253, il 
devhit maître (conseiller) en parlement. Saint 
Louis, quand il rendait la jnstiee à ses sujets, le 
tenait toujours près de sa p^vonne, comme l'un 
de ses principaux conseillers. Suivant Joinville, 
ce prince commandait souvent à Pierre de Fon- 
taines et à Geoffroy de Villette de délivrer les 
parties , c'est-à-dire de juger leurs différends. 
Pierre de Fontaines est mentionné en deux jn- 
gements de Vm 1260, cités par Du Cange, et il 
est nommé deux fois dans le 1*' volum'' des 
Olim, années 1258 et 1266. Enfin, d'après la 
Chronique de Reims et les Archives adminis- 
tratives de la ville de Reims , Pierre de Fon- 
taines Alt nn des conseillers on maîtres de la cour 
du roî, en 1259, dans le procès relalif à la garde 
de Saîn^Remy de Reims, entre le roi , l'abbé et 
le couvent de Saînt-Remy , d'une part, et Tho- 
mas de Beaomets , archevêque de Reims, d'an- 
tre part. Dans le but de faire connaître à un 
jeune gentilhomme Tordre judiciaire établi en 
France,*il composa saas ce titre : Lé Conseil que 
Pierre de Fontaines donna à son ami, nn 
livre dans lequel, mêlant les coutumes françaises 
aux lois romaines , mais feisant un choix parmi 
ces dernières, il indique celles qui lui paraissent 
applicables , et expose en quoi l'usage du temps 
y est conforme on en diffère. 11 fvfl le premier, 



93 FONTAINES 

cooime il le dit dans la préface , qai entreprît 
d'écrire sur cette matière. « Saint Louis , dit 
M. Laferrière ( Histoire du Droit français ), 
tâchant d'épurer Télément coatumier et d'abolir 
les usages antisociaux , fut activement secondé 
par Pierre de Fontaines. Ce savant trace dans 
son Conseil les règles à suivre dans les relations 
civiles , et s'efforce d'adoucir la rude empreinte 
de la féodalité par la sagesse des lois romaines. » 
Du Cange a publié l'ouvrage de Pierre de Fon- 
taines, à la suite de Vtfistoire de saint Louis, 
par Joinville; Paris, 1668, in-fol. , d'après un 
TQanuscrit de Th^tel de ville d'Amiens, mainte- 
Dant perdu ou égaré. M. Marnier en a donné une 
noayelle édition annotée; Paris, 1846, in-8°, 
d'après un manuscrit du treizième siècle, qui ap- 
partient à la bibliothèque de Troyes, et qui a fait 
partie de celle de Pierre Pithon. E. Hegnard. 

Da Cange, Préface des Établissementt de saint 
Lotiis, - LeDâin de Tnietiionl, Histoire de saint J jouis. 
- Coiiieuc, Memoirt» pour servir à l'Mstoire du Fer- 
««iid#i«, t. IL — Ui^t. lut. de la France^ t. xnc. - 
Klimrati). Mémoire sur les monuments inédits du Droit 
français. - Hardooin, Ifoticesnr Pierre de Fontaines; 
Amlen», I84i, tn-ft«. ~U. Matroier, ItUr^tktetion, en \èie 
du CoTiseil. 

FO^TàiHES {Marte-Louise -Charlotte de 
Pblard ae Givry, comtesse de), romancière 
française, nM>rte en 1730. Elle était fîlle du mar- 
quis de Givry» ancien commandant de Metz (1). 
Elle se lit remarquer par ses qualités aimables, et 
eot poor amift tout ce que la littérature de l'é- 
poqae comptait d'bemmeft remarquables. On 
lui doit plusieurs productions ingénieuses éeri^ 
tes sans prétentions, et qui lui méritèrent les 
Ters suivant» de Voltaire : 

Quel dàcUf eharmant auteur, 
Qael dieu vous u donné ce langage enchanteur? 
La force et là déltcatesce, 
U •tmpfleitéy la noblesir, 
Que Féneloa seul avait joint. 

Sapbo, qui ne croirait que l^mour reas Inspire? 
Mais voue Vous contenlca tfc vanter son eooplre; 
Ah, fmvez-vvus donner des leçons de tendresse. 
Vous qui les pratiquez si peu .' 

C^Nindanty s'il faut en croire le président 
Hénault , la comtesse de Fontaines était loin 
d'être aussi inhumaine que le proclame Voltaire, 
^t son cœur n'était pas plus à elle que ses écrits, 
dont Ctiapelle et Ferrand , toujours d'après le 
fflénae, auraient été les discrets auteurs. En 
vieillissant la comtesse de Fontaines tomba 
do rang qu'elle occupait dans la belle société 

d' Suivant les écrivains du tenaps, le marquis de Gi- 
vry ayant favorisé rétablissement d«s juifs (1) dans la 
ville de Metz, c««s-cl, par rcccnnaiflBance, lut firent une 
fesensm roasMér»ble. réversible sur ses enfants. C'est 
a cette circonstance que Voltaire fait allusion lorsqu'il 
adresse les vers suivants à madame de Fontaines : 

Adieu : malgré mes épllognea, 

Fulsalet-vous pourtant tous les ans 

Me Hre âeax ou trois romans 

Et taxer quatre synagogues. 

(O^'Mt p»r une singvliore «rreur que Chautloi^ et De- 
aidin«, daBs leur Dictionnaire historique ^ édit. de i8ii, ont 
^it • l'étaUusement dts jésuites ». 



— FONÏAN 94 

parisienne, et la paoïreté fut ia seule et triste 
compagne de ses vieux jours ; on cite parmi se6 
ouvrages : Histoire d'Aménophys, prince de 
Lydie ; Paris, 1725 et 1728, in-12 ; — Histoire 
de la Comtesse de Savoie; 1726, in-12 : on 
prétend que c*est dans ce roman que Voltaire, 
a puisé les sujets de ses deux tragédies (ÏAr- 
témise et de Tancrède. Le grand écrivain loue 
beaucoup la grâce et la pureté du style de cet 
ouvrage, qttll trouve écrit avec 

Ce naturel aisé , dont fart n'apprMbe point. 

Les Œuvres complètes de la comtesse de Fon- 
taines ont été publiées avec une Notice litté- 
raire; Paris, 1812, in- 18. Ses romans ont été 
souvent réimprimés à la suite de ceux de mes- 
dames de La Fayette et de Tenoin. A. Jadin. 

Le président Hénault, OSuvres inédites. — Barbier et 
Desessarts, ffouvelle Mbliothique d\tn Homme de 
Goût, t. V, p. AT. — Voltaire, Correspondance et Poé- 
sies. 

POHTAUIBS (Des). Foy. DfSFONTAINES et 
GOVOT. 

FONT AH (Louis^Marie), journaliste et au- 
teur dramatique français, né à Lorient, le 4 no- 
vembre 1801, mort à Thiais, près Paris, le 10 oc- 
tobre 1839. Il entra d'abord dans Tadministra- 
tion deJa marine; mais en 1820 il fut forcé de 
donner sa démission , pour avoir assisté à un 
banquet offert par sa ville natale à M. Villemain 
à l'occasion du cliangement de la loi électorale. 
11 vint alors à Paris, et fit insérer quelques ar- 
ticles dans V Album et les Tablettes. Cinq de 
ces articles furent incriminés, et Fontan se vit 
traduit en police correctionnelle; mais à Tau- 
dieaceil montra une telle confiance en lui-même» 
qu'il intimida le ministère public et que le tri- 
bunal crut devoir remettre la caudeindéfiniment. 
Un tel résultat ne pouvait qu'exciter la verve de 
Fontan ; il reprit la direction de V Album, et, non 
content de cribler d'épigrammes le nûnistère, il 
s'attaqua au roi, et publia Le Mouton enragé. 
Ce pamphlet, qni fit un grand scandale, valut à 
son auteur une omdanuiation à cinq ans de pri- 
son et à dix mille francs d'amende. Pour se sous- 
traire à cet arrêt, Fontan quitta la France , et se 
sauva en Belgique ; mais on ne lui permit pas d'y 
rester, et, en botte à des persécutions de toutes 
sortes, il fut conduit les fers aux mains de Bel- 
gique en Hollande , de Hollande en Prusse, puis 
en Hanovre ; et tellea furent les souffrances qu'il 
endura, qu'il préféra retenir en France se cons- 
tituer prisonnier. A son retour, on l'envoya à la 
maison d'arrêt de Pinssy, où il resta jusqu'à 
la révolution de 1830. On a de lui : V Aigle et 
le Proscrit; ode ; Paris, 1823, in-S** ; — Ckies et 
épitres; Paris, 1823-1827, in-12 ;— X'Ac^ncc, 
ou les deux portraits, comédie en un acte, avec 
M. Ader ; •— V Homme entre deux âges, co- 
médie en un acte, en prose, avec M. Charles 
Desnoyers; — Perkins Werbec, drame en 
cinq actes, en vers, avec M. Halévy et Droui- 
neau i^-VSspio», dramecn cinq actes, en prose; 



95 



FONTAN — FONTANA 



9G 



— Jeanne la Folié, ou la Bretagne historique 
au treizième sièele, drame historique, en cinq 
actes et en tcts, arec une préface contenant Le 
Mouton enragé; — Jeanne de Flandre, 
drame en quatre actes;— Le Moine, drame en 
cinq actes et huit tableaux; — Xe Procès d^un 
maréchal de France, aTCC M. Dupeuty; — 
Le Comte de Saint-Germain, drame en cinq 
uifa;-' Le Maréchal Mrune, drame en cinq 
actes, etc., etc. H. BIalot. 

Journaux françttU ifotMtf lBt9 et noUmmfnt 
Journal éet Débats An 14 octobre. ^ Rabbe BoUJolin, etc., 
Biographie dei ConUmporaéM ; tapplémeDt. — Qoé- 
nrd| La France UUéraire. - Looandre et.Boorqnelot, 
IMtératare^eonUmporatn», 

*¥OvrÂNk (Prospero), peintre de l*école 
bolonaise, né à Bologne, en 1512, mort en 1597, 
dans cette -ville, où il fut inhumé, dans l'église 
des Servîtes. Il fut élève d'innocenzio dlmola, 
qui avant sa mort le choisit pour terminer un de 
ses tableaux. Après aToir perdu son maître, il 
s'attacha à Vasari et k Pierino del Yaga, quil aida 
dans leurs travaux. Fontana fut appelé en France 
par le Primatice, qui l'employa à Fontainebleau, 
mais étant tombé malade, il retourna bientdt 
dans sa patrie. Malheureusement Vasari lui ap- 
prit plutôt à faire yite qu'à bien £Edre, et plus 
tard le besom d'alnnenter un luxe dont il prit 
rhabitude et qui devint pour lui une nécessité, 
le poussa encore dans cette voie fhneste, en 
lui faisant accepter d'innombrables comman- 
des, qu'il était forcé d'exécuter avec plus de ra- 
pidité que de soin. H avait une fécondité d'i- 
dées, une culture d'esprit, une hardiesse de 
main qui le rendaient propre aux grandes com- 
positions; mais, ayant renoncé à la manière finie 
de son premier maître pour s'attacher aux doc- 
trines de Vasari, il peignit, à l'exemple de celui-ci, 
d'immenses murailies en peu de temps et presque 
dans le même goût. Son dessin est plus négUgé 
que celui de Vasari, ses mouvements ont plus 
de feu, ses couleurs sont de même crues et jau- 
nâtres, mais elles ont plus^de dâicatesse. Lom- 
qu'il voulut travailler avec plus de som et de 
conscience, Fontana s'éleva parfois à de hautes 
qualités, et quelques-uns de ses tableaux, par 
rédat de la composition, la richesse des oostu* 
mes , le grandiose de l'ensemble, rappellent le 
style du Véronèse; c'est alors seulement qu'il 
peut mériter l'éloge pompeux d'Orlandi, qui le 
nomme fonte (Togni virtû ( source de toutes 
qualités). On peut s'étonner qu'avec la fougue de 
son imagination, Fontana ait pu se plier à pehi- 
dre des portraits ; cependant, il excella dans . 
ce genre, et c'est à ce titre que Michel-Ange le 
présenta au pape Jules m, qui le pensionna et 
l'admit au nombre des peintres du palais, posi- 
tion qu'il conserva sous les trois successeurs de 
ce pontife. Le plus beau titre de Fontana à l'es- 
time et à la reconnaissance de la postérité est 
d'avoir été le maître de sa fille Lavinia, de De- 
nis Calvart, auquel nous devons le Guide, et sur- 
tout de Louis et d'Augustin Camche. Ce fut 



ainsi qu'il devint le lien traditionnd de l'école 
bolonaise entre son fondateur, le Francia, et ses 
réformateurs , les Carrache. Malheureusement 
pour lui, dans sa vieillesse ces illustres élèves 
firent un peu oublier le maître, et Fontana, après 
avoir mené un train de grand seigneur, après 
avoir vu son salon le joyeux rendez-vous de tous 
les artistes de son temps, serait mort dans on 
état voisin de la gène, s'il n'eftt été soutenu 
par sa fille. 

a Parmi les nombreux ouvrages de ce maître, 
nous signalerons à Bologne : église de San- 
Salvatore, V Adoration des Mages; — à la 
Madonna-del-fiaracano» la Dispute de sainte 
Catherine; •— à Santo - Giacomo-Maggiore , 
un Saint Alexis faisant VaumAne et Bap- 
tême de Jésus-Christ signé : Prosper Fontana 
fadebat molxvi ; — au musée , Un Enfant 
jouant avec un lion , fresque transportée sur 
toile. Il avait peint à fresque la chapelle du pa- 
lais public ; cette salle servant aujourd'hui de 
déi)ôt pour les archives, les peintures de Fontana 
sont cachées par des armoires. Il ne reste plus 
rien de ses fresques à Saint-Étienne. — Au musée 
de Milan, on a de lui : une Annonciation avec 
le Père éternel dans le haut; — à Berlin : une 
Adoration des Mages; — à Dresde : La Vierge 
allaitant V Enfant- Jésus, eo présence de sainte 
Catherine, sainte Cécile et saint Joseph. 

E. B— N. 

Borghlnl, U aiposo. - OreCtU Memorie, — Malvaiia, 
FeMna pitMee, - OriandI, Atbeeedario. - -Vasari. 
F'ite. - Unzl, Gloria délia Ptttura, — Tlcozzl, Dizio- 
nario. — Vlardot, Muiées de r Europe. — M. A. Gua- 
bndi, Tre GiortU in Bologna. 

«FONTAHA (Lavinia), fille de Prospère, 
pdntre de l'école bolonaise , née à Bologne, en 
1562 , morte à Rome, en 1614, selon Oretti, 
Lanzi, Ticozzi et Campori, en 1602 si l'on en 
croit Orlandi, Malvasia et Winckelmann, dont 
l'opinion parait moins probable. Lavinia épousa 
Gian-Paolo Zappi, d'une riche et noble famille 
d'Imola, peintre amateur, qui l'aida souvent dans 
les accessoires de ses tableaux ; c'est à rai- 
son de ce mariage qu'on trouve quelquefois 
cette artiste désignée sous le nom de Lavinia 
Zappi; elle-même a signé plusieurs de ses ou- 
vrages : Lavinia Fontana de Zappis» 

Élève de son père, Lavinia l'imita pour lecoloris, 
mais ne put l'égaler pour le dessin et la composi- 
tion; sentant elle-même son infériorité, elle s'a- 
donna plus spécialement à la peinturede portraits, 
art dans lequel elle finit par égaler et quelquefois 
surpasser son père. Elle étudiait ses modèles avec | 
une patience qui semble être plus particulière 
aux femmes, et elle réussissait à rendre avec fidé- . 
lité jusqu'aux moindres linéaments des visages, 
jusqu'aux moindres détails des habillements, tels 
que les lui présentait la nature. Elle parvint à 
acquérir une telle suavité, une telle finesse de 
pinceau , surtout quand elle eut étudié les ou- 
vrages du Carrache, que plusieurs de ses por- 
traits ont pu être attribués au Guide. Dans tout 



97 



FONTANA 



98 



Fcclat de 8<m faloii , tile aHa à Rome/où rap- 
pelait la protection de la famille Buoncompagni 
et surtout eelle de son illustre chef, le pape Gré- 
goire Xin, qui la nomma son peintre. Les da- 
mes romaines se disputèrent Thonneur d'obtenir 
d'elle leurs portraits, succès d'autant plus fa- 
cile à comprendre que Lavinia ayait Tart de 
flatter ses modèles sans s'éloigner de la ressem- 
blance et de faire ressortir leurs avantages par 
l'élégance des ajustements. De son yiyant comme 
après sa mort, elle fut célébrée à l'euTi par les 
poètes et les orateurs , et.dans Técole italienne 
il est peu de femmes qui aient égalé sa re- 
nommée. 

Lavinia a laissé de nombreux ouvrages, dont 
nous indiquerons ici les principaux : à Bologne: 
à San-Giacomo-Maggiore ) La Vierge, Saint 
Côme et Saint Damien; à la Madonna-del-Ba- 
racano, La Madone entre saint Joseph et saint 
Joachim; à Santa-Trinità , la Nativité de la 
Vierge; aux M endicanti, la Multiplicatioh des 
Pains; — à Sainte-Lucie, dans la sacristie. Le 
Christ sur la Croix; enfin, au musée. Saint 
François de Paule bénissant le fils de la du- 
chesse Louise de Savoie (François T'); — à 
Rome : à Sainte-Sabine-du-Mont- Aventin, un 
Saint Dominique, fort admiré; à Santa-Maria- 
della-Pace, des Saintes peintes sur les pilastres 
du chœur ; la Lapidation de saint Etienne, 
l'un des plus grands tableaux de Lavinia, a péri 
dans l'incendie de Saint-Paul-hors-les-murs, le 
ISjniUet 1823 ; - à Florence, Galerie publique, 
portrait de Lavinia peint par elle-même; por- 
trait de Fra Panigarola, célèbre prédicateur 
milanais; Le Christ apparaissant à la Made- 
Ime, sous la figure d'un jardinier; galerie 
Pitti, un portrait de femme; •— à Naples, au 
mnsée, La Samaritaine; — à Modène, à la ga- 
lerie ducale, un Religieux assis ^ demi-figure; 
sar le dossier du siège on lit : Lavinia Font, de 
Zappis fec. mdlxxxi; — à Milan, au musée 
de Brera, sespt portraits ; — en Espagne, à l'Es-» 
cariai, une Sainte Famille; — à Berlin, au 
musée, Vénus et V Amour; — à Dresde, au 
Musée, une Sainte Famille, Le musée du Lou- 
^e ne possède aucun ouvrage de cette artiste. 
Laviniaapeint plusieurs fois son propre portrait, 
soit à part, soit dans ses tableaux; le plus frap- 
pant de tous est celui que l'on conserve à Imola, 
dans le palais Zappî. £. B— n. 

Orlaadl, jébbeeedario, - Laozl, StùHa délia PUtura, 
- 'Hcozzl, Dizionario, — Baldlnuccl, JfoHzie. — WinC' 
kelmaoD, Neues Mahler-Lexikon. — Campori, JrtifH 
MgliStati Etterui. — ¥i»tolesl, Deserizione di Roma. — 
Halvasla, PiUure di Bologna. — M. A. Goalandi^ Tre 
Ciomi in Bologna, - H. A. Qnilandl, MemorU origi- 
^* ai Bell^Arti, - OretU, Memorie. - Baglione, 
^tte de* PMtori dal vm aX 16M. - Viardot, Muséei dé 
^Europe. - CiAalogw de$ Musées de Florence, 
^^0"^, Bologne, MUan, Jfaples. Modène^ Dresde et 
BerUn. . Magasin pittoresque, t. XVI, 1848. 

FONTANA (Gioranni), architecte italien, né 
à Mili, sur le lac de Côme, en 1540, mort à 
Borne, en 1614. Il vint jeune à Rome, dans cette 

NOUV, BIOGR. GÉNÉR. — < T. XVIU. 



ville d'où il envoya, en 1577, les dessins du 
palais Gorif à Sienne, qui parait avoir été son 
premier ouvrage de quelque importance. A Rome 
il construisit le palais Giustiniani, qui, sans 
être un édifice de premier ordre , n'est cepen- 
dant pas sans mérite. Découragé peut-être par 
la supériorité de son frère, Fontana s'adonna 
presque exclusivement aux grands travaux hy- 
drauliques, quoiqu'il ait encore, en 1613, une 
année avant sa mort, élevé à Sienne )& façade 
de r église Saint-Martin, Rome lui doit deux 
fontaines construites par ordre de Paul Y, celle 
du pont Sixte , composée d'une grande niche 
décorée de colonnes soutenant on attique, et la 
fontaine Pauline, si admirable par l'abondance 
de ses eaux, et qui fut construite des débris do 
Forum de Nerva. Fontana amena l'eau à ces deux 
fontaines en rétablissant l'aqueduc d'Auguste. Un 
autre aqueduc que Fontana construisit fournit à 
Frascati les eaux qui embellissent les villes Mon- 
dragone et du Belvédère. Il nettoya l'embouchure 
du Tibre à Ostie, régla le cours du Velino entre 
Terni et Nami, et fournit des eaux à Cività-Vec- 
chia et à Velletri. Envoyé par Paul V à Fer- 
rare et à Ravenne pour réparer les dommages 
causés par les inondations du P6, il tomba ma- 
lade dans ce voyage, et revint mourir à Rome^pù 
il fut enterré, dans l'église d'Ara-Cœli. 

E. B— N. 
M.^A. GnalaDdl, Memorie originali di BeUe-ArtU — 
Plstolesi, DetorUione di Roma. — Ticozzl, DiaMhario, 
- Romagnoli, Cenni storico^rtistici di Siena. — Qua- 
tremère de Qxilncj , Dictionnaire d'Architecture, — Va- 
léry , yogage hiitorique et Uttéraire en Italie, 

FONTANA (Dcmenico), architecte et mgé- 
nieur italien, frère du précédent, né en 1543, dans 
le village de Mili, situé sur le lac de Cdme, mort 
à Naples, en 1607. A peine âgé de vingt ans , il se 
rendit à Rome, auprès de son frèce.alné, Giovanni 
Fontana, qui y étudiait l'architecture. Les chefs- 
d'œuvre des grands maîtres italiens et les copies 
qu'il faisait chaque jour des ouvrages de Vignole, ' 
du Bramante et de filichel-Ange, développèrent 
son intelligence sous le rapport de l'art , et l'ame- ^ 
nèrent à comprendre la beauté des formes. A 
foroe de persévérance et de travail , il attira l'at- 
tention de quelques puissants seigneurs de la 
cour de Rome. Le cardinal Montalto, ayant re- 
marqué l'intelligence de ce jeune artiste, le prit 
à son service, et lui fit exécuter une chapelle 
dans l'église de Sainte-Marie-Mjiyeure et un pa- 
lais dans le jardin de cette basilique. Ce cardinal , 
qui devint, si célèbre sous le nom de Sixte-Quint, 
voulant, commentons les grands de cette époque, 
attacher son nom à quelques constructions im- 
posantes et riches , employait l'argent avec pro- 
fusion; mais il était né de famille pauvre, jet 
tout ce qu'il possédait il le devait aux libéralités 
du pape Grégoire Xin, qui, jaloux du cardinal, 
fit suspendre le payement de la pension qu'il lui 
avait accordée. Mais Fontana, soit désintéresse- 
ment, soit prévoyance de l'élévation future du 
cardinal fit un acte qui assura sa fortune : il em- 



99 



FOISTÀNA 



100 



pécha que les travaux ne fussent interrompus» 
en les faisant terminer à ses ft*ais et en y con* 
sacrant le fruit de ses épargnes. Quand Moniaito 
parvint au trdne pontifical, il nomma sur-le- 
champ Fontana son premier architecte, et lui fit 
achever la coupole de la basilique de Saint^ 
Pierre. Près de la vieille sacristie de cette ba- 
silique se trouvait caché, an milieu des décom* 
bres, un monument qui avait été transporté à 
Rome sous le règne de Caligula. Ce monument 
n'était autre qu'un obélisque long de 111 palmes 
et demi et large à sa base de douze palmes (le 
palme romain fait un peu plus de 8 pouces 
3 lignes, ou environ 24 centimètres), tous les 
prédécesseurs de Sixte-Quint avaient formé le 
projet de l'ériger sur la place de Saint-Pierre; 
mais la difficulté du transport , la diversité des 
moyens proposés en avaient toujours retardé 
l'exécution. Le nouveau pape, voulant étemi** 
ser la mémoire de son pontificat, résolut d'ac- 
complir cette œuvre gigantesque : Il s'adreésn 
aux architectes, aux ingénieurs et aux mathé^* 
maticiens les plus habiles d'Europe. Plus de 500 
mémoires, dessins ou modèles arrivèrent h 
Rome ; mais les opinions qui y étaient renf^ 
mées étaient si opposées les unes aux autres 
que Sixte- Quint se trouva forcé de s'en rapporter 
à Fontana pour avoir la solution de cet impor-^ 
tant problème. Fontana examina tous ces avis 
avec soin , et en soumit un au pape qui se trou- 
vait en contradiction avec ceux-là. It soutenait 
que l'obélisque devait être transporté couché jus- 
que sur la place, et que là 11 fiillait le relever au 
moyen de machines et de cabestans. SiXte^QUlnt 
lui fit faire cette expérience sur un petit obélis^ 
que du mausolée d'Auguste, cotiché dans une 
rue voisine : elle fut heuraise , et aussitôt ce 
projet fut accepté. Mais comme on conservait 
quelques doutes sur les moyens d'exécution, on 
lui adjoignit Giacomo délia Porta et Bartbolo*- 
meo Âmmanati. Fontana, affligé du peu de con- 
fiance qu'on lui accordait, fit tant d'instances ati- 
% près de son bienfaiteur qu'on le laissa seul diriger 
cette entreprise. Alors il se mit à l'œuvre, fit 
creuser le terrain de la place de 60 palmes en 
carré sur 33 de profondeur, et renferma Tobé* 
lisque dans une charpente prodigieuse soutenue 
par huit pieux de bois. Pour qu'il tt*arrivât au* 
cun accident, la foule était tenue de se taire^ afin 
qu'on entendit les sons des trompettes qui ré* 
paient les mouvements et ceux des cymbales 
qui marquaient les repos. Enfin, après plusieun 
essais tentés avec succès, le 10 septembre 1686, 
jour de l'entrée du duc de Piney-Luxembourg , 
ambassadeur de Henri m, à Rome , l'obélisque 
s'éleva majestueusement vers le ciel, et se plaça 
sur son piédestal , à la grande joie de la multi- 
tude. Les ouvriers, glorieux des talents d'un 
tel maître , le portèrent en triomphe sur leurs 
épaules, et le promenèrent par la ville aux sons 
des instruments et des acclamations du peuple. 
Sixte y récompensa dignement son architecte : 



il fit frftpper des médailles en mémoire de cette 
journée ) ennoblit Fontani, le crée obevalier de 
l'Éperon d'Or, lui donna en récompense 5|000 
éous d'argent, et lui fit une pension annuelle de 
2,000 écus d'or réversible sur ses héritiera. Mus 
il ne t'en tint pas là t il lui fit en outre don de 
la charpente et de tous les matériaux qui avaient 
servi à l'érection de cet obélisque, « ce qui fut 
estimé, dit un auteur contemporain, à plus de 
20,000 écus to. La réputation de Fontana per- 
ooumt le monde, et chaque scHiverain désirait 
l'avoir dans son royaume ; maie il resta à Rome, 
et, d'après les ordres de Sixte^Quint, il embellit 
cette antique cité. Il ouvrit des rues , éleva des 
obélisques sur les places, contiilua un grand 
nombre d'édifices remarquables, entre autres la 
bibliothèqoe du Vatican, acheva, sur le mont 
Qulrinal, le palais pontifical dit de Monte-Ca- 
vallo, fit transporter des Thermes de Dioclétien 
sur la place voisine les dedX groupes attribués 
à Phidias et à Praxitèle , fepréaentant des dieux 
domptant des eoureiers ^ et eofiil fépara les co- 
lonneé Antonine et Tngane. Foutant ^ comme 
tous les hommes qui attelgkiefet à l'apogée de la 
gloire, etlt des envieux | des eccntateiirs : on 
prétendit qn'il avait déte«nié à son profit dei 
sommes considérables. Ijb pape eut la faiblesse 
de le croire, et son protégé twuba en discrédit. 
Alors Fontana accepta le titre d'architecte et dé 
premier JngéBleor que hli offirft le vicenroi de Si- 
cile. Il se rendit à îiafisê en 1692, et s'y maria. 
See otMMtmctione dons cette ville sont s un palais 
pour le loi , 0(1 il mêla , sans beaucoup de suc- 
cès , l'ordre dorique et ionique avec le oomposite, 
et plusieurs cananx. Il allait commencer le pont 
que construisit plus tord , eur les plans de Fob' 
tana, François Richetti , lorsque la mort vint le 
surprendre. Il fut inhuniéen grande pompe dans 
Féglise de Sainte*Annc. Son fils, Giulio-Oesare, 
lui fit ériger un supette mausolée» 

Fontana n'a laissé qu'un seul oavrage sur 
l'architecture; Il a pour titre : Uel modo tenuto 
ml trasportare Vobeliseo VaticanQ^ e délie 
ftthriche fatte da noêtro signoré Sisto V; 
Rome, 1680, in-folio. On y trouve de cu- 
rieux détails sur les procédés <|tt'il employa 
pour transporter et ériger l'obélisque du Vati- 
can. Il M réhnprimé en 1604, en deux volumes 
in-folio. « Cet artiste, dit l'abbé de Fontenai , 
eut beaucoup de talent pour les mécaniques, 
mais son style en architecture n'est pas cor- 
rect; il n'a point conservé aux différents ordres 
le caractère qui leur convient, et a donné dans 
le sec et dons le maigre. Malgré cela, le che- 
valier Dominique Fontana mérite «i rang dis- 
tingué parmi les architectes. » [E. Bareste, 
dans VEncycL de» G. du M. ] 

G. Tlcozzi , Dizionûrio. — QtmtreméfB de On'ocy 
Dictionnaire d'Jrchitectnre. 

FONTANA (GiuHo-Cesare), fils du précé- 
dent, architecte italien, né à Rome, vivait 
au commencement du dix-septième siècle. 



lot 



FONTANA 



103 



Élève de son pèi^, il se ffiontra digne de Idi, 
Gontiiitiii ses tmvaiox à Naples^ et en exécuta 
plusieunl autres très-importants. Hons ne ferons 
qoe lii^ttiotinef les greniers publics, devant 
citef en première ligne le palais des Studj (des 
Étttdes), ânjoÉird'hm Musëo Borbonicoi Les fbn- 
dations atàient été jetées en 1386 pat le Tîce- 
Toi, duc d'Ossuna, ponr élever des écuries et nn 
manège; en lâ^^ son sncoesseur, le cdmte de 
Lemosi grand proteeterir des lettres et des arts, 
fit faire de nonreaux plans par G. Fodtana, ef 
commença l'édifice destiné à Tunitersité^ mais 
qui testa longtemps imparfait. En 1780 l'imi- 
▼ersité fat Irtosféréèl dans un autre local ^ et en 
1790 on eonçnl le projet de fébnir dans le pa- 
lais resté vacant les diters mosées.- A cette 
époque Fétflge supéfietir lut acheté pat Pompeo 
Schtantafelli ; mais les ététtements politiques 
a^ant arrêté lee tratattx , ils ne forent repris et 
condâits à fin qn'apfèe la révolntiini. £. B— 9. 

G. TieOKtt/ SHiUmario. 

FOHTAWA ( Publk)), poète lathi n^derne^ né 
en 1M8^ à Painsco, dans le diocèse de Bresdn ^ 
mort dans la métne ville^ en 1609. Ndmmé curé 
de Paloseo par Dominico Bolkmi, évêqne dé 
Bresda ^ il passa tonte sa Vie dans cette fannfble 
position , malgré les <^res dfi cardinal Aldo- 
braadini^ qui essaya à plosienrft reprises de Tat^ 
tirer à Rome. Son ineiUeifr^poënie est intitnlé,:; 
DelphinU Libri III ^ Yenieei 1§82^ iif-4<>. Seé 
poésies ont été rectteilliee et publiées par le wf^ 
dînai Fttrietti; Bergame, 17ô2,in-8^ 

TiraboseM, Stor*ti deUa LeUerOtmrm IttOkma, L vif, 
p. m, p. 27>. 

FOMTAKA (l'rancesco)^ astronome napolitain^ 
né vers 1 580 ^ mort de la peste^ en 16d6. Il étu- 
dia d*abord le droit, e1 se fit recevoir docteur; 
mais il se consacra bientôt entièrement aux m»- 
thématiques^ Unissant la pratique à la théorie , 
il s'occupa de la taille des, verres d*optiqqe et 
du perfectionnement des instruments scientifi- 
ques. On a de lui : Novês eœlesHum et terres- 
trium Rerum Observationes ^ specillis a se 
inventis, et ad summam per/ectionem per- 
dtictis editse; Naples, 1646 y in*4*^, avec un 
grand nombre de figures^ bien exécutées. Dans cet 
ouvrage Fontana prétend avoir inventé en 1608 
« le télescope astronomique formé d'une donble 
lentille convexe ». Montucla regarde cette préten^ 
tion comme mal fondée. On trouve dans le même 
livre un traité sur le microscope, et sur les ob- 
servations qu'on pe«t, à l'aide de cet instranent, 
faire sur les plus petits objet». 

^eldlcr, BUtOfia Astrahùmim, t. XV, 71. - MOtf^tf- 
cU» Histoire des Mathématiques, t. II. 

rôWTA* A (tûr/o), arèbitecte îtalîen, hé à 
BracîatOyVttlagedtf dio'cièsede Cême,en l634,mort 
à Rotoe, en l7l4. Ce fut dans cette dernière vflle 
qn'O passa sa vie entière; il y vint jeune se pbfcer 
sons la direction dtf Bemin, atiqnel il emprunta 
qnéiqnes-unes de ses qualités , mais dont aussi 
trop souvent il imita les .défauts. CoDMtoe son 
ftis^e, il se laissa entraîner à sacrifier Ta pureté 



des formes essentielles à son goût pour la dé- 
coration; èependant, ses otiti»ges ne manquent 
pas de grandiose dans les masëes et d'uiie cer- 
taine élégance dans Texécntion. Ba renommée 
devint telle que, dans le cours de sa lofigde car-, 
rière et BOUS Mrègne de sept papes, il fut eliafgé 
d'innombrables travaux. Sons Aleiràiidte Yil^ il 
contmisitla/Etçde^e et le tnaitrè auteléeSaHta' 
Marin-de^'MiraeBU et sons Clément X la grande 
fbntcHne de gaoche de la place de SaUit-Pterre.* 
Innocent XII le chargea de terminer In Cw^a 
InnocenziantL et le grand Hôpital de Sdint- 
Michel à Ripa-Oraflde. Ge fat à la même époqne 
qu'il transfof'ma en fonts baptismaiixi podrla 
basilique de Saint-Pierre, le grand eoaVerei<< dd 
porphyre dn tombeau d'Otbon U^ kmoedit XII 
lui confia Misai le Mausolée de là reine de Suède 
Christine^ morte à Rome^ en 1 689^ raenmnent qui 
ne ftft achevé que sons le règne de Clément XI ^ 
et dans lequel il fetaidé par les sculpteors Jean 
Tendon^ Giardini et Lorento Attone. Quoique 
arrivé k un âgé avaiicéi Fontma n'afvait rien 
perdu de son activité pendant quatorze année» 
qu'il vécut encore sons te pontifient deClémentXI ; 
c'est pendant cette dernière période de sa vie 
qu'il éleva à Sainte-Marie-du-Peuple la magni- 
fique chapelle Cibo , Tan de ses meilleurs ou- 
vrages^ qu'il restaura l'antique éj^Zi^e Saini»Clé- 
mentf donna le dessin du ple^fond de San-Pie* 
tro-iri-vincolif eonstrnisit les greniers de la 
place de' Termini et le portique de Véglise 
Santa- Maria'iri-Traste»eres Indiquons encore 
pafmi ses IravaUtà Rome lajaçade de Saint- 
Marcel, où, ph» que partout ailleurs, domine le 
mauvais goût de.sun éoole et de son siècle^ le 
beau palais Bolognettif anjonrd'hui Torlenia, le 
maître autel et la Chapelle GinetH de Saint- 
André délia Y ëàletylè palais QH/fntÊhif une e^o- 
pelle k Saint-SébastieB-bor9-le»»mfers j enfin Pim- 
mcAse bUfHothèqtte àa corivoit de la Minertai 
Il donna les dessins de la Villa Visconti k 
Frascati, et de la cathédrale de Montefiaseones 
remarquable par l'élégaHee de sa coupole.- Aux 
environs de Sienne ^ il censtrnisit le jèii casino 
de Cetinale ; enfin, à Gênes, on loi doit les deux 
magnifiques escalierê dé palaie Marcel Durazcu, 
aujourd'hui paMS dii roi. Pamri divers projets 
qui hii avaient été dennndés pour FAlIemi^e ; 
on remarqua celui pour la cathédrale de Fiilda. 
InnoeSent Xi avait chargé Fontana de faire la 
description de l'église de Saint^Pierre. Dans cet 
ouvrage, rempli d'exéeNenls principes pour les 
jeones architectes, Fontana dont/a plusieurs pro- 
jets pour ajouter à la basilique quelques beautés 
extérieures ; il défendit vivement le Ûermn contre 
ceux qui faccusaieùt d'avoir èaasé les lézardes 
de la coupole de SUiUt-Pierre en affaiblissant les 
piliers qtà la soUtiemictart,- et il S^efforça de prou- 
ver qoe les aiMrmes occasionnées par ces fentes 
étaient mal fondées et qoe les cercles de fer 
dont la coupole a été entourée étaient complète- 
ment inutiles. Ë. B— k. 

4. 



103 



Orlandl, Âbbecêdario. - Ramafirnolt, Cenni ttorieo- 
artisticidi Sima. — Plstolesi, Deicrizione di Roma. — 
FoDteDai , Dictionnaire des yirtistex — Quatremèrc de 
QolDcy, Dictionnaire dP Architecture, - Valéry, Voyage» 
hUtof^que* et littéraires m Italie. - Magasin pitto- 
résulte; 18S9. 

PONTAN A ( Agostino ) , comte Scagnelli, ju- 
risconsulte italien , vivait dans ta seconde moitié 
du dix-septième siècle. H fut successivement juge 
à Plaisance, sénateur à Mantoue, enfin auditeur 
de rote à Bologne. On a de lui : De Successione 
monasterii bonorum capads; Bologne, l(f85, 
in-fol. ; — Amphitkeatrum légale^ seu biblio- 
theca legalis amplissima ; Parme, 1688, 5 yoI. 
in-fol. Cet ouvrage est une sorte de répertoire 
dont les deux premiers volumes sont distribués 
par ordre alphabétique d'auteurs, tandis que les 
trois autres, rédigés par ordre de matières, ren- 
Toient aux premiers pour la bibliographie ; — 
Antmalogia, seu traetatus de omni génère 
expefisarum ; — Astrea criminaliSy overo brève 
metodo di ben procédure nelle criminali ; Ters 
1688;— des Poésies dans le Salmista toscano; 
Bologne, 1688. 

Biografia univ. (éd. de Venise ). * 
FONTANA ( Gaétan ) , astronome italien , né 
à Modène, m 1645 , mort dans la même ville, 
le 25 juin 1719. H se fit théatin, et professa dans 
les maisons de^on ordre à Rome , à Padoue, à 
Vérone et à Modène. Il cultiva avec succès Tas- 
tronomie, la géographie et la physique. Dominique 
Cassini était en correspondance avec lui. Ce cé- 
lèbre astronome dit, dans une de ses lettres, que 
de toutes les observations qu'il recevait, celles 
de Fontana étaient les plus exactes et les mieux 
faites. On a de Fontena : Institutio phpsico- 
astronomica ; adjecta in fine appendice geogra- 
phica; Modène, 1695, in-4<*. On remarque dans 
cet ouvrage Topinion de Fontana sur la cause du 
mouTemént des corps célestes. Il ne pense pas 
qu'ils soient emportés par un fluide ambiant , 
et croit qu'ils se meuvent en vertu d'une force 
motrice qui leur est propre; — Animadver- 
siones in historiam sacro^liticam , prxser- 
tim chronologiam spec tantes ; Modène , 1718, 
in-4'*. On trouve dans les Mémoires de V Aca- 
démie des Sciences de Paris (1701, 1704, 
1706) des observations de Fontana sur des 
éclipses de soleil et de lune. 

Weldler, HUtoria Astronomise ^ cb. XV, 17t. — Tl- 
raboschi, Storia délia Uttêrat. Italiana, t VIII, p. soo. 

PONTANA (Abbé F62iC6), naturalisteitalien» né 
le 13 avril 1730, à Pomarole, petite boui^e du 
Tyrol , mort à Florence, le 9 mars 1803. Après 
avoir fait de bonnes études à Vérone , à Parme, 
à Bologne, àPadoue, iffùt nommé professeur 
de philosophie rationnelle àTuniversité dePise. 
Pendant son professorat, l'abbé Fontana publia 
plusieurs traites de physiologie. Nous citerons ses 
expériences sur les parties irritables et sen- 
sibles , dans le 3*" Tolume des Mémoires de 
Hailer (1757) ; son traité Dei Moti delV Iride 
(Des Mouvements de Hris), publiéà Lucques en 



FONTANA 104 

1767; ainsi que ses Ricerchefilosojiche sopra il 
veleno délia vipera. Cet ouvrage fut r^ondu 
et réimprimé à Florence, sous le titre de Traité 
sur le Venin de la Vipère, sur les poisons amé- 
ricains, sur le laurier cerise et sur quelques 
autres poisons ; Tloreace , 2 vol. in-4**, avee 
figures. Nommé directeur du Muséum de Phy- 
sique et d'Histoire naturelle de Florence par le 
grand-duc Pierre-Léopold , l'abbé Fontana fit à 
cette occasion plusieurs voyages scientifiques en 
France et en Angleterre, avec Jean Fabroni. Il 
consacra trente ans de son existence à enrichir 
le muséum de pièces nouvelles, et le rendit un 
des mieux assortis de toute l'Europe. On lui 
doit plus de 1,500 pièces anatomiques, parfai- 
tement exécutées en cire. L'empereur Joseph II, 
lors de son voyage à Florence, le nomma che- 
Talier du Saint-Empire , et lui commanda 150 
pièces nouvelles, ainsi que le double de toutes 
celles qui existaient à Florence, pour le muséum 
de Vienne. Fontaina publia successivement : 
Descrizioni ed usi di aleuni strumenti per 
misurare la saiubrità delV aria; Florence, 
1775, in-8'*; — Sur la Physique animale; 
Florence, 1776, in4^; — Recherches sur la 
nature de Vair déphlogistiqué et de Vair ni- 
treux ; Paris, 1776, in-8°. Des expériences que 
Fontana avait faites sur ce sujet, et qui forent 
maladroitement répétées par un physicien jaloux, 
lui valurent quelques désagréments. Sa sympa- 
thie pour les idées révolutionnaires de la France 
l'exposa à des persécutions. Il fut emprisonné. 
Traité avec égards par l'armée française d'oc- 
cupation ra 1799, Fontana ne recouvra ni sa 
gaieté natorelle ni même son ancienne habi- 
leté, n dut fournir à la France un double de 
ses pièces anatomiques ; plus tard , il échoua 
dans la fabrication d'une stetoe anatomique co- 
lossale, qu'il avait entreprise. Réintégré dans 
ses fonctions par le roi d'Étrurie , Fontana fit 
encore paraître un livre intitulé : Principes 
raisonnes sur la Génération, et mourut bientôt 
après, des suites d'une chute. Ses restes fiirent 
déposés dans les caveaux de l'église de Santa- 
Croce. n avait esquissé un travail sur la résur- 
rection des animaux microscopiques, rotifères 
et anguilles, qu'il ayait cru découvrir dans le 
seigle ergoté. On possède encore de lui une série 
d'articles scientifiques réunis en volume et tra- 
duits par Gibelin, d'Aix; Paris ,1781, in-S". 

G. VrrAU. 
Endclopedia popotare; Turin, 1846. — Rabbe, 
Vielh et Salme-Preuve, Biovraphie universelle et por- 
tative. - ManglU, Elogio di Feliee Fontana,-, Milaa , 
181S. 

FONTANA (Grégoire), mathématicien et phy- 
sicien italien , frère du précédent, né à Rogarola, 
près deReveredo,dans le Tyrol, le 7 décembre 
1735, mort à Milan, le 24 août 1803. Après ses 
études, il entra dans la congrégation des Eco- 
les pies , et fut envoyé à Sinigaglia comme 
professeur. Bientôt il prit du goût pour les ma- 
thématiques, qu'il étudia avec ardeur et avec un 



105 



FONTÀNA 



106 



tel saccès qo*en 1763 il M appelé à succéder à 
Boscowich dans la ctiaire de mathématiqaes 
transcendantes, à Pavie. Bonaparte, lorsqu'il 
commanda l'armée dltalie, hii donna un témoi- 
gnage de son estime en le nommant un des mem- 
bres de la Consulta. Dans les dernières années 
de 8» vie , Fontana fut obligé de renoncer à tous* 
travaux, par suite de l'âaiblissement de sa 
santé. On a de lui des DissertcUions sur divers 
sujets de physique, en italien et en latin, à Venise 
et à PaTie, de 1763 à 1776; 4 Jfémotra^ in- 
sérés dans ceux de TAcadémie de Sienne ; 17 
dans la collection des Mémoires de Mathéma" 
tiques et de Physique de la Société italienne 
des Sciences; 5 dans le Recueil de V Académie 
de Tîxrin; 4 dans le Journal médical de Tu- 
rin, Entre autres traductions en italien, on lui 
doit l'Hydrodynamique et divers ouvrages de 
Tabbé Bossut. Gctot de Fèrb. 

Babbe, etc., Btùgr, de$ Contemp. 

FONTANA (Martano), mathématicien d'o- 
rigine italienne , né en Tyrol, le 18 février 1746, 
mort le 8 noTembre 1808. H entra à Tâge de 
seize ans dans Tordre des Bamabites. Ses pro- 
grès dans toutes les branches des sciences phy- 
siques et mathématiques le firent appeler, en 1 77 1 , 
à la chaire dephilosophie du collège de Sainte-Lu- 
de à Bologne. Il passa ensuite en la même quatité 
à Florence. Le comte Firmiani le rappela en Lom- 
hardie, et lui donna une chaire de mathémati- 
ques, d'abord à Mantoue, puis à Milan. En 1783 
Fontana fut nommé professeur à l'université de 
Pavie,où il enseigna successivement la mécani- 
que, la géométrie et l'algèbre. En 1802 il prit sa 
retraite , et alla finir ses jours dans le couvent 
de Saint-Bamabé à Milan. Fontana n'était pas 
seulement un savant distingué, il était aussi un 
excellent bibliophile et un amateur très-habile 
des œuvres d'art. On a de lui : Corso di Dina- 
mica; Paris, 1790, 1792, 1795, 3 vol. in-4^; et 
divers mémoires dans les 1. 1 et II des Atti de 
V Institut national du royaume d'Italie. Dans 
le plus important de ces mémoires, intitulé : Ost 
servazUmi storiche sopra VAritmetica di 
Francesco Maurolico, Fontana revendique pour 
François Maurolico la gloire d'avoir inv^ité les 
caractères et les formules algébriques. 

Baizarlnl, Dizionario eneiclopedico detta Lingua Ita- 
Uana. — Babbe, BoUJoUn, etc., Biographie vniv, et 
p&rtaHve des CùtUemporaint» 

FONTANA (FrançoiS'Louis) , frère du pré- 
cédent, prélat italien, né le 28 août 1750, à Ca- 
sal'Maggiore (duché de Milan), mort à Rome, 
le 19 mars 1822. Entré dans la congrégation 
des Bamabites, il y prononça ses vœux en 
1767. I>ès qu'il eut terminé ses cours de théolo- 
gie , il accompagna le père Ermenegilde Pini, qui 
s'était alors fait une réputation de minéralo- 
giste, et qui fut chargé en 1772, par l'impératrice 
Marie-Thérèse, d'aller visiter les mines delà Hon- 
grie. A son retour en Italie, il partagea avec son 
frère la direction du collège de Sainte-Lucie de 



Bologne. Nommé peu de temps après professeur 
d'éloquence au grand collège de Milan, il déploya 
dans ces fonctions des connaissances littéraires 
variées; très-familiarisé avec le grec , il im*^ 
provisait des vers dans cette langue. Élu supé-^ 
rieur des Bamabites delà province de Milan, 
Fontana fit preuve d'une grande pradence au 
milieu de la fermentaticm des esprits, peu favo- 
rables alors aux congrégations rdigieuses , et par 
la sagesse de sa conduite il sut conserver tous 
. les collèges placés sous sa dhrection* Il fut au 
nombre de ceux qui en 1804 accompagnèrent le 
pape Pie YII en France. On le nonuna successi- 
vement procureur général de son ordre, consut- 
tenr des rits et de l'inquisition et général de sa 
congrégation. Quand Pie VU lut, comme son 
prédécesseur, amené en France, Fontana, de 
même que plusieurs autres chefs d'ordres reli- 
gieux, reçut l'ordre de sortir deR(nne et de Tenir 
à Paris. 

Il était exilé à Ards-sur-Aube quand on l'ap- 
pela pour taire partie de la commission nommée 
par l'empereur, en 1809, dans le but de s'occuper 
des affaires de l'Église. L'état de sa santé ne 
lui permit d'assister qu'aux premières séances. 
Enfermé à Vineennes à l'époque où le bref du 
pape fut signifié an cardinal Bfanry, qui voiait 
d'être élevé par le pouvoir civil à la dignité 
d'archevêque de Paris, on attribua l'emprison- 
nement de Fontana à une mission qu'il aurait 
reçue du souverain pontife à l'occasion de cet 
abus de la puissance temporelle; il parait tou- 
tefois que son incarcération fut provoquée par 
des papiers qu'on trouva dans le cabinet du pape 
à Savone. Il ne recouvra sa liberté qu'après 
l'arrivée des alliés en France. De retour à Rome, 
où il remplit les fonctions de secrétaire de la 
congrégation instituée pour délibérer sur les af- 
faires extraordinaires de PÉglise, il fut nommé 
cardinal le 8 mars 1816. Placé à la tète de la 
congrégation de V Index, il conserva cependant 
son titre de supérieur général des Bamabites. 
Des commissions extraordinaires ayant été for- 
mées pour rédiger un plan d'études ainsi que 
pour fixer tes attributions de l'inquisition ro- 
maine, Fontana en fut un des membres les plus 
influents. En 1818 il passa de la congrégation 
de V Index à celle de la Propagande, et de plus 
on lui conféra la préfecture des études du Collège 
Romain. 

En 1790, au moment où il était professeur au 
Collège des Nobles à Milan, il avait pubUé les 
vies de plusieurs savants, que Fabroni a insérées 
dans son recueil. On a aussi de lui quelques 
inscriptions et poésies grecques, imitées de saint 
Grégoire de Naziaaze. A la mort du cardinal 
Gerdil, son ami , il prononça à Rome ï Éloge 
funèbre de ce prince de l'Église, et deux ans 
après, en 1804, il lut à PAcadémie des Arcades 
un Éloge littéraire du savant ecclésiastique. 
Le premier de ces éloges a été traduit en fran- 
çais et accompagné de notes par l'abbé d'Auri* 



iP7 



FONTAMA 



limi- Ë^o 9 U commença u»e édition ior^" ^m 
peuvfps considérable^ di) pardin^l C^erdil, dont il 
fit paraître U YOl- A* R. 

^Qjfj^^jk ( Qabriel). Voyet^ Paverd«. 

ppNT4M«fil44 (Fr^ïîwcwp), philologue ï\^- 
Ijen, n^ i VNiO>to 2S juin 1768, mort d^n^ k^ 
même ville, l^ gs murs ^«27. Il étudia powr ^tr^ 
prêtre, ot a^nit da boi^no beufe d^6 oonnaisr 
sanpes ^t^ndnes dans les langues o^ientalefii* Une 
dissertation suf la vépitablsortliograpl^p dn mot 
Johmnfiêf ot quelques antres trayanx du roâme 
g^nl>0 Ini falupent une chaire do grammairp ^ 
Venise. Nomme professeur d'éloquenee latine au 
lycée d'iïdmp lovs de |a réunion de Venise au 
^royaume dlt^lie, il Ait destitué «près 1814. Jl se 
fit ajors eonpecteusd'im[ffimem.Le gouvernement 
4ntricinen vint au leceui» de Fentanella ep le ehar- 
g^Ant de dr-ossen, aFoc fi. Petpettini, le cat^ogue 
de la bibliothèque Zeniana, Le patriarche MUesi 
le nomma profèsseus d-béhwu et de grec au 
séiBJnaire de Venise; mais eetke chaire ayant ét^ 
supprimée, fentandla peiint à ^es eorrections 
d'éppeuFos, et ce fut jusqu'à sa mort sa principale 
i^ssonfce. On a de lui : la ùri^gt^^ éel 
tnome jQkauneê^ Venise, il^, inrS^; -^ Pro- 
90âia cAé! ^eirve d'apprniëice alto pp§Qie geine- 
mit délia siutassi laHn^} ibid., 1819, inTS"*; 
— Ùsser^Mitam sùppc^ ia seêondq ediai^ne 
deW IHaée d^Omero , publimta da Vineenao 
Monii; ibid., 1814, in-8A; — Xe Siampare t^en 
è fier tut^i far4a} ibid., 1814, ïsbA^; — Ad- 
denda ^d Gv^pomn, €h^mmaHeett) Milap, 1819, 
is\-9ii°i — La Baèeartùepia deiia èe^era 
gr^s^a fT; Venise, in-8*^. L'auteur soutient que 
la leltre ^ doit se pisononcer comme Ë; mais 
plus tard il revint sus cette opinion , et admit 
que la meilleure pponendation était I ; — Liv^en 
Grammaiioumt sive prima gr^eœ. linguœ 
€rî4dim6nta;\hià.y 1819, in-Sft; — Secunda 
Par», ^im synHtxis grœe» grammatiees ; ibid., 
1831,in-8<); — Focaftelarto Qveeo'Iialiano et 
Italiano-GreoGi; ib., 1881, in-S» ^^—STudimenti 
délia lingua Oreca ; ibid., 1828, in-8*) } r- Me- 
moria sopra la grammatica greca elementare 
ad Mco deèh elas$i III e IV del eevM ginna- 
«tale;ibid., 1822,iR-18; — Vaoabolario Mhrai- 
eorJtalUmaed italiana-Mbraieo^iïâd., 1824, 
in-S^; — VUa di Franeeseo Fontanella, prête 
VenezianOy scritta da lui medesimo ; ibid., 
182&, in-8<^ ; — Quesito iutorno alf opéra : 
Qrtogpajtaenoiclopedica universale delta lÀn- 
guaHal%aua'/ûAA\, 1836, m'>%'^)—N'mvissima 
ۏr<UBmatiea ItaHana, per apprendeve\la Hn- 
gua 6h'aiea;iibié., 1826, in-8^; ~ Oorso di 
Mitelogia; ibid., 1826, 2 ¥0l. in-8'' ; — Lettera 
alla Naziane Ebrea piw eccitarla allô studio ; 
ibid., 1827, inr8<'. 

litpaldo, UtoffrAfla degli ttaliani iUuOri. 

^ITAHCLLB. Voy. Dubois. 

FONTAKBliLi (Alphonse), diplomate ita- 
tien, né en 1557, h- Reggio ( Lombapdie) , mort 



FONTANES 108 

le U féfrier 1631. U tpt introduit dès sa jeu- 
nesse è la tom d'Alphonse d'Esté, qui le pomma 
un de ses ehembellans et lui oopli^ diverses | 
missions auj^s du gonvernement de Venise. 
Fontanelli derint pins tard ambassadeur h Rome, | 
puis en Ssnagne. (i»a piété, qui éteit ttès*?ive, le 
décida à qoittei\lemQpde. Il entn dans les ofdres, | 
et consaera le veste de sa vie à des pratiques re- 
ligieuses. On a de lui I Oratio in ecelsêia 
B, Prespem habita t» ejm 4éê /ê^to 7 col. 
JuL 1570; Reggio, inr8<'. 
FqniMclu, DêscHxMmti <f alciin4 ZNiMMfilN dé Qim- 

WQmhM^VM {Alpkons^Yineenit marquis 
on), homme politique et littérateur it^liePa né à 
Reggio, en 1706, mopt à Modèn^, le 3 décepahre 
1777. Il se fit eonnattre par ses voyagea dans 
toute rsurope , par ses liaisons et ses corres- 
pondances avec les premiers littérateurs <te ^P 
temps, par son amour des lettres et par les em- 
plois émi9^t» Qn'il Qcqnpa spcç^§ivçment. 
Çqlpnel dit régiment de jLia lilirandQ)^ goqverneur 
dp doché de ^assa-Çarrara , et memhre de la 
jiip(e chargée de gouverner le; duché d^ Modèoe 
en l'absence dp dqc, Fpptanelli ap woatra admi- 
mstrateur hahile, et coptrihMa h^APOonp à l'em- 
bellissemeut de Modèee, Outre nn grand pombre 
d^ pièces de ver» ipsérées dans divers recueils, 
Fontanelli composa des traductions restées ma- 
Jipscrites de diverses tragédies de Voltaire , de 
]^cine, de Corneille. 

XJp autre membre d^ ia même famille. Al- 
phmse-FrançQis Foi^taneui, pé à Bologne, 
le 30 décembre 1721, mort à Reggio, le |5 juin 
;7£i3, composa upe histoire des membres de la 
fi^mille Fontapellj, sous le titre de : IHscriziom 
4'alçuni piscendenti d* Qiacomo Qiacobino, 
j^Kiore da Fontanelia di H^iQ^ in Lambar- 
*(?i Reggio, 1773, M% 

¥imTXJiE^{lo^UtTùS(tffa\& on), poëte et 
célèbre homme pqlUÎQoe frapçais, né à Niort 
(Poiton), le 6 mars 17ii7, mort k Paris, le 
17 mars 1821. Issu d'one famille de protestants 
originaire d'Alais ( (.fmguedoç) , le père de Fon- 
tanes professait la religion catholique, ^e iopl^sant 
d'aucune fortupe % il exerça les fonctiopa d'ins- 
pecteur de maoMfaçtwre?, successivem.ent à 
Saint-Gaodens, à Niort et aux Audelys. Ce fut 
dans cette dernière ville qu'après avoir fait ses 
études au collège de Kiort, tenu par les pères de 
l'Oratoire, le jeune Louis de Fontaaes yit éoloie 
en lui les prâmères étincelles du feu poétique. 
11 perdit en 1774 son père, qui mourat à Nan- 
tes ; c'était un homme ipstruit, et dont plusieurs 
bons écrits sur l'économie agricole et commer- 
ciale avaient été remarqués de Tprgot. Aussi , 
lorsqu'à l'époque même de cette mort, celui-ei 
fut devenu contrôleur général des finances, il fit 
profiter le jeune poëte dé l'estime que lui avaient 
inspirée les talents de sbn père, et lui accorda 
une pension de 800 fr. Fontanes en jouit jusqu'en 



109 



FONTANBS 



1777, anné^ où, I9«ker étant mifé 4U direo- 
tion générale àe^ (inJUKoeiî, cette penaio» «e tro«Ta 
supprioié^ par m^urti d'é«oiioiiu«. Fontaim, 
qui peraait pair 1^ son iwique revmn, se rendit 
^ Pan» po«»r ftoUH^tor I4 révocatioB 4« la io«si»e 
qui le dépouillait ; U ne patrobUmir» «t pwaaiit 
de lopgaes années il m vit véelttii i une aitna- 
tion ¥Qi«ine de Vindigence. 

Comme tant d'autres poètes ittusiret» Fonta- 
ne» dQt au sentimeat du maUiear ses pranières 
inspirations. On n'en saprait méconnaiti« l'ex- 
proiSHm d^na k pièce de Ters intitulée /.e Uri 
de mon oamu qu*il eempoia à seise ans, mais 
qui no fut pqUiée qu*en 1778. Son penchant à 
la naélanoolie fut encore augmenté par la per|e 
de son Iràre «Oné, Mareelin de Fontanes» moiià 
vii|gt*ol*un ans. Cette douleur ne contribua pas 
peu à donner au taknt poétique deFontanea un 
caraetèm de linplifiité loIttineUe et religieuse 
qui en lait penti^tre le plus grand cbanne, et 
dont aucun de leenavifigea n'offiw l'empreinte 
à un plue baut degré que le poëme intitulé 9 Le 
Jour de$ Mart$ dcmê wm êampagne. Outre 
lea pièces déjè mentionnées, Fontanes fit paraître 
dans lU/meui0aA tf{ei|fiMes,de 1978 li 1790, La 
Foré» de Nanarre^ la Chttrtrmsê de Pari$, 
divers fragments d'un pofime sur lea Montagnes , 
et de Y£ssai sur Vjkstronon^e, compositions 
de peu d*éten4H6, mais remarquables sous le 
rapport de la philosophie de la pensée et de la 
poésie de l'expression. La traduotion en yers 
de V Essai sur i^ Homme de Pope, publiée en 
1783yQe ppodeisitque peu de sensation, malgré 
l'éléganœ du style et la fidélité a?eo laquelle le 
traducteur avait rendu le sens du texte. Mais le 
discours préliminaire, i^empli d'aperçus ingé- 
nieux et profonds, éleva trèsi'haut, dès oe début, 
la réputation de Fontanes oonme prosateur. Le 
poëme en un chant totitnié Le Verger parut en 
1 788. Plusieurs passages très-remarquables dans 
le genre descrip^f en firent le snceès ; Tanteur a 
depuis étendu oe poème jusqu'à trois chants. 
V Essai sur V Astronomie, pnUié en 1789, et 
VÉpitre sur Vééii en faveur des non^atho- 
ligues, flonronnée la même année par TAcadé- 
mie Française, assignèrent dès lors à Fontanes 
une place notable parmi les poètes contempo- 
rains. La Harpe dit tout haut qu'on hai devrait 
la ruine de Téeole de Dorat, et il le eouvrit avec 
ardeur de son patronage, auquel se joignit celui 
de Mamontel. A ce protectorat, qui ne fut pas 
sans utilité pcwr sa vogue et pour sa fortune, 
s'unit pour Fontanes l'honorable et sotide amitié 
de MM. de Mamesia, de Boisjolin , Joubert et 
de Langeao, amttié qui fît le charme de toute 
sa vie. 

Dans la première période de la révolution, un 
Poëme séculaire sur la fédération do 1790 
prouva que l'Ame de Fontanes était ouverte aux 
xentimenta les plus élevés du patriotisme , mais 
que ches lui l'amour de Tordra et le respect des 
lois étaient indissolublemeDt unis à Tamonr de 



110 



la liberté. On en jugera par ke ^rs suivante : 

O peaple DWfDftBUne, Imite «■ tout Jet eleni; 

Pardonne ! et souvlens-tol des complots homlqldcs 

Qtt U Ligue autrefois entraîna tes aleai; 

Tremble de tTégarer sous d*lnÉdèles gnides, 
Roéoot* un lèle fMtteia, «14). 

de lut à la même époque, et guidé par les raé- 
mei prineipes, que Fontanes attacha son nom à 
la rédaetion d'un journal intitulé Le Modérateur, 
de titre était, à son égard, Texinresaion d'un ca- 
ractèra et d'un système de oonduHe dont l'acooid 
ne se démentit jamais. Après la chute du troue, 
retiré à Lyon, ou il s'était marié, en 1791, il 
parvint à échapper à la proscription qui, lorsque 
cette ville eut succombé soos les armes de la 
donvention, atteignit en masse ses généreux dé- 
fenseurs. H osa prêter le secours de son élo- 
quence à ceux qui avaient survécu, et, dans 
uneconrageose pétition apportée le 20 déosmbi^ 
1703 à la barra de la Qonventioo par Ohangeux 
de Bourges et trois prolétaires lyonnais, il émut 
un instant ta redoutable assemblée au lédt des 
atrocités par lesqneliee Oollot d'Herbois et au- 
tres proconsuls (voy. Fflucué) avaient souillé 
leur sanglante victoira. Bientôt proscrit iui«inème 
pour cet acte dintrépidité patriotique, fl ne sor- 
tit qu'après le 9 thermidor dota retraite ignoiée 
à laquelle il dut son salut, et que lui avait on- 
verte ta généreuse amitié doM^" Dufr«gaoy, si 
connue dans les lettres. 

Dès qiie la tourmente révcdutimmalre fut un 
peu apaisée, on chercha a réorganisa l'instruc- 
tion publique, et Fontanes fut, au commence- 
ment de 1706, nommé professeur de littérature 
à récole centrale établie à l'ancien Collège des 
Quatro-Nations. Lors de la formation de l'Ins- 
titut, au mois de novembre 1795, il esa fit partie 
comme membre de ta classe de Littérature et 
Beaux- Arts. Il en sortit au IB fructidor, par 
une proacriptioH que lui valut la part qu'il 
avait prise, avec La Harpe et l'abbé de Yaux- 
celles, à ta rédaetion du Mémorial, journal op» 
posé au Directoire. €ailhava d'Estandonx {vo^. 
ce root) fat appelé à le remplacer à l'Institut. 
Édiappé à la déportation, ce fut en Angleterre 
que Fontanes alla attendre la chute d'nn pouvoir 
oppresseur, dont ta violence même décelait la 
faiblesse. A ta même époque , le vicomte de 
Ch&teaubriand, que la terraur avait forcé de 
s'exiler, vint cherchear un asile à Ji<Hidre8, et 
cette ville vit former entre lui et Fontanes une 
amitié sincèra. A leur retour en France , après 
le te brumaire (novembre 1799), tous deux 
entreprirent ta rédaction du Mercure, dans la- 
quelle ils s'adjoignirent La Harpe, Esménard et 
de Bonald; ce recueil obtint bientôt une grande 
vogue. Le 4 pluviôse an vm (34 janvier 1800), 
le premier consul Bonaparte fit célébrer tineflfete 
funèbre en l'honneur de Washington, mort k la 
fin de l'année précédente : Fontanes fat désigné 
pour prononcer à cette ffete l'éloge du libérateur 
de rAmérique. Le panégyiiste se montra digne 
du héros. Bientôt Loe'«en Bonaparte, miaietre de 



111 



FONTANES 



112 



rintérieiir, rattacha k 8on administratioa , où il 
occupa pendant une année environ un emploi 
supérieur. 

U faut placer à cette même époque l'origine 
de la protection, osons même dire de la faveur, 
que Fontanes trouva auprès de M™® Bacciochi, 
Ëlisa Bonaparte, l'aînée des sœurs du premier 
consul. Ce lut peulrètre à ce puissant patronage 
qu'il dut sa promotion au corps législatif en fé- 
vrier 1802, et d'être compris au nombre des 
premiers membres de la Légion d'Honneur, lors 
de la formation de cet ordre. Lors de la réor- 
ganisation de l'Institut, en février 1803, il y fut 
rappelé, et prit place dans la classe de la Langue 
et de la Littérature françaises, qui représentait 
l'Académie Française et en reprit le nom en 1 8 1 6. 
Le 1*' prairial an ix ( 22 mai 1801), Fontanes fit 
connaître par la voie de la presse que désormais 
il devenait étranger à la rédaction du Mercure 
de France, La date de cette déclaration marque 
dans sa vie le passage des habitudes de la lit- 
térature à celles de la politique. La même année, 
d'accord avec sa protectrice Élisa, Fontanes avait 
mis sous les yeux du premier consul un rapport 
tmdant au rétablissement de l'empire de Char- 
lemagne, et indiquant comme premier moyen 
la conclusion d'un concordat avec le pape. Le 
concordat fut promulgué au commencement de 
l'année suivante; au mois de janvier 1804, Fon- 
tanes fîit nommé président du corpsl législatif, 
et la fin de la même année vit couronner Napo- 
léon comme successeur de Charlemagne et em- 
pereur des Français. On sait que le mutisme 
imposé au corps législatif par les constitutions 
impériales n'admettait d'exception qu'à l'époque 
de l'ouverture et de la clôture des sessions et 
dans quelques autres occasions solennelles , où 
le président, pariant au nom dé tous ses col- 
lègues, était admis à haranguer l'empereur. Du 
commencement de 1804 à la fin de 1808, Fon- 
tanes, constamment investi des fonctions de la 
présidence, s'acquitta de sa tâche comme ora- 
teur officiel de manière à justifier pleinement le 
témoignage que l'équitable amitié d'un grand 
écrivain lui rendit après sa mort, «c II maintint, 
dit Chateaubriand, la dignité de la parole sous 
un maître qui commandait un silence servile. » 

Le 1*' février 1804 Fontanes avait dit au pre- 
mier consul : « Vous suivrez tranquillement le 
« cours de vos destinées, qui semblent entraîner 
« celles de l'univers. La nouvelle époque du 
(c monde que vous devez fixer aura le temps de 
« recevoir de vous son éclat , son influence et sa 
« grandeur. » Le 5 janvier 1805, jour où fut 
inauguré dans la salle des séances du corps lé- 
gislatif le buste en marbre de l'empereur, Fon- 
tanes, qui présidait, dit à cette occasion : « La 
c< première place était vacante , le plus digne a 
« dft la remplir : en y montant, il n'a détrôné 
(c que l'anarchie qui régnait seule dans Tabsence 
« de tous les pouvoirs légitimes. » Voilà par quelles 
paroles ^pnt^es saluait l'avénementd'un pouvoir 



réparateur. Nous allons voir comment il savait 
mêler la leçon à la louange lorsque ce pouvoir 
déviait de la route d'équité qu'il avait d'abord sui- 
vie. A l'époque du procès de Georges Cadondal, 
Pichegru et Moreau , une manifestation commi- 
natoire ayant été provoquée par le gouvernement 
auprès du corps législatif, Fontanes la repoussa 
en disant : « Les lois seules ont le droit de con- 
te damner et d'absoudre, et le corps qui les sanc- 
« tionne doit attendre en silence leur jugement. » 
Le 24 mars, quatre jours seulement après le 
meurtre juridique du duc d'Enghien, Bonaparte 
fit clore la session législative; elle avait été mar- 
quée par l'achèvement du Code Civil. Fontanes, 
portant la parole au nom de l'assemblée , dit au 
premier consul : « La sagesse uniforme de yos 
« lois dans un empire immense en va réunir de 
« plus en plus tous les habitants. » Au mot lois 
Bonaparte fit substituer à l'impression le mot 
mesures, apologie indirecte d'un crime qui avait 
soulevé contre lui l'opinion. Fontanes réclama 
avec tant de force contre ce changement que l'ex- 
pression textuelle de lois fut rétablie dans le 
Moniteur. Dans le même discours, l'orateur 
avait rappelé que c'est par des titres du même 
genre « que se recommande encore la mémoire 
de Justjnien, quoiqu'il ait mérité de graves re- 
proches. Les travaux des jurisconsultes qu'il ras- 
sembla autour de lui, avait-il ajouté, ont plus 
lait pour sa gloire que les triomphes de Bélisaire 
et de Narsès ». 

C'est la hardiesse de quelques-unes de ses 
observations qui explique {lourqooi la police 
impériale n'a jamais voulu autoriser l'impression 
du recueil de ses discours. £n effet , l'éditeur 
fut toujours repoussé avec cette réponse : « C'est 
bien assez qu'on ait entendu ces discours une 
seule fois. » L'humeur qui avait dicté cette 
décision a laissé encore une trace dans le fait 
suivant : en 1806, un homme d'État, qui com- 
mençait alors sa carrière politique, ayant publié 
un ouvrage où il faisait l'éloge du pouvoir ab- 
solu , Fontanes fit insérer dans le Mercure une 
apologie de ce livre. On prétend que l'empereur 
lui dit à cette occasion : « Pour Dieu I monsieur de 
Fontanes , laissez-nous au moins la république 
des lettres ». £n supposant exact ce propos, rap- 
porté par Montgaillard , nous laissons à juger si 
l'on doit en faire honneur à la franchise du grand 
capitaine. 

Si la parole de Fontanes blessait parfois Na- 
poléon, il n'en rendait pas moins justice à sa 
haute capacité ; aussi ne balança-t-il pas à le 
mettre, sous le titre de grand-^maitre, à la tète 
de l'université, lorsqu'il la rétablit, en se)[>tembre 
1808. Personne ne pouvait mieux mériter ce 
choix que l'homme qui ^ l'époque du sacre, 
faisant allusion à la loi du concordat, avait dit 
au pape : h La France , abjurant de trop longues 
« erreurs, donna les plus utiles leçons an genre 
« humain; elle sembla reconnaître devant lui 
« que toutes les pensées irréligieuses sont des 



113 



FONTANES 



114 



« pensées împotîtiques, et qae tout attentat contre 
« le christianisine est on attentat contre la so- 
« dété, y> Aux honneurs nnÎTersitaires Fontanes 
mit bientôt ceuiL du premier corps de l*État : il 
fat appelé au sénat le 5 février 1810. Comme 
grand-maitre, il ne put exercer qu'une influence 
bornée sur on système général d'éducation qu'on 
Toalait avant tout rendre militaire, n ne négli- 
gea rien cependant pour y introduire , à côté d'é- 
tudes fortement classiques, un enseignement 
à la fois moral et religieux, et il y réussit, au 
moins en partie. Le développement de ces dis* 
positions se trouve, avec une expression de re- 
gret, dans les paroles suivantes, que, le 3 mai 
1814, jour de l'entrée de Louis XVIII à Paris, 
le grand-maltre (t) adressa à ce prince : « L'u- 
« Diversité, sire, dont l'existence nouvelle ne 
« compte que cinq années, a vu plus d'un ob- 
« stacle arrêter sa marche et contrarier le bien 
« qu'elle eût youlu faire ; mais elle peut se rendre 
« ce témoignage qu'elle a du moins empêché 
« quelque mal. H est vrai que l'éducation qui 
«fomie les mœurs n'y est pas au même degré' 
« que l'instruction; ce n'est pas que l'université 
« n'ait fait de constants efiorts pour les perfec- 
B tionner ensemble : un succès aussi désirable 
« était dans ses vœux plus que dans sa puis- 
« sance, » 

Le sénat conservateur ayant été , au mois de 
juin 1814 , réorganisé, sous la dénomination de 
chambre des pairs, Fontanes fut appelé à y 
siéger. Bientôt après il devint l'objet d'attaques 
réitérées, dont le but était de ruiner sa position, 
en décriant ses opinions et sa conduite politiques. 
Ceux qui perdaient tout par la chute de Napp- 
léon et ceux qui croyaient tout gagner à Pavé- 
nement des Bourbons poursuivaient avec une 
égale ardeur les hommes d'élite qui avisent servi 
le pouvoir déchu et que l'habile prudence du 
nouveau roi cherchait à rattacher à son gouver- 
nement Un libelle, intitulé : L'Université et 
son Grand'Maitre , donna le signal de la guerre 
livrée par la presse à Fontanes. Ce libelle fut 
victorieusement réfuté par une plume anonyme ; 
néanmoins, à la suite de la seconde restauration, 
le nom de Fontanes figura de nouveau dans le 
Dictionnaire des Girouettes. 

L'organisation de l'université ayant été modi- 
fiée an mois de février 1815, la dignité de grand- 
maitre se trouva supprimée. Le titulaire reçut 
enrevanfche le grand-cordon de la Légion d'Hon- 
neor. Inactif et absent de Paris pendant les Cent 
Jours, après le retour du roi, il présida le 
eoUége électoral du département des Deux-Sè- 
vres, et le 19 septembre 1815 il fut nommé 
membre du conseil privé. L'un des juges du ma- 
réchal Ney , il vota contre la peine de mort. 

f (1) A U ralte de la déclaration du sénat rebUve à la 
décbéance de Napoléon, déclaration revètne de la signa- 
tore de Fontanes, mais dont on a dit faussement qu'il 
avait été le rédacteur, U fut, par arrêté du gouvernement 
provisoire, en date da 9 avril, confirmé dans rezcrcice 
'to fonctions de grand-maltre. 



M. Desèze, ayant été nommé successeur de Duels 
à l'Académie Française, y prononça son discours 
deiréception le 25 août 1816. Comme directeur de 
l'Académie, Fontanes fit au récipiendaire une 
réponse dans laquelle on remarqua surtout le pas- 
sage suivant : a Votre plus bel éloge est dans ce 
<f testament simple et sublime où , déjà détaché 
« de la terre et presque dans les deux , Louis 
« vous a légué ses bénédictions et sa reconnais- 
« sance; plus auguste en ce moment que sur le 
« trône môme, il vous conomuniqua de son lit 
<c de mort je ne sais quoi de sacré. » Par lettres 
patentes du 31 août 1817 , Louis XVIH conféra 
à Fontanes, déjà comte de l'emphre, le titre 
de marquis. Après avoir été l'orateur obligé du 
corps législatif et du sénat auprès de Bonaparte 
consul et de Napoléon empereur, Fontanes fut 
auprès de Louis XVIII l'orateur officiel de la 
chambre des pah«; et dans ces discours d'ap- 
parat, comme dans les discussions législatives, 
il offrit constamment un modèle d'éloquence 
parlementaire. 

A l'époque de la formation de la Société des 
Bonnes Lettres, ( voy. Fortielle ), en janvier 
1821 , Fontanes fut investi de la présidence de 
cette société, dont le but était d'opposer une 
digue à l'envahissement rapidement progressif 
des idées libérales et philosophiques empruntées 
à l'école de Voltaire. Mais au commencement 
de 1821 la santé de Fontanes, minée depuis 
plus d'un an par le chagrin profond que lui avait 
causé la perte de son fils adoptif, le jeune Saint- 
Marcellin, mort victime d'un duel, s'afTaiblit 
rapidement; et le 17 mars il succomba à une 
attaque d'apoplexie. H fut dignement loué sur sa 
tombe par Roger, son ami et son confrère à l'A- 
cadémie; à la Société des Bonnes Lettres, par 
le marquis d'Herbouville. En apprenant sa mort. 
Chateaubriand, alors absent de France, écri- 
vit de Berlin : « L'école à jamais célèbre fondée 
« par Boileau, Racine et Fénelon finit en M. de 
« Fontanes. Notre gloire littéraire finit avec la 
« monarchie de Louis XIV. » 

Au nombre des poèmes inédits de Fontanes se 
trouvait celui de La Grèce délivrée, auquel on 
sait que depuis sa jeunesse il travaillait avec 
prédilection, et dont à peine quelques fragments 
sont connus. On cite encore un charmant petit 
poème intitulé Le Vieux Château, dont il avait 
fait lecture à quelques amis. Le nombre de^ odes 
inédites est de plus de trente. Dans les derniers 
temps, il avait revu avec soin sa traduction de 
V Essai sur V Homme : par une bizarre et triste 
coïncidence, la nouvelle édition parut la veille 
môme de sa mort, presque en môme temps que 
la traduction du môme poème par l'abbé De- 
lille, publication posthume. 

De son vivant, Fontanes. avait en qi|elque 
sorte désigné comme son successeur à l'Aca- 
démie Française M. ViUemain, jeune lauréat 
couvert des palmes du concours, et professeur 
renommé dès l'âge où l'on est encore élève. L'A- 



115 



F0NTANE8 - FONTANEY 



116 



cadéime t'empreaaa de aanotioiuier ce vœu tes- 
tameotaire, et le 91 juin isai M. ViUemaia 
Yint occuper le fiateuil de Footana». La maniàre 
dont il loua Mm prédécesseur prouva que pei^ 
aoime plus que lui n'était digne d'entrer en poar 
sesaion de ton hàntage, 

Après la mort de Fontanes, tous ses manus- 
crits étaient devenus le propriété de sa fille 
unique, M"^* la comlewe Christine, ebanoi- 
nesse du cbapitre royal de Sainte^Anne de Ba- 
^ôre. Retirée depuis plusieurs années è Ge^ 
uèTe, elle ne paraissait plus songer k en fiûre 
jouir le publie, lorsque M. Sainte-Beuve (noy, ce 
nom) , que des intérfitfl littéraires avaient, en 
1837, conduit en Suisse, reçut de sa ooufianee 
ee prédeux dépôt. Par ses soins, et pour la pre- 
roièie fois, les Œuwês <J6 Fontanet ont été 
publiées], Paris, 1839, î vol. in'>8^ Outre les 
divers ouvrages d<yi mentionnés, ce recueil 
comprend : les 1"^, a' et 8^ cbants de La Grèce 
délivrée, seuls fragmenta q<^ restent de cette 
épopée; La Maison ritstigue; Mssaisur r As- 
tronomie, en son entier} Éptire à mon ami 
Bai^lin ^ur Vemploi du temp»; Les Livres 
sainti, poëme; Stimee$ à M, de Château- 
briand sur Les Iftartyrs, d^à imprimées à la 
suite de ce poëme ) Les Jhmbeauo! de Saint- 
DenU, ode lue à rinatitut le 2 mfti 1817, et plu- 
sieurs autres odes inédites. Un cboix des mor- 
ceaux de critique littéraire et des discours d'ap- 
parat, qui ont mérité k Fontanes la réputation 
de i'un de nés premiers prosateurs , complète 
cet«e collection, à laquelle viennent a*i#uter 
quelques pages de Gbàteaubriand, un travail 
critique et biographique par M. Sajote-Beuve, 
et un autre de Roger. 

Au résumé, Fontanes (ai un) homme très- 
distingué , qui uWre auoun des traita du grand 
homme. Gomme poëte , il réunit tout ee que 
peuvent donner Tétude , le travail et l'art, tout 
ce qui, en un mot, constitue :1e talent, en Fab- 
sence du génie. £n effet , le soulHe brûlant et 
spontané de Tinspiration anime trop ramnent 
cette riche et brillante poésie , qui satisiait tou- 
jours, qu'on admire souvent, mais qui ne trans- 
porte^ jamais. Aussi Napoléon, appréciant à sa 
manière les productions de cet écrivain, disait-il 
en se frappant la poitrine : « Tout cela est bien, 
mais il n'y a pas de ça. u Gomme prosateur, le 
talent de Fontanes est peut-être plus remarqua- 
ble. Dans son style , rhannonie la plus parlaite 
règne entre la pensée et l'expression , Tune et 
l'autre constamment justes, lucides et élevées : 
les tours sont simples avec noblesse, la phrase 
oorrecteaveeélégance et variété ; jamais^de termes 
ambitieux ou bizarres, jamais d'enluminures ni 
de taux brillants, mais'aussi point de mouvements 
inattendus ni d'effets saisissants. La véhémence 
seule manque à cette prose , comme le seul en- 
thousiasme manque à cette poésie. Le mérite 
incontestable de Fontanes lui valut de brillants 
succès ; sa conduite, toujours habile sans oeeaer 



d'être honorable; loi ouTrit la route des boD- 
neurs. iDès lors il devait avoir des envieux ef 
par conséquent des détracteurs ; en revanche, 
ses qualités morales lui firent de nonibreux et 
sincères amis. [P, A. YiEaun»! dans V£ncfcl 
des a* du M,] 

MoBtgalOard, ms$, M kl HHet^Um fronç^ife, - 
VUleœata. Élog^ ifi FmUanMf dvos le R«cueU (|« F aca- 
démie, S8 Juin 1891. — Salnte-Beave , Revue def Deux 
JUenàes, h* série, t XVI, et dans les Portraits Uttérai- 
rety t II, édlt in.li. -* ebSleaubrland, Uém9^ru dfautn- 
Comte. 

F09TAHKW {Jem n8),miisionnaîr6 français, 
vivait en 1720. Il appartmait à la Bodété des Jé- 
suites, professait les mathématiques dans le col- 
lège de cette compagnie à Paris, et était, comme 
astronome, membre correspondant de TAca- 
démie des Seimioes, lorsqu'il fut désigné pour 
faire partie d'une mission à la fois religieuse et 
scientifique. Cette mission, eomposée des pp. Ta- 
chard, Gerbillon, Lteomte, Visdeloa et Bouvet, 
était envoyée dans les mers de la Chine, sous 
la prateetion du gouvernement français. Durant 
le voyage, le P. Fontaney fit de nombreuses 
observations météorologifpiea, qu'il eommuni- 
quait suocesaivement à san ami Qassini. £a 
septembre 1685, Fentaney arriva sur les côtes 
de TAnnam; il y continua ses travaux astro- 
nomiques , et s'embarqua en juillet 1686 pour 
Macao ; mais les vents contraires , les tempêtes 
et l'ignoranee de son équipage le forcèrent de 
rentrer à Siam. La 19 juin 1087, il reprit U 
mer sur une jonque chinoise, et atterrit heu- 
reusement le 93 juillet suivant h Ning«Fo (pro- 
vince de Tohe-Kiang). Trais mois plus tard, 
l'empereur Ching-Tsou«Jin«*Hiang^Ti l'autorisa 
à venir jusqu*à Pé-KIng; mais il ne le retint pas 
longtemps dans sa capitale, et le P. Fontaney 
dut se rendre à Kiang-Nan (Nan-King), où il 
arriva en mai 1688. Durant plus de deux ans, 
il y propagea le oathoheisme; mais, chose 
remarquable , il trouva dans les Portugais dç & 
ennemis acharnés. Bien que pratiquant le même 
dogme, ceux-ci lui suscitèrent toutes sortes d -en- 
traves, et interceptèrent ses communications 
avec TEorope. Le P. Fontaney fit deux voyages 
à Kouang^Toung (Canton ) pour obtenir justice 
de cette violation des droits internationaux ; mais 
il trouva les mandarins chinois peu diposés à le 
satisfaire. Il s'adressa alors à reropereur, qui le 
manda à Pé^King. Ayant été aaseï heureux pour 
guérir Ghing-Tsou d'une mahidie gravé, œ mo- 
narque lui aecorda un logement dans la pre* 
mière enceinte de son palais. En 1099. Fontaney 
revint en Europe. Après un court séfour, il s'em- 
barqua de nouveau pour la Chine, où il arriva 
vers juillet 1701, el se fixa à Tbangi^Toheott ( pro- 
vince de FourKian ). Il resta dans ce port jus- 
qu'au 1*"^ mars 1703, prit passage sur uu bâ- 
timent anglais, et descendit h Londres. Il de- 
meura dans cette ville une année envirmi , s'ea- 
tendit avec les supérieurs de son ordre, et 
retourna courageusement dans l'Asie centrale. 



7 fONTAHinr — FQMTAHfïlI 

octobre 1790 il ^t H^ré tm France» et 



118 



)uis lors 8â vie demeure ineqiuiilit On n'a 
iservé ^e cei intrépiclQ foyagnur qua «(eux 
'très îQi^Fées 4i»|§ le» i. VU «t VUI «U» W- 
is édifiante; c^epend^nt, iç P, d|i Halda lui 
it beaucoup da dûcam^nt» piirieux, l^a F. Fon- 
ley lit «astt pr^ttaet k la Bibtiotlièqus du Roi 
s premiers H¥l«8 ehJBois apportés en Franee. 
1 édité, en 1674 , le Planisphère on globe 
\este du F- çl# Ç^dieu, Alfred p^i4M;A»B. 
.bbé de Chpisy, Jounial du FQyaae de Sia,m {saitp}, 
it. — Le P. Oerbillon, Reîation de huit f^oyages en 
rtarie et en Cki^• Mtt detmH leaa jwscuVn iMt. - 
Hal4e , Iks^prip^m (h la ÇMne, \. iV. 

" FOJiTAfiWf (40i critiqua et roroandar fran- 
is, mort en juin 1B37. Il eampoaa des peésies 
i furent remarquées, at fut l^ua daa rédao- 
irs de la Mevuû du Dm^s Mmëw. fl foisait 
rtout la guerra aux feran^aa aoteura, auaujet 
squellea il partageait IVipinion du Chrysale 
Molière ; et Ton dit que ces danaa étaient 
In d'éprouver da Ja aympatbie pour la critique, 
atre de nowtofiux artiçlai 4ans la »W¥fi ies 
mxi Monde%^ sQUY^t squ4 \m p«#udopyi»a« 
I tord Fee,lUkft çt de ff Uonmif^^ m » da FW' 
Dey : BaUçkdt^.m^hdm etpçé^i^ divêHUti 
Iris, 1829, ittTlài Kn ^^^ 4§ la W QWtU^ 
ne fit andalQWiei Pwis, laiid, in-a^. 
Rev. des Deu^ 4faf|4««. |8?i-9«, ^ M«li4l>a ^ Aph?* 
elot ^ La Littx fr, cçntemp^ 

FOKT4ii«P8 (Mm^'Ang^liqmt duchesse 

t), favorite de iQQi^XlYi F«y. §CpRAii.LEde 

QUSSILL^, 

l fovtahikk ( Ftc^ar)i diplomate et voya« 
jor' français, fté m Àn^ergue, vera $796. Il 
odia d'abord la pbarwai^ie» puis il entra k 
licole Nqrw^e, En im il M î^diuia à l'é^sola 
ts naturalistes YQyageurs> ir^nunent fondée 
ir M. le duc Decai^es. Après avoir voyagé en 
rient aui^ frais de l'État, il futattacihé k un coq-' 
ilati il devint ensuite vice-consul, et consul 
»r intérim, ^ 1840 il fut destitué, pour avoir, 
ns autorisation, rompu ay^ le eonsul anglaiSi 
n 1846 il rentra en grto, et fut nommé consul 
Singapore et chevalier de la Légion d'Honneur, 
obtint vers la même époque le titre de corres^ 
mdant de l'Académie des Inseriptious et lU^lIea- 
ittres. On a de lui : Voyagé en Orient, enffft* 
is par ordre du gQ^viernem0^t frmç^M d« 
mnée 1821 àVannée 1829; Paris, 1829, 2 vol, 
•&°, avec une carte et des figures. Cet ouvrage 
ûte de la Turquie d'Asie, de Constantinople et 
« événements de la Grèce de 1827 à 1829 ; — 
9yage en Orient, fait pemdant le^ anné$$ 
131-32; Paris, 1834, in-8**,- — Voyage dam 
Inde et dans le golfe Persique ,par V Egypte 
■ la ^er Rouge; Paria, 1844*47,3 vol. iih«% 
des articles dans la Reuue de l'Orient. 
F. Beauvois, 
VktUm. de la Conversation^ supplëm. — Loiuin<|rf et 
ptq.w\ùtjLittér.franÇi contempor.] -- Nouvelles An- 
jk* des Voyages^ an. 18S0, 1. 1. 

v«!iTANiEii ( G^ofifiard-Hme ), bistorien 



français, né en 1A93, mort en 1767. Il fot inten- 
ila»t da GreBnhle,''pmt oonselUer d*État et oon- 
tWttanr général des meubles de la couronne. Il 
raaaembla sur rbistolre du Dauphioé una im- 
•lyianaa oolleetion da titrea empruntés aux di- 
fwraaa afebivea de la Franoa et même des pays 
étrangers. Ce reeueil, qui forme 841 portefeoillea 
iM% eat déposé à la Biblietbèque impériale. 
Fontaniau avait aussi composé plusieurs ouvragaH 
biftoriqnea reatéa manosarits. On n*a imprimé de 
bii qva la Rotoklnéê , imitée de Vitalien de fier- 
nard Morandoi La Haye (Paris), 1732, s vol. 
in»! 9, D'aprèa Barbier, « le manuserit de la 
J)O0«/liid« Alt Tttlé à l'antMv par un valet, et 
imprimé furtivement à Graneble, ep 1730, in-4°, 
an nambi» de qninae aiamplairea. » 



Quérar4, Fr^nc^ UUêroire^ 

POUTAHiKii (i't^rre-^liffli^^^A), ebimiste 
f^çaisi Als 4u précédent^ «4 Yçra 1730, mort 
|ç3Q mai 1784* Il fut> comme sep père, cootriV* 
leur général des mevliea de la oauronne. Il cul* 
Uva particulièremept la clûraic^ et devint membre 
de rAoadéaûe de« sciences et de celle d'Arcbiteo« 
ture< Ob a de lui ; l^Mt d^fakr$ les cristaux 
€9lwr^ iVf^ant les pierres précieuses i Pans, 
1778, 1786, in-tô*», Suivant DeaessarU, FonU- 
«ien a laisai^ eu tuanuscrit m ouvrage sur les 
çmleurs en ^m£iil, dout U composition diffère 
(neu de celle dea pierres factices, 

MMMsrU , miiiH mtéra^s. 

Wùi99AjfVÊi( Juste), archéologue italien, né 
àBafotrDaniel (Frio»il), le 30 octobre I66û, mort 
à Roma, le 17 avril 1736. Ëlevé obea lea je- 
sidtes de €k»ftz, |l s'occupa particulièrement des 
lettiea aaeréea, et entra dans les ordres. Il alla 
enautte achever sea étudea à Venise et à Padoue, 
et s'atlaeha au serrioe dn cardinal Renato Im- 
périal!, qui le cfaoiait pour faibliothéoaire. Fon^ 
tanini s'établit à Rome en 1697, et se lia avec lea 
principaux arohéologuea de l'époque, entre autres 
avee Fabretti. Nommé professeur d'éloquence 
par Clément XI, il fit preuve d'un savoir étendu 
et dHin esprit éclairé en défendant Mahilkm 
contre les attaques paradoxales du jésuite Ger* 
mon, et en protégeant aufNrès dn pape Vffistoire 
eoolésia»tique de TiUemont, histoire dont lea 
jésuites rédaasaient la mise à llndex. Son traité 
Sur VÉùquenee italienne M attira de la part 
d'Apostolo Zeno une critique qui est un dea 
meilleurs ouvrages d'histoire littéraire du dix* 
huitième siècle» Sa polémique contre Muratori, à 
propos de la ville d«i Comacchto, que se dispu- 
taient l'empereur Joseph V et le pape, hû vahit 
de la part de ce dernier le titre de camérier 
apostolique et plusieurs bénéfices. Clément XI, 
jugeant Fontanini très^propre à ces discussions 
politiques, le chargea de soutenir les droits du 
saint-siége sur le duehé de Parme et Plaisance. 
Fontanini plaida cette cause avec beaucoup de 
savoÂr, mais trop pen de ménagement Oé- 



119 



FONTANINI — FONTAWON 



1] 



ment XI moarot surees entrefaites, et son succès- 
seur, Innocentxm, disgracia Te trop ardent aTocat 
des droits temporels da saint-siége. Plus tard le 
successeur d'Innocent xm, Benoit xni, combla 
Fontanini de faveurs, lenomma archevêque tita- 
laire d'Ancyre , et lui confia le soin de donner une 
nouvelle édition des Décrets de Gratien. Dans 
sa vidllesse, Fontanini, qui avait conservé le goût 
de la polémique, écrivit contre la prétenticm des 
évèques d'Arezzo à porter le pallium. Cette po- 
lémique assez futile excita la colère de Laurent 
Corsini ( Clément xn ), qui à son avènement au 
trône pontifical disgracia complètement Fonta- 
nini. Celui-ci se consola par le travail, et s'occupa 
avec beaucoup d'ardeur d'une ^ù^oire littéraire 
du Frioul. Une put achever que la partie relative 
à Aquilée; elle fut publiée par son neveu Domi- 
nique Fontanini. Ses principaux ouvrages sont : 
Délia Masnadéed altri servi seconda Vuso de* 
Longobardi; Venise, 1698, in-4»; -^Oratio 
de usu et praMtantia bonarum litterarum; 
Rome, 1704, in-é*»; — Yindicxx antiqtiorum 
diplomatum contra Bartholomseum Germo- 
nitim, lilnri II; Rome, 1705, in-4**; — Ragio- 
namento délia Bloqttenza italiana, in let- 
fera almarchese Giweppc Or«i; Rome, 1706, 
m-A**. Fontanini donna une édition très-modifiée 
et surtout trës-augmentée de cet important ou- 
vrage ; Rome, 1736, in-4°. Sous cette forme, il 
fut l'objet d'une excellente critique de la part 
d'Apostolo Zeno. Le livre de Fontanini et les 
notes de Zeno ont été réimprimés ensemble; 
Venise, 1755, 2To\.m'A°',— De Àntiquitatibus 
Hortx; Rome, 1708, in-4" ; — Il DominHo tem- 
porale délia 5. Sede apostolica sopra la città 
di Comacchio; Rome , 1709, in-fol.; — Se- 
conda Difesa del medesimo dominio; Rome, 
1711, in-fol.;— Risposta a varie scritture 
contra la S.'Sede inproposito di Comacchio; 
Rome, 1720, in-fol.; — Ribliothecx cardir 
nalis Imperialis Catalogus; Rome, 1711, 
in-fol.;.— Dissertatio deCorona ferrea I^n- 
gobardorum; Rome, 1717, m-4*»; — Delta 
storia del dominio temporale délia Sede 
Apostolica nelducato di Parma e Piacenza; 
Rome, 1720, in-fol. ; — Gratiani Decretorum 
Ubri F, secundum Gregorianos Decretalium 
Hbros titulosque distincti, praefutione, scho- 
liis et indicibus illustrati; Rome, 1726, 
2 t. in-fol. > — Discus votivns argenteus com- 
mentario itlustratus; Rome, 1727, in-4«»; — 
AchcUes Isiactts annularis^ commmtariolo 
àlustratus ; Pavie, 1728, in-4« ; ^Codex cons- 
titutionum, quas summi pontifices ediderunt 
in solemni canonisatione sanctorum, a 
JoanneXXniad Benedictum XIII; Rome, 
1729,in-fol.;— / Morali di S. Gregorio, ec^ri- 
dotti a facile lezione ed intelligenza; Rome, 
1714-1730, 4tom. in-4** ; — HistoHx litterarias 
Aquilejensis LUnri V; Rome, 1742, in-4*». C'est 
un ouvrage posthume , ainsi que les deux sui- 
vants : ColUUioneSf owero discorsi aceade-' 



mici di storia eeelesiastica ed altro ; Yenifii 
1758, «1-4"; — Vita arcana di fra Paà 
Sarpi; Venise, 1803 , in-8* : c'est une diatift 
violente et souvent calomnieus^ contre la n 
moire de Paolo Sarpi. 

Dominique Fontaniai, VUa del FùnJtamini : Stù 
17S5. - Llratt, Notizie dei LUterati del FriulL — h 
broDt , flUe Italorum doetrina exceUerOiMnÊi, t Xfl 
p. 208. — Tipaldo, Biogra/la degU ItalieaU ilhutri 
t. VU. 

FONTANON ( Denys ), médecin français, né 
Montpellier, dans la seconde partie du quinziài 
siècle, mort en 1544.^ Il professa avec distiii 
tion la médecine à Montpellier. Ses leçons ' 
rent recueillies et publiées par Jean Ronier, si 
ce titre : Practica medica, seu de morbort» 
internorum curatione, Ubri IV; Lyon, 15; 
in-8^. Luisini a tiré de cet ouvi*age le chapili 
intitulé : Cephalalgim a gallico morho Cur» 
iio, et l'a inséré dans le premier tome de « 
compilation. 

Éloy, Dict. hist. de la MédeeiM. - Bioff, médieaia. 

FONTAHOK (Antoine) , jurisconsulte frai* 
çais , né en Auvergne, vivait dans la secondi 
moitié du seizième siècle. Il étudia le droit k 
Bourges , et devint avocat au parlemmt de Pa* 
ris. C'était un savant distingué, que CovarroTiil 
appelait vir maximas apud Francos auctot> 
tatis. Ses principaux ouvrages ont pour titrest 
Azonis ad singulas leges XII librorum co- 
dicis Justiniani Commentarius, ex bibliotheiê 
Ant. Conta : accesserunt summaria copiosis^ 
sima Ant, Fontanoni, in singulas titulm 
atque leges ejusdem commentarii; Pariii 
1577, in-fol.; — La Pratique de Masuer, tm 
duite de latin en français, par Ant. Font^ 
non, et par lui illustrée d^annotations s^ 
chacun titre; Paris, 1577, in-4*» , ô^édît, auji 
mentée et illustrée de trois briffs traita^ 
Vun, des successions; Vautre, des testament 
et le troisiesme, de la quarte légitime, F(ûr 
cidie, et Trébellianique ; Lyon, 1594, in-4'; - 
Les Édits et ordonnances des Roys de FrancB^ 
depuis saint Loys jusques à présent , ek^ 
Paris, 1580, 4 vol. in-fol.; nouv. édit., revue el 
augmentée par Gabriel Michel (de La Roche* 
maillet); Paris, 1611 , 3 vol. in-fol. Etienne Pai- 
quier ( Lettres', liv. IX) écrit au préside^ 
Brisson que Fontanon a le premier, après Re« 
bufre,mais avec plus de succès, travaillé à metU 
en ordre les ordonnances des rois de France. 
Les actes contenus dans ce recueil y sont placée 
non suivant l'ordre chronologique, mais suiTal 
l'ordre des matières. Ils ont été depuis inséré 
dans la collection ordonnée par Louis XIV, ( 
publiée après sa mort, par de Laurière et 6( 
continuateurs , sous le titre d'Ordonnances dt 
Rois de France de la troisième race^ recueilr 
lies par ordre chronologique; Paris, 173T 
1849, 21 vol. in-fol. K. Regnakd. 

Dente Simon, Nouv. Bibl. des Auteurs de Droit - 
Taisand, Fies des ptm célèbres Jurisc," La Croix du Mill 
et Da Verdier, Bibl. franc, — Morcrl, Grand De 



ri FONTANON 

fft. Aisf . — Catah de la M6I. des avocats au pari. Oe 
rU. 

* FONTAHUS y poëte latin , vivait au commen- 
ment de Tère chrétienne. D'après Ovide, il 
anta les amoars des nymphes et des satyres. 
est d'ailleurs tout à fait inconnu. 

>vide, Sx Poido, IV, i«, 86. 

PONT ANUS (Nicolas), Voy, Fonteth. 

PONTE MODERATA. VOff. POZZO. 
PONTE. Voy. FUENTES. 

vonTEcmx (Jean- Alphonse), médecin es- 
gnol, né àDauniel, vers 1560 , mort vers 1620. 
professa la médecine à Alcala-de-Henarez , et 
t nommé chevalier de Tordre de Saint-Jacques. 
D a de lui : Medicorum incipientium Me- 
\eina, seu medicinse christianm spéculum; 
Icala-de-Henarez, 1698, in-4°; — Diespri- 
legios para mugeres penadas con un di- 
on ario Tnedico ; Alcala - de - Henarez , 1 606 , 
•4". 

Nicolas Antonio, BiblUxtheea Hispana nova, 
*FOJffTEiiJS (Maison des), Fonteia gens. 
es Fontdus étaient originaires de Tusculum; 
i étaient plébéiens, et portaient les surnoms 
Agrippa j de Balbus et de Capiton, Le pre- 
ôer membre de cette maison qui figure dans 
s Fastes consulaires est C. Fonteîus Capiton, 
a des consuls suppléants , en '33 avant J.-G. 
es principaux Fontdus sont : 

* FONTEIUS (Titus)^ lieutenant dé P. Cor- 

dius Sdpion en Kspagne, en 212 avant J.-C. 

près la défaite et la mort de Publius et de 

kidus Sdpion, Fonteîus, alors préfet du camp, 

nr succéda comme commandant provisoire 

e& légions; Les soldats, ne le croyant pas à la 

auteur de cette tâche difficile , le remplacèrent 

ir un ofOder d'un grade inférieur, nommé 

. Marcius. Cependant, si ce Fonteius était le 

léme idont parle Frontin, c'était un brave sol- 

it, sinon un habile général. 

lltfsUye , XXV, », «4, 8d ; XXVI, 17. - Frontin, Stra- 
9., I, S; IV, s. 

FoifTEHTS(Cnc«z«), lieutenant du préteur 
!. Servilius Cépion, vivait vers 100 avant J.-C. 

fut tué avec son préteur, en 90, dans un tu- 
mlte populaire à Asculum, dans le Picenum. 
!e meurtre lut le signal de la guerre sociale 

Marsique. 

Océron, i>ro Font,, 14, 17. — TWe-LWe, Eptt., 7t. - 
aUdns Patercalas, II, is. — Applen, Bel, eiv„ I, 38. — 
rose, V, 18. 

* FONTEIUS (Marcus), administrateur ro- 
Min, fils du précédent, vivait dans le premier 
iècle avant Fère chrétienne. Cicéron énumère 
^ns l'ordre suivant les charges occupées par 
k. ou M' Fontdus, car le prénom de celui-ci est 
irt 'incertain. Fonteius fut triumvir ; on ignore 
H eut en cette qualité à distribuer un territoire,', 

1 fonder une colonie ou à administrer le trésor 
nblic. Questeur entre les années 86-83, légat 
D l^pagne en 83, avec le titre de pro-questeur, 
N tard légat en Macédoine , où il repoussa les 
Mairsions des tribus thraces, Fonteius obtint 



— FOOTENAl 



122 



. la préture à une époque iiicertai.;e. II gouverna 
la Gaule Marbonaise pendant trois ans, de 76 à 73. 
£n7ô, il envoya des approvisionnements, des 
munitions et des recrues à MeteUus Pins et à 
Cneius Pompée, alors occupés à guerroyer contre 
Sertorius en Espagne. Les exactions qu'il se per- 
mit à cette occadon fournirent plus tard des 
siqets d'accusation contre lui. H revint à Rome 
en 73^:72, et ne fat poursuivi qu'en 69. M. Fa- 
bius intoota l'accusation, M. Plœtorius la sou- 
tint. A peu d'exceptions près, les prindpaux ha- 
bitants de la Narbonaise vinr^t témoigner à 
Rome contre leur anden gouverneur; le plus 
éminent de ces témoins à charge fut Indudo- 
mar, chef des Allobroges. Ce procès avait d'au- 
tant plus d'importance que c'était la première 
cause décernée aux tribunaux créés par la loi 
Aurélia de judiciis. Le droit de juger, réservé 
jusque là aux sénateurs, venait d'être confié à 
des tribunaux mixtes composés de sénateurs, de 
chevaliers et de tribuns du trésor (œrarii), Ci- 
céron, alors édile, et devenu célèbre par ses vi« 
goureuses attaques contre Verres, prit la défense 
d'un concusdonnaire moins illustré, mais pres- 
que aussi coupable. Les détails de cette affaire 
ne sont connus que par un fragment de la dé- 
fense (de Cicéron. On reprochait particulière- 
ment à Fonteius d'avoir imposé des taxes exces- 
sives sur les vins de Narbonne ; d'avoir vendu 
des exemptions pour le travail des routes, ce 
qui avait rendu les moyens de communication 
impraticables ou avait obligé à un énorme sur- 
croît de travail ceux qui ne pouvaient ou ne 
voulaient pas acheter d'exemptions. Comme Ci- 
céron n'oppose à des charges aussi précises que 
de vagues déclamations, on ne peut guère douter 
de la culpabilité de son client. On ne connaît 
point la sentence des jujgeSy mais il est sûr que 
Fonteius ne fut pas condamné à l'exil, puisqu'on 
le voit peu après acheter une somptueuse mai- 
son à Naples. 

Ctcéroo, Pro FonteiOf ad AU,, I, 6. — Dromann', 
Gesch, BorriSy vol. V. — Orelli, Onomatticuin TuUlanum, 
au mot Fonteius, 

* F01VTE1US ( Publius ), jeune homme d'une 
famiUe obscure, que P. Clodius Pulcher choisit 
pour père adoptif en 60 avant J.-C. Ce turbu- 
lent patricien, voulant obtenir le tribunat, charge 
réservée aux plébdens , se fit admettre dans la 
maison des Fontdus. Cette prétendue adoption 
eut tous les caractères de l'illégalité ou plutôt 
de la parodie. Fonteius, déjà père de trois en- 
fants, n'avait aucun motif d'en adopter un qua- 
trième. Il avait à peine vingt ans, tandis que 
Clodius en avait trente-cinq. Après la cérémo- 
nie, le premier acte paternel de Fonteius fut 
d'émanciper son fils adoptif. 
cicéron, Pro Domo, 18; Harusp. resp., Vt, 

FONTENAi (Pierre-Claude), historien ec- 
clésiastique français, né à Paris, en 1663, mort à 
La Flèche, le 15 octobre 1742. H entra dans la 
Société de Jésus le 31 août 1698, et s'occupa 



123 



FÔNTENAI — FONTETlKLIiË 



11 



particalièreuent d'énidjti<m t^ligieuse. â tra^- 
yailla en ce genre h direfs oan'ageé (|di fie por- 
tent point son nom, et foaniit»de nombreux 
extraits au Journal de lYétHmx, Après la mort 
an père Longuetal, H Ait rappelé à Paris, et 
chargé de coiitinaer Vffiêtotrê de VÉgiiêè gaU 
Hcane, dont ce pèfe atait pdMié huit VolnrlHHi 
ifi4''; Fontenai donna le nentièfne, le dhiètne^ 
et le onzième pres^jue eirtier. Il atait atissi raê^ 
semblédes matérîaut podf tttté histoire des pap«s< 

Richard et GIraad, BibtMMqUe MeHè. 

FOMTfiiiAT (J,'B. BLaiaUè), peilttre îtm* 
çais, né à Caed, eu 1654, mort à Paris, en 1715. 
Son grand-père^ Jehafl dé Fontenay, travaillait à 
Fontaineblean atec les Dubois et letf Frémiseti 
Son père, Claude de Fontenay^ peintre du roii 
mort le 12 oetobtt 1694, à l'âge de mxtOM^ 
quinze ans, était protestant. L« jéone Fofrteuay, 
élevé dans la même ctovtftM^, ftaf placé élMi 
Baptiste Monnoyéf, eélèbi« p^tre de fleuri. 
En 16S5, Fontenayabltirfl i« «alvlnismé «tépMM 
la fille de Monnoyef . Initié par M peHltl^ A KNM 
les secrets de Tart, il l'égala Mentôt, èl tous 
deux n'eurent pas de tital josqtt'fc Van HHyétim. 
Louis XtV employa Fontenay â Yersailles^ k 
Marly , à Compiègue, à Fontaiilehléftif . Les bitf^ 
fets des salles à manger et le« idéssiis de poftè 
peints par cet habile artiste attestent titie totichè 
vraie et délicate, un plttceau léger et bfiltaiit. 

D'ArgenvIllc, rUi de» Pelwtfet fraUçaUé 

FOUTBNÂT {Louis-Ahel OB, BonArotJS, adbé 
DE ), compilateur et journaliste frança}!(, né en * 
t737, à Castetnau-de-Brassac, près de Castrés , 
mort à Paris, le 28 mars 1806. Il entra dans la 
Société de Jésus, et professa au collège de Toiir- 
non. Après la suppression de son ordre, Il le 
rendit à Paris , et y publia, sous le nom d'abt)é 
de Fontenay, quelcfues compilations utiles. Il prit 
une part acme à ta rédaction des Affiehei de 
Province et du Journal général de France^ 
et se montra un des plus ardents défeiiséuils des 
idées réactionnaires. Le 10 Mfff le força de se 
réfugier à l'étranger. Rentré en fVance après le 
18 brumaire, il renonça à la politique pour re- 
prendre ses anciens travaux littéraires. On a de 
lui : Analogies et fragmenté philosophiques]; 
Paris, 1774, 4 vol. in-12 ;— IHctionnaire des 
Artistes; Paris, 1777, 2 toI. m-g*; — Abrégé 
de la Vie des Peintreê; Paris, 1786, in-fol.; — 
VAme des Bourbons^ ou tableau historique 
des princes de Vauguste maison des Bour- 
bons; Paris, 1783*1790 y 4 vol. in- 12. L'abbé 
Fontenay publia aussi les Tables de V Histoire 
universelle traduites de l'anglais, formant le 
XL VI" vol. in'4<' ; — la plus grande partie du 
texte de la Galerie du Palais-Royal; 1786- 
1808, 59 livraisons in-fol. ; — des éditions aug- 
mentées du Dictionnaire de VÉlocution fran- 
çaise^ par Demandre; Paris, 1802, 2 vol. ift-S"; 
— du IHctionnaire géographique de Vosgîen; 
Paris, 1 803,iu-8* ; — de la Géographie moderne 
de Lacroix; Paris, 1805, 2 vol.[in-12. 



Ainault) Joity, #ay, motrttpM» noiwalte des Cnm 
porain», ^ Qaérard , La France Itttéraire. 

POHTBiiAYi Voyi BABtàMù «t Itâ GanMi 
«nènfi. 

rONTBltAT-MABBVlIi. Vo^Ê VaL (Du). 
FONTENATi VOff, CCtWOlÉt 
FONTBNELLB (Db U). VÔ^ihk WcmESaM 

FONtfeftfiLiB [Èetiiatd Le Boùttal ont 
BoviER de), délébi'e écrivain D'an^^d, qui s'eàsq 
dans les genres les pluii divét^, flts d'nd a?aQ 
au parlement de Bouen . et de Mafttle CorncA 
sœur de Tauteur du Cia^ liaqiiit ft Itoueu, tel 
février 165^ et mourut à Paris, le 9 janvier ilt 
Ainsi, par sa vie, qui emb»së6dil siède, ii pÉ 
ticipe aux deux grandes époqUes d« la littéii 
tufé fiPâilçàise; et l'on petit dire qu'il y a da 
hommes en lui, le bel esprit dfl d}x-se{)tièi 
Siècle, et le philosophe du dln^^littltiètoe ; leoefv 
du grand Corneille, et le contemporain de Td 
taire; Tingénieux écrivain d'une école un pê 
maniérée . et le derulef deg tax\éiâm^. n irnn 
l'anneau mtermédlalre éotfe lés deM âges. Té 
inoin de toutes le^ févoltltidti^ de ré^t hftinl 
accomplies dads éèi iMei^dlle de temps, ^ f 
pris lui-même Une part adlVé, et M sa tOUxïfît 
détouméd'uii rdlè à^ssif, il a toujoof» te inMl 
incontesté d'avoir le premier fendu là pldld 
phie et la science poynlaife«t en Ffâilcé. ! 

Il avait fait d'assess hrillantesi étndeâl Éa eellÉ 
des fjésnites de sa tille natale; mMs If fttm à 
le même succès danf H Icf^qtiê, hérisse an 
de termes barbares». Il dH lui-même : « Jepe 
mon parti denerlem entendre à la KjgfqtK. 
pendant, contlnnattt de m'y appliquer, j'y enttl 
dis quelque chose; je vis bientôt qotf ee n'étt 
pas fa peine d'y rien entendre, que ee n'étM 
nue des motâ. v Son père le destinant to btfrei 
Il se fit recevoir avocat, et plaida tnépe a 
ftMlsé, qn'il perdit. Promptement dégoMé de fn 
carrière , il se décida à snlvr^ son penehant ]f\ 
fa littérature, et se rendit à Parïs, ànprèsdti « 
onde Thomas Corneille, qui dirigeait afors 
Mercure galant avec de Visé. La gloire du grai 
Corneille fut cTabord pour lui une amorce tronj 
peuse ; il débuta par des tragédies , et une ii 
gramme de Racine nous apprend qnelflMIe^ 
de son Aspar, représenté en i6(iù. i 

Dès les premiers temps de son séjotir â Vm 
il s'était lié a?ec son compatriote Fabbé de Sain 
Pierre , ce rêveur homme de bien^ ï'hrstoni 
abbé à» Yertoty et le œathématieieii YarigiMi 
Le premier les recevait dans mie petite maùi 
de la me SaÎDt-'Jaeqiies. « Nous nous rassH 
Mlons^^ dH FoBleiielle f avec ml «xtrème plaid 
jeunes^ pleins de la première ardew de savcj 
fort unis, et, ce ipre noas ne comptioB» peot^ 
pas ponr un 9»ei grand bien , pe« connus. » 

Vers ce (evffps-là , s'était engagée la quera 
des aneieni et des modernes^ dans laquelle Ftf 
fenelle prit parti atec Perrault etLamotte-Hi 
darf pour la snpériorîté des modernes, a4 
B^ttean et Haeine, qn sovIeBaienl avec M"" 



25 



FONTENELLE 



126 



ier la préémbiettee ÔM anciens. Il est trop yral 
s dire qae Ses jugements stir les andens ne 
Mt pas eiAmpfts de légèreté, lorsqu'il aifpelle 
tr exemple Eschyle << une espèce de fou, qui 
tr&lt rimagination yire et pas trop réglée. Oa 
e sait ce que c'est que son Prométhée^ ôanê 
quel il n'y a ni sujet, ni dessein,! mais des 
ïiportements fort poétiques* et fort hardis »< 
joant à ËoripidCy « il ne connaît point du tout 
Intrigue, et les jeux de tbéfttre sont rares dana 
to pièces. Yoyez comme, dans AUeste, Her> 
aie, arrivant chez Admète, se met aussitôt à 
dre bonne Chère. Cette description est si bur-^ 
sqiie, qu'on dirait d'un crochclear qui est de 
imfrérie a. Il maltrflâte un pea moins Âristo- 
hane; il le déclare « ptcAsont^ et loi tronre 
t fort bonnes thoêes ». Bi la plttpart de set 
ièces sont « sans art, s'il n'y a ni noeud ni dé- 
oûment, c'est que [la comédie était akms ex- 
fèmement imparfaite. On voit bien par ces 
hanches infbrmes qu'elle ne fait que nattn) en 
Irèce ». {Hemarques sut guetqueê piècu 
Uristophane, et sut le théâtre grec.) Pour 
Siéocrite, il est d'iine grossièreté répons- 
ânte; l«s « discours qu'il prête à ses person*- 
lages sentent trop la campagne; ce sont là de 
tais paysans, et non des bergers d'églogue... 
les bergers «ont trop bergers ». (JHseours 
^la nature de Véglogue.) 

li est donc aisé de compr^dre pourquoi les 
»é5îesp(Mfomte«dc fontenelle, qui parurent 
to 16S8, choquent par une absence complète de 
ftturel et de sentiment. Les opéras de Psyché et 
le Bellérophon, de Thétis et Pelée, Lavinie, 
tndymion, qu'il avait fait jouer dans cet inter- 
valle, sont ottbliés aujourd^ui. Le premier ou- 
vrage où il réussît, ses Dialogues des Morts, 
fî'il fit paraître en 1683, sont parsemés de traits 
affectation et de faux goût. Trois ans après, 
» 1686, il publia ses Entretiens sur laplura- 
'Ué des mondes, où il expose avec une heureuse 
torté les découvertes de Galilée et le système 
ie Descartes sur les tourbillons. On y admira 
e talent dé mettre les matières scientifiques à 
a portée de tous les lecteurs. On peut y relever 
încore quelque chose d'un peu prétentieux et de 
ïuintesseûdédans le style; mais cette recherche 
nême ne déplaisait pas atofs, et elle contribua 
Hîat-étre à attirer le public, qui trouvait d'ail- 
*nrs dans ce livre l*exposltfon du système du 
inonde, tel qu'on le connaissait alors, traduite 
a langue vulgaire. Déjà l'on y sent une certaine 
Bbertéde penser; la clarté des idées se réfléchit 
fensie langage, et Von reconnaît l'empreinte du 
Nseor à quelques réflexions telles que cellfr- 
ïl : « Il n'y a que la vérité qui persuade, même 
sans avoir besoin de paraître avec toutes ses 
^ïeoTes. Elle entre si naturellement dans l'es- 
pt, que quand on l'apprend pour la première 
™s, il semble qu'on ne fasse que s'en souvenir. » 
|ÎI' soirée, à la fin.) 

Voici un exemple de la sage circonspection 



de son esprit, et de la méthode prudente qui 
règle toujours sa marche , même dans ses ingé- 
nieux badinages. Au commencement de la troir 
sième soirée, àpropos des conjectures auxquelles 
il vient de se laisser aller sur les habitants de 
la lune, il ajoute : « Il ne faut donner que la 
moitié de son esprit aui choses de cette espèce 
que l'on croit, et en réserver une autre moitié 
libre, ot le contraire puisse 6tre admis, s'il en est 
besohi. M 

L'année suivante, Fontenelle mit en français 
Y Histoire des Oracles du savant hollandais Van 
Dale, c'est-à-dire qu'il donna un abrégé élégant 
et lumineux de ce traité;, dont l'érudition un peu 
diJfAise prit sous la plume de Fontenelle une 
forme plus appropriée au goUt des lecteurs 
français. L'auteur lui-même en témoigna sa re« 
connaissance , et s'exprima ainsi dans le journal 
de Bayle, les Nouvelles dé Içl République des 
Lettres : « J'ai lu avec bieà du plaisir Y Histoire 
des Oracles faite par un auteur français, où ]0 
suis copié fidèlement; j'approuve la liberté qu'il 
s'est donnée de tourner ce que j'avais avancé 
dans mes deux dissertations sur ce sujet, au 
génie de sa nation... C'est peut- être un malheut 
pour la cause qu'il soutient avec moi qu'il ne 
soit pas dans un pays de liberté; car je ne puis 
imputer à une autre raison le silence qu'il a gardé 
ou les déguisements qui semblent l'avoir corn-* 
mandé sur des faits de conséquence. » Malgré les 
précautions pilses par Fontenelle, malgré les 
déguisements dont s'enveloppait sa discrète iro- 
nie, l'onirrage n'en parut pas moins très-hardi; 
Plus tard, û fut vivement attaqué par le jésuite 
Battus, qui soutint que les démons avalent fait Àj 
deé oracles , et qu'ils s'étaient tus à l'arrivée du / 
Messie. Fontenelle n'eut garde de s'engager dans ^ 
une controverse théologique. « Je ne répondrai 
point au jésuite de Strasbourg, » écrivait-il à 
Lederc, » quoique }e ne croie pas l'entreprise bn-> 
possible. Mais Y Histoire de l'Académie des 
Sciences me donne ti'op d'occupation ^ et tourne 
toutes mes études sur des matières trop diffé- 
rentes de celle-là. Ce serait plutôt à M. Yan Dale 
à répondre qu'à moi ; je ne suis que son inter- 
prète, il est mon garant. Enfin , je n'ai point do 
tout l'humeur polémique , et toutes les querelles 
me déplaisent. J'aime mieux que le diable ait été 
prophète, puisque le père jésuite le veut et 
qu'il croit cela plus orthodoxe. » 

Vers le même temps, 11 avait publié ses 
Doutes sur le système physique des causes 
occasionnelles. Quoiqu'il professât une vive ad- 
miration pourMalebranche, qu'il appelle « le plus 
grand génie du siècle », il critique ses idées par 
des raisonnements serrés, mais toujours avec 
mesure* Il prouve, d'uUe manière iirrécusable, que 
le système des causes occasionnelles est con- 
traire à la simplicité avec laquelle Dieu doit 
agir dans l'exécution de ses desseins. C'est en 
proposant ses doutes sur ce système, que Fon- 
tenelle dit avec une finesse si spirituelle .- « Ce 



127 



FONTENELLE 



128 



qui doit répondre de la sincérité de mes paroles, 
c'est que je ne suis ni théologien , ni philosophe 
de proression, ni homme d'aucun nom, en quel- 
que espèce que ce soit ; que, par conséquent , je 
ne suis nullement engagé à avoir raison, et que , 
je puis avec honneur avouer que je me trompais, 
toutes les fois qu'on me le fera voir. » Ce petit 
écrit se termine par une réflexion dont le tour 
t>iquant relève encore la justesse ;: « La vérité 
n'a ni jeunesse ni vieillesse; les agréments de 
Tune ne la doivent pas faire aimer davantage , 
et les rides de l'autre ne lui doivent pas attirer 
plus de respect. » 

Cartésien décidé, il resta toute sa vie fidèle à 
cette doctrine, mais sans aucun fanatisme. Aussi 
dit-il quelque part : « Il feut admirer toujours 
Descartes, et le suivre quelquefois. » — « Ce 
grand homme, écrit-il ailleurs, poussé par son 
génie et par la supériorité qu'il se sentait, quitta 
les anciens pour ne suivre que cette même raison 
que les anciens avaient suivie; et cette heureuse 
hardiesse, qui fut traitée de révolte , nous valut 
une infinité de vues nouvelles et utiles sur la 
physique et sur la géométrie. Alors on ouvrit les 
yeux, et l'on s'avisa de penser. » 

De tous les titres de gloire de Fontenelle, ses 
Éloges des Académiciens (1) sont sans contredit 
le plus réd et le plus durable. £n 1697 , il avait 
été nommé secrétaire .perpétuel de l'Académie 
des Sciences. Ce fut pour s'acquitter de ces fonc- 
tions qu'il écrivit rhiflftoire dej cette académie 
depuis l'année 1666 jusqu'en 1699, et que pen- 
dant plus de quarante années il prononça les 
éloges des savants qui avaient appaôrtenu à cette 
académie. Le recueil de ces Éloges forme assu- 
rément un des meilleurs livres de notre langue. 
On n'y retrouve plus l'afféterie qui dépare quel- 
quefois les écrits de sa jeunesse : là sa manière 
est beaucoup plus simple; il sème toujours les 
aperçus spirituels, mais jamais aux dépens de la 

(1) Les éloges contenas dans cet oavrage sont ceux 
de Cl. Bourdelln , Dan. Taavry, Adr. TaUller, Vine. Yl- 
Tianl. le marquis de L'Hospital , Jacques Bernoully, Guil- 
laume Amontons, J.-B. Du Bamel, P. Sylv. Régis, le 
maréchal de Vanban , l'abbé J. Gallois, Den. Dodart, 
Jos. Pltton deTonmefort, Bnf.-W. de Tschirnhaus, Fr. 
Poupart, J. Math, de Chazelles, Uom. Gaglielmlni , L. 
Carré, Cl. Berger, J.-Dom. Casslni , P. BSondin, Mart. 
PoU,L. Morin,Nic. Umery, GulU. Homberg, le P. 
Nie. Malebranche , Jos. Sauveur, Ant. Parent , -God. 
Gull. Leibntu , Jacq. Oxanam , Th. de La Hlre , de La 
Faye, Gay, Cresc. de Fagon, l'abbé de Louvois, P. 
Hem. de Montfort, Mich. Rolle, Bern. Benau d'EUçaga- 
ray, le marquis Dangean, Gile FUleau des BlUettes, le 
marquis d'Argenson, Cl.-Ant. Couplet, J. Méry. P. Va- 
rignoo, le czar Pierre !«', Alex. Uttré, H. Hartsoecker, 
GuiU. Oelisle, Nie de Malezieu, Is. Newton, le P. Ch. 
Beyneaa, le maréchal de Tallard, le P. Séb. Tmchet, Fr. 
' Blanchlni, Jacq.-Th. Maraldl. J.-B.-H. du Ttousset de 
ValineoortfGuicb.- Jos. Onverney, te comte Marsigli, Et.- 
Fr. Geoffroy , Fr. Rnyscb, le prés, de Matoons, P. Chirac, 
le cbCT. de Lonyllte.Th. de Fantet de Lagny, J.-B. Des- 
chiens de Ressons, Jos. Saurin , Eust. Herm. Boerbaave, 
Eust. Manfred , Ch.-Fr. de Cisternay du Fay. !>a première 
édition des Éloges, la moins complète, parut en 1708, 
une seconde édition fut publiée en 1719; Paris, 8 voL 
tn-it, une nouvelle édition, continuée Juaqu'en 1789, 
porte les dates de 17U et 1766, s t»L in-lt. 



vérité, et l'expression dont il la revêt emprunte 
une grâce particalière à son tour d'esprit, fin 
et délicat. Il fallait une grande variété de con- 
naissances pour apprécier convenahl«aient pla- 
sieurs générations desavants, astronomes, ma- 
thématiciens, chimistes, physiciens, natura- 
listes, médecins, philosophes; Fontenelle donna 
le premier exemple de cet esprit encyclopé- 
dique, de cette universalité, que Voltaire, après 
lui, devait reproduire avec tant d'édat. Il pos- 
sède en outre l'art d'intéresser à la vie sta- 
dieuse de ces hommes dévoués à la science ; il 
rend leurs découvertes accessibles aux gens 
du monde; tour à tour Vaubaa, Cassini , Tour- 
nefort , Malebranche , Leibnitz , Newton, en un 
mot tous les plus grands génies de TEuropej 
passent devant nous avec, leurs travaux et leurs 
systèmes, en nous communiquant uneinstruc- 
tion aussi agréable que variée. 

Ce qui caractérise essentiellement Tesprit de 
Fontenelle, c'est la justesse unie à la finesse. 11 
se rendit célèbre par le charme singulier qui s'at- 
tachait à sa conversation autant qu'à ses écrits. 
Il avait été reçu à TAcadémie Française le 5 mai 
1691. Doyen des trois académies, on l'appelait U 
Nestor de la littérature, et il resta jusqu'à la 
fin de sa vie l'ornement de ces salons do dix- 
huitième siècle , qui méritent d'occuper une place 
dans rhistoire, car ils étaient le siège d'une puis- 
sance nouvelle , l'opinion pubUque. Tout, jus- 
qu'aux agréments de son style, qni n'est pes ir- 
réprochable ail jugement d'un goût sévère, a 
contribué à propager les lumières et à répandre 
le goût de la raison. 

Cet esprit philosophique, que nous avons ioi 
diqué comme le véritable mérite de Fontenelle, 
il serait facile de le faire ressortir dans ses prin- 
cipaux ouvrages; il suffimit d'en extraire ad 
certain nombre de maximes, d'observations 
justes, de réflexions à la fois fines et profondes, 
qui formeraient, pour ainsi dire, le code du bon 
sens, les règles delà méthode pratique, unf 
sorte de métaphysique populaire, mise à la 
portée des gens du monde. On aurait ainsi le réi 
sumé et comme la quintessence de sa philo- 
sophie. 

Dans sa réponse à Tévèque de Luçon (Buss] 
Rabutin), qui remplaçait Lamotte à l'Académii 
Française (6 mars 1732), il disait: « Il s'est ré- 
pandu depuis un temps un esprit philosophique 
presque tout nouveau, une lumière qui n'avai 
guère éclairé nos ancêtres. » Cet esprit nouveai^ 
qui devait faire la gloire et la puissance du dix^ 
huitième siècle, se révèle de deux mam'ères : a 
premier lieu par la méthode expérimentale, fondé 
sur l'observation des faits : k Comme on s'est avi» 
de consulter sur les choses naturelles la natoi| 
elle-même plutôt que les anciens, elle se laiaij 
aisément découvrir; et assez souvent, pressé! 
par de nouvelles expériences que l'on fait poà 
la sonder, elle accorde quelques-uns de ses sfl 
crets. » (Histoire de V Académie des Sciencei 



129 FONTENELLE 

préface.) En second lieu, par Jes progrès de 
Vesprit géométrique : « Les mathématiques ser- 
TOBt à domier à notre raison Thabitude et le 
premier pli du yrai. Elles nous apprennent à 
opérer sur les yérités, à en prendre le fil, sou- 
vent très-déli^, et presque imperceptible... A 
mesure que ces sciences ont acquis plus d'é- 
tendue, les méthodes sont devenues plus simples 
et plus faciles. Enfin, les mathématiques n'ont 
pas seulement donné une infinité de yérités de 
l'espèce qui leur appartient, elles ont encore pro- 
duit assez généralement dans les esprits une 
justesse plus précieuse que toutes ces vérités. » 

Son sens droit avait deviné l'éclectisme : « Tout 
le monde ne sait pas voir : on prend pour l'ob- 
jet entier la première face que le hasard nous 
en a présentée... Il n'est pas étonnant que l'on 
fasse quelques faux pas dans des routes nouvelles 
que l'on s'ouvre soi-même. L'esprit j original , 
qui est ardent, vif et hardi, peut n'être pas tou- 
jours assez mesuré ni assez circonspect. » De 
cette manière d'envisager les connaissances hu- 
maines résulte comme conséquence naturelle la 
nécessité de la tolérance philosophique :> On vou- 
lut surtout qu'aucun système ne dominât dans 
l'Académie, à l'exclusion des autres, et qu'on 
laissât toujours toutes les portes ouvertes à la 
vérité. » 

Et ailleurs : « H y a un ordre qui règje nos 
progrès. Chaque connaissance ne se développe 
qu'après qu'un certain nombre de connaissances 
précédentes se sont développées , et quand son 
tour pour éclore est venu.... Quand une science 
ne fait que de naître, on ne peut guère attraper 
quedes vérités dispersées qui ne se tiennent pas , 
et on les prouve chacune à part , comme l'on 
peut, et presque toujours avec beaucoup d'em- 
barras. Mais quand un certain nombre de ces 
vérités désunies ont été trouvées, on voit en quoi 
elles s'accordent, et les principes généraux com- 
mencent à se montrer, non pas encore les plus 
généraux ou les premiers : il faut encore un plus 
grand nombre de vérités pour les forcer à paraî- 
tre. Plusieurs petites branches que Ton tient 
d'abord séparément mènent à la grosse branche 
qui les produit, et plusieurs grosses branches 
mènent au tronc. — Un avantage !d'avoir saisi 
les premiers principes serait que l'ordre se met- 
trait partout de lui-même, cet ordre qui embellit 
tout, qui fortifie les vérités par leur liaison. » 

N'a4-il pas parfaitement caractérisé Leibnitz, 
lorsqu'il l'appelle « un esprit universel, non pas 
seulement parce qu'il aUait à tout, mais encore 
parce qu'il saisissait dans tout les principes les 
plus élevés et les plus généraux, ce qui est le 
caractère de la métaphysique » ? 

Fontenelle, dans un de ses Éloges (celui 
de Duhamel), parle de raisonnements philoso- 
phiques qui ont dépouillé leur sécheresse natu- 
relle , ou du moins ordinaire , en passant au tra- 
vers d'une imagination fleurie et ornée, et qui 
n'y ont pris cependant que la juste dose d'agré- 

NODV. BI0€R. GÉNéR. — T. %Ym% 



— FONTENU 



130 



ment qui leur convient. Ces paroles s'appliquent 
très-bien à lui-même', et il se trouve avoir donné 
ainsi l'idée la plus fidèle de son propre talent. 

Tout ce que l'on raconte de son caractère le 
montre tout à fait assorti à la nature de son es- 
prit. Ce qu'il prisait par-dessus tout, c'était la 
tranquillité. Ainsi s'explique ce mot bien connu : 
« Si j'avais la main pleine de vérités, je me gar- 
derais bien de l'ouvrir. » On lui demandait un 
jour comment il avait su se faire tant d'amis , et 
pas un ennemi : « Par deux axiomes, répondit-il, 
Tout est possible, et Tout le monde a rai- 
son, » n craignait les émotions vives, il évitait 
celles qui troublent, et l'on a dit de lui qu'il n'a- 
vait jamais ni ri ni pleuré. On comprend par là 
comment il ne trouva jamais le pathétique dans 
ses tragédies , ni la verve dans aucune de ses 
pièces de théâtre. C'est de lui-même qu'il a dit : 
« Il me manqua d'aimer. » ( Églogue II. ) — 
« Ce n'est pas un cœur que vous avez là, lui 
disait un jour M"* de Tencin| en montrant sa 
poitrine, c'est de la cervelle, comme dans la 
tête. » — Cependant le sentiment de l'honnête 
ne lui a pas manqué, et lorsque Fabbé de Saint- 
Pierre lut exclu de l'Académie Française pour 
une censure que nous trouverions aujourd'hui 
fort modérée, une seule boule protesta dans 
l'urne contre cet excès de rigueur : ce fut celle 
de Fontenelle. Artaud. 

Trnblet, Mémoires sur la vie et les ouvrctges de Fon- 
tenelle, — Pondiyy Éloge de Fontenelle / dans les Mém, de 
Vjlcad, des Sciences (1787) — Le Beau, Éloge de Font,; 
dans les Mém. de l'Acad. des Insc. et BeU.'Lett, t. XXVII. 

— Garât, Éloge de Font. — Grimm, Correspondance Uttér. 

— Cbarma, Biographie de Fontenelle (1S46).— Flou- 
rens, Fontenelle, Histoire de ses travaux et de sa vie. 

— Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. III. 
FONTENETTBS (Louts db), médecin et poète 

burlesque français ,l| né au Blanc (Berry), en 
1612, mort à Poitiers, en octobre 1661. Il étudia 
la médecine à Paris et à Montpellier, où il fut 
reçu docteur, puis i) alla s'établir successivement 
au Blanc, sa ville natale, et à Poitiers. On a de 
lui : ^natomie des fautes contenues en la ré- 
ponse au discours des maladies populaires 
de 1652; Poitiers, 1653, m-S'' ;— VHippocrate 
dépaUé, ou la version paraphrasée de ses 
aphorismes en versfrançois; Paris, 1654, in-s*». 
Ce dernier ouvrage, dont la versification est plate 
et manque de sel, est dédié à Guy Patin, que 
rauteor appelle son meilleur et plus fidèle ami. 

H. B. 

La Croix da Maine et Du Vcrdler, Biblioth. française. 

FONTENU (Louis-François de ), archéologue 
français , né au château de Lilledon ( Gàtinais ), 
le 16 octobre 1667, mort le 4 septembre 1769. 
Élevé à Paris, au collège des Grassins , il em- 
brassa la carrière ecclésiastique, où il se distin- 
gua par sa piété et son savoir. Ayant accom- 
pagné en 1700 le cardinal de Janson an conclave, 
il] prit pendant son séjour à Rome le goût des 
antiquités. Il y étudia aussi la botanique sous 
Triumfetti. De retour à Parié, il se lia avec les sa- 
vants qui composaieat la société de Mme de Lam- 

5 



131 fontêjto — 

lieii. Il fut reçu k l'Académie des Inscriptions 
et Belles-Lettres en 1714. Il composa pour cette 
académie plus de vingt Mémoires^ qui ont été 
imprimés, soit en entier, soit par extraits, dans 
le Recueil de TAcadémie des inscriptions. Ces 
Mémoires, écrits avec une élégante simplicité , 
contiennent de curieuses recherches sur plusieurs 
lieux de la France connus sous le nom de Camp 
de César; sur la source du Loiret; sur diverses 
médailles; sur quelques sujets de mythologie. 
Quoique d'une santé si délicate que jusqu'à 
trente ans on le crut poitrinaire, Fontenu dépassa 
l'âge de quatre-vingt-douze ans. Sa vie fut rem- 
plie d'actes de charité et de traits de bienfai- 
sance, que sa mort seule révéla. On attribue à 
l'abbé Fontenu la traduction de Théagène et 
Chariclée, publiée à Paris, ]727| 2 vol. in-i2. 

- té Beau, Histoire de V Académie des InêcriptUms, 
t. XXIX, p. 349. 

FONTENY {Jacques de)| poëté et auieur 
dramatique français, vivait à la fin du seizième 
siècle. 11 faisait partie de la Société des Confrères 
de la Passion. On a de lui : Le Bocage d'a- 
mour; Paris, 1578, 1615, in-12 j — Les Estais 
poétiques; Paris, 1587, in-12; — Les Ressen- 
timents de Jacques de Fonteny pour sa Cé- 
leste; Paris, 1587, in-12; — Anagrammes et 
Sonnets ^ dédiés à la reine Marguerite ; Paris , 
1A06, in-4<'. On trouve dans le premier de ces 
recueils là Pastoreile de la cfiostê Bergère ; 
dans le deuxième, la Pas tof elle du beau 
Pasteur, et dans le troisième la Galatée divine^ 
•ment délivrée, Fonteny a anml tradtait en prdse, 
de l'italien d'Andreini de Pistoja, les Bravache- 
ries du capitaine Spavante; Paris, 1608, 
in-12. Le père Lelong cite sous le nom de Jac- 
ques de Fonteny les deux ouvrages historiques 
suivants : Antiquités, fondations et singula- 
rités des villes et châteaux du royaume de 
France; Paris, 1611, in-12 j — Sommaire 
Description de tous tes chanceliers et gardes 
des sceaux, depuis le règne de Mérovée jus- 
qu'au règne de Louis XIII, avec un discours 
de leur vie; revu et augmenté par Laurent 
Bouchel; dans le l*"" vol. de la Bibliothèque 
du Droit français de Laurent Bouchel; Pans, 
1667, tn-fol. On ignore s'il y a identité entre 
Vautear de ces ouvrages historiques et 4e poète 
dont nous avons mentionné plus haut les pasto- 
rale», car nous n'avons aucun détail sur la vie 
ni de l'un ni de l'autre. 

Ghaadon et DéUttdiae, Diet. MHv. — JLeloog, Bibk 
Hittor. de la France. 

FONTBTTK. Voy, FeVRET. 

JPOntbtA ( Nicolas ), souvent désigné sous le 
nomkrtiiHsé de foktanus, médecin hollandais, 
né à Amsterdam, vivait dans la première moitié 
d« dix-«eptiènne siècle. Il enseignait publique- 
ment la médecine dan» sa tille natale. On ignore 
les détails de sa vie, mais on connaît encore et 
on coiisalte avec fruit quelques-uns de ses nom- 
breux ouvrages , en voici la liste : Institution 



FONTÈtftAUb 132 

nés pharmaceutkaï ; kinsierâsim, 1633, în-i?; 
— Aphorismi Hippocratis methodiceexposiu, 
quibus accedit traetatus De Extraclionc h- 
tus inortui peruncum; Amsterdam, lo, , 
m-12; — Florilegium ihedicum; Amsterdain. 
1637, în-i2; — Responsionum et curationiuii 
medicinalium lAber unus; Amsterdam, \C\ 
în-12 ; —Auctuarium annotalionum in praj »(<; 
arfis medicœ Remberti Dodonœi; Amstenlain, 
1640, in-8°; — Observationum rariorm 
Analecta; Amsterdam, 1641, in-4°; — Ânu> 
tationes ad Epitom^n Anatomix Andréa: Ye- 
salii; Amsterdam, 1642, in-fol. ; — Conivif?.- 
tarius in Sebastianum Àustrium de Pum*- 
rum Morbis ; Amsterdam, 1642, în-i2 ; — S^n- 
tagma. medicum de Morbis Mulierum; Ams- 
terdam, 1644, m- 12; — Fons sive Origo Fc- 
brium earumque remédia; Amsterdam, ioh, 
in-12. 

Éloy, bici. hist. de la Médecine. — Biog. médicale. 

FOBItetliAVD (AtCidè), économiste fran- 
çais, né â l'Ile Maurice, té 15 octobre 185?, 
mortâPàrîâ, le 1^2 âoi!lf 184d. Âmétlé tout jenoe 
en France, il fut élèté, pUfS professeur â TÉcole 
du Cotnmerce, dû il euôeîgnd successî vetnonf 1 his- 
toire , ta géographie, la littérature d (^iifln fe- 
coûomte politique, ^artisâtf déclaré de la liberté 
des échanges, il visita l'Angleterre en 1845, et 
assista aux grande^ rétiiliôns de ÎA tl^ue <i>i j 
libre échange ou desfr'ee-tMdeN. A son rpfour 
h Paris, il fut un des fondateurs de rassoclation ' 
destinée à propager en France les idées des /!• 
bres échangistes. Utié attaque de choléra l'enle^î. 1 
Jeune encore , à la science qu'il était fait pour 
honorer. Fonteyraud a dourté des articles dans 
dîvets recueils d'économie politique ; les prînci- 1 
paux sont : la Ligue anglaise ; dans la Rem 
' britannique de janvier. 1846 ; -^ La Vérité iur 
Véconomie politique ; dans le Journal des 
Économistes (août et octobre 1848); — Prin- 
cipes d'économie potitique ; dans les Cent Trai- 
tés pour les connaissances lés plus indispen- 
sables ; Paris, 1849, 2 vot. gr, in-8". Ce petit 
traité a été composé en collaboration avec 
M. Wolowski, qui a mis à la pfemîère i^gt' 
la note suivante : « La rédaction appartient en 
majeure partie â îhon ami et collaborateur A | 
Fonteyraud. Celuî-cî a su doflfter une forme i 
ta fois concise et claire aux idées qui nous sont 
communes. Si quelque erreur dé doctrifle était j 
signalée, la responsabilité m'en appartient ; mais 
si ce modeste opuscule a quelque valeitr, le| 
mérite en revient au jeune économiste , qui ^ 1 
bien voulu Ine prêter le concours de sa piuinÉ 
facile et de son esprit judicieux et pénétrant. » 
Fonteyraud a publié , dans la Collection des 1 
principaux Lconomistes (Parift, 1847), J* 
traduction de divers ouvrages de Ricardo et »!? 
Malthus ; il y a aussi inséré une Notice sur l^ 
vie et les écrits de Ricardo. 

Blanqui, fifoticé «îiy* PdMeyraud; ûstii le JovmaU» 
Ètà(iitio^iH*èi t. XJiVti |i. isfi «•* Diet. dé VÉcm^^ 
politique. 



133 FONTl — 

FOîïti {Éârthelémy)^ eti latin foktius, 
philologae italien, né en 1445, mort en 1513. Dis- 
ciple de Jérôme Savonarole, il succéda en 1480 
à François t>hilelphe dans la chaire d'éloquence 
et de littérature grecques à Florence. 11 ftit en- 
suite appelé à dirigef la belle bibliothèque que 
Matthias Corvin, roi de Hongrie et de Bohêmfe, 
a\uit fondée à Bude. Les œuvres oratoires et 
littéraires de Fonti ont été recueillies par Geor- 
ges Reiïii , sous le titré de : Opéra exquiHtis- 
sima Barthoiomxi FontH; Francfort, 1621, 
iii-12. Fabricius cite une première édition in-4°, 
nais il n'en Indique pas la date. On cite encore 
(11' Font! Une édition de Celse; Florence, 1478, 
in-fol.; — un Commentaire sur Perse ;\eoi&e, 
ri85, hi-fol., plusieurs fois réimprimé ; — des 
Annales de 1448 à 1483, restées manuscrites ; — 
une traduction en italien des Lettres de Pha- 
laiis; Florence, 1491, et des poésies italiennes. 
I^abriciQs, Bibl. Latina médias et inftmsB Latinitatis, 
■ CrescimbeAi, Storia dtUa f^ôligar Poesia. 
FOrSTIDOBTIUS. Vûy, FOËNtinVEGNA. 

i^oUTOW (Charles) f orientaliste français, vi- 
vait à Gonstantinople au dix-huitième siècle. On 
a de lui deux ouvrages contenus dans un ma- 
nuscrit Iké la Bibliothèque impériale sous le 

1793 
n" V -— • Le premier est une traduction d un 

roman persan intitulée: Aventures de Zélide 
et de Perafinés ; le second porte le titre de ; 
Essai sur la Musique orientale comparée à 
la musique européenne. Ces deux ouvrages 
ont peu d'importance. 

Catalogue de la Bibt. Impértate. 

FONTRAtLLES {LoUis rf'AstARAC, marquis 
deMarestang, vîcotnte bE), homme politique 
français , né daris les premières années du dix- 
septième siècle, mort en juillet 1677. Il joua un 
rAle important dans les intrigues de cour, sous 
le ministère de Richelieu , et nous en a laissé 
«ne relation curieuse. C'était un gentilhomme 
gascon, d'une rare résolution et d'une grande ha- 
bileté. Il avait été, à la suite d'une querelle avec 
son beau-frèré, protégé par Cinq-Mars contre les 
ordres sévères du cardinal , et dès Io^s il s'était 
(lé voué à la fortune du favori. A son dévouement 
se joignit encore une haine personnelle pour Ri- 
chelieu, auquel il ne pardonnait pas de l'avoir 
plaisanté, un jour, sur sa laideur et ses diffor- 
mités corporelles. Aussi ce ftit lui qui irrita le 
fj'is Cinq-Mars contre Richelieu , et qui le poussa 
*''î\bord à recourir contre le cardinal aux moyens 
^Mrèmes. Le duc d'Orléans, au service duquel le 
vicomte de Fontrailles était attaché, s'étant asso- 
lé aux conspiratélirs, fit choix de lui ponrl'en- 
^3yer en Espagne, en son nom, en celui de Cinq- 
^ars , et peut-être aussi au nom de la reine , 
conclnre un traité avec les ennemis de l'État. 
Quand les chances de la conspiration commen- 
cèrent à diminuer, Fontrailles pressa en vain 
Monsieur et Cîn<ï*Mar8 de se mettre eft sûteté 
à Sedan. î^ayairt pu les y décider, il prtt la ré- 



rai^viELLE 



134 



solution de s'évader lui-même au plus vite, et 
dit à son imprudent ami : n Pour vous , mon- 
K sieur, vous serez encore d'assez belle taille 
« quand on vous aura ôté la tdte de dessus les 
(c épaules ; mais moi , je suis en vérité trop petit 
<t pour cela. » Là^-dessus ^ il s^enAiit en Angle- 
terre) et ne rentra en France qu'après la mort du 
cardinal; Ses habitudes de factieux et d'intri- 
gant le poussèrent dans la cabale des importants^ 
<t composée^ dit le cardinal de Rett» de gens qui 
sont tous morts fous , mais qui dès ce temps*ià 
ne paraissaient guère sages ». L'exil et la prison 
firent bientôt disparaître tes importants; la 
Fronde les ramena sur la scène politique. Fon- 
trailles n'y joua que le rôle d'agent secondaire 
du cardinal de Retz. Il ftit un de ceux dont Ma- 
zarin s'assura là soumission par des bénéfices 
et des honneurs, et passa les dernières années 
de sa vie dans la retraite. On a de lui une Rela- 
tion des choses particulières de la cour arri- 
vées pendant ta faveur de M. de Cinq -Mars , 
grand'écUyer , avec sn. mort et celle de M. de 
fhoU. Il composa « ce livre parce que» ayant été 
eelni qui s'est rencontré le plus avant dans la con- 
fiance de Cinq-Mars, il était bien aise de laisser 
ces mémoires parmi les papiers de sa maison , 
afin que ceux qui trouveront V abolition (1) qu'il 
avait prise, n'ignorent pas les sujets qui l'y 
avaient obligé ». La Relation de Fontrailles fut 
publiée du vivant de routeur, avec les Mémoires. 
de Montrésor; Cologne, 1663, in- 12. On la 
trouve dans les diverses éditions de ces mêmes 
Mémoires et dans la Nouvelle Collection de 
Mémoires de Michaud et Poujoulat , in* série , 
t. III. 

Montrésor, Mémoires. — Retz,; Mémoires. — Le Bas, 
Diction, encffcl. de la France. 

FOifTiELLE aîné {Bernard- François-Anne^ 
dit le chevalier de), publiciste, économiste 
et poète français, né à Toulouse, en 1759 (2), 
mort en juin 1837. Il était avant 1789 employé 
de la régie des aides à Perpignani D'abord il 
professa hautement les principes révolutionnaires, 
se fit remarquer dans les clubs de Montpellier, et 
le 14 novembre 1791 il fut élu secrétaire de 
l'assemblée électorale de l'Hérault. Tout à coup 
il changea de langage, et aflicha un royalisme 
si expansif, si fervent, qu'il mérita le surnom 
de petit abbé Màur^ , et fut obligé de s'enfuir 
de la ville. Réfugié à Marseille, il y fonda une 
maison de commerce, devint secrétaire d'une 
section, et s^agita beaucoup en faveur de la coa- 
lition départementale. A l'époque du 31 mai 1793, 
il alla prêcher l'insurrection dans lés départe- 
ments, voisins et gagha Lyon. Là, il se fit encore 
l'orateuf de tous les lieux publies. Son éloquence 
gasconne contribua à exalter l'effervescence 
populaire; il fit même chasser les députés de 
la Franche-Comté, qui venaient engager les 

(1) Les lettres d'aboiilion accordées par le roi. 
ls}BtnDn pas en 1770, coturae l'on^ écrit plusieurs bio- 
grftpbes. 

5. 



185 



FONVIELLE 



136 



Lyonnais à accepter la noureUé constitution dé- ' 
crétée par la Convention. Cependant, lorsqnll 
vit les forces républicaines se disposer à bloquer 
la ville, Fonvielle quitta Lyon précipitamment; 
il traversa la Suisse, lltalie et rentra à Marseille , 
par Gènes. Toulon était alors au pouvoir des 
étrangers, Fonvielle s'y rendit, et recommença 
ses publications royalistes ; mais les républicains 
remportant chaque jour de nouveaux avantages, 
il crutprudent de s'embarquer. Il erra en Espagne, 
en Italie , alla trouver à Vérone Louis XYm 
(24 septembre 1794 ), et se fit admettre au nom- 
bre des agents secrets de ce prince. La révolu- 
tion du 9 thermidor venait d'avoir lieu, et lui per- 
mit de rentrer bientôt à Lyon ; celledu 17 vendé- 
miaire le força de fuir encore. Il essaya alors de 
renouer des intrigues à Marseille, mais il fut ex- 
pulsé de nouveau. Vers le 18 fructidor (1797) il se 
trouvait à Paris ; s'y croyant en danger, il partit 
pour l'Espagne. Il revint à Cette ( 15 août 1798), 
puis à Paris, écrivit quelques brochures dans l'in- 
térêt du gouvernement consulaire, et reçut de Na- 
poléon, devenu empereur, une place de chef de 
bureau au ministère de la guerre. Plus tard il en- 
tra à la Banque de France, et exploita des car- 
rières de pl&tre. Congédié lors de la rentrée des 
Bourbons ( avril 1814 ) , il fut, malgré ses pres- 
santes sollicitations, repoussé de tout emploi 
public, et termina cette vie agitée dans la gône 
la plus complète. Il se donnait les titres de che- 
valier de l'Éperon d'Or, de secrétaire fondateur 
de l'Académie des Ignorants , de fondateur socié- 
taire de celle des Bonnes Lettres, etc., etc. (1). On 
a de lui : Momus régisseur de théâtre, pro- 
logue en vers; Nîmes et Montpellier, 1788; — 
Collot d'fferbois dans Lyon , tragédie en cinq 
actes, en vers, an m (1795), in-8'; — Fon- 
vielle à J.-M. Chénier, membre de VInstitut 
national de France, législateur, philosophe, 
orateur, poète avec privilège; Paris, 1796, 
in-8°. Cet écrit attira l'attention de Chénier, et 
dans une de ses satires il plaça ce vers carac- 
téristique : 

Fonvielle eo son patois osera nous loaer f 
— Essai sur Vétat actuel de la France au 
1"^ mai 1796 ; Paris, 1796, in-8' ; — Les Mœurs 
d'hier, satire avec cette épigraphe : Facit indi- 
gnatio versum ; Paris, 1799, in-8° ; — Résultats 
possibles de la journée du 10 brumaire an 
VIII, ou continuation des Essais sur Vétat 
actuel de la France; Paris, 1799, in-8*; •— 
Essais de Poésies; Paris, 1800, in-8^, ou 2 vol. 
in- 12 et in-18 ; — Situation de la France et 
de V Angleterre à la fin du dix-huitième 
siècle, ou conseils au gouvernement de la 
France, et réfutation de V Essai sur les finan- 
ces de la Grande-Bretagne (de F. Gentz); 
Paris, 1800, 2 vol. in-8**; — Essais historiques, 

(1) On a prétendu que Picard, le spirituel aatenr dn 
Cil nias de la Révolution , avait puisé le type de son 
principal personoage, le perf%iquier gasron Giffard Ae 
ÇuiuaCf dans les aventures dn cheYaiier de Fonvielle. 



critiques , apologétiques et économico-politi- 
ques sur Vétat de la France au 14 juillet 
1804; Paris, 1804, in-8'»; — iltt, ott les Rare- 
gites, tragédie en cinq actes, 1811, in-S**; — 
Considérations sur la situation eommerciak 
de la France au dénoûment de la Révolution, 
sur les conséquences de la commotion qu*elk 
a éprouvée pendant vingt-cinq ans; sur les 
effets du rétablissement de la contrainte par 
corps pour dettes , et sur la nécessité urgente 
<Ven suspendre VactUm dans les circonstances 
actuelles; Paris, 1814, in-8*'; — La Théorieda 
factieux dévoilée et Jugée par ses résultats, 
ou essai sur Vétat actuel de la France ; Paris, 
1815, in-8* ; — Ode à Louis XVI, martyr, pré- 
sentée au roi à Vérone, en 1795; Paris, 1816, 
in-8"; — Coup d'œil sur le budget; sur nos 
besoins; sur le projet d^ emprunt; sur la théo- 
rie moderne du grand livre ; sur nos ressour- 
ces ; sur nos vacillations politiques ; et projet 
d'un emprunt pour acquitter notre contribvr 
tion de guerre; Paris, 1817, in-8°; — Ode à 
la patrie; Paris, 1817, in-8*'; — Condé mou- 
rant, hommage à la mémoire du prince de 
Condé, stances; Paris, Didot, 1818, in-S**; - 
Recueil de FàbUs, dédié au roi; Paris, 181S, 
'in-8°, avec augmentations successives, 182ô, 
1827, 1828, et dans les Mémoires de V Académie 
des Ignorants ; — Examen critique et impar- 
tial du tableau de M, Girodet (Pygmalion et 
Galatée), ou lettre d*un amateur à un jour- 
naliste; Paris, 1819, in-8*>; « Louis XVI, ou 
Vécole des peuples , tragédie en dnq actes et en 
vers, dédiée en 1794 à Islou (anagramme de 
Louis, alors régent de France à Vérone); Paris, 
1820, in-8'', et dans les Mémoires de V Acadé- 
mie des Ignorants , année 1823 ; — Sur la con- 
grégation des sœurs Saint- André; Paris, 
1320, in-8*, et dans le Mercure royal; — Dio- 
médon, ou le pouvoir des lois , tragédie en cinq 
actes et en vers; Paris, 1820, in-8'* ;— Annibalj 
tragédie en cinq actes et en vers; Paris, 1821, 
in-8<* ; — Arthur, tragédie en dnq actes et en 
vers; Paris, 1821, in-8®; — Sapho, ou le saut 
de Leucade, tragédie en trois actes et en vers; 
Paris, 1821, in-8°; — Théodebert, ou la ré- 
gence de Brunehaut, tragédie en cinq actes et 
en vers; Paris, 1821, in-8°; — Hélène, tragé- 
die lyrique, trois actes; Paris, 1821, in- 8°; - 
Le Mauvais Joueur, comédie en trois actes et 
en vers; Paris, 1822, in-8®; — Voyage en Es- 
pagne en 1798; Paris, 1822, in-8*'. L'autenr 
prétend que son manuscrit lui avait été volé par 
les cosaques, lors du pillage de sa maison de 
Pantin, et qu'il lui fut renvoyé de Suisse en 1822 
par un honnête inconnu ; quoi qu'il en soit, c'est 
un ouvrage de drconstance, qui n'offre aucun 
intérêt; — La Guerre d'Espagne, poème ; Pa- 
ris, 1823, in-8°; — Loi sur la réduction des 
rentes, croquis d'un projet de rapport à faire 
à la chambre des pahrs, au nom de la commis- 
sion diargée de l'examen de la loi de réduction 



1S7 



FONVIELLE — FOOTE 



138 



des rentes; Paris, 1824» in-S**; — Mes Mémoires 
historiques sur la Révolution; Paris, 1824, 
4 Yol. in -8° : c'est l'autobiographie de Tanteiir, 
qui , s'il faut l'en croire, a pris une yaste part 
dans tous les grands éyénements de l'époque; — 
Les trois Fonvielle ramenés à leur honorable 
et invariable unité , ou justification éclatante 
du chevalier de Fonvielle, affermi pour jamais 
dans ses incontestables droits aux bontés du 
roi y à rintérêt des ministres de S. Jf., à Ves- 
Urne des honnêtes gens, etc.; Paris, 1825, 
in-8^. Dans cet écrit, l'auteur affirme « avoir dé- 
pensé huit cent mille francs , exposé mille fois 
sa vie , et consacré pendant trente-cinq ans toutes 
ses facultés à faire triompher la cause des Bour- 
bons. » Cependant, cette requête provoqua du duc 
de Doudêauville la réponse suivante : « D'a- 
près des renseignements très-positifs, il a été 
reconnu que vos réclamations ne peuvent être 
accueillies, etc.. (16 mai 1825) »; — Note 
entièrement confidentielle, dictée par la con- 
fiance la plus absolue dans le bon esprit, 
V équité et la biefif aisance de M, de Doudêau- 
ville, et destinée, sHl y a lieu, contre toute es- 
pérance, à servir comme document histori- 
que au règne de S. M, Charles X, à justifier, 
quand le temps sera venu, M. le chevalier 
de Fonvielle des injustes et outrageants dé- 
dains dont sa fidélité immaculée continuerait 
de se voir abi'euvée; Paris, 1825, in-8** ; — 
Très-humble Pétition à messieurs les très- 
honorables membres de la Chambre des Dé- 
putés; Paris^ 1828, in-8®; — Luc\/er, où la 
contre-révolution, extrait des Mémoires et du 
portefeuille de V Académie des Ignorants; 
Paris, 1828, in-8*'. Fonvielle a été le rédacteur 
du Parachute monarchique, ou Mémoires de 
V Académie des Ignorants depuis 1823 jusqu'à 
1828. Les premiers cahiers parurent sous le titre 
de V Accusateur public, et eurent, selon l'au- 
teur, l'approbation personnelle de Louis XYIII. — 
Ses Œuvres dramatiques complètes ont été pu- 
bliées séparément, sauf les pièces d'il/t et de Col- 
lot d'Herbois; mais il y a ajouté : V Agioteur, 
comédie en cinq actes et en vers; — Les Réfu- 
giés provençaux, comédie historique mêlée d'a- 
riettes; — Agar au désert, tragédie lyrique en 
trois actes. 

M°^ DE Fonvielle, épouseldu précédent, a pu- 
blié: Dernier cri d'une famille royalisteruinée 
par la restauration; Paris, 1 825, in-8'*. A. Jadin. 

FooTieUe. ses Mémoires. — Biographie des Contem- 
porains. — DoctanetOs particuliers, 

FOOTB (Samuel), auteur comique et artiste 
dramatique anglais, né vers 1721 , à Truro (pres- 
qu'île de Comouailles ), mort à Douvres, le 20 oc- 
tobre 1777. Il fut élevé au collège de Worcester 
à Oxford. Il se destinait au barreau, et fréquenta 
d'abord à cet effet le Temple; mais , après avoir 
mené une vie très-dissipée, qui entraîna la perte 
de sa modique fortune, il tourna ses vues vers le 
théâtre, comme la seule ressource qui lui restât 



n parut pour la première fois dans Othello ; mais 
ayant obtenu peu de succès dans les rôles tra- 
giques, il se fraya dès lors une route qui n'avait 
pas encore été parcourue, dans sa double qualité 
d'auteur et d'acteur. En 1747 il inaugura le petit 
théâtre de Haymarket par une pièce dramatique 
qu'il intitula Diversions of the moming ; elle 
n'avait guère d'autre mérite que l'imitation fidèle, 
et souvent fort plaisante, de quelques caractères 
bien connus, en scènes détachées écrites par 
Foote, qui toujours y figurait en première ligne. 
Cette pièce réussit à tel point que, pour éluder 
l'acte <|pu limite le nombre des tiiéâtres, il la 
reproduisit sous le titre de : M, Foote giving 
tea to his friends ( M. Foote donnant un thé à 
ses amis); — An Auction of Ptctures (La Vente 
de Tableaux ) , au moyen d'un procédé sembla- 
ble, dïtint le même succès. Alors, ayant décou- 
vert son côté fort, il composa différentes farces 
en denx actes, qui furent jouées depuis 1751 
jusqu'en 1757 sous ces titres : Taste; The En- 
glishman in Paris; The Knights; The En- 
glishman retumed from Paris ; The Author. 
Depuis 1752 jusqu'en 1761 , Foote continua à 
jouer chaque hiver à l'un des grands théâtres 
de Londres , en général pour un nombre déter- 
miné de représentations, et d'ordinaire pour y 
produire quelques pièces de sa composition. Le 
mauvais état de ses affaires le contraignit, en 
1760 , à faire représenter son Minor à Hay- 
market par une troupe telle qu'il avait pu la 
réunir à la hâte. Ensuite il prit le parti de tenir 
constamment ouvert le théâtre de Haymarket 
en été, où tous les autres étaient fermés, et 
depuis 11762 jusqu'à la saison qui précéda sa 
mort il joua régulièrement à ce théâtre. En 1763 
il fit représenter son Mayor of Qarrett (Maire 
de Garrat), qui fut suivi d'une autre pièce : 
The Patron and the Commissary, remplie 
de plaisanteries sur le public et sur desl parti- 
culiers. En 1766 il fit une chute de cheval , et 
se fractura une jambe : il fallut recourir à 4'am- 
putation. Toutefois, il ne tarda pas à rétablir sa 
santé et à recouvrer sa vigueur; alors cet ac- 
cident lui suggéra l'idée d'un personnage qu'il 
devait remplir lui-même. Le même accident 
contribua encore à sa fortune, en ce qu'il déter- 
mina le duc d'York à lui procurer une patente à 
vie pour le théâtre de Haymarket. En 1775, la 
duchesse de Kingston s*étant rendue l'objet des 
conversations publiques, Foote pensa qu'elle lui 
fournirait un sujet heureux pour le théâtre, et 
la représenta, sous le nom de Lady Kitty Cro- 
codile, dans une nouvelle pièce de sa façon in- 
titiilée : A Trip to Calais. Ayant eu soin que 
l'hostilité de son projet parvint à la connaissance 
de la dame, une négociation fut entamée dans le 
but d'en prévenir la réalisation, moyennant un 
sacrifice pécuniaire. Mais il demanda une si forte 
somme que la duchesse recourut à son influence 
sur le lord chambellan , et l'exerça avec un tel 
succès que Foote fut obligé de supprimer le rôle 



13U FOOTE — 

de son draine. 11 fut, aussitôt après , poursuivi 
par une accusation d'une nature infamante, por« 
tée par un domestique que Foote avait renvoyé, 
et qui avait été, selon quelques rapports, excité 
par la vengeance d'une femme. Quoiqu'il fiU ac- 
quitté par les suffrages unanimes des juges, ce 
procès l'affecta au point que sa santé déclina, et 
quelques mois après il fut utteint , sur le théâ- 
tre, d'une attaque de paralysie qui Tobligca de 
se retirer et de passer l'été à Brigliton ; de là il 
se^rendit à Douvres, où il mourut. 

On peut se faire une idée du caractère de 
Foote d'après la simple esquisse qui précède, il 
était totalement dépourvu de délicatesse et de 
sensibilité; mais sa gaieté était irrésistible, ce qui 
le fit constamment admettre comme un agréable 
convive à la table des grands et des personnes 
d'humeur enjouée. Inépuisable en bons mots, il 
en faisait sur le thé^re comme en société, et son 
esprit caustique n'épargnait personne. Court et 
trapu, il avait la figure d'un gros réjoui ; ses yeux 
étaient d'une vivacité extrême, et, malgré sa 
jambe de bois, il était d'une étonnante mobilité. 
Comme auteur dramatique, il possédait au su-r 
prême degré la vis comica ( verve comique), et 
il y a une force et un naturel dans certaines de 
ses esquisses de personnages qui ne seraient pas 
indignes môme de Molière. A l'extîcption du 
Maire de Qarrat , aucune de ses pièces , qui 
sont au nombre de vingt, n'est plus aujourd'hui 
représentée. Ses œuvres ont été publiées en 
4 vol. in-8<>; Londres, t778; et en deux vol., 
Londres, 1797. CooHe a publié les Mémoires o} 
Samuel Foote ^ Londres, 1805, ouvrage rempli 
d'anecdotes piquantes et comiques. [£nç. des 
G. du M.] 

Qaker, Eiog. dr. — npswell, fifç Q/ ^olfnson, — 
Chalnaers, Gen. biog. Dict. — Hevxie brit., mal 1856. 

FOOTE (Jlfane), Toy, Uarrington et Stan- 
Hope (Charles), 

*¥OV^A (Vincefizo)y le jeune, ^mire , né à 
Brescia, vers 1420, mort en 149*2. Par sa nais- 
sance, ce maître appartient à Técole véni- 
tienne; mais on doit plutôt le classer parmi les 
peintres milanais, car il fonda pendant son sé- 
jour à Milan , sous les règnes de Philippe Yis- 
conti et de François Sforce, une école florissante 
de peinture, qui précéda celle de Léonard de 
Vinci. Yasari dit, dans la vie du Scarpaccia, que 
vers le milieu du quinzième siècle on considé- 
rait Yincenïo comme un très-bon peintre ; il écrit 
aussi, dans la vie de Michelozzo et de Filarete, 
que quelques-unes des constructions élevées 
par ces architectes sous François Sforce, c'est- 
à-dire de 1450 h 1466, sont ornées de peintures 
de Yincenzo Foppa de Lombardie, un des plus ha- 
biles maîtres qu'on eût pu trouver. A Bergame, à 
l'école Carrara, un petit tableau du Christ entre 
les deux larrons porte ces mots : Vincentius 
Mrixiensis fecit anno MCCCCiyi, mens. 
April. Il n'est donc pas permis d'admettre avec 
Lomazzo que cet artiste ait pu être Milanais il 



n'est pas supposable non plus que le peintre 
qui, suivant Rossi et jiidoUi, vivait en IW 
soit le même qui était dans toute la force de 
son talent en 1456, le même surtout que colui 
qui fut enterré en 1492, dans le premier cloiU'ç 
de San-Barnaba de Brescia, où l'on voit cii< 
core l'épitaphe Excellentis ac eximil pictorn 
Vincentii de foppis Ci. Br. Force est doue 
d'admettre l'existence de deux artistes du mèuie 
nom» tout en avouant que nous n'avoua sur 
eux que des données fort incertaines. 

On trouve dans les ouvrages du Foppa beau- 
coup de soin, un bop dessin, des raccourcis Sci- 
vauis, un coloris vrai quoique un peu sec, ihs 
têtes et des costumes variés, mais peu de mou- 
vement et des expressions parfois insignifiautes 
et communes. Foppa excella dans la perspec- 
tive, mais il n'en fut pas l'inventeur, comme 
l'a prétendu Lomazzo; il ne lit qu'appliquer et 
peut-être perfectionner un art dont les prenùors 
principes étaient dus à pietro délia Francesca. 

Au musée de Milan est une fresque de lop[)a 
apportée de l'église Santa-Maria di Brera; 
le style en est ancien et manque de noblesse-, 
elle représente Saint Sébastien et trois archers. 
Les ouvrages de ce maître sont nombreux à 
Brescia; on y voit au palais de la Loggia un ta- 
bleaudu Rédempteur portant la croix, et Saint 
Faustin et Saint Jovite peints sur mur; —à 
San-Barnaba, une Cène dans la sacristie; ^ 
A San-Pietro-in-Oliveto, un Christ marchant 
au supplice, l'un de ses meilleurs tableaux, et 
quelques fresques dans un corridor du sémi- 
naire attenant à cette église. Rossi dit que Foppa 
écrivit un ouvrage sur la peinture ; mais cet ou- 
vrage paraît être perdu. E. B — n. 

Vasart, FiU. — Baldinnccl, Notizie, giunta di G. Pia- 
cenza. — Rossi, Memorie délie Belle Arti. — Ridoffl , 
Vite de' Pittori f^eneti. — Lomazzo, Idea del Tetnpio 
délia Pittura. — Zamboni, Memorie intorno aile pub- 
bliche Fjbbriche più imigni délia cittd di Brescia. - 
Fed. Odorici, Guida di Brescia. — Pirovano, Guida 
di Milano. — Catalogo del Museo di Brera — Lanzi, 
Storia délia Pittura, — OrlaQdi, JbbeeedariQ. — Ti- 
cozzl, Diiionario. 

I^OPPENS {Jean-François), historien et bi- 
bliographe belge, né à Bruxelles, le 17 novem- 
bre 1689, mort à Matines, le 16 juillet 1761. Il 
était petit-fUs, fils et frère d'imprimeurs à 
Bruxelles. Il commença chez les jésuites de celte 
ville ses études, qu'il termina à Louvain , au 
collège du Lys» où il donna, en 1713, des leçons 
de philosophie, qui attirèrent un grand nombre 
d'auditeurs. Ayant enibrassé Tétat ecclésiastique, 
il fut nommé chanoine de l'église collégiale de 
Sftint-Martin à Alost. Devenu chanoine de la ca- 
thédrale de Bruges en 1721, il fut en même 
temps professeur de théologie au séminaire de 
cette ville. Ln 1729, il obtint un canonicat de 
l'église métropolitaine', de Malines, en 1732 il fut 
créé archi prêtre , en 1737 pénitencier, et enfin 
en 1740 archidiacre et censeur des livres. La 
douceur de son caractère et son savoir lui avaient 
obtequ l'amitié du cardinal d'Alsace, archevêque 



Ml FOPPENS 

le WaKpf s, qui cpltjyaï( les lettres et avait fqxmé 
ine T)on)l)reuî|elîiî))iQihèc[ue, à laquelle Foppen» 
ivajt spuyeut repoprs. On lui dpit urj graad nom- 
bre fV écrits, rpl^tif^ èiriHstoire de son pajs, et do»t 
les prmcipux ppt ppur titres ; Wstpria EpiscQ* 
oatiis 4ntV€rpieni\s f çontmns epi^ççporum 
^rriem q( cdpUulorum i abbatiarum et mor 
na^teriQrumfmdaUQnes, etc, } Bruxelles, 1 7 1 7, 
10-4" ; — tiistoria Episcopatus $ylvseducem\s^ 
continens epi^coporum et vicariorupi qene- 

raiiummnm §( cmMorum, altMiaruW' 

et monasteriorum fundationes , etc.; Bruxfil'- 
les , n?l, nii4° r ««t o^vrftge ^ été tr«4mt en 
OamiMul; "- Comp^ndium chronQlQgicum 
episçQpQr^ti^ Bmgmmm, nfiçnon pr^pmt(h 
rwM», decanorum et çanonicorwah^ e(c,, ec^ 
cleiHP oi^MralU F- ponatiani Brugensis^ 
Bnigeç, t731, ip-H'^ {w ftpciété ayeç Arents); 
— BihifQtà^a Beigica, sive virorum in Bep 
gio vUa $criptisque iUmirium cataU>gu$ 
(iùrorumçue nomenelaiura, continent sçrip- 
tor$$ a clariss, virU Valeriç Andréa, Àt^fi. 
Mirwcij Franc. sm^rtUt almqw rwensUof 
usquBQd annm» leW; Bruxelles, i739, 2 vol. 
m'4'', fig. ( dédié au cardinal d'AlsiuM»). {«'auteur 
A fait da nombreuses soppressiops da»» H» ou- 
vrages d« sês dovAAciersi on peut donc consul- 
ter encore ay^c fruit les éditions origUial^s de 
Yalèrfi André, Aubert 1^6 Mire, Sanderu» ^t 
Bweert. Ermeps a calculé qu^ Fojppens ^ donné 
des notices sur 1954 écrivains omis par Paquot 
dans ses Mémoira^, et que ce dernier parle d^ 
1438 écrJYdins dont Foppens ne fait pas mention. 
Enfm , Prosper Marchand, daps son Dicftow 
nuire historique (pag. toi k 109, note C) a 
réparé qu signalé de nombreuses omissions dans 
la Bibliotàeça Belgiça» F(4)pens a publié 
comme éditeur ; J^asilica Bru^eil^nsis, 9ive 
îHonummtQ antiqm , inscriptione^ et çem- 
taphia imigni^ ecclesiâs collegiatœ SS, Mi- 
çh3Pli$ et Qupiilx , editio auctior et emenda- 
tior; M^liues, 1743, 3 parties en 1 yoU in-8«* 
— Auberti j^irxi Opéra diplomatka çt his- 
tmcQy editiQ^^eundQt aucfior et corr^çtior ; 
Couvain et Bruxelles, t723-1748, 4 vol. in-fol. 
Fopp^ns a laissé un grand pombre d'ouvrages 
manuscrits, parmi lesquels nous citerons ; Bel- 
gica chrintianat in gua (mnium Belgit epk- 
CQporuin vit» q4 haee mqm tev^ora , accw 
rate de^mlmntury earumque ^figie^ et insi- 
9m 9ê»(iUti^ ^hiltmt'f^r; jmctas mnt de- 
Uneationes prascipuarum Belgii ecclesiarupi 
et urbvumf tabu^ap guogue geographicœ sin- 
gularum J^elgii diçpce^ium : ce curieuic livre 
se trouve ^ la bibliothèque de Tarchevêché de 
Malines; — ^ibliotfy^gue historique des pay^- 
Bas, contenant le catalogue de presque tous 
les ouvrages, tant imprimé^ que pianus- 
critSy qui traitent de Vhistoire, principale- 
ment des dioÇ'hept provinces, avec des no- 
tes ; in-foL ; — $upplementum BibUothecse 
Belgica^ ^.-F. Foppens, 5 vol,, in-^'", — ffis- 



r FORBES 142 

toire eccl^siastigw dei Pays-Bas , par 
J.-F, Foppenst scfTant de second volume à la 
même histoire par Q. Ga^t; 2 tomes en 1 vol. 
in-fol. ; — Chronique abrégée de la ville de 
liruxelles^ de 647 4 1760, in-fol.; — Epita- 
phia Brugensia gu^ exsfant in diversis eccle^ 
Sii9f nec non Ostendana, J)ixmudana, et 
in ecclesia parochiali de Poucques collegit 
J.-F, Foppem f — Dissertatio de bibliomania 
belgica hodierna , qu3s speciaHter de libris 
agitur quos, anno 1755, placuit phœnices 
Ubronm appellare; in-S" j — Doctores Théo- 
logiw QC Prof essores qui supremum h^nc ti- 
tuium adepti sunt J/)vanii , in-fol. ; — ms- 
toria et séries doçtorum Academiss Duacensis, 
db anno 1562 ad annum 1750, auctore 
J.-F. Foppens, lia plupart des manuscrits de 
Foppens sont conservés à la Bibliothèque royale 
de Bruxelles; beaucoup d'entre eux ont fait 
partie de la bibliothèque de Van Hulthem. 

FOPPRiifS ( f'rançois et Pierre ), frères do 
précédent, ont donné une nouvelle édition des 
Hélices des -Pay^-^as ; Bruxelles, 1743, 4 vol. 
in-lî, Quvrage corrigé et augmenté dans six 
réimpressiops successives, publié pour la pre- 
mière fois k Bruxelles, 1697, in^l2, et dont Reif- 
fenb^g ^ donné Tbistoire littéraire dans son Es- 
sai stét la statistique ^ncienne de la Belgique. 

E. Regmàrb. 

^^nnifciire 4(5 I0 Mitll. roy, dç Belgique^ 1. 1 et 11, — 
De Rçiffenberç, JVoficc <«r i'-f- Foppens, dans le t. VI, 
n<»» 3 et 4, des Bulletins de VÂcad. de Bruxelles. — Le 
Biàliophile B0h«4 t. V, p. U. - Ç<4»logue 4f9 manus- 
çr\t9 4« 'a Biàl. dei 4uçi 4e Bourgogne; Bruxelles, 
1848, 8 vol. In-fol. 

F0QIJBI4IV (Antoine), jurisconsulte et phi- 
lologue français, né dans le Vermandois, vivait 
au seizième siècle, Il enseigna d'abord la philo- 
sophie à Paris, et alla ensuite professer le droit 
à Orléans. On a de lui : une édition de Perse avec 
un exwnmentaire Wn; Paris, 1555, in-8*»; — 
Fr^lectionef Aurelian^; Paris, 1559, in-8*. 

3ai, Qiomctsticum literarium^ t. III, SS7. 

FPliff ïi$ ( Patrice ) , théologien et prélat écos- 
sais, né dans le comté d'Aberdeen, en 1564, mort 
en 1635, 11 était lord de Corse et baron d'O'Neil. Il 
fut élevé à Aberdeen, entra dans les ordres à l'âge 
de quarante-huit ans , et fut élevé sur le siège 
épiscopal d'Aberdeen , tout à fait contre sa vo- 
lonté , mais à la pressante sollicitation de Jac- 
ques ï®', ïl fut un grand bienfaiteur de Tuniver- 
sité d'Aberdeen, ef y fit revivre l'enseignement 
de la jurisprudence , de la physique et de la théo- 
logie. On a de lui ? Commentarius in Apoca- 
lypsiUf ïiondres, 1613, 10-4". 

Biographifi Britannica. 

FQaBKS iJemlf théologien anglais, fils du 
précédent, né à Aberdeen, en 1593, mort en 1648. 
Il fit avec beaucoup de succès ses études d'abord 
à l'université d'Aberdeen , ensuite à celle de Hei- 
delberg, où il siiiv it les cours de Paraeus , enfin 
dans les principales universités d'Allemagne. Il 
retourna k Aberdeen .en 1619, et fut nommé 



143 



FORBES 



144 



professeur de théologie et d'histoire ecclésiastique 
au Collège du Roi. Il prouva par ses ouvrages 
qu'il était parfaitement digne de remplir cette 
place. Il souscrivit aux articles du synode de 
Perth, et se montra très-fovorable à Tintroduo- 
tion de l'épiscopat en Ecosse. Il refusa en con- 
séquence de signer la ligue nationale du Govenant 
dirigée précisément contre cette mesure, et fut 
exclu de sa chaire en 1640. £n 1642 U passa en 
Hollande, et il y resta quelques années. De re- 
tour en Ecosse , il vécut retiré dans ses domaines 
de Corse. Son principal ouvrage est intitulé : 
Institutiones historico- theologicâs ; Amster- 
dam, 1645, in-fol. C'est un vaste recueil, où, en 
traitant de la doctrine chrétienne, Forbes si- 
gnale les différentes circonstances qui y ont suc- 
cessivement amené des changements, les diverses 
erreurs qui sont nées dans chaque siècle, les 
disputes et controverses qui y ont été agitées 
depuis les temps apostoliques jusqu'au dix-sep- 
tième siècle. Il a rassemblé avec grand soin les 
passages des anciens auteurs ecclésiastiques 
relatifs aux sujets qu'il traite. Il parle rarement 
en son nom , mais il fait preuve dans ses cita- 
tions de beaucoup de jugement et d'une immense 
érudition. Les Œuvres de J. Forbes ont été 
recueillies par Gutler, professeur de théologie à 
Deventer; Amsterdam, 1703, 2 vol. in-fol. 

Garden, F'ita Forbesii^ en tète de ses OEuvres. — 
Nlcéron, Mémoires pour servir à P histoire des hommes 
illiutres, toI. XLIl. — Chalmers, Gen. biog. Dictionary. 

FORBES ( Guillaume ) f prélat écossais, 
premier évèque d'Édimbouiig , de la famille 
des précédents, né vers 1585, à Aberdeen, 
mort à Edimbourg, le l'*" avril 1634. H fit ra- 
pidement ses études dans sa viUe natale, et à 
l'âge dé seize ans il se trouva en état de pro- 
fesser la logique au collège que Georges Marshal 
venait de fonder à Aberdeen. H voyagea ensuite 
en Allemagne, et s'arrêta particulièrement dans 
les universités d'Helmstœdjt , d'Heidelberg et de 
Leyde. En revenant dans sa patrie, il passa 
par Londres, où on lui offHt la chaire de profes- 
seur d'hébreu à l'université d'Oxford ; il refusa, 
à cause de la faiblesse de sa santé. De retour 
en Ecosse après une absence de dnq ans, il ne 
tarda pas à être nommé principal du collège de 
Marshal. Il quitta cette place pour celle de mi- 
nistre à Edimbourg. Mais son penchant pour 
l'épiscopat et sa modération lui aliénèrent les 
presbytériens ardents , et il quitta cette ville pour 
revenir à Aberdeen. En 1633, Charles I*^, ayant 
érigé Edimbourg en évéché, donna ce siège à For- 
bes ; mais celui-ci n'en jouit pas longtemps , car 
il mourut trois mois aprè» son installation. 
'i Guillaume Forbes, dit Nicéron, était très-bon 
dialecticien, et possédait très-bien les contro- 
verses , à quoi il avait d'abord eu lieu de s'ap- 
pliquer et de s'exercer en Fmsse, en Pologne 
et en Allemagne , où se trouvaient tant de par- 
tis divisés de Sentiments au sujet de la religion. 
Il s'était flatté de concilier tous les différents 



partis qui divisent la religion chrétienne ; mais, 
étant mort à quarante-neuf ans, il n'eut pas le 
temps d'avancer l'exécution d'un si grand pro- 
jet; il n'avait pas d'ailleurs assez de netteté ni 
dans les pensées ni dans le style. » Il laissa en 
manuscrit un ouvrage publié sous le titre de : 
Considerationes modestœ controversiarum; 
Londres, 1658, in-8®; Hehnstœdt, 1704; Franc- 
fort, 1717, in-8«. 

Bayle, Dictionnaire historique et critique, — Ntcércm, 
Mémoires pour servir à PMstoire des hommes illustres^ 
vol. XLII. 

FORBES (Duncan), jurisconsulte écossais, 
né à CuUoden, en 1685, mort en 1747. H étudia 
dans les universités d'Edimbourg , d'Utrecht, de 
Leyde et de Paris, et peu après son retour en 
Ecosse, en 1707, il exerça la profession d'avo- 
cat, n devint successivement solliciteur général 
pour l'Ecosse en 1717, député du comté d'In- 
vemess au parlement en 1722 , lord avocat en 
1725, et lord président de la cour de la session 
en 1737. Pendant la révolte de 1745, il s'opposa 
énergiquement au prétendant; la cour n'en re- 
fusa pas moins de le dédommager des sacrifices 
qu'il avait faits pour la cause royale. Il ressentit 
si vivement cette injustice qu'il en mourut de 
chagrin. Forbes était un érudit distingué, particn- 
lièrement versé dans l'hébreu. H avait lu, dit-oo, 
huit fois l'Ancien Testament dans l'original. On 
a de lui : Thougkts on religion , a letter to a 
hishop on ffutchinsoh's writings ; refiections 
on incredulity; 1750, 2 vol. in-12. Ces trois 
ouvrages ont été traduits en français par Hou- 
bigant, 1768, 1775, in-8<^. La correspondance 
de Forbes relative aux insurrections de 1713 et 
de 1745 a été publiée à Londres, 1815, in-4''. 
j, Rose, New gênerai biographicat Dietionarif. 

FORBES (Alexandre, lord de Pistugo), 
connu par son dévouement à la famille des 
Stuarts, né en Ecosse, vers la fin du dix-sep- 
tième siècle, mort en 1762. C'est, dit-on, le 
prototype du baron de Bradwardine dans le Wa- 
verley de Walter Scott. Il se déclara pour le 
prétendant, et commanda une troupe de cavalerie 
dans la révolte de 1745. Après la bataille de 
CuUoden, il s'enfuit en France , et fut privé de 
ses biens et de ses titres. Il revint en Ecosse en 
1749, ne put pas obtenir que la sentence portée 
contre lui fût cassée, et mourut obscurément 
à Auchinries, dans le comté d' Aberdeen. H avait 
publié, en 1734, des Moral and pHlosophical 
SssaySi | 

Rose, BiograpMcal Dictionary, 

FORBES ( Guillaume , baronnet de Pistligo ), 
biographe écossais, né en 1739, mort en 1807.' 
Héritier d'une grande fortune, il contribua beau- 
coup au développement de la prospérité corn* 
merciale de son pays. Il fonda avec sir James 
Hunter Blair une des premières maisons de ban- 
que établies à Edimbourg. Dans ses relations 
d'affaires Forbes était très-libéral , et ses occu- 
pations financières ne l'empêchèrent pas de cul- 



145 



FORBES — FORBIN 



146 



tiver les lettres. Il ftit un des premiers membres 
da célèbre dub littéraire où figuraient Johnson, 
Borke, Reynolds, Garrick, et d'autres noms il- 
lastres. Il consacra les loisirs de ses dernières 
années à écrire la yie de son intime ami Beattie. 
Cet ouvrage est intitulé : Memoirs 0/ the life 
andwritingsoJDr James Beattie; 1806, 2 vol. 
ln-4°. 

aUOds, jttkitnêmm. — Gorton, General biograpMctU 
Dictionargé 

* FORBBS (John ) , botaniste et voyageur an- 
glais, né en 1799, mort en Afrique, en 1824* H 
était élève de Shepherd , directeur du jardin de 
botanique de Liverpool, se fit recevoir doc- 
teur en médecine, et fut chargé par la Société 
Horticole de Londres de recueillir des plantes 
rares ou nonyelles sur les côtes de TAfrique 
orientale. A cet effet il partit en février 1822 à 
bord de Fescadre commandée par le capitaine 
William Owen, destinée à tenir une croisière 
contre la traite. Forbes avait déjà recueilli 
et eipédié plusieurs collections remarquables, 
lorsqu'il entreprit de remonter le fleuve Zambesi 
on Guama , grand cours d'eau de l'Afrique cen- 
trale, qui se jette dans le canal Mozambique par 
IS^delat. sud. L'intention de Forbes était de 
remonter le Zambesi jusqu'à l'établissement por- 
tugais de Zoumbo, situé sur une lie du fleuve, 
à trois cent^ lieues de son embouchure, ensuite, 
se dirigeant vers le sud, d'atteindre le cap de 
Bonne-Espérance; mais il succomba sous la fa- 
tigue et la chaleur avant d'être arrivé à la moitié 
de sa course. On a de lui : Observations on the 
dimateofPenzancey etc.; Londres, 1821, in-8". 
Cet ouvrage est écrit dans le but de prouver que 
Penzance et le comté de Comouaîlles ( Cornwsdl ) 
présentent tous les avantages que les poitrinaires 
TOBt chercher en Italie et dans le sud de la 
France. Le climat y est doux ; on y respire un 
air par, moins humide que dans les autres parties 
de l'Angleterre. A. de L. 

Biographia Britannica. — Bévue encyctopédique, 
t, Illi p. 57». 

^FORBiGiNi {EW)doro)y peintre de l'école 
vénitienne, né à Vérone, dans les premières an- 
nées du seizième siècle, vivait en 1568. H ex- 
cella dans les arabesques, et fut employé par les 
pins habiles artistes de son temps, surtout par 
Bernardino India et Fellce Brudasorci. 

E. B— n. 

Orlandl, Abbecedario. ^ Ticoixi , DizUmario. — Va< 
an, Fite. - Lanzl , Storia délia Pittura. — Benoas- 
n>ti, Guida di Ferona. 

FORBIN, famille ancienne de Provence, dont 
les principaux membres sont : 

FOEBiN (Palamède db), seigneur de Soues, 
président de la chambre des comptes, et premier 
ministre du roi René d'Anjou, mortàAix, en 1508. 
Il employa son crédit à soutenir les intérêts de 
Louis XI, qui avait eu soin de le gagner par des 
présents. Charles d'Anjou , successeur de René , 
s'abandonna entièrement à la domination de 
^orbin , et se laissa persuader par lui de nommer 



par son testament le roi de France son héritier 
universel. Après la mort du prince (1481) , le 
premier ministre prit possession de la Provence 
au nom de Louis XI, réduisit à l'obéissance les 
partisans de René n, duc de Lorraine, assembla 
les états, par lesquels il fit reconnaître la validité 
du testament de Cliarles et l'autorité du roi, et ac- 
complit enfin la réunion de cette belle province à 
la France, dont elle était séparée depuis les temps 
des premiers Garlovingiens. Louis donna au sei- 
gneur de Forbin un pouvoir presque absolu sur 
ce nouveau domaine, en lui disant : « Tu m'as fait 
K comte {de Provence) y je te fais roi ; » paroles 
dont la maison de Forbin a fait sa devise. 

Un de ses descendants , Gaspard de Forbin , 
seigneur de Solies et de Saint-Gannat , député 
par la noblesse de Provence à l'assemblée des 
notables de Rouen, a laissé des mémoires, restés 
manuscrits, et intitulés : Mémoire sur les 
troubles de Provence de 1578 à 1688, ^1-4°; 
— Mémoire pour servir à V histoire de Pro- 
vence..,, depuis le mois de mai iSSS jusqu'au 
16 novembre 1597; ouvrage qui a beaucoup 
servi à César Nostradamus pour la rédaction de 
son Histoire de Provence. 

César Nostradamus, Histoire de Provence. — Boocbe, 
Histoire de la Provence, — Histoire des àommes il' 
lustres de la Provence. -^ Le Bas, Diet. encycl, de la 
France. 

FORBIN ( Claudem)^ célèbre marin français, 
né le 6 août 1656, au village de Gardanne, près 
d'Aix (Provence), mort à Marseille, le 4 mars 
1733. Les premières années de sa vie furent 
marquées par une violence de caractère qui ef- 
fraya ses parents, mais qui n'était chez lui que 
l'indice de la bravoure qu'il devait montrer plus 
tard. Quelques actes de sévérité, quoique exer- 
cés avec justice, aigrirent le jeune homme à un 
tel point qu'il s'enfuit un jour de la maison pa- 
ternelle, n se réfugia chez le commandeur de 
Forbin, son onde , qui le reçut comme cadet à 
bord de la galère qu'il commandait, et il entra 
dans la marine sous le nom de chevalier de 
Forbin. Doué d'un esprit fin et naturellement 
porté à l'ironie , d'une figure charmante , d'une 
taille haute et d'une force physique extraordi- 
naire, il abusa souvent de ces avantages , et des 
duels fréquents en résultèrent. Forbin déplore 
lui-même, dans les Mémoires qu'il a laissés sur 
sa vie , ces désordres de sa jeunesse , et il en at- 
tribue la cause à l'oisiveté dans laquelle vivaient 
alors les jeunes gardes de la marine. 

Il fit sa première campagne en 1675 sur l'une 
des galères de l'armée navale aux ordres du 
maréchal de Vivonne, et il assista au combat de 
Messine, ainsi qu'au siège d'Agousta. Lors du 
retour de cette armée à Toulon , la compagnie 
des gardes de l'étendard , dont Forbin faisait 
partie , ayant été réformée, il entra dans la com- 
pagnie des mousquetaires que commandait le 
bailli de Forbin, son oncle, lieutenant général. 
En 1676, il prit parti avec ce corps aux sièges de 
Boucham» d'Aire et de Condé, que dirigeait 



147 FORBIN 

Louis xrv en personne. Toutefois, entraîné par 
un goût invincible pour le service de mer, il y 
rentra l'année suivante, avec le grade d'en- 
seigne de vaisseau. Après avoif été employé pen- 
dant deux ans à Brest à exercer les troupes de 
la marine, il passa à Rochefort, où il fut embar- 
qué sur l'un des vaisseaux de l'armée commandée 
par le comte d'Estrées (voy.ce nom) ,avec lacpielle 
il fit la campagne d'Amérique et de la Nouvelle- 
Espagne. Il prit part ensuite aux deux bombar- 
dements successifs qu'essuya Alger pendant le 
cours de l'année 1683 (voy* Duqdesne). Les 
preuves multipliées de courage et d'intrépidité 
qu'il donna dans ces campagnes lui méritèrent le 
grade de lieutenant de vaisseau. En 1685 le che- 
valier de Forbin fut nommé major de l'ambas- 
sade envoyée auprès du roi de Siam . Les jé- 
suites avaient persuadé à Louis XTV que ce 
prince était dans l'intention de se convertir au 
christianisme si on lui en facilitait les moyens. 
Le chevalier de Cbaumont fut désigné comme 
ambassadeur, et l'abbé de Choisy lui fut adjoint, 
ainsi qu'un certain nombre de missionnaires. La 
navigation fut heureuse, et six mois après son 
départ de Brest l'ambassade débarquait à Siam. 
Elle y resta au moins trois mois. Le roi ne se 
fit point chrétien ; mais, au départ de Chau- 
mont , il fit proposer à Forbin de rester auprès 
de lui avec le titre d'amiral et de généralissime 
des troupes de l'empire. Forbin y consentit, 
quoique avec répugnance. Il fut assez bien 
traité tant que ses services furent nécessaires 
aux vues du négociant grec qui s'était élevé au 
rang de premier ministre ; mais les intrigues, la 
fourberie et enfin la haine de cet homme fail- 
lirent être funestes au chevalier, et ce ne fut 
qu'après avoir éprouvé pendant deux ans toutes 
sortes d'avanies qu'il parvint , à force de ré- 
solution et de présence d'esprit, à se tirer de 
cette position difficile. Forbin revit la France en 
1688. A son arrivée à Versailles , il apprit que , 
par suite de l'emploi qu'il avait accepté au- 
près du roi de Siam sans y avoir été autorisé, 
il avait été rayé des listes de la marine. Toute- 
fois, sa disgrâce ne fut pas de longue durée : 
Louis XIV voulut voir le chevalier de Forbin ; il 
l'interrogea sur les circonstances de son voyage, 
sur le royaume de Siam , et il fut si satisfait de 
ses réponses, qu'il ordonna au ministre de la 
marine, Seignelay, de le rétablir sur ses états et 
de lui faire payer ses appointements pour toute 
la durée de son absence. 

La révolution qui précipita Jacques II du trône 
d'Angleterre alluma, en 1689, une guerre qui of- 
frit au chevalier de Forbin plusieurs occasions 
de se signaler. Il alla prendre à Dunkerque le 
commandement d'une frégate de 16 canons, 
avec laquelle il fit une croisière dans la Manche. 
Rentré dans ce port, il en sortit quelques mois 
après avec Jean Bart ( voy. ce nom ), qui com- 
mandait une frégate de 24 canons, escortant un 



t48 
ensuite Tordre de se rendre ^u Havre , pour y 
prendre un autre convoi qui avait la même d^%- 
tination. Arrivéspar le travers de llle de Wijjlit, 
ils eurent connaissance de deux vaisseanx an- 
glais de 50 canons qui leur donnèrent la chasse. 
Après s'être concertés sur les moyens de sauver 
leur convoi, ils n'en virent pas d'autre que d'a- 
border ces deux vaisseaux et de tâeher de s'ea 
rendre maîtres. Le combat fnt long et sanglant; 
mais enfin, obligées de céder à la supériorité de 
l'ennemi, les frégates françaises ammèrentlear 
pavillon. Le chevalier de Forbin avait reçu sh 
blessures, et la moitié de soq équipage avai^ 
été mis hors de combat. Jean Bart avait éit 
blessé à la tête. Tous deux furent conduits à 
Plymouth. Entreprenants comme Ils l'étaient, 
leur captivité ne pouvait être de longue durée . 
aussi à peine la nouvelle de leur affaire était-elle 
parvenue à la cour que Forbi» y aprivait. te 
roinisti-e de la marine, en le voyant, ne put 
^'empêcher de lui témoigner squ étonnement. 
« Eh! d'où venez-YOUsdonc? lui 0it Seignelay. 
« — D'Angleterre. — Mais par où diable avez- 
« vous passé? — Par la fenêtre, monseigneur.* 
En effet, Jean Bart et lui s'étaient sauvés de leur 
prison en sciant les barreaux d'u^e des fenêtres 
et au moyen de leurs draps. 

Forbin brûlait du désir de prendre sa re* 
vanche sur les Angjiais , et il pria le roi de lai 
confier le commandement d'un vaisseau. Quel- 
ques jours après il fut nommé capitaine de 
vaisseau , et le roi lui accorda une gratification 
de 400 écus pour l'indemniser de ses pertes. 
lA)rsquele ministre informa Forbin de ces grâces, 
le généreux marin lui témoigna son étonnement 
de ce que Jean Bart n'eût pomt participé à ses 
récompenses, et demanda ^ Seignelay la [)er- 
mission de faire h ce sujet des représentatioQ> 
au roi. Le ministre , charmé de ces sentiments, 
lui procura une audience. Louis XIV se 
tourna vers le marquis de Louvois et M. de Sei- 
gnelay, qui étaient à ses côtés, et leur dit : n Le 
« chevalier de Forbin vient de faire une actioB 
« bien généreuse, et qui n'a guère d'exemple à 
«ma cour. » Jean Bart fut fait capitaine de Tai^i- 
seau, et reçut e» gratification la n)ôme somrof 
que Forbin, 
En 1690, Forbin commandait un vaissaaii 
- dans l'armée navale aux ordres dn eomte i^ 
Tourville , et il participa au combat qui eut lieu, 
le 30 juillet, à labanteur.de l'ile de Wight, 
contre l'armée combinée anglaise et hollandaise. 
Il se rendit ensuite à Dunkerque pour y prendre 
le commandement de La Perle, fr^ate de 
32 canons , qui faisait partie d'une division de 
six frégates commandée par Jean Bapt. Quoique 
bloqués par une forte escadre anglaise, ils par- 
vinrent à sortir du port , et ils allèrent établir 
une croisière dans les mers du Nord , où ils 
firent un grand nombre de prises sur les Anglais 
et les Hollandais. 



convoi destiné pour le port de Brest. Ils reçurent ! Au retour de cette campagne, Forbin se reo- 



U9 

dit à Versailles , et 4«an ^rt l'y mmi. La cour 
était un pays tout neuf pQpr ce dernier : Foibin 
se cliargea de l'y pri^senter. M comme les ma- 
nières brusques <ie Tillustre mario contrastaient 
avec les forines élégaates des courtisans, ceux-ci 
disaient souyent : u Allons voir le cb^TaUer d^ 
Forbin qui mène Tours ! u 

Au eombat de La Hogue (38 mai 1682), For-» 
bïQ oomniandait un das ¥ai8S<)aux de l'armée du 
comte de Tourfille ( voy , ce pont ); place au corps 
de bataille, il eut à soutenir le feu de plusieurs 
yaisseaux anglais, et il re^t une l^lessure très* 
grawe. Son vais&eau fut du nombre de ceux qui 
éciia|){)èrent au désastre de l'armée française. A 
la journée de f^agos ( %7 juin 1683), où le ma^ 
rocbal de TauFYÎUe prit sa reTanche sur les An-* 
glais, Forbin, qui eonlmandaitun des vai^eaux 
(le l'avant-garde, contribua puissamment à la 
déroute du eonvpi, en s'emp^rant de quatre bâ- 
timent», dont tri^s furent brûlés h la côte. £q 
1696, Forbin accompagna le comte d'Estrées au 
i-m ^t à la prise de Barcelone. £n 1700 il fut' 
marné cUeyailer de iaint''Loui8. 

Dans la guerre de la succession d'Espagne, on 
lui ctmHa le commandement d'une division de 
batiiaaats légers, ayec lesquels il fut chargé de 
croiier daps l'Adriatique pour intercepter iee 
secoure en v}?res que les villes situées sur le 
i^olie, et principalement Venise, pourraient (aire 
Pdi&«er à l'armée du prince Eugène ep Italie. La 
v(\mQ}\ éNt difiicilc et d 'autant plus dangereuse 
(IaQ« son exécution que la république étapt en 
paix avec la France, il fallait la ménager tou^ 
eq Teinpôcliapt de favoriser l'empereur. Fofbjn 
s'ea tira en homme habile ; il détruisit tous les 
i)àtiments de commerce autrichiens qu'il renr 
ooQtra dans le golfe, intercepta un grand nombre 
de navires vénitiens qu'il savait être chargiés 
|H)ur le compte de l'Autriche, et menaça même 
'le brûler et de détruire tous ceux qui ne se- 
raient pas munis de patentes spéciales indiquant 
leur destination. Ces mesures étaient si préju- 
diciables à l'empereur qu'il prdonna à son am- 
bassadeur à Venise d'armer, le plus secrètement 
l)os$ible, un bâtiment en état de combattre la 
division française et de la détruire , si cela se 
pouvait. L'ambassadeur, pour remplir sa mis- 
sioD, fîtchojx d'un vaisseau anglais de ôO ca- 
nons qui se trouvait dans le port, lequel devait 
être secondé par une frégate de 3^ , qui sorti- 
rait de Trieste. Forbin , instruit de cet armc- 
fneat, se dirige sur Venise et manœuvre de ma- 
nière à n'y arriver que la nuit. Parvenu à l'en- 
trée du port de Maiamocco , il quitte son bâti- 
meot avec cinquante hommes, qu'il embarque 
dans ses chaloupes , et se rend à l'endroit où 
était amarré le vaisseau objet de son expédi- 
tion; il y arrîTe, l'aborde, tue tout ce qui 
^iste, fait prisonnier le capitaine ainsi que 
quclques-un$ de ses qfi^ciers , et se retire après 
svoirmis le feu à ce bâtiment, qui, sautant au 
oûiieu du port avec un fracas épouvantable , y 



FQWIW 150 

causa les plus grands désastres. Ce trait d'au- 
dace intimida tellement les Vénitiens que leur 
alliance avec l'Angleterre et l'Autriche en fut 
troublée. Le bombardement de Trieste et l'in- 
cendie de Loucano, qui eurent lieu quelque temps 
après, rendirent Forbin si redoutable dans TA- 
driatiqne que le souhait ordinaire que se faisaient 
entre eux les capitaines allant à la mer, après 
s'être recommandés à saint Marc, était : Iddio 
ci guardi çiella bolina il) e del cavalière di 
Forbino, 

Au commencement de l'appée |706, le cheva- 
lier 4^ Fprbin reçut l'ordre de se rendre à la 
cour, où le ministre lui annonça que le roi lui 
confiait le commandement d'une escadre de huit 
lïâtiments , dont l'armement devait avoir lieu à 
Ounkerque, Forbin, qui avait eu l'occasion de 
reconnaîtra combien étajt vicieux le système 
adopté dans les bureaux du ministère, de donner 
an% commandants d'escadre des instructions qui 
leur prescrivaient de point en point la route 
quils avaient à tenir et les opérations qu'ils de- 
vaient exécuter, demanda au ministre de Pont- 
ehartrain qu'en lui indiquant seulement le but 
de sqn expédition i| lui laissât |e choix des 
Woy«n« propres k |e remplir. Le ministre con- 
sulte je roi, qui répondit : « Le chevalier de For- 
« hin a rai^n; il faut se fier h lui et le laisser 
« faire. » f Vous êtes bien heureux , lui dit le mi- 
nistro; il n*y ^ en France que M. de Turenne et 
vous qui iiyez en carte blanche. » Forbin justifia 
eomplétemenl la contiance du monarque ; car 
pendant les deux campagnes de 1706 et 1707 il 
désola le commerce des Anglais et des Hollan- 
dais ddUA les mers du Nord , poursuivit leurs 
vaisseaux jusque sur les côtes du Danemark et 
de la liussie, et prit, coula bas ou brûla plus de 
180 bêtiments. En récompense de ces services, le 
roi l'élevaau grade de chef d'escadre et lui con- 
féra le titre de comte. 

En 1708, Louis XrV, ayant résolu de faire 
une tentative sur l'Ecosse en faveur du préten- 
dant, qu'on appelait alors Jacques III, ordonna 
l'armement à Dunkerque d'une flotte destinée à 
y transporter 6,000 hommes, commandés par 
le comte de Gacé , depuis maréchal de Matignon. 
Forbin fut choisi pour diriger et commander 
cette expédition. Aussi habile politique que ma- 
rin iptrépide, l^orbin, qui avait calculé toutes 
les chances de la mission qui lui était confiée , 
osa représenter au roi les nombreuses difficultés 
qui s'opposaient au succès d'une descente en 
Ecosse ; mais Louis XÏV, esclave de la promesse 
qu'il avait faite au prétendant , voulut être obéi. 
Trente bâtiments légers escortés par cinq vais- 
seaux de guerre, et sur lesquels étaient embar- 
quées les troupes , sortirent du port de Dun- 
kerque au mois de mars 1708, et se dirigèrent 
sur les côtes d'Ecosse. Forbin se trouvait à en- 

(1) Bolina est une espèce do météore que le» niQrll» 
de l'Adrtattque regardent coBime Je yr^s^ge d'une teip- 
pête prQC)r«iqç. 



151 



FORBIN 



1S2 



Yiron trois lieaes de rentrée de la rivière d'E- 
dimbourg, lorsqu'on signala une armée anglaise 
forte de 38 vaisseaux. La flotte française prit 
chasse, et les manœuvres du comte de Forbin 
furent si habUes qu'il parvint à regagner 
Dunkerque, trois semaines après en être sorti, 
n'ayant perdu qu'un seul de ses vaisseaux 
tombé au pouvoir des Anglais. Lorsque Forbin 
reparut à la cour, à la suite de cette expédition, 
il y trouva les esprits aigris et animés contre lui ; 
et comme son caractère franc ne pouvait sup- 
porter les cabales, les sourdes menées, il se dé- 
cida à se retirer. Le vieux roi , mal conseillé, 
ne sut pas conserver à son service un homme 
qui était â cette époque l'un des plus fermes 
soutiens de sa gloire. Il consentit à la retraite 
de Forbin, qui passa le reste de sa vie dans une 
maison de campagne près de Marseille. [ Hennes- 
QuiN, dans VEncyc, des G. du M.] 

Reboulet et le P. Le Comte, Mémoires de Claude, comte 
de forWn (rédigés sur les notes de Forbin lal-mème) j 
Amsterdam, 1780, i voL In-li. - Rlcher, Fie de Forbin, 
PORBIN (Gaspard'Frmçcis-Anne de), ma- 
fliématicien français , de la même famille que le 
précédent, né à Aix (Provraice), le 8 juiUet 
1718, mort vers 1780. Il embrassa d'abord la 
carrière militaire, et devint chevalier de Malte, 
n se livra ensuite à l'étude des sciences mathé- 
matiques et physiques. 11 publia sous le voile de 
l'anonyme des ouvrages scientifiques plus remar- 
quables par les paradoxes que par le savoir; en 
voici les titres : Accord de la foi avec la raison 
dans la manière de présenter le système 
physique du monde et d'expliquer les diffé- 
rents mystères de la religion; Cologne et 
Paris, 1757,2 vol. in-12; — ExposUion géo- 
métrique des principales erreurs de Newton 
sur ia génération du cercle et de Véllipse; 
Paris, 1761, in-12; — Éléments des forces 
centrales; Paris, 1774, in-8®. 
Barbier. Examen, critique des Diction, Mitorigves. 
FORBIN (JLouiS'NicolaS'Philippe' Auguste y 
comte DE ) , peintre et archéologue français , né au 
château deLa Roque d'Antheron, sur les bords de 
la Durance (Bouches-du-Rhône), le 19 août 1777, 
mortàParis,le23févrierl841.Cadetderancienne 
famiUe de Forbin, il fut en naissant décoré de 
la croix de l'ordre de Malte. Le soin de son en- 
fance ftit, dit-on, confié à une paysanne. Avant 
d'apprendre à lire et à écrire , U essayait déjà de 
dessiner. Un pmtrede paysage, nommé Cons- 
tantin qui habitait la ville d'Aix, fut son pre- 
mier maître dans l'étude r^Uère du dessin. 
C'est dans son école que Forbin connut Granet, 
et dès lors se forma entre eux cette amitié qui 
devatt durer toute leur vie. La révolution fit 
partir sa famille pour Lyon. H s'y trouvait avec 
ses parents lors de l'msurrection de cette ville 
contre la Convention. Il combattit à côté de son 
gouverneur, qui y perdit un bras. Son extrême 
Jeunesse sauva Forbin; mais son père pént 
victime des vengeances révolutionnaires. La 



marquise de Forbin, sans ressources, se relira 
avec ses enfants, à Vienne en Dauphiné, €t y 
vécut dans l'obscurité. 

Le goût du jeime Auguste de Forbin pour le 
dessm se développa de plus en plus. Il avait 
reçu à Lyon des leçons de Boissieu : il se mit à 
reproduire les sites du Viennois, du Beaujolais 
et du Lyonnais dans des dessins au lavis à la 
manière de son maître, qu'il imitait parfaite- 
ment. Après deux années passées ainsi, ma- 
dame de Forbin put ramener ses enfants en 
Provence et y recueillir les débris de sa fortune. 
Le jeune Forbin avait retrouvé son ami Granet, 
et chaque jour ils faisaient ensemUe des excur- 
sions artistiques dans le pays. Cependant le Di- 
rectoire ayant succédé à la Convention, Auguste 
de Forbin vint à Paris. « La nature l'avait favo- 
risé de toutes les façons, disait en 1841 le vi- 
comte Siméon, son collègue à l'Académie. Une 
taille élevée, une tournure élégante et noble, de 
beaux yeux, des traits réguliers et qui rappe- 
laient les belles tètes du siècle de Louis XIV, en 
faisaient ce qu'on eût appelé dans l'ancienne 
cour un gentilhomme accompli. Le prestige d'un 
beau nom, qui, lorsqu'il se joint à des qualités 
plus solides, ne cesse pas d'exercer une in- 
fluence favorable à celui qui le porte , un esprit 
vif et enjoué , beaucoup d'imagination , une mé- 
moire bien meublée et le désir de {>laire , placè- 
rent bientôt M. de Forbin au nombre des jeunes 
gens les plus aimables et les plus recherchés. » 
A Paris, Forbin ne négligea pas la peinture. 
Ses succès dans le*monde ne lui firent pas ou- 
blier son art. Il avait puisé dans les leçons 
de Boissieu une grande admiration pour l'école 
hollandaise; il rechercha donc parmi les pein- 
tres alors vivants celui dont lamanière se rappro- 
chait le plus des maîtres de cette école; c^ 
artiste se nommait Demame. Forbin se fit rece- 
voir dans son atelier. Bientôt il appela Granet 
près de lui , prenant noblement sur ses plaisirs 
et même sur son nécessaire de quoi satisfaire son 
amitié. Granet vint à Paris, près de Forbin; 
mais le genre de Demame n'étant pas le sien, il 
n'alla d'abord étudier qu'au Louvre. Enfin, les 
deux jeunes artistes sollicitèrent et obtinrent la fa- 
veur, si recherchée, d'entrer dans l'atelier de Da- 
vid. S'ils n'y apprirent point la pemture his- 
torique , ils y puisèrent du moins le goût da 
grand et du beau. 

La conscription appela Forbin sous les dra- 
peaux. U entra dans un régiment de cavalerie en 
garnison à Paris. Bientôt ses amis songèrent aie 
marier. M"« de Dortan, riche et beUe héri- 
tière, vivait auprès de sa mère dans le château 
d'AudouT, en Bourgogne. On leur présenta For- 
bin, et le mariage se conclut en 1799. Néan- 
moins ia peinture ne cessait pas de l'occuper. 
Ses premiers ouvrages, qui avaient paru au 
Louvre en lf'796, en 1799 et en 1800, avaient été 
assez bien accueillis , et Gérard ne dédaigna pas 
de faire les figures d'un tableau que Forbin ex- 



153 



FORBIN 



154 



^sa en 1801. L'année suivante il obtint un 
x>ngé, et partit ayec son ami Granet pour Rome, 
ïù ce dernier se fixa. Le recueillement, les tra- 
raux solitaires n'étaient pas le fait du comte de 
Forbin. «i Quels dons heureux, a dit M. Pr. 
Barrière, n'eût pas reçus celui qui aurait 
réuni un grand talent aux mille qualités que 
recherchait en lui le monde; celui qui, même 
m sein- des plaisirs, des affaires, aurait pu 
ft*isoler assez pour rendre son dessin plus cor- 
rect, sa couleur plus yraie, son trait moins 
indécis , plus pur ? Doué de la plus rare apti- 
tude, M. de Forbin prit d'un art si difficile ce 
qui s'accordait avec des études légères, des oc- 
capations graves ou des amusements dont il se 
faisait une occupation. 11 fut plus ingénieux que 
vrai, plus adroit qu'habile, plus théfttral que 
touchant, plus varié que réfléchi. Mais, par un 
des bonheurs qu'il méritait , sa réputation d'ar- 
tiste gagnait à ses succès d'homme à la mode , 
et l'on savait gré au gentilhomme d'aimer avec 
on goût délicat et fin tous les arts. » 

Recherché par la plus haute société de Rome, 
le comte de Forbin fut reçu avec amitié par 
les membres de la famille Bonaparte qui habi- 
taient cette capitale. Par suite de ces relations 
il revint à Paris à l'époque du couronnement de 
l'empereur. Napoléon, voulant reconstituer une 
cour, cherchait à rallier auprès de lui tout ce 
qui restait de l'ancienne noblesse. Il formait des 
maisons à ses frères et à ses scsnrs. Le comte de 
Forbin fut créé en 1804 chambellan de la prin- 
cesse Bor^ièse, Pauline Bonaparte. Chateau- 
briand le montre vers ce temps à Genève « dans 
la béatitude; il promenait dans ses regards, 
dit-il, le bonheur intérieur qui l'inondait; il 
ne touchait pas terre. Porté par ses talents et 
ses félicités, il descendait de la montagne comme 
du ciel, veste de peintre en justaucorps, palette 
au pouce , pinceaux en carquois. Bonhomme 
néanmoins , quoique excessivement heureux... 
Le noble gentilhomme, peintre par le droit de la 
révolution, commençait cette génération d'ar- 
tistes qui s'arrangent eux-mème» en croquis, 
en grotesques, en caricatures. » 

La princesse Borghèse , à la fois la plus belle 
et Ja plus jolie femme de son temps, « avait, dit 
le vicomte Siméon, une cour où riaient le luxe, 
l'éi^ance et le plaisir. H ne manquait à M. de For- 
^ rien de ce qui devait l'y faire réussir. La prin- 
^% nefut pas, dit-on, la dernière à ledistinguer, 
et cette faveur excita des jalousies et des intrigues 
^ le décidèrent à demander de se rendre à 
l'année. » Il partit pour le Portugal comme of- 
ficier d'ordonnance du général Junot, s'y con- 
duisit avec distinction, et reçut la croix d'Hon- 
neur pour un fait d'armes. Ensuite il fit en Au- 
^he la campagne de 1809 , sous les ordres du 
nuréchal Bessières. Après la paix de Schœn- 
l>ninnil quitta le service militaire, et retourna en 
l^e. n parcourut plusieurs fois cette riche et 
NUque contrée» et visita aussi la Sicile. C'est 



de ce temps que date son Inès de Castro, ainsi 
qu'un tableau de La Prise de Grenade , qu'il fit 
pour la reine de Naples.Il a reproduit depuis ces 
deux sujets. A la même époque son roman de 
Barimore prouvait qu'il pouvait tenir avec le 
•même bonheur la plume, le pinceau ou l'épée. 

La restauration arriva. Le œmte de Forbin fut 
parfaitement accueilli par Louis XVIII. Denon 
ayant résigné ses fonctions de directeur des 
musées devenus royaux, après la perte de ces 
chefs-d'œuvre acquis par tant de victoires; le 
duc de Richelieu demanda cette place pour le 
comte de Forbin. La tâche était difficile. Com- 
ment remplir de tels vides? Par bonheur il y 
avait encore de belles choses dans l'ancien ca- 
binet du roi, et les magasins du Louvre 
étaient remplis de bonnes toiles, qu'on avait 
roulées pour faire place aux tableaux conquis. 
On y joignit la galerie de Rubens et celle de 
Lesuenr, qui se trouvaient au Luxembourg, 
ainsi que les Ports de France de Joseph Yemet 
et les plus beaux tableaux de l'école française 
qui avaient été rassemblés à Versailles. D'un 
autre côté, le musée des Petits-Augustins, qu'on 
détruisit pour rendre aux églises ce qui leur avait 
appartenu , fournit quelques beaux morceaux de 
sculpture de la renaissance. La galerie Borghèse 
fut achetée par l'État , et bientôt le musée du 
Louvre resplendit d'un nouvel éclat. 

Vers la même époque l'Institut était reconsti- 
tué. Une classe de membres libres était ajoutée 
à l'Académie des Beaux-Arts. Le 6 avril 18 16 
le comte de Forbin obtint une de ces places par 
ordonnance royale. Il avait aussi reçu du roi la 
permission d'entreprendre un voyage dans le Le- 
vant, où fl devait recueillir tout ce qui poun*ait 
enrichhr les musées. La firégate La Cléopdtre 
fax mise à sa disposition. H partit en 1817, ac- 
compagné de son cousin l'abbé de Forbin- Janson, 
devenu depuis évèque de Nancy, de l'architecte 
Huyot , de Prévost, célèbre par ses panoramas, 
et du jeune peintre Cochereau, qui succomba 
dans la traversée de Toulon à Athènes. Le 
comte de Forbin visita la Grèce, Constanti- 
nople, l'Archipel , la Syrie et l'Egypte. Il suivit 
à peu près la même route que Chateaubriand, et 
publia aussi la relation de son ^oyage; les vues 
qu'il avait dessinées, et qui ont été reproduites sur 
pierre, ont donné un certain prix, à cet ouvrage, 
qui n'était au dire de l'auteur que le livre de 
croquis d*un voyageur. 

Dans son voyage, qui dura jusqu'en 1818, le 
comte de Forbin avait fait l'acquisition de di- 
vers morceaux d'antiquité. Peu de temps iqirès, 
le Louvre s'enrichit de la Vénus de Milo, et, lut- 
tant contre l'esprit de parti , le directeur des 
musées fit acheter par Louis XVm les ta- 
bleaux de David : V Enlèvement des Sabines 
et Les Thermopyles devinrent l'ornement de 
la galerie de peinture. C'est également à lui que 
l'on doit l'acquisition du Naufrage de la Hé" 
duse de Géricault ( voy, ce nom ). Les sculptures 



166 

modernes depuis la renaissance furent réunies 
dans le musée dit d'Ângoulême ; les salles où le 
conseil d'État ayait autrefois siégé s^ouvrirent 
ornées de plafonds et de tableaux de nos meil- 
leurs maltres.Enfin, le musée Charles X, consacré 
aux antiquités étrusques et égyptiennes, s'acheva 
en 1827. En même temps une collection de plâtres, 
reproduction fidèle des morceaux les plus pré- 
cieux des musées étrangers , était réunie dans 
une galerie inférieure sous la colonnade. Cette 
coliedtion doit bientôt aller augmenter les tré- 
sors de TÉcole des Beaux-Arts. Le musée du 
Luxembourg fut aussi une Création du comte de 
Forbin. Ces galeries reçurent les prodnitit de 
Tart contemporain acquis pai* le gouvernement 
comme dignes de passer nn jour dans le mdsée 
du Louvre. 

A la fin de 1B28, le comte de Forbin éprouta 
une première atteinte de la maladie qui , après 
des alternatives de calme et de longues *x)\ïî- 
frances , devait le conduire âù tombeâd. Ses 
facultés intellectuelles baissèrent, et sa mémoire 
se perdit. Un voyage en Italie améliora son état ; 
mais le coup était porté. Il se confina alors dans 
une retraite studieuse; loin de qnittei* ses 
pinceaux, il ne semblait que plus tourmenté 
du besoin de produire. Sa touche devint lourde 
et incertaine; et, à défaut de nonveabl sujets, 
que sa tête ne lui fournissait plus qu'avec peine, 
il barbouillait, retouchait, gâtait des tableaux 
qu'il avait autrefois achevés. Le rot LotiiS-Phf- 
lippe, à son avènement au trône , Ini avait cofl- 
serve le titre de directeur général des musées 
royaux avec les avantages qui y étalent atta- 
chés; mais M. de Cailleux, qui lui était adjoint 
depuis plusieurs années, était véritablement 
chargé du travail» 

Cependant, la santé du comte de Forbin pa- 
raissait se rétablir, lorsque, après avoir passé 
toute une matinée à peindre^ une attaque de pa- 
ralysie le frappa, dans la soirée du i 2 février 1 841 . 
Ses deux filles, madame PinelH et madame de 
Marcellus, accoururent près de lui, et lui prodi- 
guèrent inutilement leurs soins. Il expira après 
onze jours de douleurs. 

Lieutenant-colohel de cavalerie , le eomtê de 
Forbin avait été promu ftux gradés d'officier et 
de commandeur de la Légion d'Honneur sous la 
Restauration , puis nommé gentilhomme hono- 
raire de la chambre duroi. En 1819, Louis XVIII 
lui donna le cordon de Saint-Michel. « Depuis 
longtemps , dit le vicomte Siméott, cet ordre ne 
se donnait qu'aux artistes et aux savants ; un 
homme de qualité ne l'eût pas accepté avant la 
révolution. On le fit observer à M. de Forbitt. 
Je suis avant tout, répondit-il, l'enlïmt de 
mes œuvres, et je m'honore d'une distîncCoA 
qui me place à côté de tant d'hommes de mé- 
rite. V 

Comme peintre, Forbin se fait surtout remar- 
quer par l'entente du coloris. Il disait (tue les 
peintres ont trop souvent peur de leur palette, 



FORBtN m 

et il donnait à Sa fcouleur tout l'éclat posst!)!p, 
cherchant les éfTels les plus brillants , les ton'; 
les plus riches, les contrastes les plus flrappants. 
L'harmonie qu'il parvenait à en tirer donne à ?« 
tableaux quelque chose d'original et de poétique. 
Dans toutes ses peintures, la lumière, Tivemm: 
accidentée, introduit une grande variété d'efffî>. 
Paysagiste habile , il à toncouru à la fondaticA 
d'un grand prix de paysage historique à l'École 
des Beaux-Arts. 

Parmi les tableaut composés et exposés par 
le comte de Forbin, nous citerons : Paysage ; - 
ïntérieur de chapelle (1800); — fntérim 
d'un ancien fnonltfnenf (figures de Gérani); 

— Intérieur d^un cloître ( 1801 );—ta Vism 
d^Ossian ; — Procession des pénitents noirs 
( 18oe) • —L* Éruption du Vésuve, ou la mort 
de Pline i — La ttetigion au tribunal de Vtn- 
quisitim (1817) ; — mes dé Castro couron- 
née aptts s» mort (1819); — Gonsalvede 
VbTdoUÉ s^eràparant de VAlhambra de Gre- 
nade; ^MoTt dû roi André de iTongrie;- 
tîfi Ambé fàûUrani dé ta peste au lazaret de 
Sûint-Jmn d*ÂèrÈ; — Un Maiirt de Tanger 
intem>gédnn^ un souterrain de ^inquisition; 

— cmversion d*itn corsaire albanais ( 1822); 

— Mines de Iti haitte Egypte; — Buines dt 
Pntmyrei — Une Chartreuse d'Italie ; — Pas- 
sage dé Sicile; — Ruines d*une chapelle; - 
intérieur d^un Cloitte ( 1 824 ) ; — Site de Pro- 
vence, près delà mer, au soleil levant; —SiU 
â^ Italie, près delà Riccia, après un orage; - 
Vue prise aux environs de Lyon; — Vue de 
Sérusaleni , près de ta vallée de Josaphat 
( 1826 , à la galerie Lebrun) ; — Scène du tri- 
bunal de Vinqttisition ; — VUe du Canipo- 
SaHto de Pise ; — Ije pape Innocent II pmtr- 
èuiHpâr des assassins} — Vue intérieure du 
ttoitre de Santa-Maria-mveila à Florence 
(1827 ); — Intérieur d'un ba%ar smtefrain 
au Cuire : un religieux achète la dépom'lle mor- 
telle d'une jeune esclave grecque qui s'est donrw' 
la mort ( 1833 ) ; — Épisbde de la peste de 
atarsHllè eûMHô : M. de Belzunce visite l'é- 
glise souterraine de Saint- Victor ; — Vue de 
Cdis&JHnîi , dcms Vile d/é Chypre; — Vue de 
Vancienne Via Appia, près dé Terracinc 
( 1834); — ChdpÉlte dans lé ColUéè, à Pome 
(les figures sont de Granet, 1835) ; — Ffe Âp- 
pia^ soleil levant après une nuit orageuse; - 
PéUniôn de corsaires, ausoleil Côuchant, dans 
une ile déserte dé V archipel grec; — Ruirte^ 
en Sicile, à Vaube du jour; — Vn Éàueil dans 
Vocéùfi Atlantique après une tempête; - 
Prièfe du ntatih à la Vierge dans une vallée 
des Abf^tzes (1839); — Oratorio dans In 
ruines d'un éoHsée à Pauta , près dé Spûla- 
tro, en Dalmatie, sur les bords de la mer 
Adriatique, effet de soleil levant; — Vue des 
environs de Messine; —Environs du lac Mn- 
jeur (1840). Le musée du Louvre possède du 
Comte de Forbin un Intérieur dnpér^tyk d'un 



157 



FORBm - FORBIN-JANSON 



iSH 



monastère , sw \e bord de la Méditerranée, 
près de Carrare; des moines donnent des se- 
cours à des naufragés, cadeau fait par rautetir 
au roi Charles X, en 1830, et la Chapelle dans 
le Cotisée de Rome, avec les figures de Granet, 
dont nous avons parlé plus haut , acheté pat 
Louis-Philippe 3,000 fr. 

Le comte de t^'orbin a publié i Chartes Sari- 
more, roman sentlmefttâl ; Paris. 1810, in-8*; 
r édition, Parla, 1817, ln-8** ; 4* édlt. , Paris, 1 823, 
2Tol. lh-12, fig. : les trois première* éditions 
sont anonymes ; — Voyage aarts lé Levant en 
1817 et 1818; Pâl4s, 1819, un vol. în-fol., orné 
de 80 planches llthographiécs pour la plupart : 
lire à 325 exehiplalres ; lë Ihênlc otivrage, Pa- 
ris, Impr. royale, 1819, In-S**, avec une planche; 
-Souvenirs de ta Sicïte; Paris, 1823, iii-8'*; 
avec une tig. ; — tin Mois â Venise , ou recueil 
de vues pUtôrêàques deâsltoées par M. le comte 
Porbîfl et M. Dejuînne , peintre d'histoire , avec 
texte; Paris, 1824-1825; in-fdl. Û. Quérard lui 
attribue eîl outre Sterne, ott te voyageur sen- 
Hmental, comédie (1800). Depuis la mort du 
comte de Forbitt. on â fait paraître : Charles 
Barimore, suivi des centres hiédlteà; Paris, 
1842, in-S" ; et le Portefeuille de Mi le comte 
de for ftin. Contenant 45 dessins, un portrait de 
M. de Forbin. et 60 pages de texte ^1-4" (1843). 
Ce texte est dû à M» de Marcellus , gendre de 
M. de Forbiii. L. LotvET. 

Notice historique sur M. le comte de Forbin, lue à 
Ucadémie œn àéaUùs-Arti le !7 mari 18W par M. le 
vieomte StméoD, M&niteur du 4 avril 1841. -^ Note sur 
la mort du comte de Forbio, par M. Benedict Bevoil, 
J. des Débat» du 14 mars 1841. — Nécrologie^ par M. F; 
Fayot, iiMfJ^Hiit*} du SI mars I84i. — Notice des ta- 
bleauz eiposéê doM iBg galeriia du ihusée impérial du 
imvrty par M. Fréd. VUlot, 3» partie, École française. 
■- Miel, daos ï'Ëncycl. des Cens du Monde. — M. Le Bas, 
DM. eiicgei. de la Pirdnce. — Babbc, BoisJoUn etSaintë- 
Preove, Biogr. untv, et port, des Contetnp. — Quérard, 
La France littéraire. — Louandre et Bourquelot, La Lit- 
térature française contemporaine. — Chateaubriand , 
Mémoltei &ûidf*e-'tofnbé, 4« volume. 

FOfttt<!« DE* ISSÂftts ( Char les- Joseph- 
Loui^-ffénri, marqttis bë) , général et homme 
politique français, né à Avignon, en 1770, mort 
à son ctiâleau des îssarts ( Gard ), en 1 851 . Quand 
la révolutiotl éclata, il appartenait depuis une 
année à la marine française. Il émigra aussitôt , 
prit du Service en Espagne , combattit contre la 
France en plvtsienfg occasions, et se distingua 
notamment an siège de toulon. Rentré dans son 
pays en 18o3, il vécut dans la retraite jusqu'en 
1814. le 31 mars de cette année, il f\it nn des 
premiers à criei* Vive le Ëoi l dans les rues de 
Paris, ce qui lui attira les mauvais traitements 
♦ie la multitude; Louis XVIÏI le nomma peu de 
temps après lieutenant des gardes du corps et 
ctievalier de Saînt-Lôuis. Au 20 mars 1816, il 
accompagna les princes aux frontières , chercha 
vainement à rejoindre le doc d'ArtgooIême dans 
le midi, et se rendit à Gand. Après la seconde res- 
tauration, il fut nommé ptésîdetitda collège élec- 
toral de rauclnse, ott il fut élu député à la 



chambre de 1815. Il s'y fit remarquer par son 
exaltation ultra-royaliste, au point que le pré- 
sident Laine dut le rappeler à Tordre. 11 ne fut 
pas réélu en 1816; mais il revint en 1820 à la 
chambre, où , siégeant à l'extrême droite, H ne 
cessa d'appuyer le ministère. Une lettre de lui , 
insérée dans La Quotidienne du 22 juin 1822, 
en réponse à une lettre de B. Constant insérée 
dans Le Courrier finançais et Le Constitu- 
tionnel, amena un duel entre les deux députés. 
B. Constant étant souffrant, les deux adversaires 
se placèi'ent sur des chaises à dix pas de distance, 
et échangèrent deux coups de pistolet à un signal 
donné , mais sans se toucher. Forbin des Issarts 
était alors colonel. Le 17 août 1822, il fut élevé au 
grade de maréchal de camp. L'année suivante, il 
fut nommé conseiller d'État et attaché au comité 
de la guerre. Il lit partie de la commission char- 
gée d'examiner la proposition tendant à exclure 
Manuel de la chambre. Réélu après cette session , 
il défendit encore avec ardeur les projets du mi- 
nistère. Ce dévouement loi valut les honneurs de 
la pairie dans la grande fournée du ô novembre 
1827. Après la révolution de Juillet, les nomina- 
tions de pairs faites par Charles X ayant été 
annulées, le général Forbin se retira dans son 
château des îssarts , d'où il vit encore tomber 
cette monarchie tempérée qui lu! atîdt enlevé 
son siège au Luxembourg. L. Lotrer. 

Rabbe, Boisjolin et Sainte-Preuve, Biogr. univ. etpori. 
des Contemp. — Encycl. d6s Gens du Mtmde, — J!H«- 
tioïKn. delà CtmvérsatiOTÏ» 

* FORBiM-jANSOM (Chafles-Âu^té-m- 
f te- Joseph, comte oe), missionnaire apostolique, 
et prélat français, né à Paris, le 3 novembre 1785, 
mort le 12 juillet 1844, près de Marseille* Il con- 
nut de bonne heure l'exil; son père, le marquis 
de Forbin-Janson, et sa mère, issue des princes 
de Galéan, dont le dévouement à la famille royale 
était notoire, émigrèrent en Allemagne dès l'année 
1790. Revenu en France à la suite du rétablisse- 
ment des autels, le jeune Forbin fut nommé audi- 
teur au conseil d'État en 1805. Mais cette carrière 
n'était point celle où le portaient ses inclinations 
religieuses. Quelques années apiès , il entra au 
séminaire de Saint-Sulpice , qui était alors placé 
sous l'habile direction de l'abbé Éméry. fin 1811 
il fut consacré prêtre par l'évêque de Gap et 
nommé immédiatement grand-vlcaife du dio- 
cèse de Chambéry; il remplit aussi, peu de 
temps il est vrai , les fonctions de supérieur du 
séminaire. Dévoré du besoin de raviver la toi 
dans des esprits plutôt égarés que pervers^ il 
s'occupa, de conceri avec M. de Rauzan ^ de l'é- 
tablissement des missions. C'était là sa véritable 
vocation. Il prêcha d'abord en France, pliis il se 
dirigea vers l'Orient. Revenu à Paris ^ il fit du 
tnont Valérien un autre Golgotha, reproduisant, 
dans les mêmes proportions et les mêmes ibrme», 
les stations diverses qu'il avait visitées ddUs lés 
lieux saints. Sacré, en 1824, évêque de Nancy 
et àt Tdul, avec lé titfe de priihat de Lorralâé, 



ISO 



FORBIN-JANSON — FORCADEL 



m 



M. de Janson ne reçut pas dans sa ville épiscopale 
un accueil très-enconfageant. H avait été mis- 
sionnaire , et à cette époque les semeurs de la 
parole évangélique étaient fort mal tus; on 
les croyait tous jésuites. Des mandements où il 
combattit le libéralisme lui aliénèrent en outre 
beaucoup d'esprits. Ses instructions épisoopales 
furent presque toutes reproduites dans les jour- 
naux de l'époque et attaquées par les feuilles 
libérales. Telle fut la passion politique du temps 
que plusieurs journaux ne craignirent pas de 
l'accuser d'avoir pillé la caisse de son séminaii'e, 
lui dont le désintéressement fut proclamé par 
ceux qui Tont connu , et que les pauvres trou- 
vèrent toujours disposé à soulager leurs misères. 
Dans les journées de la révolution de Juillet, des 
attroupements se formèrent autour de l'évèché, et 
on parla de pendre M. de Forbin-Janson. Ce pré- 
lat ne trouva de sécurité quedans la fuite. Voyant 
que tous ses efforts pour le bien de son diocèse 
seraient paralysés par Thostilité de ceux qui s'é- 
taient déchaînés contre lui, il se fit nommer un 
coadjuteur, et partit pour F Amérique.* Les succès 
qu'il obtint parmi les tribus nomades , et princi- 
palement dans le Canada, eurent quelque chose 
de prodigieux. Des peuplades entières le suivaient, 
dit-on, à travers les montagnes, à d'énormes dis- 
tances. Depuis longtemps il songeait à une grande 
œuvre de charité , et il en préparait la réalisation 
au moment où la mort le surprit. La coutume 
barbare des Chinois qui les fait immoler leurs 
enfants avait inspiré à M. de Forbin-Janson la 
généreuse pensée de racheter la vie de ces inno- 
centes créatures. Déjà d'augustes personnages, 
le roi et la reine des Belges, s'étaient associés 
à son projet , mais le temps lui manqua pour acp 
Gomplir ce nouveau bienfait. A. R. 

BioçrapMe du Clergé eùntmnporain. — VAwi de la 
Beligion. — L'abbé Ucordaire, ÉIoçb funèbre de mon- 
ieigneur Forbin-Janton. 

FORBisuER. Voy, Frobisher. 

FORBONNAIS. Voy, YÉRON. 

FORCADEL {Étienne)y<f!Sii latin forcatvlus, 

jurisconsulte français, né à Béziers, en 1534, 
mort en 1573. Il étudia ledrmt, obtint le grade 
de docteur, et devint en 1554 , à la suite d'un 
concours , professeur à l'université de Toulouse. 
On a souvent écrit que dans cette circonstance 
Forcadel l'avait emporté sur Cujas ) mais M. Poite* 
vint-Peitavi (Bulletin de la Société des Sciences, 
Lettres et Arts de Montpellier, no 74 ) a établi 
que Cujas avait quitté Toulouse avant la fin du 
concours , et que ce fut seulement après son dé- 
part que Forcadel fut jugé le plus habUe. Ses ou- 
vrages de jurisprudence ont été recueillis; Pa- 
ris, 1595 , gr. in-4''. Voici les titres , quelquefois 
bizarres , de ces écrits : Necyomantia , sive de 
occulta jurisprudentia dialogi; — Sphœra 
legalis; — Penus Juris civilis, sive de ali- 
mentis tractatus; ~ Aviarium Juris civilis; 
— Commentarius in titulum IHgestorum de 
justitia et Jure; — Traetaiio dilucida rei 



eriminaliSfin quatuor dàgesta partes ; - h 
feudorum jura nobilis Commentarvus. Il e& 
auteur de livres d'histoire, tels que : De Gd 
lorum Imperioet Philosophia lAhri VII; Pa 
ris, 1569, in-4''; Lyon, 1595, in-8°; — Mont- 
morency gaulois ; opuscule dédié à monsieui 
d*Anville, maresckal de France, visroy ei 
plusieurs provinces ; sur Vexcellence de soi 
origine y et autres gestes des François ; Lyon, 
Jean de Tournes, 1571,in-8% rare. Enfin, on^ 
de lui: Epigrammata; Lyon, 1554, in-8®;- 
Le Chant des Seraines (shrènes), avecplusieun 
compositions nouvelles ^ par Eé JP.; Lyon 
1548, in-8**; Paris, même année, in- 16. Un< 
nouvelle édition, sous le titre de Poésie d'Es- 
tienne Forcadel, a été donnée à Lyon, pai 
Jean de Tournes, 1551, petit in-S*". Après b 
mort de Forcadel, son fils fit paraître les Œuvrei 
poétiques de Bstienne Forcadel, dernière 
édition, revue, corrigée et augmentée par 
Vautheur; Paris, G. Chaudière, 1579, in-8^ 
volume rare (dédié à Charles de Boui'bon, fils 
de Louis de Bourbon, prince de Coudé), et doDt 
la bibliothèque de l'Arsenal possède un exem- 
plaire. Les divers ouvrages de Forcadel sont 
pour la plupart assez médiocres« 

B. Rggnard. 

Talsand, Viei de» plut célèbre» Jurite. — BalIIet, J«* 
gement» de» Savant» »ur le» princip. ouv. de» auteurt. 
- Goajct. DM. franc. — Bibliothèque hUtorique de la 
France, édit. de Fevret de Fontette. — Le» Poète» fran- 
çais d^ui» le douzième siècle Jusqu'à Malherbe. 

FORCADEL ( Pierre ) , mathématicien fran- 
çais , frère du précédent, né à Béziers , dans la 
première moitié du seizième siècle , mort vers 
1573. Il avait visité l'Italie et séjourné dans plu- 
sieurs villes de cette contrée , notamment à 
Rome, lorsqu'il vint habiter Paris, où Ramusl 
le fit nommer, en 1560, professeur de matlié- 
matiques au Collège Royal, en remplacement de 
Jean Pena. Depuis 1556 jusque dans les der- 
nières années de sa vie, il consacra tous ses mo- 
ments aux leçons qu'il donnait et à la composi- 
tion de divers ouvrages, dont les principaux ont 
pour titres : Les Six premiers livres des Élé- 
ments ou principes de Géométrie d*Euclidey 
traduits en français; Paris, 1564, in-4''; - 
Detuc livres de Proclus, Du Mouvement, tra- 
duits et commentés; Paris, 1565, in-4*'; -; 
Le Premier livre d^Archimède, Des choses éga- 
lement pesantes, traduit et commenté; Paris, 

1565, in-4«; — Le Livre d^Archimède, Dei 
Poids, qui est dict aussi des choses iombanta^ 
en rhumide, traduit et commenté, ensembà 
ce qui se trouve du livre d'Euclide, Du légeri 
et du pesant; Paris, 1565, in-4''; — Le Livré 
de la Musique d'Euclide, traduit; Paris J 

1566, petit in-8**; — La Description d'un û»j 
neau solaire convexe descritte et démontra 
de Vinventionde P. Forcadel; Paris, 15C9J 
in-4*'; -— Traduction de la Practique de m 
Géométrie d^Oronce Fine, Dauphinois , en m 
queUe est compris Vusage du quarré géomé\ 



161 



FORCADEL — FORCELLINI 



162 



trique et de plusieurs autres instruments 
servants au même effet; ensemble la manière 
de bien mesurer toutes sortes de plans et 
quantités corporelles, avec les figures et dé- 
monstrations ; Pana ^ 1670, m-4°; — Deux 
livres d' Autolice, Vun De la Sphère, et Vautre 
Du Lever et coucher des Estoiles non errantes ; 
ensemble le livre deThéodose,Des Habitations, 
traduits; Paris, 1672, m-4?. E. Regnard. 

Goujet, Mémoire hist. et UU. sur le CoUége Royal de 
France. — La Croix du Maine et Du Verdler, Bibliothèques 

françaises. 

FORCE. Voyez Caumont et La Forge. 

FORCE (De LA ). Voyez Piganiol. 

FORCELLINI (JEçidio), Célèbre lexicogra- 
phe italien, né à Fener, petit TÎllage de Tan- 
cienne Marche Tréyisane, le 26 août 1688, mort 
le 4 aTril 1768. Il commença tard, dans le sémi- 
naire de Padoue, Tétude de la langue latine, qui 
devait occuper toute sa Tie et illustrer son nom. 
Après avoir été le disciple du directeur, Jac. 
Facdolati, sorti comme lui d'une famille pauvre, 
etqai s'était élevé à la considération que donnait 
alors le renom d'habile latiniste, il resta son ami 
et son collaborateur, prit sous ses yeux les or- 
dres sacrés , et ne le quitta presque plus. Les 
premiers fruits de cette coopération fidèle , qui 
se dévoua sans effort à la gloire d'autrui, furent 
la révision du lexique grec de Schrevelius et 
une nouvelle édition, publiée à Padoue en 1718 
et souvent depuis, du vocabulaire polyglotte 
d'Ambroise de Calepio, vulgairement nommé 
Calepin. Mais bientôt s'apercevant, comme jadis 
Robert Ëstienne {voy, ce nom ), qui avait com- 
mencé par s'occuper aussi d'une édition de ce 
recueil, qu'il était bien loin de former un trésor 
complet de la langue latine, quoiqu'elle y domi- 
nât toutes les autres, ils conçurent ensemble un 
plus vaste projet , celui de donner au monde sa- 
vant un lexique vraiment universel de tous les 
âges de cette langue , fondé, comme celui de la 
Cruscapour la langue italienne, sur l'autorité 
«lêrae des écrivains, et où chaque mot, chaque 
locution, trouveraient à la fois, dans les cita- 
tions les plus exactes, une preuve et un éclair- 
cissement. Le travail à peu près semblable d'Es- 
tieooe , malgré les additions successives de ses 
divers éditeurs, dont quelques-uns furent des 
hommes habiles , était devenu imparfait depuis 
la publication de plusieurs textes jusque alors 
Inédits, et surtout depuis les précieuses obser- 
vations d'un grand nombre de critiques sur les 
monuments littéraires de l'ancienne Rome. 

C'est vers la fin de l'année 1718 que le jeune 
abbé Forcellini, préparé à ce nouveau labeur par 
ses études sur Calepin , encouragé par l'évêque 
de Padoue, le cardinal Georges Cornaro, et di- 
rigé d'abord pat son ancien maître , se mit à 
lire , la plume à la main , tous les auteurs de la 
Bttératare latine et leurs meilleurs interprètes,, 
^ns les recueils d'inscriptions et de médailles 
atines. Chargé en 1724 de la direction du sémi- 

HODV. 6I0GR. GÉNÉR. — T. XTIU. 



naire de Ceneda, près de Bellune, où il rem- 
plit la chaire de rhétorique , il fut obligé dMn- 
terrompre une première fois le travail auquel il 
avait consacré sa vie avec autant de zèle que de 
docilité. Rappelé à Padoue , il reprend sa tâche 
au mois d'avril 1731 , et la continue sans dis- 
traction jusqu'en 1742. Un nouveau devoir lui 
est alors imposé : les fonctions de confesseur des 
clercs l'enlèvent de temps en temps à son autre 
vocation , jusqu'au moment où le cardinal-évè- 
que Rezzonico, qui fut pape sous le nom de 
Clément xm, persuadé avec raison qu'il ne 
fallait pas le contrarier plus longtemps dans 
l'exécution d'un ouvrage qui pouvait honorer 
l'Italie, le rend tout entier, en 1751, à la liberté 
de ses longues et pénibles études. Le 21 février 
1753, le dictionnaire est achevé. Du 4 juin 1753 
au 9 avril 1755, près de deux ans sont employés 
à la révision. Louis Yiolato en avait conomencé la 
transcription le 3 décembre 1753, et il I4. termine 
le 13 novembre 1761. Ces dates sont extraites 
d'une note autographe de Forcellini lui-même, 
qui mourut avant d'avoir eu le bonheur de voir les 
autres profiter du fruit de ses veilles. Ce ne fut 
qu'en 1771 que le dictionnaire fut imprimé. 

Le séminaire de Padoue , qui fit sortir enfin 
de ses presses cet inomortel ouvrage d'un de ses 
élèves-, garde encore avec un soin religieux et 
montre avec un juste orgueil dans sa bibliothè- 
que, à côté des auteurs latins dont Forcellini se 
servit pour composer sou lexique , exemplaires 
usés et presque détruits par d'infatigables études, 
les douze volumes in-folio de ses propres ma- 
nuscrits , surchargés de ratures et de renvois , 
le plus glorieux trésor de ce riche dépôt. On ne 
peut voir, s'il nous est permis de parler ici d'a- 
près nos souvenirs, on ne peut voir sans quel- 
que émotion, sans un vif sentiment de recon- 
naissance respectueuse, cette longue série de 
cahiers où un seul homme , pendant près de qua- 
rante ans , accumula les immenses matériaux de 
son grand ouvrage, les extraits de ses innom- 
brables lectures , et on se représente alors par 
la pensée tout cet intervalle qu'il exprime si 
bien dans les simples et touchantes paroles de 
sa préface : Adolescens manum admovi; se- 
nex, dum perficerem, foetus sum, ut vi- 
detis. 

Outre les secours philologiques et histori- 
ques amassés autour de lui , Forcellini consul- 
tait Jules Pontedera sur les questions (f antiquité, 
Poleni sur les termes d'architecture, Morgagni 
sur ceux de médecine; mais les livres et les 
hommes ne lui auraient point suffi pour le suc- 
cès d'une telle entreprise , s'il n'avait trouvé en 
lui-même une volonté ferme et une rare saga- 
cité. Ceux qui, par une tradition de l'ingratitude 
contemporaine, donnent encore au dictionnaire 
latin pubUé pour la première fois à Padoue en 
1771 le nom de Facciolati , ne savent point que 
Facdolati lui-même , homme d'un amour-propre 
assez ombrageux , dans une épitre latine qu'il 

6 



1*63 



FCmCELLmi 



f64 



rendît publique dfes f 756, proclama cju'tf n'était 
pour rien dans la compositîDïi du lexique , dont 
plusieurs lettres avaient été rédigées sans qu'il 
y coopérât môme' de ses conseils , et que ^<vf- 
cellini en était le premier auteur, te seul aufeur : 
Princeps hujus operi^s conditot cctqiXe aâéb 
unus Forcellinus est. ^\. Vedbva», le plte' ré- 
cent biographe des écrivains padbuans y arrivé à 
Pacciolati, ne dit pas un motdh* leîtique; il' est 
vrai qu'il n'accorde môme pas un* avticib'à ?or- 
ceUini: 

La première édttibn , quf portait dès* Ibfs cIb 
titre : Totius Eatinitatls Lexiton, fut dédiée à 
révoque dé Padoue, le cardinal Prioli', dont la 
protection rendit enfin possible l'impression' de 
ce grand ouvrage, terminé depuis di^ ans. L'é- 
dition sortit, en 4 vol. in-fol'., des presses dU sé- 
minaire. Toute l'Europe savante accueillit d'unie 
approbation unanime ce nouveau* présent db l'iV 
talie. L'éditeur de l'ouvmge, Gàétkil* Cbgriolktb , 
chanoine dé l'église de Monselice, qui i^avaitfait 
précéder d'une préface instructive , à sa morti 
en 1802, laissa des suppléments , dont uUë partie 
seulement fut emplbyée dang la" secondé édlttoir, 
très-peu supérieure à lapremlèffe, etqui futpui 
bliée en 1805 par les mômes presses , dans le 
môme format. Eà aussifUrentimpr1itiés,€fn'l18l(j, 
tes suppléments d'abord négligés; et que M. l'àbbé 
Fnnanettb joignit au?c siens dkns un' Appendice, 
annoncé alors comme renfbmant 1,060 mots'dë 
plus et 2,770 corrections. 

Depuis longtemps Mt Jbseph" Purlànettb, dis- 
ciple et maître , comme tous lès précédente, de 
l'école épiscopale de Padbuc, recueillait patiem- 
ment les matériaux d'unfe trbisième* édition; pluà 
soignée, plus digne dès mémorables travaux! db 
premier auteur, enrichie des suppléments dèf j 
l'Appendice , mais dégagée dès: fausses inscrip^ 
tions d'Emmanuel CarapolongO qtii s'y étâlôïtt 
glissées, lorsqu'ilfut prévenu, en lSf26; par uir 
éditeur anglais, qui reproduisit ett 2 gros voK 
in-4°, très-bien imprimés, à Londres, le diction- 
naire dé Forcellinl, oU cliaqoe mot fût traduit 
en anglais au lieu de l'être en italien, où Tort mit 
les suppléments aleiff place, et où Ton répatfrtït 
çà et là , tantôt quelques motè de plus', tantôt 
des observations nouvelfès: On y joignît même, 
en 1828, un Auctanum, composé du traité Éê 
Partîciilis du jésuite TUrsellm , du Siglarium 
Komanun^de J*. Gerrard ^Londi-es, 179^), de 
V Index etymologicus de J.-Màth. Gesner, raaîâ 
qui reçoit beaucoup plus dé prix, d'un nouveau 
recueil fait par Jac. Bailey, soit de mots puisés 
dans les auteurs les moins lus , dans les glossa- 
tènr.' et les scoliastes, soit principalement dé 
noms historiques et géographiques omis à des- 
sein par ForceUini, dans la crainte de trop 
agrandir le champ, déjà si vaste, qur s'ouvrait de- 
vant lui. 

Cette édition anglaise dut exciter l'émulation 
de M. Furlanetto , qui se détermina enfin, après 
plus de dix ans de recherches persévérantes, à com- 



iViunfqner àtaïf ssfvânté , dKtàS to6*nx>îâièAke édï* 
fitth ittlieAnié. fe» tfombVeb'x «Jû^^pfémeiifs ipl 
âvaJf rassemftfcs'. Le 5 octobre 1827, eu' parcou- 
rant laed^B^imprittierî\6*dtl d^ftiah-'e d'e Pa- 
dbue , nous avons VrftSrefrc^ premières fenillt^s, 
grâttd itf-4^, db premîiftr Volurtie ; le quatrième 
étd^rnftîr ésfd^i t^3^. Ée méttlfe de ce nouveau 
fravait est inéonteSttibfe ;• éf si, après tant d'ad- 
ditSbns db^s au ssf^afnt^ édïtfeut', le lexique ix 
pempltt: pa^ etlc^re toUt^son but,-aii'nloifkïf petit- 

dtf dire- qu'ff y ést pW# fldèië aujouwhui qœ 

jamais. On assure en Italie qu'il s'est accru d( 
6,000 mbt^ét dfe i*o,oW» cbiVeKâbns lidu vêliez. 

A peine céflfe* troisième édltfbh'de Pâdoiie lut 
elle' connue, qu'elle d^Viii^ la prdië de'iii coq- 
tfrefe^h. Bn'ita[JHtt!eur dfe Sfchneebëi^ (Sa\o), 
ChttHes^Schum^rttt, ^ecOtW^pàrsa'fkmille rt ses 
as^JCiés dte!2fwibkftU', attUonÇit des l'«28 et'tcriniua 
eil'l*83'5' uMte rélWpi^slbll' en 4' Voîî iii-foi: (lu 
Fouvragè et d'e toussé^ suppllmienl*s j'Oti' en as^'u- 
fement banni, à l*èxce|itibtldfe quelques pliraspi 
allemandes, tbùlte*tradbc«6rf étt lartgu^VUIl^airo. 
C'est maihtiiiiattt l'édlttoft* laf- plus rérfândiie. 

lie* cottecteurè^ éïiiplbyéÉr pat ntnpriraour 
Sfehttlhahnorit^eil lètorf,^ sttttbUt-dkns lé pre- 
iWfer Volume, dfe'trtWSterirtî pludèui^' dfes pn^- 
Cfeuses additions dë'lAl I^urtànëttb saHslës raar- 
qtiferde sonnom, p«nt-êtré pârbc^qu'îls avaient 
commencé par lui réprocHèframèréïnetft' de corn- 
prendlie fbrtpeu de ctio«e àia* doctHhè'd^s par- 
tSculfeft et dfe Ile ikit ôtitj bon à rien : utrm 
integfant'eisè/atite int^lH^^erdUs. (Ju'ont-ils 
ajouté' euic-mêines au" travail dfa dtoe Italien ? 
De» étymolôgies fort' incertàfaies , d'obscures dê- 
ffnittoUs, des discussfônè gtathmaticalés à pd 
prts inintelflgllilès, dès'exetihplèè tirés *dMftscn> 
tlOns fausses, UU inutile amas de variantes, une 
singullèfe confdsion, qu'ils appellent Tordre lo- 
gique, et', il faut tlîen le dire , une innombrable 
multitude de fautes d'impression', dé barbaris- 
mes , de lacunes , d'où ron ne peut' quelquefois 
titief un sens qu^vec l'aide des anciennes édi- 
tions. Cette réimpression satbnne pourrait ce- 
pendant être recommandée aux' p'ersonnes capa- 
bles de s'en servir àvecr* dMcefhement', comme 
étant attjôUTd*Huî là? pïlhs'-compfôtè , et coTOm(j 
iiésufWant asseï ttétf; si on léfij^doutte les lignes 
passées , tous lèS tfav^Ux fa?(s'eiif 'Italie et en 
Angleterter, dèfftiis'lè*cbwmèncetneht* du siècl^j 
dernier, stïT'laléxicogrâpTifîe latine'.' Sêmétnentj 
les auteurs de'cettereht^feprlse"dé'lArairie n'aa- 
i^ôent pas dil oublier dètirït'choséS : d'abord, qui] 
«st odieux d'insnltèr' cetîx qtûfè'i\)tt cOpîc -, en- 
tité, qulï 'est toujours diïficiré pour une maiD 
^angère'dê perfectionner' à Wbâté dès travaiii 
<j&i ont cotrté p*Ufî d^In siètîlè d'études à une suc- 
cession de savante ^ilïAi5tré$, qUirn*est'permf^ 
de toucher qu'avec uîiè extrôtïie réserve à de ta 
travaux, et' qu'on s'honore eti les réSpectail 
IVïcro» I^ECLfeRt, daUsl'^c: dès' G. dUM^ 

Ferrari ; F^ie de Forcelltni : Padouc . 1792, in-4o . I 

*'OBCELti«t( j»farco\ litCcrateur itàliea. 



m FORCELUNI 

^rc#s puébéiM, Mé <à CiMWpiS âaA& ki Maattie 
rrévisMBe, eft 17 1 1 ,*néït*8aii*Sàlvad<jr,«ii 17$4. 
létisNfîale «K«6ift, se llt««lev«^ dodenràPaètoiie, 
!t exerça la q^y^EfiSton d'a^P«c8t A Venite. Hile^Mt 
nsuite a^siessear vnimMil^SfMidesIftt^VéïÉtieM^ 
^ iitik ses $om^ à 9M-4SaI\%dM',^ H re mp Ug oa it 
les fm^Mi^ tiè j«ge. Hélaft Hé «t'MnHié avec le 
podt« îicAe&k) , et ctiMîvtft IrtMnène les kttres 
it^rn^ ^odès. On -a (ie Irf ! ilê Fto^e TrMgiame 
d^amarè; VttflSse, 1745, ffi-4°*, — letterefumi- 
$ltat*i,<pAA'Hée6 ^<!^toilMt; Tèwise, 18M, 4K-4''; 
— tittcMîW(Wi Aesi5tavtage<i ^ISpenwie Speroai; 
VenSse, 1^4^, 5 Vol. *n4*; — «ftae é^itiMi des 
Opcre ai m&fts. -âëltà Casa; Venise, l75ft> 
3 vol. ih-'4*-; é. ttafè ié*R<fti de la B^Uomecd 
ItaUana de ^onfettïîriî ; Venise, ï758. 

Tipaldû, Ifiografia âétrli naliatti'ilHegm, t. II. 

*F<mc*lllM*'(]l^a^?Wto),^6c}itv«tea!le«»aMd, 
vivaîl Ters le mffieiD ^u 'èei/ièine rfèdte. Ote a 
de lui une pièce, dans le dialecte de là èasse 
Alleiïiagûe, stir tin ttaïtde 4iïi^(«re tcittWItee ra- 
conté par Xiflta-tîdfë : Ein scheeffi ^ict âer 
His torien Dcn â&fn l^apyiHo ptseteSif^e^o ; Sn^»*, 
sans lîeû tii date. tî. B. 

Kehrcin , ^Xc Srantotlscltè Vtiesie Ûer EHfutteken, H. 1. 

* pORClnl^AMlfcttR ( Paiû-^nflîa'itme)y^xiti' 
quaire et.pliflologiïC aftemâïid , lue ii ttùrsmn , en 
1803. Il étudia à tiÙSëfik et à ^université de 
Kiel, et devint dôctenr en tAiflôsophre en lim. 
Venu à Londres et *à l*atis , «i 1830, îl résdïot 
en môme temps de séjourner queîcpies années 
en Italie èi en'Gfèce. Amatefir de i'antî^é, 11 
était convaincu '<jiïe pour ta lïien connsfltre il lie 
suffît pas (f être TïiTnîIîer avec tes dhefe-^œnvre 
classiques , mais qn*fl faut encore visîter le sol 
qui les vît éclore. ï! fit deux fois le voyage Ae 
Grèce, et visita l'Xsîe Mineure a'ftn de reconnaître 
le lieu où fut Ti'oie 'et en lever le plan exact. 
Il put atteindre ce but après avoîr accompagné 
en 1839 le roi Ofhon dans une excursion vers 
le norfi de la Grèce. L'amirauté anglaise lui 
prêta un concours actif, et lui donna dans le 
lieui>nant Spratt un auxiliaire qui le seconda 
[>ariaitenient. A l'issue de celte expédîtion d*uri si 
grand intérêt liistorîque, Forcliharnmer parcouitit 
laré}^ioa du Nfl et des pyramides, d'où il se 
rendit hAihènes et à Borne. A son retour à Kiel, 
où il avait été appelé à une chaire de professenr, 
il s'occupa à fonder dans cette ville iHi musée 
des antiqnes. Aidé de Vàntiquaire Jalm, 11 eut 
ridée, pour mieux atteindre ce but, de tïtire ins- 
tituer des solennités ou fêtes archéologiques. 
Les ouvrages de Vorchhammer portent naturel- 
lement sur le môme sujet. On a de 'toi : 2^r 
Topographie von Athen CMatériaiux pocrr ser- 
vir à la Topograpliic d'Athènes); Goetthigue, 
1833; -^ Hellenïka; Ifierlin, 1837; — The 
Athener und Sdkrates ( Les Athéniens et So- 
crate); Berlin, 18a7 ; — Apollo'a ÀrikUitft in 
fkiphï (l'Arrivée d'Apollon à Delphes); Kîel, 
iK'iO; — Die Geburt dcr Athene ("Naissance 
de Minerve); Kiel, 1841 ; — Topographie von 



FORD i«( 

Âtkm (1>«{)0SlraplÉe ^'Athènes); 1844; ^ Oe, 
ratione qwm Arist«^ties in 4i$poftendis U- 
bris ne emimalifmê sectetius sii; Kid , 1846; 

— Oe ArisûeiteUs Arte ^ùeUca^ ex Pitutme M- 
htstnméai K<el> 1847 ; — Me ifykiopisd^m 
amiem <Le6 Mm% c yt ^ oytoii s); Kiel, 1847; 

— OemôktcBtm/^wecktem (le Livre ^*fs -Oéme-' 
estâtes); Setrllft, l«49. tJVireliftaiiiiner ba)»e, 4ims 
oe thre^ teftyrtftcipes <âémooiiitMoes sw la po- 
Ktique 4'Arist«te. 

p&Mi ou ^oiiMB ( John ) , «fAeur dwnmatf qoc 
anglais, né à Islington, eft 1 586. On 'ignore i'époqoe 
de sa mort. Au mois de novembre 1G02, il com- 
mença au Temple l'étude des lois, dont il s'oc- 
cupa beaucoup moins <|ue du cult(; des muses. 
Il fut auâsi lié avec les célébrités littéraires du 
ten^, telles qm Rowley, Dekker ot Drajson, 
^u'il seoooda môme dans quelques-unes de leurs 
eoH^sitioHS. Il écrivit onze j^ièces de théâtre, 
4}ui eurent Au succès et furent imprimées, de 
l«2dà 1639. lies^irincipales sont : The Lover'^ 
Melancholy^ 1629; — Love's Sacrifice; 1633^ 

— The broken Ueart; 1633;— The Ladies 
Trial; 1639, in-4° ;- Tis Pity she\s a Whmej 
.163&, M-4<'. Malgré la singularité du titre, cettti 
deraiàre ^nàce est une des meilleures -de Ford. 
Le 4héfttre de Ford a été recueilli et jmblié ipar 
Henri W€(ber : The dramatic Worlis o/ John 
ii^*d; 1811^ 2 vd. in-8°. 

Quarterly J{eview,n° XII. — Baker, ^109. dram, — 
Chalmers, Cen. biog. Dict. 

FORD (John), mécanicien anglais, né dans 
le comté de Sussex, en 1605, mort le 3 septem- 
bre 1670. Il fit ses études à O^Cford, devint haut 
sheiifl, (lu comté de Sussex , et montra pour la 
cause de Charles J*^ une fidélité que ce prince 
récompensa par le titre de chevalier. Il com- 
manda ensuite un régiment dans l'armée royale. 
Emprisonné en 1647, comme complice de l'éva- 

I sion de Charles T**, il fut sans doute relâché à la 
soUicitation du général Ireton, dont il avait épousé 

, la sœur. En 1656, on le trouve occupé d'im- 
portants travaux de mécanique. Encouragé par 
Cromwell, et à la requête des habitants de Lon- 
dres, il construisit une maclune pour faire monter 
l'eau de la Tamise dans les rues les plus élevées 
de la ville, à une hauteur de quatre-vingt-treize 
pieds. Il exécutl^ dit-on, cet ouvrage dans l'es- 
pace d'une année, et h ses, propres dépens. La 
môme raachipe fut .plus tard employée dans d'au- 
tres parties du royaume,. pour 'le dessèchement 
des terres et des mines. ïl construisît aussi une 
grande machine hydraulique à Somerset House, 
pour l'approvisionnement du Strand ; mais comme 
cette construction masquait les fenêtres du pa- 
lais, la reine Catherine, femme de Cliarles ïï, la 
fit démolir. Après la restauration , Ford imagina 
une «lanière de frappa' la monnaie qui devait 
rendre toute contrefaçon impossible. Il obtint 
«p^ur leotée invention un brevet en Irlande, et il 
s'y rendit pour Vexploiter, mais il monrat ipeu 

6. 



167 



FORD — FORDTGE 



168 



après. On a de lui : il Design for Mnging a : 
river from Rickmansworth in Ber^fordshire 
to St.'Giles's in the Fields, near London, 
ihe benefits of it declared, and the objections 
against it answered; Londres, 1041, m-4°; — ; 
Expérimental Proposais hùw the hing may 
hâve money topay and maintaJin his fieets^ 
with ease to the people; London may be re- \ 
builtf and ail proprietors satisjied; money '. 
may be lent at six per cent, en pàwns ; and \ 
the fishing trade set up , and ail without 
straining or thtvarting any of ours laws or ; 
customs ; Londres, 1646, m-4*>. ; 

Wood, Athenœ Oxoniemes. — Cbalmen, General 
Mographical DietUmary. 

FORDUN (Jean de), le plus ancien des liis- ' 
toriens écossais , né à Fordun, Tiilage du comté 
de Meams, dans la première partie du quator- 
zième siècle, mort yers 1386. Sa yie est incon- 
nue; on croit qu'il fut chanoine à Aberdeen. Son 
histoire est en cinq livres, et s'étend jusqu'à la 
fin du règne de David I*', en 1153. L'auteur 
commence à la création, et son premier chapitre 
est intitulé iDe Mundo sensibili, Terra scilicet 
et suis quatuor punctis principalibus, orien- 
tali , occidentali , australi et boreali ; et ce 
qui suit immédiatement est plutôt un traité de 
cosmogonie qu'une chronique ou une histoire. 
Outre ces cinq livres, Fordun laissa des maté- 
riaux pour continuer l'histoire d'Ecosse jus- 
qu'en 1385. Ces matériaux furent mis en ordre 
par Walter Bower, abbé d'Inchcolm, qui conduisit 
le récit jusqu^à la mort de Jacques l*', en 1437. 
L'ouvrage ainsi complété forme seize livres. 
Fordun nous apprend qu'il avait consacré beau- 
coup de temps à recueillir des matériaux pour 
son histoire, et qu'il n'y avait épargné ni re- 
cherches ni voyages. Il semble avoir fait un bon 
usage des sources d'information auxquelles il a 
pu puiser. H nous a conservé un grand nombre 
de faits qui sans lui auraient été perdus. Quoi- 
qu'il ne soit pas exempt de la crédulité qui ca- 
ractérise cette époque, Fordun peut être regardé 
relativement à ses contemporains comme un 
historien judicieux et éclairé. Les cinq premiers 
livres de sa chronique furent imprimés pour la 
première fois sous letitre de : Joannis Fordun, 
Scoti, (1) Chronicon, sive Scotorum historia, 
dans les Historiœ Britannicx, Saxonicse, etc., 
Scriptores XV, de Gale; OxfortI, 1691, in-fol., 
p. 363-701. La première édition complète de 
cette histoire parut par les soins de Heame, 
sous le titre de Joannis de Fordun, Scoti^ Chro- 
nicon ; Oxford, 1722, 5 vol. in-8*. Walter Goo- 
dall en donna une édition plus complète et plus 
soignée, intitulée : Joannis Fordun, Scoti- 
chronicon, cum supplem^ntis et continua- 
tioneWalteri Boweri; Édimb., 1759, 2 vol. in-f. 

Mackenzie, Scotch Wriiers. — Pinkerton, Introd. to 
Inquiry into hUt. cf Scotland. — Penny Ctfclopœdia. 

(1) Dans toas les manascrits de Fordun Scott est Joint 
à Chronicon. Gale a eu tort de l'en séparer pour en faire 
nne épltbète de Fordun. . 



FOEDTGB ( David) y uoralisle écossais, Ré 
à Aberdeen, en 1711, mort en 1750. Élevé au 
collège Marshal, il fat quelque temps chapelain 
de Jokn Hopkins^ mais il ne devînt jamais pas- 
teur d'aolune congrégation. En 1742, il fut 
nommé professeur de philosophie morale aa 
collège Marshal. Il publia, sous le voile ^ l'ano- 
nyme, en 1745, un volume de Dialogues con- 
ceming éducation^ qui fut suivi d'un second 
volume, en 1748. Il écrivit aussi Sur la Philo- 
sophie morale un traité , qoi parut d'abord dans 
Le Précepteur de Dodsley, et fut plusieurs fim 
réimprimé séparément. En 1750 il fit un voyage 
en France, eau Italie, et dans diverses autres 
contrées de l'Europe, pour visiter les antiquités de 
ces pays. En revenant en Angleterre, il perdit 
la vie dans un naufrage sur les côtes de Hol- 
lande. Il laissa manuscrit : Theodorus, a Dia- 
logue on the Art of preaching^ publié en 
1552, in-12. 

Cbahnen, General Mographical DUtionarif. 

FORD^GB (Jacques) f prédicateur et mora- 
liste écossais, irère du précédent, né en 1720, 
mort à Bath, le l''^ octobre 1796. n fut, comme 
son frère, un théologien presbytérien, et se rendit 
célèAtre par son éloquoice. Après avoir fait ses 
études au collège Marshal , il obtint le droit de 
prêcher, et devint second ministre de l'église 
collégiale de Brechin. n publia divers sermons, 
dont l'un : On thefolly, infamy, and misery 
of ùnlawful pleasure , imprimé en 1760 , eut 
un grand succès, et lui fit conférer le grade de 
docteur à l'université de Glasgow. Vers 1762 
il accepta la place de coa^juteur du D' Law- 
rence, ministre de TÉglise écossaise à Lon- 
dres, et il lui succéda quelques mois après. 
Pendant plusieurs années il fut un des prédica- 
teurs dissidents les plus populaires de la capi- 
tale; mais sa dispute avec son coadjuteur Tôl- 
ier partagea la congrégation, et nuisit à la po- 
pularité de Fordyce. En 1782 résigna ses 
fonctions pastorales, et se retira dans le Hamp- 
shire. n résidait auprès du comte de Bute, dont 
il. était l'ami et qui lui avait ouvert sa bibliothè- 
que. Outre les sermons déjà mentionnés, on a 
de Fordyce ; Sermons to young Women ; 1765, 
2 vol. in-12 ; — Addr esses to young Men; 
1777, 2 vol. in-12 ; — Addresses to the Deity ; 
1 785, in-1 2 ; — Poems; 1786. 

Aikins, General Biography. 

FORDTGE ( Guillaume ), médecin écossais, 
frère des deux précédents , né à Aberdeen, eo 
1724, mort le 4 décembre 1792. Il fit ses études 
au collège Marshal, et s'adonna de bonne heure 
à la médecine et à la chirurgie. Il servit quelque 
temps comme volontaire dans les armées britan- 
niques , et ne tarda pas à y obtenir un emploi 
de chirui^en militaire. Il vint ensuite exercer 
sa profession à Londres, et s'acquit une grande 
célébrité. Il fut créé chevalier en 1787. Fordyee 
pensait que tous les phénomènes de la nature 
se rattachent à une même série de lois, et il 



essaya d'établir un rapprochement, plus ingé- 
Dieux qu'exact, entre Tattraction universelle et 
i'irritabilité^ qu'il désignait sous le nom d'attrac- 
tion vitale. On a de lui : A Beview qf the ve- 
nereal Disease, and Us remédies; Londres, 
1768, in-S** ; — A New Inquiries into the cau- 
ses, symptoms and cure qf putrid and in- 
pmmatcry Fevers and of the ulcerated 
and malignantfore throat; Londres, 1773, 
in-8'' ; — A Letter io Dr John Sinclair upon 
the antiseptical virtues qf muriatic acid ; 
Londres, 1790, in-8**; — T^ great Impor- 
tance andproper méthode ofcultivating and 
cmmg Rhubard in Britain for médicinal 
use; Londres, 1792, in-8^ 

Chaïmtn, Général biographical DictUmary. — Biog* 
médicale. $ 

FORDTCB ( Georges), médecin écossais , fils 
de Daniel Fordyce, né à Aberdeen, le 18 novem- 
bre 1736, mort le 25 mai 1802. Doué des plus 
heareases dispositions , il obtint à l'âge de qua- 
torze ans le grade de maître es arts..A quinze 
ans il fut placé chez son oncle Jean Fordyce, 
chirurgien et pharmacien à Uppingham, dans le 
comté de Rutland. Il se rendit ensuite à Édim* 
bourg, où il mérita la bienveillance de l'illustre 
professeur CuUen. Reçu docteur en 1758, il alla 
suivre pendant un an les cours de l'université 
deLeyde. Il s'établit ensuite à Londres, où il fit 
des eours publics, qui attirèrent bientôt de nom- 
breux auditeurs. Il lut nommé médecin de l'hô- 
pitai Saint-Thomas en 1770, membre de la So- 
ciété Royale en 1776, et membre du Collège des 
Médecins en 1787. Il était très-faible de consti- 
tution et sujet à de graves infirmités. <i Ce qui 
fonda surtout sa réputation , dit la Biographie 
médicale, ce furent ses belles et nombreuses 
observations, faites en 1774, sur la température 
des animaux en général et sur celle du corps 
de rbomme en particulier. Ces expériences 
constatèrent la faculté dont les corps organisés 
jouissent de se maintenir dans une température 
à peu près constante. » On a de Fordyce ; Dis- 
sertatiode Ca^arr^o ; Edimbourg, 1758, in-4<»; 
- Eléments of Agriculture and Végétation; 
Edimbourg, 1765; in-8'>; — Eléments of the 
Practiceof Physic; Londres, 1768, in-8**; — 
A Treatise on the Digestion ofFood; Londres, 
1791, in-8*; — A Dissertation on Fever; 
Londres, 1795, in-S" ; — divers mémoires dans 
les Philosophical Transactions et dans les 
Medico-Chirurgical Transactions. 

Chalmen, General biographical Dictionary» — Biog. 
medieate. 

PORBBST {Pierre van), connu sous le nom 
deFORESTUS, médecin hollandais, né à Alkmaer , 
en 1502, mort dans la même ville, en 1597. Il 
commença ses études dans sa ville natale, et les 
continua à Harlem et à Louvain, où il suivit les 
cours de médecine de Triverus. Il se rendit en- 
suite en Italie, et se fit recevoir docteur à Bo- 
l<)gne. n smvit les leçons d'André Yesale, à 



FORDYCE — FORELIUS 170 

Padoue, celles de G. Horst, à Rome, celles de 
Guido Guidi et de Jacques Dubois, à Paris. Il se 
fixa pendant un an à Pluviers, dans la Beauce, 
puis il revint dans sa patrie. Appelé à itélft du- 
rant une peste meurtrière, il rendit de si grands 
services au\ habitants que ceux-ci le retinrent 
parmi eux , en lui assignant une pension consi- 
dérable. Il passa près de quarante ans à Delft, et 
revint mourir à Alkmaer. Foreest fut un bon 
médecin ; mais ses ouvrages, quoique estimables, 
n'ont guère contribué aux progrès de la patholo- 
gie et de la thérapeutique ; ils ont été recueillis 
sous le titre de : Observationum et Curatio- 
num medicinalium Libri XXV III; Francfort, 
1602-1606, 4 vol. in-fol. 

Paquet, Mémoires pour servir à Vhist. Utt. des Pays- 
Bas, t. XII.— Éloy, DictUm, hist. de la Médecine. 

FORBIRO (François), théologien et philo- 
logue portugais, né dans la première partie du 
seizième siècle , mort le 10 janvier 1587. Issu 
d'une famille noble de Lisbonne, il reçut une 
éducation distinguée, et entra dans l'ordre des 
Frères Prêcheurs. Jean in, roi de Portugal, l'en- 
voya à Paris pour y perfectionner son éducation. 
De retour à Lisbonne, vers 1540, Foreiro, qui 
joignait à une parfaite connaissance du latin , du 
grec et de l'hébreu, un savoir théologique 
étendu, brilla soit dans l'enseignement, soit dans 
la prédication. Il fut chargé de l'instruction de 
l'Infant don Antoine, et envoyé en 1561 au con- 
cile^ de Trente en qualité de théologien du roi. 
Les Pères du concile l'adjoignirent à Léonard 
Mariniyévêque de Lanciano, et à Gilles Foscarari, 
évéque de Modène, pour la correction du bré- 
viaire et du missel romain , la composition du 
catéchisme du ccmcile et l'examen des livres. Le 
roi le rappela à Lisbonne en 1565. Foreiro fut élu 
la même année prieur du couvent des domini- 
cains de Lisbonne, et provincial l'année sui- 
vante. Ayant fait bâtir un couvent de son ordre 
à Almada, près de Lisbonne, il y partagea ses der- 
nières années entre l'étude et la prière. On a de 
lui : le sermon qu'il prononça au concile de 
Trente, le premier dimanche de l'Avent 1562, 
imprimé à Brescia, 1563; — Isaias prophet3& 
vêtus e? nova ex hebraico Versio^ cum corn- 
wicw^ario ; Venise, 1563, in-fol.; Anvers, 1565, 
in-8® : cet ouvrage, regardé comme excellent, a 
été réimprimé à Londres, 1660, dans le t. Y des 
Critici sacri ; — la préface qui est en tête de 
V Index des livres défendus publié à Rome en 
1564. 

Qoétif et Échard. Scriptores Ord. Prsedic. — Touroo, 
Hommes iU. de l'ordre de Saint-Dominique ^ t. IV, 
p. 47t. 

^FORBLics {Hemming), érudit suédois, 
vivait dans la seconde moitié du dix-septième 
siècle. On a de lui : Dissertatio de Casremoniis 
Romanorum ; Upsal, 1693, in-8' ; — De Aquila 
Romanorum; ibid., 1694, m-S'' ; — Zeno phi- 
losophus leviter adumbratus; ibid., 1700, 
in-8'; — Dissertatio de Prometheo; ibid., 
1704, in-8^; — Dissertatio continens prx" 



171 Fca^fiuifô 

examen iu mkim Vh^; iM., i707»wi-«^ 
FOBBRlus, tliéolofçieii portugais. Foy. Fe- 

REIRO. 

M»i|iiRUS ( Laurent ), eoDtroverûste auiss«, 
né à Laceroe, e» 1580, mort à Ratuboime , lé 
7 jamier te59. £»tré àut% la Société de Jésan, 
il fiit succeflshrement profesfteur de théologie 
et de philosophie dans les collèges de son ordre, 
chancelier de Toniversité <îe DiHingen , recteur 
du collège de Lueeme, et enlin (îonfesseur de 
Févêqoe d'Augshourg. Sothwel mentionne de 
lui quarante-quatre ouvrages en latra ou en al- 
lemand, la plupart relatifs à des sujets de con- 
troverse ; nous ne citerons que les plus impor- 
tants, savoir : SymMum çatholiaim , luthe- 
ranum, calvinianvm cum apostolico colla- 
tum; Dillingen, 1G22, in-^**; — lutherus 
thaumaturgus ; ibid., 1626, in-4'*i — Gram- 
maticus Proteus , arcanorum Societatis Jesv, 
Xiedalus dedolattis, et genuino suo vuUu 
repraesentcUus ; Ingolstadt, 1636, iu-8°. 

Sothwel, BUfliothçca Sçriptorum Societatis Jesu. — 
Oupin, Table des Auteurs ecclés. du XFUf siècle. 

"^FOR^ST {Jacques), trouvère du treiziènie 
siècle; tout ce que Ton sait sur son cx)rapte, 
c*est qu'il écrivit un assez long pocme, dont un 
manuscrit se trouve à la Bibliothèque impériale, 
et qu'il a intitulé : Jules César. C'est une tra- 
duction de La Pharsale de Lucain, continuée jus- 
qu'à la dictature de César. Un style diffus et 
lâche, une foule devers oiseux donnent une, 
triste idée du mérite de cette œuvre,, qui ne sera 
sans doute jamais imprimée. G. B. 

Hist. liU.de la France, XIX, 681. 

FOREST DU CHESNE (Nicolas), mathé- 
maticien et théologien français^ né à Chesne-le- 
Populeux,près Youziers, en 1505, mort vers 1650. 
Il entra chez les Jésuites en 1612, et professa d'a- 
bord les mathématiques à Pont-à-Mousson, et 
ensuite la théologie à Reims. Se trouvant à Rome 
en 1638, il fut autorisé par le P. Mutio Vitellesci, 
son général, à entrer dans l'ordre de Cîteaux. 
Peu de temps après il devint abbé d'Écurey , dans 
le duché de Bar ; on ignore le lieu de sa mort. 
On a de lui ; Horoscopus Delphini; Paris, 

1638, in-4° ; — Les Fleurs des pratiques du 
Compas de proportion ; Paris, 1639, in- 8°; — 
Cardinali Richelio Carmen sotericum; Paris, 

1639, in-4"; — Cardinalis Richelii Soteria, 
iriumphus, mors, immortalitas ; Paris, 1643, 
in-4°; — Select^ IHssertationes physico-ma- 
thematicae; Paris, 1647, 2 vol.in-4°; ^Poesis 
varia ; Paris, 1649 , in-S" ; — Prœcautiones 
Tridentinss adversus novitates in fide ; Paris, 
164Ô, in-8« ; — FloriUgium universale Hbe- 
ToAum artium; Paris, 1650, 2 vol. in-4°; — 
Lèhres d'un Théologien à un sien ami ma- 
lààe, contenant V abrégé deJansenius; Paris, 
4é50, in-4°; — Selecti Samones theologici; 
liôuen, 1666, in-4°; — Mars vere Gallicus, 
aifversus Jansenii Mariem falso CHilHcum; 



Bwm> iWO . vf^fiol C'esl m^e ré^atio» (ki 
ilosis Gailieus^ publié par 4«iaseniii& contre l4r 
liaace de& Françaift avec les (Hrotestante. 

Aleganbe. BUfliiftM/gca Societatit Jesu. — &»tbwcl, 
Scriptores Societatis Jesu. — RoaUlot, Biog. Ardennaitî. 
~ An?, et AloTfl de Hacker, BibliotMgtt^ iAm Ècrnaiw 
d$ te C^m^fofmie d» Jétm, l^ «aile. 

roRKST ( Pierre db La ). Foy. hk Fobest. 

PfiilKST ( Antoine v&Ljl), Foy. Lbcus^be 
La Forest. 

^ FORBSTUi iJtan AE). VOijf. Walrin ( ût^ 

FeRKSTi {Jacquesrl^kàUppe}, hiâtoien ita- 
lien , plus oonnu aous le nom de Jticquês Phi- 
lippe de HergamCy uépràa decelte ville , en \4a4, 
UMut le là juin 1520. Après avoir fait a^ec beau- 
coup de succès ses études dans sa TÎUe «atalc, il 
entra dan» l'ordre des Ermites de S^int-Augustio 
à l'âge de dix-sept ans. Depuis cette époque les 
devoirs de son état et l'étude se partagèrent sod 
temps. Malgré sqa aversion pour tes digaités, 
il ne pttt se dispenser d'accepter sufioessivemeot 
les charges de prieur d'Imola, de Forli et de 
Bern^me^ mais ses fonotions ne rempôebèreat 
pas de se trner à son goût pour tes sciences et 
les lettres. Il inspira le même goût à ses reli- 
gieux, et il fonna des bibliothèques dans le» 
couvents qu'il fut appelé à diriger. On a de lui : 
Supplementum Ckraniconêm QrMs, ab iuUio 
Mundi ad annum 1485; Bre&cia, 1485, in-fol. 
Cet ouvrage, quoique fort imparfait, ent plusieurs 
éditions; la plus complète est celle de Venise, 
1506, in-fbl.; — De Claris MuHeribui chm- 
liants Commentarius ; Ferrare, 1497, io-foi.; 
réimprimé |)ar JeanRavisius Textor, dans le 
recueil intitulé : De Memorabilibus et Ckris 
Mulieribus aliquot diversorutn Scriptortia 
Opéra; Paris, 1521, in-fol. Cet ouvi*age, pleiu (k 
faits imaginaires et où l'on trouve entre autres 
fables celle de la papesse Jeanne, ne donue 
pas une idée avantageuse du jugenoent de l'au- 
teur ; — Con/essionaie , sn^ interro^gatoriu» 
alioi^m novissimum ; Venise* 1487, ia-4'', et 
1500, in-8». 

Oesner, BiMiotheca. - Ant. GandQlfi, fkisurtatio (/<: 
Augustiniani8Scriptoribus.-l*h. EIsslus, Encotniasticoh 
Augustinianum. — Vosstus, De Mistoricis Latinis. - >i- 
QéroD, Mémoires pour servir à f histoire des hoames 
illustret, t. XV II. 

FORBfifTi {Antoim), historien et théologien 

italien , vivait au dix-septième siècle. On n'a pas 

de détails sur sa vie ; on sait seulement qu'il était 

jésuite. 11 est connu par un ouvrage intitulé : 

> Mappamondo istorico , ovvero desortùone di 

! tutti imperi del mundo, deilev^i^ de' pon' 

I tefid e i fatti pOi illu^tri delV antica e m- 

! dernji storia; Parme, 1690, 6 vol. in-4'*. Si 

imparfait que soit cet ouvrage, on dmt savoir 

gré à l'auteur d'avoir osé le premier entreprendre 

une; lustoire universelle. Il n'en fit paraître que 

six volumes. Les quatre suivants, qui contiennent 

, l'hi-^xolre des rois d'Angleterre, d'Ecosse, di* 

Suède , de Danemark , des ducs d'Holstein et 

des comtes de Gueldre, sont l'oeuvre du célèbre 

I Apostolo Zeno. Le onzième, qui traite des califes, j 



175 FOREfifTI — 

est 4)j mdrqps J)Ofxwmm ^»9r^^ ; le do«ûèn>^9 i 
qui comem^ h Ghim, (^ 4v âodmr SUrû» 3aa- | 

17 ià, 14 YQl- Jo-4°. H *f»»t ^ traduit»* Mil^ 
mdJi4 v^rOmfm S^li^r$ A;^gi^rg, 17^ 6« ^ 

Cfl;//"/9r/^ ç^/e^/i mviaU alk mUiûe mstmnfi 
dcUa Sacra luga ; Pm^, lesfi ; — /l H»nUerfi 
délia Sapien^a mQHratQ a'çiovan^ $t;v4mUi 
Pariflp, JÔ69 j -- jfM Sifra^a qI ^animurio mog^ 
tratoa: çlerici, f g^aH Q^pmnQ al amer- 
doziQi AMi^. ^^• 

DizionarUt istoricq ( 44- d? V^MPO ?• 

poète lati^ mud^rnfi. U était né h ?m%t et, «éjoo 
La Croi^f: if^ Wajne, i| vJ¥Wt ¥Prs ^540. l^ lfoi|r 
Doie p^se m^ coptr^lre qy'll vécut k P^ine jus- 
qu'en 1520, gelop lya Croi^ dn ]^»in^ , for/i^ier 
écriyi't plusieuF» ç(tmé(\'m fvmç^»^*t ^"^ ^ 
Croix du Daipe o'âfi i^diquA pDS les titra» , et I^ 
MQnQoi^ ^opte qM'ell^s p'pqt iftm^is <i|4^ mpvir 
mée^. fous )^s reQ^ei^i)e)Dents qu^ i^ni ^yons 
sur borastipr §e réduisent à dea)^ ou Uqîh liguer 
de La Cfoix d» M^in^ ^ à }a Uite do »e» QUYHige» 
(lojipép par Gflsner. B» voici le* titres : Sl^gis^ 
aliquotj videlicetde Spiritu Sancto; De SignQ 
lignoquç Çmm; U^ fie^urrectiQne pomini » Pe 
Lauro ; pe i^QbilifQffi Qfinerif i Jf)0 Yictma lur 
dovki XJI in Q»nmn?9ii item ffendecasyh 
labûr^m efcçtrminum çkI 4mr^Qs Uben P'mr 
logi aliquQt 6Î ^pigrQtnma$a } payie, i508, 
m4°. Qp cqpnait encore 4e Forestier un poëme 
intitulé : Qurm^n dç triumphaH atgue mh 
gni Victoria f^u^iovi^i XH, Gatli^ r^giê t in 
Yenetos, mi» 4atci et SAU^i indication du \m 
d'impressioq. 
u Croix 4n if^iop, 4t#^/k4gtHi/»fn^M«. ^ Qp^aeri 

Bibliotheca. 

FQHfisjipiK^i^ri?), tliéologieu et ba©o- 
graphe français, né k A^aton, le )6 décembre 
1654, mort le 30 noTembre i723. U entra dans 
les ordres, (jt 4eviftt cli^noine de Diotre-Daioe 
d'Avaloo. 3a yie austère, entièreroeqt consacrée 
. .à rélqde, nWre aucun éyénement remarquable, 
On a de iqi : Trente^deux fiom^lies pr^chées 
mx JJrsulin^^ (t'Avalom Pari», i690, 2 yû|. 
in-12; — fi^pHcation littorale 4e^ Évangiles 
desdimmçf^es et /êtes de t'Ayent ^t dv- Ça^ 
rêm; P^ris, 170Q, in-^2 j ^ m^toire d^ In- 
dulgences et de^ JV'bUé&^ Paris, I700,ip-i2 ; 
cet ouvrage, estimé, passe pour le pftciUeur des 
écrits 4e Forestier ; -- ^e-? yies de^ Saints pa- 
trons, martitr^ ^ Mqne^ d'4^tuni Oij[on, 
1713, in-1?, Farestier laissa 4eux luannscritii, 
l'on sur Içs Viesde^ Mgites d'Au^verre, l'autre 
sur içL fand^UQn çle Véglise ioHégiale d'A- 
valon. Le conseiller ï^tienne de Cluguy cite 
souyent ce dernier ouvrage dans sa Généalogie 
delafa^mtle de Çlugn^; Pijon, t737, in-4''. 

Mùtivi, er(^n^ Dlotionwiire bUU>rique. ~ {licbar4 
et Giraad, flJô^oWé^W iocrée. 

* F<IR^T<Vft ( frauçQi^-Q^riel ), agro- 



FOBEBTiËH 174 

wm^ français, A/é /eu ilf^x, à YîenTicq, d'une 
iawiiJe de cultîFateurs , moijt à Chartnes, le lo 
janvier i%^2.U d^vjuajt vicaice de Sawt-Jew-ie- 
^otm>u, (^ pf^ sefmant ^ U comtilMou civik 
du cie^gé' i la % de 1792, il renonça à l'état 
eeeléfiiA^tMpi^, et ùd woium gaide général éies 
ËatK-et-Foréts, et secrétaire de la Société d'A- 
gricultuf e d'Eure-et-Loir. On a de lui : Extrait 
d'une analyse critique de Vordonnance de 
16Ç9 et de tous les projets présentés aux 
législateurs , précédé d'Observations sur le 
danger d'aliéner les forêts, et Projet de 
code des eaux et forêts ; Chartres, an ix, 
in-8^ j — Cours d'Agriculture du département 
d* Eure-et-J/)ir } Paris, 1821-1824, 4 calilers 
in-8'*. où il y a de bonnes choses sur la nature 
du sol de la Beauce. Rouluër. 

Documents pariiculieri. 

FOR^STi^R {Henri), surnommé V Achille 
vendéen , général vendéen , né à La Pommeraye 
(Anjou), en 1775, mort à Londres, le 14 sep- 
tembre 1 806. Il étdt fils d'un cordonnier, et fut 
éleyé pour être dans les ordres; mais en 1793 
il prit les armes contre la république, et joignit 
Stofflet, qui lui donna, malgré son jeune âge, 
le commandement d'une .partie de la cavalerie 
vendéenne. Forestier se distingua surtout aux 
combats de Beaupréau, Saint-Florent, Géné- 
taux et Çhalonnes. Lorsque la grande armée 
royaliste s'organisa, il fut éju l'un des chefs divi- 
sionnaires, et s'opposa souvent victorieusement 
aux troupes du général Duhoux. Il fit admirer 
son courage au passage du pont Vérin, aux ba- 
tailles de Doué, Montreuil, Saumur, Châtillon, 
Vihiers, et fut nommé général en chef de toute 
la cav^erie 4e8 insurgés. Après les défaites de 
Sayenay et du Mans , il resta sur la rive droite 
4e la Loire, se jeta dans )a forêt de Gâvres, et 
aida puissamment le comte de Puisaye dans 
l'organisation de la première chouannerie. En 
1794 il commandait l'aile gauche des troupes de 
Puisaye lorsque celui-ci tenta vainement de sur- 
prendre la garnison de Rennes, i ore.stier devint 
ensuite, dans le Morbihan , Tun des plus actifs 
lieutenants de Cadoudal. Pressé par les républi- 
cains, il se réfugia en Angleterre ; mais lors de 
la nouvelle insurrection de 1799 il releva le 
drapeau blanc dans le haut Anjou. Vainqueur 
à Mareau , puis complètement défait et gravti- 
ment blessé à Cerisaie , il disparut jusque après 
l'amnistie de 1801. Il vint alors à Paris; mais 
ses relations ne tardèrent pas à éveiller la sur- 
veillance du gouvernement : il se rendit à Bor- 
deaux, puis à Bayonne, et gagna l'Espagne. 
Après un court séjour dans ce pays , il s'em- 
barqua pour Londres. La rupture du traité 
d'Amiens ranima les espérances des royaUstes: 
Forestier revint à Bordeaux, et, conjointement 
avec son ami Céris, il essaya vainement de sou- 
lever la Guyenne. Il noua des intelligences 
avec Dupérat, La JRochejaquelein et Cadoudal. 
Ce dernier ayant échoué dans $es tentatives 



175 



FORESTIER 



contre le premier consul, Forestier se trooTa 
compromis: la commission militaire de Nantes 
le condamna à mort par contumace ; il avait pu 
fuir en Espagne, et de là en Angleterre, où il 
mourut. Henri Lesueor. 

Biographie tnodeme, édit. de 18M. - Anaolt, Jay, etc., 
Biog. rumv. des Contemp. — Th. Maret, BUtoire de Ut 
Vendée. 

l FOEKSTIBR ( HmrirJoseph ), peintre fran- 
çais, né à Saint-Domingue, vers 1790. Élève de 
Landon et de Yincent, il exposa, en 1812, 
Ulysse et Télémaque massacrant les pour- 
suivants de Pénélope^ et Tannée suivante 
(1813) La Mort de Jacob lui valut le pre- 
mier prix au concours. Il acheva ses études à 
Rome; il exposa, après son retour dltalie, plu- 
sieurs autres tableaux, parmi lesquels on re- 
marque : Les Funérailles de Guillaume le 
Conquérant et Jésus-Christ guérissant un 
possédé. « Les qualités saillantes du talent de 
M. Forestier sont, dit M. Delécluze, la sévé- 
rité des lignes de la composition et une ma- 
nière énergique de modeler les chairs et de les 
peindre : quant aux défauts, c^est un peu d'af- 
fectation dans les mouvements et les expres- 
sions des personnages. » Après la révolution de 
1848, M. Forestier fot élu colonel de la 6** légion 
de la garde nationale, et figura dans la démons- 
tration révolutionnaire du 13 juin 1849. Arrêté 
au CkHiservatoire des Arts et Métiers , il fut ren- 
voyé avec ses complices devant la haute cour 
de Versailles, qm prononça son acquittement, le 
14 novembre 1849. Chahpagnac. 

M. Oelécloze, feaiUeton du Journal des Débats un 
S7 octobre 18SS. 

FOBB8TIEE. Voy. Lb Forebuer. 

FORESTVS. Voy, FoREEST (Pierre van). 

FORFAIT (Pierre- Alexandre-Laurent), m- 
génieur maritime et homme d'État français, né 
à Rouen, en 1752, mort dans la même ville, le 8 
novembre 1807. Il était fils d'un négociant en 
toiles, et fit ses études chez les jésuites de sa 
ville natale, il y obtint successivement les prix 
de mathématiques et d'hydrographie proposés 
par l'Académie de Rouen, qui l'inscrivit dès l'âge 
de vingt-et-un ans au nombre de ses membres. 
Protégé par le duc de Penthièvre, il obtint, le 19 
avril 1773, une commission d'élève ingénieur 
constructeur, fil servait à ce titre lorsqu'il obtint 
le prix de TAcadémie de Mantoue accordé au 
meilleur mémoire (en latin) sur le curage des 
cours d'eau et les canaux navigables (1). Le 8 
novembre 1781 il fut nommé membre de l'A- 
cadémie royale de Marine. En 1783 Forfait, em- 
barqué comme sous-ingénieur sur le vaisseau 

0) SoIaUo problematis ab regia SclenUaram et Lft- 
temrani Academla Mantaana propositl, ad annam 
MO>CCLXJLVI : Btm modum determinare qvo, mi- 
nimo labore et minima impensa, navigabileis alvei 
exvediantur ex arense et terrée acervis gui horum 
funaum alttut evehunt; a Petro- Alexandre Forfait, 
Rhotomagensl, oavlam gaUiaram régis pro-archttecto, 
exbibita,ab eademqae Academla probata. (PI.) Man- 
tuse , Rsres Albertl Pazzoni , 1777, in-40. 



— FORFAIT 176 

Le Terrible^ faisant partie de la flotte franco- 
espagnole commandée devant Cadix par le comte 
d'Estaing (voy, ce nom ), sut tenir les bâtiments 
jfrançais en bon état. La paix le rappela à Brest 
li s'occupa alors de travaux scientifiques, et fit 
des rapports Sur un moulin à vent (avec Par- 
mentier); ~ Sur les vers marins; — Sur une ma- 
chine propre à curer et à creuser les canaux, 
rivières et ports , inventée par les frères Eck- 
hard. Vers la même époque. Forfait fut chargé 
de la construction de paquebots transatlantique^ 
destinés à établir une navigation régulière entre 
la France, les colonies, et les États-Unis. Il 
réussit dans ses essais , et construisit des na- 
vires de 800 tonneaux, dont l'élégance, la marck 
et Tarrimage ne laissaient rien à désirer. Il in- 
venta surtout un nouveau système de cabestsn, 
réunissant à la fois la force et la facilité de ma- 
nœuvre. En octobre 1789, il reçut l'ordre d'aller 
en Angleterre rejoindre L'Escallier et d'y étudier 
les progrès maritimes de la nation anglaise. Re- 
venu au Havre en janvier 1790, il rendit compte 
de sa mission dans un manuscrit, aujourd'hui 
au dépôt général de la marine, n^ 2916, sous 
le titre de Observations sur la Marine d^ An- 
gleterre, 

Nommé en juin 1791 député de la Seine-Io- 
férieure à l'Assemblée législative, il y fit partie 
du comité de marine, et contribua à donner uoe 
grande impulsion aux chantiers de construction. 
Sur ses plans furent exécutés et lancés au Havre 
La Seine, Le Spartiate, Le Révolutionnaire ^ 
La Pensée et VIndienne. A l'expiration de son 
mandat, il ne fut point réélu, et son peu de sym- 
pathie pour le gouvernement révolutionnaire te 
fit dénoncer au comité de salut public, qui après 
une courte détention le rendit à la liberté. Le 21 
vendémiaire an m, il Ait nommé inspecteur 
général des forêts et chargé de la constructioa 
de bateaux qui , dans le but d'approvisionner 
constamment Paris, devaient en tout temps 
descendre et remonter la Seine. Il atteignit com- 
plètement le but proposé, et publia vers cette 
époque sur ce sujet plusieurs mémoires intéres- ' 
sants. En janvier 1797, le Directoire le chargea 
avec le vice-amiral Rosily et le commissaire de 
marine David de rechercher par tous les moyens 
le développement de la marine française dans 
les pays nouvellement réunis à la France au 
nord et à l'est. Les travaux de cette commis- 
sion amenèrent la créati'on du port militaire 
d'Anvers, port qui devint si important que les 
Anglais en exigèrent l'anéantissement en 1814. 
Forfait reçut quelque temps après l'ordre d'aller 
à Venise prendre possession de la flotte et des 
arsenaux de cette ville. Paris lui dut l'envoi des 
quatre chevaux dits de Saint-Marc, que l'on 
vit jusqu'en -1814 figurer sur l'arc de triomphe 
du Carrousel. Forfait fut nommé, dans les der- 
niers jours de nivôse an vi (janvier 1798), 
président d'une commission chargée de préparer 
les moyens d'opérer une descente en Angleterre. 



17 



FORFAIT — FORGET 



178 



» coUègues étaient le contre-amiral Lacrosse, le 
inéral Andreossy et le capitaine Muskein (1). 
Forfait, qui était resté au Havre, y repoussa, 
20 mai 1798, une agression des Anglais, qu'il 
)ligea à s'éloigner, et dirigea les travaux qui 
ireiit désormais ce port à l'abri de toute at- 
que. Le 28 brumaire Bonaparte, qui avait connu 
orfait à Venise , s'empressa de Pappeler au mi- 
istère de la marine. Forfait y resta vingt-trois 
lois, durant lesquels d'importantes mesures 
irent adoptées, telles que l'organisation du ser- 
ice des travaux maritimes, la création des 
réfectures, la composition et les attributions 
D corps des officiers de vaisseau, de l'artillerie 
i des officiers de santé. En même temps, il di- 
igea la construction des douze divisions de 
haloapes canonnières, qui furent échelonnées de 
lessingue à Lorient , et fit exécuter dans le port 
le Boulogne des travaux qui , en moins de trois 
Dois, lui donnèrent une augmentation de six 
neds d'eau, et firent échouer les deux attaques 
pe Nelson dirigea contre ce port et la flottille, 
6 2 et le 15 août 1801. Tandis qu'il déployait 
«tte féconde activité , ceux qu'avait mécontentés 
ion ayénement au ministère le dénigraioit sans 
%sse et gagnaient du terrain, à la faveur de son 
fréquent éloîgnement. Froissé dans son amour- 
propre, aigri d'ailleurs par l'injustice et la con- 
iinnité de ces attaques, il offrit sa démission, 
ine le premier consul refusa d'abord. Mais, au 
milieu de tant de récriminations , Bonaparte finit 
par croire que si Forfait se distinguait par des 
luafités qui rendaient ses services utiles, son 
caractère était loin de réunir toutes les conditions 
exigibles chez un véritable homme d'État. Solli- 
cité d'un côté par des rivaux, de l'autre par 
Forfait lui-même, il se décida donc, deux jours 
après la signature des préliminaires du traité 
d'Amiens, à accepter sa démission, souvent of- 
ferte, toujours lefusée jusque là. Ce ne fat pas là 
«ne disgrâce, car Forfait devint successivement 
conseiller d'État, inspecteur général de la flot- 
tille destinée au débarquement en Angleterre, 
commandant de la Légion d'Honneur, préfet ma- 
ritime au Havre , puis à Gènes. Une correspon- 
dance animée qu'il eut avec le ministre de la 
guerre Decrès , au sujet de Téchouement du vais- 
seau Le Génois, lancé le 6 août 1805, amena 
8a révocation. H se retira dans sa famille, mais 
le chagrin l'y suivit. Une faillite qui lui emporta 



JJl^tte coMiDteslon, dont il est toit mentloa an Mo- 
"W da » TentAse (18 février },n*eat d'existence qne 
f^ie papier, si on lot attribua ostenslblenent de vastes 
P^QToirs, cefot afin de concentrer FattenUon des Anglais 
'tJJ* projet de descente. L'expédition d'Egypte, seul 
wjet des préoecopattons Téritables, fat en effet, en verto 
■J"*»» du Directoire exécatif du « ventAse an 6 (s 
,. ""'*)♦ préparée par les soins d'une autre commis- 
wn. dont U nomination ne fut pas rendue pubUque, et 
Jrl'f/o'nposait du contre-amiral Blanquet Du Chayla, 
L^'^'"^' du général de brigade d'artillerie Dommartin^ 
e-T ^^^ ordonuateors. Le Roy pour la marine, et 
^ypoorlagaerre. 



! la meilleure partie de sa fortune vint l'aocaUer, 
{ et il succomba, à cinquantensinq ans , d'une at- 
taque d'apoplexie. On a de lui, oJtre les ouvrages 
! déjà cités : TraHé élémentaire de la Mâture 
'. des Vaisseaux; Paris, 1788, in-S"»; très-aug- 
I mente par Et. Wuillanme et suivi d'un Mémoire 
sur le système de construction des mâts 
d^assenUflage ipar Rolland, Paris, 1815, in-4°. 
Tout 06 qui concerne les bois, les mâts, les 
voilnres, les vergues et les autres parties du 
vaisseau y est déoit avec une précision remar- 
quable; — Observations sur V établissement 
des milices bourgeoises et de la milice na- 
tionale de V armée; 1789, in-8^; — Lettres 
d^un Observateur de la marine; an x ( 1802), 
in-8"; — Mémoire sur Vart de /aire les pei- 
gnes, publié dans la Collection des Arts et 
Métiers; — Relation des expériences faites 
sur la navigation de la ^eine. avec carte; 
imp. dans l'ancien Recueil de rinstitut , t. r% 
1798 ( section des Sciences mathématiques et 
physiques); — un grand nombre de Mémoires 
envoyés à l'Académie des Sciences, ou d'articles 
insérés dans le Dictionnaire de Marine, V En- 
cyclopédie méthodique, etc. P. Levot. 

Archives du ministàre de la marine et du part de 
Brest. — La Coudrais, Du Budget et du contrôle des 
dépenses. — P. Levot, Essais de biogn^Me maritime. 
— Documents inédits, 
FORGE (De L4) (Louis). Voy. hk Forge. 
FOB6ET (Pierre), sieur db Frêne, homme 
d'État français, né en 1544, mort en 1610. Après 
avoir exercé divers emplois , il obtint celui de 
secrétaire des finances, et fut choisi par Henri III 
pour être secrétaire d'État. Il prêta serment en 
cette qualité le 22 février 1589, fût envoyé 
peu de temps après ambassadeur en Espagne, 
en re^nt après la mort de Henri UI , et continua 
de remplir les fonctions de secrétaire d'État 
auprès de Henri IV. Ce prince l'employa dans 
toutes les affaires importantes , et le chargea de 
rédiger l'édit de Nantes; il le fit aussi intendant 
des bâtiments. Forget aimait et protégeait les 
lettres. On lui attribue La Fleur de lys, qui 
est le discours d'un François , où Von réfute 
la déclaration du duc de Mayenne; 1593, 

in-8^ 

FauTeict du Toc, Histoire des Secrétaires d*État, — 
Moréri, Grand Dictiminaire historique. 

FORGET ( Pierre), sieur de Beauvais et de 
La PicARDiÈRE, diplomate et poète français, mort 
en 1638; il exerça sous le règne de Louis XIII 
des fonctions assez importantes , et devint « con- 
seiller du roy en ses conseils d'F.8tat et privé, 
et l'un de ses maistres d'hostel ordinaires ». Il 
fut chargé de missions en Allemagne et en Tur- 
quie, et il exerça pendant un an les fonctions 
d'historiographe de l'ordre de Saint-Michel. Ja- 
loux de marcher sur les traces de Pibrac et du 
président Matthieu, il voulut composer des qua- 
trains moraux et philosophiques ; mais il eutle tort 
d'en porter le nombre à près de onze cents; des 
amis trop zélés les publièrent avec peu de soin ; 



^^^ FORGET - 

mort, en 1646, U en. fut 4<W»é à Pc^ns une édi- 
tion qualiAée de quatrième. Q. p. 

V^oUet-Le(lDC,^i;iMto<ia«i(«fK)iè(<««(«, |I43. (. |. p. «Jifu 
FORGET ( Jean ), médeein lorrain, né à Essey , 
vivait dans la première partie du dix-Mptième 
siècle. Il était premier médecin do duo de Lor- 
raine Charles IV , suivit ce prince dans toiia set 
voyages et dans toutes ses expéditions militaires, 
et fut ancW le 24 août 163a On a de Forget t 
Artis signaix d^ignoiaFallada ; Napci, 1638, 
in-8*. C'est une réfutation du système ridicule 
de J.-B. Porta, qui prétendait que le caractère 
extérieur des plantes suffisait pour faire cen- 
naître leurs vertus au premier aspect , et que ces 
vertus étaient déterminées par la ressemiblaBce 
des plantes avec certaines parties du corps de 
l'homme, ou des animaux, ou même avec les as- 
tres. Forget fit preuve d'un esprit judicieux en re- 
poussant ces chimères. Forget avait aussi co^i- 
posé des mémoires , restés manuscrits. D. Oal- 
met s'en est beaucoup servi pour son histoire 
de Lorraine. 

D. Catmet, Bihliothèiim Lorrutne; Histoire de Im- 
raine, t. III. p. S40, S8IU 898- - CbifQet, Çom1Mntar\^i 
Lothariensis. 

rone^QT {NiçQkK'JuUçn) , auteur drama- 
tique français, né à Paris, en juillet 1758, mort 
dans la même ville, le 4 avril:i798. Il se fit rece- 
voir avocat, mais n'exerça pas cette profession : 
il préféra entrer dans l'administration des postes, 
où il devint inspecteur. Sa vie fut courte : 
cependapt, il acquit une certaine célébrité comme 
auteur dramati(|ue, et plusieurs de ses nombreux 
ouvrages sont restés longtemps l'objet de la fa- 
veur publiaue. Nous citerons entre autres : Les 
Deux Oncles , comédie en un acte et en vers ; 
Paris, 1780, in-S" ; — Lucette et Lucas, comédie, 
on acte; Paris, 1781, et Amsterdam, 1781, in-8°; 

— V Amour conjugal , ou Vheureuse crédu- 
lité, comédie en ui^ acte; Paris, 1781, in-8°; 

— Les Rivaux amis , comédie en un acte et en 
verp; Paris, 1782, in-8° ; — Les Épreuves, 
comédie en un acte et en versj Pans, 1785, 
1786, in-8'*j — Les Dettes, comédie en deux 
actes, mêlée d'ariettes; Paris, 1787, in-8° : c'est 
la meilleure pièce de Forgeotj — Le Rival 
confident , opéra-wwque en (|e«x actes , mêlé 
cj'ariettesi Pari», ^^8, in-8°; —les Poram^rs 
et Iç liioulinx comédie Wrique , en un acte et en 
vers libres; Paris et ApRSterd^, 1791, iu-8°; 

— Le JKm^/e Diw^ce , ç^ Iç. ljt%eK{faM 4e la 
loi, comédie eu un 4ct^ et en vçars ; Paris, an m 
(17^5), in-8°; — le Me^songç^ officieux, co- 
médie en un acte; f^^ris, au y (1796), in-8''; — 
la Ressemblance, congédie en trois actes et en 
vers libres; Paris, 1796, ^1-8". 

Quérard, La France littéraire. 

l FOiiGuss {Émile'l>auran), connu sons le 

pseudouyme ^'Old-jNick^ littérateur français, né 

au commencement du siècle. Il débuta dans les 

\e\l^i» Tefs 189a ^prèa avoir pubUé des feuille- 



tems 4aQs i^ Charte (^e 183Q» il écri?it ûmk 
journal l^ Commerce des articles (]e critique si- 
gnés Old Nick, pseuc|pqyme qu'il garda depuis. 
Plus tard il 4eTiut rédacteur ^e la ^evue de. Pa- 
ris, de la Revue des Deux Mondes, de L'illus- 
^r<i/io^, enfin dq NatianaL M. Forgiies, quie^t 
très-versé dans la littérature anglaise , concourt 
depuis lûugtemps à la rédactiou oe la fievm Ht*- 
tmmQ^te. U a publié en outre plusieurs uu- 
TTages, reiparqu^bjes par uu esprit d'obsena- 
tion fin et profond. On cite de lui ; les Petiiti 
Misères de l^ vie humn^ine; Pari^, 1841, avtx 
vignettes par Grand ville; — la Chine ouverU. 
AvenHres de Fm ^oue} dans h pays de isiu-, 
Paris , 1 844, avec illustrations ; — une tr^ductioQ 
de Vff^tQire gé\iérale de^ Voyqge^ par Oes- 
borougb Cooley , en collaboration s^vec Adolpbc 
Jûîiune. M- Forgues publie actueUement une édi- 
tion çies Couvres de M. de La Menuais (ISôG). 

4(ev. ^es ii0i{» JlfoD((ei- — LouanOre et BourqpelQt.lA 
Litt.fr. çonttmp. — É.Texier, Biog. é^ Joumalist». 

^Qltl^Bi. {Jean-Nicolas), compositeur alle- 
mand et écrivain sur la musique , Aé le 22 fe- 
yrier 17^9, è Meeder, pi-ès Çobourg, et wortea 
1818, à (Hettingue. Il se liyra de bonne heure a 
l'étude des langues , du droit et de la musique. 
Aprè^i avoir obtenu le gr^e de docteur m phi- 
losophie à l'université de Qœttingqe, il U 
nouuué organiste et ensuite dir^<<twr de mu- 
sique. Satisfait de sa modeste portion , Forkel 
partagea sou temps entre l'exercice de ses foac- 
tions et les savantes recherches qiû furent l'ob 
jet constant de ses travaux. Il[al)ile organiste 
et compositeur distingué, c'est pr'iucipalement 
par ses écrits qu'il s'est acquis une réputatioû 
justement méritée. Il n'est pas de partie de la lit- 
térsiture musicale qu'il n'ait exjp^orée avec le 
soin le plus minutieux, notammept l'histoire et 
la bibliographie. Son histoire géniale de k 
Musique est le plus important de ses ouvrages, 
et témoigue de la vaste éruditiou de son auteoi; 
on y trouve une exactitude de fajts qui iais^ 
peu à désirer. Deux volume^ seulement du cûk 
histoire ont paru : le premier volume est cou 
sacré k la musique des Grecs et des Koroaiuâi 
le second embrasse une période qui ^'éiçnd de 
puis les premiers temps de l'Église jusque vers 
le milieu du seizième siècle, forkel s'occupait di' 
mettre eu œuvre les matériaux qu'il ayait réunis 
pour la suite de soii travail , lorsque 1^ mort \^int 
le ifrapper avant qu'il ait pu terminer la partie 
qui se rapporté à l'époque si intéressante de b 
création de l'art moderuç. 0^ § de lui • ^^^^ 
die Théorie der Mtmk, insoifern sie Liehka- 
bern und Kennern derselben nothwendig une 
niitzlic/i ist (pe la Théorie de la Musique en 
tant qu'elle est utile ou nécessaire aux aïoa 
leurs) ; Goettingue, 1774, in-i" ;— Musikalischr 
hritische Bibliothek ( Bibliothèque critique de 
Musique); 3 yol. in-S*», Gotha, 1778, 1779; - 
Ueberdie beste Einriçhtung œffenUicher Con- 
certe (De la meilleure Organisation des Cûp- 



lai Foaiiîî, - 

Rauear« £fii(i^nmug fiiiHï^ vinusikalUchen 
BegriJ[f4 (Péri^ioA ck qû^(me«^ Idées de Mu- 
sique); GœttUijmçi, i'SfX^ Ijfoch, ia-4°i — ^- 
^aliscMer 4i^^acÀ |^r J}^^tschiand çlvJI 
dasJaàr 1782, i4em 173^, 1784 et 1789 (AUnap 
BdcUMusidtl de TAUwuigae ptour les amée^ t782j, 
t783, 1784 et 1789; Uip24g, V^rr, -ri 4^/^- 
meiueGe^çMciiH dcr J^n^ii ( ^istQÀre ^ér^lç 
de la Mu^i^ue) { a yqI. iB-4^, ï-çi|>îig ; le preii^iev 
volucQôa été publié t^A 1788» W second u\ ï^rv^ 
qu'eu 1801 ; -!- Alïgçmvi^ ^fteratur ^' .4/w- 
sik oder AuleUmig ztir ^çnntttisii mvsiça- 
Ikclier Miic^er, etc. (ftiWiogr^plue gé^éiiile de la 
Musique); l*eipîp|g, 1792, ju-8**;— Traduction 
allemande de l'Histoire de ro{tér9 italien dUr- 
Uaga, avec des Bote^^ ; Leipzig, 1789, 2 vo\, in-8<»j 
— Uebçr ^^fi,ann, ^eba^ntiaKH. Bgcli*^ leix^n^ 
i(unst %md K\imtwerke (Sur \^ vifj, le talent et 
les œuvre* de J.-S. BacUJ ; l^eipzH^, 1803, i»-4", 
Comme çonipo^t^^UTi Forke) a p.^blié : JSqm- 
telles Chansons de Gleim^ çiveç dçi mélodies 
pour le clavecin ,• Qcettingue, 1773 -, ~ six sona- 
tes pour le c\^vecin ; 1778 j -p six idem \ 1 779 j ■— 
une sonate et nç aiv ayeç des variatiops pour Iç 
même instrument; 1781 ; — vingt-quatre varia- 
tions pour le clavecin sur ('air anglais God save 
the king; Gœttingue, l/^j -rr- tVQi* sonate» 

powr iç lû^np-forte» ave^ afiççunpagneroent ^e 

violon etYi(>lQpcelle; Londre^ 17^9. — ^orKe^ 
laissé çn manuscrit ^ii^^(^s^ oratorio \— l^ J^Qu- 
mv de l'^armQnie, cantate avec chœnrs dour 
bles; — Les ^exgers à Iq crèçj^ede Pethléem^ 
cantate; — diverses pièçcsi de musicjue écrites 
poqr des circQnstances particulières; — des inor- 
coaux de chant isolés; — des chœurs; — des 
symphonies, etc. Dieudonné D^nn^-Bakon. 
Fétis, Biographie univ. des Mvsicieas,* 

FORLENZE [Joseph'NicolaS'Blaise)^ ocu- 
liste napolitain, néàpicemo, petite ville de |a Ba- 
silicate, en mai 1 769, mort le 2 juillet 1 833. Après 
avoir fait ses éludes k Naples, U voyagea en Si- 
cile, à Malte et dans les lies de la Grèce. II vint 
ensuite à Paris suivre les cours de I^ouis et de 
Desaolt, puis U alla passer deux ans en Angle- 
terre, à Thôpital Saiot-Georgea, dirigé par îe cé« 
ièbre John Hunter. Il visita aussi , dans un but 
d'instruction médicale , quelques villes delà Hol- 
lande et de l'Allemagne. De retour en France , 
ii s'occupa spécialement des maladies des yeux, 
ti mérita par ses travaux le nom de créateur de 
la pathologie oculaire. U Ait nommé successive- 
ment chirurgien oculiste de l'hôtel-Dieu , des 
Invalides, et de tous les hôpitaux de France 
ainsi que de tous les établissements de bienfai- 
sance. On a de Forlenze : Considérations sur 
l'opération de la pupille artificielle^ suivies 
deplusieurs observations relatives à quelques 
mladies graves de Vœil; Paris, 1805, in-4". 

• Babbe, BoisJoUn, Sainte-Preuve, Biographie vniver- 
ulle dei Contemporaint, 

* FORLi {Ansovino de ), peintre italien, né à 



?PrlJi % yivait vers la fin du quinzième siècle, 
par 8^ patrie il appartiendrait à Vécole bolonaise, 
mai^ il doit plutôt être classé parmi les peintres 
de Vécole vénitienne, étant élève du Squareione , 
et ayant surtout travaillé à Padoue. Dans cette 
Yille . k l'église des £remitani ^^ on voit dans 
\inç cl\apette nue fresque représentant des ^uer- 
Kier^ agenouillés devant saint Christophe; 
cette peinture, signée Opus Ansuini,^ est, par son 
st^le et par îa richesse des costumes, bien su[jé- 
lienre 4 celles de Bono et de ^icoletto Pizzolo 
qui r^utourent. C B — n. 

1 Vïz^ Storia deltt^ Pittura. — Tlcozzi, Dizionari». — 
Paoto PaccK) , Nuovo C%iida d«é FwrestieH. 

roRLi ^Jacçiues de ), médechi italien. Foy; 
TOnRE (Cfiacomo della). 

roRMAÇB ( Jacques-Charles- César ), fa- 
buliste f^auçais, né à Ooupe-Sartre, près de Li- 
8ieu%, le 16 septembre 1749, mort le 11 sep- 
tembre 1808. Il sie voua à l^nseignement public, 
et devint, en 1779, professeur de troisième au col- 
lée de Rouen. Il fut dans la même ville profes- 
seur de langues anciennes aux écoles centrales, et 
conserva sa cliatre lorsqu'elles prirent le nom 
de Ijcées. On a de lui : Fables misée en vers; 
Aouçn, 1801, 2 vol. in-lî; et «quelques i)oésies 
latines et françaises couronnées par TAcadémie 
de l'immaculée Conception de Rouen, et Insérées 
dans le recueil de cette académie. 

Kabbe, Boisjolin et Saint«-Preuve', Béographi« uni- 
wraaMÉ 4ei Co»U»p»raius, 

t KOHiiAeLiKi (Tkamm ns), jurisconsulte 
ilalien, né à Bologne, vers iseà, mort en 1331. 
il fifofasua avec éclat dans sa patrie la science 
du dvûit, et il jouit d^una grande réputation, 
mais les ouwagea quUl composa n'ont pas été 
impriméa. G. B. 

Ttiaboachi, Xtoria OeUn LetteratHra Itaiiana, t. X, 
9. S^i. -n F4Rt«fil, HfoH^ie 4egH Sçr^ori Bologuesi, 
t. m, p. 3î7. - f^nçirPlU» P« Çlaris Legnm Interpreti- 
busy II. d9. 

FORMAL^OIVI 

voyageur vénitien 
à Mantoue, en 1797. Après avoir fait de fortes 
études dans sa ville natale, il pensa un moment à 
epibrasser l'état ecclésiastique, se maria ensuite 
avec une femme qu'il aimait, voyagea en Egypte 
et sur les bords de la mer Noire, se fixa pendant 
quelaue temj)s à Constantinople, revint à Venise, 
et y fit Jouer des tragédies qui n'eurent pas de suc- 
cès. 11 se livra ensuite h l'histoire et à la géogra- 
phie, où il réussit beaucoup mieux. Son caractère 
vif et emporté lui attira de nombreux désagré- 
ments, qui le forcèrent à quitter Venise en 1792. 
il se relira à Trieste , puis à Paris , où il fut em- 
: prisonné pour avoir dévoilé au gouvernement 
! vénitien les projets de la France sur la république 
! vénitienne, s'échappa, trouva un refuge à Milan , 
où il fut aussi incarcéré pour des motifs que l'on 
; ignore, et d'où il fut transféré dans la prison de 
! Mantoue, où il mourut. Ses écrits n'offrent rien de 
, lemarquable au point de Vue du style ; mais on y 
! trouve une foule de documents curieux et rares. 



I t Vincent ), historien et 
lï, ne à Venise, en 1752, et mort 



183 FORMALEONl 

L'auteur cependant fait quelquefois une part trop f 
lai*ge à l'esprit d'hypothèse. Voici les titres de ses 
principaux ouvrages : Descrizione topografica 
e storica del Dogado di Venezia; in-8', avec 
carte, 1777; — une traduction de l'Abrégé des 
Voyages de La Harpe, avec des cartes, des notes 
et une continuation, en 42 vol. in-8'; l'auteur y a 
joint une dissertation intitulée : lllustrazione 
di due carte antiche délia biblioteca di San- 
Marco che dimostrano V Isole Antillie cognos- 
ciute prima délia scoperta di Cristoj'oro Co- 
lombo, Forraaleoni cherche à y démontrer que 
l'archipel des Antilles ne diffère point de Tfie 
AntiUia, si fameuse au moyen âge, mais qui 
n'en est pas moins fabuleuse , bien qu'elle ait 
donné son nom aux Antilles que nous connais- 
sons. Ses preuves sont basées sur deux cartes 
vénitiennes, dont la principale est celle d'Andréa 
Bianco, qui remonte à l'année 1436. L'Antilliase 
retrouve également sur la carte de Weimar, plus 
ancienne de douze ans ; mais dans ces vieux mo- 
numents géographiques elle n'est placée qu'à 
deux cents et quelques lieues marines des cdles 
du Portugal, d'où il résulte bien clairement 
qu'elle n'avait aucun rapport avec les iles de la 
mer des Caraïbes; — Storia curiosa délie 
Aventure di Caterino Zeno in Persia; 1783; 
•— Sctggio sulla Nautica antica dei Veneziani, 
in-8" ; cet ouvrage important a été en grande 
partie mséré dans le Dictionnaire de Marine 
de Y Encyclopédie méthodique , et l'on n'a pas 
cité une seule fols le nom deFonnaleoni, qui, en 
1784, s'éleva contre ce plagiat dans son Apo- 
logia del Saggio sulla Nautica, etc. ; — Storia 
filosofica e politica délia Navigazione.,,. nel 
mare Nero; 1788, 2 voL in-12, traduite en fran- 
çais par le chevalier d'Hénin; Venise, 1789, 
2 vol. in-12, et suivie de notes très-étendues et 
foil érudites, mais souvent empreintes de l'esprit 
de système dont nous avons parlé , surtout en 
ce qui a rapport aux origines de Venise. On y 
trouve deux cartes de la mer Noire, dont l'une, 
fort curieuse, a été levée par les Vénitiens au 
treizième siècle. Cette histoire est le premier et, 
on peut dire, le seul ouvrage où la question de 
la navigation de la mer Noire soit traitée dans 
son ensemble. L'auteur part de l'expédition. des 
Argonautes et ne s'arrête qu'au dix-huitième 
siècle ; mais l'espace occupé souvent par des» Té- 
flexions prolixes aurait été consacré plus utile- 
ment à un grand nombre de faits importants, qui 
y sont omis. Il est vi*ai qu'il a laissé en manus- 
crit une continuation de ce livre. Formaleoni 
avait travaillé pendant longtemps à un ouvrage 
sur \es{Origines Vénitiennes, qu'il n'a pas publié. 
Il faut citer aussi parmi ses manuscrits : Dizio- 
nario topograftco, storico, civile ed econo- 
mico dello Stato Veneio. Alexandre Bonmeàu. 

Tipaido , Biografta degli Italiani illustri. 

FOBMAN (Simon), astrologue anglais , né à 
Quidham, près de Wilton (Wiltshire), en 1552, 
mort sur la Tamise, le 12 septembre 1611. Il fut 



— FORMEY 184 

envoyé à l'école libre de Salisbory, où il passa deo^ 
ans. A l'âge de quatorze ans, il entra comme 
apprenti chez un épicier droguiste de Salisban, 
apprit à connaître un certam nombre de plantes 
et de préparations pharmaceutiques , et essaya 
d'augmenter ses connaissances par la lecture. A 
dix-huit ans il se lit maître d'école dans le 
prieuré de Saint-Giles. Avec le peu d'argent qu'a 
recueillit dans cette profession, il put aller passer 
deux ans au collège de La Madeleine à Oxfonl. 
n y étudia la médecine et l'astrologie. Il voya- 
gea en Hollande, avec l'intention de se perfec- 
tionner dans ces deux sciences, et il vint en- 
suite les pratiquer à Londres , à Philpot-Lane. 
Quatre fois condamné à l'amende et emprisonné 
pour avoir exercé illégalement la médecine, 
il alla se faire^recevoir docteur à Cambridge, et, 
s'étaUissant à Lambeth, près de Londres , il y 
exerça publiquement la médecine et l'alchinue. 
n était consulté par les personnes du rang le 
plus élevé. Il mourut subitement, sur un bateau, 
eu traversant la Tamise. Wood a donné un ca- 
talogue de ses écrits d'après l'Ashmolean Muséum, 
ou ils sont presque tous déposés. Quelques-uns 
de ses manuscrits se trouvent aussi au British 
Muséum. 

Wood, Mhense Oxonimses. — Rose» Hew gênerai 
biographieal IHctUmary. 

* FORMÉ ( Nicolas) , musicien français, né à 
Paris, y mourut, en 1638. H fut maître de mo- 
sique de Louis Xm, chanoine de la Sainte- 
Chapelle , et abbé de Notre-Dame de Reclus. Il 
passe pour l'inventeur des mottets à deiix 
chœurs. Sauvai le donne comme un musicien 
fantasque, passionné pour son art au point de 
se trouver mal quand il faisait chanter ses com- 
positions. Après la mort de Formé, Louis XIII 
enferma, dit Sauva), « les œuvres de ce musi- 
cien dans une armoire qu'il fit faire exprès, dont 
il avait toujours la clef, et en prenait plus de 
soin que des plus riches meubles de la cou- 
ronne. » Ce musicien est enterré à Samt-Germain- 
l'Auxerrois. Ch.-L. Livet. 

Sauvai. Hist, et Antiquités de la vUle de Paris, liv. IV, 
p. 1S6-1S7. — Kircber, Musurgia universalis, sive an 
magna eonsoni et dissoni; Rome, 1650, i vol.in-foL - 
Lobineau, Preuves de VHist, de Paris de dom Félibien, 
tom. HI, 78-79. 

FORMET (Jean-Henri-Samuel), littérateur 
prussien, d'origine française, né à Berlin, le 
31 mai 1711, mort dans la même ville, le 8 mars 
1797. Son père, Jean Formey, avait quitté la 
France après la révocation de l'édit de Nantes. 
Formey fit ses études avec distinction, et avant 
l'âge de vingt ans il devint ministre de l'église 
française de Brandebourg. En 1736, il succéda à 
Forneret comme pasteur de l'église de Berlin. 
L'année suivante il fut choisi pour professeur d'é- 
loquence au collège français de la même ville; 
en 1739 il remplaça La Croze dans la chaire 
de philosophie. Nommé membre de l'Académie 
de Berlin lorsqu'elle fut organisée, en 1744, ii en 
devint secrétaire perpétuel en 1 748. Enfin, en 1 789 



185 



FORMEY — FORMI 



186 



a obtint le fauteuU de directeur de la classe de 
philosophie. Formey s'acquitta de toutes ces fonc- 
tions avec une activité infatigable, et il trouva 
encore le temps d'écrire une énorme quantité 
d'ouvrages, « dans lesquels on remarque, dit 
M. Bartholmès, une érudition variée et clioisie, 
on sens droit et ferme , beaucoup de modéra- 
tion et de franchise, un esprit aimable et doux ». 
Tous ces ouvrages, composés à la h&te, sont 
écrits d'un style très-négligé et n'offrent ai]uour- 
d'hui que bien peu d'intérêt. Les principaux 
sont : La Belle Wolfienne, ou abrégé de la 
philosophie wolfienne ; Lsi Haye, 1741-1753, 
6 vol. in-8''. Admirateur de la philosophie de 
Wolf, Formey employa tous ses efforts à la ré- 
pandre ; luais il écrivait avec trop peu d'agré- 
ment pour devenir populaire. « La Belle Wol- 
fienney dit M. Bartholmès , est une dame alle- 
mande, citoyenne de Berlin , ayant nom Espé- 
rance, qui, en se promenant sur les rives de la 
Sprée et dans les jardins de Charlottenbourg, 
disserte correctement sur les divers principes 
de la logique et de la morale, mais qui ne pro- 
duit sur le lecteur d'autre impression que celle 
dont à la fin elle se trouve accablée elle-même, 
un profond ennui ! » — Bibliothèque critique, 
ou mémoires pour servir à l'histoire litté- 
raire ancienne et moderne; Berlin, 1746, 
3 parties, in-12; — Histoire de V Académie 
des Sciences de Berlin; Berlin, 1750, in-4®; — 
Le Philosophe chrétien; Leyde, 1750, in-8«. 
C'est un recueil des sermons de l'auteur, qui s'est 
proposé la conciliation des dogmes chrétiens ayec 
la philosophie, de la foi avec la science ; — Mé- 
langes philosophiques ; Leyde, 1754, 2 vol. 
in-lS;— Éloges des Académiciens de Berlin 
et de divers autres Savants; Paris, Berlm, 
1757, 2 vol. in-12 : ces éloges sont au nombre de 
quarante-six; Fermey est resté bien au-dessous 
de Fontenelle, qu'il avait pris pour modèle; — 
Abrégé de V histoire de la Philosophie; Ams- 
terdam, 1760, in-8° ; — Choix des Mémoires et 
abrégé de V Histoire de V Académie de Berlin; 
Berlin, 1761, 4 vol. in-12. «Dans ses Mémoires, 
dit M. Bartholmès, on sent un peu trop le pré- 
dicateur, et l'on retrouve le savant étendu mais 
superficiel. Dans ses discours, on rencontre une 
agréable variété, des mots souvent fins, quel- 
quefois énergiques, mais surtout une sii^gulière 
adresse à préconiser Frédéric. » — Souvenirs 
d'tt» Citoyen; Berlin, 1789, 2 vol. in-8°. Les 
Mémoires de V Académie de Berlin contien- 
nent encore un grand nombre d'éloges» de 
mémoires, de dissertations de Formey depuis 
1746 jusqu'en 1793. Outre les publications pé- 
riodiques dont il fut le fondateur ou lé principal 
rédacteur, Formey travailla à V Encyclopédie 
française et à V Encyclopédie d*Yverdun,9xai 
Nouvelles littéraires , au Journal encyclopé- 
dique, 

BarUiolmës, Histoire philotopM<ti»e de V Académie de 
Pnute. - Bag. et Em. Haag, La France protéttante. 



FOBMET (Jean-Louis), médecm allemand, 
fils du précédent, né à Berlin, en 1766, mort le 28 
juin 1823. Il étudia d'abord au collège français, et 
se rendit ensuite à l'université de Halle. En 1788 
il se fit recevoir docteur en médecine, puis il se 
rendit à Paris. C'était à l'époque de la révolution. 
Obligé de fuir la France, il passa en Suisse, 
d'où il vint en Autriche, dans l'intention de sui- 
vre à Vienne les cours de l'université de cette 
ville. A son retour à Berlin, il fut attaché an ser- 
vice médical de l'armée et chargé en particulier 
de l'organisation des ambulances. En 1794 il fit 
la campagne de Pologne en qualité de premier 
médecin d'état-major, et en 1796 il devint mé- 
decin ordinaire de Frédéric-Guillaume H. Après 
la mort de ce prince, Formey fut nommé mem- 
bre du conseil supérieur de médecine et du 
comité de pharmacie. En 1 798 , il fut appelé à 
professer ta médecine militaire au collège mé- 
dico-eliirurgical de Berlin, et plus tard on lui 
confia le cours de médecine générale. En 1803 
il obtint le titre de médecin ordinaire de la co- 
lonie française, et l'année suivante il fut nommé 
médecin de l'état-major général. Revenu en 
Prusse après un voyage en France, où Louis Bo- 
naparte l'avait appelé pour le consulter sur la 
santé de la reine Hortense , Formey fut un des 
trois députés envoyés par la ville de Berlin au 
vainqueur d'Iéna. Il fut aussi membre de plu- 
sieurs sociétés savantes. Ses principaux ouvra- 
ges sont : Dissertatio sistens quiedam circa 
systematis absorbentis pathologiam; Halle, 
1788, in-8"; — Versuch einer fnedicinischen 
Topographie von Berlin (Essai d'une Topo- 
graphie médicale de Berlin) ; Berlin, 1796, in-8*; 
— Medicinische Ephemeriden von Berlin 
(Épbémérides médicales de Berlin) ;Berlin, 1799, 
1800; — Veber den gegenwaertigen Zustand 
der Medicin ( De l'État actuel de la Médecine) ; 
Berlin, 1809, in-8*»; — Von der Wassersticht 
der GeMmhœhkn ( De l'Hydrocéphale ) ; Berlin, 
1810; — AllgemeineBetrachtungen ueberdie 
Natur und die Behandlung der Kinder- 
kranhheiten (Observation sur la nature et le 
traitement des Maladies des Enfants); Berlin, 
1811, in-8°; — Vermischte medicinische 
Schriften (Mélange d'écrits sur la Médecine); 
Berlin, 1821, in-8° ; — Bemerkungen uéber 
den Kropf, etc. (Remarques sur le Goitre), etc. ; 
Berlin, 1821, ia-B'* ;— Biographie SeWc's;) Bio- 
graphie de Selle) ; Berlin, 1821, in-8*; — Ver- 
such einer Wuerdigung des Puises (Essai 
d'une Appréciation du Pouls); Berlin, 1823, 
in-S*». Formey a publié en outre les Medicinis- 
che Miscellen (Mélanges médicaux) de Roose; 
Francfort, 1804, in-4*>, et il a contribué avec 
Klaproth à la publication de la Pharmacopcea 
Borussica; 1799-1812. 

Eng. et Em. Haag, La France protestante. — Bncb 
et Griiber, jéUg. Enc. 

FOKMi (Pierre), médecin et littérateur fran- 
çais, né à Nîmes, au commencement du dix-sep- 



187 fo'Km 

tiènie sïècïe, i^ùhe fa^nîh'e)[)rotfe8taiiite,'ét mort 
dans cette ville , \é 5 juillet 16T9. Après avoir 
Tait de bonnes études à Montpellier, fl exeVça 
la médecine avec un ^attd snccès daffs sa VîBe 
natale, ^ancl Gus1taVe-Â(!folphe visita le tordi de 
la France, en 1631, il le prit pour médecin, eit fie 
fit accompagner par lui aux bains dé La Mafi^soti. 
On prétend même que, voulant conserver auprès 
de sa personne lïn homine dont il avait apprécié 
le mérite, il lui proposa de l'emmener en Sttèâe^ 
mais que iPormi ne put se Aécïder à quitter sa 
patrie. On a de luî : ïre VAàîctnîon, tm tfheûtu 
de VéntLSy contenant là âescription, têis tâi- 
lités et les diverses préparcaions aaléniqt^s 
et spagyriques de cette plante; Montpeffiér, 
1644,in-8* : ce traité, joint à celoî Dé rOrigifte 
des Macreuses d'André Grâîndorge,a été réim- 
primé par les soins Àe Bnctioz, sous ce titre : 
Traités très-rares concernant Thistoir'e na- 
turelle; Paris, 1780, m-ï2 ; — Idée de 'ta fitffre 
épidémiqiie qui depuis ïe commencement de 
cette année a paru et continue à par c^re à 
Nismes et aux lieux circofivm'sins ; 'NM'ès , 
1666, in-S". Les recettes bizarres quH donne 
dans ce livre pour se préserver àt la ][)este 
montrent combien on se faisait à cette époque 
de fausses notions des propriétés des corps ; — 
Vita Samuelis Petiti, xprcffessoris 't7ieologi tn 
Academia Nemausensi; Grenoble, l67â,în-18*' ; 
dédié à l'université d'Oxford; — Florilégnêtn 
Tieliconium, sive Musx tafinœ et g'àTlicx, 
Arausione, I674.în-t2; en ITioiûneur de feos- 
tave^Àdolphe. Û laissa inédits : VAt't de 'bien 
former tes discours, enrichi d'une toiin'te "et 
claire suite d'exemples et â^un'e *ÈîstoWe àe 
r homme et de ses divers états, natiiret, mo- 
ral et surnaturel, dans "laquelle dnfdi't ifoir 
Vanatorriie àe son corps et de touttes les pai-- 
tïes qui le composent, avec la desci^ipûon de 
son âme, de ses facultés, Ue ses actions 'et àe 
son innocence première, des rhdÙi'euYs du pê- 
che et de la félicité de la g face, il devait dé- 
dier cette bistoire, en la publiant, aux magis- 
trats de feerae et de Xuricb, en témoignage fle 
reconnaissance pour la bienveillante liospftaiHé 
que ces cantons avaient accordée à ses ancêtres 
pendant les troubles religieux dû seizième siècle. 
Formi avait épousé la fîlle de Samuel Pettt. 
De ce mariage il eut cïeùx 'fils. L*«n, Pierte 
Formi, prit le "parti des armes. Il eu le bras 
droit emporté à la bataille de Ititzen. Lacroix 
de Saint-Louis fut la récompefise de ses services. 
H termina ses jours dans sa vîîle natale, où il 
s'était rétiré. L'autre, JàCgfUes Formi, fut mé- 
decin comme son pèrè.H'fut toerribreàe l'Aca- 
démie de Nîmes. On dit qu'il était Versé dans 
la connaissance âes langues oYieift^es et 'qu'il 
publia la traduction de dîvéi*s"opusct!les de Miai- 
tifictoîdcs avec des iidteseypiicatîves. Notffe 'h'a- 
vons trouvé aucune indication précise cle ces 
publications. À la révocation de l'édît fte ïîan- 
tes, il 'fit profession publique ^è cathdHdëme; 



toafeièn l^S*^ 1i passa à IMtranger. Les dm 
frères ttountt-ent sam laisseï^ de postérité. 
Miàïël Nicolas. 
SïKk. Vlaag, ta France protesUmte. — BTéhard, HLf. 
'àe MMkSe». - iHiçbél Rfeols», /HUt. mtér^irHt de Min. 

yiMlMi»irt' XJ^iBm-Beepfist€-meûlêts),o9r- 
respdûèhtlt <l ami &t Volteire, ité k koneia, vers 
fa fin tfti dix-«epWlie 'iMolèflnoM^niiov^ttsbn 
'm%. ÏHcfte, ïçfe'itHel et i^tt^senx^, Fon»oHt, 
qui at!k^an pu prétendre à 4a gloire lUfiëratr^, «e 
wnlenta d^être un homme^a monde, aitoâWe,« 
tm boto juge des ouvmges dès autre». H fut Ym: 
'de ym t*^ "fflilistres ciètot«ttp<>rains , él il vécui 
dans flntîMÎté de lfP*c du i>e«fe*ld « de y^Mân. 
\5b a (le nii ^irelqwcs pOesws M9geiViMft hbcmhms 
èkiit tels ^uwes de V^ttaft-è. 
Voltaire, C&rregptmdànae. 

iFORiwosfe, pape, mort le 4 àviil ^6. H était 
èvêquc cle Porto , lorsque le pM)ê Jean Mil If 
déposséda cle ce siège, et l'exila , en lui deTeo- 
dant de revenir soit àPoi"^, soït à ï(ome, et en 
lui faisant promettre de se contenter <*e la com- 
miHiion laïque. Le pape Marin îl releva ï'ornwis" 
de ses serments, et le rétablît sur son siège. lt> 
|)apes Adrien IIl et Etienne Vt le traitèrent 
bonorablement. ïl fut élu pape le '21 seplembp 
891. C'était la première lois qu'un évèque étah 
transféré d'un autre siège à celui de ïtoiw. 
Formose,déjàévêque, Ue reçut point de nooTelle 
imposition desAiains; il fut seulement intronise. 
Il eut d'abord à s'occuper de Phofius et de se? 
adhérents. ïl .permît aux ëvêques orclonnés par 
ce,patriarche de garder leurs sièges, à la condi- 
tion qufls reconnuftraîent leur faute par éçitl et 
en demanderaient pardon. Après la mort *îe 
Guido, le saint-père appela secrètement à Roine 
le roi de la Germaiiie Àraoul, et le conronna 
empereur en 895. Bans Ite serment que les lîo- 
mains prêtèreiA à Amoul , le pape fit insérer 
cette clause : « Sauf la foi due à Formose. » Il 
s'entremit dans les affaires de la Fràticc, et t^ 
commanda a "Eudes de ne 4>as attaquer 'Cl!iarle< 
le Simple. ïl mourut après avoir oci:upé pendai.t 
cinq ans le siège 4)ontifical. Sa mémoire, anatLi • 
matisée.par le pape Etienne VU (voy. ce nom . 
'fut solennéllemerit réhabilitée par ^ean ÏX. 



' Barontus, Annales ecclesiastici. — Platina, f'i'j 
j Ponttficum. — Arlaad de. Ifloalcflr, r^ist. èci iouverah.i 

Pmieffiis.h.r\. 
Fgfci yr *{;%aMuél), fàWhxt^esk luttas, -né a 
I Wtfrffpelfitt, *Viv8tît dJrffe *fa 'preiïfièfre pâtée «fio 
I aix-iïe{«fôme ^<^. Il servit tm quaffrté de «rtfi- 
I ttffgien fltfnsVarméèae^tenfri IV eoartrtîteti- 
I gtic,*â 'StSél^ rfn sîége de Paris éh KW^. i^près 
; % t^\. Il rétotfma dans «a fafrie.^n %àe fni 
I Tih1rra?lé qtH, «eloû ^ ^iagrtfj^e méHteélf, 

'(jdntlttit tjêaucoiip »e ¥*narqoes 'efffHéfCfes ^ 

l'état *aè ^a chitwgic % l'époque 'opù « y?v«ft, <?t 
I dans lequel on trouve encore des choses tftUe!, 

«nal^E^ 4es progrès ^ue 'l'art a-fiiits depuis lors. 
I Oét<Jir^f»raKe'«9t1n1lttilé : 9raHécfttimrgioal dts 



199 



FOhMY — FORNASIËRO 



190 



mndesi laeê, emplâtres, attelles BÏlHinda' 
re$* Montpellier, 1661, hi-8". 
Éloy, Dici. MitélHi^ de la Médecine. -~ BîofriipMe 

Mdicale. 

FORNARi ( Simon) , littérateur italien , né à 
îeggio ( Calabre ), au cotnraeacement du sei- 
àèfne siècle, mort en 1560. Son frère$ l'abbé 
?omari, avait écrit un commentaire sur l'Arioste. 
> traTail s'étant perdu , Simon Fomari le re- 
X)iiimeDça sur le même plan^ et le publia sous 
te titre de Sposi&ione sopra i'Orlando fnrioflo ; 
Florence, 1549-1550, 2 vol. in-S**. On a encore 
de Fornariune Vie de VArioste, imprimée dans 
l'édition de VOrlando; Venise, 1566, in-é". 

Toppi, Bibliotêca Napoletana. 

*FOR!iARi (Uîomnni'Bnttistn) j sculpteur 
italien, fië à Parme , travaillait dans cette ville 
dans la seconde moitié du seizième siècle: Parmi 
les sculptutfeé, asâëA nombreuses, l^nll y a lais- 
sées, on remarqiie les deux élégants bénitiers de 
Saint' Jean- Évangélistei surmontés dea sta- 
tuettes de marbre des deiil laitltd Jean , et le 
buste d^ Octave iP'arnèse sur son tombeau à 
VégUse de la Steccata. E. B— k. 

Bcrlolazzl, Nuovissimo Guida di Parma. 

PORNAni ( M aria- Victoria) , fondatrice ita- 
lienne d'un ordre religieux, née à Gênes, en 1 562 , 
morte le 15 décembre 1617. Elle fut mariée à An- 
nelo Strate, dont elle eut cinq enfants, trois gar- 
çons et deux filles , qui tous embrassèrent la vie 
Ti'ligieuse. Après la mort de son mari , elle ins- 
titua l'ordre dés Annonciades célestes, Sonordre 
avait une centaine de maisons en Italie , en Al- 
lemagne, en France. Ses religieuses étaient ha- 
billées de i)lanc, avec uii manteau bleu de ciel. 
C'est de ce costume qu'elles aVaient pris le nom 
de Célestes ou Celestines. 

P.F. Amb. Spinola, Fita Marias Vict. Fomari; 
Gènes, 1640, in-40, _ p. l?ferdin. Mèlzl, Tità di Marlà- 
yitt. Fotnari; Lyon, 1881, In-S». 

*V0RftAHi {mcotû)f prélat italien, né à 
Rotne, te i3 janvier 1788^ tnoM te 15 juin 1854. 
Néd'Qtu; fomille pautrfej il étudia avec ardeur, 
reçttt les ordres, et se consacra à l'enseignement 
de la théologie) son mérite fut remarqué : ie.pape 
Grégoire XVI le fit entrer dans ia carrière diplo- 
matique. e!t Itli «bnfia la nonciature de Bruxelles. 
ie notiitttà ëti^tè^l^fèt de la congr^ation des 
études, emploi qui correspond au ministère de 
l'instructiOfi pWiqttë. fctêé cardinal in petto 
«ansletonsîstbirè du 51 décfehibre 1846, Fomari 
npfirtprocl^é ^uè dans cfcliit du 30 septembre 
î8ôo. Fotnatî fiit J)endarit quelctûe teinps nonce 
^'Jpape à É>aris, bii il eàt mort, tirtot tm Fère. 

*ï't>R*ARiJtA (La) , belle Româiiie que Ra- 
pi^ael a itnmortalisée en la prenant pour modèle 
plastique de ses figures idéales , mais dont h vie 
^if ^''^^"^^ presque entièrement inconnue, Vi- 
J* ad totometicettiefat dti seizième siècle. EHe 
^•ait fille d'dn bomlanger, qtii 'detatenrait au dfelà 
I^Q Tibre, du côté de Saittte-CécUe. H y avait 
^^s sa maison nn petit jardin entouré d'nn ta«r 



peu ëlevé. C'iest là qtie cette belle fine r&MÂi 
très-souvent prendre ses ébats ; et comme la 
renommée de sa beauté s'était répandue et atti- 
rait la curiosité des jeunes gens, et surtout celle 
des disciples de l*art, qui vont en quête de la 
beauté, tous désiraient la voir. Un jour que la 
jeune fille, croyant n*être pas vue, se lavait les 
pieds dans Teau du Tibre, Raphaël vint à pas$ier. 
L'artiste, s'élant haussé par-dessus le petit 
mur, vit la jeune fille, l'examina attentivement , 
la trouva très-belle et en devint aussitôt amou- 
reux. Cette passion n'échappa point à Agostino 
Chigi , qui faisait alors travailler Raphaël à la 
Farnéfiine ; il fit en sorte que la Fornarîna pût 
chaque jour tenir compagnie au peintre. Coimne 
il arrive d'ordinaire au\ amoureux de ne pou- 
voir tenir aucune conversation sans y mêler 
Tobjet de leur affection ^ ainsi Raphaël ne sa- 
vait plus peindre s'il ne parlait de sa bien- 
aimée dans la langue divine de l'art. Û la peignit 
dans plusieurs de ses compositions : dans la 
grande fresque de l'Héliodore, dans celle du Par- 
nasse au Vatican , sous les traits de Clio dans 
Lo Spasimo di Cecilia, et jusque dans son grand 
tableau de la Transfiguration. Il fit aussi son 
portrait à part dans un magnifique tableau sur 
bois quMl envoya à Taddeo , son ami intitne , à 
Florence. Ce porlraît a péri ou a été emporté 
loin de l'Italie. La Triimue de Florence et la ga- 
leHe du IMkris Barberiiii prétendent aussi pos- 
sédée" des portraits originaux de la Fornarina ; 
mais les conjectures à ce sujet xftA été combat- 
tues dans une f^hx de Mefehior M^ssiniû à 
taenato Arrigoni (Rome, 6 avril 1806). t?. 6. 

Revue Britctnnique^ t. XIX, année 1889. — J. Dumesnll ; 
iïlstoiredeg plus célèbre» Jtntateurs italiens, et de leurs 
réeauons avae les avt^tes; Parte, 1B8S. Xn-v. 

FbftNAlRt^ ( rd^rïtîo), atiléûr comique et 
a'cteiir italien , né à I^à^fitês , vivait à la fin dn sci- 
'/ièrti'e siècle. ïl composa diverses pièces ; une 
seule a été imprimée, VAngelica ( cinq actes, en 
prose ) ; il en existé deux éditions : Paris, 1585, 
Venise ) ï«07, et iinfe traducttt^ IVançaîse par 
L.-C. (pettt-'êtreLarivey, Chattip^fitoîs) ; PaWs, 
1599, îtt-li. on ttiouv^dans cette comédie le rôïe 
du capitaine espagnol eworfWWd, faMftu^dto v hâ- 
bleur, làcbe, type de Wes iftiàant&res qui fnrent 
îongtemii^ * la tttdffe. Fomans Jouait M-Même 
ce personnage ^Vec tant de irtïccès ^e !e tufm 
lui en resta. Bea 5ohn^ott a te^duit les feçoAs 
et !e langage ^ CdWôdHHy) en la personne du 
capitaôtae Êobaétvl , dans ^e lâe ses meflienres 
pièces, Every one in his Titim&ttr. MoHère n*a 
pas dédaigné d'empruntet à VAngelica queVqttes 
traits qu'il a placés dans V Étourdi. G. B. 

OEuvres de Molière , édIUon à*Miùé MarUn, lSt4, 1. 1|, 
p. 103-lOS. 

'•* FomvAsiciié ( ZulUm ), scatptenr vénflten, 
vivait à Padoue dans la prèttiière moKié dn ^eS- 
îîèttoe siècle. ïl termina m 1529 nii Aês bafe-re- 
Ifiers de la chapé^ de Saint- Antoitoe de Padôtfè, 
bas-relief conttneki'cé par Znan Maria, sculpteur 



191 

padooan. 



FORNASTERO — FORNIER 



m 



Les parties traitées par Farnasiero 
sont très-supérieures à celles exécutées par son 
prédécesseur. £. B— n. 

Paolo Faccio, Nuovo Guida di Padovo. — ; La Basi- 
Uca di S. Antonio di Padova; 1858. - Tlcoz'zi, Dizio- 
nario. - Ctcognara , Storia délia Scultura. 

FORNEB {Juan-Pablo) , littérateur espagnol, 
né dans TEstramadure, en 1756, mort en 1797, à 
Séville, où il remplissait des fonctions de magis- 
trat. Homme de goût et critique judicieux , il 
combattit avec vigueur l'affectation et la mono- 
tonie où était tombée la poésie castillane, et il 
s'efforça dans ses vers de ramener ses contem- 
porains à l'étude des modèles. Le temps lui man- 
qua pour justifier toutes les espérances qu'il avait 
fait naître. Un écrit qu'il mit au jour à Madrid 
en 1786 {Oracion apologetica por la Espana 
y su merito literario ) fit sensation. Il eut re- 
cours à divers pseudonymes, tels que: Tome 
Cecial, Varas, Bartolo , pour déguiser lés traits 
qu'il lançait contre de méchants auteurs. Ses 
vers sont épars en partie dans la Biblioteca se- 
lecta publiée à Bordeaux en 1819 par Mendibil y 
Silvela et dans le 4® tome des Poesias selectas 
de Quintana. On a essayé de réunir ses œuvres 
complètes, mais le 1*"^ volume seul a paru à Ma- 
drid, en 1843. G. B. 

Ticknor, History of Spanish Uterature, t. III, p.S94. 

FORNERET {Philippe),^ prédicateur fran- 
çais, né à Beaune, le 29 janvier 1666, mort à 
Berlin ,le 26 février 1736. Élevé dans le protes- 
tantisme et sorti de France en 1686 , pour se 
soustraire à la persécution religieuse, Forneret 
fit ses études à Francfort-sur-l'Oder et à Lau- 
sanne. Après avoir été T]uelque temps pasteur de 
Cœpenick ( Prusse ), il fut nommé» en 171 1, pas- 
teur de l'église française de Berlin. Forneret était 
un bon prédicateur, bien que son manque de 
mémoire l'exposât quelquefois à rester court. 
Formey publia de lui dix-huit Sermons; Berlin, 
1738, in-S". 

Eug. et EiD. Haaff, France protestante. 

FORNIER OU FOURNIER (Jehan), littéra- 
teur français, né à Montauban, vivait en 1558. 
Il fit ses études à Toulouse , et se consacra à la 
culture des belles-lettres. On a de lui : Épigram- 
mes érotiqties{m nombre de deux-cent-une); 
Toulouse, in-8**; — Chansons lyriques (au 
nombre de dix-neuf) ; Toulouse, in-1 6; — VU- 
ranie, au très-chrétien roi de France Henii U, 
contenant dix-huit sonnets, auxquels est décrit 
l'horoscope de la nativité de ce grand roi, avec 
la figure d'icelle , qui fiit l'an 1529, le dernier de 
mars, à six heures quinze minutes du matin , et 
autres figures servant à cette matière, plus // 27- 
ranomachie du Thoreau et du Capricorne , 
auquel combat céleste le Thoreau et le Capri- 
eome sont pris pour significateurs de deux 
graves princes, comme étant les signes ascen- 
dants, en leurs naissances ; desquels le Thoreau 
est maison de Vénus et exaltation de la Lune : 
et le Capricorne est maison de Saturne et exal- 



; tation de Mars; et par le naturel mouveDwnt 
: des deux se suivent en la forme qae l'aotoir 
décrit leure figures colloquées au zodiaque; aiec 
brièves Annotations sur les phénomènes d'i- 
celle Uranomachie; Paris, 1556, in-8°; —les 
quinze premiers chants de Roland furieuj, 
composés en tuscan par Loys Arioste, Ferrarois, 
j traduits en stances françoises ; Paris, Ghristophle 
Plantin, 1665, in-4°. Le curieux passage soi- 
, vant, tiré du cinquième livre du Roland Ju- 
I rieux, pourra donner une idée du talent de 
! Former : 

I Tons animaax lesquels sont en la terre 
I Vivent en pali, et fcranquUle est leur fait; 

On bien , slls ont dél>at et se font guerre, 

A^ la femelle onc le masle n*en fait; 

L'ourse avec l'ourse seure , par les bois erre ; 

Près du lion la lionne se platt. 

Avecle loup la louve est sans contrainte, 
I £t du taureau la vache n'a point crainte; 

Quelle furie et peste tant infinie 
I Vient & troubler les hommes vicieux , 
i Qu'on oyt tousiours le mary et la femme 
I S'entrepincér de mots pernicieux ? 
j S'égratigner d'outrage qui diffame , 
I Baigner de plaincts seulement, mais bien pire, 

j Souvent de sang les baigne leur folle ire, etc.; 

Les Affections de divers Amants, livre con- 
tenant trente-six chapitres , traduit du grec de 
Partenius de JNicée, ancien auteur, en prose 
françoise : plus les Narrations d'amour, écrites 
par Plutdrque, Paris et Lyon, 1555, in-8"; 
Paris, 1743, même format , précédé d'un Mé- 
moire de Mercier de Saint-Léger; et dans la Bi- 
bliothèque des Romans grecs, Paris, 1797; - 
Histoire des Guerres faites en plusieurs lieux 
de la France, tant en la Guienne et Languedoc, 
contre les hérétiques, qu'ailleurs contre certains 
ennemis de la couronne; et de la conquête de 

1 la Terre Sainte; et de tout ce qui est advenu 
en France digne de mémoire, depuis l'an 12oo 
jusqu'à l'an 1311, auquel tous les templiers 
furent détruits ; Toulouse, 1568, in-4»; — His 
toire de Vaffliction de la ville de Montauban 
lorsqu'elle Jut assaillie par plusieurs fols 
et longtemps assiégée des chevaliers et grands 
de France, Van 1662, poëme en trois h'vres, 
in-4*', resté manuscrit, 
u Croix du Maine et Du Verdier, B^b^iathièq^e* fra»' 

I çaisei, 1. 1. p. 497; IV, 416. - LeLong, Bibltathèque his 
torique de la France, IV, n» 17888. 

FORNIER, FORNERIUS. Voy, FOUENIEB. 

j FORNIER- FÉNEROLS (Jacques-Morgue- 
, rite-Étienne) , général français, né à£scous- 
I sent ( Languedoc ), le 28 décembre 1761, tué 
I au combat de Golymin ( Pologne ), le 26 décânbre 
1806). Fils d'un capitaine au régiment de Na- 
varre-infanterie , le jeune Fomier, sortant do 
collège de Sorèze, entra ( 1779) au régiment de 
Gondé, qui devint plus tard 2® régiment de dra- 
gons. Le courage qu'il montra dans plusieurs 
circonstances et l'instruction qu'il avait reçue 
facilitant son avancement, il arriva rapidement 
( 19 juillet 1795 ) au grade de chef de brigade, 
et enfin à celui de général de brigade le 29 août 



13 



FORNIER — FORREST 



104 



03. Les services importants qa'il rendit, tant à 
)henlindeDy où il mit en déroute une colonne 
itnctiienne qui menaçait de s'emparer d'un 
rc d^artillerie, qu'à Zurich, où il sauva le 2* ré- 
nent de chasseurs, lui méritèrent le grade 
officier de la Légion d'Honneur. Se trouvant 
3<3h'min ( Pologne ) au moment où une lutte des 
as sanglantes venait de s'engager entre l'armée 
ineraie et la division française commandée 
iT le général Lassalle, Fomier tomba mortei- 
ment blessé d'un éclat d'obus, après avoir as- 
iré la victoire aux Français. Le nom de ce 
fnéral est gravé sur les tables de bronze du 
alais de Versailles. A. Sàuzat. 

Archives de la guerre. 

*F0iuNO¥O ( Giovanni -Battista), habile 
thitecte parmesan, du seizième siècle. Il donna 
«dessins d'une belle église de Parme, VAn- 
unziata, dont la première pierre fut posée par 
tducOttavio Famèse, le 4 juin 1566. £. B^n. 
Seriolnzzi , Nuovissimo Guida di Parma. 
FORREST ( Thomas) f navigateur anglais, 
Mrtvers 1802. Il entra fort jeune au service de 
I Compagnie des Indes, et par ses talents devint 
&{Hdement capitaine de vaisseau. H coopéra 
leancoop en 1772 à la création d'un comptoir 
oglais à Balambangan , lie située au nord de 
Joniéo, par 7*» 16' de lat. nord et 114» 43' de 
ong. est. La fertilité du sol , les belles forêts 
pi l'ombrageaient, ses côtes faciles et poisson- 
leuses en Msaient pour les Anglais un entrepôt 
leareosement choisi pour centraliser les rela- 
ioDs avec les lies de la Sonde, les Moluques , 
es Philippines et la Nouvelle-Guinée ; mais les 
lopalations malaises environnantes étaient alors, 
omme aujourd'hui, hostiles à tout établissement 
iuropéen. FoiTest essaya de vaincre ces répu- 
^anc£s. Une ambassade du sultan de Mindanao 
enait d'arriver à Balambangan ( 1771) : dans son 
lersonnel se trouvait un nommé Ismael-Toan- 
ladii, musulman intelligent, connaissant par- 
utement, à une grande étendue, les parages si 
langereux de la Polynésie et parlant les divers 
liaiectes des indigènes. Forrest s'attacha cet 
loroiue, et entreprit avec lui un voyage à la Nou- 
elle-Guinée. H arma à cet effet un petit bâti- 
nent, Tartar^ de 10 tonneaux , manœuvrant à 
âmes et à voiles. L'équipage fut composé de 
ùgt-deax hommes, presque tous lascars , et 
e9 oovembre 1774 on mit à la voile en se diri- 
ieant au sud-est. Chemm faisant, Forrest noua 
^ relations avec divers souverains insulaires, 
ntre autres avec le sultan de Batchian, lie des 
loiuques, célèbre par ses mines d'or (1). Une 
laditioQ malaise plaçait dans cette lie le ber- 
Ni des princes moluques , issus d'un œuf de 
pgon. Qudques jours plus tard, Forrest toucha 
p les rochers de corail qui entourent la petite 
|b de Tomoghy. Il fut assez heureux pour pou- 

ÊBatcfalan fat longtemps possédée par les Bspa- 
, qui y avaieiit bâti piiulean forts. En lelo, ils en 
t chassés par les Hollandais. 

XOCV. BIOGR, GÉNÉR. — T. XTllL 



voir réparer ses avaries, gagna Véguiou, où il 
acheta deux korokoros (1), et visita les havres 
de Fofahak, Rawak et Piapis, tous olfirant de 
bons mouillages et où il se procura du poisson, 
du sagou et des tortues. Il signala le fait, vérifié 
depuis par Dumont d'Urville, qu'un isthme étroit 
sépare le port de Fofahak d'une grande baie 
méridionale. Forrest faillit périr sur cette terre : 
« s'étant seul,rapporteMarsden, un pen trop écarté 
du rivage, il vit s'avancer vers lui une dizaine 
de sauvages armés, dont les dispositions hostiles 
n'étaient pas douteuses. La résistance eût été 
vaine : Forrest le comprit, et, tirant avec sang- 
froid une flûte qu'il avait dans sa poche, il 
l'ajusta, et se mit à jouer un air de gigue. Les 
sauvages, étonnés d'abord, puis charmés, jetèrent 
leurs armes et se mirent à danser; reculant alors 
en continuant déjouer, il regagna le lieu où l'at- 
tendaient ses marins. » Après avoir relevé Véguiou, 
Boni et Kabaréi^ il prolongea sa route au nord- 
est. A vingt milles de Véguiou, il découvrit le 
groupe ilïot* (0" 19' etO° 41' lat. nord, 128» 21' 
et 129° 45' long, est), formé de petites lies et 
environné d'un rocher de corail de cinquante 
milles de circuit. Aïou-Baba, la plus importante 
et la plus méridionale de ces lies, a six kilomètres 
de drcuit et cent soixante mètres d'élévation. 
Forrest y trouva plusieurs femmes enlevées aux 
Hollandais : il en témoigna sa surprise au mon- 
do (2)1; ce dief lui répondit « qu'il s'inquiétait peu 
des Hollandais, parce qu'ils étaient bien loin, et 
que d'ailleurs quand les Européens demandaient 
comme satisfaction la tète d'un chef papou, on 
leur expédiait celle d'un esclave qu'on décapi- 
tait à cet effet ». Le 13 janvier 1775 Forrest 
aperçut la partie orientale de la Nouvelle-Gui> 
née. Le 2 5 un choc sous-marin brisa l'un de 
ses navirëtf^^ttependant le 27 il entra dans le 
havre de Doréi. n y prit un certain nombre de 
plants de muscadier, dans llntentton de les repi- 
quer dans les colonies anglaises. U s'avança au 
sud jusqu'èf Mysol; virant alors de cap, il se di- 
rigea sur Mindanao, où 9 atteint le 5 mai. Il y 
apprit qu'en son absence les Sonlous avaient at- 
taqué Balambangan et en avaientexpulsé les An- 
glais, dont les débris s'étaient cefiogiés à Bornéo. 
Il obtint alors du sultan de Mindanao la cession 
de 111e Bunwot dans la baie dlllano (lat. nord 
7» 10% long, est 122'' 10' ). Ce fut dans ces parages 
qu'il se sépara dlsmael Toan-Hadji. Lui-même 
fit route pour Bornéo ( 8 janvier 1776 ) , et arriva 
dans cette Ile le 10 février suivant. Il remit 
à la voile le 27, se rendit à Achem (13 mai), 
et essaya de gagner Calcutta; mais son na- 
vire percé par les vers et faisant eau, il fut 
obligé d'échouer sur la côte occidentale de Su- 
matra et de gagner Bencoulen par la voie de 
terre. Après un court s^ur dans cette ville, il 

(1) Bspèee de pirogoe particulière aoz Itabitants des 
Moluques. • 

(1) Le mmdo est, avec le sinagui et te kimalava» 
l'on des trois principaux chefs de cet archipel. 

7 



Il ■■ ' 

n 



i 



im forreSt 

se remhaiHTaa pour Calr.utt3j et (îc !à pcrar f Angle- 
terre. En I78[|, la Dini[fagTiîe des Indes chargea 
Forré?tt flV-ipliirpr rarchii>el Mefgui, sîfué dans 
]a partre orientale i\n $,oïïo rln Bengale (cntfe ?° 
«l 14" éf. M- nord et îK#' à 96" de long. c«t). ïl 
Ttûrtil de Caictittîi, et accompUt sa tâche avec Oti 
^m rîHnutitîUï : il releva successivement les 
!Vïusi!ijR, Tavaït Ttïiiafiscrim j King-fs!arwî, les 
Torre-ï, Mel, Snsannab, Saint- Matthieu, les Sèyér 
t4 Djoiiksi^ylon. Irtaljjsr^ Tétendue qu'occupe <îét 
archipel et la Tertiliîf^ de ses terres, les habitants, 
îitimm<'*É Tchalomes.&otitpan nombmix(400 ètt- 
Tît'on ) ; Ih sont bonddlnst< s. Le détroit qui sé- 
pare les iles Merguf dr. la f;6te de l'Indo-Chîrie 
reçut le nom lîe Forresi. Ctî narigatenr cohslata 
flans ctii pârufîcs re^isîenre^ d'une espèce partf- 
coiîÈre d« hxîhefl de mer \ nhine du genre Ort- 
t/iidinm, et non dénoTiuni-e jnstjue alors pat fés 
ichïhyokiiîued. De retour en Angletefre, ïï confî- 
nua ^o uervfce actîf, et fî'occnpa de la pti- 
blicatiott tie w^s Yoyages. Il y «msigila mie 
foule (Tobsei^vattonB ntmieUes, et les enrichît de 
cartes et de taures ilessinées par lui-même 
aTCii beaucoup de talent : la première refô- 
tioïi fut pubUéè en f 779, !i Londres, in-4*', et à 
Dublin , în-S°. Elle fut tritdnite aësez fÉeiacte- 
menl en frauçais par Dénie imièT, sons fe titre de 
Voijage de Batmnbmi(jan à fa NoHTèlle-GUinée 
et mi3e 3foiuqueiij faU en 1774, 1776» et l77Ô, 
etf^uWi d'un VocaèiUaîre de làLOnpuëdeMctn- 
gindano^ Parie, 17S0, in-1'*, cartes etfJ^urcé; 
on *?xtrait en a été puWié en allennénd , Hafrtp- 
iKJurg, Î782, in-ft°. Forreat publia ensuite : 
Vo^ûpe de Calctiita à V archipel M^^ui, etc., 
mWi d'une Aoïicf des ik^:^ de Djonksèylon , de 
Pmdù-Pinan§y du port de Kêdah, et d'Ane 
neiatîon de CMèbes ; l^radres, 1792, in-4*', 
fi g. et cartes; — Traité des Mounsoîti; Lo»- 
dreô, tlWi, 'm-¥*\ Paris, Irap. royale, f78«, 
in-4o. Ce traité est te meilleur (pidron aft encore 
sur ce myAj bï l'^ntroversi; par les raaiiiiB et les 
géographes. 

C'est à tort que l'on a (^a^qireiiow confondu 
Thomas Fi>rrest aTer. le capitaine Antïn Yatk- 
itt^r, qui fît naufrage \i* t*"^ Mai tS06^ sur te 
récif Sydney, sitné an sud dea lies de rAmirauté, 
par a" 20 de iat. sud et U4'' 30' de long. est. 
AllVed me Lacazè. 

Alcianrier DaTrjwpIc, mstorîml Cottecttmof roya- 
les. - Mafsdi^u* Hkstftjy o/ Sinmxtta. — DumoQt tf'Dr- 
YlUe, f'o&Qçe pittoresque. — Fnycinet et Duperrejr, 
$'aifa^e (jfitour du ^Tojid^. - Dûmeny (îeÀicnzf, Océa* 
ni^r dan» VUniiferiipltf.nr€^quf; ^ IU, p. S16, 9tê et 816. 

FOBHBLL ( Charles af ) , statisticien suédois, 
né à Skûttorp^ le 13 mars HltS, mort lé 35 octo- 
bre \H'iB. Et\ tsoo il entr2\ dans la célèbre con- 
juration de cette époque j il fut employé ensttite 
par .Adl<!f ïtparftï à diverses négociations, eft paf- 
tir4)tier ;ttfprès dn prince ChréCien'Angaste, dont 
il devint aussi raids^ lie camp, quand ce prince 
fut dMp:Ré oumme héritier do trône. Sur le dé- 
sir ciprîmé par Ciirétien- Auguste de voir dres- 
ser enfin une carte géûér^hûe la Suède, ForseH 



- FORSKAL 

leta \n ë^e dé ià èèSAëins^é 
^e .„^;,^„ et râcheva éW 1817. Mi 
corps des ingénieurs en 1810, il de 
nement de Bemadotte à la coUron 
du nouveau roî , puià professeur « 
tiques et de géographie du prince O 
dliuî roi. Chargé en 181 3 de porter ( 
dépêches de Gothembourg â Londr 
aussi aux bataîHesde Grossbeeren. 
Leipzig , ainsi qu'aux autres opératic 
suédoise. A partir de 1817* il siégea fi 
diètes du royaume. En f 819 il dreî 
jonction de la navigation à vapeur 
holm et Gothembourg, et entre la 
ces deux villes et la Wetteravîe 
En 1824 Forseti fut nommé directe 
cadastre du royaume, tes travaux ( 
la statistique le firent aussi connaîtri 
Ses principaux outrages sont : Su 
belter (tablettes statistiques ) ; Stoc 
— Statistik ôfver Sverige (Stati 
Suède ) ; Stockholm, 1834 ; — Soc 
ôfver Sverige; Stockholm, 1834 
ningar af en resd till Englan 
Voyageur en Angleterre ) ; Stockhc 
Anteckningar ocfi slaiisiika iq 
ôfver Sveringa (Indications pour i 
générale cïe la Suède) ; Stockhohn ; 

Convers.'Lex. 

FÔKS B US ( Siegefried'Aronsen 
et mathématicien suédois , natif d 
du Nyland , mori en 1637. En IGO 
Upsai, puis il devint successivemei 
à Stokholm et à Ekenâs. ï)es prédi 
logiques qu'il fii en 1619 amenère 
tion. Ses principaux ouvrages sont 
drier^ continué pendant neuf ai 
suédoise ; — MinerographiOf seu 
et fossilibus , également en suédc 

.Scheffer, Suec. lit. — Gezelius , Biog. 

FORSKAL (1) ( PeÀr) , nafura] 
geur suédois, né à Kahnar, dans 
(Suède), en 1736, mort à Djérim 
1763. Il fit ses études à C^ttin^ 
couronna par une thèse publiée si 
Dubia de principiis phitosophia 
qui fut accueillie avec faveur. tJn j 
blié peu de temps après son reto 
Pensées sur la liberté civile (171 
les lionnes dispositions de son g 
Ce fut alors, et pour se consoler de < 
qu'il se livra avec une nouvelle ar 
des sciences naturelles que Linné 
aimer. Il y fit des progrès rapides, 
fection du maître, habile à r 
mérite partout où il se montrait, 
tion scientifique , ayant pour raissi 
l'Asie Mineure, l'Egypte et l'Yéra 

(I) Les auteurs varient d'une manière sli 
tTioj^raphe da nom de ce botaniste , éc 
^orskaal, Forskael et ^orsÉahl ; la mani 
la seule admissible. 



forskAl . 

le ^i âé Dïrfèrftirk fréâéiît V : 
que FoisliSI en ferait parû^ en 
^uraSîste j H se ré\tmî détit à* f?e* 
, V6n HaVèn ^tfr les r&ti^e^ 
:t2tmë^ po\ii \€i sdeàtés médicate^^ 
pôïir lé diessîirtf, cl îlîebuh* p^iir 
fî(ïaes , fé séu! de tàms destîrté â 
ils ^tfifctft ttà èommènèèment de 
Èttrté ; (fàà^ iiùé Fèttrè adressée èl 
fvémbt'ê' i1b%y éMotice étfééâ tèi^- 
ge projeté; V6^a^ dotfU Mié àp^ 
at près de âéu± rfnnéè* : « Fôrslllâl 
leg WéiHeù^s dîé6ii)lei ; fétértifùént 
îssed^ à iÈîopenhague, Il tfent d*ôtrè 
rabiè , àirx. dépens dii M de Dane- 
eu nôos le conserve , nôifs devonà 
flne fonle de découvertes ftWéres- 
ielle particulièrement dans Fa con- 
s insecfes , quoique de bien peu itf- 
leô autres branchcà de l'histofre 
\près une navigation pénible, l'e^- 
ignît Marseille , et Forskâl , après 
une liste de plus de 260 plantes 
ir ïa plage maritime de l'Estac, alla 
âges et le jardin de Montpellier, 
la mer, la commission scientifique 
, puis successivement Smyme, 
lie, Ténédos, ïmbros, Rhodes, et 
fin à Alexandrie. Pendant ce long 
^1 dressa une liste des poissons qui 
les eaux de Malte , ainsi que celle 
peu nombreuses, qui croissent dans 
bre ; il chercha à connaître le degré 
s eaux de la mer et les causes de 
>rescence. Rosette et Le Caire ayant 
, l'expédifioh gagna Suez , et visita 
ireuse , non sans courir de grantfe 
', Djadda, Lahaja et plusieurs lieux, 
il étudia soigneusetnent la constitu- 
que, lui fournirent une fouîé de 
s ; mais lorsque , pour en recueillir 
id nombre , il allait explorer le mont 
atteint de la peste, et mourut en peu 
)jérim;, dix-huit mois environ après 
le Danemark. Ce peu de temps hii 
ur recueillîr plus de 2,000 espèces de 
t un quart absolument nouvelles, 
ns vulgaires grecs , turcs et arabes, 
en ordre les papiers et collections 
•agnon , et, de retour en Danemark , 
5 deux ouvrages suivante ; Ùes- 
mimalHcm, aviiifn, omphiBiorum, 
ectorUrd, termittrày quas in ititi&re 
^servavit P. Fbrskàl ; Copenhague, 
— Flora jEgyptiaco- Arabica, sive 
^s plant arum quas per jEfjyptum 
et Arabianï Felicem detexit , il- 
etrus Forskàl. Post mortem auc- 
Carsten Niebtihr. Accedit tàbuta 
Ikis geogrophico'botanica ; Côpeii- 
t , in-4°. A cet ouvrage ÉB trouvent 
florale de la plage d'Êstac , prè* de 



FORSTER 



t»8 



Marsefflè, une florale de file d<* Maliiî,pt une 
autre du littoral de Con^tûntinople , {hs. i}nrfïn- 
nèlles et de cpièlques îles dp la m*?r f^^'\ MnM^ 
un au plus tard Niebuhi' acheva <te pay^-r sa dt*tte 
à son malbeureui comp^igutui par des hmie^ re- 
tuiii naturalium ^uas in Uinere oiimtnH de- 
pingi àitravit €. ^Niebuhr ; Oopenluigue , 177(&, 
itil-4*'. Linné a con«icr*^ à la mf^moire dn Forskàl 
Un genre de la famtUe cïpî^ urticacéeâf ïe/orskti- 
lia, ayant po(Ur type le caidbeja adfistrens, 
plante d'É^pfé toHlnf do chanrvre. A, F. 

Ersch et Qruitét, Àltif. Enc. 

PORÉtftà, noVu comnnHi k ftlusieuts per- 
sonnages allemands, gue voïel dans l'ordre chro^ 
riologîque : 

FORSi^Éit (Jean) y hi^braiisant nll(*m?ind , f\<' 
à Augsbottrg, en 1495, ti mntt k \\\\U^\uherg , i^n 
1556. Il embrassa avec ardeur tes opmîim^ di* 
Luther et de MélanehflKiîi, et fut envoyé par Lu- 
ther à Strasbourg, en 1 :i35. La réfbrme avait fait 
de grands progrès dar^ e^tft ville, Forster y 
organisa réglisse hrthérionn^'j mais il m. eut pus 
garder l'esprit dé modération u^-Ci'ssaire pour se 
maintenir au milieu d'une population atfacbf^e 
encore en grande parti p -iir ^tathcilic^ifime, et en 
1539 H fut obligé de ((nitt«?r Stnisbnufg. Jl se 
reth'a à Wittemberg, on il enseigna l'hébreu avec 
beaucoup d'éélat. Etn porté par son zélé ponr le 
protestantisme, il abandonna plus tard sa chaire, 
et parcourut en mission naire le*différPttt<ssctjn- 
trées de ^ÂHemagn<^. Forster est autenr d'un 
Dictionârium ffebrakum novum^ e.r ^mcrl'i 
Brbim deprôrhptum ; lîàle, \hh% m-M. CH 
ouvrage , comme Findiqii<* li> titre, est rom posé 
uniquement aVec les raîitériaiix rjue la Bible four- 
nit à la linguistique. Forst^^r a dédaigné rhébroo 
rabbinique, qui pourtant a bien aon importance. 
Son dictionnaire a été rf^gardé lonj^temps comme 
le meilleur, et il est encon^ estimé ; Triais U a pi^riUi 
beaucoup de âôn importance depuis la publication 
des savants travaux de Gesentuâ et de plusieurs 
autres hébraïsants modernes. Al. li. 

Jôcher, AUgemeines GtUhrîtn-l/iticûji, 
FORSTER ^(Fff^en['^^ï), jurrîMîoTi^nlte alle- 
mand , né à WittembtMiî, le ^0 janvier i j^d, mort' 
le 28 octobre t608. Fils ri*'ni magistral , ii <^tu- 
dia à son tour le droit dans aa ville natale. 
En même temps il s'a[5pltqiia â la philosophie' ; 
il eut alors pour mattres Luther, Mélaneiilhon, 
Eber. H approfondit au^^sJ les mrttbématiqnes, el 
lorsqu'il se rendit à Padoue, il ^ trouva assez 
versé dans cette sctence pour la professer. En 
France, où il fit ensîvrte un voyap^e, il î^e lia 
avec les plus renommés juTiscon suites du c^e 
pays. C'était à Tépoquo di^^ hostilités entr«! le 
roi de France Henri il pf Phili|ipe IJ d'Espa- 
gne. Fotster s'enrôla monientanément danjï Vnt- 
mée espagnole. A &onn?tour d'Espagne, Fors- 
ter passa par Bourges, oi; il se fittecevotr doc- 
teur eS droit. Puis il alla faire des conrs sur ïa 
Jurisprudence, d*abord à Ingolstadt, t^nsnsi^ k 
Witteitibcrg. Sa réputation lui vaint d'être sp- 

7. 




199 



FORSTER 



pelé par le duc Eric de Bninswick aa\ fonctions 
d'administrateur supérieur à Minden, dans le 
pays.de Hanovre. En 1569 il fut chargé par le 
landgrave Guillaume de Éfesse de professeï; le 
droit à Marbourg. En 1580 il devint premier 
professeur de droit à Heidelberg, où ses cours 
eurent le plus grand succès. Des dissentiments 
religieux avec le gouvernement lui firent aban- 
donner cette position, en 1583 ; il vint alors à 
AVorms, où il donna des répétitions, puis à Helm- 
stœdt, où il fut professeur de droit jusqu'à sa mort. 
Ses principaux ouvrages sont : Historia Juris 
civilis Romani, etc., Bâle, 1565; Cologne, 1594, 
in-fol.; Mayence, 1607. Cet ouvrage, longtemps 
estimé, fit cependant accuser Forster de plagiat 
par plusieurs jurisconsultes, notamment par Tho- 
masius ; — De Jurisdictione Romana, aprimar- 
dio urhis; Lyon, 1586, in-fol. (posthume) ; — un 
recueil de Traités sur diverses questions de droit ; 
Bâle, in-fol., etFrancfort, 1565. Quelques-uns de 
ces traités avaient été publiés séparément. Les 
principaux sont : De Pignorihus et Hypothe- 
cis; 1580, in-4*»; — DeJurejurando; Heidel- 
berg, 1581, in-4*>. 
. Henri Dœring, dans Ench et Ornber, jillg. Bnc. 

FORSTBR (Valentin- Guillaume) , fils du 
précédent, jurisconsulte allemand, né à Mar- 
bourg, le 28 août 1574, mort le 23 octobre 
1620; Il professa le droit à Wittemberg, et fut 
assesseur à Téchevinat de cette ville. On a de 
lui ; Tractatio Justinianea; — Paratitla in 
Pandectas; — De Jure canonico , etc. ; — De 
Juris Interpretatione Libri II; — De Nup- 
tiis; — De Donationibtis ; — De SubstitutiO' 
nibus; — Solonis Leges latine, cum notis. 

Vfme , Diar. biog. 

FORSTER (Froben)y philosophe et philan- 
thrope allemand , né à Koenigsfeld , le 30 avril 
1709, mort le 11 octobre 1791. Il fit ses pre- 
mières études à Fretsingue et à Ingolstadt; à dix- 
huit ans il se rendit à Ratisbonne, où il entra en 
1728 dans l'ordre de Saint-Beoolt. On lui donna 
alors le nom de Froben . Il se fit consacrer prêtre en 
1733, et la même année il fut chargé de professer 
' la philosophie dans le monastère de Saint-Emme- 
ran. Le succès de ses leçons fut tel qu'on lui 
confia la chaire de philosophie à Salzbourg. Il 
y fit des cours qui soulevèrent maintes contro- 
verses; on Taccusa même d'innovation, tandis 
qu'il était animé d'un ardent amour de la vérité. 
Rappelé dans son chapitre, il contûiua de traiter 
les] matières philosophiques avec une telle dis- 
tmction qu'il s'acquit l'amitié de plusieurs per- 
sonnages importants, parmi lesquels le cardinal 
Quirini. Il s'éleva aussi dans la hiérarchie. Â 
dater de 1750 il devint successivement prieur, 
bibliothc' -aire, «ilin abbé de Saint-Emmeran, dont 
il fit im foyer de lumières et de bienfaisance , car 
il était aussi charitable qu'éclairé. On a de lui : 
Quid est veritas ? etc.; Salzbourg, 1745, in-4'»; 
— Methodus inveniendi veritaiem per medé- 
tationem, br éviter exposit a ;i\Âd., 1746,i]i-4^; 



— Meditatio philosophiea de 
chanico et optimo secundum sy 
nitio-Wolfianum; Mé., 1747, i 
Scripturss Sacrse viUgata edit 
in-4**; — Systema primorum Pt 
breviter eoDpositum; 1749, in-4 
Flacci Albinif seu Akuinif ab 
Magni , régis ac imperatoris mag 
postprim4im editionem a viro ctoi 
Quercetano curatam, de novocc 
Ratisbonne, 1777, in-fol. 

Ench et Gmber, AUg. Snc. 

FORSTBR (Nathaniel), théolo 
lologue anglais, né le 3 février i: 
combe ( comté de Devon ), mort h 
1767- Forster suivit la carrière « 
et mérita d'être admis, deux a 
mort, dans la Société royale de 
était profondément versé dans les 
ques et latines, et n'était pas n 
hébreu. Il joignait à une vaste < 
esprit de critique très-remarquabl< 
les travaux suivants : Reflections 
tural antiquity of govemmer 
sciences in Egypt; Oxford, 1743, 
bon pour l'époque où il fut compo 
a beaucoup moins d'importance de] 
des modernes, qui ont si puissammi 
à nous faire connaître l'antique pj 
raons ; — Platonis Dialogi quinq^ 
et notis illttstrati; Oxford, 174 
dialogues compris dans ce recu( 
Âmmtreux d'Eutyphron , YApologU 
le Criton, le Phédon. Ce travail se 
à la fois par la pureté du texte grec ( 
servations lumineuses de l'auteur; - 
Liviana continens; : i° selectc 
manuscript, et editionum antique 
neSf praedpuas variorum emen 
supplementa lacunarum in iis 
qui supçrsunt libris ; — Freinshe 
mentorum Libros X, in locum 
cundx Livianx deperditx; Ox 
Forster composa cet ouvrage avec 
tion d'un de ses savants collègues a 
Christ; — Popery destructive 
dence of Christianity, sermon; 

— A Dissertation upon the accoui 
to hâve been given of Jesus-Chr 
phtis; Oxford , 1749. On a regar< 
sertation, qui tend à démontrer qu 
peut être considéré comme authenti 
un des meilleurs morceaux de criti 
huitième siècle; -^Biblia hebraica 
tis; Oxford, 1750, 2 vol. in-4'». i 

Biôg. Brit. — Chalmers, Gen. biog. Did 
FORSTEK ( Jean-Reinhold) , n 
voyageur allemand, né à Dirschau, 
bre 1729, mort le 12 janvier 1794. ; 
mières études à Marienwerder, d'( 
au gymnase Joachim de Berlin. E 
rendit à l'université de Halle, ave 



FORSTER 



302 



; coars de médecine; mais la me- 
ts ressources entrayait cette voca- 
le d'ailleurs par son père, qui don- 
-ence au droit; il se décida alors 
logie. En 1751 il quitta Halle, se 
tzig, et deux ans plus tard il de- 
urà Yassenhof. Toutefois la théo- 
ans ses travaux moins de place que 
relie. Les circonstances développé- 
goût jusque alors latent , celui des 
Yoyé russe à Dantzig , Rehbinder, 
«posé d'entrer au service de son 

I et de visiter les colonies fondées 
»e méridionale par Catherine U, 
dit, le 5 mars 1765, à Kœnigsberg, 
nt par Memel et Riga, il arriva à 

II y prit ses instructions, et vint 
Saratow. Il s'acquitta fidèlement 

vit et étudia avec soin les hommes 
, et dressa du tout une relation 
émit au comte Orloff, à son retour 
»ple. Ce voyage, pour lequel Forster 
fonctions, lui rapporta plus de sa- 
vent; le gouvernement russe ne 
ère de Tindemniser, et Forster dut 
Uigleterre pour s'y créer des res- 
ses connaissances scientifiques et 

accepta à Warrington, dans le 
ne chaire de professeur d'histoire 
langues française et allemande. H 
alors faire venir sa femme et ses 
de nouveltes difficultés surgirent : 
intendit pas avec ses collègues; il 
Doission , et se contenta de donner 
airticulières et d'entreprendre des 
Eln 1772, il accompagna le capi- 
9y. ce nom), en son second voyage 
du Sud. Forster partait en qualité 
de l'expédition, aux appointements 
ïïectés à ce titre par le parlement. 
ec lui son fils, âgé de dix-sept ans. 
*s quittèrent Londres le 26 juin 

à Plymouth, ils s'embarquèrent le 
»rd du vaisseau La Résolution. Ce 
iura trois ans, fut marqué par des 
ez désagréables pour Forster : il 
à avec les autres passagers, et Cook 
nblait tenir en mince estime les ex- 
ientifiques de son compagnon de 
1 retour en Angleterre, Forster ne 
} chez les ministres, tels que lord 
ccueil encourageant auquel il aurait 
s'attendre. Peut-être y voyait-on 
>ux les découvertes scientifiques 
un étranger. H espéra en vain que 
nent se chargerait de l'impression 
de ce voyage, et dut se contenter 
T dans un ouvrage spécial les ré- 
iques ; il en fit autant pour la géo- 
>que et l'histoire naturelle et ethno- 
s pays qu'il avait parcourus* Ces 
une si grande valeur scientifique, 



rapportèrent peu à leur auteur.Bient6til se trouva 
tellement endetté, qu'il fut emprisonné sur la 
demande de ses créanciers. Les regards de sa 
famille malheureuse se tournèrent alors vers la 
première patrie, où l'on avait suivi avec intérêt 
toutes les péripéties du voyage de Forster. Son 
fils, qui fut l'historien de l'expédition, se rendit 
par Paris (1777 ) en Hollande et en Allemagne, 
Il atteignit son but : les princes allemands, les 
loges maçonniques se cotisèrent, 'firent des 
collectes, et Jean-Reinhold Forster fut rendu k 
la liberté et reçut le titre de docteur en droit à 
l'université d'Oxford. Son fils lui fit obtenir à 
Halle la chaire de professeur titulaire d'histoire 
naturelle et de minéralogie. En juillet 1780 
Forster se rendit dans cette ville avec sa fa> 
mille, n y fut attaché à la faculté et nommé 
dvecteur du jardin botanique. Ses cours attirè- 
rent d'abord une afHuence considérable; mais 
dès les premiers jours Forster adopta vis-à-vis 
de ses auditeurs un si rude langage que la dé- 
sertion fut presque immédiatement générale. M 
ne vécut pas en meilleure harmonie avec ses 
collègues, et les francs-maçons qui le reçurent 
durent bientôt , à cause de' ses exigences , le 
traiter avec une froideur telle qu'à partir de 
1792 il renonça à se présenter paimi eux. Au 
milieu de cet abandon universel, il trouva son. 
salut dans ses travaux intellectuels, qu'il appHqua 
aux branches les plus diverses, mais particuliè- 
rement aux sciences naturelles. Sous les formes 
âpres qui lui firent un tort si considérable, 
Forster cachait un caractère loyal et souvent 
compatissant, a C'est un bien savant homme, di- 
sait de lui le grand Frédéric; mais jamais je ne 
vis un plus grossier personnage. » Il possédait 
dix-sept langues; mais il aimait par-dessus tout 
les anciens ; Horace le charmait particulièrement, 
et ce poète fut son inséparable compagnon de 
voyage. On a de lui ; Characteres generum 
plantarum, quas in itinere ad insula^ maris 
Australis collegerunf, descripserunt y deîi- 
nearunt, annis 1772-1775, Jo.-R.-F. et Georg. 
Forster; Londres, 1776, in-4°, avec gravures. 
— Liber singularis de Bysso antiquorum; 
1776; — Observations mode during a voyage 
round the world on physical geography, 
natural history and ethic philosophy; Lon- 
dres, 1779, in-4"; — Zoologix Indicad ra- 
rioris Spicilegium ; 1781 ; — Tableau de V An- 
gleterre pour Vannée 1780, continué par 
Véditeur jusqu'à Vannée 1783, et en alle- 
mand; Dessau, 1784. Cet ouvrage, écrit pour 
Frédéric il, fut à peine remarqué par ce souve- 
rain; — - JSnchiridion Historix naturali in- 
serviens, quo termini et delineationes ad 
avium, piscium , insectorum et plantarum 
adumbrationes intelligendas et concinnan- 
das secundum methodum systematis Lyn- 
nœani continentur; 1788; — Onomatologia 
nova systematis oryctognosiœ vocabulis la- 
finis expressa; 1795; —- BeobacUtungen undr 



!|. 



4 

•i 



203 

WahrheUerij etc. ( Obsei'vations et vérités sur 
la théorie de la terre) j Berlin, 1798. Forster col- 
labora aussi à plusieurs ouvrages destinés à 
rinstruction de fa jeunesse, entre autres : Ge- 
schichte der Entdeckungên und Schifffahr- 
ten im Norden (Histoire des Découvertes et 
des entreprises paaritimes dans le Nord ) ; Franc- 
fort, 1784. V. R. 
Georges Forster, ^ f^oyage round the ioorld in Mis 
Britannic Majettff's tloop Résolution, commanded ùg 
capt. Jamtt C<fo¥ s hanit^^ 1777. - £|-scb et Cf u]>«r, 
Allg. Enc. 

FORi^TER {Jean-Georges- Adam) y fils aîné 
du précédent, voyageur et naturaliste alle- 
mand, né à Vassenhof, le 27 novembre 1754, 
mort à Paris, le 12 février 1794. 11 commença 
ses études sous la direction de son père, et les 
continua quelque temps à l'école Saint-Pierre 
de Saint-Pétersbourg. Neuf mois plus tard il 
suivit son père en Angleterre , où Û le seconda 
dans les traductions qu'il faisait pour vivre , e^ 
donna <^es leçons de français dans quelques 
maisons d'éducation. Venu ensuite à Londres, il 
tradiiislt en anglais les voyages de Bougainville. 
Au mois de juillet 1773, il mit à la voile avec 
sQp pèrC; qui venait d'accepter la proposition 
d'accompagner Cook, en route pour les régions 
polaires du Sud. Tout jeune encore, il fut cepen- 
dant soumis à mainte épreuve, son père, dont le 
caractère était irascible, se trouvant souvent aux 
prises avec le chef de l'expédition. Revenu en 
Angleterre, le jeune Forster éluda la disposi- 
tion en vertu de laquelle il était interdit à 
Jean-Reinhold Forster de publier la relation du 
voyage. Cette interdiction ne pouvait l'atteindre. 
£n conséquence, il fit paraître sous son nom 
r/OUvrag,e intitulé : 4 Voyage round the world 
in ffis Britannic Majesty's sloop Resolution, 
commanded by capt. James Cook; during 
theyears 1772, 1773, 1774 awrf 1775; "Londres, 
1777, 2 vol. in-4". Il publia ensuite une traduc- 
tion allemande de cette relation, avec additions, 
d'après le journal de Cook ; Berlin, 1779, in-S**. 
Cette publication, dans laquelle l'auteur déve- 
loppait des pensées et des sentiments supérieurs 
à son âge, n'apporta qu'un allégement «momen- 
tané aux souffrances de la famille. Georges 
Forster songea alors à chercher ailleurs qu'en 
Angleterre des ressources suffisantes. Au mois 
d'octobre 1777, il se rendit en France, où il con- 
nut Buffon et Franklin ; mais ses relations dans 
ce pays ne paraissent pas s'être étendues plus 
loin. Ayant appris alors que son père venait 
d'être emprisonné pour dettes, il passa par la 
Hollande en Allemagne, où il espérait, avec rai- 
son, trouver des secours. Il fut bien accueilli par 
le landgrave de Hesse, parle duc Ferdinand de 
Brunswick, enfin par le prince de Dessau, et 
accepta une place de professeur au gymnase 
Carolin de Cassel. Son père et sa famille se 
trouvaient alors dans une telle pénurie que pour 
leur venir en aide il dut continuer de faire des 
traductions. C'est de cette époque que date la i 



FORSTER 

bontimation de sa trftlkiolioB âe VHisto 
iurelle de Buffon entreprise par MaitÎD 
trouvait d'ailleurs souteMi pai* ée pré 
amitiés , celles de Dohm , de Jean de Mii 
Soemmering, de Tiedemann , eoia de 
Malheureusement ses travaux furent t 
pendant quelque temps par une certaine 
tion philosopfaiqoe ou religieuse. Cette si 
ne dura pas ; Forster était un trop Im» 
pour compromettre ainsi son avenir, 
cepta donc les fonctions de professent 
toîre naturelle à l'université de Wiln 
lui offraient le roi de Pologne et le prii 
chel Poniatowski. Avant de se rendre à 
tioation , il visita plusieurs viUes impoi 
entre autres Prague, Vienne «t Varsovie 
pereur Joseph 1ï,qm le reçut en aadieDC< 
ccriière, sembla vouloir le détourner de se 
à WHna. « Si vous tenez à travajUer, 
Forster, ce n'est pas en Pologne que \ 
trouverez les moyens. Les Polonais s^ 
peuple vaniteux et borné. En entrant é 
pays, il est bon d'aviser à (a manière d'en 
— Sire, répondit Forster, je ne désire 
cfeose: fravalH^ à mon idse. --^ Alors, n 
l'empereur, vous vous en retournerez bie 
La prévision de Joseph n se réalisa eo 
Forster, qin t^ait tant à se Uvrer à ses o 
lions studieuses, rencontra de nombreux 
cultes. Cependant il se fit recevoir doct 
médecine à la faculté de Halle, puis il < 
Thérèse, ^le de son amrl Heyne. Au mois 
1787, il quitta la Pologne pour aller p 
part, sous les conditions les plus avantaif 
à un voyage de découvertes ordonné par 1 
ratrice de Russie. Mais la guerre de I 
qui survint sdors #t avorter ce projet et en 
temps les espérances de Forster. Il vin 
à Mayence , oà , grâce à Jean de MuU^, il 
un modeste emploi de bibliothécaire; en 
temps il s'occii[)a de divers travaux, et p 
Hèrement de traductions. Un voyage di 
mois, qu'il tit rasuite avec Alexandre de 
boldt, lui fournit l'occasion de composer i 
vrage qui lui assure un rang honorable 
les bons écrivains allemands. A son re 
Mayence, au mois de juiHet i7^, il rep 
traductions, tout en s'occupant de la publ 
de l'œuvre que lui avaiient inspirée ses vc 
Dès lors aussi il s'occnpa de matières 
ques. A l'époque où Cu^e fit son entré 
Mayence à la tête de l'armée française, i 
fut l'objet de la confiance du général n 
cain : il avait compris Fimpossitilité de d 
rer fidèle à une cause qui s'était abandonn 
même, celle de l'électeur, qui « avait fui, 
avec la caisse des orplielins; celle de 
blesse , qui , ayant mis en sûreté tout ce < 
possédait, demandait à la bourgeoisie de 
crifier ; enfin , celle du dergé , qui s'était 
orlieux à ta'populaftion. » Ce langage lui ai 
bfrinc desdasses privilégiées, qui mirent sa 



9^ 



YOE^jm 



206 



rix. La ville de Ma^enoe <^i^eaForster de porter 
la Convention riatlçnale de Paris Je vœu for- 
111 lé x>ar les May^nçaîs d'être incorporés è la 
ation française. ^ même temps il espérmt 
tre OQnimé député de Mayence; mais la retraite 
e Custine et les événements qui suivirent dé- 
)uèrent toutes ses espérances, et il dut rester à 
^aris , oïl il mourut. Outre la relation de. son 
oyagc avec le capitaine Copli, on a de lui : 
\eplj/ go M. Wales^s on M. forster's Account 
f capt^ Cooh's lasl Voyage; Londres, 1778, 
n-4° ; — Gescjiichle und Beschreihung des 
^mdbaiims ( Histoire et description de l'Arbre 
i Pain) ; Casse!, 1784^ in-4*' ; en français, Cassel, 
1784; — - Dissertatio botanico-medica d^ 
olanfis esculentis insularum Oceani austra- 
lis; Halle, 1785, în-8* ; — Florulx insularum 
australium Prodromus; Gœttingue, 1786, 
in-8°; — Kleine Sckriften, etc. ( Mélan 
ges, etc.)jLe^zig, 17B9-1797, in-B°,en 6 par- 
ties ; les cîn^ dernières ont été publiées par lïu- 
ber, après la mort de Forster; — Ansichten 
vom Nïederrhein , ppn Brabant, Flandern^ 
Holland, England und Frankreichf im 
April, May und Junius 1790 (Vues du ba^ 
Rhin, du Brabant, de Flandre, de Hollande, d'An- 
gleterre et 4^ France aux mois d'avril, mai et 
juin 1790 ) ; Berlin, 1791-1794, 3 vol. in-8° ; trad. 
en français par Ch. Pougens, Paris, 1795, 3 vol., 
in-S*. Forster a pris part aux traductions an- 
glaises de Lamonbsof, d'Osbeck, de Kalm et de 
Bossu, publiées par son père. Il a lui-môme tra- 
duit en allemand de nombreux ouvrages, parn» 
lesquels ; La Lettre de Morozzo à Macquer sui* 
la décomposition des acides carbonique et 
nitrique; Stendal, j784, in-S"; — La fielation 
du troisième voyage de Cook; Berlin, 1787- 
1788, 2 vol. in-4°. Il a publié en outre de nom- 
breux mémoires dans plusieurs recueils. V. K. 

Ersch et Gral)er, JUg. Bnc, - Biographie médicale. 
- Jean-R<i««iol« Forster, tfans les yinnai. der PHUot. 
de Jaeo^s. ^ à. «t W* Mai^mi, Otéitr^Ueristiken mid 
Kritiken, Ji. 

FORSTER ^ Qeorges), voyageur anglais, mort 
à Allahabad , en 1792. Employé au civil par la 
compagnie des Indes orientales à Calcutta, il fit, de 
1782 à 1784, un long et périlleux voyage à travers 
rinde septentrionale et la Perse. Il parlait IMn- 
(lou avec une pureté ^t une facilité peu com- 
munes; le persan lui était égialement familier; 
il avait aussi fait quelques progrès dans le sans- 
crit, mais il se servait plus particulièrement de 
l'idiome usité chez les Mabrattes. Doué de tous 
ces avantages , et déguisé en négociant musul- 
man, il entreprit son expédition. Du Bengale, 
il entra dans le C^cbemyr et en Perse, et îl ar- 
riva en Angleterre (1784 j, après avoir traversé 
la Russie. En 1785, Fcyster publia à Londres 
un ouvrage sur la mythologie et les mœurs des 
Indousj puis il repartit pour Calcutta, où il fit 
paraître, en 1790 , la relation de son voyage sous 
cetilre : A Journey from Bengal to England^ 
édition fort rare^ qui fut réimprimée avec la suite 



de la relation à Londres, et dont on a une tra- 
duction en français , avee des additions impor- 
tantes, par Langlès; Paris, 1802, 3 vol. in-8^ 
On ignore à qui est due la publication de la suite 
de l'ouvrage original^ en 1798; car Forster 
était mort en 1792, à Allahabad , pendant un 
voyage qu'il fiiisait pOur entamer des négocia- 
lions avec le chef des Mabrattes. Les informa- 
tions prises par ce voyageur étaient plutôt le 
résultat de ses recherches locales et de ses ob- 
servations que de 1^ lecture. Aussi faut-il se défier 
de ses considérations historiques ; mais lorsqu'il 
rapporte ce qu'il a vu, on peut avoir toute con- 
fiance dans ses récits. 

Conversât.- Lexik. — Krschet Gmber, AUg. Bucycl. 

*FOBSTER (TlumiaS' Ignace- Marie), natura- 
liste astronome anglais, né à Londres, le 9 novem- 
bre 1789, mort vers 1850. Il passa une partie de 
sa première jeunesse à la résidence de son ateul, à 
Walth.amstow. De bonne heure il manifesta un vif 
penchant pour les sciences naturelles, qu'il com- 
mença d'étudier sérieusement à l'âge de seize ans ; 
dès lors aussi il commença la série de ses publica- 
tions ; les premières en date sont le Liber rerum 
naturalium et 'le Journal of the Weather 
(1805), continués l'un ejt l'autre depuis cette épo- 
que. Forster reçut en même temps de son oncle 
Benjamin les premières notions d'astronomie, de 
mécanique et d'aérostatique, puis il apprit tes lan- 
gues, et s'occupa de phr4iolo{gie. En 1808 ii écri- 
vit un ouvrage sur lestriroridelles ; en 181 1 il s'oc- 
cupa d'astronomie à propos de la comète de cette 
année. Une nialadie, dont il avait été atteint l'année 
précédente , lui fit faire au sujet de l'influence de 
l'atmosphère sur la santé des observations qu'il 
consigna dans le Philosophical Magazine, 
et qui amenèrent entre lui et Arago une vive 
polémique. En 1812, dans une brochure sur 
l'influence des spiritueux sur l'homme, Forster 
émit une doctrine qui ne fut pas moins con- 
troversée que ses opinions sur l'action atmos- 
phérique. Comme Rousseau Pavait soutenn 
avant lui, 11 prétendit que l'homme n'était pas né 
Carnivore. Il appuya cette thèse non-seulement 
sur ce qu'il avait lu, mais encore sur sa propre 
expérience. Jusque alors Forster avait étudié dans 
la maison paternelle : il obtint enfin de son père 
d'aller compléter ses connaissances au collège 
Corpus-Christi d^ l'université de Cambridge. Il 
y prit ses degrés. Pour se conformera la volonté 
paternelle, ft étudia les lois, auxquelles il pré- 
féra bientôt la médecine, qu'il abandonna ensuite 
également pour s'adonner uniquement aux 
sciences. Il fit imprimer alors une édition d'A- 
ratus , sous le titre grec de 'ApotTou Ato<n)(jw(a , 
notis et collatione scripiorum illustrât a; 
Londres, 1813, in-s". Quelques notes dont il était 
peu satisfait le portèrent ensuite à brûler une 
partie de ce travail. Il résulta de ce sacrifice que 
le livre devint assez rare. Obligé de suspendre ses 
travaux j)ar suite d'une blessure à la main gauche 
reçue en faisant une expérience, Forster se rendit 



107 



FORSTËR 



208 



à Oxford en 1813. A wa retour au collège, il 
composa une ode grecque commençant par ces 
mots : R T{ (11^ vOv (peuy&K Màpia. » C'est en 1814, 
pendant un yoyage dans la principauté de Galles, 
qu'en franchissant les collines du pays, Forster 
se livra à ses premières expériences l'clatiyes à 
Teffet de Tair raréfié sur les oreilles. 

Dans un voyage à Londres, Forster étudia , 
avec Spurzheim. qu'il y connut, Tanatomie et la 
physiologie du cerveau^ Il suivit à Edimbourg 
le célèbre phrénologiste;, qu'il seconda dans la 
propagation de la nouvelle doctrine. Ainsi que 
c^la lui arrivait habituellement en étudiant une 
science, il composa à son tour sur ce sujet un 
écrit, lu en mars 1816, et ayant pour titre Mémoire 
sur l'anatomie comparée du cerveau. Une ex- 
cursion dans les Highlands d'Ecosse lui ins- 
pira des observations météorologiques qu'il pu- 
blia dans le Philosophical Magazine, et qui fu- 
rent suivies d'ouvrages divers sur l'influence 
de l'air dans les maladies périodiques et d'une édi- 
tion annotée de Catulle. 

Le 3 juillet 1819, à onze heures du soir, il dé- 
couvrit dans la région du nord une comète, aperçue 
dans la même nuit à l'Observatoire de Greenvrich. 
Dans la même année, il visita la Flandre, la 
Belgique, la Suisse et Paris ; puis il consigna dans 
le Philosophical Magazine ses observations 
sur la variété dans le pouvoir dispersif de l'at- 
mosphère et sur les couleurs des étoiles. Presque 
en même temps il publia un calendrier perpétuel 
de tous les phénomènes de l'année. Élu m.embre 
de la Société des Astronomes de Londres, Forster 
se retira sur son domaine à Hartwell, où il re- 
vint à la botanique, tout en continuant ses travaux 
astronomiques, et publia de nouveaux ouvrages, 
particulièrement sur cette dernière science. 
En 1827, il se rendit à Aix-la-Chapelle et à Spa, 
où il signala des traces de tremblements de terre. 
£nl833 il vint à Bruxelles , et en 1834 il voyagea 
en Italie et dans le midi de l'Europe. Une bro- 
chure intitulée Ontophilos, dans laquelle il pré- 
tend que les animaux ont une âme immortelle, 
lui attira d'assez violentes attaques de la part 
du clergé , qui l'accusa en particulier d'avoir 
voulu introduire les doctrines indiennes dans 
une université chrétienne. Forster répliqua par 
une nouvelle brochure en s'autorisant de l'o- 
pinion de quelques Pères de l'Église ou prélats, 
tels que TertuUien , Origène , Bellarmin. Parmi 
ces travaux Forster trouvait le temps de faire 
de la poésie ; une pastorale fut le résultat de ses 
loisirs poétiques. Retiré plus tard en Flandre, il 
se livra avec une ardeur nouvelle à la culture de 
la botanique. Forster fut nommé membre de 
la Faculté de Médecine de Cambridge, membre 
de la Société de Linné à Londres , enfin corres- 
pondant de l'Académie des Sciences naturel- 
les à Philadelphie. Les principaux ouvrages d'I- 
gnace-Thomas Forster sont : Researches abcut 
atmospheric Phenomena; Londres, 1812; 
— Reflections on spiritîiotts liquors; Londres, 



1812, in-8°; — Catulli Cormina, cum notis; 
1816, in-12', — Observations on the casml 
and periodical Influence of the Atmosphire 
in Diseases; Londres, 1817, in-8**; — Peren- 
niai Calendar ; Londres, 1824, in-8^ ; — Pocket 
Bncyclopxdia for shepherdSy mariners und 
husbandmen; Londres, 1826; — Circle of 
Seasons and Key ta the Almanackand Calen- 
dar; Londres, 1828; — Somatopsychologia, 
or body, life and mind; in-8" ; — Original 
Letters of Locke, Shaftesbury and Algenion 
Sidney, with a metaphysical Préface ; hm- 
dres, 1830; — JSssay on the atmospherical 
Origin of épidémie Diseases; 1830; — Aeria- 
land Alpine Voyages; — - Medicina simplex, 
or the pilgrims Waybook, being a popular 
guide to a healthy l\fe and happy old âge; 
1830;— Beobachtungen ueber den Binfluss 
des Luftdruckes auf dos Gehoer, etc. ( Obser- 
vations sur l'influence de l'air sur l'ouïe ) ; Franc- 
fort, 1835; — Cambridge^ Nugx; 1836; — 
Observations sur Vinfiuence des comètes^ en 
réponse à M. Arago; 1836; — Philozoia, or 
reflections on the condition of the animal 
kingdom ; 1839; —Pan, a pastoral; 1840; 
— Philosophia Musarum; Bruges, 1842; — 
Harmonia Musarum; 1844 ; — Biographical 
Sketches of Dr Forster, 

Conversât. Lex. 

l FO ESTER {François )f graveur en taille- 
douce, naturalisé Français , né au Locle, princi- 
pauté de Neuch&tel, en Suisse, le 22 août 1790. 
Il vint à Paris vers la fin de l'année 1805, fit 
ses études de graveur dans l'atelier de P.-J. Lan- 
glois, ^t suivit en même temps les cours de 
l'École des Beaux-Arts, où il obtint d'abord une 
seconde médaille, puis une première. En 1809, 
au concours des grands prix de gravure, il reçat 
le deuxième prix; enfin, en 1814, il i emporta le 
premier grand prix. Le roi de Prusse étant à 
Paris et apprenant que le jeune Forster était né 
dans un pays dont il avait été et redevenait 
souverain , lui adressa une médaille d'or et le 
gratifia d'une pension annuelle de 1500 francs 
pour deux années. Ce graveur a donné les 
œuvrer suivantes : un grand nombre de planches 
pour d'importantes collections, notamment poar 
le Musée Napoléon^ deRobillard-PéronvilIe; — 
pour le Musée Royal; — pour la Galerie de 
Florence; — pour Y Iconographie grecque et 
romaine, etc. ; les sujets ci-après : Aurore et 
Céphale, d'après Guérin; — Bnée et iMon, 
d'après le même; — François /«" et Charles- 
Quint, d'après Gros; — Sainte Cécile, d'après 
Delaroohe; — La Vierge au bas-relief, d'après 
Léonard de Vinci; — La Vierge de la maison 
d^Orléans, d'après Raphaël; — Les trois 
Grâces, d'après le même; — La Vierge de la 
Légende, d'après le même; — Le Christ sur la 
croix, d'après Sébastien del Piombo, de même 
grandeur que le tableau original; — les por- 
traits du roi de Bavière, d'après Streler; — 



FORTE — FORTE-BRACGIO 



2iù 



russe, d'après Gérard ; — du baron 
Idt, d'après Steuben; — d* Albert 
près ce peintre lui-même; — De 
d'après Porbus; — De Raphaël, 
>eintre; — un Portrait en pied de 
, d'après Gérard ; — le Portrait de 
'; reine d'Angleterre, d'après F. 
r; — ceux de Millin, de Rabe- 
, Forster a reçu pour récompenses : 
) de deuxième classe en 1824, et une 
classe en 1831 y deux médailles du roi 
la décoration de la Légion d'Hon- 
ivril 1828; celle de l'ordre de Léo- 
lécembre 1845, à la suite de l'expo- 
nixelles. Enfin , il est membre de 
les Beaux-Arts depuis le 14 septembre 

GUTOT DE FÈRB. 

Beaux- ArU, 10 octobre 1841, et renseigne- 
lien. 

l. Voy, FOERSTER. 

ER (Christophe), diplomate alle- 
L château deBirkenstein, le 7 octobre 
le 28 décembre 1667. De Linz, où il 
ières études, il passa à l'université 
, où il acquit de telles connaissances, 
iblier dès l'âge de dix-neuf ans ses 
\ata politica. Après avoir passé 
psà l'université devienne, il revint 
'ubingue, où il resta jusqu'en- 1623 ; 
dors en Italie , et, après un séjour de 
ns cette contrée, il fit un voyage en 
venu ensuite en Autriche, il y fit 
e avec le comte Hohenlohe, qu'il sui- 
ïonie et dont il devint conseiller en 
m cette qualité qu'il devint ambassa- 
ae, et qu'il assista à la diète de Ra- 
1 1631, il fut nommé vice-chancelier, 
chancelier à Mœmpelgard , dans le 
g. n conserva ces dernières fonc- 
^ sa mort. Outre l'ouvrage cité, on a 
\bros sexpriores AnnaliumC. Cor- 
\ Notx polittcx, — Epistolx nego- 
\ Osnabrugo-Monasteriensis con" 
— Demoderno Ifnperii Statu, Ses 
quesont paru dans le Magazin fuer 
\d Kirchengeschichte ( Magasin de 
»litique et ecclésiastique) de Le Bret. 
ober» Âllg, Enc, 

H {Guillaume), horticulteur écos- 
ms le comté d'Aberdeen, en 1737, 
jillet 1804. Il se livra dès sa jeunesse 
î l'agriculture et à la pratique du jar- 
1763 il vint à Londres, travailla à 
)us la direction de Miller, et le rem- 
son emploi de jardinier du Jardin 
n fut nommé en 1784 surintendant 
royaux de Saint-James et de Kin- 
pporta de grandes améliorations dans 
ire. On a de lui : Observations on 
es, defects, and injuries of fruit 
t-trees; Londres, 1791, in-S"; — 



Treatise on the aiUure and management of 
fruit-trees ; Landres, i804, in-4". 

Gentleman's Magazine. 

FORT (Le). Voy. Lb Fort. 

FORTfiOU FORTIO (ÀTlge) , cn latin FORTIUS, 

médecin italien , vivait à Venise dans te seizième 
siècle. Il étaït fîrand parlisan de l'astrolo^e, et 
par ses paradoxêâ et mn ridicule orp^ucîl il se fit 
beaucoup d'ennemis parmi .seâconfr^rirs. On a de 
lui : Opéra mtova, ove si conientfàono quaitro 
dialoghi ;\f^msef 1532, in- 8^; — Dtaiogo no^ 
minato Speccfito de la vit a umana, in eut si 
ragiona delV influença eelestf nelie matât tin 
correnti delta squinancia, délia ponlura^ e 
délie febre; Venise, l335, in-8*'; — VerUaii& 
redivivae MUUia; Venise, li)41, in-8"; — Ile 
Mirabilibïi.'i humanx VitxB naturalia Fun^ 
damenta ; Venise, 15^3, in-S'*. — Il Trattatode 
la Peste f à ove si fa conoscere VesseTSUo;ye- 
nise, 1556, in-8". 

Biographie medieale. 

FORTE DU FORTI (Lêonard)f archéologue 
italien, vivait à Borne au seiiième siècle. On a 
de lui : De Re Militari et variis instrumentis 
belli, avec lij^. ; Venise, îb3i, m-%°. 
Gesner, Bit}fiothscar^M^Ti<i.osla^\Biblii>thêeaMomaaa, 
FORTE- BRACctO (A ica^a), condottiere (l), 
seigneur de Pérause, mort en 1435, !l était neveu 
d'Andréa Tîraecio dJ Montone ( voy. ce nom)^ et 
fit ses priiniières armes sous ce c<^lèhrc capi- 
taine, qu'il suivit au ï^ié^e de Home et dans îcs 
guerres contre leb sfyrzeschi {2). En 1 424 ^ à la 
mortdesonoïick, Forte-Brîiccio fut reconnu pour 
chef par une grande i>artie de^ bandes de Bracdo. 
Il se mit au service de la Képubllque Florentine, 
et se plaça bientôt au premier ratig des généraux 
italiens par son babiieté ^t Aon courage. En 1429 
il soumit Vojlt^rra , fusurgée contre Florence. Lo 
22 novembre de la rufiuiç année, ri i^nvahit le 
territoire de Paolo Guinigi, seigneur iïe Lucques, 
ravagea son teiTitoire, et vint assiéger sa capitale. 
Selon Andréa Billi, les Lucquoîà employèrent alors 
pour la première fois en Italie des armes à feu 
portatives et h longue portée {schmiipi , fusils). 
Au moyen de ce nouveau mode de guerre et par 
de nombreur^es sorties, ils fatiguèrent les Flo- 
rentins. Antoruo Petrucci ayant amené aux as- 
siégés un renfort considérable de Sîennois , et 
Francesoo Sforsa s'étant misencampagneàlatôte. 
de six mille soldats milanais , Forte-Jîra«:io dut 
abandonner son enCrcprise , et se cantonna dans 
ses châteaux. Fa 1433, àrins^tigation deFîlippo^ 
Maria Vistonti , duc de >1ilan , et conjointemt-nt 
avec Franc-esco Sfor^a, il envahit le patrimoine 
de saint Pierre , s^empara de Tiiûii, et menaça 
Rome. Le pape Eu;^ène IV eut rccovirs à ïa ruse, 
et divisa ses deux ennemis en réveillant leurs 
anciennes haines de famille. Cependant, les Ro- 



(1) Conducteur ou càpHalae. 

(ï) Sous ce nom on destina H fllori Ici ^arUi«ai tt« 
Sforze, aeig[i€Ufiï de &Ulap. 



Il 



:-*^ 



911 FORTË-BAAGQQ 

i^vusy i&tigv/és 4'uD go^v^roeme»! qui les acca- 
blait de contfjbutioos et ne savait j)as leç 
défendre, s'étant insurgés, J^e saint-père dut fuir, 
et Forte-Braccio entjr» dans Rome. Forcé de 
guerfoyer s#ms cesse contre les n^palUis et. ^es 
sforj^eschi^ U Qnii. par être Jslessé uiorteUcoiep^ 
à la bataille de Ca^o-dj-Monte. Son parent, jie 
fameux fiîlcol^ pic^nioo^ jbiérita de sa puissance. 

A. D^ h. 

MacctriaveUi . fsUtr. fiorent.^ t. IV, p. ss-sfi. — Andréa 
BiUI, Hist Mediolan^M.^ 1. V^,p. 117. — Gino Capponl, 
Commentari di Neti ; p. 1166. ~ Plctro Russl, ffistor. 
Fragm. Senensis, p. 97. — Leonardo Aretiuo, Corn- 
vtent., p. «84. ... j>ogglo Braccloèini, Hist. Florent., l. VJ, 
p. Soi. — Si6au>Q^,J^i«toir«d^j Républiquet italiennes, 
chap. LXV,p. 8M. 

* FORTJB-fGi7|C)UfcA |[ly9 sigvora), héroïne 
itaUeJi^ne, Yivail; au mJM^Q ^u seizième siècle. £n 
1554 y lorfii)ue le duc de Florence vint assiéger 
Si^ne, les .dames de .cej;te ville, résolues d'en dé- 
fendre la liberté, prirent les armes, et se parta- 
gèrent en trois bandes. La première était con- 
duite pia^* )& signora Forte-Guerra , la se.CQ»de 
par la si^ora Piccolomini, et la troisième par 
la signora Livia-Fausta. Ces trois bataillons 
composaient un corps de trois mille soit dames, 
soit bourgeoises , qui s'employèrent à réparer les 
fortifications de la ville aussi énergîquement 
qu'auraient pu faire les hommes , qui pendant 
toute cette guerre furent encouragés par l'exem- 
ples que leur donnèrent ces femmes, à ce point 
que les ecclésiastiques s'empressaient de travailler 
comme elles aux fortifications, même le dimanche 
et ayant l'archevêque à leur tête. 

Lenglet Dufrcnoy , Hist. de Jeanne A* Arc, t,roi3. 
partie, p. M9. 

FORTBGIJERRI OU PORTIGUBRRA i^Scï- 

pion)y célèbre érudit italien, plus connu sous le 
nom de Carteromaco, né à Pistoie, le 4 février 
1466, mort le 16 octobre 1515. Un de ses grands- 
oncles , le cardinal Nicolas Forteguerri , résigna 
en sa faveur le bénéfice de Saint-Lazare à Spaz- 
zavento Ce revenu servit à lui faire donner une 
excellente éducation. Il s'appliqua particulière- 
ment à l'étude du grec, et eut pour mattie Ange 
Politien. Aide Manuce, qui rassemblait de tous 
côtés des philologues pour les employer à la 
correction de ses classiques grecs , fit venir For- 
teguerri à Venise. Celui-ci entra dans l'Académie 
Aldine, et y prit le nom de Carteromacus. Son 
travail, comme c^lui de ses confrères, consistait à 
préparer les manuscrits pour l'impression, soit en 
les corrigeant, soit en les transcrivant plus cor- 
rectement , à joindre aux éditions des avertisse- 
ments et des préfaces, à traduire les auteurs 
grecs en latin. Forteguerri fut aussi chargé de 
professer publiquement le grec. L'imprimerie des 
Aide ayant été fermée en 1506, par suite de la 
guerre , Forteguerri se retira à Rome, où il eut 
successivement pour patrons les cardinaux Ga- 
leotto Franciolti de la Rovère et François Aii- 
dosi. La fin prématurée du premier, en 1508, la 
mort tragique du second, tué par le duc d'Urbin, 



* FORT £$][^€RRI 

en 15U , décidèpfiujt Ffffl/^^m k ^m^ 
'^ ville natale. I) y rpsta peu de tew^)s 
Fiut s'établir h ^A^e, c^ Ange Colocci, 
de Noqera. Ce prélat ^ recojwflM^da au 
nal J,ean 4e Méidix^isy qui deveuu pape, 
nom de Léon X, l^ émë^ die 1 éduc^l 
son parea^ Jules ^ Jj^c^icis, cardinal et 
vêque die Florence. Forteguerri suivit U 
nal Jules ^ ploriew^e^ 4 4 y UU)uru^. O 
Forteguer^ : jOraJT/j? 4e Ipudlbm ÏUt^ 
grxcarum} Yenise^ 150^, iu-^**; pâle, 
in-4''; Ronoye, i5^3, iu-i**, Avec les disa 
cardinal Bessariop. Ji[enri ^lenjde l'a p 
tête de s^n Thésaurus ^ngu^ Qr^cx; - 
Mis Orafio dfi le^udil^ui urb'p» Uoni^^ t 
in latimm' ^€r§fl ; Venise, 1519 , j^-S**, i 
Écrivains de Vffistoire Auguste ; — ( 
Ptolemœi De Geographia Libri VIII; 
1507, in-fol. FortegueiVi avait rédij»é en j 
règlements de l'Académie Aldine. Ce 
document a été puMié pour la première \ 
Ciampi , dans ses Memorie di Scipione 
romàco; Pise, 1811, in-8*. On trouve é 
mômes Mémoires huit épigrammes gre© 
Fortegueiri et une dissertation de \tA fo 
ressante sur un passage de V Histoire dx 
maux d'Aristote , relatif à la rage. 

Zaccaria, Bibliptepa Pisto^ese. — Nicéro 
moires des hommes illustres, t. XXIi. — Tii 
StoHa délia UUeratura Itatiafia, U H. part. 

FORTseuRRRi (Nicoios), prélat e 
italien, surnommé le jeune, pour le cNi 
d'un ancien membre de sa famitte, le < 
Nicolas Forteguerri , né à Pistoie, k Î5 ne 
1674, mort le 17 février 1735. Il mo 
bonne heure beaucoup de dispositions 
poésie. Ses parents tinrent à ce qu'il 
droit. Après avoir été reçu docteur en 
se rendit à Rome, s'y distingua far son 
et suivit en Espagne le légat pontificat Zoi 
De retour à Rome , il devint eamérier Im 
de Clément XI, chanoine de Sain(e>Ma 
jeure, et référendaire des deuK «tianoeii 
fut vers la même époque adrnis à f Aeadé 
Arcades , sous le nom de Nidalmo Tii 
1715, passant l'automne à la campagne 
société de quelques jeunes gens instruits, 
gagea, à la suite d'une eouversation sur 
ficulté de la poésie narxi^ye, à improv 
poème dans le genre du Bemi, du Pul< 
l'Arioste. Ce fut rx)rigine du Eiccia 
poërae qui continue le Roland furieux, 
sans avoir l'admirable poésie de TArio 
a l'agrément, la grài;e piquante , la libert 
sée quelquefois jusqu'à la licence. Cet 
duction légère, que Forteguerri laissa 
sous le pseudonyme de Carteromaco, au 
sa réputation, mais nuisit à son avanccnr 
clésiastique. Il espéra longtemps le car 
et mourut^ dit-on, de douleur de n'a^ 
l'obtenir. On a de lui : Oratio in Funen 
centii XII; Rome, 1700, in-4'»; — Or< 



FORTBGUERRI ^ FORTI 



St4 



ne sacrajtis^mi cprporis 1^. Leoni^ 
(orne, 1715, m-é"; — .Orœ^ioi^ délie 
ti, delta PiUura, delf.a Scultura ^ 
hiUttwra; dans ks Prose degl^ ÀVr 
i ; — Rag'wnamento allegoricp ifi- 
origine délie cose; ibid-; — piscors(f 
; ibid.; — Rispo$ta a4 Al/eùbet^ 
Uode d'Arcadia ; ibid . ; — ^ia^ ; d^^ 
degli Arcadi, dans la Raccollg, ^ 
aiUe4]r$; — Commed%e di fereii:iipf 
œr la prima voUcl in v^rsl ^aliai^iy 
36, 2 voJ. in-fol.; — ^icciar^fiiiOf 
»us la fausse iiidic|kàon de Pa^i^}^ ^^y^y 
RaccoUa di Rime piacevoli^ f^^^ 
)y 17j^, 1di*8*'. Ce sodI onze /éf/fk^ 
lre^$é^ à ses amis; ies ffièsnea fi^^ 
F^ des additions, Pescia, ilf^O, i#-ô°, 
raductioAç françaises du Riccfardet^Çp 

>UAIEZ ,et ]^IV£pNOI3. 

^f^fi (^ /o/tw), céièture iuri^/c^i-. 
m, O» Âa^ore la da^ ^ j^ IJeu {^pci^ 
sance. On n^ |^ pas ^^j^x iHi^U 
'-- à9^ l¥&mt de lifm^, '4 fu^ élève 
! |d'£}i,e|ter ; Pri^ûe, mi conf^aif e, d^r 
>rd. Q^ai^ à ia juijsprudenœ, U 1'%- 
»>bi'^ Inn, où M acquit unç p^fiiM^J^ 
ice des l<9is. U devint ^ui-niêii^e ^oiv- 
e cet établissement dans la ^^u^^r^m^ 
règne de Ilenri YI, et trois ans plus 
[npiit de nouveau ces fondrions. £9 

nommé sergent es lois, et £n 1441 À 
titre de sergent es lois du roi. ËnlMii* 
ivante, il fut élevé aux fonctioiLs àfi 
se du ^anc de la Reine. Il se fit renurr- 
ant plusieurë années p&r une soigee^ 
niniitration de la justice. MBl^mift^- 
tte carrière si glorieusement remp^e 
)mp^c par les troubles civils. Attaché 
1, qf^ï fifii4^ en lui sa con^fianc^ , il 
é coupal# de haute trahison par Je 
^len^nt d'Edouard IV, en vertu de 
'é ctm^P 1^ roi, la rdne Marguerite, 
klouard et d'autr^ personnages haut 
1 Écoss,e, où Henri YI dut se réfuter, 

fujt nommé chancelier d'Angleterre. 
'. s'iutihiie ainsi dans son grand ouvrage 
bu^ Legum Angliœ. Il passa d'ahord en 
ivec la r^ne Marguerite , puis en Lor- 
il composa plusieurs de ses ouvrages, 
tervalle les choses c^iangèrcut encorje 
U)aDdoané par le faiseur de rois, 
dut fuir à son tour, et, le 6 octobre 
\£\. yi rjemonta sur le trône. Fortescue 
ces évépements pour rentrer dans sa 
ùs il ne pi it plus aucune part à la lutte 
ma fiftUe les deux prétendants à la 

Cette conduite prudente lui valut de 

inquiété dans la retraite où il vivait , 
tin Edouard lY resta seul maître du 
l\ mourut âgé, dit-on, de près de 
igt-dix ^s. L^s ^rincipau^ 4^ ses q^- 



yrages, d<^ quelques-juos n'ont pas été impri- 
més, sont : De LimdWus Legum ^ngliœ. Ce re- 
marquable ;traité de la législation anglaise qc 
(ni iniprimé que sous Henri YI^I , sims date pré- 
cise. JJ fut ensuite traduit à «jles époques diverses, 
de^puis |âl6 jusqu'aux temps modernes; — 
The Différence belween an absolute find iï- 
mitcd monarchy, as ^ piore pQrticulariy 
regard^ tJis english conslHutiQn ; publié sieu- 
lement €;n 1714, pajr ^phn Fprjtescue-Aland. 

BiblUtgrophy. 

* FOBT/i (^Girolamo), poëte italien, né â 
Teramo, jport ep 1489. Il traita un sujet alors 
fort à la mode , en ^ettanit en vers des rét-iis 
relatifs a^ux pajadi^ de Charjiemagne ; et c'est 
d'après des ^ut^urs français ( il en convient lui- 
même) qu'Ai compcM^a son poëme intitulé : tu- 
namoramento di Rinaldo da Hû»i€-Alban&, 
cet ouvrage parut in-folio, sans lieu ni date; msus 
on y a reconnu les caractèniB 4£ Hiessinger, (]ui 
imprimait à Naples en I4'74 ^ on ne OMinatt qu^un 
seul exemplaire de c^ pi^ésieux voliime; et en 
1840, à la vente de la iriUiotkèque du comU; 
Boutoorlin, jl fut ac^is au prix ^ 1355 franc», 
et passa dans la riche coUectioB de sir Thoma^s 
Grenvitle, léguée depuis au àlusée Britannique. 
Dans cette première édition, le récit des exploit;^ 
de Renaud, de sa mort et de ses miracles, 
remplit .58 cliants; l'auteur fugea que ce n'étaii 
point assez, et remanant, développant son 
oeuvre, il la porta à 7b cliants; mais ce ne fui 
que longtemps après sa mort que cet ample ré- 
cit fat publié, -à Venise, en 1533; l'oorrage s<^ 
trouva d'iàlleurs du goM des lecteurs , ear il ob- 
tint plusieurs éditions , et Ton prit assez judi^ 
cieusement la peine de l'abréger. Aujourd'hui il 
est tombé dans 4in oubM d'où sans doute il ne 
sortira plus. G. B. 

Melzl, Bibliofjrafta dei Romanzi e dei Poemi roman- 
seschiy U31, p. S34. — Catalogue de la bibliothèqm 
Boutourlin; piwfincc, 18S1, n«» 774. — Bibliotheca Grtji- 
viliana, Londres. 1842. p. 607. 

* F.o,RTi ( Giacomo), peintre de l'école Iwlo- 
naise, florjssait eu 1483. Il fut condisciple du 
Francia à l'école de Marco Zoppo ; il aida sou- 
vent son m#re, principalement dans les fres- 
ques dont il ornait les façades d'église ou do 
palais; ipais il lui ^ut toujours inférieur, quoique 
ne manquant pas d'une certaine habileté à 
peindre le nu. On lui attribuait une Yierge, 
dite la Mado^ma dei Paradisp, fresque qui 
eitistait à Bologne d^uis l'égiise de 6.-Tpmmaso- 
al-Mercato. E. B— h. 

VlaAvikiÀa, FeUina pUtrice. - Orlandi, Abbecedario. 
-J40?i5 Stçria délia PiUura. - Tlcozïi, Diziû- 
nario. 

FORT^ OU FORTis (Raimond-Jeati), plus 
généralement connu sous le nom de Jean For- 
tïus et de Zanjorti, médecin italien, néà Yérone, 
en 1&03, mort à Yenise, le 26 février 1678. Il 
^ ses études à Padoue , et après s'être fait re- 
.eeî^ir docteur, ij alla pratiquer la pnédecine à 



315 



FORTI - FORTIA 



216 



Venise. Il s^acqnit rapidement une grande répu- 
tation. Le sénat le donuna successivenent mé- 
decin d'Udine et professeur de médecine à 
l'uniyersité de Padoiie. Ses infirmités l'obligèrent 
de quitter cette chaire en 1675. L'année sui- 
vante il fut appelé à Vienne , pour soigner l'em- 
pereur Léopold , qui le récompensa par le titre 
de consefller-médecin de la cour impériale, et à 
son retour il fut créé cbeyalier de Saint-Marc. 
Forti était un médecin habile , mais on lui re- 
proche un engouement excessif pour le galé- 
nisme. On a de lui : Consilia de Febribtis et 
Morbis Mulierum facile cognoscendis et eu- 
randis; 1668, in-S»; — Consultationum et 
responsionum medicinalium Centurix qua- 
tuor; Padoue, 1669, in-fol.; avec l'ouvrage 
précédent, Genève, 1677-1678, 2 vol. in-fol. 

ÈU>7, Dictionnaire Mttorique de la Médecine, — 
Biographie médicale. 

FORTI. Voy, Forte. 

FORTIA, ancienne famille française, origi- 
naire du royaume d'Aragon; elle se divise en 
quatre grandes branches , de Fortia-Ckailly , 
d*Urbany de Montréal et de Piles, qui ont 
formé en Languedoc, en Touraine, à Avignon, 
à Paris, dans le comtat Venaissin, en Pro- 
vence, etc., diverses branches secondaires, pres- 
que toutes éteintes aujourd'hui. Le nom de Fortia 
est connu depuis la fin du dixième siècle; dans 
le douzième, les membres de cette famille sont 
nommés ^rè5-A(m^5 seigneurs; en 1113, lorsque 
Raimond-Bérenger vint prendre possession de 
la Provence et du Gévaudan, l'histoire nous ap- 
prend que deux frères, seigneurs de Fortia, 
accompagnaient ce prince. Sous le règne du roi 
d'Aragon Jacques I*', surnommé le Conquérant, 
vers 1230, Pierre de Fortia fut celui de tous 
les seigneurs catalans qui se signala le plus du- 
rant les guerres du belliqueux monarque. Phi- 
lippe DE Fortia , commandant en Provence les 
troupes du même prince , illustra son nom par 
ses exploits. L'un de ses descendants, Ber- 
nard , dit le chevalier de Fortia , comman- 
dait les armées de don Pèdre IV lorsqu'il 
chassa le reste des infidèles qui infestaient l'Es- 
pagne. Sibylle de Fortia, fille du chevalier 
Bernard , devint l'épouse de ce même roi , en 
1381 ; Isabelle et Éléonore épousèrent, l'une 
don Jacques n d'Aragon, prince de la maison 
royale et dernier comte d'Urgel , l'autre Jean I**", 
roi de CastiUe. 

Bouche, Eisai sur Vhiitoire de Provence, t. 11, p, soo. 
~ Eipilly, Dictionnaire géographique» au mot Peyruis, 

FORTIA D'URBAN (Jean-François), chef de 
la branche des Fortia d'Urban, né à Montpellier, 
en 1477, mort à Avignon, en 1 555. Il était seigneur 
d'Ortheï (Languedoc), et épousa, en 1505, Fran- 
çoise de' Vitah', noble Romaine, qui valut à son 
mari l'admission à toutes les charges et dignités 
de la ville d'Avignon , alors soumise au pape. 
Fortia d'Urban fut nommé trésorier général du 
comtat Venaissin. Il se distingua dans les guerres 
que le roi Louis XII eut en Italie pour le Mila- 



nais, et mourut laissant quatre fils et deux fiUes. 

Fortia d'Urrah ( 4f arc ) , fils aîné du précé- 
dent, né en 1507, à Montpellier, mort le 22 sep- 
tembre 1582. Il devint eoseigneur de Cade- 
rousse, petite ville du comtat Venaissin, et vi- 
gnier d'Avignon; ainsi que ses frères, il avait 
été naturalisé par lettres patentes du roi Henri II, 
enregistrées le 15 juillet 1550 au parlement de 
Provence. Il s'était fixé à Carpentras, où il rem- 
plissait la charge de président de la chambre 
apostolique. Veuf de Juana Henriquez , il avait 
^usé, en 1559, Françoise de La Plane , et mou- 
rut laissant une riche succession et beaucoup 
d'enfants. 

FoRTU (Gilles de), fils aîné du précédent, 
né le 10 septembre 1552, mort en 1617. Il fut 
quatre fois élu viguier] d'Avignon, en 1595, 
1003, 1610 et 1617. Henri IV, roi de France, 
le nomma capitaine de galère, chevalier de 
Saint-Michel et gentilhomme de sa chambre. Gil- 
les de Fortia acheta de Truphémond de Ray- 
mond, de Modène, le 17 mars 1584, le fief et 
territoire foncier d'Urban. 

Fortia (Louis de), fils aîné du précédent, 
né en 1597, mort en 1696. Il fut seigneur d'Ur- 
ban, de Gaderousse, ete. En 1621 il fit hom- 
mage de la terre d'Urban à la chambre aposto- 
lique ; il devint viguier d'Avignon, et laissa dix- 
sept enfants. . 

Fortu ( François de) , sieur de Salettes , oé 
en 1631, à Avignon, mort en 1700. Il étaitcapitaine 
dans le régiment de la Marine, et se distingua au 
service du roi , dans le combat du faubourg Saint- 
Antoine de Paris, le 2 juillet 1652; aux sièges 
d'Étampes, Montmédy, deDunkerque, deGra- 
velines, à la bataille des Dunes, ete. Élevé au 
commandement du régiment Dauphin (infan- 
terie) , il prit une part active aux guerres de 
Catalogne, et se distingua surtout au siège de 
Puycerda. Lors de la conquête de la Catalogne, 
Louis XIV lui mféoda les bourgs de Fortbia et de 
Forthianet, situés sur le golfe de Roses, et qui 
avaient appartenu à ses ancêtres. Le roi le 
nomma en même temps major de brigade. Après 
la paix de 1679, il fut créé gouverneur de Mont- 
Louis, au traitement de 12,000 livres. C'est de 
lui dont il est question dans l'ode de Saint-Ge- 
niès intitulée : Ad Petronium Mascaronem in 
obitum Franc, Fortiae Balmœi. 

FoKTix (Paul de), marquis d'Urban, frère 
aîné du précédent , mort en 1734. Il épousa, le 
4 mai 1681 , Marie-Esprit de Vissée de La Tude 
de Ganges, et par cette union la famille de 
Fortia se trouva alliée à celle de saint Louis; en 
effet, la marquise de Fortia, dont il est ici ques- 
tion, descendait du saint roi par Diane de Joanis 
de Chàteau-Blanc, femme de Charles de Vissée, 
marquis de Ganges. Le marquis de Fortia d'Ur- 
ban fut élu de la noblesse , premier consul et 
viguier d'Avignon ; il laissa huit enfants. 

Fortia ( François de ) , marquis d'Urban , fils 
atné du précédent, né le 10 janvier 1685, mort 1 



217 



FORTIA 



218 



en 1733. H fut page du roi et Tice-légat d'Avi- 
gnon. 

FoRTiA (Hercule-Paul-Catherine h^), fils 
aîné du précédent, né en 1718, mort victime de 
la révolution', en mai 1790. 11 était viguier d'A- 
Yignon. Il avait eu deux enfants : Pauline de 
FoRTiÀ , née en 1 753 et morte en 1794, sans avoir 
été mariée; et Agricole de Fortia , marquis 
d'Urban , qui fait Tobjet de l'article suivant. 

v^fLfiiL^Agricole'Joseph-FrançoiS'Xavier' 
Pierre-Esprit-Simon'Paul'Antoine , marquis 
DE FoRTiA d'Ubban), ué lo 18 févTier 1756, 
mort à Paris, le 4 août 1843. Il dut la maltipli- 
cité de ses prénoms à cette circonstance qu'il eut 
pour parrams tous les magistrats de la cité d'A- 
Tignon , son père en ayant été nommé viguier 
l'année précédente. Amené fort jeune à Paris, 
il fit ses premières études à Passy, puis, en 
1765, an collège de La Flèche, d'où il fut 
transféré, en 1771 , à l'École Militaire de la ca- 
pitale. Le 28 avril 1773 il entra, avec le grade 
de sous-lieutenant en second, au régiment du Roi 
(infanterie), alors en garnison à Nancy. Appelé 
à Rome (mai 1777), par un procès important 
devant le tribunal de la Rote , il donna; sa dé- 
mission (1779), et passa deux années dans la 
capitale du monde chrétien, partageant les mo- 
ments que lui laissaient ses affaires entre l'étude 
des beaux-arts, celle des antiquités et les ma- 
thématiques. 

Après avoir gagné son procès , il revînt à Chà- 
teauneaf-Calcemier, dans le Comtat. Il ne tarda 
pas d'aller àParis, oii il fit connaissance avec D'A- 
lembert. De retour à Avignon , le pape le nomma 
colonel des milices d'infanterie dans le comtat Ve- 
naissin. Fortia épousa, en 1785, M"* de Sainte- 
Colombe des Achards, et fit de nouveau en 1788 
le voyage de Rome. En février 1789, il revit la 
France. Appelé à faire partie de la première mu- 
nicipalité constitutionnelle d'Avignon, en 1790, 
par les suffrages de ses concitoyens, 11 s'éloigna 
dès qo'il vit le parti révolutionnaire triompher, 
et se rendit à Paris. Quoique religieux et roya- 
liste, le comte de Fortia n'émigra point lors de 
laterrenr;mais il vécut caché àVitry-sur-Seine, 
et ne rentra à Paris qu'après la chute de Robes- 
pierre. Il cessa dès lors de se mêler aux affaires 
publiques. Occupé à de nombreuses recherches, 
il rendit aux sdences et aux lettres des services 
qui recommandent son nom à la reconnaissance 
de tous ceux qui les cultivent. En 1830 il remplit 
la place laissée vacante à l'Académie des Inscrip- 
tions et Belles-Lettres par la mort de Dam- 
bray, ancien chancelier de France. H était déjà 
membre de plusieurs autres académies de 
France, dltalie et d'Allemagne. Les gens de 
lettres trouvèrent en lui un généreux protecteur, 
^ il consacra sa fortune à la publication d'un 
grand nombre d'ouvrages, choisis malheureuse- 
ifient la plupart sans discernement. « La moitié 
des sommes qu'il prodiguait dans un si noble but 
aurait suffi, disait avec raison M. Letroime, pour 



rendie de véritables services aux lettres et aux 
sciences , et attacher le nom Fortia à des mo- 
numents plus durables. » 

On a de lui : Traité d'Arithmétique; Avi- 
gnon, 1781 et 1794, in-8'*; — Principes et gîtes- 
tions de Morale naturelle; Yverdun, 1781, 
avec additions ; Avignon, 1803, in-12; Paris, 1804, 
in-12 ; Paris, 1834, 2 vol. in-12 ; —Amusements 
littéraires; Yverdun, 1784, in-12; -- Traité 
des Progressions par addition , précédé d'un 
Discours sur la nécessité d'un nouveau sys- 
tème d'arithmétique f terminé par de Nou- 
velles vues sur la quadrature du cercle; 
3" édit., 1795, in-8" ; — Discours sur les nom- 
bres polygones f figurés et pyramidaux de 
tous les ordres ; Paris, 1795, in-8"; — Vie de 
Xénophon , suivie d'un Extrait historique et 
raisonné de ses ouvrages \ Paris, 1794, in-8°. 
Cet ouvrage est terminé par Y Apologie de So- 
crate, trad. en français par P. de La Montagne ; — 
Œuvres complètes de Luc Clapiers ^ marquis 
de Vauvenargues , revues et augmentées sur 
les manuscrits communiqués par sa famille , ac- 
compagnées de Notes; Paris, 1797, 2 voL in-8° 
et in-12; — Mémoires de V Athénée de Vau- 
c^ttse; Avignon, 1802-1806, cinq pièces, in-8° ; — 
Catalogue de la bibliothèque de la ville d'Avi- 
gnon ; Avignon, 1804,in-8° ',—Vie dePétrarque, 
augmentée delà première traduction qui ait paru 
en français de la Lettre adressée à la postérité 
par ce poète ; Avignon, 1804, in-16 ; -— Introduc- 
tion à Vhistoire de la ville d^ Avignon; 1803, 
in-S"; — Mélanges de Géographie , d' Histoire 
et de Chronologie ancienne , avec deux cartes, 
et suivis d'un Mémoire de M. Barbie du Bocage, 
destiné à servir de supplément aux Œuvres de 
Xénophon et principalement à l'Histoire de la 
Retraite des Dix- Mille; Paris, 1795 et 1805, 
in- 8*»; — Législation des rentes foncières et 
application de ses principes, etc.; Paris, 1805- 
1806, in-8° ; — Histoire ancienne des Saliens, 
nation ligurienne ou celtique, et des Saliens, 
prêtres de Mars jPtais, 1805; réimprimée sous 
le titre de Mémoires pour servir à l'histoire 
ancienne du globe- terrestre ; Paris,- 1811 ; — 
Antiquités et Monuments du Vaucluse; Paris, 
1808, 2 parties in-12, avec pi. : la première 
partie contient l'histoire des Gavares et du pas- 
sage d'Annibal par le département de Vaucluse ; 
la seconde, l'histoire de la conquête de la Gaule 
méridionale par les Romains, l'explication de 
médailles celtiques nouvellement découvertes, 
et l'histoire de l'ancienne Atlantide; — His- 
toire de la Maison de Fortia, originaire de 
Catalogne; Paris, 180^, in-12; — Mélanges 
de Géographie et d'Histoire, ou plan d'un 
atlas historiqtie portatif, suivi d'une liste des 
écrivains et artistes célèbres jusqu'au troisième 
siède avant J.-C. ; Paris, 1809, in-12; — le 
même avec un Catalogue raisonné des Géo- 
graphes grecs , par Luc Holstenius ; Paris, 1 809, 
in-12; — Histoire d'Aristarque de Samos, 



iîlfl 



119 



FORTIA 



m 



m 









r-MO'^ 



■ [■ ■i^^'iv 1 



«uîvîe de la traduction de son ouvrage Sur les 
instances du Soleil et delà Lune; Paris, Î810 
et 1823, in-8°; — Tableau historique et gLéo- 
graphique du Monde depuis son di^igine jus- 
qu'au siècle d'Âlexoîidre; Paris, 1810 et iSU, 
4 vol. ia-12; — Histoire de la marquise de 
Ganges; Paris, 1810, in-12; — Principes des 
Sciences mathématiques , contenant des élé- 
ments d'arithmétique, d'aTgèbre, die géométrie 
et de mécanique, suivis d'une Notice historique 
sur quinze mathématiciens célèbres; Paris, l8f 1, 
în-12, avec 3 pi.; — Projet d'une nouvelle 
Histoire Romaine , etc. ; 1813, in-12, 6 pi.; — 
Tableau historique et généalogique de là 
Maison de Bourbon , depuis son origine jus- 
qu'à nos jours , suivi de VÉtai actuel des di- 
verses branches de cette illustre Maison; 
Avignon, 1816, in- 8**. Cet ouvrage a été refait 
entièrement et imprimé en tête du l**" vol. de 
V Histoire généalogique du chevalier de Cour- 
celles ; 9 vol. in-4° ; — Hipparque, ou dé ta- 
mour du gain , dialogue trad. de Platon ; Paris, 
1819, in«8*>; —Système général de Èibliographiè 
alphabétique, appliqué au tableau encyclo- 
pédique des connaissances humaines, et en 
particulier à la philologie ; Paris, 1819, in-i2 ; 
réimprimé sous ie fifre de Nouveau Système de 
Bibliographie alphabétique, et précédé dé 
Considérations sur l'orthographe française, 
divisées en trois parties; ^arîs, f 822, in-12, avço 
2 port.; — Dissertatioiï siir te passage du 
Rhône et dès Alpes par Annibal Van li^ avant 
notre ère ; dans les Antiquités et Monurhenis 
du Vauclme, et Paris, 1821, in 8°, avec cartes; 

— Mémoires pour servir à V histoire romaine 
pendant les cent vingt -six ans qui ont pré- 
cédé Vère chrétienne y extraits du V® vol. cfe 
Y Art de vérifier tes dates; ï*aris, 1821, in-S**; 

— Direction pour ta conscience d'un roi ; 
Paris, 1821, îh-12; — Mémoire sur une ques- 
tion proposée par i' Académie des Inscriptions 
et Belles- Lettres, suivi d'un Opuscule de Héron 
de Byzance, Sur les mestires, ei de quelques 
Observations sur les mesures itinéraires des 
anciens; Paris, F. Didof, 1823, in-S°; — Sup- 
plément au Tite-Live, inséré dans la Collection 
des auteui's classiques ôeLemaAre; Paris, 1823, 
in-S**; — La Journée de Guinegate, poëme 
(1825); — Vie de Louis de Balbes de Berton 
de Grillon , surnommé le brave Grillon (par 
Fabbé de Grillon) , suivie de Notés historiques 
et critiques ;PaLns, F. Didot, 1826, 3 vol. in-8**. 
On trouve dans cet ouvrage une histoire des 
duels, depuis la plus hante antiquité, jusqu'au 
règne de Gharles IX inclusivement ; — Histoire 
du Hainaut, trad. du père Jacques de Guyse, 
avec le texte latin en regard et des Notes; 
Paris et Bruxelles, 1826-1839, 2 vof. in-8°, ou- 
vrage qu'on n'avait connu jusque là que par une 
mauvaise traduction (le texte n'ayant jamais 
été imprimé ), et qui donne non- seulement l'hiâ- 
toire de là Belgique en remontant jusqu'au siège 



de Troîé, mais aussi (es annatei» sa 
fanes du monde entier; — Extr 
moires du Comte dé Modène; P 
1827, în-8°; — tableau chronc 
événements rapportés par facit 
rieurs à t avènement de Vempei 
Paris, 182*^, în-8** ; — Chronolog 
dé Jésus-Christ, ffâsaiXïi suite au p 
bleau ;,PaiT\s. ISî^Tyln-S^^et 1830, i 
toire générale du Portugal, depuis 
Lusitaniens^ jusqu'à la régence 
àuel (avec Miellé); Paris, 1828-1 
in-8°, ave« cartes et portraits; — 
de madame Delair, sultane ind\ 

— Noté sur le ùénie du Christic 
cernant j'aufeur de t Imitation de 
1830, in-8*'; — Sur ta véritable 
Vile de Calypso; Paris, 1830, in- 
toire du pont sur le Rhône à / 
traite d'une Note sur les oeuvres 
briahd; Paris, 1830, in-8**; — l^s 
gine de Vécriture, sur son introi 
la Grèce , et sçn usage jusqu'au 
mère, c'est-à-dire jusqa'à Tan 100( 
ère ; Paris, 1832, in-8». L'auteur s« 
de respect pour les monuments c 
en avançant cette opinion que les 
crés n'ont point été inspirés par d 
ment historiques. De Fortia, auquel 
vrag^ comme dans presque tout ce q 
sa plume, on peut reprocher parfois 
un peu trop causeuse, rejette la 
l'école théologique. Il parle du lan^ 
puis de celui des signes , et enfin d( 
temps d'Homère l'écriture et Tus? 
étaient connus en Egypte depuis 
des. Dugas-Montbel avait fout ré< 
fenu le contraire; — ffomère e 
Paris, 1832, in-S"; — Examen c 
attribué â Louis le Bègue, roi 
suivi d'un Traité sur saint De 
évéque de Paris; Paris, 1833, 

— Sur les trois Systèmes d'Écritt 
tiens; Paris ^ 1833, in-12 : c'est 
explication du passage des Strom 
ment d'Alexandrie concernant ces 
Essai sur Vimmortalité de Vât 
résurrection; Paris, 1835, i»-l2; 
( seize) prononcés au Cercle de 
ver selle; Paris, 1835-1839, in- 
tingue parmi ces discours ceux si 
du mal; la Providence; les mys 
raie universelle; la tolérance t 
morale chrétienne; — - Mémoire 
à Vhistoire de l'introduction du i 
dans les Gaules; Paris, 1838, ii 
toire anté-diluvienne de la Ch 
toire de la Chine dans les temp 
à Van 2298 avant notre ère; Pari 

— Description de la Chine et c 
butaires de V empereur; Paris 
3 vol. in-12, avec carte, par Du( 



221 



FORTIA 



SS2 



toire et ouvrages de Hugues Metel (né à 
Ton!, en 1080), ou mémoires pour servir à 
Vhisfoire ecciésiastique du douzième siècle ; 
Paris, 183^0, 111-8° ; cette pabKcation est une 
sorte de compfémeni à T Histoire du HcAnattt ; 
— La Chine et V Angleterre y ou histoire de 
la déclaration de guerre faite par la reine 
^Angleterre à Vemperèur de Chine; Paris, 
1840-1842, 3 vol. in-t2; — Masimes de Wa- 
shington; ^âris, 1840, în-12;— Discours sur 
tevipereur Kieng-Long , suivis à! Extraits 
tirés des otrvrages précé'rfénts; l^rhf, 1841, in- 
12; — Abrégé chronologique de la vie de 
Platon; PitrH, «43, hï-12; — Recueil des 
Itinéraires, anciens, compreDant V itinéraire 
d'AntoRin , ia Table de Peiitinger, un choix des 
Périples grecs ^ avec 10 cartes dressées par le 
colonel Lapie; Pam, 1845, m-V*, 

Le maniBàs de Forftia est encore anteur de 
VRistoire de VOpti^ue dans la nonvelle édition 
de V Histoire des Mathématiques de Montucla. 
11 a en outre travaillé auie tradoetions des Ch^- 
d'Œwre dés Pères de VÉglise; Pari*, 16 vol. 
în-8«; è VHistoWe scient^ue et militmre 
de V expédition d'Egypte; Paris, 1844; à Y En- 
cyclopédie du dist-neuvième siècle; anx An- 
nales de la Philosophie chrétienne; au Dic- 
tionnaire chronologique; àu Magasin ency- 
clopédique f h Y Encyclopédie des Gens du 
Monde ^ à Avérées aintres revues et recueils pé- 
riodiques. Il a pris une part importante à la 
palilicaticHO d'une nouveUe édition et à la coati- 
nnation de XArt de vérifier les dates , ce savait 
ouvrage des BénédSlctins qcrt forMe àr hal seul 
une bibliothèque hfstôffqoe des pln^ Complètes. 
La première ()aTtîe , embrassant les p^^riodcs an- 
térieares à là naissance de Jésas-Christ , n'exis- 
tait encore qu'en manuscrit •• de Fortia la fit 
précéder d'an discours préliminaire , et il lit pa- 
raître , dé coricert avec plusieurs savants ,'la troi- 
sième partie, commençant à Tannée 1770 et con- 
tinuée jusqu'à nos jours. On doit aussi à de 
Fortia une édition des ŒifWes complètes de Cha- 
teaubriand, augmentées de Notes (1829 à 1831). 
On trouve à lâ suite des Mémoires du chevalier 
Pougens, puMîés paf M"'* Louise Brayer de 
Saint-Léon, Parîs, 1834, in- 8°, plusieurs Let- 
très du marquis de Fortîâ à son ami, ou écrites 
à sou sujet. 

RIpert-Montcrar, Essai sur ta P'ie et les Ouvrages de 
Fortia d'Urban. — J&umal ées Savants ^ septembre 
1S31, p. S66 ctsulT. •> Biblioffraphie des ouvrages com- 
poses ou traduits par le marquis de Fortia d'Urban; 
Paris, Garnol, 1840, ln-8o. 

FonTiA i>E PïLJSS {Alphonse-7'ùussaint-Jo' 
^('ph'André'Marie-Marseîlley comte de), né à 
Marseille, le 18 aotit 1708, mort à Sisteron, le 
is février 1S26. Dès l'âge de neuf ans i! fot 
pourvu de Ta charge de capitaine gouverneur- vi- 
gnier de iMarseille en survivance de son père ; 
lYiais il ne fut reçu en cette qualité qn'en 1779. 
Il servît successivement dans les chevau-légers 
^ roi (i««- octobre 1773) et dans le ré^ment 



d'iniftuterie du Roi, et était fie«rt^Miit éldievalier 
de Saint-Louîs lorsque son régiment ftrt IfeenCié, 
en 1790, après les affaires de Nancy. Qooiqu'il 
appartint à l'ordre de Malte, il avaft épousé en 
17»e M»e deCafcre, fille d'un président au par- 
lement d'Âix. Entraîné par ses relations , il émi- 
gra', mais ne porta pas les armes contre la France, 
et passa le temps de son exi) volontaire à par- 
conrir l'Europe en compagnie du chevalier de 
Boisgelin de Kerdn {tfoy. Boisceli?)). Après la 
chute de Robespierre, il s'empressa de rentrer 
en France. En 1801 II hérita, <<lu moins légale- 
ment', dn titi^ de dut accordé à son grand -père 
et à ses descendants par une bulle du pape 
Pie Yf, eA 1776. Sous la Restauration il dé- 
fendit afvec beaucoup de vivacité les opinions 
royalîdtes. Son 2èle ne fut récompensé ni par le 
public ni par la cour, et Fortia, découragé, se re- 
tira à Sisteron, où il mourut. En lui s'éteignit la 
branche des Fortia de Piles. Parmi ses nombreuses 
productions en tous gessres, nous citerons : Cor- 
respondance philosophique de Caillot-Duval , 
Nancy et Paris, 1785, in-8"; avec de Boîsgelni : 
ouvrage devcnn l'are (f) ; — Correspondance 
de M. M*** (Itfcsmer) sur les nouvelles dé- 
eouttertes du baquet octogone, de Vhontme 
baquet et du baquet moral; avec Journiac de 
Saint-Méard et L. de Boisgelin; Libourne et 
Paris, 1785, in-12; — Voyage de deux 
Français en Allemagne^ Danemark, Suède, 
RuÉsie et Pologne,JaU en f790, 1791 et 1792; 
Pari^, 1796, 5 Vol. tn-8*. Cet ouvrage se distingue 
^ar beaucoup d'exactitude, mérite rare chez les 
voyageurs modernes ; — Six lettres à S.-L. Mer- 
cier, de VInstitut national de France, sur les 
six tontes de son Nouveau Parîs, par un 
Français; avec cette épigraphe. 

Ouid Roms faclam? Xfefitiri nescio : libram, 
Si malos est» nequeo laudare. 

(JuvAnal, Sot,, III.) 

Paris, an ix (1801), In-lî; — Examende 
trois ouvrages sur la Russie, savoir : le 
Voyage de Chantreatr; La Révolution de 1762, 
par Rulhière; et Les Mémoires secrets, par 
iMasson; Paris, 1802; — Quelques mots à 
M. Masson , anteur des Mémoires secrets sur 
la Russie ;Psri8, an \i (1803), in-8'»; — Quel- 
ques erreurs de la Géographie universelle de 
M. Guthrie et du Cours de Cosmographie de 
M. Mentelle; Paris et Marseille, 1804, in-8*» , 
— Coup d'util rapide sur Htat présent des 
, puissances européennes eonUdérées dans leurs 
rapports entre elles; précédé d'Observations 
critiques s^ir deux ouvrages politiques pu- 
bliés en Van V (2) par un Français; Paris, 

(1) Cette correspondance est un recueil de mystlflca- 
U0119 renfermant des lettres adressées sous ce pseudo- 
nyme par Fortia de Piles à des gens d'esprit simple ou 
d'une vanité démesurée, et les réponses , où leur Crédu- 
lité amasait le public à leurs dépens. 

iV Lf jpremier avait pour Utrc : f^ues générales sur 
l'Italie, etc.. parS.-R.-J. de Pommereul, Paris, in-S»; l'au- 
tre était de Ginguené. 



3ta 




in»8*. Cet ouvrage fut impriïné en 1805, mais it 
Dt\ pitt ètretnii en circulatîoa qu'après t8i4; — 
Omniana , ou entrait des archives de la So- 
ciéié tiniver- selle des Gobe- Mouches , a\'&^ 
Guys cle Saint-Charles et publié sous le pseudo- 
nyme de C.-j1, Mouchevûn; Paris, JS0Sjin-l2î 
-^ Quelques Rëjlexions d*un homme du monde 
sur tes Spectacles t lu Musique ^ k Jeu H le 
Duel; Paris, 1812, in-Ë" ; — A bas les mas- 
qms l ou réplique amlcfiie à quelques jour na- 
ii.$l€s f déguisés en lettres de l'alphabet; 
pana , 1Ê13, in -8* : eette brochure fait suite 
au\ Héjlexions (Tun homme du monde; — 
Souvenirs de deux anciens Militaires , on 
recueil d"* anecdotes inédites et peu connues f 
avec Guys lie Saint-Charles; Paris, 1S13, 1817, 
in-l 2; — ±\ouveau EecueU d'Anecdotes inédites, 
oîi suite des Souvenirs de ûeuj^ anciens Mili- 
f air e^, avec le même; Paris, 1813, m-i'2,; — Le 
Curieux puniy comédie en un acte, a vee le raéme ; 
publié sous le pseudonyme à'André et Aus- 
tin ; Patis, 1813, iû-8"; — V H ermite du Fau- 
bourg Saint*Hûnoré à VEermite de la 
Chamsée-d' Ântin ; Paris^ 1814, in-S" ; — Qua- 
tre Conversations entre le Gobe-Mouche Tant- 
Pis et le Gobe-Mûuche Tant-Mieu^ ; Paris, 
1814*1816, 4 parties in-S"; - Nouveau Dic- 
tionnaire Français; Paris, f 818, io-S" ; -- Un 
mot sur lu Charte et le gouvernement repré- 
sentai^; 1820, in-8*î ^ Vn mot sur les 
armées étrangère$ et sur les troupes suisses; 
1820, in- S**,'— Un moi sur les Mœurs publi- 
ques; I320j in'8^; — Un mot sur quatre 
Mmi3(; ; 1820, în-S* ; — Un mot sur la ISoblesse 
^l mir les Pairs; Paris, 1820, iq-S"; — Pré- 
servatij contre la Biographie nmwelle des 
Conlemporains ; Paris, 1822-1825, 5 voL in'8'*, 
eu six parties. Les écrits politiques du duc rie 
Fortia ont été inspirés par uu royaUsme fervent. 
Kortia de Piles était musicien, et avait étudié la 
corapusitiou sous Lîgori. Dans sa jeunesse il se 
livra avec passion à Péluâe di^ la musique, et on 
ïui doit dans cet art : La Fée Uryèîe ; Venus 
et Adonis; le Pouvoir de V Amour; U Officier 
français à V Armée ^ opéras représentés à 
Nancy de 1784 à 17 86. On coanalt encore de 
lui neuf teuvres de musique instrumentale, gra- 
Tés à Parisj eÈ qui se composent de sunates pour 
le piano; sonates pour le violoncelle; tiios 
pour violons f alto et basse; quatuors pour 
clarinettes f haut-bois et basson ; giiintelte 
pour Jlûle, haul-bois, violon, alto et violon- 
celle ; symphonie à grand orchestre, etc. 

Â. Jauin, 

le Biographe, n"" ii. — AriuuLt, Jsy, etc.^ BioQrapMe 
nouvÈile des Contemjiùrains, - QuÉrard, La Fruwse 
iittëraire, — Documenis particuliÉrs. 

FORTIN (LeP* François) t écrivain tliéreu- 
ticographe, surnommé le Solitaire inventif , 
né k Tours, vers la fin du seizième siècle , mort 
le 2 i juillet 1661 . Il entra dans Tordre de Graud^ 
mont ses supérieurs favorisèrent le goût qu'il 



FORTJA — FORTIS 

avait toujours montré pour les étod 
logiqueii, et lui |K!rinireDt de vivreà la 
où il rassembla une belle eolleetioD 
Les ubservatÈuiiïJ qu'il fit par lui-mèi 
qu'il trouva ilan.s les ouvrages des 
la eliassi' et la pêche lui foumire 
d'un livre qull pubUa sous ce titre : 
innocentes^ dans lesquelles on vol 
on prend les oisûaux passagers ei 
togerSf et plusieurs sortes de bêiei 
pieds j avec tesplifs beaux secrets di 
Paris, 1G60, 1680, 1688 et 1700, in 
terdam, lÊiJS, in-8", 

ni^^h. J.alICEnaDd, imiioth. Théreuticog\ 
>Ui'o]k^, D*inûti^r€n\ent de ceux qui m'a 

* FOitTi?! [Augustin-Félix) y 
français, né vers 1760, mort en 18^ 
porta le grand prix de sculpture en 
principaux, ouvrages sont : Le Moi 
Desai.r.y à la place Dauphine; — L 
du Louvre , en face le pont des Âi 
Victoire, ba.^relief de Parc de tri 
Carrousel ; — les l^as-reliefs à!'Âpollo\ 
nerve , dans le gvajoà escalier du L 
plusieurs ha s -reliefs de la colonne c 
Vendôme ; — les ligures de lion de la 
boulevard Saint-Martin; — les 8cu 
la Tontaine de la place des Trois-M 
statue iV Harpocrate^ etc. On a aussi < 
ques tableaux qui furent exposés dant 

Ions. GUYOT D1 

Gujot de Fère, Awiuaire de* jtrtisU 
FOKTiN (Jean). Voy. Faotut. 

FOitTIN. Votf. HOGNETTE. 

Fowwm (Angelo). Voy, Forte. 

FURTis ( L'abhé Jean-Baptiste, dj 
naturaliste et voyageur italien, né à I 
aoiU 1741, mort à Bologne, le 21 oct 
Élevé au séminaire de Padoue, il en 
de seize &m dau^ Tordre de Saint 
la vivacité de fion esprit, l'ardeur « 
ractère, la sûreté de son jugement 
mémoire le signaKireot à. l'attention < 
périeurs , et le péie Giorgi, préfet d< 
thèque Angélique, l'appela à Rome. ] 
[ ressources qull y trouvait pour son ii 
Fori:is s'ennuya bientôt de la vie mon 
demanda la permission de voyager 
d*atM>rd i'ile d^ Cbcrso-ed-Osero^ et 
1771 à 1774, la Dalmatie, où il recuei 
térianx de son excellent ouvrage sur 
ne donna pa» moins d^attention à l'his 
relie qu'à rarehêologie. Son voyage ei 
lant succ^g, qui l'engagea à compose 
ouvrages du même genre; mafs il 
propre aux œu^Tes de longue halein 
tour naturaliste, poète, journaliste, bit 
érudit, il passât rapidement d'unsuje 
n était très-aimable en société ; mais 
un peu hardies pour son temps et i 
lui avaient fait des ennemis. Il qui 



V- 



FORTIS — FORTOUL 



iM 



roubles qu'y fit naître la révolution 
il n'y rentra qu'après la bataille de 
lit nommé membre de Flnstitut na- 
,etpréfetdelariche bibliothèque de 

a de lui : Saggio d'osservazioni 
di Chersched'Osero ; Venise, 1 77 1 , 
ggio in Dalmazia ; Venise , 1774, 

L'exactitude de cette relation de 
ttaquée dans une dissertation de 
dée : Osservazioni sopra diversi 
iggio in Dalmazia; 1776, in-4°. 
lit à cette critique, dans une lettre 
r titre : Sermons parenetico di 
ner Chersino al sig. Giovanni 
ivodi Sign. Morlacchia; Modène, 
- Délia Valle vulcanico-marina 
Qise, 1 778, in-4'» ; — Versi d^amore 
i; Vicence, 1783, in-8"; — // 
rOfO la rosa senza spine, novella 
«ce, 1784, in-8''; — Letteregeo- 
e sulla Calabriae sulla Puglia; 
, in-8**; — Délie Ossa di Elejanti 
}sità naturali de' monti di Romor 
^eronese; Vicence, 1786, in-8°; — 
ïnerale; 1787, in-8°; — Tre Let- 

nte JSiccolo da Rio intomo 

onifossili dei monti Euganei; 
, in-8<>; — Délia Torba que tro- 
îe\ colli Euganei; Venise, 1795, 
moires pour servir à V histoire 
t principalement à Voryctogra- 
lie et des pays adjacents ; Paris, 
in>8o. L'abbé Fortis a aussi donné 
ind nombre de mémoires et d'ar- 
ivers recueils scientifiques italiens 

rafla degli Italiani iUwM, vol. II. 
Voy, FORTI. 

L ( if ippoly te- Nicolas - Honoré) , 
nçais , né à Digne ( Basses-Alpes ), 
11, mort à Ems, le 7 juillet 1856. 
collège de Lyon ses études, com- 
sa Tille natale. H se rendit à Paris à 
ée 1829, et lut à la Société des Bon- 
1 travail sur les chants populaires 
Ipes. De 1830 à 1839, sa vie tout 
[)nsacrée à là littérature. Les nom- 
s qu'il publia dans divers recueils 
els €[aeV Encyclopédie nouvelle, la 
ris , la Revue des Detuc Mondes, 
rent pas de s'occuper particulière- 
ts. Les voyages le familiarisèrent 
ifs-d'œuvre artistiques des pays 
iux thèses de doctorat, l'une Sur 
Virgile , l'autre Sur les Rapports 
taphysique et la logique d'Aris- 
ivrirent les portes du haut ensei- 
iversitahre. Nommé professeur de 
ançaise à la faculté des lettres de 
développa avec beaucoup de succès 
ans liiistoire des lettres françaises 
aissance. M. de Salvandy l'appela, 

BIOGB. GÉNén. — T. XVHI. 



en 1846 à diriger comme doyen la faculté des 
lettres que le goavemement v^ait de fonder à 
Aix. En 1849, ses compatriotes' des Bass^^- 
Alpes l'envoyèrent à l'Assemblée constituaûif. 
Dès son entrée à la chambre, il se rangea 
parmi les plus dévoués défenseurs de la politique 
du président. Réélu à la législative, il continua à 
soutenir le pouvoir, et entra le 28 octobre IBdl, 
comme ministre de la marine, dans le cabinet 
qui précéda le coup d'État du 2 décembre. Le 
3 décembre il fut nommé ministre de Tins- 
truction publique. Il s'empressa de mettre la 
grande administration qui lui élait confiée en 
harmonie avec la constitution que le président 
venait de donner à la France. Le décret du 
9 mars 1852 rendit an pouvoir supérieur la no- 
mination des hauts fonctionnaires de l'instruc- 
tion publique. L'enseignement secondaire sur- 
tout fut l'objet de nombreuses réformes. La 
philosophie , dont les hardies spéculations inquîi'- 
taient quelques esprits, fut ramenée aux justes 
proportions d'une classe de logique. Le système 
connu sous le nom de bifurcation permit aux 
élèves destinés aux carrières scientifiques de iie 
pas acquérir des connaissances philologiques (;t 
littéraires qui leur étaient inutiles ; le même s]rs- 
tème dispensa des études scientifiques les jeunes 
gens dont le but était de devenir avocats, ma- 
gistrats , hommes de lettres, etc. L'expérience 
n'a pas encore prononcé sur cette grande inno- 
vation. Dans les parties de son administration 
qui ne conceinent pas spécialement l'instruo 
tion publique, les actes de M. Fortoul n'ont 
pas été moins importants, mais ils sont trop 
nombreux pour être mentionnés ici ; citons seule- 
ment celui qui , le 13 juillet 1855, a donné à Vim^ 
titut impérial une législation plus conforme aux 
institutions de l'empire. H avait été élevé en iaii3 
à la dignité de sénateur. En février 1854, ins- 
titut ( Acad. des Inscrip. et Belles-Lettres ) lui 
ouvrit ses portes , et le 1*^ janvier 1855 il re*;nt 
la croix de grand-officier de la Légion d'Hon- 
neur. Non content de continuer les entreprises 
littéraires ou scientifiques des ministres ses 
prédécesseurs, M. Fortoul proposa et fit décré- 
ter des pubUcations nouvelles qui honoreront 
sa mémoire, le Recueil des Inscriptions delà 
Gaule et de V Algérie , les Chants populaire,^ 
de la France , la Collection des vieux Poètes 
français, le Catalogue de la Bibliothèque 
impériale. Il a déjà paru trois volumes de cett^î 
dernière publication, qui en aura plus de soixante- 
dix ( Paris, Didot, à partir de 1855). Ces 
travaux si divers et si multipliés ne suffisaient 
pas encore à l'activité de M. Fortoul; il médi- 
tait pour la restauration complète de l'université 
et pour l'illustration du règne de Napoléon tll 
de grands projets , qu'une mort prématurée et 
subite ne lui a pas permis d'exécuter. 11 a été 
frappé d'apoplexie aux bains d'Ems , où il était 
allé chercher le repos et la santé. Ses travaux 
littéraires sont : Grandeur de la vie privée ; 

8 



i 



J27 FORTOUL — 

Paris, 1838, 2 vol. in-S" ; — HisMrê du sei- 
zième siècle ; Paris, 1838, in-lS, dans la Biblio- 
thèque (lu Magasin pittoresque;— Étude sur 
la Maison des Stuart; Paris, 1839, iii-8'' ; extrait 
de V Encyclopédie nouvelle; — Du Génie de 
Virgile; Lyon , 1840, ln-8*» ; — la Danse des 
Morts, dessinée par Hans Bolbein, gravée 
sur pierre par Joseph Schlotthauer, projes- 
seur à V Académie de Munich, expliquée par 
Hippolyte Fortoul; Paris, 1842, 1 vol. in-lô; 
— De VArt en Allemagne; Paris, 1841, 2 vol. 
iii-8°; — De la Littérature antique au moyen 
âge; Paris, 1842, iii-8°; — Les Fastes de 
Versailles , depuis son origine jusqu'à nos 
jours; Paris, 1844, grand 10-8"*; — Essai 
sur la théorie et sur Vhistoirede la peinture 
chez les anciens et chez les modernes ; Paris, 
1846, in-8°, extrait de V Encyclopédie nou- 
velle; — Simiane et Steven, 2 vol. in-8°; — 
Études d'Archéologie et d'flii^oire; Paris, 
1854, Paris, Didot, 2 vol. iih8«. 

Biographie des Jiomtnes remarqwUtles dês Basses^ 
Alpes. — Réforme de l'Enseignement, ou recueil des dé- 
crets, arrêtés, circulaires, instructions et notes mi- 
nistérielles depuis le a décembre 1851 jusqu'au 31 dé- 
cembre 18B5. — Louandre et Bourquelot. La Littérature 
française contemporaine. Éloges funèbres prononcés 
par le maréchal Vaillant, M. Dumas et M. RavaissoD, dans 
le Moniteur, 13 juillet 1856 . 

FORTUNAT (Saint), hagiographe italien , né 
à Verceil, au commencementfdu sixième siècle, 
mort à Chelles près Paris, vers 569. On Ta 
quelquefois confondu avec Venantius Fortunat. 
Il mérita par son savoir le surnom de Philo- 
sophe des Lombards, et fut élevé à Tépiscopati 
oiQ ignore dans quel diocèse. Des motifs qui nous 
sont inconnus l'obligèrent à quitter son église. Il 
se retira en France, et se lia d'amitié avec 
saint Germain, évoque de Paris. Sa fête est indi- 
quée au 5 mai et au 18 juin. On lui doit une 
Vie de saint Marcel, insérée dans le recueil de 
Surius. On lui attribue aussi une Vie de saint 
Hilaire, qui paraît appartenir à Venantius For- 
tunat. 

Histoire littéraire de France, t. III. 

FORTUNAT ( Saint) ( Venantius Honorius 
Clemsntianus Fortunaéus ), évêque de Poi- 
tiers et dernier représentant de la poésie latine en 
Gaule, naquit en 530, près de Ceneda, dans les en- 
virons de Trévise, d'une famille considérable, s'il 
faut l'en croire , par son ancienneté , et mourut à 
Poitiers , dans les premières années du septième 
siècle. Il étudia la grammaire, la rhétorique et 
la poétique à Ravenne, où se conservaient encore 
au sixième siècle quelques restes des tradi- 
tions littéraires que Théodoric avait essayé d'y 
ranimer. Il prit aussi dans cette ville quelque 
teinture de jurisprudence. Là semble s'être 
bornée toute sa culture littéraire, car il avoue 
modestement son ignorance en philosophie ; « à 
peine , dit-il , s'il connaît de nom Platon , Aris- 
tote, Chrysippe et Pittacus ». Les écrits des 
Pères lui furent également étrangers , au moins 



FORTUNAT 

jusqu'à son voyage en Gaole , et ri 
même qu'il ait entretenu plas tard i 
bien intime avec ees génies sévères^ 
peu fait pour goâter les enseignai 

Vers l'année 565, soit qu'un vœu 
tombeau de saint Martin , soit qoc 
de sa patrie déchirée par la gu^rr 
haiter une retraite plus sûre et plu 
Fortunat quitta l'Italie, fiassa les Al 
le Danube , puis traversa le Rhin < 
Austrasie. Il trouva à ta oour du 
une complaisante hospitalité. Rie 
étrange que le contraste des mœu 
et sanglantes de cette eour avee I 
molle et doucereuse des vers «k 
amusait les loisirs du prince. A ] 
mariage de Sigebert et de Bruneha 
marqua sa reconnaissante en cob 
son Mécène un épithalame. Il fat 
pièce pour voir jusqu'où peut ailer 
d'un bel esprit courtisan. Gupirfi 
s'entretiennent de Thiùnanité, de 1 
de la bonté de Péponx, ^ la ca 
grâces de l'épouse, d«j 0$ mêlés 
son teint (1). Sigebert est un ai 
BroBehaut une seconde ¥émis. m 
temps uiris de corps et d^Ame , s^ 
époux égaux en mérite et eq vertus 
aiiti'e pièce sur le nn Sig^^»ert et 1 
nehaot , Fortunat épuise pour ea\ 
de la plus banale ilatterte. 

C'est d*untout autre styte qve F 
sa dédicace au pape Gfëgoire, parh 
bares du Nord, de leurs chants gi 
leora scènes farayantes d^ivrognerie. 
fatigua-t-il à la fin de la brutalité de 
« qui , comme fl le dit , ne font p 
entre le cri de l'oie et le chant du c 
après nn an ou deux dt s^ur en 
dit adieu à Sôgebert, et se dirigea 
voyageant à petites journées, eomm 
en quittant l'Italie , et visit»^ sur 
les évéques , les comtes et les per 
phis considérables du pays, pai 
eboyé, fêté. Il se rendit à Tours, fit i 
(un peu tardives} au tombeau ée 
puis continua son pèlerinage à trai 
recueillant partout des témoignages 
ou de sympathie , liant amitié avi 
avait de plus lettré dans la haute s 
ou gallo-romaine , occupant ses h 



(1) Nous ne pooTons nous empêcher d 
sage du portrait ée fantattte de Bmneluii 

Altéra nata Venas, regno dotata deci 
NalUqne Nereidam de gurgHe talis I 
Oceani sub fonte oaUl, nos uiU Nap 

Pulchrior 

Lactea cul faciès incocta mbore coru 
Lilia roixta rosis, aarum si inlermleei 
Decertata tuis nuaquAm se vuMbua ac 
Saphtros, alba adanaas, crystalla, snia 
Cédant cnncta ; novani genott Hispan 
Fortunat, I. VI, car 



FOETUNAT 



2SQ 



; ses anciens hét€S, composant çà 
i vers 60 de longues pièces sur 
écrivant les sites et les pays qu'il 
isant reloge des évêques et des 
int cliez les uns et chez les autres, 
r, sans se fixer nulle part , et pro- 
is lieux son aimable indolence et 
ites flatteries. Après le belliqueux 
lantait le paèifique Caribcrt; après 
Ipéric; il louait tour à tour Brune- 
jonde, Galswinthe, traitant les 
;s vives tragédies qui se jouaient 
! stériles lieux communs de rhélo- 
e fatigue autant que cette poésie 
accent , où les jeux d'esprit et la 
lille détails laborieusement cher- 
ent les idées et les sentiments. 
s artificiel ; rien n'est plus loin de 
e la vérité; aucun trait ne part du 
ne musique monotone où le plai- 
îulté vaincue remplace toute ins- 
ent que l'âme du poëte est absente 
et que véritablement )a langue de 
e Virgile est pour lui une langue 
s le poëme de Galswiotheî Fortunat 
jelques situations pathétiques, on 
[ii'il n'en ait singulièrement affaibli 

longueurs , la subtilité et l'affec- 
B dont ij les a couvertes, 
érégrinations à travers la Gaule, 
voyageur visita à Poitiers sainte 
ui depuis 550 vivait retirée dans le 

Sainte-Croix, qu'elle avait fondé 
le. La règle du couvent n'était pas 
3 sévérité. Dans cette maison, qui 
m refuge cojitre l'ignorance et la 
mœurs plutôt qu'un asile consacré 
: à la pénitence , les femmes mé- 
xercices religieux la culture des 
dupaient même à transcrire des 
les peut-être, et se permettaient 
l'innocent plaisir de jouer de pe- 
ramatiques. Les portes de l'abbaye 
tes aux visiteurs, et l'abbesse Agnès 
^ec grâce les honneurs d'une table 
îcueil que Fortunat reçut dans ce 
séduisit au point qu'il n'eut pas la 
■mettre en route, et qu'il accepta la 
ipelain et d'aumônier du couvent. 
s les Récits mérovingiens les pages 
que M. Augustin Thierry a em- 
ns retracer cette période de la vie 
, admiré , exalté , choyé par deux 
il était l'orade, et qui, connaissant 
ïur poète , se plaisaient à caresser 
* leurs éloges et à flatter sa gour- 
mille petites surprises féminines. Il 
>r8 « le conseiller , l'agent de con- 
ibassadeur, l'intendant, le secré- 
iine et de l'abbesse... ; au dedans , 

petites querelles, le modérateur 
\ rivales Les adoucissements à 



la règle, les gràots, les eOBgéa, le» repis d'ex- 
ception s'obtenaient fmr mtt cntreiBife et à ea 
demande (1). » Rien de plus curieux en ce 
siècle de mœurs brutales que ee oommerce 
de galanterie toute spirituelle et de tendresse 
langoureuse, que cet échange de doneeort 
sentimentaleB entre le chapelain bel-esprit et 
ces deux religienses. 11 les appelle « ma mère 
et ma soeur bien aimées., ma vie , ma lumière, 
mes déKces »; il leur adresse miHe don propos 
dans un latin précieux. Il est à croire que l'inti* 
mité de ces relations fit chuchoter autour du 
couvent , car Fortunat, dans une pièce de vers, 
prend le Christ à témoin qu'il n'a pour Agnài 
qae l'affeetlon d'un frère. Les .enivres de For- 
tunat contiennent un grand nombre de petites 
pièces qui nous initient aux futilités de cette vie 
oisive dans laquelle les petites fêtes , les bons 
repas , les anniversaires de naissance , les jounj 
de jeûne sont les grands événements. Il est à 
remarquer que la muse de Fortunat est particu- 
lièrement sensible à la bonne clière , car il n'est 
pas de sujet qui revienne plus fréquemment dans 
ses vers et qui soit traité plus éloquemroent^ou 
plus vivement. 

Fortunat était en rapport avec ce que la so- 
ciété d'alors avait de plus éclairé. Il comptait au 
nombre de ses amis et de ses admirateurs 
presque tous les évoques ses conlemporains , 
saint Euphrone, (îrégoire de Tours, saint Sya- 
griusd'Autun, saint Félix de Nantes, saint Ger- 
main de Paris , saint Avitus de Glermont , saint 
Léon de Bordeaux. Il leur écrivait et allait les voir 
fréquemment. En 580, à l'occasion du concile 
de Braine, il envoya aux évêques rassemblés un 
panégyrique de Chilpéric. Ce n'était pas , 
comme on eût pu s'y attendre, l'apologie de Gré- 
goire de Tours, son bienfaiteur, alors accusé d'a- 
voir calomnié Frédégonde , mais un lieu com* 
mun de flatteries banales à l'usage de tous les 
souverains. Fortunat demeura dans sa retraite 
de Poitiers jusqu'à la mort de sainte Badegonde, 
en à87. Il était parvenu à un âge très-avancé lors- 
qu'il fut nommé évêque de Poitiers. 11 succédatl 
à Platon, qui avait été ordonné évêque en 59!2. U 
occupa peu de tei|ips le siège de Poitiers, t-t 
mourut au commencement du septième sièclt^, 
avec la réputation de premier poëte de son 
siècle. 

Le plus considérable des ouvrages de Fortunat 
est un recueil de vers ( élégiaques pour la plu- 
part) divisé en onze livres. Les sujets les plus 
divers y sont traités. Ce sont des descriptions, 
des éloges , des épilhalames , des épitaphes, des 
lettres, des hymnes , le Pange et le Vexilla nr- 
gis entre autres adoptés par l'Église. Deux ou- 
vrages en prose, l'explication du Credo et l'ex- 
plication du Pater, surprennent le lecteur, parla 
netteté et la simplicité du style. 11 est douteux 

(1) Augnstln-Thierry, Récits jies temps ntérovingimt , 
tom. n, Vl« récit 




k 



231 



FORTUNAT — FORTUNATIEN 



que ces deox pièces soient de Fortunat, dont la 
prose est aussi embarrassée , aussi guindée et 
aussi tourmentée que sa poésie. Deux pièces 
de Ters placées à la fin du onzième livre ont une 
couleur et sont empreintes d'une émotion cpii fait 
contraste avec la froideur et l'insipide banalité 
des autres morceaux. L'une a pour titre De 
Excidio Thar%ng%a& ex persona Eadeyondis . 
Elle est adressée à AmaUred, cousin de Rade- 
gonde, qui vivait en exilé à Constantinople. 
L'autre est adressée à Artachis, fils d'Amalfred. 
Ces deux pièces de vers, écrites sous l'évidente 
inspiration de Radegonde, dernière descendante 
des rois de Thuringe, portent l'expression d'un 
certain patriotisme , que rappelle plus d'un pas- 
sage d'Ossian. 

II faut citer, après ces onze livres de poésie , 
quatre livres de la Vie de saint Martin de Tours. 
Foilunat n'a fait que mettre en vers hexamètres 
la prose incomparablement meilleure de Sulpice 
Sévère; en outre, la Vie de sainte Radegonde y 
la Vie de saint Germain de Paris, de saint 
Aubin d'Angers , de saint Paterne d'Avran- 
ches, de saint Médard de Noyon, de saint 
Hilaire de Poitiers. 

Paul Diacre d'Aquilée assure que Fortunat 
avait composé des hymnes pour toutes les fêtes 
de l'année, et Hincmar lui attribue un résumé 
de la vie de saint Rémi ; mais ces derniers ou- 
vrages ne sont pas parvenus jusqu'à nous. 

Certaines pièces font connaître et la futilité 
d'esprit de Fortunat et la décadence littéraire de 
son temps : c'est la figure d'une croix dessinée 
en vers d'inégale longueur, et enclavée dans un 
rectangle de trente-cinq vers hexamètres dont 
chacun a trente-cinq lettres ; c'est un carré; de 
-trente-trois vers hexamètres de trente -trois 
lettres chaque : les quatre diagonales sont figu- 
rées par quatre vers hexamètres de trente-trois 
lettres également ; c'est un losange en acros- 
tiches avec la manière de le lire. Ces puérils 
alignements de vers , « ces toiles d'araignée , » 
qui ravissaient d'admiration les contemporains de 
Fortunat prouvent encore plus la patience et la 
stérilité de sa muse que la force de génie et 
le feu que les auteurs de VHistoire littéraire 
lui accordent trop complaisamment. Il a paru 
diverses éditions des œuvres de Fortunat. La pre- 
mière à Ca^iari, en 1573, la deuxième dans la 
même ville, en 1574. Elle fut réimprimée quatre 
ans plus tard à Venise, puis en 1584 à Cagliari, 
et en 1660 à Cologne. Trois autres éditions pa- 
rurent ensuite, deux à Mayence, in-4'', 1603- 
1606, l'autre à Cologne, 1617. B. Aube. 

Maxima Bibliotheca veterum Patrum, tom. X, Lyon, 
1678 ; et Recueil des Pères , Paris, 16W. — Grégoire de 
Tours, Hist. Francor., llv. V. — Paul Diacre, Histor. 
Jxmgohard., liv. II. — Hllduin, fpist. ad Ltsdov. Pium. 
— Hincmar. rie de saint Eemi. — Joannes Trithemius, 
De ScriptorUms ecclesicuUcis. — Amolnas monacbus, 
livre III , Hist. franc., chap. xra. — Petrus Crinitos, 
De Poetis UUinis, liv. V. - Hist. litt. des Benédict. de 
Saint 'Maur tom. V. ~ Augustin Tbierry, Mécittmé^ 



rovingiens, -tom. II, réciU %• et €•. - 
littéraire de la France avant le douzii 
— Gnizot, Hist. de la Civil, en France, U 

* FORTUNATIANUS {AtiUus), 

latin, vivait dans le quatrième ou 
siècle de l'ère chrétienne. On a d« 
sur la prosodie et les mètres d'Ho 
vrage, qui est inséré dans la collecti 
nous est arrivé dans un désordre < 
tunatianus ne vivait pas postérieur 
quième siècle, puisqu'il est cité par ( 
diction , comme on peut le voir [ 
dédicatohre adressée à un jeune séna 
et fleurie: 
Putsch , Gram. Latinae Auctoret ai 
FORTVNATIANUS (CurtUS i 

rhéteur romain, vivait vers 450 ap 
de temps avant Cassiodore, qui le n 
a de lui un Abrégé de Rhétorique 
et par réponses, sous le titre de : Ci 
tiani Consulti Artis Rhetoricx 5( 
très. Cet ouvrage, très-répandu d 
du moyen âge , fut imprûné pou 
fois in-4*', sans indication de lieu ni 
vers 1490, dans un recueil conten 
trois livres de VArs Rhetoric», \ 
Fortunatianiy une Dialectica Cl 
Fortunatianiy une lettre de Frai 
lanus à Jacobus Ântiquarius , et ti 
de Denys d'Halicamasse traduits 
Gaza. Les autres éditions de VA\ 
sont celles de Venise, 1523, in-fol 
lume contenant Rufinianus et d'an 
de Louvain ( par les soins de P. Na 
in-8**; de Strasbourg (par Erythi 
in-8°. VArs Rhet. a été aussi in 
Rhetores Latini antiqui de Pithoi 
in-4°, p. 38-78 , et dans l'édition 
cueîl donnée par Capperonier j Stn 
in-4°, 53-101. 

Il ne faut confondre ce rhétec 
Curius Fortunatianus qui avait 
histoire de Maximus et de Balbin 
Max. et Balb. ), ni avec un Fort 
rigine africaiif& et évêque d'Aquik 
par saint Jérôme ( De Vir. illus., 

Vossius, De Histor. Lat.^ I. Il, c. m. ■ 
blioth. Lat.. t. III, p. M8 460. ~ Schœll, 
rom., lil, 197. ~ Panzer, Annales tvpogrt 

* FORTUNATIEN , évéque d'Aq 
Afiricain d'origine, et prit une par 
troubles qui agitèrent l'Église, 
siècle ; il signa la condamnation de s 
dans le concile de Milan en 355 ; a 
il n'est plus question de lui. Il 
commentaires sur les évangiles. Sa 
qu'ils étaient écrits d'un style peu 
qu'ils sont utiles. 

CeUlier, Histoire des Auteurs eeclét 
p. 11. — Fontanini, Histoire littéraire t 

FORTUNATiNO (Tomnuuo). \ 
peintre florentin. 

FORTUNATUS. V<^, ARALA|M 



FORTUNIO 

(Jean'Prançffis ) , grammairieo 
t aa seizième siècle. Slayoïi d*ori- 
i la plus grande partie de sa yie en 
xerçait la profession de jariscon- 
one fin funeste. Il était podestat 
; s'acquittait de ces fonctions avec 
lonneur. Un jour on le Tît tomber 
ité d'une des fenêtres dn prétoire, 
ût dire si cet acte était le résultat 
ou d'un crime. On a de Fortunio : 
ramaticali délia Volgar lÀngua; 
5. 

10, Note al Fontanini. — Tiraboschl, 
tteratura ItaUana , t. y II, p. ui, p. S90. 
» (Augustin), chroniqueur et 
lien, né à Fiesole, vers 1550, mort 
ers 1595. Après avoir fait d'excel- 
au collège de Pise , il entra au cou- 
ts-Anges à Florence, et y prononça 
)n a de lui : Bistoria Camaldur 
orence, 1575-1579, 2 vol. in-4°. 
(, où rémdition abonde , mais qui 
itique , fut attaquée par le P. Luc. 
léfendit dans un ouvrage intitulé : 
gusti Florentini pro libris suis 
i Camaldulensium ; Florence, 
[)n a encore de Fortunio: Chroni- 
monte San-Savino di Toscana; 
83, in-4° ; — lÀber Carminum; 
91, in-8°. 

ostadonl, annales dtmaldulenset, 
ou vomzkTi (Claude), poète ita- 
doue , vivait dans la seconde moitié 
iècle. On a de lui : Eime; Padoue, 
-^ un volume de vers dans le pa- 
, sous le titre de Scareggio tanda- 
e, 1583, in-4°; •— une tragédie de 
iisieurs fois imprimée; la meilleure 
le de Venise, 1609, in-12. 
torlco (édit. de Bassano). 
il (Gilles), en latin Foscherarius, 
lien, né à Bologne, le 27 janvier 
Rome, le 23 décembre 1564. En- 
dans Tordre de Saint-Dominique, 
08 diverses maisons de son ordre , 
i4 inquisiteur et prieur du cou- 
^e , et fut nommé quelques années 
k[ue de Modène. Cette dignité ne 
ien la manière de vivre simple et 
Bcarari. Ce prélat charitable trouva 
lité et sa modestie assez d'argent 
' aux nécessités des pauvres, pour 
iiison de filles repenties et pour em- 
lise et le palais épiscopal. Malgré 
il fut accusé d'hérésie. Le pape 
t arrêter et conduire au château 
nais Pie IV, successeur de Paul, 
isation calomnieuse, et Foscarari 
ne. Il retourna en 1561 au concile 
ti Jules m l'avait déjà envoyé. On 
ec deux autres dominicains, Léo- 
et Foreiro, de dresser un caté- 



— FOSCARI 



384 



chisme et de réformer le bréviaire et le missel 
de Rome. Foscarari était encore occupé de ce 
travail lorsqu'il mourut. 

Aiehard'et Glraod, Bibttotkétue taerée. 

POSCAEi (Francesco), doge de Venise, né 
vers 1373. issu d'une famille patricienne , il était 
arrivé aux premiers rangs de l'État , et faisait 
partie du grand conseil, lorsqu'en 1412 il fut 
nommé l'un des tuteurs du jeune marquis de 
Mantoue , Francesco di Gonzaga. Il sut dans 
son administration mériter la reconnaissance de 
son pupille et celle du peuple mantouan. Procu- 
rateur de Saint-Marc en 1421 , il proposa de 
prendre parti pour les Florentins contre Filippo- 
Maria, duc de BfUan. Le doge Tomase Monce- 
nigo s'opposa à cette guerre; il fit plus : il re- 
commanda en mourant (15 avril 1423) de ne 
pas nommer Francesco Foscari pour doge : 
« Dieu vous préserve d'un pareil choix ! dit-il ; 
si vous le faites, vous élirez la guerre; et qu'est- 
ce donc que les conquêtes , lorsque la dépense 
en absorbe les revenus ? De maîtres que vous 
êtes vous vous trouverez sujets ; et de qui ? Des 
gens de guerre, d'une soldatesque que vous 
soudoyez. » Malgré cette opposition , après six 
jours de scratins balancés et à l'aide des me- 
nées d'Albino Baduero, Foscari, doyen des élec- 
teurs , réunit la majorité des suffrages , et fut 
élu souverain de Venise. « Mais il faut savoir, 
dit Marino Sanuto , que ce seigneur avait em- 
ployé les fonds de sa procuratie à se faire des 
partisans, et en donnant des secours à un grand 
nombre de patriciens pauvres et en dotant leurs 
filles. On l'accusait d'avoir ainsi dépensé plus 
de trente mille ducats ; aussi avait-il beaucoup 
de créatures. » Pour la proclamation du nouveau 
doge, « on adopta, rapporte Sismondi, une 
formule nouvelle, qui acheva d'effacer, jusqu'au 
souvenir, le droit que le peuple avait eu jus- 
qu'alors de prendre part aux élections. » Fos- 
cari donna un asile à Carmagnola ( voy. ce nom) 
fuyant l'ingratitude de Filippo-Maria, et, à l'ins- 
tigation de cet illustre proscrit, il déclara la guerre 
au duc de Milan (27 janvier 1426). La victoire 
suivit d'abord les drapeaux des Vénitiens ; Car- 
magnola força Filippo-Maria à acheter la paix 
( 18 avril 1427), au prix du Bergamasque, du 
Crémonais et du Bressan. La guerre s'étant 
rallumée en 1431 , les Milanais furent vainqueurs 
à leur tour sur terre et sur le Pô ; les Vénitiens 
s'en prirent à leur général Carmagnola, et après 
l'avoir indignement torturé, le mirent à mort 
(5 mai 1432). Cet acte cruel ne ramena pas la for- 
tune du côté de la république. Giovanni-Francesco 
de Gonzaga, prince de Mantoue , successeur de 
Carmagnola, ne fit rien d'important dans la Val- 
teline : le provéditeur Giorgio Comaro se laissa 
envelopper et prendre avec tout un corps d'ar- 
mée, et sur mer Pietro Loredani , blessé à l'at- 
taque du château de Sestri,dut ramener sa flotte 
après avoir conunis d'inutiles ravages. Foscari 
consentit à traiter, et, mieux servi par ses diplo- 



u& 



FOSGARI 



ii' 



maies <|U6 par sei généraux, il obfiot que les 
Arontières Ténitieimes seraient désormais fixées 
par le cours de TAdda. Malgré cette paix ines- 
pérée, Foscari Toulut se décharger de la res- 
ponsabilité des événements (i), et le 27 juin 
1433 il proposa son abdication; elle ne fat point 
acceptée. Le doge reprit sans peine le pouvoir, 
et, fidèle à ses instincts guerriers, il profita d'une 
insuite faite par le penple de Bologne au résident 
irénltien pour attaquer cette ville ; en même 
temps, fi renouvela son alliance avec Cosme de 
Médicis , qni M prêta quinze mille ducats et 
déclara qu'il appuierait les efforts des Génois 
pour leur indépendance. Visconti cette fbis fut 
le premier à frapper, et lançant son habile gé- 
néral Niccolô Piccinino sur les possessions de la 
seigneune, il reprit le Bcrgàmasque, le Bressan, 
le Véronais et le Vicentin , malgré les savantes 
manœuvres de Giovanni de Nani Gatta-Melata, 
générai Vénitien^ et la belle défense de Francesco 
Barbaro, podestat de Btescia. La flotte vénitienne 
elle-même , commandée par Dario Malipieri et 
Bemardo NavigieH, fut anéantie dans un combat 
près de Pavie. Foscari, trahi par le marquis de 
Mantoue, mit à la tête de son armée Francesco 
Sforza, marquis d'Ancônc (février 1439). Crai- 
gnant que Nicolà d'Esté, marquis de Ferrare, m 
tournât aussi contre Venise, il lui rendit Rovlgo 
et toute la Polésîne, que la république occapait 
depuis trente-quatre ans comme nantlssettient 
d*une créance de 60,000 ducats. En même temps 
il contracta une alliance avec le pape Eugène iV, 
qui lui founiit un secours assez important. Vis- 
conti reçut, d'un autre côté, des troupes napo- 
litaines, aragonaises et angevines. Malgré son in- 
fériorité, Sforze battit les Milanais dans les dé- 
filés de Ten (9 novembre 1409) , débloqua Bfes- 
cia, et conclut la paix avec Visconti ( le 23 no- 
vembre 1441 ). Par ce traité, dit de Cavriano , 
Venise acquit Lonato, Velaggio et Peschiera, 
que le marquis de Mantoue fut obligé de lui 
céder. Quelques mois plus tard, Foscari vint au 
secours de Francesco Sforza , attaqué dans sa 
Marche d'Ancônè par le duc de Milan, le pape 
et le roi de Naples Alfonso d'Aragon , et soutint 
lès Bolonais dans leur révolte contre Visconti. 
La mêrne année Foscari s'empara de Ravenne 
par des moyens plus adroits qu'honorables. Or- 
tasio de Polenta régnait alors sur cette ville. Il 
avait été placé par son père sous la tutelle du 
gouvernement vénitien, qui devait en hériter 
dans le cas d'une mort prématurée ou par dé- 
faut de successeurs directs. Ortasio fut accusé 
d'avoir favorisé le duc de Milan dans la dernière 
guerre , et Foscari se crut en droit de punir l'im- 
prudent pupille. Il eût d'ailleurs été long d'en 
attendre l'héritage, car Ortasio venait d'avoir un 
fils. Des troubles furent excités dans Ravenne, et 
le 24 février les habitants déposèrent leur prince, 



(1) La guerre de LoçQbardie venait de coûter à Venise 
sept millions de ducats. 



comme incapable. Le d(^ ftignit i 
dre l'intervention de qnelque vois 
des troupes qui prirent possessic 
Ortasio se réfugia à Venise , tromp 
du sénat ; aussitôt après son arrii 
barque pour rite de Candie avec 
son enfant. Ils y trouvèrent une m 

Tandis que les Vénitiens s'occi 
dre leur territoire italique , ils soc 
lement dans leur commerce; des 
geaient impunément leurs côtes, 
d'Egypte, profitant de leurs troubl 
des ports d'Alexandrie, de Tripe 
et de Béryte, et confisqua tout c( 
sédaient ( environ 235,000 duca 
dont tous les moyens, étaient abi 
guerre continentale, ne put tirer 
cette avanie. Il manifesta de nouv 
d'abdiquer sa dignité; mais le coi 
encore, et exigea de lui le serme 
quitter le dogat. 

Le 24 septembre 1443, Foscari f 
avec le duc de Milan , le comte 5 
publiques de Gênes , de Florence 
dans le but de s'opposer à î'accro 
puissance d'Alfonso d'Aragon, r 
Le saint-père prit parti pour ce 
excommunia les Vénitiens; mais 
de Sforza amenèrent rapidement 
retrait du foudre papal. En janv 
cari eut à souffrir un cruel chagi 
de ses fils étaient morts au servi 
blique; le dernier, Jacopo, fut déa 
des Dix comme ayant reçu des pi 
sieurs princes étrangers. Après de 
chés par la torture, le 20 février, il 
au bannissement perpétuel et re 
de Romanie, puis à Trieste ; l'infoi 
prononcer le jugement de son fil: 
ces fréquentes variations qui c; 
politique italienne, le duc de Milan 
les armes contre son gendre Sf 
au pape et au roi de Naples. F 
Sforza, et, le 28 septembre 1446, 
commandés par Michèle Altendolo 
remportèrent à Casal-Maggiore un 
tante sur leurs ennemis. Filippo- 
étant mort ( 13 août 1447), Sforza 
souveraineté de Milan ; mais, gagi 
sents du pape Nicolas V , il abah^ 
des républiques. Il montra autant* 
contre les Vénitiens qu'il avait n 
leur service, et détruisit succès 
flotte à Casai et leur armée, le 14 se 
devant Caravaggio. Foscari sut er 
heureuse paix ( 19 octobre 1448 
Sforza comme duc de Milan , mais 
sion du Bergamasqué , du Bressan 



(t) Jean Siiaoneta dit : » MiasDs in ii 
intra paucos dies, cum unico filio. exsti 



387 



FOSCAHI 



238 



li était ddni U destiiiée de ee doge d'avoir 
sans cesse les arnutt à la main. Sa réconciliation 
aKc Sforza lui tit enooniir l'inimitié d'Alfonso 
d'Ara^, qui prétendait au trône de Milan. Dès 
les premières hoêtilités, Foseari arma une flotte 
de quarante*cinq galères, qui, sous le comman- 
dement de Luigi Loredano, se présenta devant 
Messine, lirâla l'arsenal et douxe galères sid- 
liennss; le même dégftt fut fait à Syracuse, et 
obligea Alfanso à demander la paix. Enflés par 
ce buocès, les Vénitiens signifièrent à Sforza de 
renoncer à ime partie de ses prétentions sur le 
Alilanais. Sforaa accepta ia guerre, et, suppléant 
(lar ia rapidité des mouvements à l'ioégalité des 
forces, il fit repentir ses agresseurs de leor iqios- 
lice. Foseari , cpioique aooablé pat des malheurs 
de famille , et vivement attaqué par la faction 
des Loredani , ne voulut accéder à aucun ac- 
commodement , et se ligna avec le roi de Na* 
pies , le duc de Savoie , le marquis de Mont- 
ferrât, les villes de Ikilogne et de Pérouse. 

Sforce appela h âtti aide Cosme de Mé- 
dtcts, seigneur de Florence, les Génois, le mar- 
quis de Mantoue et pins tard le roi de France. 
Les hostilités reprirent en 1452, et Tltaliè fut 
ravigéè en tous sens par les deut partis et leurs 
auxiliaires. Suivant Neri Capponi, durant cette 
gnerre, le gouvernement vénitien tenta deux 
fois de se délivrer du redoutable Sforce par le 
fer et par le poison. Il rapporte les détàilsy du 
projet et la somme promise par le conseil des 
Dix; mais rien ne prouve que Foseari fût par- 
tisan de ce crime. Après beaucoup de sang versé, 
la paix se conclut à Lodi , le 5 avril 1454. Vers 
U même époque, un traité fut conclu avec Ma- 
homet H, qui venait de s'emparer de Constanti- 
Bople. La république vénitienne put enfin res- 
pirer. Foseari, devenu octogénaire, jouissait de 
ia gloire d'avoir étendu considérablement les 
possessions de sa patrie, lorsque son fils unique 
fat encore une fois traduit d evant le terrible conseil 
des Dix, et condamné de nouveau à l'exil. Foseari 
senumtra Inflexible à ses sollicitations, et hii ré- 
pondit : « NoH) mon fils ; respecter, votre arrêt, et 
obéisseE sans murmure à la république. » La 
réfiignatlon du doge ne désarma pas ses ennemis ; 
la famille Loredani hii suscita d'anti^ douleurs. 
il était échappé à Foseari de dire « qu'il ne se 
croirait véritablement prince que quand Pietro 
liOredano aurait oessé de vivre «> ; et cet iHnstre 
amiral était mort peu après, d'une incommodité 
qn'on ne put expliquer, on aodusa Fosesri 
d'avoir hâté une mort qu'il désirait, et Jacopo 
I>oredano jura de ven g er ce meurtre. Le chagrin 
que manifestait le doge de la ruine de son fils, 
(ondamûé isjostement, fat expliqué comme 
ane protestation contre l'arrêt des d^cemvirs, et, 
sur la proposition de Jacopo Loredano, il fat 
invité à donner sa démission dans les vingt- 
q iatre heures. Foseari répondit fermement que 
dpux fols H l'avait offerte, qu'on avait exigé de 
lui le serment solennel de ne plus réitérer cette 



demande, et qu'il se trouvait lié par cette pro- 
messe et ne céderait qu'à la volonté générale. 
Le lendemain les Dix lui enjoignirent de sortir 
du palais ducal dans les hait jours, sous peine de 
vnér ses biens confisqués. Loredano eut la cruelle 
joie de lui présenter oe décret. Foseari répondit : 
« Si j'avais pu prévoir que ma rieillesse (Ht 
préjudiciable à l'État, le chef de la république 
ne se serait pas montré assez mgrat pour pré- 
férer sa dignité à la patrie; mais cette vie lui 
ayant été utile pendant tant d'années, je voulais 
lui en consacrer jnsqu'au dernier moment. Le 
décret est rendn , j'obéirai. » £t il rendit l'anneau 
ducal , qui fut brisé devant lui. Il voulut des- 
cendre dignement du palais, devant le peuple, et 
par Tescalier des Géants. Il s'écria alors : « Mes 
services m'y avaient appelé, la malice de mes 
ennemis m'en fait sortir. » Le peuple laissa échap- 
per quelques regrets : une proclamation du 
conseil des Dix ordonna sous peine de mort le 
silenoe le plus absolu sur cette affah^. Le 30 
octobre 1457, Pasquale Malipieri fut élu doge. 
En entendant la cloche de Saint-Marc, qui an- 
nonçait à Venise un nouveau prince, Francesco 

I Foseari éprouva un tel saisissement qu'il mourut 

I le lendemain (1). 

1 Un an après ( 25 octobre 1458), il fut déclaré 

i que le conseil des Dix avait dépassé ses droits : 
U lui fut interdit désormais de s'ingérer à juger 
le prince, excepté ra cas de flagrante félonie. 

A. DE L. 
And. BilU, Histùria, Ub. V. f. M. - Poggio-Braccio- 
Uni, Historia Florent., Ub. V et VI, p. 889. - Andréa 
Navagero. Storia Feneziana, 1088-1097. — Mailno Sa- 
noto, f^ite M DmM di f^enez., 9t6-l028. - Platfoa, 
Istoria Âtantuana, liv. V. — Cristoforo da Soldo, Js- 
toria di Brescia, p. 808. - M. A. Sabelllco, Historia Re- 
ntm renetarum, dec. III. — Slsmondl, Histoire des Repu- 
blifiÊes ttaf<«i(iie»,ebap. i.xiv.— Daru, Histoire de F^e- 
nise, 1U>. XiV et XV. 

FoscARi (François)y diplomate vénitien, né 
le 30 décembre 1704, mort le 17 décembre 1790. 
Il appartenait à la même famille que le précé- 
dent, et son illustre naissance le fit entrer au 
sénat. Il fut successivement nommé arabassa- 
deur à Rome en 1748, à Constantinople en 1756, 
à Vienne en 1705, à Saint-Pétersbourg en 1781. 
Les affaires, qu'il conduisit toujours avec habileté, 
ne l'empêchaient pas d'aimer les lettres et les 
arts, et de recherdier ceux qui les cultivaient. 
Le Thésaurus Ântiquitatum sacrarum, les 
Œuvres de Théophylacte et la Bibliotheca 
Patrum de Galland furent publiés sous ses 
auspices. 
Solari, Élofê Mstoriqm deFMOartf Venise, 17M. 
FOSCARiJli {Paul" Antoine), mathémati- 
cien italien, né à Venise selon le P. Jacob , ou 
dans le royaume de Naples d'après d'autres 

(1) Jacopo Loredano sur ses livres de compte aTait 
inscrit le doge au nombre de ses débiteurs, avec cette 
forrnnîe : « Francesco Foseari, pour la mort de mon 
père et de mon oncle. » De l'autre côté, il avait laissé une 
page en blanti pour y porter l'acquit. £t en effet, après 
U triste mort du doge , il écrivit en rayant cette page : 
L'ka pagata. 




239 FOSCARIiSl 

biographes ^ Tirait au eommencement du dix- 
septième sîëcle. Il entca dans l'ordre des 
Carmes, et professa la philosophie à Naples et à 
Meâiiiae. 11 fut un des premiers à se déclarer en 
faveur du s^ystème de Kopemic, expliqué et dé- 
feodu par Galilée, et il s'efforça de démontrer 
que. le texte de la Bible n'est pas contraire à 
cette opinioo. U publia à ce sujet un opuscule re- 
marquable intitulé : Lettera sopra Vopinione 
de' PUtagoHci e del Copernico , délia mobi- 
iiià (hlia Terra e stahilità del Sole, e il 
nuovo Pitkigorico Sistema del Jfoncfo ;.Naples, 
1615^ îii'4''. On a encore de Foscarini quelques 
upusJCuLes tliéûlogiques écrits en latin. Ils ont été 
T^uLiis eu un volume; Gosenza, 1611, in-8^ 

Le P« Jacvïfy Sibliotheea CarmelUana, 

roi^CARiNi (Michel), historien vénitien , né 
«n lfi32, mort le 31 mai 1692. Après avoir 
reitipJi «1i verses charges importantes, il fut 
nomuié, Le 7 septembre 1664, gouverneur de Cor- 
f(ju, avec le titre de provéditeur et de capitaine. 
Cinq ans plus tard on l'élut sage de terre 
ferme ; et {quelques années après il fut élevé à 
la dignité lie sage du conseiL £n 1678, il suc- 
céda à iSarii dans la charge d'historiographe 
rie Venise. 11 s'occupa activement de rédiger 
cette iiL^toire, qu'il continua jusqu'en 1690. La 
mort J 'empêcha de mettre la dernière main à cet 
ouvrage , qui fut publié par son frère Sébastien 
Foijcarini, ^m le titre de Istoria délia Bepub- 
bliea Venela ; Venise, 1696, in-4** , réimprimé à 
Venise , l6y9,in-4** ; Y Histoire de Venise a été 
insérée daus le recueil des Historiens de Ve- 
nise ^ 17^2, in-4'*. On a encore de Foscarini 
deux IftmvelleSf imprimées dans les Novelle 
amm-ose dcgli Accademici incogniti; Venise, 
1651^ ia-4<^^ 3® partie. Foscarini annota le Mu- 
séum illustrium Poetarum de Caramella , 
placé à la suite de la Sacra Purpura du même 
auteur; Venise, 1653, in-12, 

4. Keno, .Wflmorte de' ScHttori Veneti patritii. - Nl- 
ri^ron. flltimoirei pour servir à l'histoire des hommes 
ilimtres, t. XII. 

poscAKiNl (Marc), homme d'État et litté- 
rateur vénitien , né le 30 janvier 1696, mort le 
3t rtiar» i7B3- L'illustration de sa famille et son 
propre mérite lui donnèrent accès aux plus 
Uautes i1j}^tés de la république. U devint che- 
valier et procurateur de Saint-Marc. Le sénat le 
Dummâ tïistoriographe de Venise. Mais diverses 
missions dont il fut chargé auprès de plusieurs 
^ours de l'Europe l'éloignèrent des archives 
secrètes, on se trouvaient les documents à con- 
sulter, et l'empêchèrent d'écrire l'histoire de 
Venise. U dirigea alors ses recherches sur un 
sujet plui (wcessible, et résolut de composer 
r histoire littéraire de sa patrie. Cette histoire 
devait être divisée par genres, et l'auteur, réser- 
vant |»oi)r une seconde partie tous les genres 
simplement agréables , se pro[>osait de traiter 
dans la pr*^mière des genres d'écrire les plus 
utiles à FÉtat, c'est-à-dire du droit civil et du 



— FOSCOLO 
droit canonique , de l'histoire nation 
gère, de Fastronomie et de la navi^ 
géographie, de l'architecture naut 
taire , de l'hydraulique , et enfin d( 
politique et judiciaire. Une moitié i 
cette première partie a paru , et t 
regretter que les fonctions politiqn 
péché Foscarini d'achever son excell 
Foscarini succéda en 1762 à Franç< 
dans la place de doge. U n'occupa 
cal que dix mois. Son gouvernemen 
par une réforme qui, aune autre é| 
eu peut-être une heureuse influence 
de la république : le grand conseil 
ques règlements tendant à augmenta 
du doge sur Tadministration. On 
rini : Délia Letteratura Venezianc 
Padoue, 1752, in-fol. Ce volume, 
dise le titre, ne contient réeUemeni 
livres. 

Daru, Histoire de Denise, t. V, p. 201 i 
~ Tipaldo, Biografia degli Wiliani illu 

FOSCHi (Ferdinando), peinti 
bolonaise, vivait à Bologne dans 
tième siècle. Le Musée du Louvre 
bon M/Jet de neige, paysage dû a 
cet artiste. 

On connaît deux autres peintres 
Sigismondo, qui en 1527 peignit Ui 
quatre Saints, tableaux conservés i 
Milan, et le Fra Salvator, qui fut élèvi 
l'aida dans ses travaux à Rome. 

Vasari, fite. — Catalogue du Musée 
Villot, Musée du Louvre. — Slret ,Dicti 
rique des Peintres. 

FOSGHINI (Antonio), habile ai 
rarais, florissait à la fin du siècle de 
les nombreux travaux exécutés à 
sa direction , les plus importants s< 
calier de l'université et le grand ti 
des phis élégants et des mieux c 
l'ItaUe. £. 

fi.'Li CiltadeUa, Guida di Ferrara. 

FOS€0 ( Placide ) , en latin fi 
decin italien, né en 1509, à Montefii 
environs de Rimini, mort à Rome, 
1574. Après avoir exercé l'art de { 
cile et à Malte, il devint le méd< 
Pie V. H composa un ouvrage De t 
astrologix in arte medica, don 
ne nous est connue que par le téi 
Manget. 

Son frère Lactance Fosco, savan 

fut chanoine de Rimini, et mourut le 

Manget, B^liothèque des Auteurs de Jti 

FOSCO (Palladio), Voy. Negri. 

FOSCOLO ( Ugo), poêle et Uttén 
né à rile de Zante, vers 1778, mori 
Grcen, prè's de Londres, le 10 o 
Ayant perdu de bonne heure son p 
sa mère sa première éducation. Vei 
alors sa domination sur les lies h 
comme elle n'y avait établi ni colley 



FOSCOLO 



243 



iniversités, les parente étaient forcés 
leurs enfants soit dans la métropole, 
terre ferme, pour leur faire achever 
es. C'est ainsi que Foscolo, après 
é quelque temps dans les écoles de 
i ensuite à l'uniTersité de Padoue, où 
i cours de Cesarotti sur ia littérature 
Ardent admirateur d'Alfieri, imlm 
des souvenirs mythologiques, Foscolo 
le tragédie intitulée Tieste, représen- 
ivier 1797, sur le théâtre de Saint- 
use. La pièce eut du succès. Voyant 
patrie déchue de sa grandeur et au 
s années étrangères , il se rendit en 
t bientôt après à Milan , devenue la 
I la Republique Cisalpine. 11 y fut 
imé officier dans la légion dite /om- 
is, après la chute de la République 
l se retira avec les Français à Gènes, 
ge de cette ville en 1800. Les hor- 
ârances qu'il devait y [endurer ne 
int cependant pas d'écrire l'éloge à 
ïvicini, Caduta da Cavallo, en tète 
aça le Sollicites Oblivia Vitx d'Ho- 
se rappeler l'état malheureux dans 
e trouvait lorsqu'il composa cet ou- 
ïs s'étant enfin rendue , il fut trans- 
la garnison à Antibes , sur des vais- 
is. Là il apprit que Bonaparte avait 
le Saint-Bernard, se disposant à re- 
i Lombardie. 

er consul convoqua un congrès de 
jyon, afin de donner une nouvelle 
îpublique Cisalpine, gouvernée par un 
Bonaparte, mécontent des triumvirs, 
cok) de critiquer vivement l'adminis- 
a virale. C'est alors que celui-d écrivit 
Discours à Bonaparte pour le con- 
. En 1802 il publia ses Ultime Lettere 
rtis, ouvrage que lui avait inspiré le 
le CkBthe. Bonaparte , méditant une 
ontre l'Angleterre, appela l'armée d'I- 
bords de l'Océan. Foscolo avait le 
pitaine attaché à l'état-major du gé- 
L Le contingent italien s'établit à 
et à Calais, où Foscolo se livra à 
la langue anglaise. L'entreprise de 
'ayant pu être mise à exécution, 
lit à Milan, où il partagea son temps 
res et les plaisirs, souvent les plus 
'est à cette époque qu'il donna la 
lition de MontecuçcuU, d'après un 
ppartenant au marquis Jean-Jacques 
la dédia au général Caflarelli, mi- 
;uerre. Foscolo s'était retiré sur une 
e près de Bresda, afin de se fivrer 
à l'étude des lettres. £n 1808 il 
à la chaire d'éloquence de l'uni- 
adoue, laissée vacante par la mort 
Le prince Eugène, vice-roi d'Italie, 
occuper un homme dont le carac- 
j et querelleur était peu propre à 



la milice; le prince disait parfois que les tnits 
poètes qu'il avait dans son armée, c'est-à-dire 
Foscolo, Gasparinetti et Ceroni, luidonD:^ent 
plus à faire que l'armée tout entière. Les leçons 
de Foscolo sur Torigine et le développement rje 
la littérature furent accueillies avec enthou* 
siasme par les étudiante. Mais comme il attequajt 
indirectement les actes et le système de Kapo* 
léon, il dut bientôt renoncer au professorat. Il se 
retira alors sur les bords du Lario. Il n'y vh-.at 
pas longtemps tranquille. La représentetion i9e 
sa tragédie d* A face, qui a pour sujet la queieJJe 
soulevée entre Ajax et Ulysse relativement aux. 
armes d'Achille, fut cause que Foscolo dut aban- 
donner la Lombardie, car ses ennemis, non con- 
tente de le dénigrer dans une épigramme inju- 
rieuse (1), répandirent le bruit que l'auteur île 
cette tragédie avait voulu personnifier Napo- 
léon dans le personnage d'Agamemnon, et le 
général Moreau dans celui d'Ajax, qui n'obteuaîi 
pas les armes d'Achille. Pour échapper à ca» 
persécutions, Foscolo vint se fixer entre Florence 
et Pistoja, où il composa plusieurs ouvrages. 
Lors de la chute de Napoléon, Foscolo roprit 
l'habit militaire, et en 1814 il fut nommé ihef 
d'escadron par la régence de Milan. Mais il dis- 
parut à l'improviste, et se réfugia à Zurich, où i I 
publia, avec la fausse date de Pise, ses IHàytni 
ChericiHypercalypseos. Ce.&ï une satire éc;rile 
en prose latine, dans le style biblique; il y at- 
taque Paradisi ainsi que beaucoup d'autres [lei- 
sonnages qui avaient rempli de hautes fonction.s 
dans le royaume d'Itelie. En dernier lieu, Foscolo 
se retira en Angleterre. Il y publia bientôt ses 
Essais sur Pétrarque, écrits en anglais. Cet 
ouvrage lui acquit assez de célébrité pour cju'ii 
vtt se presser autour de lui, lorsqu'il ouvrit dtis 
cours d'italien à Londres, en 1823, un nombreux 
auditoire, dont l'assiduité ne lui rapporta pas 
moins de mille livres sterling. Mai? les prodi- 
galités auxquelles il s'abandonna ensuite lui at- 
tirèrent les plus fâcheux désagrémente. Obligé 
de fuir les poursuites de ses créanciers, il dut , 
tout en se cachant, chercher des ressonrceis 
dans la rédaction de quelques articles de jour- 
naux et de préfaces pour les classiques iteliens. 
En même temps sa santé s'altéra, il devint hy- 
dropique, n se retira alors dans une petite mai- 
son de Tumham-Green, où il mourut. Dana la 
matinée même du Jour fatal, il reçut la visite 
du comte Capo-d'Istria, qui partait pour ia Grèce 
afin d'y remplir les fonctions de président. L'é- 
tat dans lequel il se trouvait ne lui permit même 
pas de voir son illustre compatriote. Sa dé- 
pouille mortelle fut déposée dans le cimetière 
de Chiswich, où une pierre placée par Hudsort 
Gumey rappelle en latin le nom et l'âge de TiU 
lustre défunt. De ce qui précède on peut facile^ 

(1) Per porre in scena U furibondo Ajace, 
li flero Atridft, e l' itaco fallace, 
Gran faUca Ugo Foscolo non fè : 
Copiù se stesso., e si divise in tre. 




343 



FOSCOLO — FOSSATO 



ment se faire une idée da véritable caractère de 
Foscolo. Inquiet, turbuient, impétueox, foulant 
aii\ pieds ces convenances qu'il faut pourtant 
respecter si on vent vivre en société , il ne trouva 
ni paix ni trêve en aucun lieu et sous aucun 
gouvernement. Mordant jusqu'au cynisme et ne 
pouvant écouter aucun conseil , aucune remon- 
trance, il n'eut pour amis que ceux qui, doués 
d'une nature calme et placide, pouvaient lui 
pai*donner à cause de son grand talent les extra- 
vagances de son caractère et de sa conduite. Sa 
propre physionomie , ses manières , son accent, 
ne prévenaient en aucune façon, et cela se trouve 
confirmé par un de ses sonnets ( c'est le sep- ^ 
tième), Solcata ho lafronte, oeehi incavaii \ 
intenti, etc. i 

Les principaux ouvrages dTfgo Foscolo ont 
pour titres : Ultime Lettere di Jacopo Ortis ; 
Milan, 1795. G*est un roman écrit avec enthou- 
siasme, qui tend à inspirer la haine contre la so- 
ciété, le dégoût de la vie, le désespoir et le 
suicide ; — Orazione a Bonaparte pel con- 
gresso di Lione, Ce discours abonde en phra- 
ses de rhéteur et de pédant, par exemple à l'en- 
droit où, voulant flatter Napoléon, l'aateur le 
met au-dessus de Thésée, de Romulus, de 
Brutus, et le compare à Tibère, à Marc-Aurèle, 
à Léon X, et enfin à Jupiter. Le style est 
pompeux , quelquefois boursoufié , et ses pério- 
des sont longues, traînantes , et souvent fasti- 
dieuses ; — Discor$o delV Origine e delV U/- 
ficio délia Letteratura, Dans cet ouvrage on 
trouve çà et là des passages éloquents , mais 
l'ensemble est un peu obscur et manque de liai- 
son ;— Une Traduction du Voyage sentimental 
de Sterne , écrite d'un style clair, pur et très- 
élégant ; — Discorso preliminare sut testo di 
Dante; Londres, 1826 : cet ouvrage est loin 
d'avoir la correction du précédent ; il s'y ren- 
contre une affectation de mystère qui fatigue le 
Ipcteur ; — - Les Sepolcri ; Bresda et Milan, 1 808. 
C'est le chef-d'œuvre de Foscolo , le fruit de sa 
propre imagination et de son caractère mélan- 
colique. Dans cette composition, il exalte la mé- 
moire des grands hommes et de ceux qui bril- 
lèrent par leurs vertus; aussi insiste-t-il sur la 
nécessité de leur ériger des monuments qui en- 
tretiennent dans les cœurs des idées de charité 
et d'humanité. Il ne veut pas qu'on mêle leurs 
sépultures avec celles des méchants, dont la mé- 
moire est inutile aux vivants. — Aux tragédieb 
de Foscolo que nous avons citées, il faut joindre | 
Ricciarda, qu'il dédia à lord John Russell. — j 
Parmi ses traductions, on doit mentionner la 
Chioma di Bérénice , Milan, 1803 , dont les vers ; 
sont graves et harmonieux. Les poésies de Ugo 
Foscolo ont été réunies en un volume ; Milan , 
1812-1822, in-16. B. Belmin. 

Maffei, Storia délia hetteratura Italiana, secoto XIX. 
— VUa di Ogo Foscolo , seritta da Giaseppe Pecchlo ; 
Lufrano, 183C. — Cenni sulla vifo, ïa persona, il ca- 
rattere e le opère di Utjo Foscolo, par Giuseppe CalefS, 
en tête de ses Œuvres choisies; Fiesole, iSSS. 



* F088 { Henri- Hermann), poêle et 
(]'£tat norvégien, né à Bergen, le 17 s< 
1790. Il se fit d'abord commerçant, 
vœu de ses parents , puis il entra dant 
rière militaire, en 1808. Lieutenant &i 
combattit vaillamment contre les Angl 
rUe Langenland. A son retour dans sa [ 
1813 , il professa à Bergen , puis il visita 
terre, la France et les Pays-Bas. Il pi 
suite, avec Jonas Rein et Magnus FaL 
feuille périodique intitulée Le Specto 
Nord, En 1827 et en 1830 il fut élu d 
storthing, et s'y fit particulièrement rei 
Chef de bataillon à Christiania, il représe 
cette ville en 1833 et les années soivai 
caractère libéral lui gagna promptemen 
fiance du peuple. £n 1845 il fut nommé 
de la marine par le roi Oscar ; mais en 
mauvais état de sa santé lui fit résigner 
tions. Il vit aujourd'hoi retiré à Christi 
a de lui : Frithjofy traduit de Tegne 
nomerne ( les Signes du tomps). 

Cênversat.-Lex. 

* FossA , poète italien, né à CrémoD 
vers la fin du quinzième siècle. Il célébr 
héros de la cour du roi Arthur dans um 
chevaleresque intitulée : Libro novo de 
menciamento de Galvcmo; Milan, vei 
in-4<* ; une édition moins ancienne, Venie 
in-8*', atteftte que plus d'un siècle c^rè 
blication ce poëme trouvait encore i 
teurs. G. 

Kelzl, Bibliogrei^deiBomanMi edHPom 
%e$chi d'Italia. 

FOS8ANO. Foy. BORGOGNONE. 

FOSSATi (/ea»-^ran(;oi«), historiei 
né à Milan, vers la fin du seizième siècl 
en 16d3. Il entra dans la congrégatic» 
tine du Mont-Olivet, et devint évéque 
tone. Il faisait partie de l'académie des A 
sous le nom d'Assicurato. On a de lu 
zione funèbre nella morte del ser, Co 
Medici, gran-duca di Toscana; Sienn 
in-40 . _ Discorso nella morte délia 
D. Francesca da Cotdovay moglie di 
di Feria ; Milan, 1623,in-4°; — Mem 
toriche délie Guerre d^Italia del sec( 
sente d'alV anno 1600; Milan, 1640, in 

ArgelaU, Bibliatheca Mediolanensis, t. I, 
pag. 643. 

FOSSATI ou FOSSATO {Davide-Ai 
peintre et graveur de l'école vénitienne 
Suisse, à Morco^ canton du Tessin, en 17: 
à Venise, vers 1780. A l'âge de douze a 
rendit auprès de son oncle, riche marchai 
à Venise, qui, reconnaissant ses dispositic 
la peinture, le confia au P. Vincenzo M 
habile dessinateur d'architecture et de p 
tive. Fossato fit à son école d'assez gran 
grès pour que bientôt Daniel Gran , peii 
lemand, Tun des meilleurs élèves de Se 
chargé de décorer de fresques une sali 



FOSSATI 



:î4S 



rnaro, remployât à y peindre IM M*- 
•es et te8 ornements. Ce tMvail athfevé, 
imena à Vienne le jeune Fossàto, qoi y 
DUS sa direction )ft voûte de (a biblio- 
npériale , et fit quelques antres onvrageà 
succès rengagea à se liTi^f également 
itupB à l'huile. De retour à Venise^ fl 
plusieurs ft^sqnès au palais Contarlni. 
: de connaître les chefs-d'dHi^re des 

écoles ititllèdfles ^ il entreprit de par- 
[talie; il s'arrêta d'abord à Bologne, 
dier les ouvrages des Cû-i^àehé et eu 
C'est ptobabletnellt pendant sën séjour 
te ville que l'électeur de Saxe le chargea 
1^ Le Christ à la finonnaie du îîtlen, 
du Corrége et plusieurs autres des prin- 
ibleaux qui composaient alors \é galerie 
^.. Il s'apprêtait à continuer son 
quand il fut rappelé à Venise par la mort 
Qcle, qui lui laissait une succession em- 
s, dont l'administration ne loi permit plus 
-endre d'ouvrages de longue baleine. Il 
le peu d'iostants de loisir que lui lais- 
s affaires à graver des eaux-fortes^ dont 
lonnues sont : vingt^iuatre paysages re- 
at des Vues de Vênite et de» environs; 
iliede Darius ause pieds d'Alexandre^ 
e magnifique tableau de Paul Véronèse 

aa palais Plsanii/tqM^er et les Vices, 
>cûtion de salHi Pierre à Vapostolat, 
it d'après Paul Véronèse. E. B— w. 

bizionario. — Campofi, Gli ^iHisti negli 
ni. — Qtiadrt, Ott» Giorni in P'tnezia, — Siret, 
ire kittoriqtM éi$ Peinlrtt. 

sAti { Jean- Anioine' Laurent), mé- 
Ken, né hi 30 avril 1786^ à Novarre, en 
lie. Ajyrës y avoir f eça sa première édoca- 
nbrassa la cèrrièris médicale, et alla étu- 
riversîtèdè Pàvie, oè Scarpa lui délivra, 

le diplômé de docteur en chirurgie, 
it d'abord à Milan, où il détint l'aidé 
^t le remplaçant de Sftcco, directeur 
de là Vaccine, <}ui (e fit admettre 
I comme si^ assistant dans le servtee 
de Itiôpitai «vil. Peu de temps après, 
taché cbmthe aide tte clhiique au pro- 
iasôri, dont U devint anssi l'aurf. Il l'aida 
éttidés sur l'action des médicameiitt et 
^nouvelles lots pbysiologi^setthéra- 
s que ce prafessenr avait méditées. Lors 
enfle de typhus pétéchial l|ui désola la 
He len ldi7, il dirigea avec zèle divers 
ouverts po»ur le traitement de cette ma- 
ilgré ses Servîtes, le gouvernement, qui 
it ses Idées dlndépendarice et de li- 
i était peu favorable ; M. Fossati se troii- 
ipcomis par ses liaisons et ses antéce- 
cette position le décida à quitter son 
^ venir à Paris, où 11 arriva en 1820. H 
aattre la doctrine de Rasori, qui ftitem- 
i'après ses indications, par Lai^naec , k 

Necker, et par Kâpellér, à l'hôpital 



Saint-Antoine, ea donnant i'émétique ooiume 
contre-stimulant dans les maladies inflatiinm^ 
toires, la digitale, l'aconit, la gomme-gultt^ à 
fortes doses dans les cas déterminés, etc. Après 
un voyage qu'il fit à Londres pour y enstsgner 
ce système, de retour à Paris, il devint ïmm et 
le disciple de Gall, qui le mit bientôt à méint^ 4e 
faire des cours sur sa doctrine phrénologiqoe. Le 
premier eut lieu chei Gall lui-même, de i*?;i à 
1824. Appelé ensuite en Italie par un de i^es 
oncles , trèsonftiade , M. Fossati en prolita 
pour porter dans les universités principale:» flu 
pays la connaissance des découvertes de Gall, 
Pendimt son s^onr à Bologne, il publia^ dmis 
les Opuscules edent^tquee, an mémoire sur 
VépUepsie d'après quelqiMS idées nouvelles. 
Il revint à Paris en 1835, et, décidé à s'y ûa^r 
définitivement, il demanda et obtint l'autorisa- 
tion de s'y livrer à la pratique de la m^eciiie , 
^ même d'ouvrir des cours de phrénolo]^ii>. 
Lors de la dernière maladie de Gall, en iH^ë, 
H ftit chargé de terminer à l'Atliénée le cuurft 
sur la physiologie du cerveau, que ce savant ne 
pouvait plus continuer. Il fut un des principaux 
fondateurs de la Société Phrénologique de Paiig, 
dont 11 a dirigé les travaux jusqu'en 1852. 

Lorsque la révolution de Juillet édata, Fosjiuti 
réunit diez lui les Italiens qui se trouvaient à 
Paris, et forma une association qui demrmda 
l'jkppvii da la France pour qu'elle s'oppoaàt o 
l'Intervention de l'Autriche dans les États au 
dehors de la liombardle et de Venise. Après 
la révolution de 1848, il fut appelé à \wé- 
sider une réunlofi d'ItalioiS qui eut lien à P^^ri^. 
Il tAôh dNopposer sa modération à Texaltatitm 
dès piertis; mats il ne put ni les contenir ni 
les diriger, et depuis , renonçant à toute poli- 
tique Hêtive^ H consacra son temps à l'étude de 
la science. Cependant, après s'être marié, en 
1851, s'étant rendu à Rome avec sa femmo, le 
gouvernement du saint-^slége le fit arrêter et 
mettre an secret pendant cinq jours, p\xh on 
l'obligea à sortir de t'Était dans les quarante-huit 
heures. Voici la hste de ses ouvragés : 3e W 
Epilepsiû ; imété dans la nouvelle collection des 
Optiscules scientifiques de Bologne, ann. lEit* ; 

— De la nécessité d'étwHer une nouvelledoc- 
triné avant de la fttger ; application de ce priu - 
cipeà la pàpsielo^ie intellectuelle ; Paris, 1 8^^7, 
in-B"; — De Vinfluence de la phfsioiofie in- 
tellectuellesur les sciences ^la littérature et les 
arts ; suivi d'un Rapport sur la phrénologia en 
Italie, fait à la Société Phrénologique d'Edim- 
bourg; Paris, 1828, ln-8*»; — De la Misûou 
du Philosophe au dix-neuvième siècle ei du 
caractère gui lui est nécessaire; suivi d'nu 
Discours prononcé par l'auteur aux funé* 
roAllee du docteur Qatl; Paris, 1835, in- 8'; 

— Nouveau Manuel de Phrénologie par 
Gtorfftss Combe, ex-président de la Société 
Phrénologique d^Édimbour g, Xnâ. de l'angbiis 
et augmenté d'additions nombreuses et du 



247 



FOSSATl — FOSTER 



11 



notes; Paris, 1835, m-l2;— Manuel pra- 
tique de Phrénologie, ou physiologie du cer- 
veau d'après les doctrines de Gally de 
Spurzheiniy de Combe et des autres phréno- 
iogistes ; Paris, 1845, in- 12, avec portraits ; — 
dans la Revue encyclopédique, un grand nombre 
d'articles, particulièrement sur les ourrages 
scientifiques de lltalie; — âansï Encyclopédie 
de MM. Didot, divers articles, entre autres ceux : 
Encéphale, Folie, Organologie; — dans le Die- 
tionnaire de la Conversation, plusieurs articles 
de médecine et surtout de phrénologie. — £n 
1841, à Toccasion de l'inauguration de la statue 
de Broussais au Yal-de-6râce , il prononça un 
discours qui a été imprimé. En 1842 il donna 
ia biographie du comte Caccia, de Novarce, 
dans la Biographie des hommes utiles. En 
1844, il inséra dans le Bulletin des Sciences, de 
Bologne, un Mémoire sur Vanévrisme de tar^ 
tère basi taire; en même temps, il envoyait à 
la Société Médico-Chirurgicale de cette ville, dont 
il est membre honoraire, la pièce pathologique 
de cette maladie , extrêmement rare et presque 
unique. M. Fossati a toujours pris une grande part 
aux travaux de la Société Phrénologiquede Paris. 
Indépendamment des mémoii*es qu'il a fournis à 
l'ancien journal de cette société, il a publié dans 
le journal anglais Zoist deux mémoires, l'un 
Sur r Éducation et rinstruction, et l'autre Sur 
VArt défaire des fous à volonté; l'auteur dé- 
montre dans ce mémoire que les fanatiques de 
toutes sortes sont réellement des fous artificiel- 
lement formés. Dans la Revista frenologica, 
qui se publie à Barcelone, le docteur Fossati a 
Inséré deux autres mémoires qu'il avait lus à 
la Société phrénologique de Paris ; l'un traite De 
la Direction à donner aux études phrénologi- 
ques; l'autre. Du Choix d'un Législateur, ou 
des conditions physiologiques pour faire un 
bon législateur, etc. M. Fossati s'occupe de 
réunir ses divers opuscule phrénologiques , 
pour les publier dans un recueil intitulé : Ques^ 
tions sociales, philosophiques et politiques, 
traitées d'après les principes de la physiologie 
du cerveau, Gutot nn Fère. 

Doeutnenti particulien. 

FOSSE. Voyez La Fosse et La Hatk. 

* FOSsé (Charles-Loms-François), ingé- 
nieur militaire français, né à Écouen, le 25 août 
1734, mort à Paris, le 19 juin 1812. Il s'enga- 
gea à l'âge de dix-sept ans , fit toutes les cam- 
pagnes de 1752 à 1780, et se distingua particu- 
lièrement dans la guerre de Sept Ans. Sa belle 
conduite , son habileté dans l'art de lever les 
plans, relevèrent de grade en grade jusqu'à celui 
de lieutenant-colonel, commandant Huningue. 
On a de lui : Idées d'un militaire pour la diS' 
position des troupes confiées aux jeunes of- 
ficiers pour la défense et Vatt tique des postes; 
Paris, Didot, 1783, in-4*; ouvrage encore estimé , 
réimprimé sous le titre de Questions expli- 
quées pour les jeunes officiers sur la fortifi- 



cation de campagne et sur la fort 
Vattaque et la défense des places d 
Paris, 1830, in-18; — Cheminée éco 
à laquelle on a adapté la méca 
Franklin; Paris, 1786, in-8**; — Pré 
défense relative au service de cam 
Vusage de V officier d'infanterie; Pî 
in-12 ; — Cours pratique militaire, 
de la science de V officier ; in-8°, a^ 
— Éléments d'Arithmétique et de i 
à l'usage du régiment d'infanterie 
in-8**, avec 7 pi.; — quelques opuscu 
tifiques et des manusaits intéressants 

Rabbe , Vieilh de Boisjolln , etc., Biograp) 
portative des Contemporains, -r Quérard, La 
téraire. -kLooandre et fiourquelot, La IMté 
temporaine. 
FOSSÉ (Pierre-Thomas nu). Voy 
FOSSBUSE.(,La belle). Voyez Mob 
et Saint-Mars. 

^ FOSSOMBRUNO { AngelushE), 
italien , vivait dans la seconde moitié 
zième siècle. Il publia deux ouvrages : 
locali, Venise; 1494, in-4'», et Trac 
Velocitate Motus, sans lieu ni date, io 
et l'autre sont oubliés. On manque < 
gnements biographiques sur leur aute 
Hain, Reportoriutn tfibUoipraphicum, edit 
1. 1, p. II. p. 411. 

FOSTEXL (Samuel), mathématidei 
natif du Northamptonsbire, mort en ju 
Il fit ses études au collège Emmanuel 
bridge, devint maître es arts en 162; 
pliqua surtout aux mathématiques. L( 
1636, il fut nommé professeur d'astn 
collège Gresham; mais il ne garda cet 
que jusqu'au mois de novembre de 
année. La démission de son successeï 
les lui rendit le 22 mai 1641. Versé 
sciences mathématiques, il cultivait 
temps les langues anciennes. Foster 
rieuses observations astronomiques 
éclipses , le Soleil et la Lune. On a de 
Description and use of a small 
Quadrant for the more easy ftndii 
hour of azimut h; 1624, in-4*' ; — Ti 
Dialling; 1638, in-4'>; — Posthuma 
containing the description of a Ru 
which are inscribed divers scale 
in.40. _ p^r Treatises of Diallir 
in-4°^ •— The Sector altered and oth 
added mth the description and use 
invented and written by if Foster^ 
published by William Leybourm 
in-4**; — Miscellanies, or mathemc 
cubrations of M^ Samuel Foster, et 
par John Twysden. 

Biog. Brit. — Hutton, Math. Dict. 

FOSTER (Michael), légiste anglais, i 
borough, le 16 décembre 1089, mort 
vembre 1763. li était d'une famille de 
suites, et fit ses études à Oxford. £1 
entra dans la carrière du barreau, et ] 



249 



POSTER 



250 



bord peu de succès, ce qui le détermina à re- 
yenir dans sa ville natale, où il se lia avec Al- 
genH)n,cointed*Hertrord,depuisducde Somerset. 
Venu ensuite à Bristol , quelques années plus 
tard il y exerça sa profession avec la plus gnoide 
distinction. Au mois d'août 1735, il fut nommé 
recorder de cette ville ; il remplit ces fonctions 
pendant plusieurs années , puis il devint sergent 
es lois. £n avril 1745 , il sucx^a à WiUiam 
Ghapple, un des juges du Banc du Roi, et remplit 
ces fonctions jusqu'au 7 novembre 1763. Cette 
magistrature fut signalée par des décisions im- 
portantes sur diverses questions de jurispru- 
dence qui fournirent à Poster l'occasion de faire 
preuve de ses connaissances comme légiste. On 
a de lui : A Letter of Advice io protestant dis- 
senters; 1720; — An Examination of the 
Scheme of Church Power laid down in the 
Codex Juriseeclesiastici Anglicaniyeic.; 1735; 
— Report oftheproceedings on the commis- 
sion/or the trial of the rebels in 1746 and 
other crown cases; 1763, in-fol.; 1776, in-8**. 

Biog. Brit. — Bridgman , Légal Bibl. 

FOSTEB (Mark), mathématicien anglais, 
vivait au dix-septième siècle. Il est connu par 
UD traité de trigonométrie ( Treatise of Trigo- 
nometryf). 

Hotton , Math. Dict. — Ward , Gregham Pro/esiors. 

FOSTBR ( William), mathématicien anglais, 
vivait dans la première moitié du dix-septième 
siècle. Il étudia à Londres , où il eut Oughtred 
pour professeur. On a de lui : On the Circles 
of proportion and the horizontal instru- 
ment; 1633, in-4". 

Ration, Math. Dict. - Ward, Cretham Professor», 

POSTER ( James ), théologien anglais, né à 
Exeter, en 1697, mort le 5 novembre 1753. Il 
étudia à l'école des dissidents de m ville natale, 
et commença de prêcher en 1718. Mais les con- 
troverses qui éclatèrent dans l'ouest de l'Angle- 
terre eurent un tel caractère de violence , que 
Foster dot se retirer à Melbourne, dans le Somer- 
setsMre, et bientôt après à Ashwick. En 1720 il 
écrivit un ouvrage de théologie, dont le débit 
n'améliora guère sa position. Il se décida alors 
à apprendre la profession de gantier chez un 
M. Norman, dans la maison duquel il alla habi- 
ter. Quelque temps après , il entra comme cha- 
pelain dans la famille de Robert Houlton , et en 
t724 il succéda au docteur Gale à Barbican. En 
Uième temps, convaincu par les doctrines de 
son prédécesseur sur le baptême des adultes, 
il se fit administrer de nouveau ce sacrement. 
£n 1728, il fit tous les dimanches une lecture du 
soir, qu'il continua jusqu'à sa mort avec un suc- 
cès sans exemple. Il eut des auditeurs de toutes 
les classes et de toutes les opinions. Foster ter- 
mina sa carrière pastorale chez les Indépendants 
de Pinner's-Hall. On a de lui : Essay on fan- 
damentalSy and his Sermon on the Résurrec- 
tion qfthe Christ; 1720; — D^ence of the 
Viefulness Truth^ etc., of Christian Révéla- 



tion against Tindal; 1731 ; — Tracts on He- 
resy; — Sermons; 4 vol. in-8°; — JHscourses 
on natural Religion and social Virtue; in«4''. 

Pope , Satires {Pr^aee), 

FOSTBR {John), littérateur anglais, né à 
Windsor, en 1731, mort en septembre 1773. 
Il fut élevé à Eton, où il eut Plumptreeet Bur- 
ton pour maîtres. Ils lui enseignèrent les langues 
grecque et hébraïque. En 1748 il entra au King's- 
GoUege de Cambridge; puis il succéda à Bamard 
dans la direction du collège d'Eton. Mais, n'ayant 
pas les qualités physiques et la connaissance du 
monde nécessaires à ces fonctions, il dut les ré- 
signer en 1765. Un canonicat à Windsor vint le 
dédommager de cette perte, en 1772. Malheureu- 
sement de précoces infirmités ne lui permirent 
pas de jouir longtemps de sa nouvelle position. 
On a de lui : Essay on the différent nature 
of accents and quantity, with their use and 
application in the pronunciation ofengUsh, 
latin and greek longues^ with the defence of 
the greek accentuai marks against Is, Vos- 
sius, SarpedoniuSy D. Gally; 1762, in-8°. A 
cet essai se trouve joint le poème grec de Mn- 
surus, adressé à Léon X avec une élégante tra- 
duction latine; — Enarratio et comparatio 
doctrïnarum moralium Epicuri et stoico- 
rum; Cambridge, 1754. C'est une appréciation 
des écrivains dont il est question dans l'ouvrage 
précédent. 

Harwood, Mumni Etonemet, 

FOSTER {Henri), navigateur anglais, né à 
Woodplumpton (Lancastershire), en 1797, noyé 
dans le Chagres, le 5 février 1831. Il entra fort 
jeune dans la marine royale, et prit une part ac- 
tive à plusieurs sanglantes affaires. En 1818 il 
obtint de faire partie de l'expédi^on dirigée vers 
les mers arctiques sous les ordres du capitaine 
Ross dans le but de découvrir un passage au 
nord-ouest entre l'océan Atiantique et la mer 
Pacifique. Foster servit comme offider à bord de 
VAlexander, commandé par le lieutenant W.-E. 
Parry {voy, ce nom). Us pénétrèrent par la 
passe de Lancastre jusqu'au méridien de la ri- 
vière Mines-de-Cuivre ( découverte par Heame }, 
atteignU*ent le 110** de longitude occidentale, et 
conséquemment parvinrent de 30 degrés plus à 
l'ouest qu'on n'avait encore pu le faire (1). Le 
mérite dont fit preuve Foster dans ce pénible 
voyage lui mérita une médaille d'honneur de la 
Société Royale anglaise. Cette compagnie scien- 
tifique confia au jeune navigateur la direction 
d'une autre expédition, dont le but était de 
constater la forme exacte du globe terrestre et 
la direction des grands courants océaniques. Ces 
résultats devaient être obtenus par une suite 
d'observations faites dans les deux hémisphères. 
La corvette Chanticler fat mise à la disposi- 
tion de Foster. Elle fut munie de tout ce qui 
pouvait être nécessaire pour un voyage dans les 

(1) Les déUlls de cette expédltlOD se troareot tox tr- 
tlcles Parrt et Ross. 



251 FOSTER •- 

cÏJiaatâ le» plus opi»ofiéâ et doat la dorée éteit 
îlIiTnitée- Un équipage rës^lu et des savaiiU 
distingiii^^ , enlrt^ autrei Je chirurgkni W.-H.- 
îî. Webster, furent placés à bord. Foftter nit à 
]a voriL' le 11 ayril m2«, et visita «leeesshre- 
meat Madère , TériérifTe et ijuelques autres tles 
du Caf)-Vert ^ puis Sati-Fernando de Noronha , 
Hiu JaneiiYj j Sainte-Ualhenne^ Montevideo, e4 
*?ntradans le délroit de Le Maire. Ayant dépassa 
le<:afi llorti, l\ eojitiuua de portrr ûu sud, et le 
î janvier 1829 il reiïtcjtitra pnr r^r de latitode 
.S. le^ prc^mièras f^lacen; flottantes. Le ô il entra 
rlans le détroit de Brai)i.âeld, el reconnut l'ar- 
ehip^l du ^ew-Sbetland ou Shetland-South (1). 
Afirèa avoir relevé la poskiou des Iles Levings- 
ton^ CtimwaUîA, Kms(-Geor^«, Hubert et Dé- 
retilion, toutes environnées de rocliers et fonnéM 
lie substances volcanique** le 7 rester relâoha 
sur h tt'rre de la Triuidad, dont il prit posses- 
sion I nature la déf4)uverle antérieure de cette lie 
par des navigateurs ptirlugats «t E^spagnols (2). 
Le 1 înars il re^^a^na le cai» Ilorn , et doubla 
rAniérrr|ue méridionale pur se rendre dans les 
Antilles* h^rH avoir fait diverses expériences 
dans cet archipel , il se dirigea sur Panama, où 
il atterrit le :^ ff^vrier 1831 . Il s'embarqua aussitât 
sur une iiirogtie pour descendre le Hio-Chagres; 
mats ilans la traversée il t^mba dans le fleoTe, 
et s'y noya. Son navire revint en Angleterre le 
17 mai suivant. La relation du voyage de lin* 
fortuné Poster fut publiée par Wel^ter j Londres, 
1834, 2 Tol. in-*'*j avec cartes et fig. 

Alt'red df. Lacazb. 
Hows New flififtraphicai iHcHo/nartf* — Hemtê tm» 
c§çtapédi'jtief t. XL 

POTHERBY { Boberi), nfivt^ateur anglais 9 
vivait m I&16. il 61 partie de la ^K-emière expé^ 
dili(m { 1614 ) cotwnandée par WilUam. Baffia 
el Hubert Dylot. Ce voyage n'out pas grand suc- 
cès , car les uavigateui s se boruért^nt à examiner 
la c&tc du détruit de Davis jusqu'à l'Ile de la Ré- 
sobitioti. Ils furent efl'rayéi& en voyant une mon- 
tagne de glace qui .ivail deu\ cent quarante pieds 
lie hauteur ; diaprés leur estimation, cette masse 
lievait avoir deux luille quatre vents pieds de 
son extrémité inférieure k son sommet. Fotherby 
accompagna encoie Baflin dan^ son second 
Toyîqie, en 1G15-16I0, Ton dey pi ua importants 
laits jusque alors ; ils déjffliis*^rail le SO* degré de 
lat, lioTéale,et déoouTrirent les tles Carey, la baie 
jont^s et celle tle Lajicasln (;i) ; mais, arrêté 
enixire nue fois par les gUces^ Fotherby dut 
renoncer à tout espoir de découvrir un passage 
Ail nord \KmT arriver à la terre û'Yedzo (le 
Japon ). Le reste de la vie de ce navigateur est 
inconnu. A. niî LâCAZE. 

[ii D**CiJutrft ta 1B11I piar William SinUli ; U se com- 
pose lie dodjse Uc* princlisalct^ el «t rUhlV entre 61» et ««• 
tfe lat sud ^t rnln; ^^ et &Sfl de lûog. oawt. 

I[<) C*ti^t im? teiTË kiarar, ilèskeiLi?, bok^e, située par 
«as stf de LitLtude su J. On y Irouïe aea phoques en grande 
qiiaqUtt^. 

(3} Tûiu lE« dctaita de cvllt eupaditiati , voy. fiAFFUt. 



POTHERGILL 

Frédéric UcroU, 



BégUms drcompolai 



FOTHKRGILL (Georges), théoloj 
oé en 1705, dans le Westmoreland, n 
il était principal du collège Sain 
Oxford. On a de lui deux volumes 
imprimés séparément, etréimprina 
i^l-8^ 
Ckalnsers, Genêi^aè kiofrapfUçal Dietii 
FOTHBAAILL ( Jean ) , eélèt>r8 1 
^ais , né à Carr-Sad , dans le CMni 
8 mars 1712, mort le 26décemhre 
avoir étudié la pharmacie sous i 
Bartlettà Bradford, Ualla suivre à 
les leoena de lionrOyd'AUtoo, de 
dt SÛudMr et de Plommer, tous 
Boerhaave, et se fil recevoir doctev 
parcoorot easuile, pour perfitetiani 
traction médicale , la HoUaade , 1 
l'AUemagnfi. De r^ur en Angleter 
à Londres, et donna partieulièrerae 
aux pauvres de cette capitale. Une a 
mique, qu'il combattit avec succès pi 
tifs, les boisaoïa vineuses, les acid 
et les amers, contrihua beaucoup 
réputation. Il fat agrégé au Collège c 
de Londres, président de la Socié 
cine de cette viUe, membre de cel 
delphie , associé étranger de la Socié 
Médecine de Paris. Passionné poui 
des sciences naturel^ > ^ aclieta à 
vjtste propriété. 11 la transforma e 
magEÔêque» qu'il remplit de plantes 
recueillies à ses frais dans toutes h 
monde. Il possédait aussi un très-i 
zoologique et minéralogîque. il légi 
rant toute sa fortune aux pauvres, sa 
portion qu'il laissa à $a sœur. On 
tombe cette simple épitaphe : « Ci-g 
Fothergill, qui dépensa deux cent n 
pour le soulagement des malheureu 
gill était membre de la secte des ( 
fut, dit la Biographie médicale 
thrope dans ^9^ plus belle acception c 
mérite une place des plus honorabk 
bienfaiteurs de l'humanité. Je doute 
mortel Franklin, qu'il ait existé im 
digne que Fothergill de Testime et 
ration universelles ». Fothergill a ins( 
nombre de mémoires dans les Ti 
philosophiques et dans divers auti 
Il n'a publié à part qu'une dissertati 
gine épidémique de 1746 , i4n accc 
putride sore-throat ; Londres, 1 
Letsom a donné le catalogue des pla 
din de FothergiU, sous le titre de Hi 
7iiensis, et recueilli tous les mémoi 
thergill; Londres, 1783-1784, 3 vo 
Ilot avait déjà publié les principaux 
1781, in-8**. Ils ont tous été tradi 
piand ; Altenbourg, 1785, 2 vol. in-8 
Fotliergill a été écrite par G. Hird e 



f 



FOTHERGIU. 

ompsoB , par Letgom , par Simmons. 
a donné le nom de fothergilla à un 
lorant de la Caroline de la famille des 
lées. D'après l'opinion de M. F. Hoefer, 
e pourrait s^acclimafer en France. 
IT, Éloge» des Membres de la Société royale 
e. — Gênerai Hograpkieal Dietionarg, ^ 
médicéUe, 

lO-TE-HO , missionnaire bouddhique, 
adoustdB, vers la fin du quatrième 
vint «n Chine peu après Fo-Tbou- 
oy. ce nom )> dont il était disciple, et 
non moiDS que lui a répandre le culte 
ssâit et à ouvrir à ses compatriotes le 
1 Céleste Empire. Sous ce rapport on 
lasser au nonàbre des premiers voya- 
ont exploré avec profit ces régions 
ourd'hui si pen connues. 

Louis Lacodr. 
Foc^kçua^ki, ou relation des Royaumes 
i, p. 39. -~ Charton, ffist. de P^oyaget, t. II, 

aT {Jean), traducteur français, né 
noît-sur-Loire , en 1540, mort le 19 
I. Il entra chez les bénédictins de sa 
e , et se fit remarquer par sa piété et 
. On a de lui : Histoire des Lom- 
iduite de Paul Diacre; Paris, 1603» 

mi. kitt. 

cAUp ou ' FOULQUES , seigueuT de 
arécbal de France. On ignore les dates 
àsance et de la mort de ce person- 
urvu de la charge de maréchal de 
1302, après la mort dQ Guy de Cler- 
de Nesle, il prit (1303) le commande- 
la ville de Tournay, défit quelques 
i Flamands sorties de la ville de Lille, 
ieuFs prisonniers. Après avoir été en- 
Philippe le Bel dans le Lyonnais en 
i Vienne Tannée suivante , il se trouva 
de Flandre en 1314. A. S. 

Hist. générale etchron. des Grands-Ofjlciers. 
;AroN. mUit^ i. il, p. 115. 
UD {Jean)f fabuliste français, né à 
le 5 avril 1747, mort dans la même 
janvier 1818. Après avoir fait ses études 
ésuHés et les jacobins de cette ville , 
ms les ordres , et se distingua dans la 
>n. Après 1789, il embi'assa avec ardeur 
nouvelles, et célébra sur la place 
e Limoges la messe de la première fé- 
La Société des Amis de la Constitution 
cessivement son fondateur, son secré- 
^ président et son orateur en vogue. Il 
ivec Pédou le Journal du départe- 
la Haute-Vienne. Payeur des armées, 
Mx» professeur, chef d'institution, il 
t toutes ces carrières, et mena joyeuse 
cafés, où il sMllustra an billard par un 
nu sous le nom de coup de Foucaud. 
w les dernières années de sa vie que 
écrivit ses belles fables patoises, œuvre 
plutôt qu'une traduction de La Fontaine. 



— FOUCAULD 254 

Ces fables firent dire à l'avocat Fuzibay, qui 
aimait assez à plaisanter : « Les Limousins sont 
tellement bétes que Foucaud a été obligé de leur 
traduire en patois les fables de La Fontaine pour 
les leur faire comprendre, et encore ne les com< 
prennent-ils pas. » Sa fin fut tout un événement 
à Limoges. Comme il refusait de se confesser, 
l'évéque Dubourg se transporta dans la de- 
meure du malade. Foucaiid lui montra le petit 
doigt, en disant : « Voilà mon directeur. » L'é- 
véque ayant répondu que l'entrée de l'église lui 
serait interdite .* « Je vous interdis ma porte, >» 
répliqua le moribond. M. Massinguiral , grand- 
vicaire , s'étant présenté à son. tour, obtint ce 
que l'évoque n'avait pu obtenir. Foucaud se 
confessa, et le viatique lui fut donné. On a de 
Foucaud : Discours sur V (organisation civile 
du clergé, prononcé dans la séance publique 
des Amis de la Constitution , à Limoges , le 
13 janvier, an U de la liberté. Ce discours a 
été réfuté par M. de Montbrial , professeur de 
théologie civile du clergé; — Statuts de 
la Confédération; Limoges, 1791, in-12;— . 
Chansons et pièces fugitives , en patois limou- 
sin. L'une de ces chansons, qui exalte la gloire 
de l'ère impériale, est aussi célèbre dans les 
montagnes du Limonsin que les chants d'Os- 
sian en Ecosse ; — Les Fables de La Fontaine, 
imitées et traduites en vers patois, avec le texte 
français à côté; Limoges, 1809, 2 vol. in-12; 
idem, 1835, 1 vol. in-8®; 1849, Limoges, 1 vol. 
in-12. Martial Acdouin. 

Documents particuliers. — Notice sur Foucaud , en 
tête de la dernière édition de ses poésies. — Othon Vé- 
eonneX ^ FotKoudi sa politique et ses Fables; Limoges, 
18S4, ln-8». — AagQsteDa Boys et l'abbé Arbellot, Biog, 
des hom. iUustr. de l'anc. prov. du Limoitsin. 

FOUCAULD (Lotiis), marquis de Larm- 
HALiË, homme politique français , né au château 
de Lardimalie, en Périgord, en 1755, écrasé 
dans le même château, le 2 mai 1805. Il fut 
reçu chevalier de l'ordre de Malte dès l'âge de 
neuf ans , et entra de bonne heure au service. 
U était capitame dans les chasseurs du Hai- 
naut lorsqu'il fut élu député de la noblesse du 
Périgord aux états généraux de 1789. D'un ca- 
ractère droit et énergique , il accepta dans la ré- 
volution tout ce qui ne portait pas atteinte à sa 
foi religieuse et monarchique. Il vota contre 
l'abus des pensions militaires , contre les trat^ 
tements accordés aux gens de cour, et ap- 
puya l'abolition de tous les droits de main- 
morte sans rachat. Il se prononça pour lajustice 
gratuite. U refusa de voter l'emprunt proposé 
par Necker, mais il offrit de s'engager pour ses 
commettants jusqu'à concurrence de 600^000 
livres , montant de toute sa fortune personnelle. 
U (demanda que puisqu'on fondait le cens sur 
le revenu, les femmes fussent admises à voter par 
procureur. Il réclama pour les jésuites un trai- 
tement égal à celui qui était accordé aux autres 
religieux. Il fit adopter un projet de banque ter- 
ritoriale. Les violences populaires et les empié- 



3S5 



FOUCAULD — FOtJCAULT 



femeots de l'assemblée sur la prérogative royale 
trooTèrent dans Foucaald un adversaire coura- 
geux, qu'aucun murmure ne déconcertait, qu'au- 
cune menace n'effrayait. Il défendit et fit am- 
nistier son collègue Faucigny, qu'un acte irré- 
fléchi allait conduire à l'abbaye {voy. Fau- 
cicny). Accusé par Robespierre d'avoir donné 
asile chez lui à des proscrits, il répondit avec 
un superbe dédain : « Je ne me serais jamais at- 
tendu à me justifier devant vous d'une bonne 
action ; je ne m'accuse pas, je me vante d'avoir 
fait ce que mon amitié pour M. Pérotin me 
prescrivait, ce que la religion et l'humanité exi- 
geaient de moi à l'égard de M. Savardin, qui 
n'était inconnu. •» Jl prêta l'appui de son 
énergique rudesse au talent oratoire de l'abbé 
Maury, et cet appui n'était pas inutile, puisque 
Mirabeau dit un jour : » Je redoute plus le gros 
bon sens de ce sanglier du Périgord que l'es- 
prit et l'éloquence de l'abbé Maury. » Foucauld 
émigra après la session de l'Assemblée consti- 
tuante. Il servit en 1792 à l'armée des princes, 
et en 1793 à celle de Condé. Après avoir fait 
toutes les campagnes de l'émigration , il profita 
de l'amnistie de l'an x pour rentrer en France. 
Il faisait réparer en 1805 une vieille tour de son 
château; elle s'écroula, et il fut enseveli sous les 
décombres. L. T. 

Moniteur de 89, 90, 91. » Rabbe et BoteJoUn, Bioç. 
univer. et portât, des Contemporains. — Arnault, 
Jouy, etc.. Biographie nouvelle des Contemporains. 

vovckVLT( Louis HE), comte Daugnon, ma- 
réchal de France , né vers 1616, mort à Paris, 
le 10 octobre 1659. Élevé comme page dans la 
maison du cardinal de Richelieu, il s'attacha 
ensuite au duc de Brézé, par le crédit duquel il 
obtint la charge de vice-amiral. Après avoir fait 
en cette qualité les campagnes de 1640 à 1642 
dans la Méditerranée, et avoir vaincu les Espa- 
pagnols, tant devant Cadix que sur les côtes de 
Catalogne , il fut nommé , sur la démission du 
duc de Brézé, lieutenant général au gouverne- 
ment du Brouage, d'Oléron et des lies adjacentes 
(1643), et fit partie Tannée suivante de l'armée 
navale qui commença le blocus de Tarragone, que 
le maréchal du Plessis-Praslin avait investie par 
terre. Nommé lieutenant général au gouverne- 
ment d'Aunis et de La Rochelle après la démission 
du comte de Jonzac, il servit en 1645 sur l'es- 
cadre qui bloqua la ville de Roses ( Catalogne), 
et se trouva en 1646 au combat naval d'Orbitello, 
où le duc de Brézé eut la tète emportée par un 
boulet de canon. Ayant embrassé, pendant les 
troubles de la Fronde , le parti du prince de 
Condé, Foucault, qui s'était retranché dans son 
gouvernement du Brouage, fut destitué de toutes 
ses charges. Ses amis ayant ménagé sa réconci- 
liation avec le roi (1653), Foucault fut réintégré 
dans sa lieutenance générale du pays d'Aunis , 
et fut élevé à la dignité de maréchal de France 
(20 mars 1653). Il se démit alors de sa lieute- 
nance, et ne servit plut. A. Sâuzat. 



Ptaurd, Chronol, milU., t. II, p. 604. -> i 
desGrands OXfi.de la Couronne, - 



FOUCAULT ( NicolaS'Joseph),Ai 

et archéologue français , né à Paris 

1643, mort dans la même ville, le 7 

n était fils d'un secrétaire au co 

Doué d'un esprit vif et brillant, il 

éclat au barreau. Son mérite joint à 

réleva successivement aux charges ( 

général aux requêtes de l'hôtel , d'j 

rai au grand conseil, de maître des 

enfin de chef du conseil de Madan 

pelé à l'intendance de Montauban, p 

Pau, à celle du Poitou , et enfin à ci 

Dans toutes ces fonctions, et àxin 

la révocation de l'édit de Nantes en 

breuses difficultés aux intendants, 

montra administrateur ferme et ! 

content de maintenir ou de rétablir l 

dans les provinces qu'il administrai 

bua activement au bien-être de ses 

en faisant exécuter un grand nom 

vaux d'utifité publique, tels que de 

ports , des routes , des canaux, d< 

Aux qualités d'un excellent intendai 

joignait le goût des lettres et des 

bliothèque, son cabinet de médaill 

tiques étaient ouverts à tous ceux qi 

en foire usage. Il obtint du roi en 

mation d'une Académie des BeUes-Lel 

En 1704 il avait découvert l'andeni 

Viducassiens , à deux lieues de Ca< 

temps auparavant il avait trouvé le 

vrage De Mortihus Persecutorum 

Lactance , et connu seulement par i 

de saint Jérôme. Ce fut sur ce ma 

couvert dans l'abbaye de Moissac qc 

son édition. On doit aussi à Foucai 

cation du traité des Origines de la La] 

çaise de Caseneuve, imprimé à la su 

tionnaire étymologique de Ménagt 

î>eBoze, Histoire de l'jicadémie royale 
CfoM, t H. 

;FOUCAULT(£^on), physicien fr 
teurde travaux du premier ordre sur 
la mécanique , naquit à Paris, le 18 
1819. Son père, libraire éditeur, est o 
publication de l'importante coUectioi 
moires relatifs à V Histoire de Fran 
grande partie des études du jeune Léo 
fut faite dans la maison paternelle , 
n'ayant pas le puissant stimulant de 1' 
ces études furent solides et complètes, 
cault, obligé dé choisir une carrière, o 
médecine, qui lui permettait de suivr 
son goût inné pour les sciences d'ol 
Quoique n'ayant point poursuivi ces i 
qu'à obtenir le titre qui les couronne 
assurer que M. Léon Foucault y ac< 
physiologie de précieuses connaissance 
vent toujours leur emploi même dans 1 
relatives à la nature inorganique. C'est 



i7 FOUCAULT 

otype qui a révélé à M. Léon Foucault sa 

m vocation expérimentale. Sitôt après Tap* 

irition de cette merveilleuse découverte, no- 

e physicien s'y livra avec une ardeur qui in- 

quait non un simple goât d'amateur, mais 

en une passion provenant d'un génie naturel. 

D peut dire qu'il devint subitement opticien. H 

t familiarisa promptement avec toutes les théo- 

es de la physique de la lumière. Ce fut alors 

ie M. Donné, lui-même excellent physiologiste 

physicien, se l'attacha comme préparateur et 

illaborateur expérimental pour soncours de mi- 

roscopie médicale. Cette collaboration dura trois 

is. M. Léon Foucault , frappé des inconvénients 

l'entraîne l'inconstance de notiie climat par 

ipport à l'emploi des rayons solaires, qui font 

mmi défaat à l'observateur, hnagina de sub- 

lituerà la lumière du soleil celle de l'électricité, 

oi ne manque jamais en aucun lieu ni en aucun 

Hnps. En 1844, M. Léon Foucault construisit 

D appareil iUaminateur, où la lumière qui éclate 

Dtreles deux charbons qui terminent les deux 

h communiquant aux deux pôles d'une pile de 

oita remplaçait le soleil, et permettait de répéter 

toute heure et en toute localité toutes les ex- 

•ériences d'optique. Cet appareil a été depuis 

^opté universellement pour les cours de phy- 

iqoe et pour les recherches d'optique pure ou 

ppliqaée. On ne voit guère ai^urd'hui comment 

pourrait s'en passer. Un régulateur électro- 

ugoétique, qui rend permanente l'action de l'ap- 

areil et maintient les (charbons incandescents à 

uie distance constante, est mis en action par la 

«le elle-même. Ce mécanisme n'emprunte rien 

n dehors. On sait que la lumière électrique de 

appareil Foucault est devenue un agentindustriel 

«portant dans l'éclairement pour la nuit des 

teliers et des chantiers les plus vastes à ciel dé. 

ouvert, de manière à pouvoir ne jamais intcr- 

jo»pre des travaux urgents. Ce fut encore la 

holographie qui opéra un rapprochement entre 

1- Léon Foucault et un autre physicien d'un 

^ mérite, M. Hippolyte Fizeau, et donna 

aissance à une série brillante de travaux opti- 

^ quf ont pris rang dans la science. L'asso- 

JJJJjQ de ces deux éminents expérimentateurs 

l^ui&it une série de mémdres aussi remarqua- 

'^spar leur originalité que par leurs déductions 

^^nqoes dans un ordre de connaissances où les 

^vaux antérieurs de Huygens , de Malus , d'A- 

^% de Young et surtout de Fresnel ne per- 

tettaient guère d'espérer des progrès impor- 

"'w. Nous citerons parmi ces travaux faits en 

)iniiûan : i» La comparaison de l'éclat de la 

'jn;ère de la pfle avec cdui de la lumière du 

Meil, au moyen de procédés photographiques : 

f fuyons lumineux électriques furent trouvés 

'je environ les deux cinquièmes de ceux du 

«eil; 2» La production de bandes d'interférence 

f "»oyen de rayons différant dans leur marche 

°»e quantité considérable, par l'emploi d'une 

"ûière rendue homogène au dernier degré avec 

«ODV. BIOGR. GÈKÉK. — T. IVIII. 



258 
de prismes multiples : chose merveillense! au 
lieu d'apercevoir la septième ou la huitième al- 
ternative des couleurs récurrentes, on atteignait à 
la sept millième interférence au nioins, résultat 
important pour la constitution de Tonde lumi- 
neuse et pour le mode de vibration de la molé- 
cule qui lui donne naissance ; 3° Une étude com- 
plète et tout à fait nouvelle des lois de la polarisa- 
tion chromatique, étude riche en faits nouveaux ; 
4° L'interférence des rayons calorifiques recon- 
nue au moyen d'appareils spéciaux et par l'em- 
ploi de thermomètres réduits à des dimensions 
microscopiques ; ô'' L'action négative des rayons 
rouges extrêmes sur les plaques daguerriennes 
déjà impressionnées : ces rayons détruisent ici 
l'effet produit antérieurement pard'autres rayons. 
Ces recherches, qui rappelaient celles de Fres- 
nel et qui les complétaient en beaucoup de points, 
valurent aux deux actifs collaborateurs une cé- 
lébrité méritée, et qui ne fut provoquée par aucun 
des artifices au moyen desquels, suivant l'ex- 
pression de Fresnel lui-même, on courtise la 
renommée. Dans la question, si controversée en 
optique, où il s'agit de savoir si la lumière va plus 
vite ou plus lentement dans le vide que dans les 
corps transparents, M. Léon Foucault n'eut plus 
de collaborateur. Cette importante recherche 
tranche définitivement le débat entre les deux 
théories rivales de l'optique en faveur de la na- 
ture vibratoire de l'agent lumineux. M. Arago, 
après avoir emprunté à M. Wheatstone l'idée 
de son miroir tournant, sans pouvoir aniver à 
un résultat positif, avait engagé les jeunes physi- 
ciens à s'occuper de cette difficile expérience. 
M. Léon Foucault répondit par un succès com- 
plet, dû à un appareil des plus ingénieux , qui 
évitait des difficultés autrement insurmontables. 
Nous ne pouvons donner ici une idée de cet appa- 
reil ; il nous suffira de dire que le retard du rayon 
qui traverse l'eau comparativement au rayon qui 
marche dans l'air est mis en complète évidence , 
et M. Arago lui-même s'empressa d'applaudir sans 
réserve à Vexpérience délicate qui avait enfin 
forcé la nature à révéler un secret, si longtemps 
gardé. Parune aptitude intellectuelle spéciale, que 
ne pouvaient faire pressentir ni ses travaux ni ses 
études antérieurs, M. Léon Foucault se trouva 
aussi clairvoyant dans les épineuses théories de 
la mécanique qu'il l'avait été dans l'optique. 
Ayant compris par le raisonnement abstrait qu'un 
pendule ordinaire osciUsmt fibrement devait 
suivre invariabiement la même route, il entrevit 
cette incroyable conséquence que puisque la 
route du pendule était fixe dans l'espace elle 
devait servir de point de mire pour voir le dé- 
placement graduel de la Terre tournant sur elle- 
niême. L'expérience confijma pleinement et ou- 
vertement cette vérité hardie , et certes Tune 
des plus inattendues de la mécanique du globe« 
Ce lut une séance académique bien remarquable 
que celle où M. Arago apporta cette brillante 
découverte à l'Institut et en établit les impor- 

9 



259 FOUCAULT 

tantes déductions. La rotation ât la Terre est 
ici manifestée sans prendre pour point de mire 
des objets étrangers, comme les corps célestes 
ou les rayons du soleil qui tracent Theare sur 
un cadran. C'était une observation k domicile, et 
ce fut même dans une cave que l'appareil pen- 
dulaire de M. Léon Foucault» si ingénieux et si 
simple , fonctionna pour la première fois. On 
sait que cette belle expérience est devenue cé- 
lèbre dans le monde entier, et qu'il n'est point 
de corps ou d'association s'occupant de science 
qui ne se soit empressée de la répéter. Les publi- 
cations mathématiques auxquelles elle a donné 
naissance se comptent par centaines, en sorte 
que cette découverte marque un progrès dans 
la mécanique rationnelle comme dans la phy- 
sique mécanique. 

Un autre appareil d'une nature toute diCfé- 
rente en principe, le gyroscope, fut déduit par 
M. Léon Foucault de la connaissance approfondie 
des lois de la rotation des corps, et surprit les 
mathématiciens les plus avancés dans cette belle 
théorie par la nouveauté de ses résultats. Ici 
un corps mis en mouvement rotatoire est tout 
à fait isolé et librement suspendu dans l'espace. 
Il va sans dire que , comme le pendule , le gy- 
roscope donne de nouvelles indications qui ren- 
dent sensible et mesurent la rotation de la Terre. 
Mais, par une particularité bien inattendue, le 
gyroscope exécute des évolutions qui permettent 
de trouver l'orientation astronomique dans un 
lieu quelconque sans aucune inspection du 
ciel et des astres , résultat dont l'annonce eût 
paru fabuleuse avant la réalisation du fait. Qui 
eût pu croire d'avance que la détermination du 
méridien eât été possible môme au fond d'une 
mine ? Rien n'est plus vrai cependant, et môme 
on peut atteindre une certaine précision dans 
cette opération paradoxale. 

Pour caractériser les recherches de M. Léon 
Foucault en ce qu'elles ont d'original, nous dirons 
qu'il a introduit la physique dans le domaine de 
l'astronomie. Dans plusieurs cas il a su mettre 
l'expérience au service d'une science qui ne prOf* 
cédait que par l'observation de phénomènes dont 
il fallait jusqu'à ce jour épien l'apparition. 

Les divers travaux (1) de notre excellent phy- 



(1) Voici les titres des mémoires où ces travaux sont 
exposés : Recherches sur l'intetuUé de Im lumière émise 
par le charlfun dans Veaepérience de Davy; dans l£S 
Annales de Chimie et de Physique , 3« série, tome XI, 
p. 870; — Microscope photo-électrique : dans \t Bulletin 
de la Société d'Encouragement , septembre et décembre 
184&; — Appareil photo-electrique à régulateur électro- 
magnétique; dans les Comptes rendus des Séances de 
l'Académie des Sciences , tome XXVIll, page 68; — Mé- 
moire sur le phénomène des interférences entre deux 
rayons de lumière dans le cas de grandes différences 
de marche ,- dans les Annales de Chimie et de Physique, 
3« série, tome XXVI, page 1S8 ; — Mémoire sur la pola- 
risation chromatique produite par les lames cristal- 
lisées : dans les Annales de Chimie et de Physique, »^ sé- 
rie, tome XXX, page IW; — Recherches sur les interfé- 
rences des rayons calorifiques ; dans les Comptes-rendus 
des Séances de V Académie des Sciences, tome }nLV,pag« 



— FOUCHÉ 

sicien sur l'optique et sur la më 
valu la médaille de Copley, que I 
de Londres décerne aux travaux 
un progrès dans la science. A ( 
serait injuste de ne lias mentioni 
gements que M. Léon Foucault 
munificence impériale pour son 
pendule. Peu de temps après, 
gyroscope vint prouver que l'aog 
tait montrée parfaitement éclairée 
à M. Léon Foucault. Oes décoi 
vahi de plus la position qu'il < 
physicien à l'Observatoire impéri 

La dernière expérience de M. 
se rapporte à la fois au magnélisi 
rie mécanique de la chaleur. Un o 
mis en rotation rapide entre les c 
aimant s'échauffe considérablemc 
l'effet d'un frottement énerglq 
réalité il ne soit en contact av( 
matériel et qu'il se meuve libr 
vide apparent. On en tire une noc 
tion des doctrines qui établisse! 
tlon entre le mouvement et la cl 

Dans la dernière élection acadéi 
tien de physique, M. Léon Foucai 
suffrages avec le candidat élu, e 
scrutin de ballottage qu'il a échoué 

Depuis 1845, M. Léon Foucj 
au Journal des Débats de la réd 
clés de science. Sans sacrifier la 
matique, il a su rendre intelHgibl 
les résultats les plus élevés des 
demes. On peut le mettre au 
larisateurs les plus consciencie 
utiles. C'est un des savants qi 
session du rare avantage d'être o 
hors de la sphère restreinte da 
tifique. BABiifET (de 

Documents' wirticulUrs. 

rouGHÂ (Joseph) y duc n'Oi 
d'État français ^ né dans une f 
près de Nantes , le 29 mai 1763, 
le 25 décembre 1820. Son père, 
vire, armateur, le destinait à 1 
chande, et son enfiuiee fht voué 
mathématiques. Mais la débilité 



447 ; - Sur les vitesses reUiHvéS de 
Voir et dont Feau; dans Ita Comj^eéFt 
de l'Académie, tome XXX, fWfe 5|i; 
de Chimie et de Physique, Y série, lo 

— Détnonstration physique du mouvt 
de la Terre au moyen du pendule ; < 
rendus des Séances 4e V Académie, t 
185 ; — Sur une nouvelle démonstrati* 
du mouvement de la Terre, fondée sur 
de rotation»' dans les Comptes-rené 
r Académie, tome XXXV, page 421 ; • 
mènes d'orientation des corps tourna 
un axe fixe à la surface de la Terre; 
sensibles du mouvement diurne; dans 
du$ dés Séances de r Académie i tome 

— DeAa chaleur produite par Vinfl 
sur les corps en mouvement; dans le 
déi Séaneéê de r Académie ^ toma XU, 



161 



FOÛCHÉ 



265 



ion et la l^èreté apparente de son caractère 
în-nt renoncer à ce projet. Entré, à l'âge de 
leiif ans, au collège des Oratoriens de Nantes, 
oote son aptitude parut tournée vers les sciences 
norales et la littérature. H témoigna de bonne 
leure le désir de se vouer à la carrière de l'en- 
ieignemeiit . et , ayant obtenu Taveu de son père, 
il se rendit a Paris, à l'institution de l'Oratoire , 
llrigée par Méraalt de Bissy, qtti devint, son 
{)rotectear. II fit de rapides progrès dans ses 
Hudes, où il eut pour condisciples plusieurs 
bonimes distingués , entre autres Cazalès , avec 
lequel il conserva toojoui*s des rapports de 
bienveillance. Il professa successivement aux 
Collèges de Juilly, d'Arras, de Vendôme. La 
révolution le trouva préfet des études à Hantes. 
Comme il n'était point engagé dans les ordres, 
il quitta l'habit ecclésiastique pour se ma- 
rier, et devint bientôt l'un des coryphées de 
la société populaire. L'exaltation de son zèle ré- 
volutionnaire le mit en un tel crédit qu'au mois 
de septembre 1792 le département delà Loire- 
Inférieure le choisit pour l'un de ses députés à 
la Convention nationale. Fouché y retrouva Ro- 
bespierre , qu'il avait connu lors de son séjour à 
Arras, et auquel même il avait prêté quelle 
argent pour se rendre aux états généraux. Cette 
circonstance parut d'abord les rapprocher; mais, 
entré au comité d'instruction publique , Fouché 
se lia plus étroitement avec Condorcet et avec 
Vergniaud. Le procès du roi lui fournit bientôt 
«ne triste occasion de mettre au jour ses dispo- 
sitions sanguinaires. Sur la question de l'appel 
an peuple , il s'exprima ainsi : « Je ne m'atten- 
dais pas à énoncer à cette tribune d'antre opi- 
nion contre le tyran que son arrêt de mort. Il 
semble que nous soyons effrayés du courage 
avec lequel nous avons aboli la royauté; nous 
chancelons devant l'ombre d'un roi, etc. » 
Le 11 mars 1793 il fit rendre un décret révolu- 
tionnaire sur la recherche des biens des émigrés. 
Quelques jours après 11 partit pour Nantes avec 
son collègue Villers , muni de pouvoirs illimités 
ponr arrêter l'insurréctfon des départements de 
l'oaest. Envoyé au mois de mai dans le dépar- 
tement de l'Anbe pour presser la levée d'homme» 
destinés à se rendre aux frontières, il remplit 
avec succès cette mission , dans le cours de la-* 
qoelle il fit parvenir k la Convention son adhé^ 
sion formelle aux événements du 31 mai. Chargé 
ensuite de mettre à exécution dans le départe» 
ïwat de la Nièvre la loi des suspects, il dit 
dans une proclamation , en date du 25 août : 
" Prendre pour ba«ie de son opinion des dénon- 
ciations vagues provoquées par des passions viles^ 
ce serait favoriser un arbitraire qui répugna 
autant à mon cœur qu'à l'équité. Il ne faut pas 
qije le glaive delà loi se promène au hasard. La 
loi commande de sévères punitions , et non des 
proscriptions, aussi immorales que barbares. >» 
Malheureusement ce fut à ces vaines paroles 
que 36 borna toute la partie philanthropique de 



la longue mission de Fouché. Dès le mois s;ui- 
vaut, secondé par Chaumette , originaire de Ne- 
vers, et qui se trouvait alors en cette ville, 
Fouché y manifesta la plus grande hostilité con- 
tre le culte établi. La clôture et la spoliation des 
églises, l*envoi, renouvelé quatre fois, à la Con- 
vention de tontes leurs dépouilles , l'incarcéra- 
tion des prêtres, la destruction de tous les signes 
extérieurs du culte, le matérialisme érigé en 
dogme par cette inscription apposée à l'entrée 
da cimetière : La mort est un sommeil éter- 
nel, tels furent les traits principaux de la mîs« 
slon de Fouché dans la Nièvre. Affectant alors 
un superbe dédain pour la richesse, il écrirait 
à la Convention : « Abolissons l'or et l'argent, 
traînons dans la boue ces dienx de la monar- 
chie. » Ce début fit juger que Pouché était 
digne de ISgnrer sur une scène plus étendue, et à 
la fin d'octobre la Convention l'adjoignit à Col- 
lot d'Herbois , envoyé à Lyon pour châtier par 
le fer et par le feu la révolte de cette héroïque 
et malheureuse cité. Les deux commissaire 
devaient entrer en fonctions le 10 novembre. Ce 
même jour fnt signalé à Paris par la fhmeuse 
orgie d'impiété connue sods le nom de fête- de 
la Raison. Elle eut pour pendant, à Lyon, Va- 
pothéose dn martyr delà liberté. Chaîner. 
Dans cette fête, célébrée en plein air, et ob l'a^ 
trooité surpassa le ridicule, on vit figurer un âne, 
mitre en tète, et retêtn de tous les antres in^- 
signes épiscopaux ; à sa queue étalent attachés 
la Bible et l'Evangile ; une odieuse parodie des 
cérémonies de la religion catholique eut lien de- 
vant un autel, sur lequel s'élevait le buste du 
héros de la fête; les livres saints y firent livré» 
aux flammes , et on y donna 6 boire à l'âne dans 
les vases sacrés. Des torrents de pluie mirent 
fin à cette scène de profanation. 

Le surlendemain, les saturnales de l'échafaud 
commencèrent h Lyon. Un tribnnal de sang! y 
fut organisé par les proconsuls , sons le nom de 
commission populaire; mais le fer ne leur li- 
vrant pas assez de victimes à la fois, ils cher- 
chèrent un moyen plus expéditif dans la fusil- 
lade en masse. Le 4 décembre, la mort de cin- 
quante-neuf personnes mitraillées aux Brolteaux 
signala pour la première fois l'emploi de Cet in- 
fâme procédé : de pareilles exécutions, de plus 
en plus nombreuses, se soeeédèrent rapidement; 
elles durèrent quatre mois^ et coûtèrent la vie 
à plus de dix-sept cents individus (vo^4 Dor- 
fecille). Collot ayant quitté Lyoâ à l'époque de 
la prise de Toulon sor les Aidais, Fouché lui 
écrivit, le 19 décembre : « Aaéantissons d'im 
seol coup tons les tratires, pour nous épargner le 
long supplice de le» punir m rcvtk Exerçons ta 
justice à l'exemple de la nature: frappons comme 
la foudre , et que la cendre même de nos ennemis 
disparaisse du sol de la liberté... Les larmes 
de la joie c^uleoft de mes yeux , elles inondent 
mon âme. Nous n'avons ^'une manière de célé- 
brer la victoire : nous envoyons ce soir deux cent 

9. 



268 



FOUCHÉ 



26 



treize rebelles soos la foudre. » La fête dite de 
V Égalité ayant ea lieu, à Lyon, le 20 ventâse 
an II ( 10 mars 1794), Fouché adressa à la Con- 
yention une lettre, signée aussi de Méaulle et de 
Laporte, où on Ut ces incroyables paroles : 
« Dans la fête qui a eu lieu hier, nous ayons ob- 
seryé tous les mouyements : nous ayons yu le 
peuple applaudir à tout ce qui pouyait réyeiller 
des idées fortes , terribles ou touchantes. Le ta- 
bleau qu'offrait la commission réyolutionnaire, 
suiyie de deux, exécuteurs de la justice nationale, 
tenant en main la hache de la mort , a surtout 
excité sa sensibilité et sa reconnaissance. » 
Pendant sa mission à Lyon, dénoncé par Hé- 
bert à la tribune des Jacobins , Fouché ayait ap- 
plaudi à la chute de son adyersaire, et successi- 
yement à celle de Danton et de Chaumette, quoi- 
qu'il eût eu jadis ayec ces deux derniers d'étroites 
liaisons. Après une absence de près de huit 
mois, il reyint à Paris, le 10 germinal an n ( 8 ayril . 
1794 ). Robespierre était alors à Tapogée de sa 
puissance. Ce fîit aux Jacobins que Fouché s'em- 
pressa de rendre compte des opérations de son 
proconsulat, et il termina ainsi cette apologie : 
« Le sang du crime fertilise le sol de la liberté 
et établit le pouyoir sur d'inébranlables fonde- 
ments, v Élu président du fameux cJub, le 4 juin 
(15 prairial ) , ce fut cinq jours seulement après 
1 qu'il eut, à la fête de F Être suprême , l'im- 
prudence, difficfle à comprendre , de poursuiyre 
de ses inyectiyes dérisoires Robespierre, le yé- 
ritable dieu à l'ordre du jour. C'était jouer sa 
tète ayec la presque certitude de la perdre. Aussi, 
trois jours {rfns tard , Robespierre l'apostropha , 
aux Jacobins , de la manière la plus yiolente , à 
l'occasion d'une adresse présentée par les pa- 
triotes de Neyers. Fouché était doué de trop de 
pénétration pour ne pas lire son aiTèt futur dans 
cette attaque; il comprit Robespierre, et deyint 
dès lors l'un des agents les plus actifs de sa 
chute. Robespierre, à son tour, comprit Fouché. 
Celui-ci fut sommé de comparaître deyant la So- 
ciété des Jacobins, pour y répondre aux reproches 
dont il était l'objet : le 26 messidor ( 14 juillet) , 
il écriyit qu'il deyait ayant tout attendre que 
le rapport du comité de salut public eât mis sa 
conduite en lumière. Alors {Robespierre s'écria : 
« Je regarde Fouché comme le chef de la conspi- 
ration que les' Jacobins ont à déjouer. Il est 
étonnant que celui qui briguait l'approbation de 
la Société la néglige lorsqu'il est dénoncé , et 
qu'il semble implorer pour ainsi dire les se- 
cours de la Conyention contre les Jacobins. 
Craint-il les yeux et les oreilles du peuple.' 
Craint-il que sa triste figure ne présente yisi- 
blement le crime? que six mille regards fixés 
sur lui ne découyrent dans ses yeux son âme 
tout entière, et qu'en dépit de la nature, qui 
les a cachées, on y lise ses pensées ? Fouché est 
un imposteur, yil et méprisable; ses mains 
sont pleines de rapines , etc., etc. » A la suite 
de cette sortie, Fouché fut exclu des Jacobins; 



mais le 10 thermidor yint l'y réintégrer, en fi 
sant tomber sur l'échafaud latètedeRobespien 
On sait qu'après sa mort celui-ci deyint le boi 
émissaire de tous les crimes ooramis par g 
plus dignes émules. Aussi dès le 7 frudid 
Fouché, à la tribune de la Conyention, parlai 
c( la douleur profonde dont il était pénétré à 
yue des scènes d'horreur et du féroce briganda 
qui depuis trois mois régnaient à Lyon, ou nom i 
MaximilienP^n, Le 13 yendémiaire (4 octoh 
1794)il proposa de restituer à la yille de Lyon i 
nom, qui ayait été changé en celui de Coi 
mune affranchie, et de déclarer qu'elle ay 
cessé d'être en état de rébellion. D'un autre c 
la marche rapide de la réaction ouverte au 9 1 
midor excita bientôt les alarmes de Fouché. 
( gnalé par le conyentionnel Guffroy, dans le pad 
' l>hiet intitulé : La Queue de Robespierre, cumii 
l'un des principaux fauteurs de la tyrannie décei 
yirale , il dénonça oet écrit aux Jacobins, le j 
fructidor (1*^'' septembre 1794), se plaignit q 
« Ton jetât les couleurs sanglantes d'une féroce in-' 
, justice sur son caractère yertueux et sensible, » si- 1 
gnala « le système de sensibilité fausse et hypocrite , 
qui se développait depuis quelque temps , » et 
finij; par déclarer que « toute pensée d^dulgence | 
et de modérantisme était une pensée contre-ré- 
yolutionnaire ». Dès lors, pressé entre les soo- 1 
yenirs d'un passé accusateur et de nouyelles i 
tendances , que ces souyenirs contrariaient sans 
cesse, Fouché pendant une année eut à soute- 1 
nir la lutte la plus pénible au sein de la Conyen- 
tioui Désayoué par les thermidoriens , il se re- 1 
jeta d'abord du côté des anarchistes , et passa 
du drapeau de Tallien sous celui de Baba^uf. 
Dénoncé cependant et par les habitanls de Gan- 
nat, qui l'accusaient d'âyoir fait égorger sans 
jugement, à Lyon, trente-deux dtoyens notables 
de Moulins , et par les corps constitués de la 
Nièyre, qui signalaient sa proclamation aux ad- 
ministrateurs du département, où il leur disait: 
Que la foudre éclate par humanité l Ayons 
le courage de marcher sur des cadavres pour 
arriver à la liberté l Fouché chercha des appuis 
contre l'orage qui de tous côtés s'amassait sur 
lui, et il réussit à se rapprocher de Tallien , de 
Fréron et de Legendre. Dans la séance du 9 août 
1795, un rapport sur les dénonciations portées 
contre lui ayant été présenté à la Convention, 
ces députés invoquèrent en sa faveur, avec éner- 
gie, les souvenirs du 9 thermidor ; mais Boissy 
d'Anglas s'écria : « Fouché n'a point eu de part 
au 9 thermidor! Cette journée est trop belle 
pour avoir été déshonorée par son secours. » Il 
fût ensuite, par décret, mis en arrestation. 
L'amnistie qui , le 26 octc^re suivant , consacra 
la mise en activité de la constitution de l'an m 
vint le rendre à la liberté. 

Rentré au sein de la vie privée, et retiré avec 
sa famille dans la vallée de Montmorency, il n'en 
sortit un instant que pour remplir sur les fron- 
tières d'Espagne une courte mission , dont il n'est 



FOUCHÉ 266 

trace. Réduit à llsolement par les | A droite et à gauche, il fit succédCT à des actes de 



\ 



airs qui pesaient sur sa tète , il 
ions avec Babeuf et ses adhérents. 
s les secrets de cette faction dé- 
Ics révéla au directeur Barras, et 
iplice de Babeuf anéantit les der- 
} de succès du parti vaincu au 9 
prix que Fouché obtint de ce ser- 
i apostasie fut d'abord un intérêt 
lans les fournitures de l'armée, 
ition aux fonctions d'ambassadeur 
épublique Cisalpine. Il y fut porté 

1798 par l'influence de Barras, 
énements du 18 fructidor avaient 
[ plus apprécier toute la puissance 
constituait le génie de Fouché. 
du à son nouveau poste, Fouché 

défaire tout l'ouvrage de Trouvé, 
eur. De concert avec Brune, alors 
if de l'armée dltalie , Fouché tenta 
sorte de parodie du 18 fructidor 
(rite du Directoire et des consdls 
ilique, organisée à Tinstar du gou- 
Dçais. Les directeurs et les députés 

fonctions protestèrent entre les 
ché lui-même. Le Directoire, qui 
ixembburg, accueillit leurs récla- 
eia Brune , improuva les mesures 
it, sur son refus de remettre en 
es sur le pied où il les avait trou- 
Bnna d'en sortir, en envoyant Ri- 
remplacer. Fort de l'appui du gé- 
, successeur de Brune, Fouché 
itrigues à Milan, se rit des menaces 
i voulait le faire arrêter, et n'obéit 
rappel du Directoire que lorsqu'il 
certitude du prochain triomphe de 
wbell, Réveillière, Merlin de Douai 

Il revint enfin à Paris,. dans les 
s de 1799. 

lent parlementaire qui expulsa le 
du Directoire et y fit entrer Sieyès 
ois de mai ( 30 prairial an vu) ; en 

Joubert fut appelé au comman- 
>aris, et par son crédit Fouché 
issade de Hollande. Il n'y fit pour 
'une apparition. Les embarras que 
, tant de fois vaincus, recommen- ^ 
iter au gouvernement tirent sentir la 
pposer à leurs intrigues l'habileté 
pli eût le secret de tous leurs moyens, 
cet homme, et le 20 juillet 1799 il 
ministre de la police générale, en 
it de l'insignifiant Bourguignon, 
nstallé au ministère, il publia une 
i dans laquelle il prenait l'engage- 
îiller pour tous et sur tous , afin de 
tranquillité intérieure et de mettre 
lux massacres ». Joignant les actes 
, le 6 août Fouché fit fermer le club 
[uivenaitd'êtretransférédela salledu 
église des Jacobins delà rue du Bac. 



rigueur contre les jacobins de Paris un rapport 
sur les menées des royalistes de l'ouest. Bientôt 11 
fit saisir les presses et arrêter les auteurs de onze 
journaux, organes les plus exaltés des deux par- 
tis hostiles au gouvernement. Cet acte, ai oppu«é 
à l'esprit de la révolution, fit jeter les hauts cris 
à ceux qui avaient compté sur Fouché pour U) 
mamtenir. L'orage éclata avec violence, surtout 
au Ck>nseil des Cinq Cents, où Briot demandîi 
la suppression du ministère de la police. En re- 
vanche, le Directoire fit le lendemain insérer dans 
tous les journaux une apologie du système d'ad- 
ministration de Fouché. 

A cette époque , tous les esprits éclairés étaient 
déjà convaincus que la concentration du pouvoir 
dans une seule main était le moyen unique de 
sauver les destinées de la France. Mais la pre- 
mière garantie de succès pour celui qui devait 
être mis à la tète du gouvernement, c'était de 
jouir d'une grande renommée militaire. Dans 
l'absence de Bonaparte, alors en Egypte, et sur 
le refus de Morean, Fouché et les hommes di^ 
son parti jetèrent les yeux sur Joubert. Celui-ci 
venait d'être replacé à la tète de l'armée dlta- 
lie, d'où il adhéra aux propositions qui lui vin- 
rent de Paris. Sa mort, arrivée le 15 août, à U 
bataille de Novi , sembla compromettre un ins- 
tant la réussite du plan adopté par Fouché et la 
minorité du Directoû-e ; mais le débarquement 
de Bonaparte à Fréjus reporte bientot sur sa ti^te 
toutes les espérances des conjurés. De concert 
avec Sieyès, et sans opposition de la part de 
Barras , Fouché travailla à réaliser ces espé- 
rances, et le 18 brumaire le trouva en mesure 
pour assurer le succès et pour en profiter, hs'.s 
mesures de Fouché éteient en effet si hun 
réglées que lorsque après le succès de l'affain , 
les députés fugitifs voulurent rentrer dans Paris, 
ils en trouvèrent les portes déjà gardées par les 
agents de la police. A cette époque si critique , 
personne, plus que Fouché n'eut d'influence ^nr 
la marche des affaires, et il est juste d'ajouter 
que cette influence fut tutélaire. 

Maintenu au ministère par le gouvernement 
provisoire, malgré les efforts de Sieyès, qui vou- 
lait le remplacer par Alquier, Fouché employa 
tous ses soins à neutraliser l'influence de ^^ 
prêtre haineux , qui provoquait contre le parti 
vaincu des mesures de rigueur. Quarante dispu- 
tés exclus des conseils devaient être emprison- 
nés : Fouché prit sur lui de ne pas metti^ h 
exécution cet arrêté des consuls. Le 26 brumatr^-, 
un autre acte consulaire condamna à la dé|>oi - 
tetion cinquante-neuf, individus; le mininlr*^ 
démontra dans un rapport l'inutilité dungen^j^ 
de cette violence, et une simple mise en sur- 
veillance remplaça la déportetion. Par a-ur 
conduite, Fouché confirmait les paroles (\* a 
proclamation du 20 brumaire. « Le gouv«^i iir> 
« ment directorial , y disait-il , fut of^pri^Hw^ii i , 
u parce qu'il fut faible ; celui qui lui nufA^h 



i 



267 FOUCaÉ 

« t'impose le deroir d'être fort, pour remplir 
« aelvi d'être juste. Il appelle pour le seconder 
K tous les amis de la république et de la liberté, 
» tous les Frais Français. Biebtôt les bannières 
« de tous les partis seront détruites, etc. » On 
le ¥oit, le nom de la république continuait à être 
le mot d'ordre d'un état de choses où le système 
républicaio allait £)ire place au pouvoir absolu. 
L'aotioD immédiate de la police sur la presse 
et sur les théâtres signala bientôt cette ten- 
dance. 

Dès le 19 brumaire Fouché avait obtenu des 
consuls la clôture de la liste des émigrés. Il 
organisa la révision de cette liste y et accorda 
les radiations d'après un système de large tolé- 
rance. Il en étendit le bénéfice àn% prêtres non 
assermentés, qu'une loi encore en vigueur con- 
damnait à la déportation. Il flétrissait en même 
temps d'un blâme énergique les rigueurs exer- 
cées par les autorités du Nord et de la Somme 
envers les émigrés naufragés à Calais. « Aucune 
des mesures que la sûreté publique exige, 
leur écrivait-il, ne commande l'inhumanité. » 
Bientôt après il obtenait la libération de ces 
victimes, qui jusque là avaient semblé réser- 
vées à lamortt Le 2à décembre 1799 vit la mise 
en action de la (institution de l'an yui et 
l'installation du gouvernement consulaire. On 
sait combien d'espérances s'attachèrent à cet 
ordre de choses, qui à son origine n'eut que 
les anarchistes pour ennemis déclarés. Impa- 
tients du joug d^un maître que la force appuyée 
de la ruse leur avait imposé, ils ne l'acceptèrent 
jamais { mais la surveillance à la fois ferme et 
modérée de Fouché déconcerta longtemps leurs 
desseins hostiles. Indulgent envers eux, autant 
par politique que par souvenir, il fut ouverte- 
ment bienveillant pour les royalistes. Enfin, il sut 
protéger et contenir à la fois les deux partis. Il 
chercha des appuis réels au gouvernement dans 
les écrivains à qui leur talent assurait le plus 
d'influence sur l'esprit public. Leurs services 
furent largement rétribués, Fouché ne' s'oublia 
pas lui-même dans la répartition des récom- 
penses. La ferme des jeux , dont il eut soin de 
donner le privilège à ses familiers, lui ouvrit 
une source intarissable de bénéfices ; il y puisait 
sans cesse, non-seulement pour accroître son 
immense fortune, mais encore pour satisfaire 
aux habitudes dispendieuses de l'épouse du pre- 
mier consul et à l'avidité du secrétaire intime 
Bourrienne (1). Se défiant peut-être des inten- 
tions réelles de Fouché, Napoléon, consul ou 
empereur, eut toujours à sa disposition plu- 
sieurs polices secrètes, dont l'organisation avait 
pour but de contrôler les opérations de la police 
ministérielle. On juge combien l'action du mi- 
nistre devait être contrariée et risquait d'être 

(1) Fouché , dit-on , recevait par jour 1,000 écus de la 
ferme des jeux ; il en donnait un tiers à Joséphine ; la 
part de Bourrienne était fixée à S5.000 francs par mois. 
Ceci se passait sous la république consulaire. 



compromise par de pareilles 
Pour s'en affranchir, les confie 
phine et les révélations de Bou 
Fouché d'un grand secours ; ai 
constamment au danger d'être 
L'adresse avec laquelle il sut 
trigue dont le but était de l'en 
les Bourbons sur le trône le 
que jamais dans la confiance 
sul. Cette intrigue, ourdie à 
comte d'Âriois , avait pour agei 
chesse de Guiche : elle obtint { 
vous de Joséphine ; celle-ci en i 
qui fit un rapport foudroyant, 
pendant de manière à ce que M' 
retourner à Londres en toute si 
Toutefois, cette première tei 
preuve que les royalistes avaie 
fixé sur le but auquel ils vou 
d^un autre côté , les jacobins rc 
ment leurs trames. La surveill 
fit avorter en son germe un con 
étaient compromis Rossignol et 
en borna la répression à quelqui 
cette échauffourée succéda blent 
chi et Arena ( voy. ces noms ), q 
plus funestes pour ses auteurs, p 
rentde leur tête. Ces deux consp 
ques furent suivies d'im premier 
infernale, fabriquée par un i 
Chevallier. Fouché prévint l'effe 
complot en faisant arrêter Che^ 
ses complices. Il suivait depuis 
la trace des nombreux affidés < 
doudal, parmi lesquels se trouv 
Aussi , lors de la catastrophe c 
se méprit-il pas sur le caractèi 
attentat. Il n'en fut pas de mé 
consul. Lorsqu'au retour de 
parut ma Tuileries : « Eh biei 
parte en l'apostrophant avec. ^ 
vous encore que ce sont les i 
« Oui, sans doute, répondit Foi 
et, qui plus est , je le prouvera 
pas à le prouver en effet (1). L'I 
cédant à la nécessité ou profitai) 
exploita en faveur de son crédit 
d'un maître irrité. Sous forme 
l'intérêt de l'État et au salut ^ 
dressa une liste de cent-trente in 
comme l'élite du jacobinisme , d< 
déportation , qui cependant ne fi 
l'égard de quelques-uns seulemei 
mes affreux, disait-il dans son 
en petit nombre , mais leurs al 
nombrables... Ils ne sont pas les 



(1) Nous devons dire cependant qi 
cette version est contestée, entre ; 
Tienne, et qu'on en a produit sur cette e 
qui diffèrent entre elles. C'est donc ni 
qui reste à éclairoir. On peut consulte 
Mémoires de i'ex- directeur Gohier 



(ouTeroemeRt, nait de Umto espèce de gou- 
rernement. Tout ee quils ont tenté depak on 
m n'avait pour )>ilt que des eaaaftÉinats. C'est 
me guerre atroee i qui ne peut être terminée 
|Qp pivunentegurëde Haute polUe êôstraot*- 
iinaire. Il ne s'agit pas senlement de punir le 
«Mé) mais à» garantir l'ordre social. » La 
!9ndainnatioft capitale et l'exéotfttmi d'Arena ^ 
Seraœiy, Delnenrille et Topino^Ld^rm, pour 
'aflliire de TOpéra | le. suppliée de ChetalHer et 
k> quatre cotnpUoes ^ pour la première machine 
nfemale; et eehil enfin de Carbon et Saint- Ré^ 
ant, pour Tattentat dn 3 niTOse, complétèrent, 
dans les premiers mois de 1801 , les grandee 
mesures de rigueur» 

On a prétendu (fue ces âttentate étaleel le i^ 
soltat des prorrocaliofi^ de la police « agissant 
d'après les ofdres de Bofiaparte. Il est certain 
do moins qu'instroit d*aliord par sa police mi* 
litaire du complot d'Arena , in lien de l'étouftef 
dans sa naissance, il fit lut-méme fournir an% 
eonjarés les moyens d*etéeutiofi qoi senirent 
ensuite à les convaiiiere. Tout gouvetnement 
naissant saisit d'ordinaire l'occasion du danger 
qu'il a conjuré pour aequérir plos de cfÉdit et 
ptas de force auf l'opinion : telle devait être la 
manièTe de Toir de Bonaparte , en ISOO, knrs* 
qu'il essayait le pouvoir; mais ce pouvoir une 
fois afTenrii , «a politique au contraire était d'é- 
earter jusqu'à la pensée que Ton ptkt essayer de 
Maqner. Aussi disait-U alors : « L'Europe doit 
savoir qu'on ne conspire pas contre moi* » 
Quant à Foiiché , il avait le tact trop sfir pour 
croire que, réelle ou supposée, une conspira- 
tion pût jamais être bonne à quelque cbose , et 
il le démontrait en disant : « L'eustence d'un 
gouremement date tonjours dans l'opinion de 
ia dernière conspiration découverte^ parce 
qa'une découverte de ce genre remet néees- 
saireraent en problèroe ce que Ton croyait déjà 
affenni. * C'était donc à empêcher les cous* 
pirations de nattre, en leur Otant tout prétexte, 
que Fomhé appliquait surtout son habileté; 
m»!* c'était là une rude tâche. Les révolution- 
naires voyaient clairement oh Bonaparte en 
vonlait venir, et ils étaient furieux ;les royalistes, 
forcés enfin de renoncer à l'espoir qu'ils avalent 
placé en M pour le rétablissement du trône des 
Bourbuns, n'étaient pas des ennemis moins 
d^ingereax que les jacobins euit-mémes. L'im- 
patience qu'éprouvait Napoléon de mettre la 
conronne sur sa télé, hnpatience stimulée par 
l'ambition personnelle de ses frères et par les 
encouragements de quelques-uns de ses conseil- 
Jcts intimes , rendait la situation encore plus 
<^iMe. Fouché , convaincu que l'opinion n'était 
pas mttre pour la résurrection des formes mo- 
narchiques, avait beaucoup à faire pour parer à 
tant de dangers, pour combattre tant d'tafluen- 
ces. L'espèce d'oppositica que les roèux dn 
ïnaltre rencontraient en lui était présentée par 
Joseph et Lucien eomme un symptéme de con- 



FOUGHÉ 270 

nivence avec les naécontents de tous les partis; 
Roederer et Regnault, envioix de Fouché, ap- 
puyaient ces coi^ectures. La craintive Joséphine 
partageait seule les vues du ministre, et une 
dramstance, qui surgit inopinément du sein de 
cette lutte, vint démontrer toute la justesse de 
son opinion. Dans les derniers mois de laoo, un 
pamptilet intitulé 2 Parallèle de Cromwell, 
Monket Bonaparte , toi répandu dans le public 
svec proftisioA (1)< Le but évident de cet écrit 
était d'appeler le premier consul au trône. Im- 
primé avec le plus grand secret , il avait été 
envoyé dans toute la. France sous le couTcrt du 
ministre de l'intérieur, qui était alors Lucien 
Bonaparte. Fouché lui représeeita avec force les 
dangers d*nne démarche aussi hasardée. Lucien, 
pour se justifier, lui montra la minute corrigée 
de la main du premier consul : le rusé ministre 
courut aussitôt mettre sous les yeux de celui-ci 
la correspondance des provinces , où cet écrit 
était dénonce de toutes parts; il eut soin de 
tout attribuer à Timprudence de Lucien, qui, 
désavoué et blâmé par sod Irère, quitta en cour- 
roux le ministère, et laissa le champ libre à 
plus habile que lui. Lirritation que, quelques 
mois plus tard , produisit au sehi du Tribunat 
rintrodnction des mots sujetê ftançaU dans 
un projet de traité entre la France et la Russie 
acheva de donner gaid de cause à Fouché et de 
démontrer combien les projets monarchiques de 
la cour consulaire étaient prématurés. 

La paix avec la Russie avait été , dès le mois 
de février 1801, précédée du traité de Lunéville 
avec rAutridie. La fin de cette même année fdt 
remplie par des négociations avec l'Angleterre, 
qui amenèrent enfin la eondusion da traité signé 
à Amiens le S& mars isoa. La radiation défini- 
tive de 150,000 émigrés, avec une réserve de 
1,000 noms maintenus sur la liste, et la pro- 
mulgation du concordat , tels furent les grands 
accessoires de la paix d'Amiens. Le 10 mai, les 
deux consuls Cambacérès et Lebrun arrêtent, 
par un acte en dehors de leur compétence , que 
le peuple français sera consulté sur la question 
du consulat à vie pour Bonaparte : le sénat et 
les deux conseils, intimidés, adhèrent à l'arrêté , 
qui est ratifié par le vote uational , à une majo- 
rité de trois millions et demi contre environ neuf 
mille. La paix rétablie au dehors semblait être 
assurée au dedans. Une hicartade républicaine, 
excitée par deux jeunes colonels , Donnadieu et 
Foumier-Sarlovèse , ne troubla pas Tordre un 
seul instant. Le vent était au succès ; le pouvoir 
fit un pas vers la clémence. Par un sénatus- 
consulte du 4 août I8O2 , le droit de faire grâce, 
cet attribut par excellence de la souveraineté, 
vint accroître les prérogatives constitutionnelles 
du premier consul. Devenus moins nécessaires, 
les services de Fouché risquaient de paraître 



(1) Voir dans les Mémoires deBourrienne le texte de 
ce curieux pamphlet. 



271 FOUCHÉ 

bientôt à charge. Son imoMnse crédit sur l'opi- 
nion était pour Bonaparte un eontinoel sv^ 
d'ombrage ; il disait ayec hauteur à son ministre : 
Je ne me repose pas sur la police , je fais la 
police moi-même. Accueilli par la population 
parisienne avec un silence gladal lorsqu'il alla, 
le 21 août, présider pour la pronière fois le 
sénat ; outré de ce que le soir du même jour on 
avait placardé sur les murs des Tuil^es et 
dans les carrefours une affiche, avec ce vers si 
connu : 

V6 silence da people est la leçon des rois • 
le premier consul s'en prit au ministre de la 
froideur avec laquelle il avait été reçu, et ter- 
mina une altercation assez Ti?e par ces mots : 
c< Xi y a de la bizarrerie et du caprice dans ce 
qu'on appelle l'opinion publique ; je saurai bien 
la rendre meilleure. » Fouché vit dans cette 
phrase l'annonce de sa disgrâce , et il ne se mé- 
prit pas. Elle futarrètée à Morfontaine chez Joseph 
Bonaparte; mais il fut convenu en même temps 
qu'on l'entourerait de tout ce qui devait en dégui* 
ser l'amertume. La suppression nominale du por> 
tefeuille de ta police ( 1 5 septembre ), dont les attri- 
butions se trouvaient réunies à celles du ministre 
de la justice , à la tête duquel on plaçait un 
grand -juge; la dévolution de ces haut^ fonc- 
tions au conseiller d'État Régnier, trop faible 
pour un pareil fardeau ; l'entrée de Fouché au 
sénat , et sa promotion à la sénatorerie d'Aix , 
telles furent les conditions stipulées par le pre- 
mier consul. Les émoluments de Fouché comme 
sénateur étaient de 36,000 fr. ; le revenu de sa 
sénatorerie lui en donnait 30,000; il laissait 
sur les fonds de la police une réserve de 
2,400,000 fr., qu'en partant il remit à Bonaparte, 
et dont celui-ci lui al)andonna la moitié : on voit 
qu'après avoir trouvé une mine d'or dans le 
ministère, il en sortit par un pont d'or. £n 
outre, aucun témoignage d'estime et de satis- 
faction ne fut refÎDsé à l'ex -ministre. Son renvoi 
fut mis sur le compte des circonstances , deve- 
nues, grâce à lui, tout à fait rassurantes. Le 
consul écrivit au sénat que « si d'autres circons- 
tances redemandaient un ministre de la police, 
le gouvernement n'en trouTerait pas qui fût 
plus digne de sa confiance ». On va voir que 
ces circonstances ne tardèrent pas à se présen- 
ter. En attendant, Fouché, à la fin de 1802, 
alla jouir de son indépendance et de sa fortune 
dans sa belle terre de Pont-Carré. Ses loisirs 
s'y prolongèrent pendant vingt-et^un mois. 

L'année 1803 avait vu la rupture d'une paix 
mal cimentée entre la France et l'Angleterre. La 
renaissance des complots contre le gouvernement 
de Bonaparte suivit de près cette rupture. Le 
commoicement de 1804 vit éclater la formidable 
conspiration de Georges Cadoudal ( voyez) ; le 
meurtre juridique du duc d'Enghien vint encore 
compliquer de la manière la pluâ déplorable cette 
série de périls et d'attentats. L'homme devenu 
gênant quand on jouissait de la sécurité redevint 



nécessaire an moment du danger. A la nouvel 
de l'airestation dn dernier des Condé , Foi 
courut à la Malmaison, et, soit qae pour disi 
Bonaparte d'attenter à la vie de ce prince il i 
dit ce mot devenu historique : Cest plus qu'n 
crime y c'est une faute ; soit qu'il ait Gombatlni 
de toute autre manière une sanguinaire résolu- 
tion , il est certain qu'il s'y montra fortement 0{k 
posé : on sait que ce iut en vain, fl remporfad 
snccès plus heureux en faisant Taloir les motifi 
qui devaient soustraire Morean à la peine capi I 
taie, et grâce à lui une sentence dictée par la 
politique obtint les honneurs dus à la géné- 
rosité. 

Après avoir scellé du sang d'un Bourbon les 
engagements qui lui étaient prescrits par les ré-! 
volutionnaires ralliés à sa cause , délivré par l'os- 
tracisme de la seule rivalité de gloire qui put 
faire obstacle à son ambition , le moment était 
venu pour Bonaparte de monter au tNVne. Fou- 
ché lui-même en reconnut l'opportunité, et eai 
même temps que le premier consul se faisait 
empereur, le sénateur Fouché rentrait au minis- 
tère de la police. Ce fut le 10 juillet 1804 que 
cette réintégration eut lieu. 

Ce second ministère , d'une durée double da 
premier, fut pour l'homme d'État une ère de 
succès dont U est difficile de trouver d'équiva- 
lent dans la destinée d'aucun autre grand mi- 
nistre. Toutes les questions capitales de la révo- 
lution semblaient alors résolues sans retour, et 
l'établissement du régime impérial paraissait ea 
avoir donné le mot. Fouché était de fait après 
Napoléon la plus grande existence politique 
de l'empire. Pendant les fréquentes et longues 
absences de Napoléon , auxquelles l'obfigeait la 
guerre rallumée contre lui dans toute l'Europe, 
c'était au ministre de la police générale à 
maintenir la paix au sein de l'État. Chaque 
coalition formée contre le grand empereur ne 
fit, en définitive, qu'ajouter à l'agrandiâse- 
ment de l'empire. Fouché avait à craindre qu'il 
ne se formât aussi des coalitions dans l'in- 
térieur : guidé par l'esprit de conciliation le plus 
soutenu, il réussit à convaincre les hommes 
d'élite de tous les partis que désormais leur 
intérêt le mieux entendu était de se rallier sans 
arrière-pensée au pouvoir monarchique né de 
la révolution. Grâce à un système de fusion mis 
en pratique avec autant de constance que d'ba- 
bileté, il réunit dans l'exerdce des mêmes fouo 
lions et fit vivre en bonne intelligence ceux que 
jusque là les opinions et les intérêts les plus op- 
posés semblaient séparer sans retour. A dater 
de 1804, il ne fut plus question de complots; 
toutes les anciennes haines semblèrent même 
disparaître devant l'admiration qu'exiicitaient les 
éclatants succès du dehors et la confiance qui 
an dedans s'attachait à la sagesse de l'admi- 
nistration. Celle de Fouché avait captivé l'estime 
de l'Europe, subjuguée par l'ascendant du génie 
de Napoléon. Les témoignages contemporains 



1 



FOUCHÉ 



274 



limes à cet égard. Après le triomphe 
tz, l'empereur, à l'apogée de sa for- 
sa gloire , rétablit les titres nobiliaires 
notions honorifiques abolis par la ré- 
Fouché ne fut pas oublié daiv» cette 
m de grâces : il obtint le titre de due 
, avec une riche dotation sur les re- 
royaome de Naples (1809). Cette fa- 
rta l'attention sur un mot du ministre, 
cession fut grande sur l'esprit de Na> 
Sire, avait-il dit après la campagne de 
erlitz a ébranlé la vieille aristocratie ; 
g Saint-Germain ne conspire plus. » 
nt, l'enthousiasme universel qui avait 
s triomphes d'Austerlitz se refroidis- 
iUTG que s'établissait la conviction 
ces d'une ambition décidée à tout en- 
ruit de ces dispositions de Tesprit 
formes d'ailleurs à sa manière de voir 
if Fouché en prit occasion d'adresser 
ir de fréquentes représentations, ton- 
i mal accueillies , et qui devinrent le 
iissentiments déclarés. Napoléon, en 
l travaillé de l'idée que Fouché cher- 
aire valoir aux dépens de l'admiration 
[)ropre génie. II est certain que le sys- 
ainistration de la police était regardé 
la France comme le palladium de la 
! de l'État et du salut de son chef. Le 
en prévalait lui-même avec assez peu 
}n. 

luses d'un mécontentement toujours 
e joignaient encore les révélations des 
ces. Par elles l'empereur apprit que 
Fouché avait reçu de Londres" des 
is tendant au rétablissement des Bour- 
qu'il eût refusé d'entrer en négocia- 
: égard , on fit un crime au ministre 
se échapper Vitel et Daché. Une secte 
le qui s'était formée dans l'armée, sous 
philadelphes , donnait des inquié- 
nadotte était suspect de liaisons atec 
e cette secte , et l'intimité de Fouché 
ladotte était un fait reconnu. Cet il- 
iral , à qui on avait contesté sa part 
ans le succès de Wagram , quitta l'ar- 
TÏni mécontent à Paris. On était alors 
•mne de 1809, et les Anglais venaient 
ler dans l'île de Walcheren ( Zélande), 
naçaieut toute la Belgique. L'intérieur 
nce , dépourvu de troupes de ligne , 
le des gardes nationales à opposer à 
ûon. Fouché, qui venait d'être chargé 
n du portefeuille de l'intérieur, et qui, 
le deux ministères importants, prit 
grande influence sur la direction des 
m l'absence de l'empereur, parvint à 
)ter à Bernadotte le commandement 
rmée improvisée. Guidée par lui, elle 
succès complet , et les Anglais furent 
se rembarquer; mais le préliminaire 
iccès avait été une proclamation de 



Fouché, où il disait : « Prouvons à l'Europe 
que si le génie de Napoléon peut donner de 
l'éclat à la France par ses victoires, sa pré- 
sence n'est pas nécessaire pour repousser ses 
ennemis. » L'importance du service rendu ne 
put couvrir l'indiscrète confiance d'un tel lan- 
gage ; elle ne fit peut-être que la rendre plus 
inexcusable. Napoléon ne pardonna ni au géné- 
ral ni au ministre qui s'étaient vantés de n'avoir 
pas besoin de lui pour sauver la France. Do 
retour à Paris , son humeur éclata sans ré* 
serve , et il ôta à Fouché le portefeuille de l'in- 
térieur. 

Les négociations pour son second mariagp. 
étaient alors sur le point de s'ouvrir. Le principe 
du divorce avait été arrêté avant l'ouverture de 
la campagne d'Autriche, et Fouché avait reçu 
la commission difficile d'en porter à Joséphine 
les premières paroles. Cette démarche lui aliéna 
sans retour la bienveillance de l'épouse sacrifiée ^ 
et il s'exclut à l'avance de celle de Marie-Louise, 
en opinant dans le conseil pour le choix d'une 
princesse de Russie, de préférence à une prin- 
cesse autrichienne. Il blâma l'injuste rigueur des 
mesures adoptées, en 1809, contre le pape 
Pie YII, et en adoucit autant qu'il put l'exécu- 
tion. £nfin, il fit sa paix avec Lucien, qui de- 
puis son mariage s'était retiré à Rome. De plus 
en plus irrité contre ce frère, qui avait préféré 
son indépendance républicaine à un trône, où tl 
n'eût été qu'un sujet couronné, Napoléon résolut 
de le faire arrêter. Fouché en avertit Lucien , 
qui mit sa liberté à couvert en passant en Amé- 
rique : nouveau grief de Napoléon contre l'of- 
ficieux ministre. 

Enfin, une dernière cause de mécontentement 
vint y mettre le comble : devenu le gendre de 
l'empereur d'Autriche, l'empereur des Français 
espérait que cette haute alliance disposerait 
l'Angleterre à reconnaître son titre de souverain. 
Il essaya à cet effet d'ouvrir des négociations, 
par une voie détournée , avec le cabinet de Saint- 
James ; mais ce fut à l'insu du duc d'Otrante, 
Celui-ci, qui avait pénétré les vues de son maî- 
tre, tout en ignorant ses démarches, crut se 
rendre agréable en envoyant aussi en Angleterre 
un agent chargé d'opérer dans le même sens. 
Homme d'intelligence et d'intrigue, le fameux 
munitionnaire Ouvrard fut chargé de cette mis- 
sion. Le ministère anglais, auprès duquel on 
agissait sans accord de deux côtés à la fois, se 
crut joué, et expulsa d'une manière assez hu- 
miliante les deux négociateurs. Le résultat de 
cette échauffourée diplomatique fut la disgrâce 
définitive de Fouché. « Ainsi, lui dit Napoléon 
en plein conseil, vous faites la guerre et la 
paix sans ma participation! » Le lendemain, 
3 juin 1810 , le portefeuille de la police fut ôté 
au duc d'Otrante et donné à Savary. Celui-ci 
était déjà depuis plusieurs mois investi du 
commandement de la gendarmerie d'élite , aur 
torité militaire rivale de la police et créée pour 



à 



875 



FOUCHÉ 



la surreiUer. Aussi Fuuché rejetait-U sur cette 
institutioa toutes les rigueurs doot on Tenait se 
plaindre à lui. « L'empereur, disait-il, ne me 
consulte plus ; il a sa gendarmerie, qui fait la 
police. Je n'ai plus rien à faire qu'à prendre 
garde à moi-même. » Le coup qui vint le frap- 
per ne dut donc pas le surprendre. D'ailleurs, 
encore cette fois on donna une apparence dorée 
à sa disgrâce. Le ministre renvoyé devint titu- 
laire du gouvernement de Rome. Sa promotion 
à cette dignité lui fut annoncée par une lettre 
conçue dans les termes les plus flatteurs. 11 y 
répondit avec une soumission résignée, mais à 
travers laquelle perçait un vif sentiment de sa 
disgrâce. On aura peine à croire que le soin de 
l'éducation ministérielle de son succeaseur lui 
fut conGé, et que pendant trois semaines ce- 
lui-ci reçut ses instiiictions avec une confiante 
docilité , qui mériterait un tout autre nom. Fou- 
ché alla ensuite dans son château de Ferrière 
attendre son ordre de départ pour Rome. Il y fit 
avec ostentation les préparatifs d'un voyage qu'U 
prévoyait bien ne pas devoir se réaliser. 

A peine Fouché était-il installé dans ce ma- 
gnifique domaine (1), qu'il y reçut la visite du 
grand-veneur, le maréchal Berthier, et des con- 
seillers d'État Dubois et Real , chargés par l'eui- 
pereur de lui redemander les lettres autographes 
de Napoléon et les autres papiers qui ne se 
trouvaient plus au ministère. Fouché, au lieu 
de satisfaire à cette demande , ne livra que des 
papiers insignifiants; il prétendit que les autres 
n'existaient plus. A cette réponse, la fureur de 
Napoléon n'eut pas de bornes, et pour s'y sous^ 
traire il ne resta à l'ex-ministre d'autre res- 
source que la fuite^ 

Parti en bâte pour l'ItaUe , avec son fils a!né, 
il se rendit à Florence; il reçot de Paris des 
nouvelles tellemoit alarmantes qu'il s'embarqoa 
à LÎTourne , dans l'intentioB de passer aux États- 
Unis. Le mat de mer le prit avec tant de vio- 
lence qu'il fîit sur-le-ehamp obUgé de se faire 
mettre à terre. Enfin, grâce à l'entremise bien- 
veillante de la princesse Élisa , grande-ducbesse 
de Toscane, il lui fut permis de revenir en 
France, sous la condition de livrer le dépôt de 
papiers déjà réclamé. On lui délivra en échange 
un titre qui l'aflranchissait de tonte responsabi- 
lité à cet égard. Autorisé à faire résidence dans 
sa sénatorerie , l'accueil qu'il reçot à Aix dut lui 
faire oublier les épreuve» auxquelles il venait 
d'être soumis. Il y fut entouré de soins et d'hom- 
mages empressés par toutes les classes de la 
société. Enfin, au mois de juin 1811, il eut per- 
mission de revenir habiter sa terre de Pont-Carré. 

L'année suivante fut marquée par l'expédition 
de Russie. Le duc d'Otrante, mis dans le secret 
de cette entreprise, tenta vamement d'en dis- 

(1) Perrière et l'ont-Carré réunis formaient no des plus 
beaux domaines de l'empire. L'étendue en était de qua- 
tre lieues au moins; 11 était à environ trente llenes de 
Parte. 



suader l'empereur. On aasur^ que, < 
seil privé où ne furent ailmis que Bei 
bacérès et Duroc, Napoléon parla de 
Fouché et Talleyrand , dont il redoi 
trigues pendant son absence. De re' 
après le désastre de Moscou , il sot 
core Fouché d'avobr été l'un deg me 
récente conspiration des anciens i 
Mallet, Guidai et Lahorie. Une enq 
détruisit cette conjecture. Au contrai] 
nistre donna à Napoléon plusieurs a^v 
les démarches du prétendant auprès 
sur les dispositions inquiétantes de 
L'année 1813 fut féconde en désastr 
péties pour la fortune de Napoléoi 
dont la présence à Paris ne cessait 
son maître , reçut l'ordre de se rendi 
tier général à Dresde; de là il fut 
voyé à Lajfbach, en qualité de ^ouv 
provinces illyriennes. A peine étai 
dans ce nouveau poste, qu'il follut ] 
l'approche de l'armée autrichienne, 
que la victoire venait de trahir à Leip: 
à Fouché l'ordre de se rendre à Roi 
fallut encore qu'il se transportât à N 
y surveiller les mouvements très-e 
Murât. En effet , celui-ci se préparait 
les troupes françaises en Italie. U ne 
point avec Fouché, qui, à la suite de ] 
d'un caractère assez équivoque, le q 
recommandant surtout d'avoir une 
mée. Rentré à Rome le 18 janvier i 
d'Otrante écrivit à Napoléon pour 
embrasser enfin un système de mod 
pût le réconcilier avec l'Europe. Ce 
déjà tcuit de fois repoussés , ne furent 
accueillis cette foia-ci. Bientôt l'État 
la Toscane furent envahis par Mur 
eut ordre de revenir en France. Jug 
tuation avec sou ordinaire sagacité, 
à Lyon, à Avignon, il annonça ha 
chute du gouvernement impérial. An 
le 10 avril, deux jours avant le corn! 
il proposa dans le sénat d'envoyer i 
une députation, dont, par im sentim< 
venance, il refusa de faire partie, 
adressa à Napoléon une nouvelle letli 
sayait, par les motifs les plus près» 
décider à se rendre aux États-Unis d' 
en quittant l'Ile d'Elbe. 

En relation avec le duc d'Havre , 
pondance réglée avec Malooet, devec 
de la Marine , et qui transmettait s< 
Louis XYIII, Fouché conseillait an 
tion des mesures propres à tout conc 
le maintien des couleurs nationales, 
dait des garanties pour la liberté i 
et la liberté de la presse , ainsi que 
d'un fonds d'indemnité pour les en 
préoccupations de l'esprit de paiti i 
nement des circonstances ne permir 
s'arrêter à ce plan. Dès lors , retiré i 



FOUCHÉ 



Ifi 



E^e parut plus prendra part aux af- 
Les mécontents commençaient cependant 
et à préparer le retour de* Napoléon. 
jé par un billet à s'associer à ces in- 
Fouché écrivit sur oe billet même : 
travaille point (Hi serre obaude. Je ne 
en foire qui ne puisi^e paraître au grand 
la nation. >» Le gouTemement royal re- 
i lui à la nouvelle du débarquement de 
iur. Reçu aux Tulleriei par le roi , il en 
dit-CNi, rautoriiation d'accepter dans 
de la cause royaliste toutes missions 
«vrait de Napoléon, he lendemain il eut 
princesse de Vandemont , son amie, une 
treyue, avec Momimtr, oomte d'Artois. 
Kfeuille de la police Ini fut offert ; il le 
in disant : « 11 est trop tard ; le seul 
i reste maintenant est celui de la re- 
On assure qu*à la suite de cette entrevue 
au duc d'Aumont : « Sauvez le monar- 
aoverai la monarchie. » Cep«idant Tap- 
ie Napoléon fit craindre que Fouché n'a- 
s fiecrets qui lui avalent élé livrés par la 
ordre de Tarréter fut donné. Dandré, 
à la tète de la police , avertit Fondié. 
se mit à l'abri en escaladant un mur 
entre son hAtel et celui d'Hortense 
nais. Le lendemain Bonaparte était aux 
, et quelques heures après Fouché com- 
m troisième ministère. 
; la puissance des souvenirs de la ré^ 
phis que la magie de ceux de l'empire 
t rouvert à Napoléon les portes de la 
La gloire miHtalre l'entourait encore de 
oie; mais les traces de son despotisme 
ncore trop récentes. Fouché ne négligea 
1 pour le porter à ratifier, par un acte 
!, l'abdication forcée de Fontainebleau» 
lamatton du principe républicain et la 
m de Bonaparte à la tète dn gouverne-» 
5US le titre de généralissime, voiU ce 
K)saît Fouclié pour aviver l'esprit pubHc 
înlever tout prétexte d'attaque aux pnis- 
trangères. C'est dans ce but que, le 
, il fit insérer cette phrase dans la dé- 
du conseil d'État : La souveraineté 
ans le peuple; il est la source du 
Mais tous les instincts d'ordre répu- 
chez l'empereur à de pareilles transac- 
is maréchaux ralliés autour de lui n'é- 
m moins que disposés à y souscrire , et 
ae impérial prévalut sur le vœu popu- 
i déclaration des souverains en date de 
ic laissa d^ailleurs aucun doute sur leur 
^solution de poursuivre, à quelque prix 
ùt , la chute définitive de Napoléon. Dès 
ministre ne songea plus qu'à s'arranger 
ère à ne pas être entraîné avec lui. Il 
donc dans toute la France une surveil- 
tive, qu'A se garda l)ien de rendre op- 
; en flattant les patriotes , il ménagea 
listes. 11 fit par là que les uns ne s'en 



méfièrent pas, et que iea autres ne ceMèrent 
point d« compter sur lui. Ainsi il inspirait aaât/ 
de confiance à La Fayette pour que celui*ci lui 
proposât de profiter de la cérémonie Ihéàtraié 
âû Ohamp*de-Mai pour détrOner Napoléon. 11 r>.£ 
à peine besoin de dire que Fouché déclara qut; 
la obose était inexécutable. 11 avait cependant 
empêché l'empereur de faire fusiller de Yi- 
trolles, fiiit prisonnier avec le duc d'Angoulémi% 
et non compris dans la capitulation. Ses pru- 
dentes mesures ne contribuèrent pas moins qtre 
iM opérations militaires h arrêter le développa > 
ment de llnsurrection de la Vendée. La n-ehi- 
inatton des diamants de la couronne , emport^^s 
par lés prineee fngitifs , lui servit de prétexter 
pour se mettre, de l'aveu même de Napoléiin . 
en relation avec eux. 11 ouvrit non moins &àn\\- 
tement avec M. de Metternich des négociatioris 
qui semblaient avoir pour but d'assurer en toiat 
état de cause les droits du fils de Napoléon n 
succéder au trône impérial (1). Depuis la décla- 
ration des souverains alliés, Fouché n'avait cess,* 
de provoquer une abdication de l'empereur i-n 
faveur de cet enfant. L'irritation occasionro^« 
par ces conseils , et qu'augmentaient encore les 
insinuations hostiles de Savary, mirent Fouché 
à deux doigts de sa perte, et il ne dut son salui 
qu'à la nécessité qui entrahia rapidement Na- 
poléon aux frontières (5). 

La journée de Waterloo décida irrévocable - 
ment dn sort de Napoléon. On sait qu'une ab- 
dication définitive suivit de près son retour à 
Paris. Ponché fttt f nn des plus ardents à la pro- 
voquer, tfn gouvernement provisoire, compos;^ 
de cinq membres , ayant été établi le 23 jniii , , 
Fouché y M porté le premier, i»ar le choix de 
tous les partis. La sagesse de ses mesures, 
auxquelles on dut le salut de Paris , justifia cette 
marque de confiance. Des négociations ftirent 
entamées par la commission de gouvernement 
avec les différents chefs des armées coalisas. 
Les plénipotentiaires étaient chargés de propof^i'r 
an choix des puissances étrangères pour futtir- 
souverain du peuple français le fils de Napoléon, 
un prince de Saxe ou le duc d'Orléans. Ces pli-- 
nipotentiaires ne trouvèrent d*accès qu'auprès d 1 1 
duc de Wellington, qui imposa, comme condi- 
tion préliminaire de rigueur, la reconnaissance 
explicite des droits de Louis XVIII. 

Cependant, l'empereur semblait s'obstmer à a** 
pas vouloir quitter la France; il s'était rendu k 
la Malmaison, d'où il envoya demander à la com- 
mission gouvernementale le commandement de 
l'armée. A cette proposition Fouché s'écria : 
« Mais cet homme est donc fou ! » Il décida eniln 

(1) CoatoRer sor les détails de cette intrlune te Mt- 
morial de Saird^Nelène et tes Mémoires de M, de 
Montholon, 

(S) On a troprifflé qu'à cette époque Napoléon dtc à 
Fouché : « Vous été* vendu à renocoai, Je le sais; )e de- 
vrais vous faire fusiller : d'aalres se cbargeroot de cet 
acte de jusUce. Je prouverai que vous ne pesez pas dd 
cheveu dans la balança de ma desUnée. », 



379 



FOUCHÉ 



m 



Napoléon à partir mus la conduite du général 
Becker. On sait trop quel étrange patronage ce 
souverain déchu alla chercher sur les mers. 
Après son départ, il restait encore à yaincre les 
résistances que le parti des indépendants oppo- 
sait au rétablissement des Ik>urbons. Vouloir 
défendre Paris contre les alliés , c'était compro- 
mettre l'existence de cette grande cité. Sur l'avis 
même de Davout, ministre de la guerre, il Ait 
décidé que la ville serait rendue. Aux termes de 
cette capitulation, conclue les juillet 1815, sons 
le nom, moins humiliant, de convention , les 
troupes confédérées ne devaient pénétrer dans 
Paris que trois jours après la signature. Fonchéy 
par qui tout se faisait, employa ces trois jours 
à négocier de tous les côtés ; il parvint à assurer 
le dépai-t et la retraite derrière la Loire de ce 
qui restait encore à Paris de troupes réglées; il 
sut en faire sortir sans désordre les fédérés , 
qui d^abord avaient paru vouloir mettre tout à 
feu et à sang. Au moyen de négociations enta- 
mées avec de Yitrolles et suivies avec Talley- 
rand , le duc d^Otrante fut le 6 juillet admis 
auprès du roi à Amouville. Il sortit de cette 
conférence investi , pour la quatrième fois, des 
fonctions du ministère de la police, et le sur- 
lendemain , 8 juillet, Louis XYin rentra dans 
Paris , précédé de plus de 10,000 hommes de la 
garde nationale, qui étaient allés le recevoir à 
Saint-Denis. 

Fouché fit une faute en rentrant au ministère; 
c'en fut une aussi de la part de Louis XVni 
que de l'y rappeler. Influencé par Talleyrand , 
le roi céda ou crut céder à la nécessité. « On 
criait de toutes parts que sans Fouché il n'y 
avait ni sûreté pour le roi ni salut pour la 
France; que lui seul avait empêché une grande 
bataille; que lui seul avait déjà sauvé Paris, etc.» 
(Chateaubriand, Mélanges politiques. ) L'er- 
reur de Fouché s'explique plus aisément encore 
que celle du roi. L'habitude du pouvoir, qui 
en rend la perte si amère à ceux auxquels il 
est près d'échapper; l'enivrante fascination 
d'un succès qui surpassait tout ce qu'on pouvait 
attendre; de si hautes séductions durent empè- 
> cher le duc d'Otrante de s'apercevoir que, vain- 
queur des bonapartistes et des révolutionnaires 
pour le compte des royalistes, son triomphe 
devait le mettre bientôt au nombre des vaincus. 
11 dut perdre son illusion en voyant repousser 
ses premières propositions. Par elles, il insistait 
encore plus fortement qu^en 1614 sur le main- 
tien de la cocarde et du drapeau aux trois cou- 
leurs, sur le licenciement de la maison militaire 
du roi, etc., etc. De pareils changements ne pou- 
vaient être obtenus en présence des baïonnettes 
étrangères. Le seul rôle que les exigences, 
chaque jour croissantes, du parti vainqueur per- 
missent à Fouché de conserver, fut celui de mo- 
dérateur. Il se plaça donc, autant qu'il put, entre i 
les demandes etUes mesures de proscription. On ! 
provoquait, dit-on, ces dernières contre plus de I 



trois mille personnes : par sefi soins , Tor j&aDce 
du 24 juillet la réduisit à cinquante-septMtts ; mais 
ces noms pour la plupart étaient o<K dlioinmes 
qui l'avaient vu constamment j^nis leurs rangs. 
Cette concession aux plus JMpérieuses circons- 
tances, toute faible qu'ellfi ëtait, fut regardée par 
les proscrits comme éUb trahison, tandis que les 
royalistes en dénonçaient hautement rinsuili- 
sance comme un signe de complicité a?ec les 
vaincus. Ainsi, désavoué par ceux qu'il essayait 
de défendre , attaqué sans relâche par ceux dont 
il avait facilité le succès, Fouché ne tarda pas à 
reconnaître que la place n'était plus tenable. 

Il aima mieux du moins aller au-devant de 
sa disgrâce que de la subir en silence. Dans deux 
Rapports adressés au roi en son ConseU, et 
dans des Notes transmises aux ministres des 
puissances alliées sur la situation de la 
France et des Bourbons , il osa signaler la 
fausse direction et le danger imminent de la 
marche imprimée aux affaires. La date de ces 
écrits , espèce de testament politique où se ré- 
vélaient tontes les menaces de l'avenir, est du 
commencement de septembre 1815. Us remoè- 
rent tons les esprits , exaltèrent toutes les pas- 
sions. Un cri de réprobation répondit à ce cri 
d'alarme. La chambre de 1815, dite introuvable, 
alait se réunir. Fouché y avait été porté parla 
triple élection des départements de la Seine, de 
Seine-et-Marne et de la Corrèze; nuus le soulè- 
vement d'opinion excité contre lui l'oUigea à 
donner sa démission avant l'ouvertore de la 
session , et le 19 septembre il remit le porte- 
feuille de la police. Un mois avant cette dernière 
disgrâce, le roi avait signé son contrat de ma- 
riage avec M"** de Castellane, d'nne des premières 
maisons de Provence. Nommé à l'ambassade de 
Dresde le jour même où il quitta le ministère, 
Fouché s'y rendit sur-le-champ , mais il ne resta 
que trois mois en fonctions. La loi du 12 janvier 
1816 vint le dépouiller du caractère d'ambas- 
sadeur et le frapper en même temps de bannis- 
sement comme lî^dde relaps. De Dresde, Foa- 
ché se retira à Prague, où il vécut pendant 
deux ans presque exclusivement occupé de la 
composition de divers écrits politiques et apo- 
logétiques, répandus avec profusion dans tonte 
l'Europe. Naturalisé sujet autrichien en 1818, 
il obtint la permission de se rendre à Lintz et 
de là à Trieste, où , affaibli par le travail, 
épuisé par les accidents de la vie la plus agitée, 
il tomba dans un état de dépérissement qui le 
conduisit au tombeau, le 25 décembre 1820. 
« Maintenant, dit-il à sa femme, vous pourrez 
retourner en France. » Ce furent là ses dernières 
paroles. Il mourut à cinquante-sept ans et demi, 
laissant à deux fils, issus de son premier ma- 
riage, une fortune évaluée à près de 14 millions. 

Fouché est un des hommes dont l'apprédâ- 
tion offre le plus de difficultés, parce que ce 
fut l'homme des contrastes , parce que son exis- 
tence fut en quelque sorte multiple. Or, dans 



FOUCHÉ — FOUCHERÎ 



282 



i varié, cette existence toucha à tant de 
^y^^^^js et à tant d'intérêts subsistant ai^our- 
*^l dans toute leur force , que pour Fouché 
ftieure de la postérité n'est pas encore venue. 
La première partie de sa vie politique ne peut 
être convenablement appréciée que par un seul 
mot : elle fut odieuse. Que Terreur, la peur ou 
Tentralnement aient été les mobiles de sa con- 
duite révolutionnaire, elle n'en reste pas moins 
inexcusable. Sa carrière administrative nous pa- 
rait digne d'une tout autre appréciation. Un 
savoir-faire porté au plus haut degré, une saga- 
cité presque infaillible dans les aperçus», une 
habileté soutenue dans l'exécution, voilà ce qui 
nous parait caractériser la partie intelligente de 
la vie ministérielle de Fouché. II eut le talent de 
répandre et de faire accroire que partout où 
trois on quatre personnes se réunissaient il 
avait à son service des yeux et des oreilles. L'un 
des moyens qui lui réussirent le mieux fut une 
extrême loyauté dans ses engagements : il n'a- 
bandonnait jamais ceux à qui il avait promis son 
appui. Quant à sa foi politique, objet de tant 
d'attaques, qui ont été jusqu'à le présenter 
comme l'homme de parjure et de trahison par 
excellence , nous oserons dire que s'il servit 
successivement plusieurs gouvernements, il ne 
suit pas de là qu'il ait trahi l'un au profit de 
l'autre. H est établi au contraire qu'il donna 
constamment à Napoléon les conseils qui auraient 
pu prévenir sa perte ; il agit de même à l'égard 
de la Restauration. Nous croyons en effet que 
l'intérêt personnel fut toujours le mobile réel de 
sa conduite; mais nous ne voyons nulle part 
qu'en abandonnant des causes perdues sans lui, 
et en dépit de lui , il ait jamais sacrifié à cet in- 
térêt individuel l'intérêt de l'État. Les auteurs 
pseudonymes de V Histoire de la Révolution 
française, par Vabbé de Montgaillard, détrac- 
teurs virulents de Fouché, ont affirmé qu'il avait 
le ridicule de se comparer au cardinal de Riche- 
lieu : ses prétentions nous eussent paru mieux 
fondées s'il se fût comparé à Mazarin. Napo- 
léon, qui aimait d'autant moins Talleyrand et 
Foaché qu'il pouvait moins se passer d'eux,, 
s'exprimait, dit-on, ainsi à leur égard : <c Fouché 
est le Talleyrand des clubs , et Talleyrand le 
Fouché des salons. » Il parait certam que ces 
deax hommes, unis par tant d'intérêts, s'étaient 
pendant les Cent-Jours liés par une espèce 
d'acte d'assurance mutuelle. Le prince de 6é- 
Dévent garantissait au duc d'Otrante le main- 
tien de sa situation auprès de Louis XYm, et il 
en recevait la même garantie auprès de Napo- 
léon. Cette clause fut observée par Talleyrand , 
puisque son associé rentra en même temps que 
loi au ministère; on sait, au reste, que deux 
mois après ils en sortirent ensemble pour la der- 
nière fois. 

Comme homme privé , Fouché a droit à de 
justes éloges; il eut surtout les qualités de l'ami 
et du père de famille. Ajoutons encore qu'il 



sauva plus d'une existence, adoucit beaucoup 
de rigueurs et soulagea beaucoup de misères. 
Enfin, à beaucoup d'égai-ds, la seconde moitié 
de sa vie rachète la première, et [)armi Ses dé- 
tracteurs acharnés il aurait pu reconnaître plus 
d'un ingrat. 

Foudié n'était pas orateur ; mais s'il ne pou- 
vait aspirer aux succès de la tribune, en revanche 
il avait tout ce qui peut faire briller dans la con- 
versation , et personne n'eut plus que lui l'esprit 
d*à-propos et de repartie. Il n'est resté de lui 
aucune oeuvre littéraire. Le petit nombre d'écrits 
publiés sous son nom ont tous trait à la poli- 
tique. Les plus remarquables sont ses deux Rap- 
ports au roi , ses Notes aux ministres étran^ 
gers ( 1815), et ssl Lettre au duc de Wellington 
(1817). Gomme écrivain, Fouché se recom- 
mande plus par la justesse des aperçus et la 
force de la pensée que par l'éclat du style. At- 
taqué dans un grand nombre d'écrits, il a été 
défendu dans quelques-uns. On en trouve une 
liste détaillée à la fin de la notice que M. Ma- 
hul a consacrée à Fouché. 

L'ouvrage publié sous le titre de Mémoires de 
Fouché, duc d^Otrante, Paris, 1824,2 vol. 
in-S*", a été juridiquement déclaré pseudonyme. 
On sait en effet que la rédaction appartient à Al- 
phonse de Beauchamp ; mais il est très-permis 
de croire que cet auteur a travaillé sur des do- 
cuments authentiques et sur des notes auto- 
graphes. [P.-À. Vieillard, dans l'j^nc^c. des 
G. du M. ] 

Galerie historiqtÊe dé» Contemporains; Bruxelles, 
1817-1880. — Mémorial de Sainte-Hélène. ~Mahal,^n- 
nuaire nécrologigiien année 18S0. ~ Sept Tnois de la vie 
de Fouché de liantes (1798-179*); Paris, I8l6,ln-i«. — 
Fie de Fouché depuis son entrée à la Convention jus- 
qtfà sa morti Parla, 1881, ta-ll. — Mémoires de la 
vie publique de M. Fouché, due dfOtrante ; Parla . 1819 , 
m-S*. - Rabbc, BolsJoUn, etCj Biographie univ. et 
port, des Contemporains, ' 

^FOUGHBR DR CHARTRES, FULCHERIUS 

Carnotensis , historien français , né à Chartres, 
en 1059, mort à Jérusalem, en 1127. Il était prê- 
tre, et habitait sa ville natale, lorsqu'en 1096 il 
partit pour la première expédition des Français en 
Palestine , avec Etienne , comte de Blois et de 
Chartres, et Robert, duc de Normandie. Attaché 
à Baudouin en qualité de chapelain , il le suivit 
dans toutes ses expéditions, et résida ensuite 
habituellement à Jérusalem, où il mourut. Son 
Histoire de Jérusalem s'étend jusqu'à l'année 
même de sa mort. Cet ouvrage comprend la plus 
grande partie des événements de la croisade de- 
puis le concile de Clermont, tenu en 1095. Il est 
d'autant plus important, que l'auteur n'y rapporte 
que ce qu'il a.vu lui-même ou ce qu'il a appris de 
témoins oculaires. Si notre historien est le même 
(ce qui parait assez certain) qu'un Foucher de 
Chartres dont parle Gilon de Paris dans son 
poëme, il aurait pris une part glorieuse aux évé- 
nements qu'il a racontés, et il aurait manié l'épée 
aussi bien que la plume. Le poëte en efTet nous 
le représente comme un guerrier intrépide , qui 



n 



11' 



r 






1. *^- ■^p j 



I.J-1|!)1 fi 
t.' 



,-» 






'.!! 






283 



FOUCHER 



au siège d'Antioche exhorte les autres par ses 
paroles et ses exemples » escalade les murs , 
égorge les sentinelles, et entre victorieux dans 
la ville. 

Kulcb6fliM Ule, 

Natus Carnoti, proceres praecedere mille 

Non ttmet, invictae properans ad roœnia vUlx, etc. 

On a deux éditions de l'histoire de Foucber» 
La première a été publiée par Bongars, dans son 
Recueil des Historiens de la Croisades la se- 
conde, plus ample et plus correcte, par Duchesnf , 
dans le 4* volume des Historiens de France* 
Une troisième édition, revue sur les manuscrits, 
a paru dans la collection des Historiens d9$ 
Croisades, publiée par l'Académie des Inscrip- 
tions et Belles-lettres. 

Le Bas, Dict, encyel. de la France, — IJisi. litt. 4» te 
France, t. XI. 

* FOUCHER {Jean), missionnaire français^ 
mort à Mexico, en 1572. Probablement origi- 
naire de Paris, il entra ensuite dans un couvent 
<]e dominicains, et il fut envoyé dès l'origine au 
Mexique. Il y vint pour ainsi dire avec les con- 
quérants que conduisait Cortez : ses vastes con- 
naissances en théologie et en droit le rendirent 
d'une telle utilité aux premiers Européens qui 
s'établirent à Mexico , qu'après sa mort nul n« 
se trouva en état de le remplacer. 11 avait appris 
en peu de temps la langue aztèque, et il avait 
même composé un Arte de la lengua Mexi' 
cantty qui a été perdu; il prêchait dans cette 
langue, et mourut après avoir résidé prèi dit 
quarante ans dans le Nouveau Monde. Il avait 
écrit en latin nombre d'ouvrages, qui ont disparu 
avec le temps, mais qui pourraient être retron* 
vés dans quelques bibliothèques du Mexique. 
Tels sont les traités suivants : De £lectiomhu9 
per scrutinium eêlëbrandis conformiter ad 
concilium Tridentinum ; — ixpositiones 
diversorum IHplomatum pro fratribus In- 
diarum in Evangelici Ministerii favorem^ 

— Antidotus Jnfirmorum, hoc est quomodo 
absolvendi injirmi loquelx privati; — De 
Judice ecclesiastico ; — Manuale Praelato^ 
rum; — De Cognitionis spiritualis tertia 
spe4)%e; —De Justa Delinquentium Punitionef 

— De Immunitate Ecclesiarum Itinerarivm 
catholicum* Ferd. DEifis. 

Torquemada , Monarquto Itkiiana, t. III« p. m. 
FOUCHER (Simon), philosophe français » né 
à Dijon, le V mars 1644, mort à Paris, le 
27 avril 1696. Il entra dans les ordres, et devint 
chanome honoraire de la Sainte-Chapelle de Di- 
jon. Il garda cette place k peine deux ou trois 
ans. L'amour de l'étude le conduisit à Paris, où 
il ne tarda pas à acquérir l'estime et l'amitié 
d'un grand nombre de savants. Il se fit recevoir 
bachelier à la faculté de théologie. Une tr^ 
grande ardeur au travail abrégea ses jours. Par- 
tisan zélé de la philosophie des académiciens, la 
re^rdant comme la plus conforme à la raisoa 
et à la foi, il avait entrepris de la faire revivre. 



Baillet l'appelle « le restaurateur < 
phie académicienne ». Le même 
que Foucher, à la prière de Rc 
chargé de l'oraison funèbre de D 
nage faisait le plus grand éloge de 
Foucher ; il le regardait,lui et Huet, 
les plus verséft qu'il y eût dans 
différentes sectes des philosophe 
était en correspondance avec Leil 
lui : PoëvM sur la tnort d'Anm 
Paris, 1666, i]i-4°} — Nouvelle 
gromètres ; Paris, 1672, in- 12 ; — 
sur la recherche de la và^té^ m 
losophie des académiciens , oit l 
préjugés des dogmatistes , tant 
nouveaux; avec un examen pc 
sentiments de Descartes; Par 
(probablement en 1673), in-i2 ;- 
la Recherche de la Vérité, oé 
en même temps une partie des 
M. Descartes, Lettre par un 
anonyme; Paris, 1675^ m-ia; 
pour la Critique à la préface o 
lume de la Recherche de la Vérité 
in-12; — De la Sagesse des am 
fait voir que les principales 
leur morale ne sont pas contre 
tianisme; Paris, lô82,in-ia; — 
Critique de la Critique de la Rd 
Vérité sur la philosophie des a 
Paris, 1686, in-12 ; 4-* Traité des . 
ou machines pour mesurer la i 
V humidité de Voir; Paris, 16 
Dissertation sur la Recherche t 
oit Von fait voir que leur mani 
sopher est plus utile pour la re 
conforme au bon sens; Paris, u 
lettre sur la Morale de Coi{f 
sophede la CAtne; Paris, 1688, i 
sertatîon sur la Recherche de ( 
sur la phiiosophie des académie 
contenant Ihistoire de ces 
Paris , 1690, ln-12) «^ Lettre à 
surlaquestivn ei Carnéade a éi 
rain d'Épicure ; dans le Journal 
de 1691 ; -^ Dissertation sur la 
des académiciens, livre lU ; Paris 
— Extrait d'une lettre à M, de 
les académiciens; dans le Jewr 
vants, 1693; — Dissertation nur 
de la Vérité, contenant Vhistoiri 
cipes de la philosophie des a 
Paris, 1693, in-12; — Réponse 
(Simon Foucher) à M. de_ L. B. 
dans le Journal des Savants de 1 
logue entre Empiriastre et PhiU 
sans date et sans nom de lieu. 
e«pUk)R, Bibl, éet Auteur» de Bourgt 
FOUCHER (Paul), érudit fr 
Tours, en 1704, et mort à Paris, 
père, marchand de soieries, lui fit 
des chez les jésuites de Tours. Fc 



2S3 



FOUCHER 



286 



alors de goftt que pour la poésie, et la Batra* 
chomyomachie, attribuée à Homère, lui inspira 
un poème du même genre , où il mettait aux 
prises les chats et les rats. II entra ensuite chez 
les oratorienSf suivit plus tard les cours de théo- 
logie de la Sorbonne, et s'appliqua avec ardeur 
à Fétude des langues anciennes. Son père ayant 
fait de mauvaises affaires, Foucher accepta les 
foDctioas de précepteur des enfants du comte de 
Chateliii, et ne quitta cette maison que pour 
faire l'éducation des eufants de la duchesse de La 
Tremoille. 11 devint en 1753 membre de TAca- 
déraie des Inscriptions et Belles-lettres, à laquelle 
il fournit des travaux considérables. Celui de 
ses ouvrages qui obtint le plus de succès Ait son 
Traité historique de la Meligion des Perses^ 
fonnant quatorze mémoires insérés dans les to- 
mes XXV, XXVU, XXIX, XXXI et XXXIX de 
son Académie, t/k dont J.«F. Kleuker fit une tra- 
daction allemande; Riga, 1781-1783, 2 vol. in-4**. 
Lorsque Foucher rédigea ces nombreux mé- 
moires, Anquetil du Perron n'avait pas encore 
pnMié sa traduction du Zend Avesta , de sorte 
que les longues et pénibles recherches de Fau- 
teur ont perdu une grande partie de leur impor- 
tance. Après l'apparition du code sacré des Par- 
sis, Foucher ajouta à ses travaux précédents un 
supplément^ dans lequel il rétracta plusieurs de 
ses opinions , mais sans se trouver encore à la 
hauteur de son sujet, subitement transformé. En 
traitant cette grande question de la religion des 
anciens Perses, il s'était proposé surtout de 
comlïattre les opinions de Th. Hyde, qui regar- 
dait les Perses comme ayant conservé la religion 
naturelle et le culte du vrai Dieu. Foucher publia 
ensuite des Recherches sur V origine et la na- 
ture de la Religion des Grecs, série de neuf 
mémoires insérés dans les tomes XXXIV, XXXV, 
XXXVI , XXXVIII et XXXIX des Mémoires de 
l'Académie des Inscriptions. Mais ce second 
OttYrage est encore bien Inférieur au premier. 
L'auteur en effet part d'un principe radicalement 
faux, lorsqu'on y veut plier, comme H l'a fait, 
tous les détails des religions anciennes. Il ne voit 
dans le panthéon grec et romain que des hommes 
diTinisés, et découvre dans tous ces mythes un 
fond historique. Il applique le môme système 
à la religion des Égyptiens et à celles des Phé- 
niciens, des Indiens, des Celtes, des indigènes 
de l'Amérique. On a aussi de Foucher une GéO' 
n'^lrie métaphysique, ou essai d'analyse sur 
démêlements de l'étendue bornée ; 1758, in-8'». 
Cet ouvrage donna lieu à des discussions assez 
Vives, parce que l'auteur y combat un certain 
nombre de propositions adoptées par tous les ! 
feéûiûètres ; mais il partait en géométrie, comme 
^n mythologie, d'un faux principe, car il admet* 
tait que le calcul infinitésimal suppose nécessai- 
rement l'existence d'éléments physiques infini- 
"ï^eut petits. II finit d'ailleurs par reconnaître 
lui-même son erreur. H a aussi laissé en manus- 
crit différents ouvrages de peu de valeur, si Fon 



en excepte son Histoire de la McAsqin de La 
Tremoille , composée d'après des documents 
inconnus auxhi storiens. Ce travail, dont il avait 
lu plusieurs parties à FAcadémie, allait être im- 
primé lorsque Foucher fut frappé tout à coup 
par une attaque d'apoplexie. 

Al. Bonne AU. 

Éloge de Pabbë Foucher, par Dupuy, dans le t. XLII 
des Mémoires de l'Académie dit iMcripUont. 

FOUCHER D'OBSON VILLE, etnOD d'OpjOn- 

ville , voyageur et naturaliste français , né à 
Montargis, en 1734, mort près de Château* 
Thierry, le 14 janvier 1802. Il était fils du lieu- 
tenant général du bailliage de Montargis. Vers 
1753,11 fut séduit par Fespoir de trouver la for- 
tune loin de sa patrie, et s'embarqua pour les 
Indes orientales. Son voyage ne fut pas direct : 
descendu à Smyrne , il gagna Alep par la voie 
de terre. )1 prit passage dans une caravane qui 
se rendait à Bassorah ; mais après quelques jours 
de marche il fut atteint d'une espèce de char- 
bon pestilentiel, nommé mal d'Alep. Resté 
en arrière avec un fakir ( sorte de religieux ma- 
hométan), celui-ci lui prit ses bagages, le dé- 
pouilla de ses vêtements, et l'abandonna au mi- 
lieu du désert. 11 fut assez heureux pour être 
rencontré par des Arabes qui eurent pitié de lui, 
et le traînèrent jusqu'à leur douar. Son corps, 
brûlé par le soleil, était couvert d'ulcères; ce- 
pendant, sans autre secours qpe de rares ablu- 
tions, il guérit et put se faire reconduire jusqu'à 
Alep. Deux mois après , il se remit en route, 
atteignit Bagdad, descendit le Tigre, le Chat-el- 
Arab, et, s'embarquant sur le golfe Persique, at- 
teignit la côte de l'Inde orientale. Il y fut chargé 
de plusieurs missions importantes , soit comme 
militaire, soit comme négociateur auprès des 
chefs du pays , soit comme coloal, ou juge de 
paix de Pondichéry. Il put ainsi étudier les an- 
tiquités, les mœurs, la religion et la politique 
des Indiens. Après la paix de 1768, il suivit Law 
de Lauriston, qui s'était retiré vers Patna avec 
la garnison et la meilleure partie des habitants de 
phandemagor. Dans cette circonstance fâcheuse, 
Foucher rendit encore de grands services à ses 
concitoyens, et ne se décida à revenir en France 
qu'en 1771. Il naviguait sur le golfe Persique, 
lorsqu'il fut assailli par une violente tempête : 
llndolence fataliste de son équipage lui fit courir 
les plus grands dangers. Accroupis les bras croi- 
sés et gardant un morne silence, les m^kf- 
lots se confiaient entièrement à la Providence 
pour sauver le navire. On fut assez^lieureux 
pour échouer près d'Ormuz, et Fouclyw exécuta 
son retour par la voie qu'il avait paicourue lors 
de son arrivée. De retour en France, il s'occupa 
de la rédaction de ses Mémoires, qu'il ne par- 
vint pourtant pas à terminer. Lors de la révo- 
lution, il se montra partisan des idées libérales, 
et écrivit plusieurs brochures sur les questions 
du moment. Cependant, il ne rempHt aticune fonc- 
tion publique. On ade jui : Essais philosophi- 



387 



FOUCHER 



gués sur les mœurs de divers àhtfnaux, avec 
des Observations relatives aux principes et 
usages de plusieurs peuples , ou extraits 
des voyages de M. D. en Asie; Paris, 1783, 
m-9^ et in-12. Cet ouTrage fut publié à la solli- 
citation de BufTon. L'auteur y traite de particu- 
larités inconnues jusque alors : il nomme et dé- 
crit les animaux dont les divers peuples orien- 
taux font leur nourriture. Il donne de curieux 
renseignements sur les crocodiles, les caméléons, 
les serpents , les sauterelles, etc. ; il raconte les 
nombreuses manières de chasser les animaux 
féroces; explique les causes de la vénération 
des Indous pour certaines bêtes, etc. ; — Sup- 
plément au Voyage de M, Sonnerai, par un 
ancien marin; Amsterdam et Paris, 1785, in-8**; 

— Lettre d'un Voyageur à M, le baron 
de L*** sur la guerre des Turcs ;^ Paris, 

1788, in-8° ; — Le Bagavadam, ou doctrine 
divine (des Indiens) sur V Être suprême^ les 
dieux, les géants et les hommes ;Vm&, 1788, 
in-8*. C'est la traduction d'un des Védas, 
livres sacrés que les Indous croient avoir été 
tracés par Yy&sa, fils de Brahma et fondateur 
de l'école Védanta. Le système de cette école 
consiste à faire dériver toutes choses de IMeu. 
L'une de ses branches va même jusqu'à nier la 
matérialité ; — Le Français philanthrope, ou 
considérations patriotiques relatives à une 
ancienne et nouvelle aristocratie; Paris, 

1789, in-8®; — Éveil du Patriotisme sur la 
Révolution, par un citoyen de Paris; 1791, 
in-S". Alfred de Lacaze. 

Arnaiilt, Jay. etc.. Biographie nouveOe des Contemp, 

— Quérard, La France littéraire. — Rabbe , etc. , Bio- 
graphie univenelle des Contemporains. 

FOUCHER DE GA.REIL (Louis- François, 
comte de), général français, né à Guérande, 
le 11 décembre 1762, mort le 22 août 1835. II 
était fils de Louis-François de Foucher, conseil- 
ler au parlement de Bretagne. Nommé aspirant 
dans l'arme de l'artillerie le l'*^ septembre 1781, 
il fut envoyé à l'armée du Rhin. Capitaine, il sauva 
l'armée de Custine par la défense du pont de la 
Niddaprès Francfort. Nommé chef d'escadron 
pour cette action d'éclat, après le siège de Mayen- 
ce, il servit à l'armée de Sambre et Meuse, prit 
part sous Hoche au passage du Rhin, où il enleva 
les batteries derennemi. A Hohenlinden, il fut re- 
marqué du général en chef, ce qui lui valut les épau- 
lettes de général de brigade. Le 8 mars 1807 il fut 
nommé général de division. Envoyé en Portugal, 
où il servit sous Junot, il en fut rappelé en 1809 
pour faire le siège de Saragosse. n y tint la rive 
gauche de TÈbre, et, secondé par le colonel du 
génie Dode de La Brunerie, il y put élever dix 
batteries, et faire avec ses cinquante bouches à 
feu quatre brèches dans les murs du faubourg 
de l'Arabal. En 1810, le siège et la prise d'As- 
torga, qu'il conduisit seul et presque sans res- 
sources, lui valut de Junot ces paroles insérées 
dans son rapport à Berthier : <( L'artillerie, dirigée 



.288 



par le général de division de Foacher, a servi 
avec beaucoup de distinction, el, malgré le pea 
de moyens qu'avait cet officier général, il a ob- 
tenu des résultats qu'on avait peine à espérer... 
Je prie votre altesse de mettre sous les yeux de 
samtjesté la conduite du général de Foucher. > 
Rappelé à la grande armée du nord en 181 1 , il y 
prit le commandement de l'artillerie du maré- 
chal Ney. A la Moskowa, où il eut deux chevaux 
tués sous lui, l'empereur lui confia soixante 
nouvelles pièces à pointer contre Tennemi, et le 
dta dans le bulletin de cette victoire. Il fat 
pourvu par décret impérial (17 mars 1808) d'un 
majorât en Westphalie, avec le titre de baron de 
l'empire. Son nom figure sur l'arc de triompiie 
de l'Etoile. A. F. db C. 

BuUetins de la grande armée. — Baron Pain, Manus- 
crit de 181t. — ViOoires et Conquêtes. - Mattbiea Bel- 
mas , Journal des Sièges dans la iMnifuute. — BabH et 
Salnt-Sauvear» Archives de PHonneur. — Le colonel 
Dn Mirât. Oraison funèbre, — Renseignementsl parti- 
culiers. 

l FOCGHEB ( Victor-Adrien ), magistrat fran- 
çais, né à Paris, le 1*' juin 1803, d'une ancienne 
famille de l'Anjou. Après avoir étudié le droit 
dans sa ville natale , il entra en 1823 dans la 
magistrature comme substitut du procureur du 
roi à Alençon, et fut successivemait procureur 
du roi à Argentan , avocat général à la cour 
royale de Rennes, maître des requêtes en service 
extraordinaire et directeur général des afTaires 
civiles en Algérie. Nommé en 1847 conseiller 1 
à la cour royale de Paris, il devint en 1849 pro- 
cureur de la république près le tribanal de la 
Seine, et l'année suivante conseiller à la cour 
de cassation. Il est en outre conseiller à la haute | 
cour de justice, membre du conseil de la Lé- 
gion d'Honneur, du conseil municipal de Paris, 
et commandeur de la Légion d'Honneur depuis le 1 
21 février 1850. | 

Voici en quels termes le maréchal Bugeaud 
parle de M. Foucher, dans un rapport fait sur 
la situation de l'Algérie en 1847. « Je dois dire | 
que M. Foucher est un homme essentiel pour I 
l'Afrique ; il a une ardeur, une activité, un zèlo 
que l'on trouve bien rarement dans les func- 
tionnaires civils; il sait se dépouiller des préji:- 1 
gés de robe pour suivre ce qui est utile et vrai. » I 
Voici également le jugement qu'en porte M. le 
maréclial de Saint-Arnaud, dans ses spirituelles 
lettres (t. U, p. 140). « Je rentre à Orléans- 1 
ville , pour y recevoir le directeur général, ' 
M. Victor Foucher, le second personnage de l'Al- 
gérie, et qui comprend très-bien fAfrique. » | 

Les services rendus par ce magistrat à la cause 
de l'ordre pendant les mauvais jours de dos ' 
derniers troubles civils ont été souvent signalés ' 
par ses journaux de l'époque. Désigné par la | 
cour de Paris (le 26 février 1848), pour diriger 
l'instruction contre les incendiaires qui s'atta- 
quaient aux châteaux royaux et aux chemiDS 
de fer, il se porta de sa personne sur les lieux i 
théâtre de ces épouvantable sinistres, et ce fut ^ 



FOUCHER 

à force ouverte qu'il put s'emparer des 
îs et arrêter les progrès des iuceudies. 
les journécsde j«in 1848, nommé prési- 
a œramission des transportés, il se ren- 
«sivement 4ans les rades de Brest, de 
'g,deLorient,où se.trouvaient détenus 
K)ntons plusieurs milliers de ces mal- 
dans un état d'exaspération difficile à 
pour accomplir une mission que des 

de toutes natures rendaient aussi déli- 
périlleuse. Nommé en novembre 1849 
5taire d'État du ministère de l'intérieur 
) la sûreté générale, il déclina les bon' 
cette hante position, pensant que ses 
seraient plus utiles dans les fonctions 
1 parquet du département de la Seine, 
phssait alors. Comme membre du con- 
ipal et général, ses rapports, imprimés 

du conseil, sur plusieurs des grands 
e la ville de Paris et surtout sur les 

SI importantes des subsistances rég- 
ime des documents précieux à con- 



SM 



à M. Foucher de nombreux travaux, 
uels on distingue : De V Administra- 
justice mUitaire en France et en 
b; Paris, 1825, in-8<>; _ Acte du 
d'Angleterre, du 22 Juin 1825, 
et réunissant en une seule loi tous 
s relatifs au jury, traduit sur le 
5l ; Paris, 1827, in.8''; — Du Pouvoir 
IX cours et tribunaux de connaître 
e-rendu de leurs séances; Paris, 
; -^ De la Législation en matière 
ation des lois en France; Paris, 
2*'édtt., ibid., 1835, in-8*»; — Com- 
les lois, des 25 maietii avril 1838, 
ux justices de paix et aux tribu- 
yremière instance; Paris, 1839, 
►ucher est le directeur de la Collée- 
ts civiles et criminelles des États 
dont dix volumes ont paru, savoir : 
l général de Pempire d'Autriche; 
, in-s» ; — Code Criminel de Vem- 
isil; Paris, 1834 , in-8o ; — Lois de 
re criminelle et Lois Pénales du 
'S DeuX'Siciles; Paris, 1836, in-8°; 
il de r empire d'Autriche; Paris, 
; — Code de Procédure civile du 
enève; Paris, 1837, in-8» ; — Code 
ce et de Procédure commerciale 
d'Espagne; Paris, 1838, in-8°; — 
imerce du royaume de Hollande ; 
in-8°; — Code Civil de l'empire 
>aris, 1841, in-8° ; — Codefiivil du 
Sardaigne; Paris, 1844, 2 vol. in-8». 
ï mis au jour comme éditeur les 
royaume de Jérusalem, textes 
talien, conférées entre elles ainsi 
lois des Francs, les Établisse- 
int Louis et le droit romain, etc. ; 
ît ann. suiv., 5 livraisons in-8° ; il 

BIOGR. GÉNÉA. — T. XYID. 



reste à vnhherV Assise des barons, HestayU ur 
d une brochure intitulée : ZeSi.^^^ 
et la lot du 31 mai 1850; Paris, 1850, m-9.' 
qui eut alors dans le monde poUtique un i Hen! 
bssement d'autant plus grandqu'on la con.yérait 
coLime lécho de la pensée d'un haut person- 
nage Ou attribue à ce n^striiUMadeZ.selie 

1841, m-so, tiré àcmquanteexemplaires. Gomme 

réd^é un Rapport sur l'organisation de la 
justice musulmane en Algérie, qui a été pu- 

,W ^a^r^'^ ^' ? ,^'^^' '**'^' imprirnori. 
7iL\ ^ V Y^''}- " "^^"^ ^^ ^^rmo^v, sous le 
titi-e de Code impérial de Justice militaire pour 
t armée de terre, un important 'projet, dont 
lunpression a été ordonnée par l'empert'ur «t 
qui est en ce moment soumis à l'examen d nn^. 
commission spéciale, dont l'auteur 'fait partie 
IJifin, M. Foucher a fourni des articles à di- 
vers journaux ou revues, notamment à la Ga* 
zetje des Tribunaux, à la Revue française à 
h Revue de Législation et de Jurisprudence 'et 
à la Revue étrangère et française de LégUia^ 
tton, de Jurisprudence et d'Économie poU- 
^"9^- E. Rbgnard 

Journal des Déàais.-Le Constitutionnel. - Le Moni- 
te^ universel . 1848; et 1849. - Jtyumal de la Litrul 
rie. - DœumeiUt particuliers. 

;POCCHEa(/o«cpA-Désir^), général fran- 
çais, né à Quélaines (Maine), le 17 avril 
1786. A l'âge de dix-huit ans il entra au 8ervi<^, 
dans les vélites grenadiers de la garde impériale, 
et fit les guerres d'Autriche, de Prusse et de 
Pologne de 1805 à 1807, ceU^ d'Espagne dp 
1«08 et celle d'Allemagne de t«09. I>evenu ca- 
pitaine, il se signala à l'armée cl 'Espagne enl 8 1 o 
et 1811, et prit une part glorieuse aux cairi- 
pagnes de Russie et de Saxe de 1812 et 1813, 
ainsi qu'aux guerres de 1814 et 1815 en Fram^^ 
et en Belgique. En 1819 il passa avec le gra-le 
de chef de bataillon dans la légion départemen- 
tale de l'Orne (devenue 31*de ligne), et se fit re- 
marquer pendant la campagne d'Espagne de 1 82 3 » 
Le 20 novembre de cette année, le roi Louis X>1 ïl 
le nomma lieutenant-colonel du 11* léger. De- 
venu colonel du 46* de ligne le 27 décembre 
1829, M. Foucher donna à ce corps une exaU 
lente direction, qui le fit remarquer par sa boniii^ 
administration et sa belle tenue. Le 18 avril 
1834 il reçut la croix de commandeur de U 
Légion d'Honneur, et le 31 décembre 1835 le bre> 
vet de maréchal de camp. L'année suivante il 
obtint le commandement d'une brigade d'infan- 
terie à Lyon, qu'il conserva jusqu'en 1838, épo, 
que à laquelle il prit celui des départements du 
Rhône et de l'Ain. Il occupait encore ce poate 
important à la fin de 1843, lorsqu'une décision 
ministérielle l'attacha au département de Vau- 
cluse. Appelé en 1845 au commandement d'une 
brigade d'infanterie à Paris, il fût nommé lic^n- 
tenant général le 22 avril 1846, et reçut en méime 

10 



391 



FOUCHER — FOU-HI 



temps le commandement de la 3^ division mili- 
taire (Metz). Après la révolution de Février," 
il obtint successivement le commandement des 
1" et r divisions (Paris et Lille). En 1850 il 
cessa d*étre employé activement, fut admis à la 
retraite Tannée suivante et placé dans le cadre 
de réserve. Un décret de l'empereur du 31 dé- 
cembre 1852 lui conféra la dignité de sénateur. 
Le général Foucher est grand-officier de la Lé- 
gion d'Honneur depuis le 2 décembre 1851. 

SlGARD. 
jinnuairet miiUaires. — Documents particuliers. 

FOUGHiftB ( Bertrand ) , peintre hollandais, 
né à Berg-op-Zoom, le 10 février 1609, mort dans 
la même ville, en 1674. Placé par son père ches 
Antoine Yan Dyck, il devint «sa peu de temps 
très-habile portraitiste. H alla ensuite se perfec- 
tionner à Rome, et s'attacha de préférence aux 
ouvrages du Tintoret. De retour dans sa patrie , 
s'apercevant que la manière de ce peintre ne 
plaisait pas aux amateurs, il l'abandonna pour 
celle de Branwer. Il exécuta en ce genre des ta- 
bleaux encore estimés aujourd'hui. 
Descamps. F^ies des Peintres hollandais, 1 1^^. 

FOIJGHT ( Grand-Jean de ). Voy&i Grand- 
Jeâh (Jean-Paul). 

*VQVCQVÛ ( Michel) , poète français , né à 
Sainte-Cécile-sur-Loir,dan8 les premières années 
du seizième siècle , mort sous le règne de Char- 
les IX. La Croix du Maine lui donne le nom de 
Fougue, et Du Yerdier ceux de Phoque et 
de Fourgue. U était vicaire perpétuel de Saint- 
Martin de Tours. OnsLÔeM : La Vie, Faitz , 
Passion, Mort , Résurrection et Ascension de 
Notre 'Seigneur Jésus-Christ; Paris, 1574, 
in-8**. C'est un poëme en vers de dix syllabes sur 
le texte des Évangiles. Plusieurs paraphrases de 
saint Jean Chrysostome,deLactance,e(c., etc., 
publiées à Tours en 1550, suivant Du Yerdier, 
sont l'ouvrage de Michel Foucqué. La Croix du 
Maine lui attribue euoore d'autres traductions 
poétiques du même genre. Elles sont restées 
inédites, et pour la plupart elles ont disparu. 
Nous pouvons cependant désigner parmi les ma- 
nuscrits de La Yallière que possède aiiyour- 
d'hui la Bibliothèque impériale, sous le numéro 
159 ; Les Cantigues de Salomon translatez, en 
rime française, par Michel Phoque, marti- 
nopolitain, poëme dédié à Catherine, duchesse 
de Bretagne. B. Hàuréau. 

La Crotx du Maioe et Du Verdler, Bibliothèques. — 
B. Haaréau , Bist. tittér. du Maine, t. III. 

FOfJCQfJRT. Voyez YovqvET {Nicolas). 

FOVGERET DB MONBROIff. Voy. MONBRON. 

FOUGEROLLES {Françots de), médecin 
français, né dans le Bourbonnais, vers 1560, 
mort vers 1620. H étudia la médecine à Mont- 
pellier, et s'y fit recevoir médecin. Après avoir 
parcouru l'Allemagne et lltalie, il s'établit à 
Lyon, puis à Grenoble, où il exerça son art jus- 
qu'à la fi|i de sa vie. On a de lui une traduction 
du Théâtre de la Nature de Jean Bodin ; Lyon, 
1597, in-8°; — une traduction des Vies des 



Philosophes de Diogène Laerce ; 
fa-8°; — De Senum Âjfectihus 
nonnullisque curandis Enarratl 
in-4» ; — Methodus in septem Ai 
libros ah Hippocrate observai 
saeculis inaudita; Paris, 1612, îi 

Biographie médicale. 

FOUGEROCrX DE BONDARO 

Denis), physiologiste archéoU 
né à Paris, le 10 octobre 1732, n 
cembre 1789. Neveu du célèbre Di 
sou» la direction de son oncle le g4 
scientifiques. Il parcourut l'Anjou 
pour y examiner les carrières d'ard 
ensuite dans le royaume de Naph 
curieuses observations sur la se 
iaune de Naples. A son retour il 
cle, et devint par cette mort p 
domaine étendu où Duhamel péri 
la pratique ses nouvelles méthodes 
Fougeroux fut membre de TAcadéi 
ces. On a de lui : Art de Urer da 
pierre d'ardoise , de la fendre 
1er; Paris, 1762, in-fol. ; — iir< < 
les cuirs dorés ou argentés; Pî 
fol. ; — Art du Tonnelier ; Paris, 1 
Art du Coutelier en ouvrages ce 
ris, 1772, in-fol. Ces quatre volnn 
des Descriptions des Arts et Mi 
ou approuvées par messieurs d 
royale des Sciences. Les antres 
Fougeroux sont : Mémoires sur 
des os ; Paris, 1763, in-8" ; — Ri 
les ruines d'Herculanum et 
mières gui peuvent en résulter, 
à Vétat présent des sciences et t 
un traité sur la fabrication da 
Paris, 1769, in-12; — Observatic 
les côtes de Normandie, avec ' 
1773, in-4»; — un grand nombre 
insérés dans le Recueil de VA 
Sciences de 1759 à 1788; — de 
ticles dans V Encyclopédie et dans 
de la Société d^ Agriculture. 

ChaudoQ et Oelandlne, Dictionnair 
Qaérard , France littéraire. 

FOU-HI , empereur de Chine. D 
numents historiques les plu^ prob 
a été le fondateur de l'ordre soci 
environ 3,300 ans avant J.-C.iC*e 
attribue l'institution du mariage , 
temps, l'invention du calendrier, d 
de la médedne et des arts les pi 
société, tels que la culture des céri 
traction des maisons, la cuisson i 
l'extraction du sel , le tissage des 
che, la chasse, etc. De son tem] 
chinoise n'avait pas encore été inv( 
premier à en concevoir lidée et à e 
ment les bases dans un diagramn 
circulaire appelée Pa-Koua, laqad 
de huit séries , chacune de trois 



!93 



FOU-HI — FOULCOIE 



394 



des, les unes entières , les antres brisées. On ne 
ntriea de positif sur le sens cpie Foa-Hi atta- 
hait anx différentes combinaisons de ces lignes ; 
nais elles n'ent pas moins senri de tbème jns- 
|Q'à nos jours à une infinité de cotmnentatenrs 
loi ont prétendu y décoaTrir tons les seerets de 
1 nature et de l'aveur ainsi que le germe de 
Mtes les connaissances humaines. Fou-hi avait 
isé le siège de son gouvernement dans la pro- 
lioce deHonan, qui était son pays natal. On 
aroit qu'il vécut cent quinse ans et qu'il eut pour 
mccessear Chèn-Noung, le fondateur de l'agri- 
altore chez les Chinois. Oalloit. 

Documenté cMnolf . 

FOUiLLOO (/actuel), oontroTeraiste fran- 
çais, né à La RocheUe, en 1670, mort à Paris, le 
Xi sejrfembre 1736. DiaGre4ioencié de Sorbonne, 
ii fot un janséniste ardent , et consacra à la dé- 
fense de ses opinionf un grand nombre d'écrits, 
aQJoard'hoi onUiés. U eut beaucoup de part à la 
(première édition de VAction de Dieu sur les 
Créatures, in4*^;aux éditions des Quatre Gé- 
mssmenU de Port Royal, in- 13 ; des Grands 
Hmples, 1721, 7 vol. in-4« ; de V Histoire des 
Cas de Ccnsdenee f 1705, 8 vol. in-12, et à 
piosieun antres productions polémiques dont 
ou trouve la liste dans Moréri. 

Moréri, Grand Diêtim. historique. 

FonLLoux ( Jacques ne ) , seigneur de 
Bouille, écrivain français, né vers 1521, au 
château du Foqilloux , paroisse de Saint-Martin 
duFouilloux, dans la partie du Poitou qu'on 
appelle encore aujourd'hui la Gastine, mort 
le ô août 1580. Il doit sa célébrité à l'ouvrage, 
le pliis connu et le plus recherché des livres 
sar la chasse, qu'il mit au jour sous ce titre : 
^ Vénerie de Jacques du FouUloux, es- 
(!fiyerf seigneur dudit lieu, pays de G€Utine 
^ Poitou, dédiée au rey très^hrestien 
Charks neufiesme de ce nom : plusieurs re- 
f^fpies et remèdes pour guérir les chiens de 
fih-erses maladies ; plus P Adolescence de Vau- 
<Aeur; Poitiers (de MamefE et Boucbetz frè 
!^)) 1561, petit in4oi., fig. sur bois; ce vo- 
IniQe est fort rare. VAdoleteence est un petit 
Po^ de 368 vers. Lea mêmes éditeurs publiè- 
«ot denouTeau (Poitiers, t66« et 1508, in-4») 
lOQTragededu FooiUoux, qui fut depuis pin- 
ceurs fois réimprimé, notamment à Paris, en 
1^73 et 1585, et à Bayi«uth,eB 1754. Enfin, la 
«lemière édition est intitulée : La Vénerie de 
mques du FouUloux, précédée de quelques 
»o<es bUigraphi(^ies et d'une notice hibUo- 
nphique (par M. Jérôme Pichon); Angers, 
1S44, grand in-8'', fig. La Vénerie y traduite en 
aflemand, fot imprimée à Strasbourg, 1590, 
petit in-fol., et César Parona en a donné une 
traduction italienne, Milan, 1615, in-8'. 

Jacques du FouiUoui eut un fils, qui ftit page 
w comtedu Lude, goovemeurdu Poitou, etmou- 
[»t jeune. Les éditeurs des Historiettes de TaU 
Kn»ant des Réaux (3« édtt., 1. 1«% p. 366) sup- 



posent à tort que du Fonilloux, dontTallemant 
cite la réponse cynique aux flUes d'honneur de 
la reine, était Tun des arrière-petits-fils de 
l'auteur de La Vénerie : Charles de Meaux, set- 
gneur de FouUloux, tenait son nom d'un fief 
situé dans la baronnie d'Arvert en Saintonge. H 
mourut peu de jours après le combat du fau- 
bourg Saint-Antoine, des suites de la blessure 
qu'il y avait reçue. E. Reonârd. 

Notice, en tète de La rênerie, édU. de 18U. - H. F1I- 
leau, iXcMonnoire d«f F awUlet de l'ancien Pottou. -~ 
M. Preeue , Nvtiee sur Jacques du FouiUouK; dans les 
Mémoires de la Soc. des Antiquaires de P Ouest, aonée 
1850. — Charles de Meaux, seigneur du PouilUnue, 
leao-iest ; paris , isbk in-s* 4e la 9» 

FOUiNET ( Ernest ), poète et romancier 
français, né à Nantes, en 1799, mort à Paris, en 
1845. Employé au ministère des finances, il 
consacrait ses loisirs à écrire des romans, des 
contes pour la jeunesse, des poésies, des ar- 
ticles dans les journaux et recueils périodiques. 
Ses romans sont : La Stréga; 1833, 2 vol. in-8®; 

— Le Villagesous les sables ; 1834, 2 vol. in-8" ; 

— La Caverne des Morts; 1836 et 1845, 2 vol. 
in-8°; — Romans du coin du Jeu; Roch le 
Corsaire; 1836, 2 vol. in-8", et 4 vol. in-12; 

— V Enfant de trois Mères; 1836, 2 vol. ta-8*>; 

— Gerson, ou le manuscrit aux enlumi- 
nures. Ses ouvrages d'éducation sont : Le Ro- 
binson des glaces; 1835, in-12; — Le Jeune 
Déporté à Botany-Bay ; 1836 et 1845, in-12 ; 
ce livre a obtenu un des prix Montyon; •— 
— Vile des Cinq , avec une préface sur les livres 
d'éducation; 1840, m-12, avec grav.; —La 
Salle d* Asile au bord de la mer ; in-12, 4 grav.; 

— Le Maître d'École de Montigny ; 1843 et 
1845, in-18, grav.; — Donato, ou la lan- 
terne magique; 1847, in-18; ces petits ou- 
vrages ont été souvent réimprimés; -r Poé- 
sies : Le Musée de Versailles, poème qui a reçu 
de l'Académie Française l'accessit de poésie en 
1839; 1839, in-4''; — une traduction en vers 
de divers pomies arabes et malais , formant 
la U'' fivr. de la Biblioth, choisie; 1830, in-lB; 
la traduction de là Collection des Poètes an- 
glais ; 1837, in-8*; — traduction de VHamlet 
de Shakspeare ; dans la Biblioth, Anglo-Fran- 
çaise; -^ un grand nombre de pièces en vers, 
dans les keepsakes; — des articles dans le livre 
des Cent-et-un (t. H, IV et VII); dans La 
Ftamce littéraire de C}!. Malo, etc. 

GUYOT DE FÊRE. 

statistique des Gens de lettres. — Journal de la Li- 



FOULCHBR. Voy, FOUCHER. 

FOUfiGOiB, en latin fulcoivs, poète fran- 
çais, né à Beauvais, vers 1020, mort à Meajux, 
vers 1083. Il appartenait à une famille noble. 
Après avoir fait ses études à Befans, alla se 
fixer à Meaux. Il^reçut le sous-diaconat , mais 
il ne s'engagea pas plus avant dans la carrière 
ecclésiastique, et il se consacra entièrement à 
la poème. Ses vers latins forment un recueil 

10. 



divisé en trois parties. La première comprend 
on seul lîTre, contenant les Épitres, les Épi- 
taphes et autres pièces de peu d'étendue. 
L'auteur donna à ce livre le titre modeste d'C^- 
trum. La seconde partie (en deux livres) est 
intitulée NetUrum, Ce sont des vies de saints. 
Foolcoie s'y met en frais d'imagination : il prête 
gratuitement à ses personnages une foule de 
miracles. Dans la troisième partie ( en sept livres), 
intitulée : XJtrumque de nuptiis Ecclesies, 
Foulcoie se propose de célébrer l'union de Jésus- 
Christ avec l'Église. Dans un sujet aussi grave, et 
qui se prêtait peu à la poésie, Foulcoie n'a su 
éviter ni l'exagération dans les idées ni la se- 
dieresse dans le langage; sa versification est 
d'aiHeurs barbare. Cependant, relativement à 
l'époque où il écrivait, Foulcoie peut être consi- 
déré comme un poëte de talent. Sa réputation 
fut grande parmi ses contemporains, et s'étendit 
jusqu'en Italie. Divers fragments de cet ouvrage 
ont été imprimés dans les Annale» BenedicL 
de Mabillon, dans Y Histoire de F Église de 
Meaux de dom Toussaint Duplessis, dans la 
Bibliotheca Latina medix et infimœ xtatis 
de Fabricius. 

L'abbé Lebeuf, DUsertaHoiu sur l'Mstoire delavUle 
de Paru, t. II. - Histoire littéraire de la France, 
t. VIII. p. 118. - Dom Ceillier, Histoire des Aut, sacr. 
et ecclés., t. XX, p. 691. 

;fould ( Achille ), ministre d'État, né à Pa- 
ris, le 17 novembre 1800. Fils d'un banquier 
Israélite, il fut de bonne heure élevé dans la 
pratique des affaires commerciales et finan- 
cières. Associé à son frère Benoit, il dirigea 
avec lui la maison de banque connue sons la 
raison Fould-Oppenhdm. M. Achille Fould était 
déjà depuis plusieurs années membre et secré- 
taire du conseil général du département des 
Hautes-Pyrénées, lorsqu'en 1842 il fut élu dé- 
puté par le deuxième collège électoral de ce 
département. Il prit pari; à. diverses discussions 
relatives aux budgets de l'État. Aéélu en 1846, 
par les électeurs de l'arrondissement de Tarbes, 
il fut presqu'en même temps nommé président 
du conseil général des Hautes-Pyrénées. Ses 
fonctions législatives cessèrent à la révolution 
de Février. Le 17 septembre 1848 il fut élu re- 
présentant à l'Assemblée constituante , y siégea 
sur les bancs du parti de l'ordre, prit place dans 
le comité des finances, et fit partie du comité 
de la rue de Poitiers. En juillet 1849, à l'époque 
des élections partielles, M. Fould fut présenté 
comme candidat par l'Union électorale et admis 
à Cadre partie de l'Assemblée législative. Le 31 oc- 
tobre suivant, il reçut des mains du président de 
la république le portefeuille des finances, e/ï rem- 
piacemrat de M. Passy, démissiomiaire. nie con- 
serva jusqu'au 24 janvier 1851, où un ministère 
transitoire vint remplacer celui du 9 janvier, qui 
se retira devant le vote de défiance de l'Assem- 
blée. LeministèredeM.Fouldfntmarquéparlere- 
trait du projet d'impôt sur le revenu, parle main- 
tien de l'impôt des boissons, en même temps que 



FOULCOIE — FOULLON 296 

par;ia demande d'une enquête sur Passlette et le 
mode de répartition de cet impôt. Ces actes et ces 
projets se rattachaient à la préparation dn budget 
de 1851, que le ministre présenta, le 4 avril 1850, 
en éqmlibre, moyennant la vente de 50 millioDS 
en forêts, et de6 miffions de domaines nationani, 
appartenant en grande partie à la familie d'Or- 
léans, et remplaçant les 60 millions qae M. Passy 
espérait tirer de l'impôt sur le revena. On doit 
à l'administration de M. Foold le raffermisse- 
ment du service des impôts, le rétablissement 
du crédit et une amélioration sensible dans tou- 
tes les branches des services financiers, mesa- 
res qui firent monter la rente presque au pair. 
Rentré aux affaires le 10 avril 1851, il en sortit 
de nouveau le 26 octobre suivant pour reprendre 
le même portefeuille le 3 décembre. Démission- 
naire le 23 janvier 1852, il fut élevé à la dignité 
de sénateur par décret dn 26 dn même mois, 
et nommé ministre d'État de la maison de l'em- 
pereur dans le mois de juillet suivant. Sicarj). 

Biograp. des Membres dm Sénat. — Galerie Mst. et 
biograpMque desMembret du Sénat. 

POVLBBESSB (De Là). Vo^. La. FoOLERESSE. 

FOVLI8 {Robert et André), imprimeurs écos- 
sais , natifs de Glasgow , morts le premier en 
1776, l'autre en 1774. On a pen de détails sur 
les commencements de ces industriels câèbres; 
<Hi sait seulement que Robert commença à im- 
primer en 1740 et qu'un de ses premiers essais 
typographiques fut un Démétrms de PfuUère, 
in-4°. Quatre ans plus tard il fit paraître soa 
édition ô^ Horace y dont il exposa les épreuves 
dans le collège de Glasgow, ^ invitant les con- 
naisseurs à signaler les incorrections et promet- 
tant une récompense à ceux qui rendraient à 
l'imprimeur ce service. Depuis, V Horace de 
Robert Fonlis fut souvent réimprimé à Glasgow. 
Les deux fîrères s'associèrent ensuite pour la 
pubiicationde nombreux ouvrages classiques, que 
l'on remarque pour la beauté de l'exécution 
comme peur la correction des textes. Malgré 
ces importants travaux, qui leur valurent d'£tre 
comparés aux Aide, k» deux Fonlis ne réas- 
sirent point dans leurs affaires , peut-être parce 
qu'ils n'épargnèrent aucun soin , aucune dé- 
pense pour, rendre parfaites leurs œuvres. 
Parmi les éditions sorties de leurs presses, on 
peut citer : Homère; 4 vol. in-fol.; — Héro- 
dote ; 9 vol. inrl2 ; •— Timcydide ; 8 vol. in-12 

— Xénophon; 8 vol. hi-12 ; — Efkctète; in-12 

— Longin; in-12; — Ciceronis Opéra; 20 vol. 
in-12; — Horace; in-12 et in-4"; — Virgile 
in-12; — libulle et Properce; in-12; — Cor- 
nélius Nepos; 3 vol. in-12; — Tacite; 4 vol. 
in-12; —- Juvénal et Perse; in-12 ; — Lucrèce; 
in-12, etc. 

NlchoU, Bowyer. -^ Lemofne , iTOt. of Printing. 

FeuLLOiff OU FOULON (Abcl ), savaut fran- 
çais, né à Loué (Maine), vers 1513, mort à 
Méans), en 1563. H était valet de chambre de 
Henri n. Falconnet assure qu'il eut en outre 



FOULOxN - 
^6 maître à mènnoie diftos la ville de 
8a toiort précoce Ht soopçonli^, sni- 
roil du Maine, qiiMI avait été enipoi- 
quelqae rival de sa gloire. Son jprincipat 
i pour titre : V Usage et desci-iption 
mètre. Il a été traduit en plusieurs 
nous nous bornerons à signaler la tra- 
itine de Nicolas Stoup : De Holometri 
it liste, instrumentû geometrico ah 
illonio otim invento; Bâie, 1577, 
lui doit «fflcore : Les Satyres de Perse 
rançais; Paris, 1^44, in-4°. L'abbé 
marqné peu d'estime pour les vers de 
ar ses œuvres^ inédites, il faut consulter 
du Maine : il témoigne seul qu^elles 
B. Hauréac. 

du Maine, BibliotJiegve française, — B. Hau- 
(Ut. du Maine, t. IH. 

kW (Joseph-François), administrateur 
X)nnu par sa fin tragique, né à Saumur, 
massacré à Paris , le 22 juillet 1789. Il 
iccessivementles fonctions d'intendant- 
es armées des maréchaux de Soubise 
^lie pendant la guerre de sept ans , celles 
Dt de la guerre et de la marine, sous 
lal de BellC'IsIe, et d'intendant des 
m 1771 . Tl était conseiller d'État lors du 
Necker le 12 juillet 1789, et fut nommé 
cment administrateur de l'armée qui 
ordres du maréchal de Broglie devait 
re Paris. Mais les événements ne lui 
t pas le temps d'entrer en exercice, 
ipan rapporte qu'il avait remis à la reine 
moires poiir diriger la conduite du roi : 
veillait la résistance et l'arr^estation du 
léans; l'autre de prévenir l'explosicnt 
nnaire en prenant l'initiative des ré- 
l les accordant de la propre volonté du 
qu'elles lui fussent demandées par l'as- 
Ses opinions contre-révolutionnaires le 
^nt aux foreurs du peuple. On lui attrî- 
mot odieux , au sujet de la misère du 
« Eh bien ! si cette canaille n'a pas de 
le mangera du foih. » Foulon, quicon- 
»on impopularité, fut saisi de frayeur à la 
de la prise de la Bastille et se réfugia à 
is la propriété de âon ami M. de Sartines. 
ans le reconnurent, l'arrêtèrent, et leçon» 
t le 22 juillet au premier distinct de Paris, 
souvenir et punition de llnfâme propos 
attribuait, ils lui avaient attaché à la bon- 
tûA bouquet d'orties, et sur le dos une 
foin. Les électeurs auxquels il fut remis 
tttoyés du district. Voulurent le fkire cx)n- 
crètèment à l'Abbaye. Mais le bruit de son 
on s'étant répandu , la Grève fut bientôt 
' <)'une itnmense multitude, qui faisait 
î des cris de mort, et que l'on essayait 
^t de caltiier. Tout à coup la masse po- 
8'ébranla, força la gardfe, et envahit la 
' électeurs. La Fayette, génial 4e la garde 
c, arriva au moment où le peuple venait 



FOULQUES îiift 

de nommer dès juges peur proiMieer «vr le suft 
dfe Foulon. U fit les phis généreux cflfortfl ponr 
sauver la vie du prisonnier, et annonça qu'il al- 
lait le faire conduire à l'Abbaye. Le pou pie îip- 
plandH : Foulon se croyant sauvé applaudit ;^nmL 
Cette singulière distraction Irrita la innlfîtiiiîf. 
Une foule nouvelle se précipita sur c^lîn qui 
remplissait la salle. Dans celte horrible tonfu* 
sion, la table sur laquelle était Foulon Tni ren- 
versée. On tratna le maHie^ureux Vieillaffi siir lar 
place, et on le pendit h un rt^verbèrë. Sa tf te, pri^- 
menée dansParis au bout d'une piqué, fut présen- 
tée à son gendre Bertîcr de Sanvigny , qu'on ame- 
nait prisonnier à fhotel de ville. ( Voy. Bn^tr^n* ) 

Mémoire* et M"« Compan , ch. U. — TMrIr», fhttmr^ 
de la révolviioH frunçoàte^ L l, ~ tmilsi DJiine, tiu- 
toirede larevol. /ran(,» 1. 111. — Le Bas PicUonn. encjfcL 
de la France. 

FOVLON (Le). Voy. Le Foulon (Guillanmk). 

FOiTLQrES, noim de cinq comtes souveraine de 
l'Anjou, que voici dans leur ordrechronolopique : 

* FOVLQVRS i***, dît le Roux y vnorf en 938, 
était fris d*lngelger et d'Adèle ou- Alindc, dami? 
de Busançais, et succéda à son père &An?> lé 
gouvernement de l'Anjou. 11 obttitt bientM di^ 
roi de France la réunion en sa faveur d«ft Am\ 
comtés de deçà Maine et d'outre Maine, qu» ne de- 
vaient plus être séparés. Le roi te giMtifta aussi 
des abbayes de Saint-Aubin et de Sainl-Lezîu 
d'Angers, qui auparavant étaient du doTv>fiine de 
la couronne. Vaillant, hardi, dur à la fali^ue, 
Foulques tint en respect les Bretons et les Nor- 
mands, et sa libéralité le rendit clier auv {^<e.ns 
d'église. 11 mourut laissant fout son trésor mi\ 
pauvres et de grands dons aux couvent -ï, et fut 
inhumé à Saint-Martin de Tours, qu'il lionorait 
d'ijne piété (Kuiiculièrc. 11 avait 4'poflsb Kos- 
cille, fille de Garnier, seigneur de Loches, de 
Villandri et de La Haye, qu'elle a{iporta eu dot à 
son mari. L'ainé de ses fils, Ingclger, péiit m 
combattant les Normands; Gui, le dernier^ d'à* 
bord chanoine de Saint-Martin deXoiKS, devint 
évoque de Soissons; le second est Foulques 
le Bon. . Célestin Port. 

Kartbélemy ha^, MUtdire d'Aniou» publiée ^^ar l4 
Revue de VÂniov, 1" année, 1. 1. p. f 07-109. — (it^riard 
Faultrier, L'Ânjôu et sesMonumenti.— aesta Ctrjmtîum: 
jéndêpavxmim. 

itikJLQVBS 11 , dit îe J?ott, mort àToui^^, en 
9&a. Élevé dans la -culture des belles lettres ^ de 
la grammaire , de la pbilosdpbie , ce qui ne l'em- 
pêchait pas d'éire un pieux dievalier, les ehro^ 
niques noiifc te représentent dian|ant au clifrur 
deSaint-Martiâ de Tours , riBvétii du costuma i\pn 
clercs V «sais an rang des ehano&ies. Lui-Tïi^mft 
arvaitfett'désairs, dont on vantait l'harmonie, et 
une suite de répons on il célébrait l'histoire du 
sfliint. Uftlour le roi, de passage à T(nlrs , le vit 
aiM fonctionnant a« chapitre, et ^prtt â rire 
avec «B6 èoihIâsMD»; Fonlf ues, averti , lui écrit i 
« Au roi des Francs, le comte d* Anjou . — Sa- 
chez , seigneur, qu'un yo\ illettré est une âne cf»u- 
ronné. » Le roi lit la lettre, et, touché [)ar la 
i vérité de cette sentence, dît tristement : ii Jt a 

fO* 



399 



FOULQUES 



m 






^~è 



J-- 



p 









":ï:f#-s1; 



Sitii 



niMMi : U «agMffy réloqMiiM 4 1«« Itttrot 4^- 
^tMiMBt «HrtiMit «a roit it «gv gpaytniafitft; 
lilttt om €it étefé^ pin» on doit briller par Tédat 
4it mœart et de la fldaiiee. » Celait d'ailleurs 
«lor» pour l'A^joa comme pour toute la France 
«n tempi de paix et de repoa. Les Normands, 
loin de nuire , tenaient on bride les Bretons, et 
aTaient rois fin ainsi à des raTages incessants. 
Foulques, ami de tout ce qui était bon et beau (1), 
tu pfx>fita pour protéger rindustrie , l'agriculture, 
le commerce. L'Ai^ou, ra?agé par des guerres 
implacables, se refit sous son gouvernement; les 
▼iUes se rouvrirent, les champs se repeuplèrent, 
Fabondaoce succéda aux famines périodiques. On 
y aooourut des provinces voisines pour défii- 
ebe^partout la terre, depuis si longtemps stérile. 
Le oomte était aimé des {tauvres, qui lui donnaient 
entre eux le surnom de 6on. Un jour de la Saint- 
Martin d'IUver, Foulques, au sortir de la table 
de commiuiioo, se trouva mal, et expira entre 
les bras des clercs. Il fut enterré auprès de Foul- 
ques le Roux, dans Téglise même de Saint- 
Martin de Tours, alors a^ielée Saint-Martin de 
Cbâteaunetif^ que BourdignéetHiret ont confon- 
due avec Cbâteauneuf en Anjou. On a sous le nom 
de Foulques une lettre adressée à saint Odon, 
qni, citée comme authentique dès le treizième 
siècle, estnéanmohis supposée apocryphe parles 
Bénédictins. -* Célestin Port. 

Barl. Bofcr. |>. lO0-)lt. — Bodia, Heckerekst AM. sur 
rj^iim, — Martcone, JmpHu. CoU., t V,p. 987. - 
MabUloa. Jet. gened., t V||. p. iiv. ~ mst. lUtéraire. 
I. VI, p. tet-lBi. — Ctsta Conmium Andeçawntm, 

* FOULQUES III, dit A'erra,iié en 972, mort 
& Mets, le 22 mai 1040. C'est le véritable fonda- 
teur de la maison d'Aqjou, qui devait égaler les 
maisons royales. Ses actions aventureuses, son 
earactère turbulent, mélange étrange de piété 
soumise et d'arrogance farouche, donnent à sa 
vie une eertafaie grandeur, qui frappe tout d'abord 
et en Diit un des personnages les plus remar- 
iinables du moyen âge. H était âgé de quinze 
ans à la mort de Geofrh>y Grisegonelle , son père 
(987). L'Ai^ou, tel qu'il le recevait, morcelé 
et CB grande partie enclavé dans les posses- 
sions d^ comtes de Blois et de Touraine, de Poi- 
tlen, de Rennes, de Nantes, semblait un héri- 
tage de difficOe défense. Dès l'an 990 Foulques 
fnt aax prises avec Endos, comte de Blois, qui 
ressaisit par sorprise la vâlede Tours. Foulques 
se porta d'abord sur Châteaudnn; eette ville, 
bien défendue, Ibt réduite à se rendre; au re- 
tour, Landry, vassal rebeOe, Ait soumis dans 
Ambolse, et sa forteresse rasée. Uneconvocatâon 
royale appelait les principaux seigneurs à 
Orléans. Foulques s'y rendit des pruniers; il 
se trouvait, ne pensant à mal, dans une cham- 
bre seerète, quand, à travers une simple 
eloison, Il entendit le paissant dncde Bretagne, 



a) Tniiifs «••lUtls amator ( Gêsta Cmsulnm Andh- 



Conanl*^ dire àses fidèles : « Dans <qw 
Angers est à nous; l'ordre .est doniié, 
sont partis. » Foulques, sans perdre < 
prétexte un voyage à Chàteau-Landoi 
suivi de bonne escorte à Angers; au jo 
Bretons sont aux portes , mais les Anf 
trouvent pour les recevoir. Deux de 
fils de Conan tombent parmi les moi 
les autres forent massacrés. Une des 
château garda j usqu'au dix-septième sièc 
à^Bcache- Breton f ainsi qu'une dés n 
ville. Conan apprit la défaite et la me 
fils en voyant leurs dépouilles aux on 
soldats de Foulques. Les évèques, 1 
France, les grands s'interposèrent; un 
de paix fut conclu. Quelque temps api 
un prétexte futile, Foulques vint assiège 
Conan le provoqua au combat dans 1 
de Conqoereux , là même où Geoffro 
gonelle avait été vaincu par les Breton 
brave que son père , Foulques fut reii 
cheval dans la mêlée, mais il se rdè^ 
tablit la victoire. Conan resta parmi U 
Violent de son naturel et exalté par se 
le comte d'Anjou se mit à parcourir 
raine, semant les campagnes de stat 
litaires et imposant partout sa loi. Les c 
de Saint-Martin lui ayant refusé l'entra 
nétra de force dans l'église. Aussitôt 1 
sont descendues, les châsses voilées, les 
déposées dans les épines , tout service 
suspendu. Foulques aciieta son pardon 
jeûnes, par des aumônes; puis, l'an 10( 
les terreurs apaisées , les guerres asso 
partit pour Jérusalem (1003). On raco 
dans on saint délire, il saisit avec ses 
des bords delà pierre du sépulcre, et que I 
amollie par un miracle, céda et se laissj 
Foulques revint, emportant sa précieus 
et un morceau de la vraie croix achel 
d'or aux infidèles. Pour donner asile à 
sors, il fonda, sous l'invocation de la Sa 
nité et des Saints-Anges, le monastère de 
près Loches ( 1005 ). L'arohevèque de! 
convié à le consacrer; mais il mit sou ce 
des conditions qui équivakâentà un refi 
ques partit alors pour Rome, et obtint c 
qu'il avait eu l'occasion, à son retour d< 
lem, de défendreoontre ses ennemis, l'en 
légat, qui dédia l'église nouvelle, au gra 
dale des évèques de France, émus des 
ments de l'évêque de Rome (1). Vers 1' 
mourut le frère de Foulques, Maurice , q 
ques annalistes lui donnent pour père, et 
historiens, même des plus récents, coi 
tort parmi ses prédécesseurs. Foulques 
guerre à peine interrompue contre £ 
Blois. Assisté d'Herbert Éveille^Jhien, c 
Mans , il entra en Touraine, pilla Moni 
Candes, Chinon, Aza) et saceagales i 

(1) Raonl Olab«r. 



1 

W 
w 



801 

les moissons de l'archevécpie et de son église. 
ÂYerti de toutes parts, excommunié par les pré- 
lats, il n'en tint pas moins la campagne. La 
victoire de Font-le- Voi (6 juillet 1016), qu'il dut 
au courage de son fils GeofTroi Martel et du 
comte du Mans , ne termina pa£ la guerre, mais 
lui laissa le champ plus libre. Après diverses 
alternatives, et dans le temps même où Eudes 
campait aux portes d'Angers, Foulques s'empara 
de Saumur (1025). Il y fit place nette en expul- 
sant les moines de Saint-Florent, qui, logés dans 
le château, gênaient la défense, et pendant que 
le feu mis par ses mains dévorait le monastère, 
le prince déTot, craignant la colère du saint, pro- 
testait par Us âmes Dieu, son serment ordi- 
naire, de ses intentions pieuses, et s'écriait : 
R Saint Florent, laisse-toi brûler, je te promets à 
Angers un logis meilleur, que je te veux bâtir. » 
La paix fut enfin conclue : le comte de Blois 
abandonna définitivement à Foulques sa nou- 
velle conquête, qui resta pour toujours angevine. 
Après une autre guerre, sans cause connue, 
contre le comte du Mans, soutenu par les Bre- 
tons, qui cette fois gardèrent l'avantage. Foulques 
laisse le gouvernement de ses États à Geoffroi, 
son fils, et s'achemine une seconde fois vers la 
ville sainte, où la légende le suit encore (103ô ). 
En passant par Rome, il y rencontre Robert, duc 
de Normandie, qui se diposait au même voyage. 
Tons deux s'embarquent pour Constantinople, 
ou l'empereur Michel les reçoit et les fait accom- 
pagner jusqu'à Antioche. Là les deux pèlerins , 
liés par des voeux différents, se séparent pour 
continuer leur route chacun de leur côté. Foul- 
ques revint la même année en Âi^ou , et se vit 
réduit à reconquérir par la force des armes le 
gouvernement, dont son fils ne voulait plus se 
dessaisir. Mais, las des grandeurs, pressentant 
d'ailleurs sa fin prochaine, pour apaiser les an- 
goises de sa conscience, il reprit une troisième fois 
le chemin de Jérusalem. On vit alors ce prmce 
au cœur fier et superbe trainé sur une claie à 
travers les rues de la ville sainte, nu, la corde 
au cou , fouetté par deux de ses valets , et 
criant à chaque pas : » Seigneur, ayez pitié du 
traître, du parjure Foulques ( 1039). » Il revint 
par Constantinople et l'Allemagne; mais arrivé à 
Metz, il y mourut, après une maladie de quel- 
ques jours. Ses entrailles furent déposées dans 
un des cimetières de la ville ; son corps, rapporté, 
suivant ses dernières volontés, à Loches, fut in- 
humé dans l'église du monastère qu'il avait fondé. 
Le nom de .Foulques est resté populaire en 
Anjou. Quelque chose de chevaleresque s'at- 
tache à sa légende, qui en propage le souvenir. 
Cet autre César (1), comme l'appellent les chro- 
niqueurs, a laissé d'ailleurs d'autres traces dans 
les campagnes que celles de son cheval de guerre, 
Ç'Megrandédificateur, dont il n'est ville d'An- 
jou ou des marches du Poitou ou delà Ton- 

(1) Aller César, magnus aediflcator. 



FOULQUES 802 

raine qui ne garde le souvenir : Amboise, Mont- 
bazoQ, Mirebeau, Passavant, Montreuii-Bellày, 
Langeais, Montrichard, Chaumont, Siunte- 
Maure, Saumur, Trêves, Montrésor, Faye, Mon- 
cootour, Maulevrier, Durtal, Baugé, Château- 
Gontier lui ont dû ou leurs châteaux , ou leurs 
murailles, ou leurs églises. On a peine à croûre à 
une telle activité en présence même de l'unani- 
mité des témoignages contemporains. £n môme 
temps un certain esprit de politique lui inspirait 
des chartes favorables à la liberté des serfs, aux 
franchises des colliberts, aux privilèges des mar- 
chands. Comme on l'imagine, le clergé n'était 
pas oublié dans ses largesses. Outre Pabbaye de 
Beaulieu près Loches, Foulques a fondé à An- 
gers l'abbaye de Saint-Nicolas, en exécution d'un 
vœu fait pendant son premier pèlerinage. Il fit re- 
construire l'église du Ronceray et celle de Saint- 
Martin, qui tombaient en ruines, enrichit.de ses 
dons la cathédrale et les paroisses voisines ; et par 
tout l'Anjou, grâce à ses libéralités, s'élevèrent de 
blanches é^ses, dont partie subsistent encore. 
Foulques eut pour première femme Adèle, sui- 
vant d'autres Elisabeth, fille de Bouchard, comte 
de Vendôme. On prétend que, surprise en adultère, 
die fiit brûlée vive par son mari sur une place 
publique d'Angers j selon d'autres, elle périt 
dans un incendie qui dévora une partie delà ville. 
Sa seconde femme, Hildegardeou Hermengarde, 
est la mère de Geoffroi II Martel. — La statue de 
Foulques Nerrà, exécutée par David, est une des 
douze statues qui entourent le piédestal du 
monument élevé au roi René sur la place du 
Château , à Angers. Célestm Port. 

L'abbé Raogeard, Mémoires pour servir à Phist. 
d^s comtes et dîtes d'Anjou, mai. de la Bib. d'Angers. 
— BarUi. Roger, Chroniqneg dfAnjùUt recueil des h\^ 
toriens originaux* publié par la Société de FHittoirede 
France, par MM. Marcbegay et Saimon, t. !«'. — GuiU. 
de Malmesbor j, I. III. — Dom Bouquet, t. XI et XII.' 

* FOULQUES iv,ditZe Réchin, c'est-à-dire le 
Hargneux, né àChâteau-Landon,!e 14 avril 1043', 
mort à Angers, le 14 avril 1109. Il était fils de 
Geoffroy Ferréol, comte du Gâtinais, et d 'Her- 
mengarde, fille de Foulques Nerra. A la Pente-' 
côte de l'an 1060, Geoffroy Martel, son oncïe 
maternel , à qui il devait succéder, l'arma che- 
valier, et lui confia, quoiqu'il n'eût que dix-sept 
ans, la défense de la Saintonge. Dans l'héritage 
de ce prhice , Foulques dut se contenter d'abord 
de cette province, augmentée du Gâtinais et de 
quelques fiefs dans le Poitou, tandis que son fï-èrè 
aîné , Geoffroy le Barbu, recevait l'Anjou et la 
Touraine (1060). Unis depuis à peine quelques 
mois , les deux frères ne tardèrent pas à être di- 
visés; Foulques s'attacha d'abord à gagner les 
principaux seigneurs du parti contraire , et bien- 
tôt la guerre éclata. Après sept ans de querelles 
et de trêves sans bonne foi, le 25 février 1067, 
il s'empara de Saumur; le 5 avril, jeudi saint, il 
vint à Angers, où il arrêta son frère. Geoffroy, à 
peine délivré par l'ordre du pape Alexandre H, 
reprit les armes, et , vaincu de nouveau, fiit fait 



808 FOULQUES 

prisonnier. Foulqnes resta senl mattre de TÂn- 
jou (1068) et des quatre forteresses d'Angers, de 
Loches, de Tours et de Loudun , ces fleurons , 
comme il le dit lui-même, de la couronne des 
comtes (i); mais il perdit la Saintonge, que 
reconquit, grâce aux divisions fraternelles, 
GuUlaume Vni, duc d'Aquitaine; en même 
temps il fut réduit à faire hommage du comté de 
l'ours aux comtes de Blois et à céder le Gà- 



304 
bus pieuses; Bérenger proteste sur le tertre 
d'Angers au nom de la raison humaine contre 1^ 
mystères aveugles de la foi. 

Foulques, qui a droit à une place dans l'his- 
toire politique, en tient une aussi dans l'histoire 
littéraire. C'est un fait qui n'est pas commun 
chez un prince du onzième siècle que celui d'é- 
crire et surtout d'écrire l'histoire. Foulques entre- 
prit de raconter celle des comtes d'Anjou, et sur- 



tinais au roi de France. Libre au moins de ce j tout le récit de sa propre vie. Malheureusement 
côté, il se trouva assez fort pour tenir tête par | cette dernière partie, la plus précieuse, estper- 



deux fois au duc de Normandie, Guillaume, qui 
venait de conquérir l'Angleterre et qu'il obligea à 
faire la paix et à rendre La Flèche, dont il avait 
surpris le château. Actif dans sa jeunesse , Foul- 
ques, en atteignant l'âge viril , se livra aux dé- 
bauches de la table, à la paresse, à l'amour des 
femmes; «aussi, dit le moine de Marmoutier, 
ni lui ni personne en son nom ne s'occupait 
plus de la justice; tout au contraire, en Anjou 
comme en Touraine, nombre de larrons s'éle- 
vèrent pour troubler par des rapines les voyages 
des marchands. » 

Foulques, du vivant même de sa première 
femme, avait épousé Ermengarde, fiHe d'Ar- 
chambault le Fort, seigneur de Bourbon (1070). 
Après quinze ans de mariage, il la répudia^ sous 
prétexte de parenté, en réalité dans l'accès 
d'une passion nouvelle. H venait de voir la fille 
de Simon de Montfort et d'Agnès d'Évreux, 
Bertrade, la plus belle fille de France, et, grâce 
à l'intervention de Robert de Normandie, il fut 
agréé comme époux. H y avait à peme quatre 
ans que cette nouvelle union était accomplie 
quand elle se rompit brusquement (1092). Ber- 
trade quitta le comte d'Anjou pour l'amour 
adultère du roi de France. Une autre douleur 
de la vieillesse du Réchin fut la mort de son 
fils aîné Geoffroy Martel II, tué traîtreusement 
au siège de Gandé. Le fils que Foulques avait 
eu de Bertrade devint ainsi son héritier. Peut- 
être estpce la cause qui ramena cette femme 
en Anjou. Elle y revint avec Philippe I*'', son 
nouvel époux , et y fut traitée en reine (1066). 
Foulques retrouva tout son amour : il se tenait 
assis à ses pieds, sur un escabeau, avec tout 
le respect, dit Suger, d'un mortel pour une 
déesse. H mourut quelque temps après, et fut 
enterré à Lévière, dans un faubourg d'Angers. 
Un incendie consuma vingt-trois ans plus tard 
et réglise et son tombeau. 

Le règne de Foulques fut témoin d'événe- 
ments qui marquent dans l'histoire. Urbain II 
prêche la croisade, et, à son passage à Angers, 
consacre l'é^se de Saint-Nicolas (1096) : Foulques 
l'accompagne à Tours, et reçoit de ses mains la 
rose d'or, honneur réservé aux souverains. Ro- 
bert d'Arbrissel parcourt l'Anjou , entraînant la 
foule sur ses pas et peuplant les déserts de tri- 



Ci) Que sunt caplta hooorts cemituo) ABdegavorum 
( Fragmentum BecMni ). « 



due. Le fragment qui nous reste de ce travail 
n'est à proprement parler que le préambule de 
l'ouvrage. Foulqnes indique au début qu'il le 
commença vingt-huit ans après son avènement au 
comté d'Anjou, c'est-à-dire en 1096. II laisse de 
côté l'histoire des quatre premiers comtes, dont 
le souvenir est déjà si loin de lui, qu'il ignore 
même le lieu de leur sépr'ture, et emprunte un 
récit rapide et sommaire à Geoffroy Gris^onelle. 
Le ft'agment conservé est net, clair, précis, res- 
pirant la bonne foi et la vérité. Le texte, pubb'é 
pour la première fois par d'Achery, t. X de son 
Spicilége, vient d'être réédité pour la Société de 
l'Histoire de France, dans la collection des Chro- 
niques d'AnjoUy par MM. Marchegay et Sahnoa. 
Roger. — Rangeard. — Chroniques tP Anjou y par 
MM. Marchegay et Salmon. -> Orderic Vital, I. IH. - 
Martenoe, AmpiiH, Coll., t. v, p. io04. — Labbe, sm, 
nom, t. I, p. 176. " Histoire littéraire, t. IX, p. m. 
— Dom Bouquet, t. XI-XII, 

* FOULQUES T, ditlejeuney comte d'Anjou, 
du Maine, de Touraine et roi de Jérusalem , fils 
de Foulques Réchin et de Bertrade, né en 1090, 
mort le 13 novembre 1142. En allant du vivant 
de son père recevoir l'investiture à la cour de 
France , il fut retenu en route par le comte de 
Poitiers, Guillaume, auprès duquel il remplis- 
sait alor%la charge de grand-bouteiUer. II fallut 
que le roi intervint pour sa délivrance, et céder 
quelques places qu'enviait le comte depuis long- 
temps. Dès le début de son règne. Foulques fut 
forcé d'entrer en composition avec les bourgeois 
d'Angers : on ne sait d'ailleurs rien de plus sur 
cet événement (1109). En 1110 il batailla contre 
son vassal de Doué , et hérita de son beau-pàre 
Helye, comte du Mans. En 1118, sollicité par 
Louis le Gros de fournir son contingent féodal 
contre les invasions anglaises, Foulques fit ses 
conditions, et demanda que la charge héréditaire 
de grand-sénéchal, concédée à Geoffroy Grisego- 
nelle, délaissée depuis par ses successeurs, lui 
fût solennellement confirmée. 11 s^agissait de 
porter la bannière de France dans la bataille , 
de commander l'avant-garde au départ, Tarrière- 
garde au retour, d'administrer le palais, la jus- 
tice royale , la signature des actes publics. Hu- 
gues de Gleers fut chargé de revendiquer ces 
droits, et le roi s'empressa de les reconnaître, 
à Marchénoir (Beauce). Guillaume de Gariaode, 
alors grand-sénéchal, dut faire hommage de 
cette dignité à Foulques , et le roi , heureux d'a- 
voir satisfait un tel vassal , ne put s'empêcher 



t05 FOULQUES 

k dire (1) : « Enfin, grâce à Dieu, me voici 
lonc bien avec le comte d'Anjou ! » Foulques, 
rassemblant alors ses troupes, prit sans coup 
ërir Âlençon, et quelque temps après, revê- 
tant sur ses pas, battit sous les murs de la même 
rille l'armée anglaise et celle du comte de Blois. 
Le roi d'Angleterre, Henri r% jaloux de son al- 
liance, lui envoya des ambassadeurs et préféra 
me union plus intime. Guillaume Athelin, héri- 
tier du trône d'Angleterre, épousa Matbilde, fille 
h comte d^Anjou (1119). Elle devût revenir 
tnentôt cacher son veuvage à Fontevrault. Mais, 
huit ans plus tard, Geoffiroy Plautagenet, fils 
de Foulques, en épousant Mathilde, fille de ce 
même Henri I"^, idlait ajouter à sa couronne de 
comte la couronne royale d'Angleterre et âever 
ainsi la maison d'Anjou à deSjgrandeurs inespé- 
rées (1127). 

En 1119 le pape Calixte II s'arrêta à Angers; 
en 1120) Foulques, dans la douleur, encore ré- 
cente, delà mort de la comtesse Éremburge, paiiit 
pour la Terre Sainte. L'évêque d'Angers, Raynaud 
de Martigné, qui s'était joint à lut, mourut en 
route ayant l'embarquement. Foulques passa un 
an à guerroyer contre les infidèles, avec une 
troupe de cent chevaliers, qu'il entretenait à ses 
frais, et l'assistance des Templiers, à qui, au dé- 
part, il assigna sur ses États une rente annuelle 
de 30 livres pesant d'argent. H laissait ainsi en 
Palestine un grand renom de vaillance et de 
prud'homie. A peine était-il de retour en Anjou 
que deux chevaliers français vinrent lui ofTrir de 
la part de Baudouin, roi de Jérusalem , sa fille 
Mélisente, avec promesse d'un trêne en héri- 
tage. 11 se démit en faveur de son fils Geoffroy, 
dont il Tenait de célébrer les noces au Mans, de 
ses comtés d'Anjou ; du Maine et de Touraine, et 
repartit pour Jérusalem. « Vers le milieu du 
* printemps de 1129 , dit Guillaume de Tyr, on 
« vit débarquer au iK>rt d'Accon un homme il- 
« lastre, le seigneur Foulques , comte d'Anjou; 
« il arriva suivi d'une brillante escorte de nobles 
« et dans un appareil qui surpassait la magni- 
« ficencedes rois. » Quelques jours à peine après 
son arrirée, Baudouin lui donna sa fille et à titre 
de dot les deux villes maritimes de Tyr et de 
Holénms, que Foulques posséda pendant trois 
iU)s, sans changer son titre de comte. Bau- 
douin étant mort le 'li août 1131, Foulques fut 
cooronné solennellement le 14 septembre, dans 
l'église du Sépulcre, par le patriarche de Jérusa- 
lem. Il lui fallut tout d'abord maintenir et contre 
les chrétiens et contre les Turcs les droits de la 
fille de Bohémond à la principauté d'Antioche. 
l^oor les défâidre il lui choisit pour époux 
%mond de Poitiers, qu'U invita à quitter la 
France, comme il l'avait fait lui-même, pour cette 
^oronne lointaine. Foulques eut bientôt à réta- 
Wir l'ordre dans son propre royaume et jusque 

(|)Eta<jj€€tt FM : Ego, Del gnilà , Jam sava bene cam 
wœiie Andegavensl, (Hug. de Cleers.) 



306 

dans sa maison, ouverte à l'adultère. Le comte 
de Jafia, accusé, se souleva, mais, cédant aux 
prières du patriarche, consentit à s'exiler pour 
trois ans. Enfin, pour prix d'un secours prêté 
aux musulmans de Damas, Foulques obtint 
leur aide pour reconquérir la ville de Panéas, on 
Césarée de Philippe, qui capitula après quelques 
jours de siège et fut réunie au royaume de Jérusa- 
lem. Foulques, étant à la chasse dans la plaine 
dePtolémaîs, tomba de cheval, et mourut de sa 
chute, ne laissant pour lui succéder que deux en- 
fants en bas âge. « Foulques était d'une taille 
« moyenne, roux comme David, rempli d'ail- 
« leurs de fidélité, de donceur, affable, bon, 
« miséricordieux , contre le caractère des hom- 
<c mes qui ont le même teint, généreux à l'excès 
« pour toutes les œuvres de pià^é et de charité. » 
Célestin Port. 

Gamaame de Tjr, 1. XIV, ]. XV. > Michaad, HUL 
des Croitades, t. II, p. 90. — Dom Boiiqoet, t. XII. — 
Chroniques d'Anjou, par Marchegay et Salmon, 1. 1. — 
Roger. — Rangeard. 

FOCLQUB8. Voy. CLÉMENT IV, pape, 

FOVLQVBS, en latin fclgo, prélat et homme 
politique français, né vers 850, mort en 900. Il 
était proche {Mirent de Gui, duc de Spolète, et de 
Lambert, son fils, qui furent l'un et l'autre em- 
pereurs d'Occident. Dès son enfance il fiit élevé 
dans l'église de Rehns , où il occupa une place 
de chanoine. Charles le Chauve l'appela à sa 
cour, et lui donna l'abbaye de Saint-Bertin. 
Outré sa naissance. Foulques avait du savoir, de 
l'éloquence, et passait pour un des plus habiles 
personnages de son temps. Apiès la mort d'Hinc- 
mar, le clergé et le peuple de cette église re- 
lurent pour leur archevêque. Il fut ordonné 
dans les premiers jours de mars 883. H envoya 
aussitôt sa profession de foi au pape Marin, 
qu'il avait connu à Rome lorsqu'il y accompa- 
gna le roi Charles, en 875. Le pontife lui con- 
céda le droit au paUium, dont avaient joui les 
autres archevêques de Reims. 

Foulques trouva l'église de Reims ravagée 
par les Normands. Il s'efforça de la rétablir dans 
son premier lustre. Il releva aussi les deux écoles 
de cette ville ^ qui avaient eu beaucoup à souffrir 
des dévastations des barbares. Il fit venir deux 
maîtres célèbres, Rémi, morne de Saint-Germain 
d'Auxerre, et Hucbald , moine de Saint-Amand. 
Pour exciter l'émulation des élèves, il ne dédai- 
gnait pas d'étudier hii-même avec les plus jeunes 
clercs. Son activité ne se borna pas à l'adminis- 
tration de son diocèse: il adressa des réprimandes 
très-sévères à la veuve de Charles le Chauve, 
l'impératrice Richilde , dont la conduite donnait 
lieu à des bruits fâcheux. Il ne blâma pas avec 
moins d'ardeur les excès du comte Baudouin, 
comte de Flandre et gendre de Charles le Chauve. 
11 se montra en général fidèle et dévoué à la fa- 
mille de Charlemagne. Après la mort de Louis III 
et de Carioman, regardant Charles le Simple, fils 
de Louis le Bègue, comme trop jeune pour oc- 
cuper le trône, il appela en France Gui, duc de 



li 


II 

.i , j- : N 


p 

il 




j'Jlil 






m 



i 



t ;4 






5! 



'•4';-» 1. 



« 



P 






'kl'- 

É 



! 



307 



FOULQUES — FOULQUES DE NEUILLY 



Spolète. Ce prince fut proclamé roi à Langres ; 
mais, ne se voyant pas soutenu, il retourna en 
Italie. Foulques recourut alors à Amolphe , roi 
de Germanie, et lui offirit la couronne de France ; 
mais sur ces entrefaites Eudes s'en saisit. Ar- 
noiphe reconnut le nouveau roi, et Tarchevèque 
de Reims consentit à le sacrer le jour de Noël 
888i Le peu de succès que Eudes obfint dans 
ses guerres contre les Normands détacha de lui 
ses partisans, et rendit la confiance à ses adver- 
saires. Pendant une expédition que Eudes fit au 
delà de la Loire, ses ennemis profitèrent de son 
absence pour le détrôner. Foulques les rassem- 
bla à Reims , et avec leur assentiment il donna 
Fonction royale à Charles le Simple, le 28 jan- 
vier 893. Il s'ensuivit une guerre civile, peu 
meurtrière, car les prétendants n'avaient avec 
eux qu'un petit nombre de partisans, toujours 
prêts à les quitter, et ils cherchaient plutôt à 
s'éviter qu'à combattre. Après plusieurs cam- 
pagnes, terminées presque sans effusion de sang, 
Charles le Simple dut abandonner la lutte en 
896, et Foulques promit encore une fois obéis- 
sance à Eudes. Mais celui-ci étai^t mort le 
l^'' janvier 898 , les grands neustriens s'accor- 
dèrent à rendre le trône à Charles le Simple, 
qui fut pour la seconde fois couronné à Reims. 
Ce prince, en reconnaissance des services que 
Foulques lui avait rendus, le nomma chancelier 
de son royaume et lui donna l'abbaye de Saint- 
Yaast d'Arras. Baudouin, qui avait des préten- 
tions à cette abbaye et qui depuis longtemps 
détestait Foulques,en fut très-irrité. L'archevêque 
de Reims crut se mettre à l'abri de son ressen- 
timent en échangeant avec le comte Altmar 
l'abbaye de Samt-Vaast contre celle de Saint- 
Médard. Plus exaspéré que jamais, Baudouin fit 
assassiner Foulques par un de ses vassaux, 
' nommé Wincmar. Flodoard a conservé plusieurs 
extraits des lettres écrites par Foulques aux 
papes, aux évèques, aux abbés et aux princes. 
On y trouve des faits intéressants pour l'histou-e 
du neuvième siècle. 

AniuOes redastini. - Flodoard, Hùt. ceci. Hemens,, 
1. IV. - Baronlus, Annal. eccL, ad ann. 882, 885 et seq. 
-Dupin, Biblioth.eccles. (dixième siècle). - Dora Ceu- 
Ucr, Hist. des Auteurs sacr. et ecclës., t. XIX, p. 408. - 
Histoire littéraire de la France, t. V. 

FOULQUES , surnommé le Chand, historien 
religieux français , né dans la première partie du 
onzième siècle, mort en 1095. Il fut le trente- 
unième abbé de Corbie. Il assista en cette qua- 
lité au concile de Reims en 1049 et aux états 
généraux de Corbie en 1065. Il dut son surnom 
à des actions qui parurent grandes aux moines 
de Corbie, mais que la postérité a complètement 
oubliées. La plus mémorable de ces grandes ac- 
tions fut sa longue lutte pour les privilèges de 
son église contre deux évêques d'Amiens. H pré- 
senta à ce sujet au pape Alexandre un mémoire, 
publié en partie par Mabillon, dans les Annales 
Ordin, Bened., 1. LXI. U composaaussi un écrit 
pour revendiquer le vicomte de Corbie, qu'En- 



goerrand, comte de Bovines, avail 

l'abbaye. Cet ouvrage n'a pas été ii 

Hiitoire littéraire de la France. X, VII 

FOULQUBS DB NBUILLT, oraU 

français , né dans la seconde partie < 
siècle et mort eh I201. Il est célèbri 
dication de la quatrième croisade, n 
Villehardonin, que mil et cent et qu 
dis uit ans après l'incarnation Jhes 
tens Innocent l'apostole de Rome, PI 
de France, et Richart, roi d'Englc 
saint homme en France qui ot nom 
Nnlli. Cis NuUi siet entre Laigni si 
Paris, n estoit prestre et tenoit la p^ 
ville. CIs Foulques commença à parie 
Seigneur par France et par les antres^pi 
et nostre Sires fist maint espert mira 
La renommée de cil saint homme aU 
vint à l'apostole Innocent, et l'aposto 
qu'il sermonast de la croix par s'aut 
puis Tannée 1196, Foulques exerçai 
quence ou an moins par l'iropétuc 
prédications , un prodigieux empire 
titude. On racontait des conversioi 
obtenues par son zèle dans ces ela 
tout temps l'opinion publique repou 
tait surtout attaché à convertir 1 
et les filles de joie, et, après leu 
abandonner leur métier, il mettait 
les réhabiliter aux yeux du mond 
avait sollicité et obtenu d'Innocent 
dulgence plénière en faveur de ceu^ 
seraient des courtisanes. Phisieurs 
mirent sous sa direction pour prêc 
à Paris, puis dans les provinces soi 
rois de France et d'Angletefre. En 
ques parla devant Richard Cœur < 
l'exhorta à se défeire au plus tôt < 
méchantes filles : « Superbe, Cupidité 
Richard se contenta de répondre devi 
barons : « Eh bien, pour me conforme 
« de cet hypocrite, je donnerai mes 
« en mariage : Superbe, aux Terap 
« dite , aux moines de Cfteaux ; et L 
« prélats de mes églises. » Mais le nr 
venu où Foulques devait abandonner 1 
tions morales pour se borner au texte 
vrance de la Terre Sainte. La mort 
l'avènement d'un jeune pape plein de g 
deur, la nouveUe de la mort de Henri 
pagne, roi de Jérusalem , et du dangc 
tiens enfermés dans Acre, ranimaient h 
Ses nouvelles exhortations cngagèrei 
de seigneurs à prendre la croix ; mai 
Neuilly ne vit pas le résultat de h 
Déjà alfaibli par l'âge, il revint à Ne 
avoir accompli sa mission, et y moun 
L'église de son yillage a possédé S( 
jusqu'à la fin du dernier siècle. 

Viilehardouin. Histoire de la Conquête à 
nople , ch. i. — Raynaldl , Annal, eccles., \ 
1198. -Kigotû, Chronique de Saint-Denii 



309 



FOUQUET 



310 



HMoirt du Diocèse de ParU, t. VI. — Le Das, Diet, 
eneife. de la France. 

FOUfcQVBT. Voy. FOLQUBT. 

Foun 6-TAO , ministre chinois , né en 887, 
mort en 960. Élevé en 930 k une des plus hautes 
dignités de l'État, il garda cette place sous les 
quatre dynasties qui se succédèrent en Chine de 
930 à 960. Il obtint de l'empereur Ming-Tsoung 
la permission de faire imprimer une édition des 
neuf îHn^ à l'usage des élèves de Técole impé- 
riale. Cette édition ne flit achevée qu'en 952, souç 
l'empereur Taï-Tsou ; elle fut faite an moyen de 
plaochesde bois et par le procédé de la gravure. 
C'est le pluR ancien monument connu de l'im- 
primerie chinoise. 

Dabalde, DescriptUm de kt Chine, t. IV. - Réoratat, 
daos \e Journal des Savants^ année 18S0. 

FOUNT A I N E ( André ) , archéologue anglais, 
né àNarford, dans le Norfolk, vers 1680, mort en 
1753. n Int élevé au collège du Christ à Oxford, 
et s'occupa particulièrement de numismatique. 
II succéda à Newton dans la place de directeur 
de la monnaie. Il rassembla une magnifique col- 
le€tion de tableaux et de statues. On a de lui : 
Numismata AnglO'Saxonica et Anglo-Danica^ 
dans le Thésaurus du D. Hickes. 

Nlcbols. Liter. Anecdotes, — Cbalmers, General biO" 
graphical Dictionary, 

FOUQué (Baron de la Mothe- ). Voyez La 

MOTHE-FOUQUÉ. 

FOUQUERÉ {Dom Antoine-Michel), savant 
bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, né 
à Châteauroux, en 1641, mort à Meaux, le 3 no- 
Tembrc 1709. 11 entra dans son ordre en 1657, 
et prononça ses vceux dans Tabbaye de Saint- 
Augustin de Limoges Tannée suivante. Dès 
qu'il eut terminé ses études, il fut envoyé par ses 
supérieurs au monastère de Saint-Pierre de Man- 
riac pour y enseigner la rhétorique. H y acquit la 
l'épotationd'un professeur excellent, surtout pour 
le grec, dont il fit sa spécialité. Denys, patriarche 
«le Constantinople, avait en 1672 publié un écrit 
pour réfuter l'opinion propagée par les calvinistes 
que l'Église grecque partageait leur sentiment 
sur les iM>ints contestés par l'Église romaine, 
surtout en ce qui touche la présence réelle. 
Cet ouvrage fut traduit du grec en latin par dom 
Fouqueré, qui publia le texte et la traduction sous 
le titre de : Dionysii palriarchse Constanti- 
^opolitani super calvinistarum erroribus tu: 
reali imprimis prœsentia Responsio. Cette 
Iradaction parut en 1676, à la suite de celle des 
Actes du concile qui se tint à Jérusalem la même 
année que parut l'ouvrage du patriarche Denys 
«t pour la même cause. Le premier titre de cette 
fraduction fut Synodus Betleemetica pro reali. 
prxseniia anno 1672 celebrata, grsece et lat*; 
Paris, 1676, in-8*. Mais ces deux traductions 
n'étaient pas très-exactes, et, d'après les conseils 
du dominicaiB François Combetis et du célèbre 
AntM'ne Amauld , Fouqueré revit son œuvre et la 
r«fit. 11 en résulta, deux ans après la première) 
nneièeonde édition, sous ce titre : Synodus Hie- 



rosolymitana pro reali pratseniia; Paria, 
1678, in-S"". Sous le pseudonyme de Tamagui' 
nus, il publia la même année : C^ebris his» 
toria Monothelitarum atque Nonorli contro' 
versia scruiiniis odto çomprehensa; Paris, 
1678, in-s^". Cette histoire du monothélisme» 
ainsi que celle des autres hérésies, a occupé 
dans le temps bien des plumes de théologiens, 

j dont les plus récents avec Fouqueré sont Cpra-. 

I befis et le père Pétau. Tout cela est aujourd'hui 
sans intérêt. L'année même de cette dernière 
publication, dom Fouqueré fut nommé supérieur 
de son couvent. Il y exerça cette autorité pen- 
dant quinze années, au bout desquels il se t^ 
tira danarabbaye de Saint-Faron de Meanx, oà 
il mourut. Hipp. Boter. 

U. François, JBibliotk. çénérale de l'Ordre de Saint- 
Benoît. 

* FOUQUET (Guillaume), marquis ne L\ 
Varenicb, diplomate français, né à La Flèche, e« 
1560, mort en 1616. Issu de basse extraction, 
il arriva aux plus hautes fonctions, et devint k 
favori de Henri IV. Selon d'Aubigné , il aurait 
été employé d'abord dans les cuisines du Béar- 
nais ou de sa sœur, la princesse Catherine, et 
aurait commencé sa fortune en servant les pen- 
chants de ce prince (1). Mais on sait que l'auteur, 
pastoujours véridique, delà Confession de Stoicy 
ne fait grâce à personne, encore moins aux pro- 
testants devenus catholiques; et il parait que It 
sieur de La Yarenne se trouvait dans ce cas. 0% • 
qu'il y a de plus certain que les accusations de ! 
ses ennemis, c'est qu'il mérita son élévation par j 
ses talents diplomatiques. Aux états de Blois, il ' 
gagna un secrétaire du duc de Guise, et fit oon- ! 
naître au roi de Navarre les intentions les plus i 
cachées de la maison de Lorraine. Lorsqu'en 
septembre 1589 l'armée du duc de Mayenne sa 
présenta devant Dieppe , il ramena de Cham- 
pagne et de Picardie le maréchal d'Aumont et 
le duc deLongueville, dont l'appui devenait né- 
cessaire au nouveau roi de France. Envoyé en 
Angleterre, il obtint de la reine Élisabetli un se- 
cours important de troupes. Déjà consdUer 
d'État, il accepta, peu de temps après l'abjura- 
tion de Henri IV , la périlleuse mission de ren- ; 
dre à leur destination des lettres adressées par 
Mayenne au roi d'£spagne et interceptées par 
l'armée royale. Il joua si bien son rôle d'envoyé 
de la Ligne, que Philippe II ne lui cacha auemie 
de ses intrigues avec la France. Fouquet vit 
aussi l'infante Claire-Eugénie, trouva moyen de 
lui montrer le portrait de Henri lY à demi di- 
vorcé , et poussa la hardiesse jusqu'à ^jouter 
qu'un mariage seul pouvait rétablir le repos de 
la chrétienté. La princesse rougit, ne répondit 
pas , mais garda le portrait. Instruit, par dea hi- 
teiligences qu'il avait su se foire à la cour d'Es- 
pagne, que l'artifice allait être découvert, Fou- 
quet n'eut que le temps d'échapper, par mie 

(I) Selon Palma Çayet, « Il éUU serrfteor andep/et d« 
père a^ fiU dans la maison du roi ». 



iu 

prompte fuite, à U w^ère de ce ternWe aouve- 
rain, qui ne p«noett«t guère qu'où le trompât 
impunément. De pareiU moyens étaient aceep- 
téA dans la politique de l'époque, et U» sem- 
teurfi du prince ne«roy«icnt nullement se dés- 
lionoror ^n le» employant. Le zèle de Fouonet 
Alt féoompenaé par le eoliier oe Saint-Micliel , 
la«barae de wwtrtJlenr général des postes et 
celle de lieutenant général du roi en àmou. 
On assure qu'il tratattla à la paw de Vemns. 
£n 1603, it contribua par son inAuence au iiéta- 
bfifsem«itdes Jouîtes, et «Wfai !»ur eux IW 
titut&ou , auK frais du roi, d'un collège a La tieciie, 
sa ville naUle, dont il était gouverneur. Fouquet 
«it trois enfiint» : GtuttaMme Fouquet, évèqne 
d'An«eps. mort à trente-cinq ans, avec la ré- 
putation d'un prélat pieux et appliqué aux 
affairesde son diocèse; René, marquis de La Va- 
renne; et Catlierine, mariée au cotnte de Vertus, 
dont la fine, renommée pour sa beauté, épousa 
Hercule de Rohan , duc de Moutbaïon. A. G. 

Lefiuchat, Â*tM»»r te CO»^«.rt-wi ^éj^- -j^ÏÏ^ 

na^lmri IF. - S«Hy. Économies royales. - Mo- 
i9fft9UÊ éêt CranéS'fJif/Mers es ta Courmne, 

mii^urr eu foccquet ( /lro«<»!M ) , vi- 
comte rfe Vaux , mapstrat françato, était né en 
1587, et mourut le M avril 4«40. Suivant jd Au- 
viaiy, il descendait d'une ancienne liMnHIe de 
ebevAliers qui aiaienft suifi 4e métier des armes 
lusqu'au i^giR de Henri II!. Ce prinee engagea 
ri^ de François Fort^rt à entrer dans le par- 
Iem«it de Paris, en ménse tewps qu'il plaçait 
son trtre dans celui de Rennes. M. Sainte- 
Beuve (1) dit que te père d« surintendant Ni- 
colas Fouquet était un riclie armateur bi-eton . 
«je Richelieu avait l^t entrer dans-le conseil 
de U marine et du commerce. L'^itaphe de 
Français Fouquet, rapportée par Pignmol de 
La Force, l'appelle « messire François Kmcquet, 
chewalier, conseiUcr du roi ordinaire dans tous 
«es conseils, fils de messire Françws Foucquel, 
oonaettler au pariement dé Pnris, « et ajoute 
ou^nrès atoir passé par lea cherg^ de cwneil- 
S iudit parlement et de mattre des Tequôtes 
ordinaire de son hôtd , il fut nowwé pour am- 
bassadeur du roi vert les Suiases, et puis retenu 
iiom- être em|>îoyé aux çUis «(^crêtes ei plus 
imputantes aflaii«s de r*)tat. Mi>rén nous ap- 
prSd que pour sa rare proWté et «rande capa- 
dté, il était très-estimé du roi Louis Xllï et du 
cardinal de RIclielieH. li avait éfiousé Marie , 
fille de Gilles de Maopeou , swgneur d AbK«es 
conseilter d'État, intendant et contr^or général 
des finances , née en 1^90, «orte en l6«i, dont 
il eut dou/£ enfiants . eirire aubes le célèbre sur- 
iiAciidant des finances Wicolas Fouquet. « wle 
•e s'Ôtoit point élevée èe Ja fortune de son iils , 
dit l'nbbé de Choisy, tooiours occupée de la 

i)4:.muortê$ d»*unâi» « Jaaiïler Wt : leKurlnten- j 
(tant Fouquet. 



K0I1Q13KÏ ^'2 

prière et du soin de» pauvres. - Quand La Forest, 
valf t de chambre du surintendant , toi «ut nppns 
l'arrestation de son «s à Nantes, die »eM* a 
genouii , et dit : * Je vous ronetcie, men i>teii : 
Je vous al toujours demandé «on salut, en vottà 
le chemin. >. D'rnie piété exempUire et ^'une 
charité extrftme , elle distribuait nux pauvres de 
rargent et des remèdes qu'elle composait elle- 
même. On lui doit un Reami de Kecettet tho^- 
sifs, expMmeHtées et appnmwes; Viilefran- 
che, 1065, in-i2; réimprimé sous le trtro de 
Ktmèâes fatiies et donustiquei, 2 voi. m-12, 
et plusieuTB fois dcpuÎB, avec des additions. 

L. LOOVBT. 

D'Auvicny, /«•« *'«« de» hnmmH illustres de la 
FPmee -- Abbr d« i:iiohy, .V««o»w pour servir a 
rkistoire de i^nis XI y. - PlganJol de la Potée, Det- 
eription de Paris. , .,. , x 

FOVQrBT OU FOVCQiîKT {Ntcolas}^ Vi- 
comte DK Melun et DE Vaux , marquis de Bblie- 
IsLE, célèbre surintendant des finances, fils du 
précédent, naquit en 1015, à Paris, et mourut, 
à ce qu'on croit, dans la forteresse de Pîjpftepol, 
le 23 mars 1680. 11 donna des marques de son 
esprit et de son babileté dès sa prerâière jeu- 
nesse, selon Moréri. Fait mattm des reqoèles a 
l'âge de vingt ans, il acheta , en 1650, In cbnrge 
de procureur général au pariement de Pnris, tt 
dans cette place importante il rendît de grands 
services à la reine mère et au cardinal Mazann. 
Celui-ci l'en récomiiensa en le faisant nommer 
avec Servien surintendant des finances, en 1653. 
a Tous deux, dit d'Auvigny, jouissolcnt pour 
cette partie d'un pouvoir égal; mais U charge 
de procureur général que M. Fouquet conserva 
lui donnoit plus de crédit, et son caractère gé- 
n^mx le lui faisant employer en toute occasion , 
tantAt pour VÉtat en général, souvent pour te 
cardinal MaEarin en particulier, à qui il rendit 
personnellement les services les phis cssen- 
tiels; comme on le voit par plusieurs lettres 
de la main de ce ministre, il jouîssoît de sa con- 
fiance, excitée par le besoin, de sorte qu'avec 
«m collègue d'un grand mérite 11 étoit regardé 
comme seul surintendant des finances. ^ 

Cette place, selon le même biographe, etai 
alors plus pénible quMionorable. Non-seulement 
il ne restait rien dans l'Épargne ; mais l'État était 
eonsidérableiwint endetté. Pour répondre à la 
rauWtude des besoins de l'État et à ceux du car- 
diiukl, Fouquet emprunta des sommes immenses 
Riir son crédit, vendit une partie de son bien et 
celui de «a femme , et se trouva par ces moyens 
ruineux mis à même «le fournir aux Irais de la 
cour et des armées. Selon d'autres, Fouquet s en- 
ridùssait par des pots^e-vin et en acceptant des 
trartants, en payement d*unc partie de leurs mar- 
cïiés, des papiers décriés ; papiers publics presque 
u^B% valeur, et qu'il recevait au pair pour le 
compte de l'État. . 

Aux habitudes du grand monde, Fouquet jœ- 
Mùi une certaine facilité de travail. Ses vues 
éteient étendues, et l'on assure quil eut lid« 



des eacoaragements à donner au com- 
rindustrie et à la marine : encourage- 

ont fait la j^oire de Colbert. « Foo- 
: du génie, de Tesprit, des talents et 
ndeur d'4me, dît encore d'AuYÎgny; 
rtoit cette dernière qualité à l'excès, et 
dire que s*il se fftt montré moins libé- 
ns ami de ceux qu'il aimoit, il eftt été 
heureux. » Mazarin ménagea Fouquet 
;oin extrême pendant les négociations 
irent à la paix des Pyrénées, dont le 
mt avança la conclusion par sa promp- 
rouYer l'argent nécessaire; mais peu 
après le mariage de Louis XIV Fou- 
>uilla avec le premier ministre. Croyant 
nr que le cardinal perdait le souyenir 
il lui devait', il ne cacha pas certains 
l'éclat ne pouvait qu'indisposer de non- 
suple contre Mazarin; mais la fortune 
al était alors trop bien établie, les 
lu surintendant ne purent l'ébranler. 
e serait dès lors vengé de Fouquet si 
eût été protégé par sa charge de prô- 
nerai au parlement; le cardinal savait 
icnce avec queHe chaleur cette com- 
mait la défense de ses membres : il at- 
occasion favorable, et se content^ de 
les prérogatives du surintendant. Crai- 
î Mazarin ne se portât contre lui à la 
extrémité, Fouquet rédigea alors un 
mduite pour les siens afin de résister 
d s'il tentait un jour de l'opprimer. Ce 
ivé dans ses papiers lors de son ar- 
servit de base à sa condamnation, 
mt, le surintendant achetait de tous 
partisans, et aspirait à remplacer le 
Depuis 1655, il avait acquis plus d'in- 
!t après la mort de son collègue Ser- 
659, alors surtout qu'on put prévoir la 
Jne de Mazarin, il sema l'argent pour 
les amis et pour préparer son r^e. 
ans le nommaient déjà rAvenir. Ri- 
Mazarin s'étaient assuré un asile dans 
; JFouquet acheta Belle-Isle pour s'en 
place de sûreté. Nuchèze, qui était à 
me flotte sur l'Océan, lui était dévoué, 
Créqui, général des galères de France, 
vait pour gendres Charost et Crussol, 
fs dans l'armée. Le ministre de Lionne 
ié par d'étroites obligations. Le maré- 
ramont , le maréchal et la maréchale 

et la comtesse de Soissons étaient 
intérêts, ainsi que 1^ plupart des filles 
' de la reine, sans compter la reine 
avait acheté jusqu'au confesseur de 
yesse, et il cherchait à corrompre celui 

s'était attaché aussi quantité de gens 
; par si^s générosités. Il s'était créé à 
Ion l'expression de M. Sainte-Beuve, 
i Versailles anticipé. 14 il s'était donné, 
lis XIV, Le Vau pour architecte, Le 
ir peintre, Le Nôtre pour dessinateur 



FOUQUET 314 

des Jardins', Molière et La Fontaine pour poètes, 
Pélisson pour secrétaire, Vatel pour matti^ d'hô- 
tel, tout ce que Louis XIV aura plus tard à lui« 
excepté La Fontaine. 

Si le cardinal mourant cacha sa haine pour 
Fouquet en le mettant à la tète de ses exécu- 
teurs testamentaires, il prit.plus de soin encore 
de manifester son amitié pour Colbert. Le roi 
se rendait tons les jours auprès du premier 
ministre, et restait quelquefois deux ou trois 
heures dians son appartement. « On dit que le 
cardinal profita de cette assiduité du roi , rap> 
pofte d'Âuvigny, et de la confiance que son état 
devoit inspirer à ce prince, pour perdre Fouquet 
dans son esprit; soit qu'il eût reconnu que le 
surintendant, qumque rempli d'ailleurs de bonnes 
qualités, manquoit de celles dont il avoit besohi 
pour remplir dignement la place qu'il occupoit, 
soit, 'comme le disent ses ennemis, que le car- 
dinal voulût faire retomber sur Fouquet seule- 
ment toutes les malversations qui s'étoient pas- 
sées dans les finances depuis son administration 
et auxquelles, si on les croit, le premier mi- 
nistre avoit eu la meilleure part. » Selon l'abbé 
de Choisy, Mazarin aurait conseillé au roi de 
se défaire de Fouquet, comme d'un homme sujet 
à ses passions , hautain , qui voudrait prendre 
ascendant sur lui-même , au lieu que Colbert 
(voyez ce nom), plus modeste et moins accré- 
dité, serait prêt atout et réglerait l'état comme 
une maison particulière. 

Quoi qu'il en soit, dès que le cardinal eut 
fermé les yeux (9 mars 1661 ), Louis XIV réunit 
ses minislies , et leur dit qu'ayant perdu le car^ 
dinaly sur lequel il se reposait de tout, il avait 
résolu d'être à l'avenir son premier ministre, et 
qu'il ne voulait plus qu'aucun d'eux signât la 
moindre ordonnance et le moindre passeport sans 
avoir reçu ses ordres. Si l'on en croit Choisy, il 
dit en particulier au surintendant qu'il voulait 
enfin être roi et prendre une connaissance exacte 
de ses affaires. S'imaginant que le jeune roi, en- 
traîné par les passions , séduit par les plaisirs, 
enivré par les fêtes , ne pourrait soutenir long* 
temps un travail aussi ennuyeux, Fouquet lui 
donna des états de dépenses, qu'il grossissait, et 
des états de revenus, qu'H diminuait, faisant les 
choses pires qu'elles n'étaient, dans le but de se 
rendre plus important. Mais Louis XIV, à l'insu 
de Fouquet, montrait tous les soirs ces états à 
Colbert, qui lui en faisait remarquer les faus- 
setés. Cette épreuve détermina le roi à perdre 
Fouquet. Il concerta avec Colbert les moyens 
de le faire avec sûreté. Pour cela tous deux 
mirent en jeu les artifices de la plus profonde 
dissimulation. 

Le roi voulant faire juger Fouquet par det 
commissaires, il était essentiel de l'amener à 
se défaire de sa dignité de procureur général, 
Colbert se chai'gea de l'y décider. Pour en venir 
à bout, il fit les démarches les plus humbles. Il 
prit le surintendant par les louanges, et fit si 



815 

bien que ses manières soumises firent presque 
oublier à Fouquet les démêlés qu'ils avaient eus 
ensemble du temps du cardinal. « Dans le même 
temps, dit Cboisy, te roi ne parloit que de M. le 
surintendant , l'en voïoit chercher à tous momens^ 
décidoit une hifinité de petites choses par son 
ayis, sans consulter ses antres ministres, lui- 
accordoit toutes les grâces qu*il demandoit, et 
venoit de recevoir, avec des distinctions partica- 
Hères, Tévêque d'Agde, son frère, pour mettre 
de l'Oratoire. » Co!l)ert faisait valoir tout cela, 
et Fouquet lui ayant dit qu'il donnerait sa vie 
pour le roi , Golbert hii rappela qu'il n'y avait 
rien à l'épargne, c'ert-à-dhre au trésor, et lui 
suggéra l'idée de faire au prmee qu'il servait le 
cadeau du prix d'une charge qu'il ne pouvait 
guère remplir. Le roi devait lui savoir gré d'un 
tel sacrifice, et ne manquerait pas de l'en ré- 
compenser. Fouquet, se croyant assuré de l'es- 
prit du prince , dit bientdt à Colbert qu'il avait 
envie de vendre sa charge pour en donner le 
prix au roi. « Ce fut alors, dit Choisy , que Col- 
bert sejetta dans des acclamations; et Fouquet, 
eny vré de la belle action qu'il croïoit foire, alla 
sur-le-champ le dire au voi, qui le remercia, 
et accepta l'offre sans balancer, en lui cachant 
le véritable sujet de sa joie. Le roi , dès le même 
soir, ne manqua pas de dire à Ck>lbert : Tout va 
bien, il s'enferre de lui-même; il est venu dire 
qu'il porteroit à l'épargne tout l'argent de sa 
charge. » 

Cette négociation dura jusqu'au mois il'aoM, 
et dès que Fouquet eut vendu sa charge à M. de 
Harlai , et qu'il eut foit porter un million à Vin- 
cennes , où le roi le vouhit avoir pour des dé- 
penses secrètes, les rôles changèrent. Le rot re- 
doubla ses caresses ; mais Golbert, qui s'était 
contraint pendant quelque temps , ne le ména- 
gea plus, et ne gafda plus de mesures avec un 
homme qu'il voulait et qu'il croyait pouvoir 
pousser à bout. Louis XIY n'osa pas faire ar- 
rêter Fouquet à Paris. On lui supposait un 
parti puissant. Il l'engagea à lui donner une 
fête dans sa belle maison de Vaux, « résolu, 
dit Choisy , de le faire arrêter au milieu des 
hautbois et des violons , dans un Heu qui se pou- 
voit dire une preuve pariante de la dissipation 
des finances ». Mais, avant de préparer l'exécu- 
tion de ce projet, Louis XIV n'avait pu s'«n- 
pêcher d'en faire confidence à la reine mère , 
qui lui avait dit tant de raisons pour l'en em- 
pêcher qu'il avait consenti à remettre la partie 
à une autre occasion. La reine mère avait quelque 
peine à abandonner Fouquet, soit qu'elle connût 
mieux que personne qu'y n'était pas seul cou- 
pable, soit, comme le pense Choisy, qu'elle fftt 
persuadée que Colbert, plus rustique, lui lais- 
seiait encore moins de crédit. D'après d'Auvigny, 
on fit agir sur elle les supérieures de deux cou- 
vents où elle allait souvent; selon Choisy, la 
vieille duchesse de Chevreuse la gagna dans une 
fHe qu'dle donna exprès. En tout cas ce fîit 



FOUQUET 316 

d'accord avec la reine mère que Fouquet dot 
être plus tard arrêté. 

Quoique l'arrestation du surintendant eût été 
remise à une autre époque, n le roi ne pot 
pas s'empêcher, dit Choisy, d'aller à Vaux, oà 
tout étoit prêt pour le recevoir. On y repré- 
senta, pour la première fois. Les Fâcheux de 
Molière, avec des balets et des récits ea mu- 
sique dans les intermèdes. Le théâtre étoit 
dressé dans le jardin, et la déooratîoii étoit ornée 
de fontaines véritables et de véritables oran- 
gers; et il y eut ensuite un feu d^artifice et on 
bal, où l'on dansa jusqu'à trois heures du matia. 
Les courtisans, qui prennent garde à tout, 
remarquèrent que dans tous les plafonds et aax 
omemens d'architecture on vMoit la^ devise 
de M. le surintendant. C'étoit un écureuil (ce 
sont ses armes) qui montoit sur un arbre , avec 
ces paroles : Quo non ascendam? Où ne moo- 
terai-je point? Mais ils n'ont remarqué que de- 
puis sa disgrâce qu'on y voioit aussi partout des 
serpens et des couleuvres qui siflloient après 
l'écureuil. » La couleuvre était l'emWème héral- 
dique de Colbert. Selon Voltaire, le palais elles 
janlins de Vaux avaient coûté dix-huit miliioDsà 
Fouquet. « Il avait, dit cet historien , bâti le pa- 
lais deux fois, et acheté trois hameaux, dont le 
terrain fut enfermé dans ces jardins immenses, 
plantés en partie par Le Nôtre, et regardés alors 
comme les plus beaux de l'Europe. Il est mi 
qu'il s'en fallait beaucoup que Saint-Germain et 
Fontainebleau, les seules maisons de plaisance 
habitées par le roi, approchassent de la beauté 
de Vaux. Louis XIV le sentit, et en fiit irrité. > 
L'ambition de la devise de Fouquet ne servit pas 
à l'apaiser. 

De tous cêtés cependant Fouquet recevait avis 
de sa défaveur. Un billet de madame du Plessis- 
Bellierre Pavait informé qu'on devait l'arrêter au 
milieu des fêtes de Vaux, mais que la reine mère 
s'y était opposée. Gourville , son ami particulier, 
lui dit que le roi, piqué de la magnificence de 
Vaux, n'avait pu s'empêcher de dire à la reine 
mère : « Ah, madame! est-ce que noosne 
ferons pas rendre gorge à tous ces gens-là?» 
Enfin, dans un conseil , il vit le roi proposer d'a- 
bolir les ordonnances de comptant que les sor- 
intendants donnaient sous prétexte de dépenses 
secrètes , ce qui lui fit échapper cette exclama- 
tion : Je ne suis donc plus rien? « 11 sentit dass 
le moment, ajoute Choisy, qu'il venoit de dire 
une sottise, et tâcha de la réparer en disant qn'il 
faHoit donc trouver d'autres moïens de cacher les 
dépenses secrettes de l'Etat, et le roi dit quli jr 
pourvoiroit. » Cette scène se passait à Fontaine- 
bleau. Le roi partit pour Nantes quatre jours 
après, donnant pour prétexte à ce voyage la né- 
cessité de surveiller les états de Bretagne. 
Fouquet croyait s'être mis à couvert en ou- 
vrant son cœur au roi et lui pariant avec sin- 
cérité. Mais il était trop tard. Le roi dissimula à son 
ordmaire, et lui fit plus de caresses que jamais 



Sanles le 1**" septembre , Louis XIV alla 
château. Fouquet fit marquer son logis 
t)out de la Tille. « On a sça depuis , dit 
]a'il y avoit dans cette maison un 
sous terre qui se rendoit à la rivière, et 
geoit à se sauver à Belle-Isle , en cas 
nt pour l'arrêter. » Il était parti de 
>leau avec la fièvre; la fatigue du 
n redoul^la les accès. Cependant, 
^ lui fit donner l'ordre de se trouver an 
5 au matin. Le roi avait assemblé les 
aires sous prétexte d'aller à la chasse. 
es étaient partis pour se rendre à 
, Le conseil se tint à l'ordinaire. Fou- 
euglait au point de croire que toutes 
es étaient prises contre Colbert. Le roi 
da encore quatre-vingt-dix mille livres 
ibuer aux officiers de la marine. Le 
lit du conseil le premier, et mit dans 
î Boucherat l'ordre d'aller poser les 
z le surintendant. Fouquet sortit à son 
rtagnan, capitaine lieutenant des mous- 
aposté pour l'arrêter, le manqua d'a- 
is il courut après lui, et le rattrapa sur 
e l'église. « Monsieur, je vous arrête 
du roi, » lui dit-il. Fouquet ne parut 
né , et lui répondit seulement : « Mais, 
d'Ârtagnan, est-ce bien à moi que vous 
► — Oui, monsieur, reprit d'Artagnan. » 
lus de discours le fit monter dans un 
întouré de cent mousquetaires , et le 
au château d'Angers, 
t accepta sa disgrâce avec beaucoup de 
1 ne proféra aucune plainte , et , ayant 
de ses domestiques, il lui dit : « Qu'on 
1 roi dans Belle-Isle. » Fourille mar- 
i sur cette place avec les compagnies 
s. Il n'y eut aucune résistance, et un 
ant y fut mis au nom du roi. Louis XTV 
isitAt k sa mère les détails de l'affaire. 
is Mémoires et instructions pour le 
, Louis XTV, revenant sur l'arrestation 
jt, s'exprime ainsi : <c La vue des vastes 
lens que cet homme avoit projetés 
lentes acquisitions qu'il avoit faites ne 
; manquer qu'elles ne convainquissent 
it du dérèglement de son ambition, et 
té générale de tous mes peuples solli- 
s cesse Justice contre lui. Mais ce qui 
t plus coupable envers moi étoit que, 
de profiter de la bonté que je lui avois 
î en le retenant dans mes conseils , il en 
i une nouvelle espérance de me trom- 
en loin d'en devenir plus sage , tâchoit 
t d'en devenir plus adroit. Mais, quel- 
ce qu'il pût pratiquer, je ne fus pas 
5 sans reconnaître sa mauvaise foi ; car 
ivoit s'empêcher de continuer ses dé- 
Lcessives, de fortifier des places, d'or- 
}&\m , de former des cabales , et de 
)us le nom de ses amis des charges 
tes qu'a leur achetoit à mes dépens , 



FOUQUET 31 S 

dans l'espoir de se rendre bientôt l'arbitre sou- 
verain de l'État. M 

Mais ce n'était pas là seulement ce que LouisXI V 
avait à reprocher au surintendant. « Il avoit ea^ 
core le défaut, dit Choisy, d'être insolent , et, rî 
je l'osedire, insatiable sur le chapitre des dame^. 
n attaquoit hardiment tout ce qui lui paroissoit 
aimable, persuadé que le mérite soutenu de 
l'argent vient à bout de tout. Il osa lever les 
yeux jusqu'à M"* de La Vallière {voyez ce nom) ; 
mais il s'aperçut que la place étoit prise, et 
voulant se justifier auprès d'elle et de son amant 
secret, il se donna la mission de confident; et, 
Taïant mise à un coin dans l'antichambre de 
Madame, il lui vouloit dire que le roi étoit le plus 
grand prince du monde, le mieux fait , et autres 
mêmes propos ; mais la demoiselle, fiere du secret 
de son cœur, coupa court , et dès le soir s'en 
plaignit au prince , qui n'en fit pas semblant et ne 
l'oublia pas. Madame du Plessis-Beilierre, amie 
de Fouquet, l'avoit aussi attaquée en lui disant 
que M. le surintendant avoit vingt mille pistolet 
à son service ; et sans se fâcher elle lui avoit 
répondu que vingt millions ne lui feraient pns 
faire un faux pas ; ce qui avoit fort étonné la 
bonne confidente , peu accoutumée à de pareilles 
réponses. » 

Par ordre durai , Vouldi , gentilhomme ordi^ 
naire, était parti en poste pour aller mettre les 
scellés dans les maisons de Fouquet à Paris, à 
Saint-Mandé et à Vaux, fl n'arriva que douze 
heures après un valet de diambre du surintendant 
qui tenait les relais de son maître et qui apporta 
la nouvelle de son arrestation à Paris. L'abbé 
Fouquet était d'avis de mettre le feu à la maison de 
Sain^Mandé et d'anéantir par là tous les papiers 
qui pouvaient faive tort à son frère. Madame du 
Plessis-Beilierre s'y opposa, etdit que ce serait le 
perdre absolument, qu'on ne le condamnerait 
pas sans l'entendre ; qu'on n'avait rien à lui repro- 
cher depuis que le rai gouvernait par lui-même , 
et que pour le temps précédent il n'avait rien 
fait que par l'ordre du cardinal. Pendant que 
Tabbé Fouquet disputmt avec madame Duplëa- 
sis Bellierre, sans rien résoudre, Vouldi arriva, 
et des officiers de justice mirent les scellés par- 
tout chez le surintendant. Des commissaires 
furent nommés pour dresser inventaire de se* 
papiers, que le roi voulut examiner lui-même. 
Une cassette trouvée à Saint-Mandé contenait dra 
lettres de presque toutes les femmes de la cour ; 
car, « peu de personnes de la cour, s^n madame 
de Motteville, furent exemptes d'avoir été sa- 
crifier à ce veau d^or ». Le roi ne voulut pas que 
ces tendres correspondances figurassent dans 
l'inventaire des papiers du surintendant. Suivant 
un fragment des mémoires manuscrits de Bussy- 
Rabutin, cité par M. de Monmerqué , Le Tellier 
avait vu seul avec le rai les lettres qui étaient 
dans la cassette. Madame de Motteville dit que 
(( le rai et la reine sa mère, les ayant toutes lues^ 
y vbrent des choses qui firent tort à beaucoup de 



$n 



FOUQUET 



personnes. » Le surintendant nia pourtant plus 
tard , avec une énergique et noble indignafion, 
avoir rien reçu ni rien écrit de semblable à 
certaines lettres qu'on lui attribuait. Cependant, 
les copies de ces lettres, vraies ou supposées, se 
multiplièrent beaucoup. « Par ces lettres , dit 
madame de Motteville , on vit qu'il y avoit des 
femmes et des filles qui passoîent pour sages et 
bonnétes qui ne Tétoient pas. Il y en eut même 
de celles-là qui souffrirent pour lui, et qui firent 
voir que ce ne sont pas toujours les plus aima- 
btf)$, les plus jeunes ni les plus galants qui ont 
les meilleures fortunes, et que c'est avec raison 
que les poètes ont feint la fable de Danaé et de la 
pluie d'or. » Parmi ces lettres de la fameuse^cas- 
sette, il y en avait de madame de Sévigné Ivoyez 
ce nom); mais celles-ci n'étaient du moins que 
d'une amie. Les papiers de Fouquet révélèrent 
sans doute à Louis XIV des secrets plus im- 
jiortants que des intrigues amoureuses; c'est 
l'opinion de l'auteur des Mémoires touchant 
la me et les écrits de madame de Sévigné. 
» Le procès de Fouquet exerça la plus baute 
influence sur tout le règne de Louis XIV, dit 
le baron Walckenaër. L^ papiers saisis ebez le 
surintendant furent portés directement au roi, 
qui les examina lui-même, connut ainsi les en- 
nemis cachés de son gouvernement, les secrets 
d«8 plus puissantes familles et les intrigues our- 
dies à l'entour du trône. L'arrestation de Fou- 
quet ne fut donc pas seulement une disgrâce 
personndle, mais un acte qui ;eut tout l'éclat , 
tûut le retentissement d'une affaire générale et 
d'un coup d'État. Elle inspira la terreur aux 
concussionnaires, et répandit parmi les grands 
et les courtisans une crainte qui les rendit plus 
souples et plus obéissants. » 

Du château d'Angers, Fouquet fut transféré à 
Àmboise, où il resta jusqu'à la fin de décembre 
1 6Û1, et de là à Yincennes , à Moret, et enfin à la 
Bastille, où il fut amené le 18 juin 1663. Pé- 
lï^on {voyez ce nom) , qui avait été son pre- 
mier commis, fut arrêté en même temps par 
ordre du roi et enfermé aussi à la Bastille. La 
femme et les enfants du surintendant avaient été 
cimduits à Limoges aussitôt après son arres- 
tation. Le reste de sa famille avait été éloi- 
pë de la capitale; personne ne put obtenir la 
permission de communiquer avec le prisonnier, 
même par écrit. Madame du Plessis-Betlierre 
Fut exilée à Montbrison, et les demoiselles de 
Menneville et de Montalais, filles d'honneur de 
la reine , furent reléguées dans un couvent. Par 
malheur, on avait trouvé dans les papiers de 
Fouquet, écrit de sa propre main, ce mémoire 
qu'il avait rédigé autrefois et dans lequel il énu- 
mérait les moyens de résister au cardinal Ma- 
zarin, dans le cas où celui-ci chercherait à 
Tupprimer. 11 y indiquait à sa mère, à sa femme, 
à son gendre, à ses frères , ce qu'ils auraient à 
faire pour sa délivrance. Sa femme devait se 
i-endre dans un couvent, et confier ses affaires 



à diverses personnes qu'il nommait. S 
devait s'enfermer à Belle-Isle , ses 
valent tenter de soulever le clergé. Oi 
outre demander l'appui du parlemenl 
interrogatoires, Fouquet se plaignit c 
lui dérobait chaque jour les pièces qui 
le plus servir à sa défense , pendant < 
substituait de fausses, capables de h 
dans lesquelles il s'en trouva, disait-il 
quoique les scellés eussent été appos< 
« Quant au mémoire incriminé, il sont 
regardait que le cardinal. Connaissani 
le mauvais vouloir du cardinal à soi 
sachant qu'il n'entreprendrait rien 
que quand il croirait pouvoir l'oppri 
plétement, il avait dû s'occuper des n 
chapper à sa vengeance, en ordonnai] 
sures de précaution ; mais ce projet d 
ment ne devait s'exécuter qu'en cas d' 
seulement. Du reste , il croyait avoi 
projet depuis longtemps, et niait qu'oi 
trouver sur une tsd^le en évidence, comi 
le procès-verbal de saisie. Quant à 
ment de Belle-Isle, il prétendait qu'i 
acheter cette propriété comme toute 
sonne, et que ce droit de propriété lui a 
celui de faire travailler à l'accroiss 
fortifications, à y réunir des canoi 
amasser des munitions. 

« Fouquet, pour avoir dissipé les fi 
l'État , et pour en avoir usé comme d 
propres , dit Voltaire , n'en avait pas 
grandeur dans l'âme. Ses déprédation! 
été que des licences et des libéra 
chute de ce ministre, à qui on avait 1: 
de reproches à faire qu'au cardinal M 
voir qu'il n'appartient pas à tout le 
faire les mêmes fautes. » Colbert, qui a 
les pièges dans lesquels était tombé le 
dant,continuaitde diriger cette vaste p 
et soufflait sa haine dans l'esprit des 
roi, informé que madame Fouquet la n 
sait les rapporteurs de l'affaire de soi 
jusqu'à ordonner au premier présida 
maintenir dans cet emploi. 

Le procès dura trois ans, avec un ap 
naçant de rigueurs judiciaires. Les am 
quet luttèrent pendant ce temps de dé 
et de courage. La Fontaine implora la 
surintendant dans une élégie touchante 
de Sévigné, dans une suite de lettres à P 
rend compte du procès de ce cher et 
reux ami, avec la plus grande soUic 
lisson le défendit avec éloquence. & 
mond , M"® de Scudéry se prononcé] 
pour lui ; Hcsnaut fit un sonnet sangl 
le persécuteur de Fouquet. Loret fit 
surintendant, et se vit enlever sa pe 
médecin Pecquet regretta toujours d 
séparé de Fouquet. Brébeuf, dit-on, t 
lade de chagrin. Les épigrammes lei 
jurieuses pleuvaient sur Colbert; des 



îDt les proTiBces afin d'échauffer la 
\euT de l'accusé. Gourrille distribuait 
0,000 écus pour sauver le surintendant; 
astlUe renfermait desgazetiers,des im- 
des coiporteui^s , des marchands, qui 
>ulu servir la cause de l'opprimé , et 
eut des cachots aux galères. 
) prétendait, comme procureur général, 
r être jugé que par le parlement; mais 
btenir d'autres juges que ceux que le 
nommés d'abord ; on regarda même 
1 tout ce qu'il put alléguer contre Ta- 
ireur général, et contre le chancelier 
>n ennemi déclaré, qui voulut présider 
ment, malgré les instances du surin- 
les murmures de toute la France. Ce 
vain qu'il renouvela ses protestations ; 
3éâe répondre devant les commissaires 
tété tirés par ordre du roi de tous les 
; da royaume. 

général Talon avait requis que l'an- 
endant Fouquet, accusé de péculat et 
)n, fût condamné à être pendu et 
nt que mort s'ensuive, en une potence 
ïet effet serait dressée en la place de 
Palais. De vingt-deux juges, neuf vo- 
[ûOTt , et les treize autres opinèrent 
innissement perpétuel et la confis- 
ses biens, comme « atteint et con- 
tas et malversations par lui commises 
finances dans les fonctions de surin- 

Le roi, Colbert, Le Tellier et les 
nemis de Fouquet s'indignèrent de 
, été mieux servis. « On s'attendoit 

écrit Guy. Patin (lettre du 23 dé- 
ï4 ), que par le crédit de M. Colbert, 
il. Fouquet seroit condamné à mort, 
)itété infailliblement exécuté, sans es- 
lucune grâce. » Anne d'Autriche avait 
madame Fouquet, mère du surinten- 
re jours avant le jugement : « Priez 
>s juges tant que vous pourrez en 
M. Fouquet, car du côté du roi il 
à espérer. » Racine assure, dans ses 
5 historiques, que le roi dit chez 
Vallière : « S'il avoit été condamné à 
aurois laissé mourir. » Du moins il 
peine prononcée par la chambre de 
géant « qu'il pouvoit y avoir grand 
sser sortir ledit Fouquet hors du 

vu la connoissance particulière 
des affaires les plus importantes de 
l commua la peine du bannissement 
I la prison perpétuelle, 
ivait été rendu le 20 décembre 1664* 

après, Fouquet partit pour le château 
I, où Saint-Mars {voyez ce nom), qui 
*d le geôlier de Laufiin et de l'homme 
î de fer, devait le garder prisonnier, 
i la Bastille le médecin et le valet de 
e Fouquet, de peur qu'étant en liberté, 
lassent avis de sa part à ses par^ts 

V. BIO€R. GÉNÉR. — T. XVin. 



FOUQUET 822 

et à ses amis pour sa délivrance. Dès que Fouquet 
fut arrivé à Pignerol, le 1 janvier 1 665, et enfermé 
dans le donjon, les inquiétudes du roi et les pré- 
cautions de surveillance s'accrurent successiye 
ment. Louvois, qui eut la prison de Fouquetydans 
ses attributions de secrétaire d'État de la guerre, 
enjoignit à Saint-Mars d'envoyer des nouvelles 
toutes les semaines, quand bien même il n'aurait 
rien à mander. Le roi signa l'instruction qui fut 
remise à Saint-Mars : elle défend que Fouquet 
ait communication avec qui que ce soit, de vive 
voix ni par écrit, et qu'il soit visité d<^ personne, 
ni qu'il sorte de son appartement pour quelque 
cause ou sous quelque prétexte que ce puisse 
être, pas même pour se promener; elle refuse 
des plumes, de l'encre et du papier au prison- 
nier, mais elle permet que Saint-Mars lui fasse 
fournir des livres s'il en désire, observant néan- 
moins de ne lui en donner qu'un à la fois et de 
prendre soigneusement garde , en retirant ceux 
qu'il aura eus à sa disposition, s'il n'y a rien 
d'écrit ou de marqué dedans ; elle charge Saint- 
Mars d'acheter les habits et le linge dont Fou- 
quet aura besoin , et de lui choisir un valet qui 
sera pareillement privé de toute communica- 
tion , et n'aura non plus de liberté de sortir que 
ledit Fouquet; elle autorise Saint-Mars à lui tsàre 
tenir un confesseur, en observant encore de 
n'avertir ledit confesseur qu'un moment avant 
qu'il doive entendre ledit Fouquet et de ne lui 
pas donner toujours la même personne -pour le 
eonfesser. 

Cependant , plus Saint-Mars était actif à empê- 
cher Fouquet d'écrire , plus celui-ci s'ingéniait 
à le faû-e. Il fabriquait des plumes avec des os 
de chapon, et de l'encre avec de la suie délayée 
dans du vin; il inventait des encres qui ne pa- 
raissaient qu'en les chauffant; il écrivait sur ses 
rubans, sur la doublure de ses habits, sur ses 
mouchoirs, sur ses serviettes, sur ses livres, 
sur son linge; et continuellement Saint-Mars, 
qui le fouillait lui-même , découvrait des écri- 
tures dans le dossier de sa chaise et dans son lit. 
Plusieurs soldats de la compagnie franche de 
Saint-Mars passèrent devant un conseil de guerre 
pour avoir parlé à' Fouquet; quelques-uns fu- 
rent pendus, d'autres envoyés aux galères. On 
ne veut à aucun prix qu'il ait communication 
avec le dehors : ses fenêtres sont garnies de 
claies, de sorte qu'il ne voit plus que le del ; il 
donne une pistole pour un couvent, on la garde; 
le médecin Pecquet formule un emplâtre, on en 
donne une copie au prisonnier, et on brûle l'ori- 
gmal après le lui avoir montré. Le roi désire 
qu'il ne se confesse qu'aux quatre bonnes fêtes 
de l'année. Un jésuite se présente à la porte de 
la prison ; on lui en interdit l'entrée. 

Des craintes et des soupçons s'étaient élevés 
dans l'esprit des amis de Fouquet. « Notre cher 
ami est par les chemins, disait W^^ de Sévigné en 
janvier 1665. Le bruit a couru qu'il était bien 
malade; tout le monde disait : Quoi ! déjà ? » 

11 



89S 

Cependant, la catastrophe qu'on redoatait n'eut 
pas lieu , et même la vie du prisonnier fut pro- 
tégée miraculeusement lorsque, en juin 166d, 
la foudre tomba en plein midi sur le donjon 
de Pignerol , mit le feu aux poudrières , et fit 
sauter une partie de la prison avec bien des 
yictimes, écrasées sous les mines. Fouquet, 
presque lui seul sain et sauf, conservé dans la 
niche d'une fenêtre, fournit à ses amis l'occa- 
sion de répéter que souvent ceux qui paraissent 
criminels devant les hommes ne le sont pas 
devant Dieu. A la suite de cet accident , il fut 
transféré au fort de Pérouse, d'où il revint à 
Pignerol. Guy Patin dit, au mois de septembre 
1670 : « n est certain que le roi d'Angleterre 
a écrit au roi en faveur de M. Fouquet; mais il 
n'y a pas d'apparence que M. Colbert consente 
à cette liberté, centre laquelle il a fait tant de 
machines. » Ailleurs , il dit que les jésuites , à 
qui Fouquet, leur çfrand patron du temps de 
ses richesses, avait donné tant de marques de 
raimificence ( plus de 600,000 ft. ) , s'employè- 
rent aussi, mais en vain, pat reconnaissance à 
secourir leur bienfaiteur. 

Quant au prisonnier, renonçant au bout de deux 
ans à lutter de ruse avec Saint-Mars, il se con- 
tenta, suivant le rédacteur du Procès de Fcuquet, 
d'exercer ses beaux talents à la contemplation 
des choses spirituelles, et composa de mémoire 
plusieurs traités de morale dignes de l'approba- 
tion de tout le monde, pour imiter le ver à soie 
dans sa coque , dont il avait fait son emblème 
avec cette devise : Inciusum îahor illustrât, 

A la fin de 1672 quelques adoucissements 
furent apportés à sa captivité. On lui remit une 
lettre de sa femme, avec permission d'y répon- 
dre eh présence de Saint-Mars ; depuis, d'autres 
lettres de M""' Fouquet lui parvinrent enc4)re 
par l'entremise de Louvois. Il obthit successi- 
vement d'écrire au roi et à Louvois; d'être ins- 
truit des succès du roi dans ses guerres , de 
recevoir par écrit des consultations de son mé- 
decin Pecquet et de plusieurs praticienft de Pa- 
ris ; de prendre l'air de deux jours l'un pendant 
deux heures chaque jour, sous la menace de re- 
tourner dans sa chambre pour toujours s'il es- 
sayait de lier des intelligences avec quelqu'un ; 
de communiquer avec le comte de Lautun {voy. 
ce nom), prisonnier d'État comme lui à Pigne- 
rol; de lire le Mercure galant, d'adresser des 
mémoires cachetés au roi , de jouer et conver- 
ser avec les officiers de Saint-Mars à tous les 
jeux honnêtes qu'il pouvait désirer, de se pit)- 
mener dans l'étendue de la citadelle accompa- 
gné de quelques soldats; de dîner avec W^^ dé 
Saint-Mars, quand même il y aurait des étran- 
gers, de passer des matinées et des après-dtners 
enfermé dans son appartement, en compagnie 
des officiers de la garnison du château ; enfin, 
au mois de mai 1679, il put embrasser sa 
femme et ses enfants. Sa femme s'établit même 
à Pignerol , et enfin on devait permettre à sa 



FOUQUET 314 

fille d'aller habiter an donjon une chambve au- 
dessus de la sienne, lorsqu'on apprit la mort M 
Fouquet. 

On fixe en général la date de cet événement i 
1680. Gourville dit, dans ses Mémoires^ que Foa- 
quet sortit de prison quelque temps a^^nt fi 
mort. K La comtesse de Vaux, sa belle-fiUe, d'il 
Voltaire dans le Siècle de Louis XIV^ i«'avaii 
déjà confirmé ce fait ; cependant oti croit le co» 
traire dans sa famille. Ainsi on ne Mit pas oi 
est mort cet infortuné, dont les moindres actiofl) 
avaient tant d'éclat quand il était puissant. » 

La correspondance de Lonvois avec Saint- 
Mars fait mention cependant de la mort de faut 
quet, que lui aurait annoncée une lettre de rel 
officier, écrite le 23 mars 1680. Ses amis croyaient 
alors qu'il allait obtenir sa grâce. « Vous savez, 
je crois , écrit Bussy, la mort d'apoplexie i\t 
M. Fouquet dans le temps qu'on lui avait |)er* 
mis d'aller aux eaux de Bourbon? Cette permis- 
sion est venue trop tard ! la mauvaise fortuDe 
a avancé ses jours. » Cette lettre singulière est 
datée de Paris le 25 mars 1680, deux jours seu- 
lement après la mort de Fouquet à Pignerol! 
Le 3 avril, W^^ de Sévîgné apprend ainsi cette 
nouvelle à sa fille, Mom de Grignan : « Ma chère 
enfant, le pauvre Fouquet est mort, J'en suis tun- 
chée : je n'ai jamais vupettlretant d'amis; cela 
donne de la tristesse.... M*** de 8cudéry est; 
très-afQigée de la mort de M. FoUttUet. Ealiiij 
voilà cette vie qui a tant donné de peine à coo-l 
server. Il y auroit beaucoup à dire là-dessus ; sa 
maladie a été des convulsions sans pouvoir vo- 
mir. » Le suriendemain, elle écrit enonre à ssi 
fille : « Si i'éiois du conseil de la famille del 
M. Fouquet, je me garderais bien de faire void- 
ger son pauvre corps , comme on dit qu'ils vont 
faire : je le ferais enterrer là ; il serait à Pigne- 
rol, et, après dix-neuf ans, ce ne serait pas de 
cette maniera que je voudrois le faire voïager. » 
Puis elle écrit encora à M. de Guitaud : « si la 
famille de ce pauvre homme me croyoit, elle m 
le ferait point sortir de prison à demi ; puisque 
son &me est allée de Pignerol dans le ciel, j'j 
laisserois son corps après dix-neuf ans : il iroit| 
de là tout aussi aisément dans la vallée de Josa- 
phat que d'une sépulture au milieu de ses pè- 
res ; et comme la Providence l'a conduit d'une 
manière extraordinaire, son tombeau le seroit 
aussi. » Cependant, le 9 avril, Lonvois écrivit à' 
Saint-Mars : « Le roi me commande de voitf 
faira savoir que sa majesté trouve bon que vons 
fassiez remettre aux gens de W^» Fouquet le 
corps de feu son mari, pour le fUre transporter 
où bon lui semblera. » Ce n'est pourtant qu'oOj 
an plus tard que le corps, transporté à Paris, fbl 
inhumé, diton, le 28 mars 1681 , en l'église dd 
couvent des Filles de la Visitation Sainte-Marie; 
mais aucun acte, aucune inscription ne le cons- 
tate , et son cercueil n'a pas été retrouvé dani 
des fouilles pratiquées à cette église vers 1840. 
Fant-fi supposer qu'on eraigi^ait de déplaire ai 



rotî(îtJiST 



316 



I en faitônt le tttùivAvè bruit autour de cette 
nbe; et en écrivant reniement, même sur un 
nbeàu, le nom de ce malheureux à qui ïe toi 
iTait pas ()ar<loniié; t>a bien, comme Timagine 
k bibliophile Jacob, la famille, craignant une 
[>!(titutîon de cadavre, Aurait-elle recuW devant 
s hotnmages rendus à nn mort étranger? 
H. Paroletti, (fai , au commencement du dix* 
QTième siècle, *i fait des recherches spé- 
lies à Pignerol , n'y a trouvé aucun Éete con- 
mant la mort de Pouquet. Î>*aprè8 ses re- 
erclies, il suppose que la mort de Fouquet a 
I avoir lieu à la tijladelle de tMgneroI, vers lè 
iliea du mois de tnat« 1680; que son corps a 
é probablement déposé dans tes caveaux de 
îglise Sainte-Claîre, jnsqn*à ce qu'il fût trans- 
>rtéà Paris; mais  n'apporte aucune preuve, 
pense que !a dispersion des papiers de ce 
mvent est la cause du manque dMndicatfonS 
récises. Comment expliquer cependant l'igno- 
iw» àela famille^ C^t néanmoins aller trop 
lin, aons le craignons, que d'inférer de ces difli- 
sftés, comme le feit M. Paul Lacroix, que 
Iftmroe au masque de fer n'est autre que Fou- 
Bèt,)iaTce que le roi voulait se débairasser des 
ftp(vrt*»ités de sa famifie et ne pas le rendre à 
iKbcrté; parce que sa mort n'est pasclair»- 
fw»t constatée et que c'est à partir de cette épo- 
^ qu'on voit poindre le prisonnier masqué; 
arce que c'est le même geôlier, les mêmes pré** 
autioBs, la même vengeance, etc. Mais d'abord 
^)iiqnet aurait ^îû<îore vécu dans ce cas vingt- . 
rois a&8 ; il aurait en à la mort du pnftendu 
iatchialy quatre-vingt-huit ans. C^estbeaucou]^ 
loar un homme qui aurait tant soulfrrtî D'ail- 
eors, les amis de Fouquet ne nous semblent pas 
><)«ter puéeisém^t de sa mort : les détâHs seuls 
»e leur en sont pas tteà connus. 
l>am sa prïson , Fouquet apprenait le latin et 
la pharmacîe à «es domestiques; il composait 
itt vers pieux à l'aide du jbictionnaire nies 
RiwiM; il imaghiait des onguents et des remè* 
^es poutdifltei«ents maux. Louv^ils ayant eU mal 
^^yeux, en 1678, ne craignit pas de hii faire 
*^toander p»r ï^abt-Mars de Vtau de casse-lH- 
nette vX tm mémoire sur la manière dottt elle se 
fe»t. Le 8 avril 1680, te même Louvois éCrït à 
SaintMars : « Viîtis avet eu tort de soufïHf 
qae M. de Vaux ait emporté tes papiers et tes 
^«t8 de M. Son pète , et vwas devfez faire «tt» 
fermer cda dans soft appartement. » Le ftecUBiî 
<^« &^c7iîcs de M. Fouquet ftit imprimé titt 
Hollande p» tes Ëlzevier, Ï665-1667, 15 rô- 
inmesîn-ii, malgré les négodations mena- 
ces de Colbert avec tes États-Généraux. Il 
contient tout le procès deï'ouqnet. Les défenses 
™fentsan8 doute écrites ou corrigées par lui. Pé- 
»S8on etLevayer de Ôôfutigny y coopérèrent. Une 
^nde édition, en 16 volumes , porte ce titre : 
®«pres de M. FouqMet, 16^6. On attribue à 
J^ïaquetles Cbn^ei^TÔê la Snge^è, ou recueil 
^^'ffioximes dé SatoVnm, publié parte père 



Bûutauld (vùy. eé nom), à Patis, en 1677. Ce 
ne iht qu'en juih 1683 que te père IkmtaUld put 
obtenir la permission d'imprimer la Suite ^dea 
Conseils de In Sagesse. En 1682 » le comte dé 
Vaux l^ttbUa une nouvelle édition des Con^^ts de 
la Sagesse, avec cette mention : Revue tî a'Ag*' 
menue par Vauteuf. On peut encore attribuer 
à Fouquet : Méthode pour converser avec Dim, 
1684, in-16, sorte dmtrait des Conseils de tu 
Sagesse, qui fut supprimé malgré ^approbation 
de la Compagnie de J^ésus; et Le i%éotogtm 
dans les conversations avec tes Sages et Ces 
grands du monde, 1683, in-4* , que le pènft 
Bontaud recueillit dans Ses papiers et dédia an 
roi. Le père d'Avrigny nie, il est vrai, que Fou*, 
quet ait composé cet ouvrage, qu'il revendique^ 
comme les précédents, pour le père Boutauld. 
« Mais il sulBra, dît M. Paul Lacroix, de com- 
parer «ntre eux tes dilfiérents livres publiés par 
le père BootauM ^puis 1680, pour s'assurei' 
qu'ils partent tous de la même main , et qUils 
ont été éorits sou Ai naême inspiration : en y 
retrouva à éhaque page f\>uquet et te prison- 
nier de Pignerol. i» Bien des passages en effet 
rappeltent une œrtaîM grandeur et une chute 
profdtide. Les CbHM^fo ^e fa Sagesse, contre- 
faits en Hollande avec les caractères d'Elzevier, 
à La tlaye , ont eu deptiis quatre au dnq édi- 
tions. 

Fouquet avait été marié deux Ms; sa pre- 
mière femme s^appelait Marié ï'oUrcbé, dame 
de Qoébillac , riche héritière de Bretagne -, là 
seconde se nommait Marie-Mad€*eîne de Castillc- 
Viîlemareuil, fille unique de François de Castltle, 
maître des requêtes, puis président aux requêtes 
du Palais, née en 1633, morte en 1718. Choisy 
l'accuse de fierté et d'insotence; mais il dft 
qu'elle Changea beaucoup après la tïiute de son 
mari. Depuis la condamnation de Fonquet, elle 
assiégea le roi de placetset de sollicitations pour 
obtenir que la prison du surintendant fût chan- 
gée en exil (l). H n'eut du premier Ht que Marie 
FotTQimT, mariée, en 1657, à Armand de Béthune, 
duc dé Charost , pair de France, gouverneur de 
Calais et pays reconquis, lieutenant général en 
Picardie et au pays de Hainault, chevalier des 
ordres du Roi. Du second Ht il laissa Louis-Ni- 
cotas FotjQXJET, comte de Vaux, vîcohite de Me- 
lun, qui épousa Jeanne Ôuyon ^ et mourut en 
1705; CharleS'Armanà , prêtre dé POratoîre; 
Louis, marquis de Belle-îste; et Mafie-Magde- 
leine, qui épousa Emmanuel de Crussol d^Ûsêz, 
marquis de Montsalé^. 

(1) On Utnive «n flè èét «iMiets (>i«i««llé «in toi 16 
Jour et sa fête dans le 1'' voMme 4les Mémxfires Ms- 
toriques et authentiques sur la BtutiUe,- une harangue 
de M*»« Po(r()uel&û rot flmmX Aatnnn peVtt Itvfe tatltuTô : 
FormuUHrê 4ttt itucriptions et satÊbêeriptUsM Hes fBttres 
dont le roi de France est traité par tout les potentats 
de VEurope et dont il les ircMe réciproquement. Les 
exemplaires de ce petit f r-16 eurent beaucoup de peine 
à s'introduire en France, dit le bibHophile Jacob, quoique 
le sujet adulateur de Vouvrage eût été imaginé sans 
doute pour servir de recommandation à la harangue. 

11. 



3S7 FOUQUET 

he sarintendant avait cinq frères et six sœurs. 
L'atné, François, mourut archevêque de Nar- 
borme, en 1673 ; le second, Basile, abbé de Bar- 
beau v, deRigny, fut chancelier des Ordres du Roi ; 
le troifiièiiie, Yves, mourut jeune, conseiller au 
partemeui de Paris, sans avoir été marié; les 
deux derniers forent Louis, évéque et comte 
d^AjEjde, et Gilles , premier écuyer de la grande 
écurie j mort en 1694, marié à Anne d'Aumont, 
fiJIe du marquis d'Aumont, gouverneur de Tou- 
raJDe. Ses sœurs avaient toutes été religieuses, 
cinq de Tordre de Sainte-Marie, et une abbesse 
du Parc aux Dames. L. Lodvet. 

Aljb* de Choisy, Mémoire* pour servir à l'histoire 
du riçne de Louis XI F. — D'Auvigny, Les Fies des 
hommei illustres de la France, t. V. — voltaire, Siècle 
At Lmis Xir. — M«»e de Sévlgné, Lettres. — Guy Pa- 
Uit, Lgiîres. — M«»e de MotteviUc, Mémoires pour ser- 
vir é t'hiitoire de la- reine Anne d'Autriche, — M»« de 
Hompen^Ler, ilf^moir65. — Marquis de Montglat, Mé- 
moires. — Gourviile , Mémoires. — M"" de La Fayette , 
Hisi^ïr£de. Mm» Henriette d'Angleterre.— Paul.L. Ja- 
cob, blbticspliile, Hist. de V homme au masque de fer. — 
Dclarl, lU&t. de la détention des philosophes. — Modeste 
Pareil? ttl , Sur la mort du suriittendant Foucquet ; no- 
tices recueillies à Pignerol. — Dufey (de l'Yoone), no- 
tice àam \Q JHct. de la Conversation. — Sainte-Beuve, le 
siirintEndaQt Fouquet , dans les Causeries du lundi. — 
P. Clément, arUcle Fonquet, dans l'Histoire de Colbert. 
— Walckena«r, Mémoires touchant ta vie et les écrits 
de Mm* 4e Sévigné. 

* FOtTQUET OU FOUCQUÉT (ZoMw), prélat 
friinçaîs, frère du surintendant, mort en 1703, 
évêque et comte d'Agde, maître de l'Oratoire du 
roi, joua un certain rôle dans les troubles de la 
Fronde. On lui attribue Tinvention du signe de 
ralUeiï^ent du papier, qui fut alors opposé à celui 
de Ja paille. Il devint un moment le médiateur 
de la paîK entre] la cour et les princes. Le car- 
dinal de Ketz prétend, dans ses Mémoires, que 
Tabbé Fouquet proposa à la reine de le faire as- 
sassiner. Il chercha toujours à perdre le coadju- 
tcur à la cour, et se montra en tout temps le 
prora^iteur et l'exécuteur le plus ardent des ré- 
M>lu lions prises contre ce chef de la Fronde. At- 
taclié à Mazarin, l'abbé Fouquet servit d'inter- 
médiaire entre son frère et le ministre exilé. Les 
deux frères ne restèrent pas toujours d'accord , 
si J'en en croit Choisy , qui raconte une querelle 
qu'ils auraient eue dans l'anti-chambre du car- 
dinal Mazarin, deux mois avant sa mort L'abbé 
aurait repi-oché au surintendant des dépenses 
exc^.'if^îves - le surintendant se serait moqué des 
dépenses inutiles de l'abbé pour faire l'agréar- 
ble à M™*' de Châtillon. En tous cas, les deux 
frères ne restèrent sans doute pasjennemis. Après 
la di^gr&ce du surintendant, l'âbbé Fouquet 
reçut l'ordre de se retirer dans ses abbayes. 
Vers la fin de sa vie, âgé et infirme, il dut confier 
la direction de son diocèse à son neveu, l'abbé 
Charies- Armand Fouquet, qui la garda jusqu'à 
la mort de son oncle. L. Louvet. 

M>J^ de Montpensier, Mémoires. — Cardinal de Retz, 
Mémoires. — Guy Joly, Mémoires. — Marquis de Mont- 
glat, .^/fmoire5. — GourTiUe, Mémoires. — Cliolsy, Mé- 
mûirst pour servir à Fhistoire 4e Louis XIF. — Tallc- 
UQent des R4aux, Historiettes. 



* FOUQUET ou FOUGQUBT ( 

mand), abbé, fils du surmtendant 
le 9 août 1657, mort à Paiis, le i 
^734 , entra dans la congrégation 
vers 1680. En 1701 il alla à Agde, 
ner le diocèse de son oncle , et l'ad 
dant dix-huit mois. Il fut ensuite su| 
rainaire de^Saint-Magioire à Paris de 
En 1711 il devint assistant dugém 
toire jusqu'en 1717. « C'étoit, dil 
homme d'une grande sagesse, très 
matières ecclésiastiques et non m 
table par ses vertus que digne de 
son esprit, sa rare prudence et ses 
particulièrement avec Amauld et ] 
un des légataires universels de ce 
abbés Bignon, Boileau, Couet et I 
aussi ses amis. Le cardinal de No 
corda également sa confiance. L. 
Moréri« Grand Dictionnaire historiqu 

* FOUQUET OU FOUCQUET (2 

quis DE Belle-Isle , baron de Yilu 
DE PoMAi, fils du surintendant , et 
cèdent, né en 1660, mort à Parii 
1738, fut d'abord chevalier de Saii 
nisalem ; mais n'étant point profè 
croix, et épousa Catherine-Agnès de 
tait présenté à tout, au dire de Saint 
le roi n'avait voulu de lui pour rii 
son mariage : le maréchal de Belle-] 
Louis-Charles-Armand, chevalien 
Marie-Anne-Madeleine, morte en 
à Afarc- Antoine Yalon, baron de M 
Marie-Madeleine, morte en 17^ 
Louis, marquis de la Yieuville. L 
Morérl, Grand Dictionnaire Mstoriqui 
FOUQUET (Charles- Louis -A 
comte, puis duc deiBelle-Isle, 
France et ministre , né à Yillefranc 
gue, le 22 septembre 1684, mori 
26 janvier 1761. Petit-fils du suri 
finances, il entra à seize ans dan 
quetaires, fut nommé capitaine d 
ment de royal-cavalerie en 170 
cette qualité les campagnes d'Aile 
Rhin, dans lesquelles sa bouillan 
fit recevoir plusieurs blessures. Il 
deux batailles d'Hochstett, à celle < 
à la prise d'Augsbourg; il passa ei 
mée d'Italie en qualité de mestre < 
régiment de dragons qui portait i 
distingua sous Yendôme, revint en 
mées du Rhin et de Flandre, et 
avec Boufflers. H fut un des otagei 
la reddition de la place. Nommé 
dragons, il fit encore les campagnes 
et du Rhin, sous les maréchaux d 
Berwick ; servit dans la guerre de 
l'Espagne, en qualité de raaréclu 
grade qu'il avait obtenu en 1718 
en 1727 le camp de la Moselle, I 
et fut créé lieutenant général en 



w 



i^ 



erwick à rarmée da Rhin, et obtint 
goa^ernement des Trois-Éyèchés. 
lort de Charles VI, empereur d'Alle- 
fiit envoyé près des princes en qua- 
assadeur extraordinaire et plénipo- 
i ne contribua pas peu à faire élire 
l'électeur de Bavière ; il assista à son 
lent, et déploya une magnificence qui 
éme ('«lie de la plupart des électeurs, 
isé avec raison^d'avoir poussé le roi 
rre de Sept Ans, qui ne rapporta rien 
i; mais Belle-Isley gagna des grades 
)rations. Créé maréchal de France en 
Iques jours avant son départ pour 
et duc de Gisors Tannée suivante , il 
l'empereur d'Allemagne le titre de 
'Empire, et du roi d'Espagne la déco- 
a Toison d'Or. Il commanda l'armée 
5, et remporta de brillants avantages; 
de Prusse, en traitant avec la reine 
!, affaiblit les forces de l'empereur, et 
ançaise fiit enfermée dans Prague, 
yant reçu l'ordre de quitter Prague et 
l'armée, montra une habileté peu or- 
is la retraite qu'il fit à travers un pays 
par un froid excessif; les ennemis 
pas entamer un seul de ses régiments. 
ir commandé l'armée du Rhin sous le 
nntement avec Noailles, Coigny et 
, il fut envoyé à Munich pour convenir 
»is alliés du plan de la prochaine cam- 
êté à son retour, sur le territoire de 
sous prétexte qu'il n'avait pas de 
s, il fut conduit en Angleterre, et y 
lu pendant six mois. Rendu à la liberté 
août 1745 , il alla prendre le comman- 
l'armée de Piémont sous l'infant don 
Força les ennemis à repasser le Var, 
i Vintimille et à Montauban, et leur fit 
X mille prisonniers. La paix se conclut 
! 1748. De retour en France , le maré- 
elle-Isle fut créé pair par le roi, et 
i l'admit dans son sein, sans doute 
)roclamations et discours aux armées ; 
uscule qu'on lui a attribué n'est pas 
lui. Le 16 mai 1756 , il fut nommé mi- 
tât, et secrétaire d'État au département 
re en mars 1758. Il opéra des réformes 
lépartement, mais s'attacha beaucoup 
s choses et accueillit trop légèrement 
is des projets inexécutables, k J'ai fait 
>, disait-il, mais je n'ai jamais eu Tor- 
lolede ne pas en convenir. » On lui 
iproché d'avoir trop aimé les femmes ; 
me grande sobriété. Le duc de Belle- 
ne grande part aux affaires politiques de 
dans la première partie du dix-huitième 
i'il n'agit pas toujours dans les véritables 
e la France , il ne faut accuser que son 
lent et non son cœur ; il avait le culte 
eiir et l'amour de son pays. Il déploya 
été consommée dans ses négociations : 



rOUQXJET 330 

Frédéric, après le couronnem^t de Tempereur, 
l'appelait « le législateur de L'Allemagne ». I] 
mourut après une longue maladie ; il était dans 
la soixante-neuvième année de son âge. Le père 
Neuville prononça son oraison funèbre. 

H. C. 

Voltaire, Siècle dé Louis Xr. - Ueretdle, Histoire 
du dix-huitième siècle. — Slsmoadi, Histoire des Fran- 
çais, t. XXVII, XXVHI, XXÏX. - De Courcelles, Die- 
tionn. des Généraux français. — Soulavie, Mémoires 
dé Richelieu. - Mercure historique {SiOùi 1768). 

FOUQCÉT (Louis- Marie de), comte de 
Belle-Isle, duc DE Gisors, fils unique du pr^ 
cèdent, né à Paris, le 27 mars 1732, mort en 
1758. Il commanda, encore tout jeune, un régi- 
ment que lui fit donner son père , obtint le gou- 
vernement des Trois-Évéchés et la lieutenanat 
générale des duchés de Bar et de Lorraine, dont 
son père se démit en sa faveur. I) montra eu 
Allemagne et sur le Rhin une brillante valeui-. 
Il donnait les plus belles espérances , lorsque , 
dans une charge imprudente qu'il fit à Crevelt , 
à la tète d'un régiment de cavalerie, il reçut une 
blessure dont il mourut quelques jours après. S il 
mort excita des regrets universels : il n'avait pas 
vingt-six ans. H. C. 

De Coprcelles, DictUmn. des Généraux français. 

FOUQUET ( Charles-Louis- Armand de), 
chevalier, puis comte de Belle-Isle , frère du 
maréchal de France, né à Agde, le 19 septembre 
1693, mort le 19 juillet 1747. Il entra dans les 
mousquetaires en 1707, fut fait capitaine dans 
le régiment de dragons de son frère , servit en 
Flandre et sur les bords du Rhin comme colo- 
nel, et se trouva dans Lille avec Bouffler$* 
Mestre de camp d'un régiment de dragons, il Ot 
la campagne de Flandre, et son régiment fut 
réformé bientôt après. Il reprit du service eu 
1733, comme volontaire à l'armée du Rhin, ae 
trouva au siège de Kehl , fut fait brigadier en 
1734 et maréchal de camp en 1738. Il s'était dis- 
tiDgué par une action d'éclat à Trarbach sous 
Berwick. Ayant accompagné son frère à Franc- 
fort, il fut chargé d'annoncer an roi la nouvelh^ 
du succès de la négociation , et il reçut le grade 
de lieutenant général le 27 février 1742. Il fut 
employé en Bohême en cette qualité, se dis- 
tingua à Suffelsheim , et soumit la partie de l'Au- 
triche cx)mprise entre le Danube et le lac àv, 
Constance. Arrêté et conduit en Angleterre avtîr; 
son frère, il servit sous lui à son retour dans^ 
le Piémont, le seconda vaillamment durant U 
première campagne, et fut tué d'un coup de feu, 
à la tête des troupes qu'il conduisait , en voulant 
forcer les retranchements du col de l'Assiette 
qui couvraient Exiles et Fenestrclles. 

Moréri, Grand Dictionnaire historique. — Botta, 
Storia d'Italia, l. XLV. - Lacretelle, I. Vin. 

FOCQiTET ( ffenri ) , médecm français , né k 
Montpellier, en 1727, mort dans la même ville, le 
10 octobre 1806. Il fit son éducation chez les jésui- 
tes, et dès lors il montra un penchant décidé pour 



4 



À > 



i 



3ât FOUQUET 

l'Mde de la mééMÎM; mai» «on père ta fit en- 
trer dana le cemmerce. Cette carrière lui déphit ; 
il la qnitta promptement, s^attaeha, comme se- 
crétaire intime, à im iMMnme qui occopait one 
place éleTée dans la diplomatie, et le suivit à 
Pari*. J\ devint ensuite secrétaire général de 
l'iatendanee du RousnUoD, et revint enlin dans 
sa ville natale. Quoique ftgé de trentodeux ans , 
U résolut de commencer ses études de la mé- 
decine; il y porta la sagacité d'un esprit déjà 
formé, dans la capitale, par la fréquentation 
aasidue dea cours au Jardin du Hoi et des 
lâbiicîtbèques puWiques. 11 fut reçu bachelier 
en i7ôi9, et soutint à cette occasion une thèse, 
De Fi^rx Natura, viribus et morbis in car-^ 
pore anitÊiali ; Montpellier, 1759, in^". Après 
avoir exercé la médecine avec succès à Mar- 
seille pendant quelques années , il se fixa , en 
1766, à Montpellier, et dès Tannée suivante il 
publia son Essai swr h pouls , considéré par 
rapport au» affections des principaux orga- 
nes; Montpellier, 1768, in-8''. Peu de temps 
après , il fut nominé médecin de l'hôpital mili- 
taire de la citadelle. Partageant son temps enbre 
la pratique et l'étude, il se fit connaître dans le 
monde savant par d'impoirtantâ ouvrages. Il avait 
déjà founû à V Encj^lopédie les articlea Sensi- 
bàlité et VésioatoÂre^ qm, suivant Desgenettes, 
H hju av^eat fait beaucoup d'honneur, » mais 
que Fouquet lui-même jugea plus tard avec une 
extrême sévérité. Il publia en 1780 une tra- 
duction des JHémoires de lind sur les fièvres 
et la contagion , et une autre de l'ouvrage de 
Dimadale, sur Vinoculation de la petite vé- 
role; il ajouta à celle-ci un mémoire qui, sous 
le titre de Traitement de la Petite Vérole des 
enfants (Amsterdam, 1772, \nA2), contribua 
beaucQup à répandre la pratique de ce préserva- 
tif. Il remplaça e^ 1782, à l'école de médecine, 
Imbert et Barthez, retenus à Paris par d'autres 
fonctions, et pendant trois ans il enseigna la 
physiologie ; il remplit ensuite avec succès la 
chaire vacante pw la mort de Sabatier. 

Lorsque les écoles de médecine furent réor- 
ganisées, i) preilessa dans celle de Montpellier 
la médecine clinique , et le mode d'enseignement 
qu'il adoptai fut aussitôt suivi dans les univer- 
sités étrangères. Peu après, il rendit compte de 
cette méthed^ dans son Discours sur la Cli- 
nique, Jê^X^^^r^ 1803, in-4''; et il y joignit, à 
Texemple de $»y4eBham , le Tableau des Obser- 
vations reeu^He^ dans ses leçons. Fouquet 
était médecin des salles militaires à l'hospice civil 
de Montpellier, et on le regardait eomrae l'oracle 
de l'école boette ville. « )| réimissait, dit Des- 
genettes , tout ce qui peut donner l'idée d'un phi- 
losophe et d'un médecin. Aux dons de l'esprit, 
dont la nature l'avait comblé, elle avait ajouté une 
taille élevée et imposante, une figure décente, 
noble, cabne. Son urbanité vraiment attique tenait 
à des mceors douces... La littérature grecque ne 
lui était point étrangère, et il faisait ses délices de 



la leistmre de Luopèoe, d^oraee, é 
Parmi les médecins qu'il prisait le p 
Ifippocrate, et loin après lui Galiei 
parmi les anciens ; Bâillon , Sydenhai 
parmi les modernes. Il ne cariait { 
amis l'admiration que les éclairs de V^ 
lui avaient parfois arrachées. » Outre I 
déjà cités, on a de Fouquet : De Corpo 
Hippocratis , seu de textu mucoso 
ibid., 1774, in-4'; — Preelectiom 
deeemin Ludovicœo Monspeliensi ; : 
in- 12; — De nonnnllis morbis c 
œsophagii; ibid., 1778, in-4°; — J 
medica de diab€ta;\\Âô.f 1783, in- 
servaiions sur la constitution da 
miers mois de Vnn v; 1798, in-4*. 
Oomas, Éto9ê de Fnufuét; MontpeUier. 
mes, Éloo* de Fouquetf ibid., 1808. -- Des 
ticle Fouquet, dans la Biographie rnédica, 

FOUQUET (Jean-François), m 
français, vivait en 1729. 11 entra dan 
de Jésus, et fut choisi pour aller fair 
pagande catholique dans l'Asie centi 
prit rapidement la langue chinoise et 
idiomes du pays. U s'instruisit alo^ 
tliéogonie du céleste empire, et fut 
reconnaître de grandes ressemblance 
leraent avec le dogme chrétien, n 
avec les prophéties contenues dans le 
Saintes. Selon lui , le Chou-King { 
de Confucius ) n'est qn^'une paraph 
Genèse , et les glorifications adressa 
Wang et à Tcheou-Koung, dans le C 
sont que des ' hymnes en l'honneur 
On comprend combien cette iaterpréi 
cieucieuse ou habile dut aider au p 
parmi les Chinois, qui se trouvaient a 
à changer que les noms de leurs diei 
venir les aînés des chrétiens dans la 
vélée. D'austères théologiens s'élevè 
les rapprochements du P. Fouquet, ei 
ses moyens de conversion. Kéanmoiui 
à Rome, en 1720, le pape Clément XJ 
le titre d'évêque d'Eleuthéropolis. l 
pas que Fouquet, soit retourné en C 
que Fourmont composa sa grammair 
l'Académie des Inscriptions lui con 
soumettre au P. Fouquet, comme se 
d'apprécier ce travail. On a de lui 
chronologica histor'uv Sinicœ, 172 
feuilles , dans lesquelles le nom des 
chinois et la relation des principaux ( 
de leur règne se trouvent retracés, 
donne une série complète des Nu 
noms d'années. Matth. Seutter a | 
réimpression de cette feuille , Augsbc 
in-fol-, avec table chronologique eu 
in-fol.; — une Lettre adressée au 
Force, et insérée dans les Lettres i 
t. V. Cette missive donne des déta 
sur l'armée chinoise et sur les bonz< 

A 

Abel de Rémusat, Mélanges. 



FOUQUIER — FOUQUIER-TINVILLE 



IMU ( Pimr^Éloy ), médecin frae- 
I MateMmy (. Picardie), le 24 juillet 
rt à Paiia^ ai 18&0. Il étudia la mé- 
Paria, où il rât tui 1794; au bout de 
nuiis, il était plaeé e« qualité de dur 
) troiaiènie clasae à l'École de Mars; 
ttôt il rerât eontinoer ses études 
fve de l'Éoole de Santé, ojl il remporta 
r prix. Sa thèse inaugurale fui un» 
aradoxe, qui eut cependant quelque 
ille avait pour sujet les Avantages 
siiiuiiQn débile (1802, in-S*"). £n 
Lt nommé médecio suppléant à Tbô- 
«a Charité, et en UU il ouvrit un 
athologie, auquel il joignit bientôt dea 
iques. Ses sueoès comme professeuret 
iticien le irantnommer, en 1820, pro- 
a Facsntté de MédeeîM, Il n'avait m- 
3, que divers mémoires de thérapeu* 
oatière médicale cA ci'anatomie patbo- 
répoque du blocus «nntiuental, il avait 
, par le doyen de la Faculté de Paris, 
ner les vcotus relatives des substances 
afin de suppléer, autant que pos- 
[Uiaquina. Il fut désigné aussi par la 
or ^er, avec d'autres jeuues méde- 
r des secours ausi habitants des dépai- 
e l'est, qqi à la fin de l'année 181 a 
:eints du typhus contagieux,- sévis- 
cette partie de la France. Son dévoue- 
i cette occasion lui valut la décora- 
Légion d'Honneur. A son retour, le 
ait pénétré dans Paris ; Fouquier se 
une salle de l'hôpital de La Charité 
exclusivement à cette maladie. A la 
orvisart, il fut titulaire de l'enseigne- 
ia clinique interne, qa*il faisait déjà 
ilque temps. Lors de la nouvelle or- 
de la Faculté, qui eut lieu en 1823, il 
i professeur de clinique. Il fut aussi un 
res de l'Académie de Médecine dès 
on de ce corps. Charles X et Louis- 
I mirent au nombre de leurs méde- 
Itants. Lorsque la duchesse de Berry 
arcérée à Blaye, il reçut la mission 
Dstater sa grossesse, et s'acquitta 
dère satisfaisante de cette mission dé< 
a mort de Marc, Louis- Philippe le 
»n premier médecin, et peu de temps 
t promu au grade d'officier de la Lé- 
[meuf. Fouquier est auteur des écrits 
Traduction des Éléments de Mede- 
rown : 1805, in-8°; — Considéra- 
irales ^ur le mode d'administration 
amenés, et observations sur Vusage 
le Vacétate de plomb ; publiées par 
ler ; 1820, in-8^ ; — Traité de Mé- 
Oelse , trad. en latin et en français , 
Ratier ; 18?3, in-8°. Il a publié aussi 
ires suivants dans le Bulletin de la 
le Médecine, depuis 1814 : Sur les 
s de la noix vomique et de la strych- 



334 

ritne dam la paralysie;^ Sur la vertu ée Ta- 
cétate de plomb pour arrêter Us sueurs des 
phthisiques; — De Vaction de la jusquiame, 
du lautier'cerise, de la laitue vireme et de 
plusieurs autres substances narcotiques ; — 
Sur la vertu comparative des divers succé- 
danées de ^uinf uir«a;-^avQc M. Frédéric Bour- 
don, Mémoire sur les a/Jeciions chroniques 
de Vestomac et des autres viscères de Vub- 
demen, Fouquier était aussi l'un des rédacteurs 
du Journal de Médecine. Guyor nE Fère. 

Sarnit, Biog. de$ Hommes Ou Jour, 1. 111, f« partie. — 
SacbaUle, Les Médecins Ae Paru. - Rabbe, etc., Bioç. 
port, des Contemporains. 

POUQUIUR-TIN VILLE (Àntoine-Quentin), 
fameux accusateur public , né à Hérouel ( Ar- 
tois), en 1747, guillotiné à Paris, le 8 mai 179ô. 
li était fils d'un cultivateur, fit ses études à 
Saint-Quentin, vint à Paris faire son droit, et y 
acheta une charge* de procureur au Châtelet ; 
malgré beaucoup d'activité , d'inteUig^aice et une 
grande facilité d'élocution , il ne réussit pas, à 
cause de son inconduite , et il fut forcé de vendre 
sa charge, sans pouvoir acquitter ses dettes. Ré- 
duit aux expédients ponr vivre, il adressa, en 
1781, à Louis }^yi, des vers médiocres, que 
l'abbé DeliUe a recueillis dans les notes de son 
poëme de La Pitié. II dut à cette flatterie un 
modeste emploi de commis dans Içs bureaux de 
la police. Lors de la révolution, il se rangea vio- 
lemment du côté des plus hardis démocrates, se 
fit remarquer dans la journée du 14 juillet, et 
devint bientôt commissaire de son district ( Saint- 
Merry ). La veUle du 10 août, il passa la nuit à 
la commune, et se mêla le lendemain aux plus 
exaltés révolutionnaires. Robespierre et Daoton 
le firent nommer, le 10 mars 1793, juré au tri- 
bunal révolutionnaire ( c'est la date de l'institu- 
tion de ce tribunal) ; son instruction, son air de 
froideur, un certain esprit de saillie le firent élire 
directeur du jury, puis accusateur public. Cette 
place parut suffire à son ambition. Il se regardait 
comme ministre de la justice politique; le comité 
de salut public devint son souver^n, les jurés et 
le bourreau furent ses commis, de degrés diffé- 
rents. Il n'interrogeait que pour la forme, et ses 
recherches avaient pour objet non de s'éclairer 
sur la culpabilité de l'accusé, mais de remplir une 
formalité judiciaire en taillant de la besogne au 
bourreau. Le scôr, vers dix heures, il allait rendre 
contpte au comité de salut public de ce qui avait 
été fait à l'audience du joui* ; c'était à Robes- 
pierre, à Billaud-Yarennes ou à Collotd'Herbois 
qu'il s'adressait. Il exposait ses conjectures, ses 
découvertes, et revenait avec des ordres nou- 
veaux ou définitifs qu'il faisait exécuter le len- 
demain. Les jurés l'attendaient ; il donnait le mot 
d'ordre à la section en activité; c'était de frapper 
ou d'acquitter. 11 était logé au Palais de Justice, 
et ne sortait guère que pour aller le jour au tri- 
bunal et la nuit au comité. 

Ce fut devant lui (24 avril 1793) que parut 









w 



a\ ) 



335 FOUQUIBR-TINVILLE — 

Marat, rais en accasation par FAsserablée natio- 
nale. Il contribaa à Tacqnittement; raaia il mé- 
prisait Taccasé, dans lequel il ne Yoyait qu'une 
(c bête féroce ». Il dénonça à la ConTention Mon- 
tané, juge à son tribunal , comme coupable dln- 
dulgence. « Montané a laissé voir, disait-il , des 
sentiments girondins dans le procès de Char- 
lotte Corday. » Ce fut lui qui plus tard accusa 
et fit condamner à mort Hébert et toute la cora« 
raune de Paris ; ce fut lui qui requit la mort 
contre Danton et ses amis ; cependant, par ins- 
tants, dans cette dernière affaire, il parut fort 
embarrassé, et prit les ayis de Saint Jnst. Lorsque, 
le 22 prairial an ii, on réorganisa le tribunal 
révolutionnaire, Fouquier-Tinville fut maintenu 
dans ses fonctions , ainsi que Dumas, CofQnhal, 
Herman , etc. Le 9 thermidor il reste chez lui. 
Le 10 il eut à constater Tidentité de Robespierre, 
celle de la plupart de ses chefs , de ses collè- 
gues, mis hors la loi et traînés à la barre. Aux 
observations de quelques jurés qui s'interro- 
geaient sur ce qu'ils avaient à faire, il répondit : 
« Tout cela ne nous regarde pas, nous autres 
hommes de justice : c'est de la politique, la jus- 
tice doit avoir son cours. » 

Le 12 thermidor, Barrère, dans un rapport sur 
â nécessité de continuer les pouvoirs du comité 
de salut public, proposa de maintenir Fouquier- 
linville dans ses sanglantes fonctions ; mais des 
murmures universels éclatèrent aussitôt : Fréron, 
qui avait lui-même une odieuse célébrité, s'écria : 
«c On demande que Fouquier-Tinville aille cuver 
dans les enfers le sang dent il s'est enivré ». £t 
l'assemblée décréta le 14 qu'il serait jugé. -Il 
demanda à comparaître à la barre de la Conven- 
tion : il s'y présenta le 21, et rejeta tous ses actes 
sur Robespierre. Cependant, l'instruction traîna 
en longueur; on espérait tirer de Fouquier des 
révélations sur les hommes et le gouvernement 
de la terreur. Il publia en effet un Mémoire où 
il rapporte des détails horribles sur la justice 
révolutionnaire; mais U ne parvint pas à se dis- 
culper des atrocités dont il fut l'ignoble instru- 
ment. Le tribunal se constitua en permanence; 
le procès dura quarante- un jours, et occupa une 
dizaine de séances; 200 témoins à charge et au- 
tant de témoins à décharge furent entendus. Fou- 
quier fut convaincu « d'avoir fait périr une foule 
dindividus de l'un et de l'autre sexe et de tout 
âge sous le prétexte de conspiration , d'avoir fait 
juger en trois ou quatre heures jusqu'à soixante 
ou quatre-vingts personnes, sans que les formes 
légales fussent respectées ni épuisées, d'avoir fait 
encombrer des charrettes, préparées le matin , 
de victimes qui n'étaient pas désignées et contre 
lesquelles les jugements, signés en blanc, ne con- 
tenaient aucune disposition; d'avoir requis et 
ordonné l'exécution de plusieurs femmes qui 
s'étaient déclarées enceintes. » Ce misérable es- 
saya de se défendre , et teimina son plaidoyer 
par ces paroles : « La Convention a mis la ter- 
reur à l'ordre du jour : elle a proclamé l'extermi- 



FOUQUIER D'HÉROUEL 336 

I nation des rebelles : les comités me les enroyaient 
I pour que je remplisse les formalités du j ugement 
Je n'ai fait qu'obéir à vos ordres , citoyens repré- 
sentants, et vous m'accusez t Lequel de vous m'a 
fait entendre une parole de réprimande ? Le sang 
découlait de la bouche de tous vos orateurs , et 
vos décrets surpassaient encore vos tribuns. Si 
je suis coupable, vous l'êtes tous, et j'accuse TAs- 
semblée entière. Je n'ai été que la hache de la 
Convention : punit- on une hache? » (1). 

Condamné avec quinze autres ag^its delà 
justice révolutionnaire, il demanda à être promp- 
tement exécuté. Le lendemain ii fut conduit à 
réchafaud. Quelques hommes du peuple poursui- 
vaient la charrette de leurs huées, et lui criaient: 
« Tu n'a plus la parole aujourd'hui » ; par allnsioa 
à ce qu'il disait aux malheureuses victimes qui 
voulaient se justifier devant son tribunal). A quoi 
il répliquait avait cynisme : «Et toi, canaille, 
imbécile, va chercher tes trois onces de pain à 
la section ; moi du moins je meurs le ventre 
plein. » 

Fouquier-TinviUe avait la tête ronde, les ch^ 
veux noirs et unis, le front étroit et plissé, les 
yeux petits , le visage plein et grêlé, le regard 
sombre et pénétrant, la taille moyenne et la 
jambe forte. Son organe était bref et sourd, sa 
parole laconique. Il aimait la vie aisée, élégante, 
et la rechercha comme un but. 

<c En 1S29, dit M. Fayot (auquel sont empruntée 
les principaux passages de cette notice ), une 
femme mourait dans une mansarde de la rue 
Chabannaïs. Nul ne se présenta pour recneîHir 
l'héritage , pas même sa fille , pauvre demoiselle 
de comptoir à Château-Thierry. Le gouverne- 
ment hérita donc et fit vendre le mobilier, qui 
rapporta 253 francs. Il y avait quelques vienx 
meubles, quelques papiecs . deux ou trois livres 
de piété, un Christ, une relique, un portrait 
gravé et une médaille de cuivre. Le portrait était 
celui de Fouquier. A la médaille pendait un pa- 
pier sur lequel on lisait : « li la portait an con 
lorsqu'il fit condamner la veuve Capet.» La pau- 
vre femme qui laissait cet héritage au fisc royal 
était la veuve Fouquier-TinviUe. A. de L. 

Frédéric Fayot, dans le Dictionnaire de la Conversa 
tion. ~- A. de La Martine , Histoire des Girondins. - 
A. Thiers , Histoire de la hévolution française. - Le 
Bas, Dictionnaire encycl de la France. 

FOUQUIER D'HÉROUEL ( Antoine - Éloy- 
Jean'Baptiste ), agronome français , né à fo- 
rest ( Nord ), le 30 mars 1793, mort le 17 juin 
1752. Il appartenait à la famille de Fouquier-Tin* 
ville. Après avoir servi quelque temps en qua- 
lité d'officjer supérieur dans la maison du roi, il 



(1) Les débats de son procès réyélèrent des détails 
odieux; entre antres le suivant, rapporté par M. Fayot. 
Poursafflre à ces atroces exécutions U offrit au comité 
du salut public de faire agrandir la salle du tribunal, 
pour qu'on pût y condamner et exécuter en même temps- 
Un modèle mène de la machine y fat placé ; mais soa 
ami Coliot d'Herbois surviat, et la fit enlever, s'éorlant 
avec énergie : « Mais, malheureux, tu veux donc démo- 
raliser le sopplicf ! » 



FOUQUIER — 

démission, pour se vouer à l'agrica]ture 
istrie. Il fonda dans le département de 
le sucrerie indigène, qui a été un des 
établissements de ce genre. Nommé 
lu conseil général de l'Aisne en 1833 , 
irgé, en 1842, de inspection du haras 
entai et de la distribution des primes 
pour Tamélioration de la rac&cheva- 
dent du comité agricole de SaioSQuen- 
bre du conseil général d'agricffiure et 
îrce, il contribua puissamment à la for- 
u congrès agricole des sept départe- 
nord» et fut nommé, en 1846, vice- 
du congrès d'Amiens. En 1849, il fut 
aembre de l'Assemblée législative. 11 
n des premiers à l'acte du 2 décembre, 
i des membres de la commission con- 
sommée par le président de la répu- 
a été compris sur la première liste des 
appdés à siéger au sénat ( 26 janvier 
Sir.ARO. 

ids Corps polUUiues de VÉtat, Biographie 
15 Membres du Sénat, du Conseil d'État et 
éçislatif, — Galerie historique et biogra- 
Membres du Sénat. — Documents particu- 

lÈRBS (Jacques )f peintre flamapd, 
ers, vers lô80, mort à Paris, en 1659. 
paysagiste J. Breughel, dit de ve- 
acquit une grande réputation dans le 
re de peinture. Il fut appelé en France 
et chargé de peindre les vues des 
) villes du royaume. Ces tableaux de- 
ler la galerie du Louvre, et Louis XIII 
urager l'artiste lui donna des lettres 
se. Fout]uières avait un pinceau facile 
:; mais il travaillait peu, et dépensait 
it le prix de ses ouvrages. Il eut de 
mêlés avec Poussin, à propos de la dé- 
lu Louvre. Poussin le traite fort mal 
orrespondance, et l'appelle ironique- 
caron de FoUquières ; car ce peintre, 
s lettres de noblesse, se donnait les 
gentilhomme, et ne peignait que l'épée 
Lprès une lutte assez longue, Poussin 
ience, et retourna à Rome. Cette vie- 
rofita pas à Fouquières, qui, se laissant 
que jamais à la paresse et au désordre, 
AS la misère, et mourut oublié. Sa ré- 
î'est relevée depuis; ses paysages sont 
limés. 

Entretiens sur les Ouvrages et les Fies des 
Moréri, Grand Dictionnaire historique. 

Voy. DuFOUR. 

AVLT (Le P. Jean-Baptiste), omi- 
français, né le 4 mars 1719, à Fon- 
içaise, près de Dijon, mort à Florence, 
775. Entré dans l'ordre des Minimes, il 
ï à Mâcon, où, dans ses loisirs, il se mit à 
des oiseaux avec une étonnante perfec- 
arvint àJormer une collection omitho- 
importante que l'Académie royale des 



FOURCROY 



338 



Sciences envoya la visiter par deux de ses mem - 
bres, qui en firent un rapport très-avantageux. 
Mais les confrères du P. Fourcault Tobligèreat à 
s'en défaire, et il la vendit en 1761 à LaTonrelte, 
secrétaire de l'Académie de Lyon. En 1763, il 
fut appelé à Parme, par Tinfant don Philippe, qyt 
le nomma son ornithologiste, en le chargeant de 
la formation d'un cabmet d'histoire naturelle. 
Dans un voyagequele P. Fourcault fit à Rome, in 
1775, il fut accueilli par le pape Pie YI, et en- 
suite retenu à Florence par le grand-duc; mais 
la mort le surprit dans cette ville. Les acadétnit-s 
de Lyon et de Dijon, ainsi que l'Institut de Bo- 
logne et l'Académie des Arcades do Rome, ri- 
vaient admis au nombre de leurs membres. 

GUYOT DE FÈRE. 

Oiranlt, Notice; dans le Journal de la Côte-d'Or un 
to décembre 1818. 

FOURCROT (Bonaventure), poëte et jurts- 
consulte français , né à Clermont (Beauvoisrs ), 
vers 1610, mort le 25 juin 1691. U fut reçiL 
avocat en 1645, et choisi pour secrétaire âifi 
conférences qui se tinrent chez de Lamoignou 
dans le but de rédiger les arrêts de jurispru- 
dence. 11 fut l'ami de Molière, de Boileau, <U^ 
Patru et du président de Lamoignou. Saiot- 
Marc raconte que quand les Satires de De s^ 
préaux parurent pour la première fois, Fourcroy 
fit courir par toute la ville un imprimé coni;u 
en ces termes : <« On fait savoir à tous ceux qui 
n'ont pas lieu d^étre satisfaits des satires nou- 
velles qu'ils aient à se trouver un tel jour, et 
à telle heure, chez le sieur Rollet, "^cien jjro- 
cureur, où se tiendra le bureau des mécontents 
desdites satires, afin d'aviser aux intérêts den 
honnêtes gens mêlés en iceHes. » Un jour que 
Molière disputait à table avec lui , en présence 
de Despréaux, l'avocat s'échaufTant beaucoup et 
criant à tae-tête , MoUère se tourna du côté tlu 
satirique, et lui dit « : Qu'est-ce que la raÎM»a 
avec un filet de voix contre une gueule comtae 
cela ? M On a de Fourcroy divers plaidoyers im- 
primés, entre autres celui qu'il fit pour la 
queux de Vemon, Ses autres ouvrages sont : 
Sonnets à M. le prince de Conti; 1651, in'4" : 
le cardinal Mazarin est fort maltraité dans t^^ 
sonnets ; — Les Sentiments du jeune Pline 
sur la Poésie, tirés de quelques-unes de si^x 
lettres ;Pms, 1660, in-12; — Réflexions sur 
les décrétâtes d* Innocent III, touchant ré- , 
lection du patriarche de Constantinoplci 
Paris, 1689, in-8". 
Moréri, Grand Dictionnaire historique, 

FOURCRor (Antoine-François, comte de), 
célèbre chimiste français, né à Paris, le 15 jan- 
vier 1755, mort dans la même ville, le 16 dé- 
cembre 1809. II appartenait à la même famille 
que le précédent; mais cette famille était grii* 
duellement tombée dans une position de fortune 
très-précaire. Sou père exerçait l'état de phar- 
macien, en vertu d'une charge qu'il avait dans, 
la maison d'Orléans ; la corporation des apothi- 



as9 



FOURCROY 



340 



caires ayant obtenu la suppression générale de 
ces sortes de charges, il perdit le peu de for- 
tune qu'il avait, et la première jeunesse de 
^ourcroy fut atteinte par les malheurs que le 
monopole des priTilégiés faisait éprouver à sa 
famille. 11 en conserva un souvenir d'autant plus 
vif, qu'un tempérament délicat lui avait donné 
dès l'enfance une extrôme sensibilité. Il brilla 
peu dans ses premières études , et quitta le col- 
lège d'Harcourt à quatorze ans, guère plus 
instruit qu'il n'y était entré; il se passionna en- 
suite pour la musique et pour la poésie, se mit 
à composer des pièces de théâtre , et eut un mo- 
ment la fantaisie de se faire comédien. Toutes 
ses mesures étaient prises ; mais heureusement 
le mauvais succès d'un de ses amis qui l'entraî- 
nait dans cette périlleuse carrière, et qui voulait 
le faire débuter après lui, l'en dégoûta et le 
guérit pour jamais de la foUe passion qui l'avait 
séduit quelques instants. 

Ses vues se tournèrent alors vers le commerce. 
Il prit des leçons d'écriture, étudia les changes, 
et accepta un emploi dans le bureau d'un com- 
mis du sceau , ami de sa famille. Il se fit bientôt 
du produit de ses honoraires et des leçons d'é- 
criture qu'il donnait en ville un revenu de 9 fr. 
par jour. Mais au bout de deux ans, outré 
d'une injustice qu'on lui avait faite en le privant, 
en faveur d'un nouveau-venu , d'un avancement 
auquel il avait des droits incontestables , il sortit 
du bureau pour n'y plus reparaître; et il re- 
tomba, pour la troisième fois, dans l'incertitude 
et les perplexités d'un jeune homme sans for- 
tune et sans état. 

Par bonlieur pour lui, Vicq-d'Azir s'était mis 
en pension chez son père. Cet homme illustre 
avait depuis longtemps reconnu la trempe d'es- 
prit de Fourcroy. Ses conseils, son exemple, la 
juste célébrité qu'il s'était faite de bonne heure, 
les facilités et les secours qu'il offrait à son jeune 
protégé, achevèrent de le déterminer à embras- 
ser la carrière de la médecine. Fourcroy se mit 
à étudier avec ardeur l'anatomie de l'homme et 
des animaux , la chimie , la botanique et l'histoke 
naturelle. Deux ans après, il publia une traduc- 
tion d'un ouvrage de Ramazzini sur les Mala- 
dies des Artisans , qu'il enricliit de notes et 
d'éclaircissements puisés dans les lumières d'une 
chimie toute nouvelle. 

Ce premier essai parut sous les auspices de 
la Société royale de Médecine, instituée en 1776, 
sur la demande et d'après le plan présenté par 
Vicq-d'Azyr, qui en fut créé secrétaire perpé- 
tuel. Cette Société était une sorte d'académie et 
comme un ministère de la médecine. La nature 
de ses fonctions lui donnait presque l'importance 
etl'antorité d'un corps politique. L'ancienne Fa- 
culté crut voir dans cette institution une at- 
teinte portée à ses privilèges ; ceux de ses mem- 
bres qui siégeaient à la Société furent traités par 
elle de rebelles et d'hérétiques. Bientôt le schisme 
devint général , et ce ferment de discorde alla 



jusqu'^ troubler le repos et corrompre l'équité 
de ce corps, si respectable d'ailleurs. 

Ce fut dans ces circonstances que s'ouvrit m 
concours dont voici le sujet et l'origine : un an 
cien membre de la Faculté, le docteur Diest, 
avait institué un legs pour 1^^ réception gratuite 
d'un jeune médecin tous les de\ix ans. L'époqat 
d'un de ces concours étant arrivée en 1778, 
Fourcroy se présenta, et réunit tous les suffrage; 
mais la Faculté ne vit en lui qu'un protégé k 
Vicq-d'Aiyr : elle se plut à humilier dans >a 
personne toute la Société, et il fut rejeté d'uik 
voix unanime. Bucquet se récria contre cetl^ 
injustice; il tenta de faire rougir ses confTère> 
d'une semblable partialité , et leur proposa de 
faire les fonds pour la réception de Fourcroy ( K ; 
la Faculté consentit seulement à le recevoir uv 
que ad meliorem /ortunam : c'était la formule 
usitée. Mais Fourcroy refusa à son tour, et il 
trouva dans la générosité de ses amis plu< 
qu'il ne fallait pour suffire à tant de dépenses 
il fut enfin reçu en 1780. 

11 n'était pas seulement médecin \ il était auisi 
devenu un chimiste de premier ordre. Élève de 
Roux , de Maquer et surtout de Bucquet , il avait 
ouvert dés cours particuliers de chimie, et il v 
attirait une foule prodigieuse. En 1784, la mort 
de Maquer laissa vacante la chaire de chimie du 
Jardin du Roi : c'était BufTon qui devait nomioer 
à cette place; Fourcroy se mit sur les rangs, et 
quoiqu'il eût Berthellet pour concurrent, il fxit 
choisi. Il entra l'année suivante à rAcadémie 
des Sciences , où on le plaça dans la section d^â- 
natomie, pour le faire passer ensuite dans celie 
de chimie, à laquelle il appartenait plus nato- 
rellement. 

La chimie cependant allait prendre une faei; 
nouvelle , par le changement qu'on faisait suhir 
à sa nomenclature. La première idée de ces io- 
novations était due à Bergmann , qui entretenait 
souvent G. de Morveau sur cette matière. La- 
voisier recevait alors chez lui les hommes les 
plus éclairés, Condorcet, Monge, BertboUet. 
Vicq-d'Azir, Bauraé, Yandermonde, PooUetier 
de la Salle, etc. De ces excellents esprits il 
avait composé une sorte d'académie , à laquelle 
il soumettait, depuis 1778, ses b^les expérienees 
sur l'acide nitrique, l'acide siilfuriqoe, l'acide 
carbonique, l'air atmosphérique et Teau. En i7ft3 
Fourcroy fut admis à ces conférences; de 1786 
à 1787 on y jeta les fondements de la nouvelle 
neoMnclature, et dans le courant de l'année 1787 
Fourcroy publia le résultat de ce beau travail. 

Deux ans après commença pour lui une nou- 
velle carrière. Appelé, enl789, à faire partie du 
comité des électeurs de Paris , U fut élu, en 1792. 
député suppléant de Paris à la Convention na- 
tionale. Après avoir travaillé jour et nuit, pen- 
dant dix-huit mois, à l'extraction et à la puriâ- 



(1) Le (Upl6Be de doeteur coûtait alors plus de 6 ooi 
livres. 



341 



FOURCROY 



848 



eation du salpêtre destiné à la fabrication de )a 
poi]^re, dMii la France, attaquée de tons côtés à 
la fols, faisait alors une si grande consommation, 
il fut appelé, en juillet i7î|3, à siéger dans l'As- 
seqiUée, et devint aussitét Vun des membres les 
pins actifs du comité dinstruction publique. G*est 
à lui que Ton dut ragrandissement du Jardin des 
Plantes, la formation d'une commission des arts 
pour sauver de la destructidh une foule d'ou- 
vrages d^art et de chefs-d'œuvre. Il réussit à ar* 
racber des prisons DesauH, chirurgien de Tbô- 
Id-Dieu ; il fArvint h soustraire Chap^ h l'ac- 
cusation de fédéralisme, en le foisant appeler de 
MoDtpellifir à Parts pour l'«mplo))er à la fabrl* 
cation du salpêtre. Il prit la défense de Darcet , 
et eut le bcMiheur de le sauver. Mais il na put 
lien pour Lavoisier, et la calomnie Iqi fit plus 
tard un crime de son impuissance : on lui attribua 
la mori de Lavoi8iM>. Il a repousaé avec éloquence 
cette odieuse imputatioD, qui fit le touimoit du 
reste de sa vie t « On m'accuse de la mort de 
UYoisier, dit-il dans une notice sur cet illustra 
etÛRiiste; moi, son ami, k crnnpafoen de ses 
tra^iix, son eoUalioiatSBr dans la chiasie mo- 
derne, son admirateur constant, comme on 
peut le voir dans tous mes ouvrages écrits avant 
eu depuis la réwlutkm} mol! natarelleinent 
doux, non envieqx, sans ambition; moi, qui, 
de tous ses confrères et se» amis, l*ai lépKis 
défendu , le plus regretté, la plus pleuré, le plus 
loué publiquement et dans tputea les oecasiona, 
£Ue est trop absurde celle calomnie paur avoir 
fait (^ulque impression sur ceux qui me cen«« 
Misseat de prèa ou de leii); auûs elle laisae du 
iooehe dans quelquca esprits peu aeeontuBus k 
TélMehir ; elle a fett plaisir à des liommes qui se 
rapaissent de méchancetés, à quelques hommes 
ialoux de nés succès et de la portieii de ^iia 
que j'ai acquise dans la cc^ère des sciences. Je 
l'ai trop méprisée pour y répondre; mais j'ai été 
peiiié de v(»r que personne parmi ceux qui me 
conoaisseat, p^rmi eeui^ que j^ iastmita, sertis, 
avancés, n'ait pris ma défense; ils l'ont saaa 
<ioute méprisé» «xunme moi ; peut-Atre ont-ils 
bien fait, â y a des choses si atroces dans f àme 
(ies méohaala qu'un sa liefuse à les envisager, 
à leg combattra. » A celte justification éloquente, 
qui porte tonte l'ampreiate de la stacérité et de 
ia bonne foi , ajoutons l^ipteion d'un savant cé-< 
lèbre, Curier : « Si dans les sévères reoberchet 
que nous avons faites, dit-il, lors de la lecture 
<iesoa éloge hist<»9que à l'instjtnt, nous aviona 
tmuTéia meindre preuva d^une si horrible atro* 
ù^, aucune puissance humaine ne nous aurail 
contraint de souiller noire bouche de son éloge. » 
Au d thermidor, Fourcroy fut appelé au comité 
de saint public : il y resta étranger è tout parti , 
à toute intrl^ie , el ne fit usage de son pouvoir 
^ue pour fffotéger plus efficacement les élaUis- 
sctnents scientifiques et littéraires. Non content 
d'organiser l'École Polytechnique, qui n'était alors 
que VÉcole des Travaux publics, il fit créer trois 



écoles de médecine ^ et <lonna la première idée 
de l'École Normale. Lors de la rédaction de la 
constitution de l'an m , ce ftil lui qui fil com- 
prendre rinstruotion publique et l'Institut dans 
l'acte eonstitutiemiel. Après la sessii» coaven- 
Honnelle, il entra au €k>nseil des Anciens, y 
siégea pendant deux ans, reprit ensuite ses cours 
publies, et rédigea son grand ouvrage, intitulé 
Sfstème des Oennaissanees ehimiqves , le plus 
grand monument élevé à la science de la chimie 
au dix -huitième siècle. 

Six semaines environ après la révolution du 
18 brumaire, il reçut do premier consul llnvi- 
tatloR de se rendre au Luxembourg. Le soir 
même, le conseil d'État était assemblé dans une 
salle du cb&teau ; Fourcroy fut retenu par Bo- 
naparllë. qui lui fit prendre place au conseil, et 
le consulta sur les affaires qu'on y traitait. Bien- 
têt après, Fourcroy Ait nommé directeur général 
de l'instruction; ce fut lui qui créa les lycées, 
et sa sage administration rendit les écoles flo- 
rissantes. Oes fonctions lui furent enlevées lors 
de la création de ^université impériale, à la tôte 
de laquelle fut placé de Foatanes. Fourcroy es- 
pérait être élevé A cette dignité, et il y avait 
des droits. Sa gaieté naturelle Pabandonna quand 
il vit qu'un autre lui était préfiéré. Et il disait 
h ses amis qui essayaient de le consoler : (c Une 
griffe de fer me déchire le cœur. » Épuisé d'ail- 
leurs par la multiplicité de ses travaux, il pres- 
sentait depuis deux ans le coup fatal que lui 
annonçaient des palpitations de mauvais augure. 
Enfin, le 16 décembre 1809, le jour même ou 
Napoléon , pour |o! faire oublier une préférence 
pénible, stgnait les lettres patentes qui le nom- 
maient comte de Tempire avec une dotation de 
î»,000 tv. de rente, Fourcroy, se sentant saisi 
par une atteinte subite, s'écria : « Je suis mort ! » 
Ce furent ses dernières paroles : il expira au mi- 
lien de ses amis et de ses collaborateurs, réunis 
chez lui pour célébrer une fête de famille. 

Fourcroy fut un des professeurs les plus dis- 
tingués dont puisse s'honorer la France. « Il était 
né, dit M. Pariset, pour le talent de la parole, et 
ce talent , il l'a porté au plus haut degré ; ordre, 
darté, expression, il aviUt toutes les parties d'un 
orateur consommé; ses leçons tenaient de l'en- 
chantement. A peine avait-il ouvert la bouche, 
le cœur était saisi par les sens et Tesprit captivé 
par l'attente. Les phénomènes lies plus subtils, 
les théories les plus abstraites et les phis corn- 
pHauées prenaient, à mesure qu'il parlait, une 
évidence et una simplicité qui jetaient dans la 
surprise et le ravissement. Son élecution vive , 
facile, Variée, dégante, et pourtant familière, 
semblait se jouer avec les obstacles, et faisait 
tomber, pour ainsi dire, en courant les voiles 
sous lesquels la nature s'est enveloppée. Tout 
cet échit, soutenu par les accents d'une voix so- 
nore et flexible , et par le jeu d'une physionomie 
qui se prêtait à mille expressions et qui s'ani- 
midi du fbu de la parole, donnait à ses démons- 



343 



FOURCROY — FOURIER 



344 



trations tout le prestige et j'oserais presque 
dire toute la passion d'une scène dramatique. 
II savait distinguer sur les bancs les plus éloi- 
gnés de son amphithéâtre l'esprit difhcUe qui 
doutait encore, celui qui ne comprenait pas; 
alors, il variait ses expressions , la langue sem- 
blait multiplier pour lui ses richesses , et il ne 
quittait une matière que lorsqu'il voyait tout 
son nombreux auditoire également satisfait. 
Aussi, quelque lieu qu'il choisit pour ses cours, 
ce lieu n'était jamais assez vaste pour TafiQuence 
de ses a